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LEON TROTSKY


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Lev Davidovich Bronstein:
né en 1879, mort en 1940.


"Celui qui aspire à une vie paisible s’est trompé en naissant au XXe siècle."


Entre Lénine et Staline, il y a Trotski. Entre le père de la révolution soviétique et le dictateur sanguinaire, il y a cet intellectuel juif russe, créateur de l’Armée rouge et connu pour ses positions internationalistes. Difficile, pour lui, de se faire une place au milieu de telles figures de l’URSS, et Trotski paie sa liberté au prix d’un long exil. Lorsqu’il rencontre Lénine, au début du vingtième siècle, tous deux sont membres du parti social-démocrate russe. Lénine est bolchevik, et Trotski menchevik, même si pour lui, l’unité du parti prévaut sur tout le reste. Par deux fois, le Président du Soviet de Saint-Pétersbourg est condamné et déporté en Sibérie. Par deux fois, Trotski réussit à s’enfuir. En exil en Europe, il revient en 1917 à Saint-Pétresbourg lors de la révolution russe. Apportant son soutien à Lénine, le même qu’il accusait d’être trop jacobin et dictatorial dans ses méthodes. Désormais il l’assiste, étant d’abord Commissaire aux affaires étrangères jusqu’en 1918, puis Commissaire à la guerre de 1918 à 1925. C’est toujours le même Trotski fidèle qui accuse avec Lénine la bureaucratisation du parti. Menée de front par Staline et ses partisans, elle ne tarde pas à provoquer une division profonde au sein du PCUS. Lénine meurt en 1924 et Trotski se retrouve obligé de proposer une alliance d’opposition aux proches de Staline. Ce qui lui vaut l’exclusion et la déportation. Expulsé d’URSS en 1929, il part pour le Mexique et vit avec Frida Kahlo et son mari. Sa condamnation a lieu en son absence, pendant les terribles procès staliniens des années 30. Il finit assassiné par un partisan de Staline en 1940. Occupé par une révolution qu’il souhaitait mais qui tournait à son désavantage, Trotski n’a pas eu la force de combattre pour ses idées. L’URSS sans lui sombre dans les années noires du stalinisme. fluctuat


Les talents exceptionnels d'organisateur, d'orateur et de polémiste dont Trotski fit preuve correspondirent parfaitement à la période de la révolution : son énergie lui permit de créer et, par-dessus tout, de sauver l'Union soviétique pendant la guerre civile. Toutefois, dépourvu des qualités de stratège politique d'un Staline, il fut broyé par l'implacable logique d'un parti en quête de 'normalisation révolutionnaire'.

Ses théories connurent un regain de fortune dans les années 1960 lors de l'agitation étudiante qui se manifesta dans les pays occidentaux. Classés à l'extrême gauche, les mouvements trotskistes (Ligue communiste révolutionnaire et Lutte ouvrière en France) luttèrent à cette époque contre les partis communistes considérés comme petits-bourgeois et trop timides dans leur critique du capitalisme, dénonçant leur inféodation à l'URSS et leur conservatisme bureaucratique. Aujourd'hui encore, les communistes russes continuent de considérer Trotski comme un traître, et bien que le régime marxiste-léniniste ait disparu dans ce pays, l'œuvre et la figure de Trotski restent largement déconsidérés dans l'histoire russe du XXe siècle. encarta


"La calomnie ne peut être une force que si elle correspond à un besoin historique." - Ma vie

"De tous les événements inattendus, le plus inattendu c'est la vieillesse."

"La vraie morale ne s’occupe pas de ce que nous pensons et voulons, mais de ce que nous faisons."

"La réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie."

"La révolution est une grande dévoratrice de gens de caractère. Elle pousse les plus courageux à leur extermination et elle vide les moins résistants." - Ma vie


Lire le dossier : Trotsky et la question juive
Dans son autobiographie, écrite en 1929, Trotsky affirme que la question nationale si importante dans la société russe, n'eut «pratiquement aucune importance » dans sa vie personnelle. En dépit de ses origines juives - communes a un grand nombre de révolutionnaires russes et polonais de son époque, de Zinoyiev (Radomilsky) à Kamenev (Rosenfeld), de Martov (Tsederbaum) à Axelrod, de Radek (Sobelsohn) à Rosa Luxemburg -, il n'apprit jamais a lire le yiddish et ne consacra aucun ouvrage important à la question juive.

Il faut rappeler que, à la différence de la grande majorité des Juifs de l'empire tsariste la famille Bronstein ne vivait pas dans une grande ville ou dans un shteti de la zone de résidence, mais dans la campagne ukrainienne, ou l'influence du milieu juif était très faible. Le jeune Lyova ne reçut aucune éducation religieuse et probablement n'alla jamais (ou presque) à la synagogue. De plus, comme l’a souligné Isaac Deutscher, Trotsky fit une partie de ses études dans un gymnasium russo-allemand d'Odessa, ce qui sans doute contribua à son assimilation. Un tel itinéraire intellectuel était assez exceptionnel à une époque où l'immense majorité des Juifs russes parlait yiddish. Le Juif ukrainien devint un révolutionnaire russe.

Cependant, il dut subir à plusieurs reprises, tout au long de sa vie, les conséquences de sa judéité. Dans son enfance, il fut exclu d'une école de Gromokley, un village ukrainien, à cause du numerus clausus à l'égard des Juifs qui avait été imposé par le régime tsariste au début des années 1880 . A Saint-Pétersbourg, lors de la révolution de 1905, il participa à l'organisation de groupes d'auto-défense contre les pogromes des Cent-Noirs en collaboration avec le mouvement ouvrier juif (le Bund et le Poale-Tsion . Pendant la guerre civile, la contre-révolution exploita largement l'antisémitisme dans contre le pouvoir soviétique et le leader juif de l'Armée rouge fut durement attaqué par la presse des Gardes blancs . Après 1917, lorsque les bolcheviks formèrent leur premier gouvernement avec les sociaux-révolutionnaires de gauche, Lénine proposa Trotsky pour diriger le commissariat du peuple de l'Intérieur, mais il refusa - avec l'appui de Sverdlov - en arguant que les bolcheviks n'auraient pas dû donner à leurs ennemis une telle « arme supplémentaire » [sa judéité]. Finalement, lors des procès de Moscou, entre 1936 et 1938, la bureaucratie stalinienne n'hésita pas à utiliser l'antisémitisme dans sa lutte contre l'Opposition de gauche.

Par conséquent, comme l'écrit Isaac Deutscher, Trotsky peut être considéré comme une figure paradigmatique de Juif-non-juif. Il abandonna le Judaïsme afin d'adopter une vision du monde cosmopolite et internationaliste, mais l'histoire le força à se rappeler de ses origines ethniques et culturelles. Joseph Roth, l'auteur du roman Der Stumme Prophet (Le prophète muet), regarde Trotsky comme l'incarnation de la dimension juive de la révolution, tandis que, pour le critique allemand Hans Mayer, il fut toujours une sorte de « camarade Shylock » (Genosse Shylock), même s'il n'en fut jamais conscient .

La première fois qu'il se trouva confronté à la question juive fut lors du deuxième congrès de la Social-démocratie russe (POSDR), qui eut lieu en 1903 à Bruxelles et à Londres. Le jeune révolutionnaire russe y participa en tant que délégué de la section sibérienne, dont il faisait partie lors de sa première déportation. Un des points à l'ordre du jour de ce congrès - qui devint célèbre à cause de la scission entre bolcheviks et mencheviks - était la position du Bund dans le parti. L'Union générale ouvrière de Pologne, Lituanie et Russie (Bund) était née à Vilnius en 1897 et avait été l'une des forces principales à l'origine du mouvement socialiste de l'Empire russe...

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