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ERNEST BLOCH


BIOGRAPHIE
AMERICA
PORTRAIT
DISCOGRAPHIE




"J’écris pour la douzaine d’êtres humains qui comprennent par-delà une musique qui se rit de la mode, les vérités éternelles que j’ai tâché, humblement, d’exprimer"


Ernest Yitzhak Bloch est né le 24 juillet 1880 à Genève de parents juifs qui auraient du être orthodoxes, mais qui seront simplement une famille juive non religieuse. Son père s’appelait Maurice Meier Bloch. Mais Ernest Bloch ne reçoit aucune éducation juive, mais il fait toutefois sa bar-mitzav en 1893.

Il étudie d'abord le violon sous la direction de Louis Rey et la composition avec Emile Jacques-Dalcroze, puis avec Eugène Ysaÿe et François le Rasse à Bruxelles où il s’initie également aux conceptions du franckisme sur la musique cyclique que l’on retrouvera dans ses compositions. Après avoir un tant repris le commerce familial (1904-1905), il va vers son destin de musicien.
L 'essentiel de sa formation musicale a lieu à Francfort (1910-1911) sous la direction d'lwan Knorr qui influença le plus la personnalité musicale singulière de Bloch. Signalons entre temps un événement capital dans sa vie. Une illumination.
La rencontre en 1905 avec l’écrivain nationaliste juif Edmond Fleg est un choc culturel pour lui.
Il avait abandonné tout culte, déserté les synagogues, ignoré la culture juive.
Fleg lui apportera la révélation de ce qu’il est vraiment. Il se plonge totalement vers 1905-1906 vers le retour et l’étude de ses racines juives. En 1906 il étudie la Bible.
En 1910, Bloch compose son seul et unique opéra Macbeth créé à l’Opéra Comique sans succès aucun.
Il est professeur de composition au Conservatoire de sa ville natale et à Neuchâtel, de 1910 à 1915, puis émigre aux Etats-Unis en 1916 suite aux très nombreux échecs endurés dans son pays (surtout son opéra Macbeth et le refus de sa candidature au poste de chef d’orchestre à Genève).

Il est d’abord professeur à la Mannes School de New-York, puis directeur de l’Institut de Musique de Cleveland de 1920 à 1925, et enfin de 1925 à 1930, il est à la tête du Conservatoire de San Francisco. Il prend la nationalité américaine en 1924. Il part se reposer, et retremper ses racines dans sa Suisse natale de 1930 à 1939, puis il retourne enseigner, à l’Université de Portland (Oregon) en 1940 pour échapper à la guerre qui vient d’éclater.
Il y fera dorénavant toute sa carrière.
En décembre 1957, Yehudi Menuhin insista pour jouer à New York le Concerto pour violon de Bloch, œuvre injustement négligée, en hommage dit-il : " Au grand compositeur malheureux et ignoré qui est très malade". Peu après, Yehudi Menuhin rendra visite à Bloch chez lui, à Agate Beach. Il lui commandera deux Suites pour violon seul. Ces œuvres seront achevées en juillet 1958, un an avant la mort du compositeur. Yehudi Menuhin écrira : " Il avait été mon premier compositeur, je fus son dernier interprète."
Parmi ses élèves les plus connus, on peut citer George Antheil et Roger Sessions.

Sa production d’œuvres pour orchestre, piano, musique de chambre et musique vocale est importante. Il reste connu, surtout aux Etats-Unis.
Le compositeur a puisé dans la Bible l’inspiration à de nombreuses œuvres, il est considéré comme le "chantre d’Israël ". L’artiste a rejeté cette étiquette de compositeur nationaliste juif : « En fait, les Juifs ont été les plus hostiles, les plus rebelles à mon message, et m’ont renié, comme ils ont toujours renié ceux qui leur disaient leurs vérités. Pensez donc ! J’ai dans ma chambre de travail, depuis 15 ans, un immense Christ du 16ème siècle ! ! ! ."
Farouchement individualiste, il est resté à l’écart des disputes esthétiques et des recherches spéculatives de son temps et déclarait : Dieu nous garde de toutes les théories.
Aussi il ne sera pas un novateur mais plutôt un néo-classique, avec de grandes bouffées de romantisme, attardé dans son siècle.



Sa vie créatrice peut se diviser en plusieurs périodes :
* Première période européenne de juin 1904 à juillet 1916 "Les années de galère"
*La renaissance et la gloire aux Etats-Unis de 1917 à 1938 où il trouve sa maturité aussi bien en tant que compositeur que pédagogue et chef d’orchestre.
« Diriger, faire des conférences, donner des leçons, composer, c’est un tout pour moi. Et je fais étudier la musique comme on étudie une religion. »
L’obtention d’une bourse sur dix ans le laisse enfin libre de composer sereinement, et il trouve l’aide de mécènes et protecteurs, la famille Stern. A l'abri du besoin il peut composer et enseigner librement.
* Deuxième période américaine de 1938 à 1952: "Le havre de paix" loin des massacres en Europe.
« Je suis un mort qui se survit aux USA. De 1939 à 1943, je n’ai pas pu composer de façon suivie... La tragédie du monde m’obsédait et me paralysait»
Il trouve là une oasis de calme mais la tragique destinée de son peuple, le peuple juif le hante. L’holocauste le pétrifie. Et il met du temps à réécrire.
*Le retrait et la retraite 1952-1959.
" Ma vie est terrible par les mondanités. J'ai le désir de foutre le camp qui m'aiguillonne! Loin de la laideur obsédante et du grondement atroce d'un monde qui s'écroule lentement sous sa putréfaction. Etre loin sans penser, Nirvana!"
De plus en plus décalé du monde musical et des mondanités étouffantes, comme survivant du monde tonal avec son respect de la tradition et du passé, il s’isole et s’installe pendant 16 ans près des plages désertes et sauvages de l’Oregon à Agate Beach. Il s’adonne à la photographie et le ramassage puis le polissage des agates. Ce travail minutieux d’artisan était pour lui l’équivalent du travail d’écriture musicale.

Il est décédé d’un cancer le 15 juillet 1959 à Portland dans l'Oregon, neuf jours avant son 79è anniversaire.

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