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SAMY KLEIN


Marguerite et Samy





Samy Klein


Samuel, dit Samy Klein, rabbin et résistant
(Bad-Hombourg, Allemagne, 25 janvier 1915 – L’Étrat, Loire, 7 juillet 1944)



Monique LÉVY, agrégée de l’Université, secrétaire générale de la Commission française des archives juives.



Arrière-petit-fils du rabbin Salomon Wolf Klein, petit-fils du président de la communauté orthodoxe de la rue Cadet à Paris Théodore Klein, il est l’un des trois enfants et seul fils de Raphaël Klein et de Selma Kottek, elle-même fille du rabbin de Hombourg Samuel Kottek. Ses parents s’étaient installés en Allemagne où ils tenaient une pension casher à Bad-Hombourg. Pendant la Grande Guerre, son père, français, est interné en Allemagne comme ressortissant d’une puissance ennemie et meurt de la grippe espagnole au camp de prisonniers civils de Holzminden en 1918. Sa mère quitte l’Allemagne après la fin de la guerre pour ouvrir au Hohwald, station climatique des Vosges, un hôtel casher, la Pension Bellevue, qui sera fréquentée par les Juifs orthodoxes.
Hébergé à Strasbourg chez un frère de son père – dont il épousera la fille Marguerite, docteur en médecine, le 29 juin 1941 à Vichy –, Samy Klein fait des études classiques au lycée de la ville tout en fréquentant la synagogue strasbourgeoise orthodoxe de la rue Kageneck. Il y a pour maîtres les rabbins Robert Brunschwig et Abraham Deutsch. Il y participe à la création du mouvement de jeunes orthodoxes Yechouroun. Élève ensuite au Séminaire israélite à Paris de 1934 à 1939, il interrompt un temps ce cursus pour étudier à la yeshiva de Telsche en Lituanie pendant neuf mois à partir de novembre 1936, à défaut d’avoir reçu des autorités britanniques l’autorisation de se rendre à la yeshiva de Petah Tiqva en Palestine auprès d’un beau-frère de sa mère, le rabbin allemand Moché Auerbach. Dès l’obtention de son diplôme de rabbin début 1939, il part faire son service militaire à l’École des sous-officiers de Saint-Maixent. Mobilisé en cours de service en septembre 1939 dans une unité combattante, il se trouve sur la Loire au moment de l’armistice, s’échappe et retrouve sa mère réfugiée à Vichy. Il est rapidement démobilisé, avec le grade d’aspirant.
En septembre 1940, le Consistoire central le nomme, pour la zone sud rappelons-le, aumônier général de la jeunesse et particulièrement des Éclaireurs israélites. Il réside d’abord à Vichy puis à Lyon. Son rôle est multiforme ; son activité s’étend non seulement aux mouvements de jeunesse juifs proprement dits, sans exclusion d’aucune tendance, ni religieuse ni politique, mais aussi aux Juifs des Chantiers de jeunesse (auxquels il fait distribuer au printemps 1941 une lettre pastorale reproduite à 400 exemplaires) et aux jeunes internés des camps, en zone sud et en Algérie (c’est ainsi qu’en juillet 1941, en tournée en Algérie, il obtient des facilités pour l’observance des lois alimentaires et des fêtes pour les jeunes Juifs regroupés dans des unités spéciales près de Tlemcen). Il se dépense sans compter, convaincu que cette période doit être utilisée pour approfondir la formation spirituelle de ceux qui seront au lendemain de la guerre les dirigeants juifs, et ceci dans le cadre d’un judaïsme consistorial revivifié et unifié autour de l’orthodoxie, qui est son choix personnel mais qu’il ne cherche pas à imposer. Dans cette optique, il organise l’enseignement religieux, à Avignon par exemple, rédige des cours qui seront polycopiés et distribués par correspondance par les Éclaireurs aux cercles d’études et aux jeunes juifs isolés, rédige un projet de réforme du Séminaire rabbinique. Nommé en juin 1942 rabbin à Aix-les-Bains, il continue à sillonner la France du sud avec Lyon pour base principale. En janvier 1944, il est nommé adjoint au grand rabbin de France par intérim, Jacob Kaplan.
Patriote autant que religieux, il écrit à la fin de mai 1944 dans une sorte de testament spirituel : « Quand Israël et la France souffrent ensemble le plus terrible martyre de l’histoire, n’est-il pas normal qu’un rabbin français paye son tribut ? ». Après la descente de la Gestapo, heureusement sans succès, dans le local de la « Sixième » (sixième section des Éclaireurs israélites) jouxtant la synagogue de la rue de Breteuil à Marseille en février 1943 – des faux papiers y étaient fabriqués –, il entre en mai 1943 dans le mouvement de résistance lyonnais France d’abord, créé dès 1941 par l’avocat socialiste André Boyer dit Brémond. Il y devient chef d’un groupe-franc à Lyon. Dès lors, il recrute et instruit militairement plusieurs groupes de jeunes à Lyon et dans les environs, en particulier dans les chantiers ruraux des Éclaireurs israélites à Taluyers et dans l’annexe de Taluyers, à Saint-Germain.
Arrêté à Lyon le 8 juin 1944 dans une rafle en gare de Perrache porteur de faux papiers au nom du pasteur Deluze, il réussit à donner le change, s’appuyant sur son excellente connaissance de l’Écriture sainte, et est relâché. Cependant que les bureaux du Consistoire sont fermés à partir du 13 juin, il reste caché pendant trois semaines avant de rejoindre Saint-Étienne et d’y prendre contact avec les Équipes chrétiennes, qui le nomment instructeur pour leur maquis. Le 5 juillet il est arrêté par un séide de la Gestapo en gare de Saint-Étienne-Carnot ; il y avait donné rendez-vous à deux jeunes hommes de sa famille avec lesquels il avait l’intention de rejoindre un maquis en Haute-Loire. Le 8 juillet son cadavre affreusement mutilé est trouvé sur la route de l’Étrat à la Fouillouse, commune de l’Étrat qui jouxte Saint-Étienne par le nord (les deux cadavres de ses compagnons y avaient été trouvés la veille 7 juillet). Inhumées dans le cimetière de l’Étrat, leurs dépouilles furent inhumées à nouveau dans le cimetière israélite de la rue du rabbin Abraham Bloch à Lyon. Il fut décoré à titre posthume de la Médaille de la Résistance par décret du 3 août 1946.
Sa femme, médecin et ancienne cheftaine des Éclaireurs israélites, dirigea un temps après la guerre la maison d’enfants des EIF de La Guette. Leurs deux filles, Annie-Rose et Elsie, avaient été cachées jusqu’à la Libération à Saint-Symphorien-de-Lay près de Roanne, le dernier domicile déclaré de Samuel Klein.

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Les figures de la Résistance juive
Victimes et héros
Organisation juive de combat
Ils furent plus de six cent, hommes et femmes, à la fois juifs et résistants, combattants dans un des dix réseaux de résistance juive.
Dès 1940, chacun a contribué à sauver d’autres juifs au péril de leur vie. Leur nom est écrit à jamais dans l’Histoire.

Lire sur akadem :Les résistants de réseaux juifs nommés dans la conférence de Jacques Lazarus


Marianne Cohn (1922-1944)
Elle est agent de liaison du Mouvement de la jeunesse sioniste en 1942. Elle participe au réseau de fabrication de faux papiers à Grenoble. Le 31 mai 1944, Marianne Cohn est arrêtée par les Allemands avec un groupe de 28 enfants. Emmenée dans la nuit du 3 au 4 juillet 1944 par des agents de la Gestapo, son corps est retrouvé dix jours plus tard morte et mutilée, prés de Ville-la-Grand (Haute-Savoie).

Marc Haguenau (1904-1944)
Il est un des chefs des Eclaireurs Israélites de France. Il participe au passage progressif des EIF des activités d’assistance à celles de sauvetage, en organisant notamment la fabrication de faux papiers.Arrêté le 18 février 1944 à Grenoble, Marc haguenau est abattu au cours d’une tentative d’évasion. Son nom est donné à la compagnie EI dans le maquis du Tarn.

Gilbert Bloch (1920-1944)
Polytechnicien, il devient en 1942 responsable de l’école de Lautrec des Eclaireurs Israélites de France. Chef de la compagnie Marc Haguenau du maquis de Vabre, il est tué dans un combat contre une colonne blindée de la Wehrmacht à l’occasion d’un parachutage britannique, le 8 août 1944.

Ernest Lambert (1918-1944)
Il rejoint l’Armée Juive en 1942 à Lyon. Le 29 juin 1944, il est interpellé par les Allemands en gare de Lyon-Perrache. On a trouvé sur lui des papiers compromettants. Torturé, il ne parlera pas. Le 8 juillet 1944, il est emmené avec une trentaine d'otages à Portes-lès-Valence (Drôme).Ernest Lambert échappe au peloton d'exécution et se réfugie dans une cabane de cheminots.Mais la soldatesque allemande le fusillera sur les corps de ses compagnons.

Marc Levy (1921-1948)
Après avoir reçu son instruction militaire dans le maquis de l’Armée Juive du Tarn jusqu'en juin 1943, Marc Lévy rejoint le groupe franc niçois de l'organisation. Muté à Paris au cours de l'été 1944, Marc Lévy participe aux combats pour la libération de la capitale au PC du colonel Rol-Tanguy. Officier au commando français en Israël
pendant la guerre d'Indépendance, il est tué non loin de Tel Aviv, alors qu'il retourne combattre les Egyptiens à Beer Sheva.

Ariane Knout dite Régine ( ?-1944)
Fille du grand musicien russe Scriabine, elle participe dès 1940 avec son mari David Knout à la création d'une Résistance juive. En avril 1944, elle devient l'agent de liaison entre la direction de l’Organisation Juive de Combat de Toulouse et les maquis du Tarn. Après le débarquement du 6 juin 1944, elle est chargée de mettre en place une nouvelle filière de passage vers l'Espagne pour rejoindre les armées alliées. Le 22 juillet 1944, elle tombe dans un guet-apens ourdi par la Milice à Toulouse. Elle est assassinée sur place.

Thomas Bauer (1919-1944)
Il reprend le poste d'administrateur de « Quand Même », journal clandestin de la Résistance juive, créé à Toulouse par l’Armée Juive. Le premier numéro paraît le 1er décembre 1943, avec mention de Genève pour égarer les recherches policières. Le 22 juillet 1944, Bauer tombe dans la souricière tendue par la milice à Toulouse. Grièvement blessé, il meurt après trois heures de torture pendant lesquelles il ne parle pas.

Léo Cohn (1913-1944)
Il est dès 1941 à la ferme-école des Eclaireurs Israélites de France à Lautrec. A partir du 10 avril 1944, il travaille avec les membres de l’Armée Juive et participe à l'organisation de convois pour l'Espagne. Le 17 mai, il est arrêté par la Gestapo puis envoyé à Drancy. Léo Cohn refuse de s’évader pour s’occuper d'enfants et organise une chorale dans le camp. Il est déporté vers Auschwitz le 30 juillet 1944. Léo Cohn a été aperçu très affaibli lors de la Marche de la mort.

David Donoff (1920-1944)
Membre des Eclaireurs Israélites de France, il est en 1941 interné volontaire au camp de Gurs pour aider ceux qui y vivent. En août 1942, lorsque les rafles commencent dans la zone Sud, les EIF doivent disperser les enfants dont ils ont la charge. David Donoff cherche alors des planques chez des familles paysannes et dans des institutions. Le 27 juin 1944, il se rend à Lyon à l'Oeuvre d'aide aux émigrants avec de nombreuses fausses cartes d'identité. La Gestapo tire sur Donoff. Il est décédé d'une hémorragie interne sur la table d'opération.

Jacques Weintrob (1920-1943)
Il est désigné en 1942 responsable du g'doud (groupe) du Mouvement de Jeunesse Sioniste de Nice.Il participe à la fabrication et à la distribution de faux papiers. Le 23 septembre 1943, il est arrêté lors une rafle.Il est autorisé à quitter l'hôtel de la Gestapo mais veut reprendre une serviette pleine de cartes d'identité. Les Allemands l'ouvrent et l'arrêtent de nouveau.Il est interrogé sous la torture mais ne parle pas. Il est transféré à Drancy d'où il est déporté vers Auschwitz le 28 octobre 1943. Il n'est pas revenu.


Lire le dossier :L’armée juive et les Eclaireurs Juifs de
France

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