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ADAM MICKIEWICZ

PORTRAIT
POEME
BIO
POLONAIS
MEMOIRE

Adam Mickiewicz



Mickiewicz est pour le Polonais ce que Dante est pour l'Italien : l'altissimo poeta

Chef de file des romantiques polonais, guide inspiré de ses contemporains, il a soutenu par son patriotisme visant l’universel l’unité culturelle.


"Plus malheureux que tous est celui qui n'aime plus et ne peut oublié qu'il a aimé." - Résignation

"Qu'est la vie humaine en ce monde inconstant ? Rien qu'un instant." - Les aïeux

"Soyez indulgents pour les autres et sévères pour vous."





Adam Mickiewicz et Yankiel

Personne, en Pologne, ne peut être comparé à Adam Mickiewicz. Ce poète, à la fois symbole culturel et héros national, est si intimement lié à la littérature et à l’histoire de son pays qu’il fait partie intégrante de son inconscient collectif. Démocrate et anticlérical, il fut pour les Juifs un défenseur fidèle, chose rare dans l’Europe post-napoléonienne en proie à la contre-révolution et à la fièvre antisémite. Pendant son exil à Paris, il prononça des sermons fraternels dans les synagogues et on le vit même proclamer, du haut de sa chaire au Collège de France, que les trois peuples élus, les Polonais, les Français et les Juifs, devaient préparer ensemble l’avènement du Royaume de Dieu sur terre !
Hanté par son projet de libérer la Pologne de l’oppression tsariste, il se rendit en 1853 à Constantinople, en pleine guerre de Crimée, pour rencontrer les volontaires de sa Légion polonaise. Il s’aperçut alors que bon nombre de ses recrues étaient juifs. Déclarant : « J’attends le jour où la bannière des Macchabées se déploiera de nouveau ! », il les rassembla dans une Légion juive et proposa aux Rothschild de racheter la région de Jérusalem pour en faire un territoire juif dont sa Légion garantirait les frontières ! Sa mort brutale, en 1855, mit fin à cet ambitieux programme.
Pendant plus d’un siècle, le philosémitisme de Mickiewicz resta un sujet tabou et les historiens n’eurent accès qu’à des textes tronqués et à des biographies incomplètes. Mais nous savons aujourd’hui que sa mère était née dans une famille frankiste, cette secte juive messianique fondée en 1755 dont sa femme, elle-même demi-juive, était également adepte. Ainsi élevé dans l’ésotérisme et la kabbale, Mickiewicz était parfaitement conscient de ses origines : « Je suis né de mère étrangère », écrit-il dans Dziady. « Mon père venait de la tribu des Mazurs, ma mère a été convertie dans l’enfance, si bien que je suis moitié Polonais moitié Juif, et j’en suis fier ». Dans Pan Tadeusz, sa grande fresque lyrique, il met en scène Yankiel, un musicien juif patriote et virtuose du cymbalum, instrument alors très en vogue chez les klezmorim. Tous les enfants polonais connaissent le Koncert Jankiela (le Concerto de Yankiel), et si vous croisez un cymbalum à Varsovie, il se trouvera toujours un quidam pour réciter : « Bylo w Polsce cymbalistów wielu, ale zaden nie smial zagrac przy Jankielu » («Il y a eu beaucoup de joueurs de cymbalum en Pologne, mais aucun de comparable à Yankiel »).
On voit Yankiel sur un des timbres émis par la Pologne le 30 juin 2000, interprétant la Marche de Dombrowski pour un auditoire admiratif, tandis qu’un de ses élèves à kippa et papillotes, agenouillé à ses côtés, le contemple avec émerveillement. Avec sa centaine de cordes fortement tendues, le cymbalum était quasiment impossible à accorder, mais malgré ce défaut il animait joyeusement noces et banquets et nos aïeux adoraient sa musique. S’il a disparu des orchestres klezmer d’aujourd’hui, est-ce parce que notre oreille est devenue plus exigeante ou parce qu’on ne sait plus boire comme des Polonais ’ « Dans ses mains, les baguettes s’éveillent, tourbillonnent au-dessus des cordes, vrombissent… Elles battent fièrement une marche victorieuse, puis l’instant d’après elles s’anéantissent, c’est comme un bruissement, un clapotis, une petite pluie… et l’assistance, bouleversée, retient son souffle. »
CLAUDE WAINSTAIN arche mag


Né le 24 décembre 1798 à Zaocie, près de la ville de Nowogródek en Pologne-Lituanie, il fut baptisé Adam Bernard, le 12 février de l’année suivante. Il était d’une petite famille bourgeoise, ce que lui permit de rentrer en1807, à l’école de Nowogródekles où des Dominicains commencèrent son éducation . Son premier poème date de cette période. Après la mort de son père Mikolaj le 16 mai 1812, la situation financière de la famille se détériora, alors que l’été de la même année, les troupes napoléoniennes traversaient le pays, en direction de Moscou. C’est sa mère Barbara (née Majewska), qui se chargera seule de financer l’éducation de son fils.

En 1815, il entra à la faculté de Physique et Mathématiques à Vilnius. En 1818, il publiait son premier poème imprimé, Zima Miejska, alors qu’il rentrait dans une société secrète qui luttait contre l’occupation russe du pays. En 1822, il publiait son premier recueil de poèmes à Vilnius, Poezyje, dédié à ses amis de l’université.

En juillet 1823, la répression contre la résistance devint plus dure et Mickiewicz fut arrêté le 4 novembre de la même année. Il fut emprisonné dans la basilique d’un monastère jusqu’en 1824 pour avoir « incité les habitants des provinces polonaises à se rebeler contre l’autorité russe ». Il dut ensuite, s’exiler en Russie où il demeura 5 ans en voyageant entre Saint Petersbourg, Odessa et la Crimée. Il publia en 1825 Sonety krymskie. De décembre 1825 à avril 1928, il vécut à Moscou où il entra comme employé dans les bureaux du Gouvernement Général. Ce poste lui permit d’avoir des contacts avec l’élite de Moscou et de Saint Petersbourg. Il devint amis avec plusieurs Décembristes, comme Rylejew et Biestuzew. Il publia deux œuvres en 1826 et 1828, à Saint Petersbourg. Pour services rendus à la Russie, il reçu en mai 1829 un passeport, ce qu’il lui permit de quitter le pays à bord d’un bateau anglais à destination de Hambourg.
Il voyagea ensuite à travers l’Europe : Berlin, Bonn, la Suisse, l’Italie. En 1830 il se rendit à Varsovie avec un faux passeport. Puis en mars 1832, on le retrouve à Dresde où il écrit une partie de Dziady qui sera publié en France. En juillet 1832, il décide de s’installer à Paris où il compte passer le reste de sa vie. Au début de son installation en France, il reste éloigné du milieux de ses compatriotes, puis il devint volontaire pour un groupe d’émigrés. Plus tard encore, il devint membre de la Société Littéraire et de la Société des Citoyens Lithuaniens et Russes. En 1833, il est l’éditeur et le journaliste le plus important de "Pielgrzym Polski" (Pérégrinations Polonaises).

En 1834, il se marie avec Celina Szymanowska, dont il eut six enfants entre 1835 et 1850. En 1839, il devint lecteur de littérature latine à l’Université de Lausanne, jusqu’à l’automne 1840 où il entra à la Chaire de Littérature slave au Collège de France.
En juillet 1841, il fait connaissance avec Towianski, et adhère rapidement à ses idées sociales, mais accusé de propagande par les autorités, sa chaire, lui est retirée en mai 1844.

En 1849, il fonde à Paris, avec un groupe d’émigrés de différentes nationalités, "La Tribune des Peuples", journal qui propagera des idées sociales très radicales. Le journal fut interdit en 1852, après l’intervention de l’ambassade russe auprès des autorités françaises.

En 1855 durant la guerre de Crimée, Mickiewicz se rend dans l’Empire ottoman afin d’encourager et d’organiser la Légion polonaise auprès des Ottomans, contre la Russie. Il rencontre à Istamboul, une communauté importante de réfugiés polonais, installés dans la capitale ottomane et dans la région (Adampol / Polonezköy).
Il meurt le 26 novembre 1855 dans sa maison de Péra, probablement du choléra. Son corps sera transporté en France et enterré au cimetière de Montmorency. En 1890, les restes seront transférés en la cathédrale de Cracovie.istanbulguide


Les aïeux. Poème

Pour comprendre l'importance des Aïeux d'Adam Mickiewicz, cette œuvre hybride et grandiose où le génie du poète exprime toute son inspiration exceptionnelle, il suffit de rappeler le rôle que ce drame joue dans la culture polonaise depuis plus de cent cinquante ans. Quintessence de la problématique nationale, Les Aïeux donnent naissance à une longue tradition littéraire. Avec sa vision du peuple dépossédé de son autonomie, en lutte permanente pour préserver son identité, sa définition du rôle de l'artiste, guide et porte-parole de la nation opprimée, le drame de Mickiewicz ouvre un débat esthétique et éthique dont les résonances n'ont jamais cessé dans l'histoire de la Pologne. De Wyspianski à Gombrowicz, de Kantor à Wajda, les créateurs polonais ont entrepris un dialogue, si ce n'est une polémique, avec ce texte fondateur. N'oublions pas que le printemps de 1968 en Pologne, la contestation étudiante et les troubles politiques du fameux " mois de mars " furent déclenchés lors de la première des Aïeux dans le Théâtre national de Varsovie : la ferveur des applaudissements qui saluèrent les répliques visant l'oppression tsariste provoqua le départ de l'ambassadeur de l'URSS de la salle et la suspension de la pièce dès le lendemain. Les manifestations de rue et la grève des étudiants furent une riposte immédiate, avec le nom de Mickiewicz en étendard, au nom de la liberté et de la démocratie. Fascinants et inspirés, véhiculant l'éternel défi à l'oppression, à la médiocrité et à l'opportunisme, Les Aïeux permettent de mieux appréhender la Pologne d'aujourd'hui, ses contradictions et ses ambitions. La traduction en vers rimés de ce poème célèbre le rend plus proche de sa grandeur originale et révèle l'universalité de son propos et de sa performance littéraire. slavika


"La langue ment à la parole et la parole à la pensée."

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