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ROMAN JAKOBSON


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LINGUISTIQUE
APHASIE
MALEVITCH


Un des plus grands maîtres de la linguistique du XXe siècle



“ Chacun de nous ici, cependant, a définitivement compris qu’un linguiste sourd à la fonction poétique comme un spécialiste de la littérature indifférent aux problèmes et ignorant des méthodes linguistiques sont d’ores et déjà, l’un et l’autre, de flagrants anachronismes ”


Roman Jakobson est d’abord un des grands fondateurs de la phonologie, ayant apporté à la discipline le concept de phonème. Ensuite, par ses travaux sur l’aphasie, il a formulé une théorie de l’acquisition du langage qui fait aujourd’hui autorité, et dégagé certains principes universels des systèmes linguistiques. Il s’est aussi intéressé à la communication linguistique, énonçant sa fameuse théorie des fonctions du langage, dont la poétique est devenue son objet particulier de recherche.

Roman Jakobson (Moscou, 1896 - Boston, 1982). Membre de l'école des formalistes russes. Il enseigne entre les deux guerres en Tchécoslovaquie où il devient un des chefs de file du Cercle linguistique de Prague. En 1939-40, il passe deux ans en Scandinavie où il fréquente le Cercle linguistique de Copenhague. De 1942 à 1946, il est professeur de linguistique à New York où il commence une étroite collaboration avec Claude Lévi-Strauss. À partir de 1950 jusqu'à sa retraite en 1967, il est professeur de langues et de littératures slaves ainsi que de linguistique générale à l'université de Harvard et au Massachussetts lnstitute of Technology.
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Lire Roman Jakobson . Essais de linguistique générale : aux sources du structuralisme
Karine Philippe


L'aphasie, quand le langage se désintègre
C'est un regard de linguiste que R. Jakobson porte sur la pathologie du langage, et plus précisément sur sa déperdition : l'aphasie. Il ne prétend pas en éclairer le fonctionnement psychique ou neurologique (comme pour l'aphasie de Broca, liée à des lésions du cerveau), mais cherche à comprendre quels sont les procédés linguistiques impliqués dans ces pathologies. Il s'inspire en partie des travaux de John H. Jackson publiés en 1915, à savoir que la diversité des formes d'aphasie peut être ramenée à deux grands types, issus d'un dysfonctionnement des deux axes mobilisés dans le langage : le paradigme et le syntagme. « Parler implique la sélection de certaines entités linguistiques et leur combinaison en unités linguistiques d'un plus haut degré de complexité. Cela apparaît tout de suite au niveau lexical : le locuteur choisit les mots (axe paradigmatique) et les combine en phrases (axe syntagmatique) . » Le premier type d'aphasie est lié à une altération des relations paradigmatiques (choix des mots et des sons) : le patient intervertit un son et un autre (« chameau » pour « chapeau », par exemple). Le second type d'aphasie relève d'un dérèglement des relations syntagmatiques (combinaison entre les mots ou les sons) : le patient permute des syllabes ou des bouts de phrases. « Les règles syntaxiques qui organisent les mots en unités plus hautes sont perdues ; cette perte appelée "agrammatisme", aboutit à dégrader la phrase en un simple "tas de mots" . » Ces deux types d'aphasie sont associées, selon R. Jakobson, à deux figures de rhétorique : la métaphore (comparaison implicite, par exemple « un océan de verdure » pour « une forêt ») et la métonymie (substitution avec un élément contigu, par exemple « boire un verre » alors que l'on boit son contenu). « La métaphore devient impossible dans le trouble de la similarité [paradigme], et la métonymie dans le trouble de la contiguïté [syntagme] . » Les travaux de R. Jakobson sur l'aphasie ont contribué au développement de la psycholinguistique qui, depuis, a connu un essor considérable.

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