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EDMOND JABES


BIO
CITATION
OEUVRE
LIVRE
DIEU
EXTRAIT


"A l'âge déclaré d'un juif, il faut toujours ajouter cinq mille ans."
"Dieu est absence du livre et le livre, lent déchiffrement de son absence."

L'EAU
Avant, il y a l'eau.
Après, il y a l'eau;
durant, toujours durant.

Jamais l'eau sur l'eau.
Jamais l'eau pour l'eau;
mais l'eau où il n'y a plus d'eau;
mais l'eau dans la mémoire morte de l'eau.
...

- Le désert fut ma terre.
Le désert est mon voyage, mon errance.

Viendra, bientôt, la pluie
pour laver l'âme des morts.
Laissez passer les ombres brûlées,
les matins aux arbres sacrifiés.
Fumée. Fumée.


Écrire, c'est affronter un visage inconnu.
Edmond Jabès est né au Caire le 16 avril 1912 et est mort le 2 janvier à Paris en 1991. Il écrit en son pays très francophile en langue française. En 1957, il est contraint, à cause de ses origines juives, de quitter l'Egypte, pays où il a toujours vécu. En 1967, il opte pour la nationalité française. D'éducation française, très jeune, il commence à écrire.
Max Jacob, qu'il rencontre à Paris en 1935, mais avec lequel il correspond déjà, le conseille et le guide.
Proche des poètes surréalistes, il se refuse, néanmoins, à faire partie de leur groupe.
Il écrit, plus tard, Récit (1979), et de courts poèmes réunis sous le titre : La Mémoire et la main (1974-1980). Il fuira les médias amis sera reconnu par ses pairs. Souvent rapproché de Derrida, de Levinas, de Blanchot, il reste unique et suscite d’innombrables colloques ou études alors que seul le tranchant de ses mots devraient être dit simplement.

Hors des lieux et hors du temps ses phrases vous cinglent une à une. Elles nous disent cela a eu lieu, je m’en souviens, je vous le redit mais en secret de façon obscure, car la mémoire se mérite. Et un œil sévère pèse sur nous et sur lui.
On ne peut être que nomade dans ses livres. On entrevoit comme mirage tout ce qui ne peut être dit, surtout maintenant dans nos temps à l’unité brisée. On entrevoit vaguement l'ombre noire d'un destin qui nous échappe. Il rend palpable ce sable qui glisse contre nous et qui déjà n'est plus le même, qui est déjà des milliers d'autres grains de sable.
L'émiettement du monde, la mort qui fige, -"La mort, c'est le passé qui persiste."-, l'obsède et le font camper à l'orée du silence.
"Dans le silence, nous sommes toujours à l'écoute de la mort."

"Écrire, maintenant, uniquement pour faire savoir qu'un jour j'ai cessé d'exister; que tout, au-dessus et autour de moi, est devenu bleu, immense étendue vide pour l'envol de l'aigle dont les ailes puissantes, en battant, répètent à l'infini les gestes de l'adieu au monde."

De son enfance égyptienne Jabès porte en lui le désert. Le sable en lui coule autant que son sang. Le désert comme respiration du ciel et de la terre est sa mesure d'infini. Plus tard il aura investi un autre domaine, celui du labyrinthe du livre, sans jamais oublier et le vent et le sable.
"L'égypte, Le Caire, le désert, c'est tout le paysage de mon enfance ; à peine mes yeux ouverts, c'est, avec le visage des êtres qui me sont chers, ce qui s'est présenté à ma vue. J'en ai été profondément marqué. Tant de souvenirs gisent au fond de mes écrits. Je continue de vivre avec et ce vécu échappe au temps."

Comprendre Jabès c'est faire sienne cette maxime, car Jabès forge plus des maximes et des impératifs que des poèmes:
"Tu parles toujours à partir d’un silence contre lequel tu te briseras.
Il n’y aura jamais eu, derrière et devant nous, que le même silence.
Le premier."
Et Moïse de l'écriture, Jabès croit profondément à la mission de l'écrivain, à la passation vers l'autre:
"Je crois à la mission de l'écrivain. Il la reçoit du verbe qui porte en lui sa souffrance et son espoir.Il interroge les mots qui l'interrogent, il accompagne les mots qui l'accompagnent.
L'initiative est commune et comme spontanée. De les servir- de s'en servir -, il donne un sens profond à sa vie et à la leur dont elle est issue."Le Livre des Questions.Espritsnomades

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