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OTTO PREMINGER


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"Les problèmes, je ne les cherche pas, mais c'est ma nature, ils se trouvent sur mon chemin"



Les cinéphiles vouent un véritable culte à Otto Preminger pour l'intelligence et la subtilité de ses films, la beauté qui s'en dégage et la précision de ses mises en scène.


Né à Vienne, Autriche le 05 décembre 1906
Décédé à New York City, New York le 23 avril 1986

Fils d’un Procureur Général de l’Empereur François-Joseph 1er, Otto Ludwig Preminger naît le 5 décembre 1905 à Vienne, capitale Austro-Hongroise. À dix-sept ans, après des études de droit et de philosophie, il décide de devenir acteur et intègre la prestigieuse troupe de Max Reinhardt. Il interprète plusieurs pièces à Salzbourg, à Vienne, Zurich et à Prague puis, signe sa première mise en scène en 1925 cineartistes


" Otto Preminger est un cinéaste peu commercial, probablement parce qu'il se consacre à la recherche d'une vérité particulièrement ténue et presque imperceptible : celle des regards, des gestes et des attitudes " François Truffaut n'a pas tort lorsqu'il écrit cela à propos de Bonjour Tristesse, en 1958. Otto Preminger est le cinéaste du classicisme à l'opposé d'un Visconti ou d'un Godard. Ce Viennois qui s'exila aux Etats-Unis est passé par toutes les étapes hiérarchiques de la conception d'un film (acteur, assistant-réalisateur, réalisateur et même producteur). Il faut savoir une chose : En ce temps-là, il était difficile d'imposer ses points de vue sur un art dont l'âge n'avait pas encore dépassé la cinquantaine. Venant de la part d'un européen, la difficulté était multipliée par dix ! Soit ! Preminger réalise quelques films commerciaux pour un public encore plus infantile que l'on ne peut imaginer. Puis arrive Le coup d'éclat qui va le faire entrer dans la cour des grands : Laura avec la troublante et magnifique Gene Tierney dont Henri Agel écrira ses quelques lignes : " cette œuvre envoûtante reste en sa profondeur l'étrange méditation d'un Européen d'Hollywood ".

Après Laura (qui influencera bon nombre de cinéastes), Preminger va ouvrir une brèche, celle des films noirs "réalistes". Accompagnant les Fuller et autres Lewis, il va signer des purs chefs-d'œuvre dont les rebondissements scénaristiques, les atmosphères quasi fantomatiques et les personnages féminins seront les clés de la réussite. S'il fallait en nommer deux, ce serait Mark Dixon (1950) et Un si doux visage (1952). Le premier est un film noir moral, genre qu'affectionnait Preminger. Dans ce genre d'histoires, le personnage n'est pas un tendre. Pis, il assassine et doit se trouver un mobile. Preminger savait pertinemment que les pauvres héros des studios hollywoodiens étaient finis et qu'il fallait passer à autre chose. C'est pourquoi il œuvra pour son propre compte et pris la casquette de producteur. Chose qu'il sut manier sans équivoque ! Dans le second film, Preminger filme la beauté féminine sous un aspect négatif. Jean Simmons campe une dangereuse déséquilibrée dont Robert Mitchum devinet sans le vouloir un vigoureux pantin (voir la séquence finale). " Petit ange têtu et pervers, notent Borde et Chaumeton dans leur panorama du film noir américain, aux yeux obstinément ouverts sur son secret, Jean Simmons semble échappée de quelque toile de Leonor Fini. Robert Mitchum a fort bien traduit le masochisme clairvoyant de l'homme fort et blasé. Il met beaucoup d'inconsciente bonne volonté à mourir avec son amante, à jamais attiré par ce pouvoir de vie ou de mort dont dispose un visage ".

La période la plus impressionnante de l'auteur commence au début des années cinquante. Son unique western (avec une Marylin Monroe diabolique) Rivière sans retour
est une réussite et confirme l'aisance du cinéaste à filmer les genres les plus variés du cinéma américain ; Condamné au silence, somptueux film de procès annonçait l'explosion jazzy d'Autopsie d'un meurtre ; L'homme au bras d'or (dont la réédition est prévue pour le 28 novembre) peut paraître complètement désuet. Mais il faut le remettre dans le contexte de son époque. Nous sommes en 1955 et la censure américaine est d'une virulence implacable. Trois ans se sont écoulés après la période noire des fameuses commissions des activités anti-américaines et certains n'ont pas la mémoire courte. Preminger a pour projet d'adapter une œuvre de N. Algren, qui conte l'histoire d'un toxicomane qui lutte sans cesse pour ne pas replonger ; d'où le titre - très métaphorique - de L'Homme au bras d'or. La censure estimait que se voiler la face était le meilleur remède contre les maux de la société. Preminger dut batailler ferme et remporta à moitié son combat. C'est pour cela que l'on a cette désagréable impression que le film ne va pas jusqu'au bout de son propos.

Un film est à mettre à l'écart : Sainte Jeanne (1957) Moins inspiré qu'à l'accoutumée, cette adaptation d'une pièce de George Bernard Shaw est trop froide. Mais là où Bresson aurait utilisé ce statisme pour apprivoiser le destin de cette femme, Preminger condense son personnage (interprété par une frêle Jean Seberg) autour de son combat moral face aux religieux. L'effet de surprise est remplacé par de sombres histoires de machination.

Les années soixante furent assez décevantes, comme si le maître viennois n'avait plus rien à dire. Fuller disait souvent à propos de son métier de cinéaste : " Les films dans tous les pays du monde sont des œuvres faites pour subsister, pour l'argent, voilà ce qui est derrière 95% des films. Je pense que 5 % peut-être sont faits parce qu'un homme avait une idée et que cette idée il fallait qu'il la dise… Je n'ai jamais fait un film parce que les circonstances m'y obligeaient. Je l'ai fait parce que moi je voulais le faire. J'avais une histoire et je voulais la raconter. " Preminger a gagné énormément d'argent durant sa carrière, c'est un fait, mais il s'est tellement embourgeoisé qu'il n'a pu finaliser des œuvres dont on pouvait espérer de grandes choses : le burlesque de Skidoo avec en prime Groucho Marx comme interprète, et la confusion idéologique de Rosebud où Preminger confond terrorisme et cause palestinienne.
Son dernier film, The Human Factor, raconte l'histoire d'un agent secret britannique qui tombe amoureux d'une ressortissante sud-africaine. Cette rencontre sera lourde de conséquences. Selon Guy Bellinger : "voilà un film d'espionnage bien languissant pour ses adieux au septième art, Preminger avait malheureusement perdu tout génie créateur" Nicol Williamson, Richard Attenborough, John Gielgud, Robert Morley sont en tête d'affiche. Serait-ce un film uniquement centré sur le cabotinage continu des immenses acteurs anglais ou bien une œuvre sensible et délicate qui aborde un thème dangereux (le racisme) sans aucune démagogie. Souvenons-nous d'une chose : les derniers films de Preminger (Skidoo, 1969 - Junie Moon, 1970 - Rosebud, 1974) n'ont pas vraiment laissé un souvenir impérissable.

Il faudra un jour ou l'autre revenir sur ces grosses machines cinématographiques dans lesquelles Preminger a su - en mêlant stars et découpage classique - filmer des scènes de chambre qui sont d'un modernisme jamais égalé. La maîtrise de Preminger s'est affirmée de film en film.

Samir Ardjoum

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