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RABBI YEHOUDA AYACHE




Rabbi Yéhouda Ayache est certainement l'un des plus grands Maîtres du judaïsme du 18ème siècle.Cité aussi bien par les décisionnaires sépharades qu'ashkénazes,ce Maître réputé d'Algérie est l'auteur de nombreux ouvrages de Halakha aussi bien que de sermons rabbiniques.





LES MAITRES DE L'ALGERIE

Rabbin Raphaël PEREZ



"Eretz mevo hachéméch" - "Pays du soleil couchant", c'est ainsi que l'Algérie est appelée d'après une consultation des "Sages de Tlemcen" trouvée dans la Ghéniza du Caire et citée par H. Z. Hirschberg
Sans vouloir faire de l'histoire,rappelons qu'au Moyen-Age déjà, on trouvait des communautés juives à Alger, Bougie, Oran, Ouargla, Tiaret,Mostaganem, Biskra,Touggourt,le Mzab et le Touat.Mais la perle des Communautés d'Algérie était Tlemcen, la prestigieuse, qui, avec celle de Tiaret, étaient les deux foyers rabbiniques de l'Algérie médiévale.C'est à Tiaret d'ailleurs que vécut Judah Ibn Kuraïch (9ème – 10ème s.)qui créa "une science nouvelle, la linguistique comparative qu'il appliqua à l'hébreu".

Rabbi Yéhouda Ayache est certainement l'un des plus grands Maîtres du judaïsme du 18ème siècle.Cité aussi bien par les décisionnaires sépharades qu'ashkénazes,ce Maître réputé d'Algérie est l'auteur de nombreux ouvrages de Halakha aussi bien que de sermons rabbiniques.
Rabbi Yehouda Ayache - ou maHRI Ayache comme il est appelé le plus souvent - est né vers 1700 à Médéa,au sud-ouest d'Alger, de son père Rabbi Isaac Ayache.
La légende rapporte que ses parents, décidés à divorcer,se rendirent à Alger auprès du Grand Rabbi Raphaël Yedidyah Chlomo SEROR.Ce dernier, grâce à ses paroles et à sa douceur, décida le couple de ne point divorcer, les assurant que bientôt ils seront bénis par la naissance d'un enfant qu'ils devront prénommer Yéhouda,et que,le moment venu, ils devront lui amener au Beit Hamidrach.
Quelques années après la naissance du petit Yéhouda,ses parents s'installèrent à Alger.Plus tard, Rabbi Yéhouda Ayache occupa le poste de son Maître Rabbi R.Y.CH. Seror,comme Grand Rabbin et Président du Tribunal Rabbinique d'Alger.
Cette ville etait alors connue pour être un centre de Torah et le lien entre l'Afrique du Nord, Livourne et la Palestine,en ce qui concerne la collecte des dons en faveur des Juifs d'Eretz Israël.
A propos de son Maître, Rabbi R.Y. Seror, MaHRI Ayache écrit :"... A Alger ... je trouvais l'unique de sa génération, le berger d'Israël ... le Maître du pays, le grand chêne ...Rabbi Raphaël Y. CH. Seror ... Je le suivais ... près de quinze ans, m'instruisant énormément de lui ... Luimême m'appréciait au point qu'il m'appelait auprès de lui, chaque fois qu'il enseignait la Torah ..., il fut pour moi un père".
L'enseignement de son maître fut pour Rabbi Yéhouda Ayache une source d'admiration et d'affection. Son livre "Lois et Coutumes d'Alger" est dans sa majeure partie le reflet de l'enseignement de son Maître et comprend les éclaircissements de ce dernier sur des coutumes anciennes surprenantes.
En plus de ses fonctions au Tribunal Rabbinique qui l'accaparaient beaucoup, le nouveau Maître d'Alger fonda une Yéchiva où des "disciples-condisciples"recevaient son enseignement. En réalité, Rabbi Yéhouda Ayache aurait préféré passer ses jours et ses nuits à la Yéchiva. Aussi, en dehors des nombreuses heures de la journée, il consacrait, "certaines nuits de la semaine à l'enseignement, et ce, jusqu'aux premières lueurs du jour".Ses rapports avec ses élèves étaient ceux d'un père avec ses enfants, se souciant de leur bien-être tant spirituel que matériel.
Dans le même temps, il était très près de sa Communauté et de ses problèmes, même économiques.
Dans son livre de Responsa "Beit Yéhouda", (Vol. Yoré Déa, n° 32), il rapporte la réponse suivante : "Dans une Communauté où l'on s'était rendu compte que les marchands de poissons non-juifs avaient augmenté leur prix, un accord avait été conclu suivant lequel les juifs s'engageaient à ne point acheter cette marchandise.
Etait-il néanmoins permis de faire acheter du poisson par un non-juif ? Réponse du Maître d'Alger :c'est absolument interdit car cela remettrait en question le décret rabbinique".
Ses rapports avec les Grands de son époque montrent sa propre grandeur. Ainsi fut-il en relation avec Rabbi Malakhi Hacohen, auteur du "Yad Malakhi", et force motrice de l'impression des écrits des Rabbins d'Alger. Avec Rabbi Yona Navon et son fameux disciple Rabbi Hayim Yossef David Azoulay - HIDA - Et,bien entendu, avec Rabbi Hayim ben Attar, auteur du célèbre commentaire sur la Torah "Or Hahayim", qu'il remplaça à la tête de la Yéchiva Knessèt Israël, après sa Alya en Eretz Israël.
Comme tous ces Maîtres qui vivaient pour et par la Torah,Rabbi Yéhouda Ayache vivait aussi et comme eux avec l'espoir qu'un jour, il réaliserait sa Alya.
Devant ses intentions, les notables de la Communauté le supplièrent de ne pas les abandonner. Mais le Maître avait juré de monter en Eretz Israël. Il consentit cependant de rester encore huit ou dix mois, le temps d'enseigner à ses élèves les lois de Issour Vehettèr concernant les aliments permis ou interdits. La situation
d'ailleurs ne se prêtait guère à un voyage, à cause du blocus auquel était soumise Alger du fait de la guerre entre Espagnols et Anglais.
Au bout de la période fixée, Rabbi Yéhouda se rendit au palais du Dey d'Alger qui l'autorisa à quitter le pays sans que "nul ne se mette au travers de sa route".
Arrivé à Livourne, port italien sur la route de la Palestine, Rabbi Yéhouda fut invité par Moché Franco,notable livournais, chez qui il séjourna près de deux ans et qui subventionna l'impression de certains livres du Maître.
Durant ces deux années, celui-ci s'était si bien intégré à la Communauté livournaise qu'il écrivit un kountrass-brochure-de sermons et d'étude pour la nuit précédant la circoncision - "Or Haberit".
Lorsque, reprenant sa route, il arriva en Eretz Israël, il fut reçu avec de grands honneurs par les Sages du Pays qui le nommèrent Nassi - Prince d'Eretz Israël.
Là, il dirigea jusqu'à sa mort la Yéchiva fondée par Rabbi Hayim Ben Attar. En fait, peu de temps. Car, à Roch Hachana 1760, il mourut. Il était aussi né à Roch Hachana.
Ses OEuvres :
"Beit Yéhouda", le plus célèbre de ses ouvrages de Responsa, suivi des "Lois et Coutumes d'Alger".
"Léhèm Yéhouda", commentaire sur le Michné Tora de Maïmonide.
"Vézot Lyihouda", livre de sermons et de commentaires.
"Matté Yéhouda" et "Chévèt" Yéhouda", commentaires sur le Choulhan Aroukh.
"Kol Yéhouda", commentaires sur le Pentateuque, et d'autres ouvrages encore en manuscrits.

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