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JACOB RODRIGUE PEREIRE

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Les Pereire



Jacob Rodrigue Péreire



Figure emblématique de l’oralisme. D’origines portugaise et espagnole, la famille Pereire s’établit en France, où Jacob Rodrigues devint précepteur de sourds. Ses présentations dans les instances académiques lui assurèrent la renommée. Ses procédés tenus secrets reposaient sur l’usage d’un alphabet manuel phonétique plus expéditif que les alphabets traditionnels. Ces alphabets permettaient de visualiser les langues orales. Ils furent dénommés « dactylologies« . Pereire se fit connaître pour différents travaux savants, dont une machine à calculer. Interprète du roi, il obtint la reconnaissance de certains droits jusqu’alors interdits à la communauté israélite française dont le droit d’inhumer de jour. Pereire ne pratiquait pas d’éducation auditive. Ses élèves présentaient pour la plupart des reliquats auditifs importants. Soutenue par une dactylologie phonétique, leur parole nécessitait cependant un exercice incessant pour maintenir une articulation typiquement syllabique. La lecture sur les lèvres était l’une des particularités de sa méthode.cis gouv


Péreire, le pionnier oublié


En célébrant l'abbé de l'Epée, pionnier de l'éducation des sourds-muets, la France méconnaît son contemporain et précurseur. Triste destin pour Jacob Rodrigues Péreire, bordelais d'adoption.

Du côté de Saint-Seurin, deux rues à peu près parallèles portent les noms de l'abbé de l'Epée et de Rodrigues Péreire. Si le premier est passé à la postérité pour avoir été un des pionniers de l'éducation des sourds-muets, le second, son contemporain, qui fut dans ce domaine son précurseur, est méconnu. Cet effacement d'un éducateur devant un autre se double de l'ombre faite à Jacob Rodrigues Péreire (1715-1780) par deux de ses petits-enfants, Emile (1800-1875) et Isaac (1806-1880), banquiers disciples de Saint-Simon, qui prirent une part décisive au développement des grands travaux du Second Empire.

Un savant vaudrait-il moins qu'un financier ? Un juif portugais moins qu'un prêtre catholique ? Né à Berlanga, en Espagne, le 11 avril 1715, puis installé au Portugal, Jacob Péreire rejoint la communauté juive de Bordeaux en 1741. Sa vie et son oeuvre sont exemplaires de l'existence d'un savant du siècle des Lumières. Pourquoi s'intéressa-t-il à l'éducation des sourds-muets ? Ses biographes sont incertains. Les uns avancent qu'il avait été sensibilisé à cette question par son lieu de naissance, où avait vécu, au xvie siècle, un père dominicain, Pedro Ponce de Léon, qui avait inventé un procédé pour apprendre à lire et à écrire aux enfants sourds. Se fiant à une confidence de Péreire, les autres évoquent l'existence d'une « personne » sourde et muette dans son entourage, dont nul n'a su (Péreire ne l'a jamais précisé) s'il s'agissait d'une soeur, d'une fille, d'une nièce. Peu importe.

Un alphabet manuel

A Bordeaux, Péreire aurait dirigé une petite pension pour sourds-muets, rue des Augustins, quartier où il habitait. Son premier élève est un jeune garçon de treize ans, originaire de La Rochelle, Aaron de Baumarin. « Sourd et muet de naissance, écrira le Journal des Savants de juillet 1747, [...] il lui apprit en une centaine de leçons [...] à connaître et à nommer à certains signes la plus grande partie des lettres consonnes et voyelles, et même à articuler plusieurs mots. » Les résultats enregistrés avec ce premier élève, et avec un second, fils d'un fermier général de La Rochelle, Péreire les exposera d'abord devant l'Académie royale des Belles-Lettres de Caen, puis devant l'Académie royale des Sciences de Paris, en juin 1749.

L'attention portée à éduquer les jeunes sourds va l'amener à créer un alphabet spécial, qu'un de ses premiers bénéficiaires, le jeune Saboureux de Fontenay, décrira en ces termes : « C'est une espèce d'Alphabet manuel à l'Espagnole, contenu dans les doigts d'une seule main ; il est composé de vingt-cinq signes des lettres de l'écriture courante, sans y comprendre les lettres K et W qui ne sont point en usage dans la langue française, et des signes que M. Péreire a inventés dans la seule vue de faire conformer exactement cet Alphabet manuel aux lois de la prononciation et de l'orthographe française. Ainsi il y a autant de sons de la prononciation, qui sont au nombre de 33 à 34, et autant de liaisons de lettres de l'écriture ordinaire, qui se montent à 32 et plus (chaque liaison faisant un seul son dans la prononciation), qu'il y a de signes dans l'Alphabet manuel que je nomme pour cette raison Dactylologie, mot adopté par M. Péreire. [...] La Dactylologie est aussi commode, aussi prompte, aussi rapide que la prononciation même, et aussi expressive que l'écriture bien faite. »

Outre cette technique d'apprentissage, Péreire utilisait le toucher afin que l'élève, en fonction de ses capacités auditives et phonatoires, préalablement testées, distingue les différentes sonorités émises. Il invitait également à la lecture labiale. Par-dessus tout, ce pionnier poussait ses élèves à se mêler au monde des entendants et encourageait leur curiosité. Cette stimulante démarche d'ouverture explique probablement, autant que les techniques qu'il a mises au point, ses succès. C'est la modernité de cette démarche qu'a notamment saluée Diderot, qui évoque Péreire dans sa Lettre sur les sourds et muets (1751).

Des quatre coins de l'Europe

A partir de 1756, Péreire s'installe à Paris où, reconnu par de nombreux savants, il jouit d'une notoriété nationale et internationale. Après avoir épuisé tout ce que le continent comptait de médecins habiles et d'éducateurs bien intentionnés, c'est des quatre coins de l'Europe qu'on vient le consulter sur l'éducation des jeunes sourds. Son vieil âge est assombri par des malheurs personnels - mort de plusieurs jeunes enfants -, et par l'espèce de reconnaissance officielle dont bénéficie un de ses « concurrents », l'abbé de l'Épée. Il meurt le 15 septembre 1780.

Deux raisons principales semblent expliquer que cette figure séduisante soit tombée dans un oubli relatif. La première est médiocre, la deuxième stupide. Il y a d'abord une raison confessionnelle. « [il] est le premier qui ait fait voir, à l'Académie des Sciences et à la Cour de Versailles, le phénomène, aujourd'hui si vanté, de faire parler les sourds-muets. Tous les journaux du temps retentirent des différents essais qu'il fit dans cet art et des progrès de ses élèves. Il a donc été le précurseur des prétendues découvertes des abbés de l'Épée et Sicard ; cependant sa méthode est presque oubliée. C'est que, par l'empire que les prêtres ont sur l'opinion, ils savent exciter un enthousiasme permanent, tandis qu'un pauvre juif, qui n'a ni prôneurs ni intrigues, se perd bientôt dans la foule. » (Palissot, Mémoires pour servir à l'histoire de notre littérature depuis François 1er, 1803). La personnalité, édifiante, de l'abbé de l'Épée, tenu par l'opinion pour l'inventeur du langage des sourds-muets - alors que des alphabets pour instruire ces infirmes existent depuis le xvie siècle -, a occulté celle, austère et effacée, du savant bordelais.

La deuxième raison qui explique le relatif oubli de Jacob Rodrigues Péreire tient à de sombres rivalités entre les tenants des diverses méthodes d'éducation des sourds-muets. Le public en ignore tout, mais entre « oralistes » et adeptes de la langue des gestes (devenue langue des signes française), les querelles furent parfois passionnelles, à base d'anathèmes, de caricatures et d'exclusions.

Péreire, qui avait placé ses travaux sous le signe des Lumières et de la raison, qui avait tenu à ce que la moindre de ses recherches - et de ses trouvailles - fût publique, aurait certainement été peiné de ces querelles auxquelles il n'aurait rien compris.

sourds net



Dès 1734, Péreire fonde un institut spécialisé à Lisbonne et se documente sur les méthodes d’éducation des sourds-muets . Il privilégie la démutisation, la lecture sur les lèvres, l'apprentissage précoce de la lecture et utilise une dactylologie adaptée à la langue française. Quittant le Portugal en 1741, il apporte son savoir à Bordeaux. Son premier élève est Aaron Beaumarin, né vers 1732. Il est présenté à l’Académie de La Rochelle, début 1745, afin de faire constater l’efficacité de la méthode pédagogique qu'il promeut. Un autre élève, le fils de la famille d’Azy d’Etavigny, fait l’objet d’un Mémoire présenté à Paris, à l’Académie des Sciences, lors de la séance du 11 juin 1749.



Jacob Rodrigue Péreire

Éducateur des sourds et savant renommé,précurseur du siècle des Lumières

Né en Espagne, à Berlanga, en 1715, d’une famille marrane, il est baptisé sous le nom de Francisco-Antonio Rodriguez. Sa mère s’appelait Abigaïl Rivka Rodriguès. Le père, Abraham Rodriguès Péreyra, était commerçant. Il est né à Chacim, au Portugal, et y a vécu assez longtemps avec sa femme: c’est une localité proche de Bragance, un des grands centres du crypto-judaïsme. En 1698, il passe en Espagne. Ses filles (deux au moins) ainsi que deux fils : Jacob et son frère cadet David, viennent se fixer en France avec leur mère. La communauté juive de Bordeaux est à l’époque déjà suffisamment structurée pour attirer les Marranes qui veulent fuir le Portugal et faire retour au Judaïsme. Jacob Rodrigue Péreire est circoncis à l’âge de vingt-six ans le 8 novembre 1741. Dès 1734, donc dès l’âge de dix-neuf ans,Péreire se documente sur les méthodes d’éducation des sourds-muets. C’est sans doute pendant sa période bordelaise (de 1741 à 1746) que Péreire apprend l’hébreu.Il quitte Bordeaux en 1746 pour suivre au Collège de Beaumont en Auge, près de Caen, le second élève sourd-muet dont on lui confie la rééducation, le jeune d’Etavigny (il avait auparavant pris en charge avec succès un autre rochelais : Aaron Beaumarin). Il s’y installe en Juillet 1746, et y restera trois années, coupées par plusieurs séjours à Paris. C’est en avril 1749 qu’il se fixe définitivement à Paris avec son élève d’Etavigny. Son domicile n’est donc pas un quelconque logement privé, mais sert de pension pour le jeune d’Étavigny et pour les autres élèves sourds-muets qui lui seront confiés dans les années suivantes. Son frère David et sa sœur sont ses adjoints,et habitent très probablement avec lui. Péreire habite dès lors la capitale de manière ininterrompue jusqu’à sa mort en 1780. C’est le 5 novembre 1766 qu’il épouse à Bordeaux unejeune fille portugaise de trente ans plus jeune que lui, et d’origine bayonnaise. Ils eurent six enfants dont quatre moururent en bas âge. Il décède le 15 septembre 1780. Mort dans la nuit, il est enterré vers 4 h. de l’après-midi au cimetière de la Villette (fondé par lui) où une inscription en Espagnol, rappelant ses mérites, est gravée sur sa tombe.

Un savant polyglotte reconnu par la communauté scientifique
L’œuvre de Péreire ne se limite pas à l’éducation des sourds-muets.Ses connaissances en physique et en mathématiques lui valent des honneurs et l’amitié des plus grands savants deson temps : Buffon qui le cite dans son Histoire Naturelle, Réaumur et La Condamine. Ses connaissances linguistiques sont remarquables et lui valent l’estime de Bougainville qui lui confiera l’observation et la description de la langue du Tahitien Aotourou. Il manie parfaite-ment le portugais, le français, l’italien et l’hébreu. Il traduit en français plusieurs prières composées par le rabbin de Bordeaux pour des circonstances concernant la famille royale : maladie du roi, de la reine ou du dauphin. Les qualités de Péreire comme traducteur sont remarquées, et en 1765, il reçoit officiellement de Louis XV le titre de : « Interprète de sa majesté pour les langues espagnole et portugaise ». On lui doit l’édition, en 1765 et 1776, de toutes les lettres patentes qui, depuis Henri Il jusqu’à Louis XVI, ont concerné et protégé les juifs portugais.Péreire, dont la renommée s’étendit à toute l’Europe des monarques éclairés, fut, selon la formule de Buffon « l’homme unique, l’homme nécessaire de cet art inconnu consistant à faireparler les sourds ». La « méthode » de Péreire reste « étonnante », pour un orthophoniste du XXIe siècle, par la modernité de l’approche clinique et technique de la démutisation des sourds décrite. Novateur et moderne, Péreire le fut dans sa démarche intellectuelle pour résoudre ce problème complexe : revue de question de ses prédécesseurs, établissement dudiagnostic par approche différentielle, prise en compte du niveau de surdité, distinction entreparole, articulation, voix, intonation et accent, utilisation de la dactylologie dans une démarche rappelant pour partie le Langage Parlé Complété, optimisation de la lecture labiale,importance accordée à l’apprentissage de la lecture, etc. Certains chercheurs ont suggéré de possibles études préalables en anatomie et physiologie des organes vocaux et de l’oreille,phonétique et mathématiques à l’Université de Séville pour expliquer une telle précision technique et des résultats aussi remarquables, qui incitèrent certains savants influents à sug-gérer la création d’une chaire d’enseignement pour Péreire au Collège de France.

Les deux premiers patients présentés par Péreire :Aaron Beaumarin et M. d’Azy d’Etavigny
Le premier « élève », Aaron Beaumarin, sourd-muet de naissance, né vers 1732, fut présentéà l’Académie de La Rochelle, début 1745, par Jacob Rodrigue Péreire, qui lui avait enseigné à communiquer.Afin de faire constater l’efficacité de sa méthode, il fit dresser devant des notaires rochelais un acte constatant l’infirmité de naissance de son élève.Le second fit l’objet d’un Mémoire présenté à Paris, à l’Académie des Sciences à la séance le11 juin 1749 : (…) je viens vous supplier, Messieurs, d’examiner les effets que mes soins ont jusqu’ici produits sur M. d’Azy d’Etavigny, sourd et muet de naissance, que j’ai l’honneur de vous présenter.Ses progrès actuels fourniront à votre pénétration admirable assez de matière pour porter un jugement décisif sur tous les avantages que les sourds et muets devront attendre de mon art. (…).« Ce jeune sourd et muet prononce distinctement, quoique très lentement encore, les lettres,les syllabes,les mots,soit qu’on les lui écrive,soit qu’on les lui indique par signes.Il répond de son chef, verbalement ou par écrit aux questions familières qu’on lui fait ; il en forme lui-même très souvent, il agit en conséquence de ce qu’on lui propose de faire, soit qu’on luiparle par écrit ou par l’alphabet manuel dont son maître se sert avec lui, sans qu’il soit besoin d’y ajouter aucun autre signe qui indique ce qu’on veut qu’il fasse. Il demande, par le moyen de quatre langues, les choses dont il a besoin journellement. Il récite par cœur le Décalogue,le Pater et quelques autres prières, et répond avec intelligence à plusieurs questions du Catéchisme. En grammaire, il donne l’article convenable à chaque nom (rarement il s’ytrompe), il en connaît un peu la valeur des cas ; il a une médiocre connaissance, principalement dans la pratique des pronoms dont on se sert le plus communément.À l'égard des verbes, non seulement il les sait conjuguer dès qu’ils sont réguliers, mais il en dit encore la per-sonne quand on la lui demande séparément, de quelque nombre, temps et mode qu’elle soit(son plus fort cependant est sur l’indicatif). Sur les autres parties du discours ainsi que sur lasyntaxe, il connaît, à quelque chose près, ce qu’il y a de plus nécessaire dans les expressionsles plus communes et les plus familières ; il ne donne pas, par exemple, un adjectif féminin àun substantif masculin, ni un pluriel à un singulier, il ne se trompe que rarement sur les temps,les nombres et les personnes des verbes qu’il fait entrer dans ses expressions, surtout si c’est au mode indicatif qu’il doit les employer ; il évite déjà bien des répétitions par le moyen des pronoms et particules relatifs qu’il emploie le plus souvent fort à propos. Finalement il observe quelques règles d’orthographe passablement bien.Il est de plus à remarquer : 1° que si on lui fait des fautes en lui écrivant, il s’en aperçoit pour l’ordinaire et même les corrige, dès qu’on lui permet de le faire ; 2° il change sa prononciation en différentes façons, il parle haut ou bas suivant qu’on l’exige de lui ; il imite par le ton de sa voix, mais pas encore bien exactement, les différences qu’on fait sentir lorsqu’on interroge,qu’on récite,qu’on prie,qu’on commande,etc. ;3° quoique les lettres,et principalement les voyelles, soient, dans le français, susceptibles de différentes prononciations, n’y en ayant aucune qui n’en admette plusieurs et qui ne devienne muette dans quelques rencontres,néanmoins, M. d’Azy d’Etavigny ne manque point à leur donner la valeur convenable. S’il s’y trompe quelquefois, ce n’est que dans des mots qui lui sont inconnus ; (…). Il a encore quelques autres connaissances qu’on pourrait rapporter à la chronologie, comme la division qu’il fait de l’année, du mois, de la semaine ; à l’histoire, comme la création du monde, et même àdes sciences plus abstraites, mais il serait difficile d’en donner par écrit une juste idée.On observe, outre la lenteur, une certaine rudesse dans la prononciation de ce jeune homme ; elle provient en partie des vices contractés pendant les dix mois d’interruption qu’ila eus, mais principalement de la roideur de ses organes, lesquels avaient beaucoup perdu de leur flexibilité lorsque Pereire a commencé à les faire agir,son élève ayant déjà,dans ce temps-là, seize ans.On juge bien, au reste, que ces défauts diminueront considérablement chez lui à proportion qu’il continuera, sous les soins de son maître, à faire usage de la parole ; car il n’est point douteux que les parties qui la forment n’acquièrent par l’usage plus de souplesse et d’agilité, et ne lui rendent par conséquent l’articulation plus facile et plus régulière (…).On voit, par le contenu de ce mémoire, que les vues de Pereire sur l’instruction des sourds et muets s’étendent, non seulement à prononcer tous les mots de la langue française, mais encore, ce qui est plus essentiel, à comprendre le sens de ces mots et à produire d’eux-mêmes, tant verbalement que par écrit, toutes leurs pensées comme les autres hommes ; ce qui par conséquent les rendra capables d’apprendre et de pratiquer quelque art ou quelque science que ce soit, si l’on en excepte seulement, à l’égard de la pratique, les choses pour lesquelles l’ouïe est indispensablement nécessaire.On pense bien que pour parler aux élèves de Pereire il faudra se servir de l’écriture. Outre ce moyen, on en emploie un autre bien plus séant que les signes ordinaires que l’on fait aux muets, c’est un alphabet manuel qu’il a appris en Espagne, mais, qu’il lui a fallu augmenter et perfectionner considérablement pour le rendre propre à parler exactement le français. Il s’ensert avec une brièveté qui approche plus de la promptitude de la langue que de la lenteur de la plume. Cet alphabet est contenu dans les doigts d’une seule main, laquelle suffit encore à Pereire pour exprimer en chiffres toutes sortes de sommes, (…).Mais, ce ne sont pas là les seules ressources qui pourront adoucir le malheur de la surdité dans les élèves de Pereire : ils auront encore la facilité d’entendre, au mouvement naturel des lèvres, des yeux, de la tête, des mains des personnes qui les fréquenteront, ce qu’elles voudront leur dire. (…) ».orthedition


Lire : Les Juifs de France
« La France est notre Palestine, ses montagnes sont notre Sion, ses fleuves notre Jourdain. Buvons l’eau vive de ses sources ; c’est l’eau de la liberté »
Un juif parisien en 1791

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