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ERNST B.CHAIN


PRIX NOBEL 1945
ANTIBIOTIQUE

"La pénicilline est probablement la dernière molécule organique d'origine biologique à avoir été analysée en faisant appel aux méthodes classiques de la chimie organique"

Prix Nobel de physiologie-médecine pour « la découverte de la pénicilline et ses effets curatifs de nombreuses maladies infectieuses »( avec Florey et Flemming en 1945)


Chain, Ernst Boris (1906-1979), biochimiste et pathologiste britannique d'origine allemande ; né à Berlin, étudiant à l'université de cette ville, il fut lauréat du prix Nobel. Ses racines juives l'obligèrent à émigrer en Angleterre en 1933 après l'accession d'Hitler au pouvoir. Il entama des recherches sur les enzymes à Cambridge et Oxford, où il collabora avec le pathologiste sir Howard Walter Florey pour étudier la production d'antibiotiques par les moisissures. En 1941, il réussit à produire à petite échelle de la pénicilline. En 1950, Chain travailla à l'Institut supérieur de la santé de Rome, et, en 1961, il fut nommé professeur de biochimie à l'université de Londres. En 1945, Chain partagea le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Florey et le bactériologiste britannique sir Alexander Fleming.encarta


D'où vient la pénicilline?
par Philippe Chartier

La pénicilline est un antibiotique dérivé d'une moisissure appelée Penicillium notatum. Sa découverte s'est faite tout à fait par accident. En 1928, le bactériologiste britannique Alexander Fleming (1881-1955) découvre que ses cultures de bactéries ont été contaminées. Au lieu de simplement les jeter, il prend le temps de les observer. Il constate alors qu'une moisissure a fait mourir les bactéries avec lesquelles elle est entrée en contact. Ce n'est que 10 ans plus tard que Howard Florey et Ernst Chain réussiront à isoler de la moisissure la substance aux propriétés anti-bactériennes.

L'utilisation clinique de la pénicilline débutera dans les années 1940, lorsqu'on saura comment produire la moisissure en grande quantité. La pénicilline sauvera des milliers de vies durant la Seconde Guerre mondiale et elle demeure encore l'un des plus puissants et des plus utiles antibiotiques utilisés en médecine. En 1945, Alexander Fleming, Howard Florey et Ernst Chain recevront le prix Nobel de médecine pour avoir révolutionné le traitement des maladies infectieuses par l'usage des antibiotiques


Introduction à l’étude des médicaments : Diapositive

AEMILIA BASSANO LANIER


Aemilia Bassano lanier
THEORIE
Dark Lady
SITE
MISTERY
shakespeares darklady
POEME
Jews in the Cour


"In the old age black was not counted fair,
Or if it were it bore not beauty's name;
But now is black beauty's successive heir,
And beauty slandered with a bastard shame"
Shakespeare


1569 - 1645
Aemilia a été la premiere Anglaise a se faire connaitre comme poète professionnelle grâce à son unique volume de poèmes, Salve Deus Rex Judaeorum (1611). Né Aemilia Bassano ,fille illégitime de Baptiste Bassano, un juif vénitien christianisé et un des premiers musiciens de la cour du Roi Henry VIII, Emilia a été laissée sans moyens apres la mort de son père . Elle a été éduquée à la maison de Susan Bertie, la comtesse douairière de Kent. Et pendant plusieurs années,fut la maîtresse de Henry Carey, 1er Baron Hunsdon, cousin germain de Elizabeth I d'Angleterre. Elle s'est mariée à un musicien Alfonso Lanier en 1592 .

Feministe active comme on peut le lire dans ce poeme :
"Forgetting they were born of woman, nourished of women, and that if it were not by the means of women they would be quite extinguished out of the world, and a final end of them all, do like vipers deface the wombes wherein they were bred "

*

Mais elle fut en outre identifiee comme etant la ' Dark Lady ' des sonnets du 'Barde'
C'est du moins la these de John Hudson qui est persuade que son heroine est bien le celebre dramaturge Shakespeare !
Tout d'abord les pieces de Shakespeare contiennent presque 2000 references et 300 termes musicaux differents et se referent a un manuscrit du Vieme siecle . Or Shakespeare n'avait aucune connaissance musicale ce qui n'etait pas le cas d'Aemilia.
( quinze de ses proches etaient des musiciens )
Dans l'Angleterre du XVIeme seuls quelques dizaines d'erudits non juifs etudiaient l'hebreu. Comment expliquer que le Barde fasse des jeux de mots bases sur cette langue ,cite des references du Talmud et a Maimonide ou integre meme des exemples d'hebreu.
John Hudson signale en outre que nombre de pieces de theatre de Shakespeare font allusion a la guerre qui opposa Juifs et Romains en terre d'Israel . Dans l'une d'entre elles le conquerant romain est identifie a Satan ,une prise de position qui requiert de faire le rapprochement avec les poemes d'Aemilia.
pour rester dans le domaine des langues rien n'expliquerait comment le 'vrai Shakespeare'- qui selon John Hudson avait ete choisi par Aemilia Bassano pour lui servir de couverture - aurait appris l'italien dans sa ville natale, or ses pieces montrent une veritable familiarite avec cette langue. Ce qui n'aurait rien d'etonnant dans cette these puisque la famille d'Aemilia etait originaire de Venise .
Les autres preuves que J. Hudson avance concernent avant tout la personnalite de la poetesse qui avait ete eduquee a la Cour mais surtout chez l'une des premieres feministes, la duchesse de Suffolk et sa fille. Cela expliquerait pourquoi dans la 'Megere Apprivoisee'figurent des references a un livre qui etait le manuel de base des dames de la cour.
Et dans d'autres oeuvres des allusions a ' l'Heptameron' ecrit par Margueritte de Navarre et tres populaire chez les dames nobles.
Poetesse reconnue Aemilia Bassano Lanier publia entre autres, un poeme de cent soixante lignes ressemblant enormement a un morceau de la piece 'La Tempete'.

Enfin J. Hudson note que dans les pieces de Shakespeare l'un des noms les plus employes est Emilia ou des variantes et que dans 'Titus Andronicus' deux personnages se nomment Emilius et Bassianus....
Un hasard?
D'apres Catherine Garson - actuj

SAMUEL GOMPERS

BIO
FAMILLE
REVUE
TIMBRE


Né le 26 janvier 1850 à Londres en Angleterre de parents juif hollandais
Il fut un fondateur et le président de la centrale syndicale américaine nommée American Federation of Labor (AFL) de 1886 à sa mort le 13 décembre 1924



HISTORIQUE
L’ American Federation of Labor (AFL) est un des premiers syndicats à avoir vu le jour aux Etats-Unis. Il a été fondé en 1886, à Columbus, Ohio par Samuel Gompers et était une réorganisation du syndicat Federation of Organized Trades and Labor Unions. Gompers en fut président jusqu’à sa mort en 1924.
En 1955 l’AFL (10,2 millions d'adhérents) et le Congress of Industrial Organizations (5,2 millions d'adhérents), un autre grand syndicat américain, se regroupent pour former l'AFL-CIO, dont George Meany prend la présidence. Ce syndicat représente alors 25% des ouvriers américains et constitue le plus puissant des syndicats des pays occidentaux
L'AFL-CIO, est le principal regroupement syndical aux Etats-Unis (il regroupe 52 mouvements nationaux et internationaux de travailleurs), et est le seul aux Etats-Unis à être membre de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).
fsa ulaval ca


LE GOMPERISME OU LE REFUS DE L'ACTION POLITIQUE AUTONOME DE LA CLASSE OUVRIERE

Samuel Gompers, 1874.

C'est en 1886, aux Etats-Unis, que l'American Fédération of Labor (A.F.L.) se constitue en centrale syndicale. Samuel Gompers allait être son président jusqu'en 1923.

La naissance de cette centrale marque un tournant dans l'histoire du mouvement ouvrier américain : elle surgit d'une guerre ouverte avec les Chevaliers du travail (5) qui avaient à ce moment-là derrière eux une dizaine d'années de luttes vigoureuses tant sur le plan syndical que sur le plan politique. Avec l'A.F.L., c'est une nouvelle période qui s'ouvre où l'organisation syndicale se fait sur la base des métiers (laissant de côté l'organisation des travailleurs non qualifiés) et en mettant l'accent principal sur la négociation de contrats de travail.

Pour Gompers, les objectifs syndicaux se réduisent aux seules revendications salariales car les unions ne sont et ne doivent être que "les organisations d'affaires des salariés, qui s'occupent des affaires des salariés". Pour Gompers, le capitalisme n'est pas un adversaire mais l'élément essentiel pour obtenir de meilleurs salaires. L'hégémonie du capitalisme (son influence idéologique et politique prédominante) n'est pas remise en cause et sa domination économique n'est contestée que sur la base de groupes de travailleurs pris isolément. La solidarité de classe (de l'ensemble de la classe ouvrière) n'est pas conçue par l'A.F.L. comme principe fondamental de la lutte syndicale.

En réalité l'A.F.L. de Gompers va plus loin en rejetant toute forme de socialisme qui (aux dires même de Gompers) "nous menacerait, s'il pouvait être mis sur pied, du pire système d'effort et d'activité restrictif jamais conçu par l'entendement humain" .

Le gompérisme fait donc confiance au capitalisme et prend même ouvertement position contre le socialisme. Il n'est pas surprenant dans ce sens qu'il dénie pratiquement à la classe ouvrière la possibilité de se constituer en force politique autonome et qu'il affiche officiellement une position de neutralité politique de principe.

Pourtant l'A.F.L. de Gompers prend souvent position sur les questions d'ordre politique. Comment pourrait-il en être autrement compte tenu de la force que le mouvement syndical représente dans la société! Mais l'A.F.L. le fait à la manière d'un groupe de pression, d'un "lobby" qui entre en action par intermittence, à l'occasion notamment de la présentation de projets de lois, surtout de ceux qui l'affectent directement. Elle le fait encore au moment d'élections par l'appui financier et le soutien public aux partis de la bourgeoisie (l'un ou l'autre selon ce qui est avancé dans les programmes de ces partis).

Il faut noter en outre que cette conception de neutralité politique de principe doublée d'une pratique de lobbying n'existe à l'état presque pur qu'en Amérique du Nord. Elle a cependant une influence qui est loin d'être négligeable à l'extérieur, particulièrement en Amérique latine, à travers des mécanismes que l'A.F.L. a elle-même établis tels l'Organisation régionale inter-américaine du travail (ORIT) et l'Institut américain pour le développement du syndicalisme libre (IADSL)

On aura reconnu, dans cette présentation du gompérisme, la traditionpolitique du syndicalisme d'affaires. Ce n'est qu'aux Etats-Unis quecette conception demeure officiellement celle du mouvement syndicaldans son ensemble. Nous n'insisterons pas sur cette tradition avec laquelle nous cherchons à rompre depuis quelques années. La neutralitépolitique des syndicats est un mythe. Elle n'existe réellement nullepart, même pas aux Etats-Unis. Comme force organisée, le mouvementsyndical a un impact politique dans la société sans pour autant avoir àse transformer en parti politique — ce qu'aucun mouvement syndicaln'a jamais fait dans le passé —. Toute la question est de savoir au service de quels intérêts et de quelle classe cette force que représente le syndicalisme est mise à profit.cdeacf ca


30 avril 1903 - Visite de Samuel Gompers à Montréal

Samuel Gompers est le président de la Fédération américaine du travail (FAT), une centrale syndicale dont il fut le fondateur en 1886. Le passage à Montréal de ce personnage bien en vue dans le mouvement syndical attire une foule estimée à 8 000 personnes au parc Sohmer.

Cette visite de Gompers ne passe pas inaperçue, d'autant plus que Montréal, secouée par de nombreuses grèves, vit une véritable crise ouvrière. Gompers a connu un échec à Ottawa peu de temps auparavant, à la suite de son discours contre la Loi Lougheed. Par contre, le public montréalais, au sein duquel on retrouve plusieurs membres d'associations syndicales, acclame chaleureusent Gompers. Dans son discours, le leader syndical avoue trouver déplorable «la tentative faite par un honorable sénateur canadien (de) rendre passible d'un crime tout étranger qui viendrait exposer au Canada les principes dont je vous trace, ici ce soir, les grandes lignes, à savoir que les ouvriers canadiens ont droit à un meilleur salaire.» bilan usherbrooke

Lire : L'AFL - CIO ou le syndicalisme aux USA

SIR HERBERT SAMUEL


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Politicien juif anglais et premier consul en Palestine


"L'égalité des chances, c'est la chance de prouver l'inégalité des talents"

(1870 - 1963)
Herbert Louis, Premier Vicomte Samuel. Homme d'Etat et philosophe britannique. Né à Liverpool et élevé à Londres. Il étudie au University College et au Balliol College d'Oxford.

Agé de 18 ans, il devient un membre actif du parti Libéral. En 1902, il entre au Parlement. A partir de 1906, il occupe différents postes gouvernementaux, et devient ministre de l'Intérieur en 1916.

Pendant la première guerre mondiale, Samuel commence à prendre part à des activités sionistes. Il aide Haïm Weizmann dans l'action qui mènera finalement à la Déclaration Balfour.

Il est annobli en 1920, et nommé le premier haut-commissaire du Mandat britannique en Palestine, une position qu'il occupera jusqu'en 1925. Sa nomination suscite l'enthousiaste des habitants du yishouv qui voient dans son arrivée le début des temps messianiques !

Tandis qu'il occupe cette fonction, la population juive de Palestine voit son nombre doubler; une entreprise d'implantation juive à grande échelle est menée dans le pays; les conseils locaux sont organisés, et la langue hébraïque est reconnues comme l'une des trois langues officielles du pays. Toutefois, d'une manière génération, les habitants du yishouv sont déçus par le peu d'ardeur manifesté par Samuel pour apaiser les extrêmistes arabes.

A partir de 1928, Herbert Samuel revient à la vie politique en Angleterre, et dirige le Parti Libéral à la Chambre des Lords de 1944 à 1955.

L'intérêt d'H. Samuel dans l'évolution du foyer juif national ne diminuera jamais. Il soutiendra constamment l'Université Hébraïque de Jérusalem, comme membre de son comité directeur. Il combattra la politique antisioniste adoptée par le Livre blanc de 1939, ainsi que la politique britannique menée après la seconde guerre mondiale.
jafi

Le quartier de "Kiryat Shmuel" à Tibériade ainsi que le quartier "Ahuzat Herbert Samuel" sur le mont Carmel rappellent aujourd'hui son souvenir


Le troisième Livre blanc est celui de Malcolm Mac Donald. Il est publié en mai 1939, à la suite d'un violent soulèvement arabe, la Commission Woodhead ayant conclu que le partage était irréalisable. C'est le plus connu et c'est celui auquel on fait allusion lorsque l'on parle du Livre blanc. Les Juifs le surnomment le "livre de la trahison" Le but de ce livre est en fait de calmer les Arabes et c'est ce qui pousse le gouvernement britannique à limiter la vente de terrains aux Juifs et même à l'interdire dans certaines régions.

Par ailleurs, l'immigration des Juifs est limitée à 75 000 sur une durée de cinq ans (10 000 par an et ensuite, 25 000 réfugiés) Le nombre de Juifs entrés illégalement en Erets Israël sera déduit des 75 000. Les Britanniques précisent que l'immigration juive ne pourra continuer qu'à la condition que la population juive ne dépasse pas un tiers de la population arabe, et que le pays soit économiquement à même d'intégrer les immigrants et ils ajoutent qu'au bout de ces cinq années, l'immigration juive devra cesser, sauf si les Arabes acceptent de permettre aux Juifs de s'installer en Erets Israël.

Le gouvernement britannique annonce qu'au bout de dix ans, il envisage l'établissement d'un pouvoir autonome (à savoir, arabe) en Palestine, avec des frontières allant de la Méditerranée au Jourdain: "Le gouvernement de Sa Majesté annonce aujourd'hui sans équivoque qu'il n'a absolument pas l'intention de faire de la Palestine un Etat juif")

Les institutions sionistes mondiales et le Ishouv (c'est ainsi que l'on nomme l'implantation juive en Erets Israël avant la création de l'Etat) engagent un rude combat contre le Livre blanc, dès sa publication, estimant qu'il condamne la population juive à un statut minoritaire en Erets Israël et met fin à tout espoir de voir la création d'un Etat juif. Cette lutte se manifeste par des actions militaires (intervention de l'Irgoun et du Lehi) et politiques (mobilisation des organisations sionistes mondiales)


Durant la Deuxième guerre mondiale, des Juifs d'Erets Israël s'enrôlent dans l'armée britannique. Une déclaration de Ben Gourion reste gravée dans les mémoires: "Nous devons aider les Britanniques dans leur guerre comme s'il n'y avait pas de Livre blanc et nous devons lutter contre le Livre blanc comme s'il n'y avait pas la guerre"

Au lendemain de la guerre, la lutte des Juifs contre le Livre blanc s'accentue, entre autres du fait que les Britanniques empêchent les rescapés de la Choa de rejoindre Erets Israël. Des dizaines de milliers d'immigrants clandestins sont renvoyés et enfermés dans des camps à Chypre et en Europe.

Cette lutte se poursuivra jusqu'à ce que le gouvernement britannique décide de s'en remettre à l'ONU en 1947. Le jour de la proclamation de la création de l'Etat d'Israël, le Livre blanc sera enfin annulé.a7fr

DAVID RICARDO


EQUIVALENCE
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SOLOW
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PORTRAIT
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David Ricardo


David Ricardo est considéré aujourd'hui comme l'un des économistes les plus influents de l'école classique.



"Il n'y a aucun autre moyen pour augmenter les bénéfices que de baisser les salaires"

"La tendance invétérée des individus à s’adonner aux délices de la société domestique n’est freinée que par le principe de réalité."



(1772-1823)

Homme d'affaires et économiste britannique (Londres, 1772 — Gatcomb Park, Gloucestershire, 1823).

Ricardo fut le premier économiste à systématiser les résultats qu'il obtenait et à leur donner une forme classique. Ses appels contre le protectionnisme et en faveur du libre-échange furent largement entendus à son époque. Ses idées, qui dominèrent l'économie jusqu'au milieu du XIXe siècle, puis qui, après une éclipse, revinrent au premier plan grâce aux économistes néo-ricardiens, continuent de nos jours à susciter des controverses.

Financier théoricien
David Ricardo était le troisième des dix-sept enfants d'une famille bourgeoise aisée de financiers juifs d'origine portugaise. Il entra dès l'âge de quatorze ans, à la suite de son père, dans la finance. À vingt et un ans, il se maria avec Priscilla Ann Wilkinson, une jeune femme quaker, et adopta la religion unitarienne, ce qui entraîna la rupture avec sa famille et le contraignit à travailler pour son propre compte. Après avoir fait fortune à la Bourse, il put vivre de ses rentes et, à partir de 1799, il se consacra à l'étude de la théorie économique, découvrant notamment Adam Smith et Jean-Baptiste Say.

La controverse bullioniste
En 1809-1810, il donna une série de trois articles sur les problèmes monétaires qui furent publiés dans le Morning Chronicle. Ces articles, qui constituent ses premières contributions théoriques, lui fournirent la matière de son premier ouvrage, The High Price of Bullion, A Proof of the Depreciation of Bank Notes (Essai sur le haut prix du lingot : preuve de la dépréciation des billets de banque), paru en 1810, dans lequel il développa l'idée que l'excès d'émission avait été la cause de la dépréciation des billets de banque anglais lors des guerres napoléoniennes.

Ricardo étendit ensuite sa réflexion des questions strictement monétaires à celles d'économie politique. Il rencontra à cette époque Thomas Robert Malthus, et adopta sa théorie d'une croissance de la population supérieure à celle des biens de subsistance ; il travailla avec l'économiste James Mill, qui lui donna de nombreux conseils, l'aida à composer certaines parties de ses œuvres, et lui fit rencontrer Say en 1814.

Contre le protectionnisme
En 1815, Ricardo publia An Essay on the Influence of a Low Price of Corn on the Profits of Stock (Essai sur l'influence du bas prix du blé sur les profits du capital), dans lequel il établit la relation entre la rente foncière, les salaires et les profits dans l'hypothèse d'une économie à produit unique, le blé. L'élévation des droits de douane sur le blé importé a tendance à accroître les rentes des propriétaires fonciers britanniques et à faire diminuer les profits des capitalistes, ce qui va à l'encontre des arguments des propriétaires fonciers partisans du protectionnisme.

Ricardo prend pour base de sa démonstration une économie qui ne produit que du blé. Sachant que la population a tendance à s'accroître, il devient donc nécessaire de mettre en culture des terres de moins en moins productives ; le salaire étant par définition nécessaire à la simple subsistance du travailleur et de sa famille, ce salaire exprimé en blé ne peut baisser ; la demande en blé est inélastique ; or, les rendements déclinant, les profits par travailleur diminuent, jusqu'à ce que le profit soit égal à zéro. Aucun produit agricole ne pouvant être vendu à un prix inférieur à son coût de production, le prix du blé va donc être fonction du coût de production le plus élevé, correspondant à l'unité de terrain dont la fertilité est la plus faible. La rente est ainsi définie par la différence entre le coût de production des produits sur une unité de sol fertile et le même coût sur une unité infertile.

Si l'on introduit une seconde production, d'origine manufacturière, Ricardo montre que le problème n'est pas différent, sachant que le salaire exprimé en blé est toujours égal à ce qui est nécessaire à la subsistance des travailleurs des manufactures et de leurs familles. Dans les manufactures, le blé versé comme salaire est un capital nécessaire à la production de marchandises puisque le blé est la nourriture qui entretient les travailleurs ; si le taux de profit des fermes productrices de blé baisse, celui des manufactures doit également baisser, sinon il serait plus rentable de produire des marchandises manufacturées que du blé, et les investissements se détourneraient de la production agricole pour s'orienter vers les manufactures.

La théorie ricardienne, fondement de l'école classique anglaise, devait inspirer directement le Peel Act de 1816, qui détermina le rôle et le fonctionnement de la Banque d'Angleterre.

En 1817, Ricardo publia son œuvre maîtresse, On the Principles of Political Economy and Taxation

(Des principes de l'économie politique et de l'impôt),

qui, malgré les critiques de Say, domina l'économie classique pendant près d'un demi-siècle. En 1819, il entra à la Chambre des communes et put y propager ses vues libre-échangistes ; il publia alors un ouvrage contre le protectionnisme en agriculture (On Protection in Agriculture, 1822). Malade, Ricardo dut démissionner en 1823, et mourut cette même année.ac versailles

David Ricardo défendra le marché, le libre-échange et la non-intervention de l’État dans l’économie.

Pour Ricardo, l’économie est condamnée à devenir stationnaire, car la production bute sur la capacité de production de la Terre. Il fait partie avec Malthus des économistes pessimistes. Il est connu pour trois thèses principales :

1. Sa théorie de la valeur : la valeur d’un bien est fonction du travail nécessaire à sa production. (Analyse reprise par Marx plus tard). Le travail direct influence la valeur d’un bien, mais également le travail indirect, c’est-à-dire celui qu’il a fallu pour produire les biens de production.

2. Son analyse de la rente de la terre ou il explique les rendements décroissants. Il existe trois catégories d’acteurs économiques pour David Ricard, les salariés qui reçoivent un revenu de subsistance en échange de leur travail, les entrepreneurs qui perçoivent un profit qui est la différence entre le prix de vente des produits et le salaire versé aux salariés (thèse reprise par K. Marx) et les propriétaires fonciers qui reçoivent une rente qui est la différence entre le rendement de la terre la moins fertile (mais qu’il faut bien cultiver et qui déterminera le prix de vente des produits agricoles) et celle dont chaque propriétaire. La rente foncière est donc obtenue grâce à une position privilégiée dans l’économie. Le propriétaire terrien ne dynamise plus l’économie et pourtant ses profits ne cessent de croître suite à l’augmentation de la population. C’est dans cet optique qu’il faut comprendre l’intérêt de David Ricardo pour l’échange international, qui peut permettre de palier les rendements décroissants.

3. Sa loi des avantages comparatifs. Elle va prolonger les théories des avantages absolus d’Adam Smith en justifiant l’échange entre deux Nations, même si aucune des économies n’est en mesure de fabriquer des produits dans de meilleures conditions que l’autre. Ce qui compte c’est le prix des produits les uns par rapport aux autres, pas seulement leur prix réel (en temps de travail par exemple).artic ac besancon

LUDWIG GUTTMAN


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Prof. Sir Ludwig Guttmann




"If I ever did one good thing in my medical career, it was to introduce sport into the treatment and rehabilitation of disabled people."
(Sir Ludwig Guttmann, 1967)


3 juillet 1899 à Toszek - 18 mars 1980 neurochirurgien Juif allemand.

L'odyssée des Paralympiques

Ludwig Guttman, le Pierre de Coubertin des Jeux Paralympiques

L’origine des Jeux Paralympiques remonte à la fin de la seconde Guerre Mondiale. Neurochirurgien à l’hôpital de Stoke Mandeville, en Angleterre, le docteur Ludwig Guttman insuffle en effet une nouvelle approche de rééducation par le sport en organisant des jeux sportifs à l’attention de ses patients en fauteuil, pour la plupart anciens combattants blessés sur le front. Mais son ambition ne s’arrête pas là. Le 28 juillet 1948, jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, il décide d’inaugurer les Stoke Mandeville Games, première rencontre sportive nationale pour personnes handicapées. Au fil des années, la manifestation s’ouvre à plusieurs pays et prend une dimension internationale. A partir de 1951, ces compétitions se structurent, se développent et deviennent des championnats d'Europe et du Monde dans de nombreuses disciplines. Il faudra cependant attendre 1960 et les Jeux Olympiques de Rome pour qu’aient lieux les premiers Jeux Paralympiques, dont l’appellation prend ses racines dans le mot grec "para", qui signifie avec ou à côté. Organisée dans la capitale italienne après la cérémonie de clôture des JO, la compétition voit s’affronter, dans 8 disciplines, quelque 400 athlètes paraplégiques venus d’une vingtaine de pays.

JO et Paralympiques : les étapes du rapprochement


Le handisport entre dans l’Olympisme à Rome en 1960, où sont organisés les premiers Jeux Paralympiques.

Depuis 1960, les Jeux Paralympiques se déroulent tous les quatre ans dans la foulée des Jeux Olympiques. A Toronto en 1976, la compétition s’ouvre à d'autres catégories de handicap, intégrant pour la première fois les athlètes déficients visuels. Durant la même année se tinrent les premiers Jeux Paralympiques d'hiver en Suède. L’année 1982 est marquée par la création du Comité international de coordination des organisations de sport pour les handicapés (CIC). Il sera remplacé en 1989 par le Comité international paralympique (CIP), composé de 160 comités paralympiques et de cinq fédérations internationales. Depuis les Jeux d’été de Séoul en 1988 et ceux d'hiver à Albertville en 1992, Jeux Olympiques et Paralympiques ont toujours lieu dans la même ville et sur les mêmes sites, mais à environ 15 jours d’intervalle. Les Jeux d’Atlanta en 1996 marquent l’arrivée des déficients intellectuels dans la compétition. Le mouvement paralympique comporte alors six catégories de personnes handicapées : les athlètes amputés, les sportifs en fauteuil roulant, les malvoyants, les paralysés cérébraux, les déficients intellectuels et les sportifs atteints de malformations congénitales. Depuis les Jeux Olympiques d'hiver de 2002 à Salt Lake City, un seul et même comité d'organisation est chargé de l'accueil des Jeux Olympiques et des Jeux Paralympiques.

Le tremplin australien
Les Jeux Paralympiques fêtent leurs 40 ans à Sydney, en 2000. Un anniversaire couronné de succès. Plus de 3800 athlètes venus de 123 nations prennent part aux compétitions, soit 10 fois plus qu’en 1960 à Rome. Le programme des épreuves s’est lui aussi étoffé au fil des Paralympiades, avec désormais 18 disciplines, contre 8 à l’origine. Au cours des onze jours de compétition, 300 records du monde et records paralympiques sont pulvérisés, illustrant également la progression constante du niveau de performance des athlètes. La ferveur sportive gagne les stades. Un million de billets sont ainsi vendus, soit deux fois plus qu’à Atlanta. Les Paralympiques deviennent la deuxième manifestation sportive la plus importante par son ampleur, juste derrière les JO. Deux tâches d’ombre viennent toutefois noircir le tableau avec les premiers cas de dopage, qui aboutissent à l’exclusion de dix haltérophiles et d’un sprinter. La participation des sportifs handicapés mentaux est également mise à mal suite à la découverte d'une fraude sur la sélection des joueurs de basket-ball espagnols. 10 d’entre eux ne présentaient en effet aucune déficience intellectuelle. Conséquences, l’Espagne a dû rendre sa médaille d’or et les compétitions des athlètes déficients intellectuels ont été reléguées à des épreuves de démonstration pour les Jeux d’Athènes.



Notons l'extraordinaire Palmares au JO Paralympic 2006 de l'Israelien Mamistvalov Itzhak en Natation
En 2004 a 25 ans,il a remporté la médaille d'or au 100 mètres nage-libre, établissant un nouveau record paralympique dans cette discipline en 2:35.24, soit quatre secondes de moins que le précédent record qu'il avait établi quatre ans plus tôt à Sydney. La médaille d’argent lui revient également pour le 200 mètres nage libre.

MAX BORN

PRIX NOBEL 1954
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THERMO


"Pour ses travaux sur la théorique quantique"

Max Born (1882-1970)

Physicien britannique d'origine allemande, connu pour ses travaux sur la théorie quantique.

Il étudie tout d'abord aux universités de Breslau, de Heidelberg, de Zurich, de Göttingen et de Cambridge. En 1921, après avoir enseigné successivement aux universités de Göttingen, de Berlin et de Francfort, il est nommé professeur de physique théorique à Göttingen. En 1933, il se réfugie en Angleterre pour fuir l'Allemagne nazie et acquiert la nationalité britannique en 1939. Au cours des trois années suivantes, il effectue des recherches à l'université de Cambridge. Il est nommé professeur de philosophie naturelle à l'université d'Édimbourg de 1936 à 1953. Physicien théoricien exceptionnel, il s'est fait connaître pour sa contribution fondamentale à la théorie quantique. Avec Pascual Jordan, il a développé la mécanique des matrices introduite par Werner Heisenberg. Il a aussi cherché à interpréter les résultats des travaux de Louis de Broglie et de C.T.Davisson qui montraient que les particules avaient un comportement ondulatoire. Il a notamment introduit la notion de probabilité de présence d'une particule en un point liée au carré du module de la fonction d'onde décrivant le comportement de cette particule.

Ses publications comprennent, entre autres, la Théorie d'Einstein sur la relativité (1922), la Physique nucléaire (1935), la Philosophie naturelle des causes et du hasard (1949), Physique et politique (1962), et Ma vie et mes idées (1968). Pour ses travaux sur la théorique quantique, Born partage, en 1954, le prix Nobel de physique avec le physicien allemand Walter Bothe.
isimabomba

La théorie quantique
Au début du vingtième siècle, les scientifiques pensaient qu'ils avaient compris les grands principes fondamentaux de l'univers. Les atomes étaient les solides blocs de construction de la nature; les gens croyaient aux lois newtoniennes du mouvement, la plupart des problèmes des physiciens semblaient être résolus. Néanmoins, la théorie de la relativité d'Einstein remplaçant la mécanique newtonienne, les scientifiques réalisèrent progressivement que leurs connaissances étaient loin d'être complètes. Le champ naissant de la mécanique quantique présentait un intérêt particulier, en altérant complètement les préceptes fondamentaux de la physique


diffusion ens
Considérons le problème dit du chat de Schrödinger, qui a marqué l'élaboration de la mécanique quantique : dans une boîte fermée et opaque, on place un atome radioactif qui a 50% de probabilité de se désintégrer dans l'heure qui suit et 50% de rester dans le même état. S'il se désintègre, il actionne un mécanisme qui brise une fiole de cyanure et tue un chat enfermé dans la boîte ; sinon le chat reste vivant. Au bout d'une heure, le chat sera-t-il mort ou vivant ? La réponse est qu'il n'est ni vivant ni mort, il se trouve dans une superposition de ces deux états. L'opérateur qui décrit le chat a deux valeurs propres : vivant et mort. Le chat est initialement dans l'état vivant, mais l'équation de Schrödinger le fait évoluer et une heure plus tard, son vecteur d'état se trouve dans une position intermédiaire à mi-chemin entre vivant et mort, donc dans une superposition des deux états. Quand on ouvre la boîte, le système interagit avec l'instrument de mesure, en l'occurrence nos yeux, et le vecteur d'état du chat collapse sur l'un des deux états propres, soit sur l'état vivant avec une probabilité de 50%, soit sur l'état mort avec une probabilité de 50%. D'un point de vue statistique, si l'on réalise un grand nombre d'expériences avec des systèmes identiques (mêmes atomes, mêmes fioles de cyanure, mêmes chats), le chat survit dans la moitié des cas et meurt dans l'autre moitié.

Lire le dossier sur Einstein

DAVID BECKHAM


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David Beckham







Juif et fier, arbore une chanson du cantique des cantiques en tatouage sur son bras gauche


David Robert Joseph Beckham, né le 2 mai 1975 à Leytonstone (banlieue Est de Londres), il est le fils de David Edward Alan “Ted” Beckham, vendeur de cuisine et fan absolu de Manchester United, et de Sandra Georgina West, coiffeuse de profession. Il exerce ses premiers ballons dans le Ridgeway park. Sa mère est de religion juive, David Beckham se définit ainsi comme un “demi juif” et parle de l’influence de la religion dans sa vie bien qu’il n’en connaisse pas la pratique exacte. Dès l’enfance il se donne au football et essaye plusieurs clubs. Alors agé de 16 ans, le 8 juillet 1991 il signe son premier contrat en tant que junior peu de temps après être entré dans l’école de garçon de Manchester United. En Mai 1992, au sein d’une équipe locale il gagne la FA Youth Cup. Peu de temps après, il apparait en tant que remplaçant durant la coupe de la league contre Brighton & Hove Albion. C’est à la suite de cela qu’il signera son premier contrat professionnel. David fait ses premiers pas en professionnel au sein de la Preston North End durant la saison 1994-95. Sa première apparition sous le maillot de Manchester est le 2 avril 1995 lors de la Premier League et marque un but contre les Leed United. David Beckham est un footballeur anglais qui a mené une grande partie de sa carrière à Manchester United (où il remporta plusieurs titres de champion d’Angleterre ainsi que des coupes nationnales et une Ligue des Champions) avant d’évoluer au Real Madrid et de rejoindre en été 2007 les Los Angeles Galaxy aux États-Unis. Il est l’un des joueurs les plus célèbres si ce n’est LE plus célèbre de la planête grâce à ses coup-francs et centres magiques et à une vie surmédiatisée par la presse people. Beckham est aussi une icône de la mode et certaines grandes marques telles que Evisu, Adidas, Gillett et bien d’autres encore n’hésitent pas à investir des sommes énormes pour promouvoir leur image grâce à lui.

Il est le cinquième joueur le plus sélectionné de l’histoire de l’équipe d’Angleterre (94 sélections) dont il fut le capitaine entre le 15 novembre 2000 et le 2 juillet 2006 et a terminé à deux reprises second du meilleur footballeur de l’année FIFA (1999 et 2001).

Sa carrière débuta lorsqu’il signa à Manchester United et effectua sa première apparition dans l’équipe première en 1992 à l’âge de 17 ans. Il jouera un rôle clefs dans la domination du club sur le championnat d’Angleterre durant les années 1990 et début des années 2000 et en permettant au club de réaliser le triplé en 1999 en remportant le championnat, la coupe et la Ligue des Champions.

Il quitta l’Angleterre en devenant le quatrième Anglais à signer au Real Madrid en 2003 après Laurie Cunningham, Steve McManaman et Michael Owen.

En 2006, après l’élimination de l’équipe d’Angleterre en coupe du monde, Beckham décide de laisser le capitanat à John Terry tout en ne renonçant pas à la sélection. Le nouveau sélectionneur Steve McClaren mettra plusieurs mois avant de le convoquer à nouveau.

Le 11 janvier 2007, Beckham signe le plus gros contrat proposé à un footballeur avec le club américain de Los Angeles Galaxy. Ce contrat, qui a pris effet à partir du 1er juillet 2007, lui garantit un salaire de 250 millions de dollars pour 5 ans.

star blabla

LUCIAN FREUD


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'Interior at Paddington' 1951


L Freud est considéré aujourd'hui comme le plus important peintre figuratif contemporain



"Je peins les gens non pour ce qu'ils semblent être, ni exactement en dépit de ce qu'ils semblent être, mais pour ce qu'ils sont "



Né en 1922 Lucian Freud est le petit-fils de l’inventeur de la psychanalyse, son père était architecte. Sa famille s’est réfugiée en Angleterre en 1933 et il a toujours vécu à Londres depuis. La rétrospective de la Tate Britain permet de suivre toute sa carrière artistique. Elle montre qu’il est d’abord un portraitiste, qu’il peigne des êtres humains ou parfois des objets, des fleurs et des matières. Il développe une extrême virtuosité technique, une fluidité de la touche picturale qui suggère l'aquarelle. Par ailleurs on le voit construire à l’intérieur de l’atelier des mises en scène personnelles ou inspirées par les compositions d’autres artistes. Dans l’atelier les corps sont mis en relation avec des montagnes de chiffons blancs. Et les modèles sont pris, saisis dans des situations qui donnent le sentiment d’un arrêt du temps qui passe, d’un étouffement complet. Freud s’inscrit dans un dialogue avec l’espace de la toile et développe une représentation plastique des figures qui sont rendues avec toutes leurs aspérités comme si elles étaient taillées dans la pierre. Il place d’ailleurs dans l’exposition certaines des grandes gravures qu’il réalise et qui répondent à ce caractère sculptural de la peinture. Freud joue sur diverses tensions entre fludité et aspérité, ou bien entre réflexion sur la tradition et exploration actuelle des êtres de leur potentialité d'expression. Si Freud a réalisé des portraits de commande, il peint aussi ses proches, amis, épouses, mère, enfants, bien que l'exposition soit représentative de l'ensemble de l'oeuvre, c'est cet aspect intime que l'on retient le plus. il est encore renforcé par une série d'autoportraits qui ponctuent les salles et soulignent l'évolution du personnage. La rétrospective fait ressortir le développement des moyens, l'enrichissement des références et c'est dans les quinze dernières années, lorsqu'il s'inspire de plus en plus explicitement d'oeuvres d'autres artistes que le peintre semble être parvenu à une maîtrise souveraine .art en jeu

L'oeuvre de Freud lui a valu d'être baptisé le 'peintre réaliste Ie plus ratfiné' actuellement en vie~. Les tableaux des années 70 et 80 sont empreints d'une Iégèreté aérienne et d'une liberté expressive très grandes. La peinture s'étale en larges traits et est appliquée avec generosite. La couleur n'est pas choisie pour sa beauté propre, mais en raison de sa proche parenté avec Ia couleur de Ia vie eIIe-même. Ces oeuvres témoignent d'une honnêteté totale. Leurs propos n'est ni d'embellir, ni d'idéaliser; Ieur intérêt reside essentiellement dans Ia qualité du detail, non dans l`aspect general.

Freud ne répugne pas a représenter Ia chair marquee de rougeurs, les veines et les artères, des seins avachis ou des chairs boudinées, dont `aspect n'est pas particulierement attrayant. Les figures sont souvent isolées dans des pièces nues, Ia nuit, éclairées par une ampoule qui diffuse une lumière plate et rêche. ((Night lnterior~ (lntérieur nocturne, 1969-1970) en est un exemple typique. II fait nuit, Ia pièce est quasiment vide, 1 n'y a presque aucune ombre et l'ampoule se reflète dans Ia fenêtre. Le sujet ne peut échapper a `interrogation du peintre. Aucune ombre propice ou se refugier. Mais en dépit de cette exposition, ces peintures sont souvent d'une grande élégance, comme le tableau a Ia fois gracieux et inquiétant intitulé ((Woman with a Bare Breasb (Femme au sein dénudé, 1970-72). jameshymangallery

Ce qui dérange dans un portrait-nu de Freud c’est la présence du corps. Il s’impose au point que le spectateur se demande si c’est bien devant une peinture qu’il se trouve ou du moins s’interroge sur la nature de ce qu’il voit. Freud a refoulé les limites de la peinture. Plastiquement cet « élargissement » est marqué par le cadrage des corps qui n’incluent pas toujours l’extrémité des membres des modèles. Malgré cette transgression, on reconnaît chez lui la modernité annoncée par l’expérience de MANET, qu’il intègre comme les artistes de la renaissance se sont appropriés la technique de la perspective. Cette nouveauté porte sur une conception originale du corps. Lorsque au 19ème siècle les potentiels acquéreurs s’intéressent aux oeuvres des artistes du passé plutôt qu’à celles des artistes de l’époque, ces derniers prennent le parti de faire de leur peinture le lieu d’une investigation personnelle. On comprend que les peintres ne prennent plus le soin d’estomper ce qui transparaissait d’eux-mêmes. La touche, son écriture, son organisation et son exécution, tout comme le format, la technique et le sujet librement choisit et interprété relèvent du désir de l’artiste. Certes, le « style » n’est pas une notion moderne : les oeuvres en sont marquées indépendamment de la volonté de l’artiste et les époques le reconnaissent plus ou moins, en revanche, l’empreinte du corps s’y révèle de manière originale. La peinture n’a plus d’autre finalité que de parler d’elle-même et de l’individu qui l’exécute. Sa réflexion porte sur ses limites : elle tente de se définir, d’approcher son essence.traces ens

HAROLD PINTER

PRIX NOBEL 2005

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"Je ne cherche certainement pas l'universalité. J'ai assez à faire pour écrire une foutue pièce !"

"Quand on se sent incapable d’écrire, on se sent exilé de soi-même."

"Au lieu d'une incapacité quelconque à communiquer, il y a en chacun de nous un mouvement intérieur qui cherche délibérément à esquiver la communication."H Pinter


Harold Pinter est né le 10 octobre 1930 dans l'East End, un quartier de Londres qui était à l'époque populaire et industriel. Fils unique de parents juifs (au moment de sa naissance, son père, modeste tailleur, gagne difficilement sa vie), Pinter garde de sa prime jeunesse des images précises (la puanteur d'une usine à savon), mais aussi la marque d'une désorientation angoissée (crise sociale, chômage, montée du nazisme, guerre civile espagnole, campagne antisémite importante en Grande Bretagne).

En 1940, ses parents quittent Londres pour échapper aux raids aériens allemands.
Profondément marqué par le génocide, il refuse en 1948 de faire son service militaire. "A mes yeux, l'idée de réarmement était ridicule. J'étais conscient des souffrances et des horreurs de la guerre et je n'allais, sous aucun prétexte, contribuer à son entretien. J'ai dit non. Et je dirai encore non. C'est encore plus stupide maintenant". Il entreprend alors des études d'art dramatique à Londres.

Dans les années 1951-1952, il entame une carrière d'acteur, sous le nom de David Baron, publie des poèmes et écrit un roman semi-autobiographique, Les Nains (The Dwarfs).

C'est en 1957 que sa première pièce, la Chambre (The Room), est représentée à Bristol. Elle attire l'attention d'un producteur de théâtre qui assure la création de sa seconde pièce, L'Annniversaire (The Birthday Party, 1958), à Cambridge, Oxford, puis au Lyric Theatre de Londres. Elle sera retirée de l'affiche au bout d'une semaine. Plus enthousiaste sera l'accueil réservé aux pièces radiophoniques, en particulier Une petite douleur (A Slight Ache, BB., 1959). Mais le succès lui vient en 1960 avec le Gardien (The Caretaker), la Collection (The Collection, 1961), l'Amant (The Lover, 1963), Tea party puis le Retour (The Homecoming, l1965), qu'il adaptera lui-même pour le cinéma quelques années plus tard. Un an après sa création à Londres, la pièce fut créée à Paris en octobre 1966, dans une mise en scène de Claude Régy. Elle réunissait Pierre Brasseur, Claude Rich, Jean Topart, Emmanuelle Riva, YvesArcanel et Jacques Rispal.

En 1962, Pinter écrit le scénario du film de Joseph Losey, The Servant. C'est encore pour Losey qu'il fera l'adaptation de Accident en 1967 (1967) et du Messager (The Go-Between) en 1969. Parallèlement à sa carrière de dramaturge, Pinter exerce des activités de comédien, notamment dans ses propres pièces (il a repris le rôle de Lenny du Retour en 1969). Il a également réalisé un long métrage, tiré de la pièce de Simon Gray, Butley, en 1973.

Il revient à la scène en 1971 avec C'était hier [('Old Times), et depuis 1973 met en scène des pièces créées au National Theatre. Dès lors, il est présent sur tous les fronts : cinéma avec l'adaptation de À la recherche du temps perdu (1972) et de la Femme du lieutenant français (1980), radio et télévision, théâtre avec No Man's Land (1975), Trahisons (Beytrayal, 1978) The Hot House, (1980), Un pour la route (One for the Road, 1984), Le Nouvel ordre du Monde (New World Order, 1991), La lune se couche (Moonlight, 1993), Ashes to Ashes (1996), Celebration'' (2000). Il a publié en 1998-99 un recueil de poésies et de textes politiques, Various voices, publié en France en décembre 2000.

En novembre 2000, le scénario d'À la recherche du temps perdu que Pinter avait écrit en 1972, a été adapté pour le théâtre au Royal National Theatre de Londres dans une mise en scène de Di Trevis sous le titre de Remembrance of last Things. Sa dernière pièce SKETCH Press Conference date de 2002.

Lauréat de nombreux prix (citons, entre autres, le Laurence Oliver Award en Grande Bretagne ou le Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en France), Harold Pinter a écrit 29 pièces et 22 scénarios. Depuis toujours, son engagement politique est très marqué. Il s'est constamment battu pour la liberté d'expression et la défense des droits de l'homme, notamment pendant la dictature de Pinochet au Chili, ou plus récemment en protestant contre les bombardements américains sur l'Irak lors des deux guerres du Golfe.theatre contemporain

WILLIAM et CAROLINE HERSCHEL


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William Herschel est probablement le plus célèbre astronome du 18ème siècle. Il découvrit la planète Uranus , de nombreuses nébuleuses, des amas d'étoiles et des étoiles doubles. Il fut la première personne à décrire correctement la forme de notre galaxie, la Voie Lactée.astrosurf

Sa sœur Caroline Herschel l’aida à construire de meilleurs télescopes, découvrit à son propre compte des nébuleuses et des comètes et révisa les catalogues de Flamsteed.Il est aussi à noter que l'astéroïde (281) Lucretia a été nommé d'après son deuxième prénom et que le cratère C. Herschel dans le Sinus Iridium sur la Lune a été également nommé en son honneur.

John Herschel, le fils de William, Sir John Frederick-William
produisit un atlas céleste et mérita une tout aussi grande renommée que son père.


Herschel- (William); astronome, né le 15 novembre à Hanovre, 1738, mort le 25 août 1822 en Angleterre. Il était fils d'un habile musicien. Il exerça lui-même quelque temps la profession de son père, vint en 1759 se fixer en Angleterre, où pendant quelques années, il vécut péniblement du produit de ses leçons. Conduit par l'étude de la musique à celle des mathématiques et de là à l'astronomie.
Trop pauvre pour acheter des télescopes, il se mit à en fabriquer lui-même (1774). Avec leur secours il fit les observations les plus importantes; il découvrit une nouvelle planète, Uranus (13 mars 1781), puis les principaux satellites de cette planète (1787), et deux nouveaux satellites de Saturne (1789); il reconnut que le système solaire n'est pas fixe et qu'il se porte tout entier vers la constellation d'Hercule; il, fit une étude particulière des nébuleuses, aperçut dans les masses blanches qui les forment un nombre prodigieux de petites étoiles, reconnut parmi celles-ci des étoiles centrales, autour desquelles les autres exécutent une révolution régulière, et ouvrit ainsi une voie nouvelle aux observations.

Le roi George III lui accorda une protection toute particulière, lui fit une pension.. La Société royale de Londres s'empressa de l'admettre dans son sein; l'Institut de France le nomma son associé. Herschel eut pour auxiliaires dans la construction de ses télescopes et dans ses observations son frère Alexandre et sa sœur Caroline. Il a laissé une foule de mémoires, insérés dans les Transactions philosophiques de la Société royale, et qui ont rapport, les uns à l'optique et à la construction des instruments; les autres au système solaire, aux planètes, à leurs satellites, aux comètes; d'autres enfin astronome stellaire qu' il créa presque en entier.cosmovisions

Herschel (Caroline Lucretia), astronome, soeur de William Herschel, née à Hanovre le 16 mars 1750, morte à Hanovre le 9 janvier 1848. En 1772, elle alla rejoindre son frère à Bath, chanta d'abord dans ses concerts, puis l'aida dans ses observations et dans ses calculs, découvrit elle-même, de 1786 à 1797, huit comètes, dont l'une (1795), périodique, n'était autre que la fameuse comète d'Encke, et publia à Londres, en 1798, aux frais de la Société royale, un Index to Flamsteed's observations of the fixed stars, qui contenait 560 étoiles omises dans le British Catalogue. En 1822, à la mort de son frère qu'elle n'avait pas quitté depuis cinquante années, elle retourna dans sa ville natale, où elle vécut jusqu'à quatre-vingt-dix-huit ans et où elle fit encore paraître en 1828 : Reduction and arrangement in the form of a catalogue in Zones of all the Star Clusters and Nebulae observed by sir William Herschel. Elle touchait de Georges III, pendant son séjour à Slough, au titre d'aide de son frère, une pension de 50 livres sterling. La Royal Astronomical Society la nomma membre honoraire en 1835. (L. S.).
cosmovisions

ERNST GOMBRICH



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1909 - 2001

Professeur britannique d’histoire de l’art (d’origine viennoise)

Analyste de l’Art et de l’Esthétique. Académicien des arts et sciences des États-Unis, des Pays Bas, du Canada, de Bavière et membre de la Société royale de littérature et de l’Académie britannique.

* * *

Le Beau et le Laid sont des principes incontestables et universels, comme le Vrai et le Faux. Il n’y a pas d’« histoire » de l’Art, et l’Art en tant que tel n’existe pas ; seuls existent des artistes. L’Art ne progresse jamais. Nous imaginons voir ce que nous connaissons. L’artiste moderne n’exprime que ses états d’âme, ce qui est rarement intéressant.
Gombrich estime que le Beau et le Laid sont des principes incontestables et universels, comme le Vrai et le Faux. Ils ne varient pas au gré de l’Histoire ou des goûts personnels ; ce ne sont pas des valeurs relatives, mais absolues. On ne peut cependant pas découvrir le Beau spontanément. Il faut, selon Gombrich, passer par l’intermédiaire de la culture.

L’idée qu’il doive y avoir un progrès nécessaire assigné par l’Histoire, nous vient de Hegel et de Marx ; cet « historicisme » ne repose sur aucun fondement. Marx, rappelle Gombrich, a bien tenté d’expliquer que l’Art était une superstructure des rapports économiques, et que le changement de ces rapports entraînait nécessairement des progrès de l’Art. Mais son modèle ne fonctionne pas. « Comparez Gênes et Venise sous la Renaissance : les deux villes ont connu des destins économiques analogues. Pourquoi, demande Gombrich, Venise est-elle devenue un grand foyer artistique, et non pas Gênes? Cette différence est liée à l’apparition ― tout à fait imprévisible ― de génies dans l’une des deux villes, et non pas dans l’autre. »

Il n’y a donc pas d’« histoire » de l’Art, et l’Art en tant que tel n’existe pas. Seuls existent des artistes : « des hommes et des femmes auxquels est échu le don d’équilibrer formes et couleurs jusqu’à ce qu’elles sonnent juste, et qui ne se satisfont pas de demi-solutions, d’effets superficiels ou faciles ». L’histoire de l’Art n’est faite que d’une série de génies et de chefs-d’œuvre qui défient toute explication rationnelle. Voilà qui rend en ce domaine la prévision tout à fait impossible.

La notion de progrès dans l’art, explique Gombrich, est d’autant plus absurde que les buts de l’Art et de l’artiste varient selon les civilisations. Dans l’ancienne Égypte, l’objectif des peintres n’était pas de copier la nature. La société attendait d’eux qu’ils représentent dans les sépultures, de manière précise, tous les éléments qui avaient environné le défunt au cours de sa vie terrestre. Un peintre égyptien ne fixe donc pas sur les murs d’un tombeau ce qu’il voit, mais ce qu’il sait d’une réalité et de personnages donnés. Telle est la raison pour laquelle un seigneur sera représenté plus grand que ses serviteurs ou que sa femme. Et c’est pourquoi la peinture égyptienne représente toujours un visage de profil : la tête se voit mieux de profil. Mais si nous pensons à l’œil, nous l’imaginons toujours de face : donc l’œil de face est inséré dans la représentation de coté du visage. De même un pied se voit mieux de profil et de l’intérieur : les deux pieds seront donc représentés ainsi, quitte à donner aux personnages deux pieds gauches… Ces bas-reliefs nous semblent aujourd’hui dépourvus de perspective, les traits tordus, mais cela ne signifie pas, explique Gombrich, que les artistes égyptiens étaient maladroits : à l’évidence, leur logique n’était pas celle de la simple représentation.

Passons de l’Égypte à l’Antiquité grecque : « Nous constatons une rupture, observe Gombrich, ce qui ne veut pas dire un progrès. » Là où les artistes égyptiens se fondaient sur un savoir, un acquis, les Grecs ont voulu se servir de leurs propres yeux. L’artiste égyptien est anonyme et travaille pour l’éternité : sa fonction est religieuse. L’artiste grec, au contraire, est le produit d’une société qui exalte l’individualisme, l’originalité ; il est en quête de célébrité et d’idéal.

Sautons maintenant de l’Antiquité au Moyen-Âge : par comparaison avec une statue grecque, une fresque ou une mosaïque byzantines nous paraissent imparfaites et gauches. Doit-on considérer que la peinture médiévale est en régression par rapport à celle de l’Antiquité? Non, car l’artiste byzantin ne devait pas représenter la réalité ni faire preuve d’originalité ; sa fonction était d’imprégner les fidèles d’une certaine atmosphère religieuse. De même, la peinture romane était une écriture symbolique, faite pour rappeler aux chrétiens ― souvent illettrés ― les thèmes de la Bible. Les fresques byzantines ou romanes remplissaient un rôle comparable aux affiches de publicité contemporaines. Dans la peinture médiévale, l’artiste n’essaie pas d’imiter la nature, car le public attend seulement qu’on lui rappelle le récit des événements sacrés. Le spectateur souhaite savoir ce qui s’est passé : la peinture se fait narrative. Mais, à partir de la Renaissance, le public veut savoir comment les événements se sont produits. L’artiste est alors contraint de représenter le sacré sur une scène imaginaire, tel qu’il aurait pu apparaître à un témoin oculaire. C’est cette exigence nouvelle qui a débouché sur la « perspective ».

La peinture n’est jamais « réaliste » : la réalité n’existe sur une toile ou un mur que par le biais de conventions. Par conséquent, aucun artiste ne copie ce qu’il voit ; lorsqu’il reproduit un paysage, il le fait comme tous les artistes de son temps ; et nous autres, spectateurs, nous imaginons voir ce qu’en fait nous connaissons.

Jusqu’à Cézanne inclusivement, dit Gombrich, le fil de l’art occidental a été à peu près ininterrompu. De l’Égypte aux impressionnistes, la continuité l’a emporté sur les variations de style et de technique. Ce fil se casse au début du XXe siècle. Brutalement, la fonction de témoignage et de représentation de l’artiste s’interrompt. Cette rupture, pour Gombrich, est irréversible. Si le fil s’est cassé, c’est parce que le rôle de l’artiste est devenu indéterminé. La photographie et le cinéma l’ont privé de toute fonction sociale. La peinture attachait l’artiste à la société ; désormais, elle l’en sépare. L’artiste n’exprime plus que ses états d’âme. Ce peut être intéressant, dit Gombrich, quand Kandinsky, Klee et Mondrian cherchaient à atteindre, derrière le voile des apparences, une vérité profonde ; ou quand les surréalistes cultivaient la « divine folie », mais il s’agit là d’exceptions. Car le plus souvent, pour exister, l’artiste se complaît dans une agitation pure et simple. Pendant des siècles, l’Art se définissait par son caractère immuable ; il faut désormais qu’il bouge, qu’il innove. Absurde! Un véritable artiste n’a nul besoin d’être un novateur : Chardin et Vélasquez n’ont rien inventé, « ils se contentaient d’être excellents ». Nous sommes entrés, explique Gombrich, dans l’ère de l’ « activisme culturel » : un style chasse l’autre. L’art abstrait, apparu il y a à peine soixante ans, a déjà disparu. C’est le marché et la critique qui créent les styles, ce n’est plus l’artiste. De crainte de laisser échapper une bonne affaire, la critique décrète que tout est beau, la bonne comme la mauvaise peinture. Or, estime Gombrich, il n’y a pas de pire ennemi pour l’Art que l’absence de distinction entre le Beau et le Laid, que le fait de considérer que tout est relatif. Un Vermeer, un Rembrandt sont absolument beaux, ils ne le sont pas relativement.

À quoi reconnaît-on alors le véritable artiste? « L’artiste est son meilleur critique. S’il dialogue avec son œuvre, c’est un artiste ; s’il dialogue avec le public, c’est probablement un imposteur. »

La culture de masse est une imposture. Depuis la Révolution soviétique, l’idée que l’Art devrait être accessible aux masses populaires a fait tache d’huile en Occident. La culture est devenue une activité politique. Les ministres de la Culture et des Beaux-Arts, les directeurs de musée sont jugés d’après la quantité de spectateurs auxquels ils permettent l’accès aux chefs-d’œuvre. L’activisme culturel préside aux expositions géantes des temps modernes. Tout est dans l’apparence, rien dans le contenu. Des millions de visiteurs s’y pressent, poussés par un « snobisme de masse », mais ils ne voient rien. S’ils ne voient rien c’est qu’il est impossible de regarder un tableau en trente secondes, impossible d’en voir cent en une heure. L’absence de culture artistique du spectateur aussi, empêche de voir les œuvres. En règle générale, l’accès à l’œuvre d’Art passe par une éducation artistique préalable. Plus la culture artistique du spectateur, sa connaissance de l’auteur, de son temps, de ses intentions, sont développées, plus il sera à même d’apprécier un tableau ou une sculpture. Le regard sur une œuvre peut aller du degré zéro à l’infini.philo5


Histoire de l'art de E.H.
Gombrich est l'un des ouvrages sur l'art les plus célèbres et les plus populaires jamais publiés. Depuis quarante-cinq ans, il demeure une introduction inégalée à l'ensemble du sujet, des premières peintures rupestres à l'art d'aujourd'hui. Dans le monde entier, les lecteurs de tous âges et de tous milieux ont trouvé en Gombrich un véritable maître, qui allie la connaissance et la sagesse à un don unique pour communiquer directement sa profonde affection pour les œuvres qu'il décrit.
Cette Histoire de l'art doit sa popularité durable au style simple et direct de l'auteur. Son but, écrit-il, est " d'apporter un certain ordre, une certaine clarté dans l'abondance de noms propres, de dates, de styles qui compliquent quelque peu les ouvrages plus spécialisés ". Grâce à son intelligence de la psychologie des arts visuels, il nous fait percevoir l'histoire de l'art comme " un enchaînement ininterrompu de traditions encore vivantes " qui " relie l'art de notre temps à celui de l'âge des pyramides ".decitre

Ernst Gombrich, historien de l'art, à développé des théories qui font de lui une figure incontournable de l'histoire de l'art, en particulier dans "L'art et l'illusion : psychologie de la représentation picturale" .
Comme le dit Philippe Dagen
"Il y défend une 'psychologie de la représentation picturale' qui s'efforce de décrire et d'analyser les procédés par lesquels, quoique illusoires, des images sont assez convaincantes pour produire une présence humaine, une sensation d'espace ou un effet de matière. Pourquoi ont-elles tant d'autorité ? Comment parviennent-elles à abuser les sens ? Gombrich a tenté de répondre à ces questions, au risque de finir par confondre peinture et imitation du monde, histoire de l'art et histoire des progrès de la représentation vers plus de cohérence et d'efficacité."
Dès son "Histoire de l'art" , "il cherche à perfectionner une méthodologie proche de la psychologie expérimentale, permettant d'analyser les oeuvres d'art à travers les phénomènes de la perception visuelle et à travers les conventions sociales et historiques" guichetdusavoir

ISAIAH BERLIN



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Isaiah Berlin



"Les juifs ont eu trop d'histoire et pas assez de géographie"


Isaiah Berlin 1909 - 1997

Philosophe britannique (d’origine russe)

Il a réfléchi sur la liberté de manière à défendre un pluralisme radical évitant les écueils du relativisme (Éloge de la liberté, 1969). D’une part, il ne cessera d’approfondir la notion de théorie et de système et, d’autre part, le sens de la liberté. Il est un des spécialistes de la pensée russe. On dira de lui : « C’est un sceptique qui aspire à la foi ». Il a créé une discipline nouvelle : l’histoire des idées. Il fera toute sa carrière d’intellectuel inclassable, mordant, inattendu, sans idéologie et sans école.

* * *

"Si on découvrait un jour la Vérité, on se rendrait compte qu’elle n’est pas très intéressante. Les idées fausses gouvernent l’Histoire. La force des idéologies est sans rapport avec leur vérité. Le génie va de pair avec l’intolérance. Les idées ont leur vie propre, indépendante de leur auteur. La pensée n’existe que matérialisée dans un homme : quelqu’un avec qui dialoguer et argumenter. Même si elles sont vraies, certaines choses ne devraient pas être écrites. On ne peut avoir à la fois la connaissance et le bonheur."

Il n’est pas facile de s’entretenir avec Sir Isaiah. L’homme est bourru, ironique, il trouve mes questions stupides et passe volontiers du coq à l’âne. Il a horreur des idées générales et se méfie de tout ce qui est simple.

Pour Berlin, ce sont les idées qui façonnent l’Histoire. Malheureusement! Car la plupart d’entre elles, observe-t-il, sont folles et dangereuses. L’œuvre de Berlin consiste à retrouver le chemin de la liberté dans le dédale des idéologies.

Quand les intellectuels, dans cent ans, étudieront notre époque, ils constateront que le XXe siècle a été dominé par deux phénomènes : le progrès des sciences d’un côté, la révolution russe de l’autre. Or, ces deux phénomènes, observe Berlin, sont des produits de l’idéologie dominante du XIXe siècle : la conviction que l’humanité est vouée au Progrès, et que ce Progrès doit être organisé. Un idéalisme qui est lui-même hérité de Platon! Traduit en termes politiques, on peut l’analyser de la manière suivante : il faut sacrifier la génération présente pour faire le bonheur des générations futures [2]. Alexandre Herzen, intellectuel russe du XIXe siècle, avait pourtant prédit l’échec de toute révolution. Il fut, en exil à Paris, un ardent partisan de la Révolution jusqu’à celle de 1848, raconte Berlin. C’est alors qu’il découvrit que les idéologies transforment les hommes en victimes ou en esclaves pour le bien des générations futures. Or, nota Herzen, seul le sacrifice est certain ; le bonheur futur, lui, ne l’est pas. Les révolutionnaires, ajoute Berlin, ont inventé une forme nouvelle de sacrifice humain sur l’autel des abstractions ― au nom de l’Église, de la Nation, du Parti, de la Classe, du Progrès, des forces de l’Histoire…

La naissance des idées, explique Berlin, n’obéit à aucune logique historique, elle ne dépend que de l’apparition de génies, et celle-ci est imprévisible. Ainsi, Paris a-t-il été pendant deux cent cinquante ans le foyer des idées de gauche ― jusqu’en 1968, estime Berlin. L’autre berceau de l’idéologie progressiste a été Vienne. De là, entre 1860 et 1920, ont surgi une quantité spectaculaire de constructeurs de systèmes : Popper, Hayek, Bettelheim, Wittgenstein, Freud. Berlin, qui les a tous connus, les appelle les « monomaniaques de génie ». Ils adoraient, nous dit-il, pratiquer l’excommunication ― le génie va de pair avec l’intolérance. Tous voulaient que l’humanité « marche droit ». Ils ignoraient cette phrase de Kant : « Avec le bois tordu de l’humanité, il est impossible de faire quelque chose de droit. » Mais on ne peut pour autant tenir les idéologues pour responsables des conséquences de leurs systèmes. « Je n’estime pas, dit Berlin, que Hegel soit responsable de Marx, ni que Marx soit responsable du Goulag. Marx n’était certes pas un humaniste, il avait même un certain goût pour la violence. Mais le marxisme ne devait pas déboucher nécessairement sur ce que nous connaissons. Disons que le léninisme était l’un des débouchés possibles de Marx mais pas le seul envisageable. »

Les idéologies ne s’inscrivent dans aucune nécessité historique, elles ne font qu’exprimer les préoccupations d’individus particuliers. Examinons le cas de Marx et de Disraeli qui sont à cet égard exemplaires. Tous deux sont juifs, mais se refusent comme tels. L’un et l’autre souhaitent s’intégrer à la société de leur temps, qui les rejette. Tous deux vont donc s’inventer des familles, des racines de substitution. Pour Marx, ce sera le prolétariat ; pour Disraeli, ce sera l’aristocratie. Marx ne connaît pas plus les prolétaires que Disraeli les aristocrates : ce sont, dans les deux cas, des produits de leur imagination, des catégories sociales mythiques auxquelles ils attribuent un destin prodigieux. Marx se fixera pour vocation de guider le prolétariat, et Disraeli de guider l’aristocratie. C’est ainsi que le monde a hérité du communisme et de l’impérialisme. « Car ce n’est pas parce que ces idéologies sont nées de préoccupations personnelles et limitées qu’elles n’ont pas, en tant que telles, une vocation universelle, explique Berlin. L’histoire des idéologies, ajoute-t-il, est faite de cette rencontre entre des destins particuliers et des préoccupations universelles. » Les idées mènent donc une vie propre, indépendante de leur auteur et des circonstances de leur naissance.

Le succès d’une idéologie, explique Berlin, tient à sa simplicité et non pas à sa vérité. Plus une idéologie est élémentaire, attribuant par exemple une cause unique à l’Histoire, plus elle attire les foules. Par exemple, le marxisme est totalement inutile pour comprendre l’Histoire, il n’a jamais joué aucun rôle dans le développement économique, mais cela n’empêche pas qu’il y ait des marxistes. L’idéologie tient lieu de réflexion pour les masses sans culture. De surcroît, les idéologies du XIXe siècle ont des prétentions scientifiques : ceux qui y adhèrent y gagnent soudain le prestige de la connaissance. La répétition de slogans, mots de passe et catéchismes divers, tient lieu d’analyse : c’est très commode et pas fatigant. Enfin, l’idéologie exonère généralement les individus de toute responsabilité : il leur suffit de s’abandonner aux forces de l’Histoire, aux lois du Progrès, pour être dans le vrai. Ce qui leur arrive ne dépend plus d’eux, mais de leur condition sociale ou nationale. Cela vaut aussi bien pour le marxisme que pour le fascisme. Croire que l’Histoire a un sens nécessaire est le fondement de toutes les idéologies. Les historiens ne sont pas les derniers à le faire croire : « c’est leur fonds de commerce ».

Toutes ces raisons, dit Berlin, expliquent le succès particulier des idéologies parmi la jeunesse. « Quand j’entends dire que la jeunesse a besoin d’idéal, ajoute-t-il, je soupire : ce fameux idéal ne sert qu’à remplacer la connaissance et la responsabilité individuelle. » Peut-être ne peut-on accéder à la fois à la connaissance et au bonheur? Il est vrai, ajoute Berlin, que la jeunesse occidentale actuelle est la première depuis des générations à qui on ne demande pas de se sacrifier pour quelque chose : il n’y a plus de « causes ». Mais la liberté n’a jamais beaucoup d’amateurs ― beaucoup moins que l’esprit de système… « Les systèmes ne sont jamais détruits par les arguments de leurs adversaires ; ils ne sont détruits que par l’Histoire. »

Berlin est en désaccord avec Hayek lorsque celui-ci estime indispensable, pour lutter contre l’étatisme, de proposer une utopie libérale de substitution. Je pense comme Raymond Aron, précise Berlin, que « tout système est une prison, tout système aveugle ». D’ailleurs, ajoute-t-il, le libéralisme ne peut devenir un véritable système idéologique, puisqu’il n’a pas de pontife et qu’il se garde d’avoir réponse à tout. Berlin a sa définition personnelle du libéralisme, très extensive : « Être libéral, c’est non seulement accepter les opinions divergentes, mais admettre que ce sont peut-être vos adversaires qui ont raison! » Berlin croit-il en quelque chose? Mais oui, répond-il, je crois que le scepticisme est une valeur éternelle qu’il nous faut préserver. Nous flottons, conclut-il, sur un bateau sans gouvernail, et nous ignorons où est le port : il faut donc continuer à naviguer! »

Guy Sorman

Isaiah Berlin est né le 6 juin 1909, à Riga, dans une riche famille juive. mort le 5 novembre 1997 à Oxford
En 1916, avec l’arrivée de l’armée allemande à Riga, la famille d’Isaiah Berlin se réfugie en Russie à Petrograd où elle assiste à la grande révolution russe. Cette expérience a profondément influencé les œuvres du philosophe. Il conçoit la société comme un système politique basé sur les principes du libéralisme, excluant les menaces du terrorisme et du totalitarismekultura

SYDNEY BRENNER

PRIX NOBEL 2002
GENETIQUE
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MOLSCI
ARN
MEDICMS
IMMORTALITE
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Biologiste britannique, Prix Nobel de physiologie ou médecine 2002, Sydney Brenner est né en 1927 en Afrique du Sud. Après des études aux universités de Witwatersrand et d´Oxford, il sera professeur à l´Institut de sciences moléculaires de l´Université de Berkeley (Californie) et recevra, entre autres, le Prix Louis Jantet 1987. Avec John Sulston et Robert Horvitz, il a reçu le Nobel pour des découvertes majeures sur la mort cellulaire. C´est lui qui a commencé à étudier ce phénomène, programmé dans les gènes, sur un ver de 1 mm (Caenorhabditis elegans). La mort cellulaire joue un rôle normalisateur dans le développement de l´embryon, et ses déficiences, dans le développement du cancertv5

L’histoire même de ce chapitre relativement nouveau de la biologie cellulaire avait d’abord amené les chercheurs à penser que le pouvoir de s’autodétruire par ce qu’on avait appelé la mort programmée était une propriété exclusive des cellules de l’embryon où elle jouait, dans la construction du corps, un rôle aussi important que la production de nouvelles cellules.
Il est assez vite apparu que l’apoptose se poursuit bien au-delà de la naissance et qu’elle constitue un élément essentiel dans le maintien du bon fonctionnement des organismes. Elle existe en effet chez tous les êtres multicellulaires. On a pu montrer que même chez les unicellulaires, elle intervient dans l’équilibre des populations et dans leurs relations avec le milieu extérieur.
L’importance du phénomène d’apoptose chez l’adulte est manifeste. Un homme adulte, composé de plusieurs dizaines de milliers de milliards de cellules, en perdrait au moins une centaine de milliards (soit 1011) par jour, soit plusieurs millions de cellules par seconde. Des régions entières de notre corps sont le site d’un renouvellement rapide. Il en est ainsi de la peau, de la paroi interne de l’intestin et du sang. Les composés issus des cellules mortes sont réutilisés pour la construction de nouveaux tissus. Nous nous nourrissons donc en permanence d’une part de nous-même et, comme Phœnix, l’oiseau mythique, nos renaissons chaque jour, en partie, de nos cendres.
Tous les tissus composant notre corps ne sont pas soumis à un renouvellement aussi rapide que le sang, la peau ou la paroi interne de l’intestin. La différenciation cellulaire confère aux cellules spécialisées une durée de vie variable. Les cellules de la peau et celles qui tapissent l’intestin perdent le pouvoir de se diviser. Elles ne vivent que quelques jours (3 ou 4 jours pour la paroi de l’intestin). Comme celles du sang, elles sont sans cesse renouvelées grâce à l’activité de cellules souches qui restent indifférenciées En revanche, les neurones qui constituent le cerveau sont pour la plupart produits pendant la vie embryonnaire, une fois pour toutes.
La dynamique de renouvellement des cellules sanguines a été particulièrement étudiée. D’une manière générale, les cellules souches génèrent plus de cellules que nécessaire, un ajustement se produit ensuite, via des facteurs produits par d’autres tissus. Ainsi, les précurseurs des globules rouges ont-ils besoin d’une hormone, l’érythropoïétine, pour inhiber leur programme intrinsèque de mort. C’est la quantité d’érythropoïétine produite par le rein qui règle la quantité de cellules souches sanguines qui survivent et par conséquent la quantité de globules rouges.
L’équilibre et la taille des organes sont étroitement réglés, on le sait, pas seulement en ajustant la prolifération des cellules mais aussi parce qu’une bonne partie des cellules ainsi produites sont d’une manière incessante détruites par apoptose.
La régulation de la vie et de la mort des cellules dans les organismes est donc cruciale pour leur équilibre fonctionnel. Elle fait partie de la vie “ sociale ” des cellules qui les composent. On comprend de mieux en mieux en quoi consistent ces interactions. Les cellules agissent les unes sur les autres en produisant des facteurs ou “ médiateurs ” très divers. Certains assurent la survie des cellules en inhibant leur programme de mort, d’autres déclenchent leur suicide en se liant à ce qu’on appelle des récepteurs de mort. Un des cas les mieux étudiés est celui du couple Fas : récepteur et ligand. Lorsque le ligand de Fas se lie à son récepteur, celui-ci modifie sa forme et transmet à la cellule un signal qui déclenche son autodestruction. D’autres inhibent le déclenchement du programme de mort, ce sont des facteurs de survie comme le NGF pour les neurones et l’érythropoïétine pour les précurseurs des globules rouges.
Ces connaissances ont permis de comprendre les mécanismes responsables de plusieurs maladies. On sait maintenant que les hépatites fulminantes produites par des virus ou par l’alcool sont dues à la mort massive des cellules du foie. Celles-ci possèdent à leur surface le récepteur Fas mais, à l’état normal, ne produisent pas le ligand. Par des mécanismes moléculaires variés, les virus des hépatites et l’alcool provoquent la production par les cellules hépatiques du ligand de Fas, ce qui entraîne leur destruction rapide. Ces connaissances conduisent à concevoir des thérapeutiques radicalement nouvelles.
Enfin, on le sait aujourd’hui, le blocage anormal du suicide cellulaire, constitue une étape décisive dans la transformation d’une cellule normale en une cellule cancéreuse.
L’apoptose, ses causes, ses modalités, ses altérations pathologiques sont désormais un des domaines de recherche les plus actifs de la biologie cellulaire.
On voit que beaucoup de chemin a été parcouru depuis que les chercheurs ont commencé à se pencher sur le destin des cellules embryonnaires du petit ver C. elegans. Il s’agit probablement d’un des exemples les plus évidents du caractère imprévisible des découvertes scientifiques. Notamment de celles qui ouvrent une voie nouvelle et qui changent notre manière de penser et d’appréhender la réalité. Celles qui permettent de donner une signification à des faits déjà observés mais restés jusque-là incompris. Elles sont par essence insoupçonnées puisque n’entrant pas dans les schémas de pensée qui ont cours.
La recherche vraiment innovante n’arrive donc à ses fins que par surprise. Elle ne peut être programmée : une notion particulièrement difficile à comprendre et à traduire dans les faits par nombre des responsables du financement institutionnel de la recherche. En fait, pour favoriser vraiment la créativité et donc l’innovation, il faut laisser les chercheurs libres, accepter qu’ils se trompent et qu’ils semblent parfois un peu perdre du temps. Cela n’est en rien incompatible avec une évaluation bien comprise et au total efficace de leur activité.
Nicole M. LE DOUARIN

MAX F.PERUTZ

PRIX NOBEL 1962
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J.ROSA
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19 mai 1914 - 6 février 2002

Elu Associé étranger de l'Académie des sciences le 28 juin 1976, section Biologie cellulaire et moléculaire
Membre du Laboratory of Molecular Biology, Cambridge, Grance-Bretagne
Prix Nobel de chimie en 1962


Né à Vienne, Max Perutz décida, en 1936, de poursuivre son cursus de chimiste en Grande-Bretagne où il s'installera pour le restant de sa vie. Il obtint son PhD en 1940 au Cavendish Laboratory pour ses travaux sur la diffraction des rayons X par les cristaux. Il décida alors d'entreprendre ce qui devait être l'objet de ses études pendant quarante ans, la structure de l'hémoglobine. En 1953, avec l'appui de Lawrence Bragg, il mit au point une méthode de remplacement isomorphe par des atomes lourds. Cette méthode fut d'abord utilisée avec succès pour déterminer la structure de la myoglobine par John Kendrew, l'un des élèves les plus illustres de Perutz. En 1959, Perutz élucida totalement la structure moléculaire de l'hémoglobine. Ces études valurent à Perutz et à Kendrew le Prix Nobel en 1962. Perutz étudia ensuite les relations structure-fonction de la protéine et montra comment la structure de l'hémoglobine peut expliquer sa fonction de transporteur d'oxygène. Il montra aussi comment des mutations altérant la structure de la protéine pouvaient produire des pathologies telle que l'anémie falciforme. Perutz dirigea de 1962 à 1979, date de sa retraite, le Laboratoire de biologie moléculaire du Medical Research Council de Cambridge. Il est universellement reconnu que Perutz est à l'origine de la médecine moderne et de l'essor de la biologie moléculaire.academie scienses



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