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PETER LAX

PRIX ABEL 2005
BIO
PAGE
MATHS







"Peter D. Lax réunit de manière exceptionnelle les mathématiques pures et appliquées, associant une profonde compréhension de l'analyse et une extraordinaire capacité d'invention de concepts unifiants. Il a exercé une influence déterminante, non seulement par sa recherche mais aussi par ses écrits, son dévouement sans faille à la formation et sa générosité envers ses collègues plus jeunes que lui".

Peter Lax est un mathématicien Juif hongrois né en 1926 à Budapest et de nationalité américaine.

Le Prix Abel de Mathematiques 2005 a ete remis officiellement a Peter D. Lax le 20 mai dernier.
Le Prix Abel, souvent considere comme le Prix Nobel de Mathematiques, s’eleve a 6 millions NOK, et etait attribue cette annee pour la troisieme fois. Pour memoire, le premier laureat, en 2003, etait le francais Jean-Pierer Serre.

Peter D. Lax, professeur a l’Universite de New-York, est l’un des plus grands mathematiciens de son temps dans les domaines des mathematiques pures et appliquees. Le Prix Abel 2005 lui a ete attribue pour " ses contributions innovantes a la theorie des equations differentielles partielles, a l’application de telles equations et au calcul de solutions pour ces equations ", comme l’a exprime Erling Stromer, professeur et President du Comite Abel, dans son discours lors de la ceremonie de remise du prix. Le nom de Peter D. Lax est associe a d’importants resultats et methodes mathematiques tels que le theoreme de Lax-Milgram, le theoreme d’equivalence de Lax, le schema de Lax-Friedrichs et le schema de Lax-Wendroff. Peter D. Lax a declare qu’il verserait une partie de sa recompense a un fond pour le soutien des mathematiques et une autre partie a ses petits-enfants pour le financement de leurs etudes.asso objectif sciences


Peter D. Lax est né le 1er mai 1926 à Budapest, Hongrie. Il était en route vers New York avec ses parents le 7 décembre 1941 quand les Etats-Unis entrèrent en guerre.
Peter D. Lax reçut son PhD en 1949 de l’université de New York (NYU), avec Richard Courant,un tres grand mathematicien juif allemand, comme directeur de thèse. Courant avait fondé à NYU le Courant Institute of Mathematical Sciences, dont Lax assura la direction de 1972 – 1980. En 1950, Peter D. Lax se rendit à Los Alamos pour un an et y travailla ensuite plusieurs étés à titre d’expert.
Dès 1951, il revint pourtant à l’université de New York pour commencer l’oeuvre de sa vie au Courant Institute. Lax fut nommé professeur en 1958. À NYU, il occupa aussi les fonctions de Directeur du Computing and Applied Math Center de l’AEC (Commission de l’Energie Nucléaire).
En proposant Peter Lax comme membre de l’Académie nationale américaine des Sciences en 1962, Courant le décrit comme « l’incarnation, plus peut-être que tout autre, de l’association d’une analyse mathématique abstraite et du pouvoir le plus concret de solutionnement de problèmes individuel ».
Peter D. Lax est l’un des plus grands chercheurs dans les mathématiques pures et appliquées de notre temps et a apporté des contributions significatives, allant des équations différentielles partielles aux applications dans l’ingénierie. Son nom est lié à de nombreux résultats mathématiques majeurs et à des méthodes numériques comme le lemme de Lax-Milgram, le théorème d’équivalence de Lax, le schéma de Lax-Friedrich, le schéma de Lax-Wendroff,l’entropie de Lax et la théorie Lax-Levermore.
Peter D. Lax est aussi l’un des fondateurs des mathématiques informatiques modernes. Parmi ses plus importantes contributions à la communauté High Performance Computing and Communications, figure son travail pour le National Science Board Computing and Applied Math Center de 1980 à 1986. Il a aussi présidé le comité réuni par le National Science Board pour étudier le calcul à grande échelle dans les sciences et les mathématiques – une oeuvre de pionnier qui a mené au rapport Lax.
Le travail du Professeur Lax a été honoré par des nombreux prix et récompenses. Il a reçu la National Medal of Science en 1986, remise par le Président Ronald Reagan lors d’une cérémonie à la Maison Blanche. Peter Lax a reçu le Prix Wolf en 1987 et le Prix Chauvenet en 1974, et partagé le Prix Steele de l’American Mathematical Society en 1992. Il a aussi reçu le Prix Norbert Wiener en 1975 de l’American Mathematical Society et de la Society for Industrial and Applied Mathematics. En 1996, il a été élu membre de l’American Philosophical Society.
Peter D. Lax a été président (1977-80) et vice-président (1969-71) de l’American Mathematical Society.
Le professeur Peter D. Lax est un remarquable pédagogue qui a formé un grand nombre d’étudiants. Il a aussi été un infatigable réformateur de l’étude des mathématiques et son travail sur les équations différentielles a été pendant des décennies un élément classique de l’étude des mathématiques dans le monde entier.
Peter D. Lax est Docteur honoris causa de nombreuses universités du monde entier. Quand il a été distingué par l’université de technologie d’Aix-la-Chapelle, Allemagne en 1988, sa contribution déterminante aux mathématiques et l’importance de son travail dans le champ de l’ingénierie ont toutes deux été soulignées. Il a aussi été honoré pour son approche positive de l’utilisation des ordinateurs dans les mathématiques, la recherche et l’enseignement.abelprisen


Depuis Newton, les équations différentielles ont toujours constitué le fondement de la compréhension scientifique de la nature. Les équations différentielles linéaires, dans lesquelles les effets et les causes sont directement proportionnels, sont raisonnablement bien comprises. Les équations qui apparaissent dans des domaines comme l’aérodynamique, la météorologie et l’élasticité, sont non linéaires et beaucoup plus complexes : leurs solutions peuvent produire des singularités. Pensez aux ondes de choc qui se créent quand un avion franchit le mur du son norvege


Peter Lax est toujours apprecie pour ses “jokes”. On en retrouve plusieurs sur le web. A titre d’exemple :
Le jeux du Kronprinz : d’apres Peter Lax les enfants de la bourgeoisie intellectuelle hongroise aimaient ridiculiser la monarchie imperiale. Ils avaient invente le jeu du Kronprinz et de son precepteur. Il y a deux joueurs l’un fait le Kronprinz et l’autre le precepteur. Le precepteur doit poser la question la plus facile possible,le Kronprinz doit trouver la reponse la plus stupide possible. Enfin le precepteur doit trouver moyen de complimenter le Kronprinz pour la qualite de sa reponse.
Le premier qui ne sait plus quoi dire a perdu : ' Kronprinz, dites-moi combien de temps a dure la guerre de 30 ans, 50 ans monsieur mon precepteur.Tres bien Kronprinz,vous vous souvenez qu’a cette ´epoque les moyens de communication etaient beaucoup plus lents et les choses prenaient donc beaucoup plus de temps. 'smf emath

JOHN C.HARSANYI


PRIX NOBEL 1994
BIO
THEORIE



Economiste spécialiste de l’utilitarianisme



"Pour ses activités d’avant-garde en matière d’analyse de l’équilibre dans la théorie des jeux non-coopératifs"
( en compagnie de John Forbes Nash et Reinhard Selten )


Il a développé une approche utilitariste de l’action publique. Dans la lignée de J. Bentham et de Paul Samuelson, Harsanyi établi une fonction de bien être social à partir de laquelle il tente de définir le critère de répartition du revenu qui serait adopté par des individus rationnels et impartiaux.

D’origine hongroise après avoir été pharmacien jusqu’à la fin de la guerre, il enseigne la psychologie à l’université jusqu’en 1948. Il quitte la Hongrie clandestinement et rejoint l’Australie où il devient ouvrier. Il reprend ses études et opte pour l’économie etdonne des cours d’économie à l’université de Queensland à Brisbane. Il part pour l’université de Stanford en 1956 où il obtient un doctorat d’Economie sous la direction d’Arrow. Il est professeur à Canberra puis Detroit et enfin à Berkeley.

Il devient rapidement un spécialiste de la théorie des jeux et apporte à la méthodologie de cette théorie, les outils qui lui faisaient défaut lyc arsonval brive.ac limoges

"voile d'ignorance" : de John Harsanyi.
Les individus chargés d'élaborer des principes de justice ignorent tout de ce que sera leur situation future. Seront-ils pauvres ou riches, quand ils seront jeunes ou vieux ; seront-ils favorisés en tant qu'homme ou femme ; etc. Donc, le choix des principes ne doit pas être relié à la connaissance de leur future place dans la société une fois que le voile d'ignorance se soulève. Pourtant, même s'ils restent encore derrière ce voile d'ignorance, ils n'en sont pas moins calculateurs et égoïstes. Comme la base de leur calcul exclut toute connaissance de probabilités, c'est la prudence qui guide leur choix dans l'adoption de ces principes. Ils minimisent les risques dans la mesure où ils sont susceptibles de se retrouver dans la position de moins favorisés. Des hypothèses auxiliaires étaient nécessaires. Parmi celles-ci, il y a l'idée d'une société de "rareté modérée" dans laquelle les pauvres peuvent obtenir un sort meilleur sans que les riches ne fassent de grands sacrifices. Cette hypothèse de rareté modérée est importante dans l'ordre lexical des deux principes de justice. En effet il faut imaginer deux autres situations symétriques : celui qui accepte de courir le risque d'être très pauvre avec la possibilité de devenir très riche grâce au principe de liberté et inversement celui qui préfère le sacrifice de la liberté en contrepartie d'une pauvreté limitée. Pour y répondre, Rawls admet que l'utilité marginale des gains matériels diminue de façon assez rapide quand la prospérité augmente. Dans Théorie de la justice, maximiser le minimum de l'individu le plus défavorisé porte le nom de maximin. Ce dernier se couple avec un autre principe, celui du leximin. Il faut remonter la hiérarchie sociale, individu par individu, en essayant de maximiser le minimum de chacun à chaque niveau de cette hiérarchie. ses ac bordeaux

MAX NORDAU


WZO
BIO
CRITIQUE
SIONISME
LIVRE
HERZL
1919





"Ce n'est pas là un phénomène indifférent. Les livres et les oeuvres d'art exercent sur les masses une puissante suggestion. C'est en eux qu'une époque puise son idéal de moral et de beauté. s'ils sont absurdes et anti-sociaux, ils exercent une influence troublante et corruptible sur les vues de toute une génération. Celle-ci, notamment la jeunesse impressionnable et facile à l'enthousiasme pour tout ce qui est étrange et semble nouveau, doit donc être avertie et éclairée sur la nature réelle des créations aveuglément admirées."- Dégénérescence


Max Nordau (1849-1923), pseudonyme de Simha Meïr Südfeld ; penseur, médecin et leader sioniste, natif de Hongrie. Dans sa jeunesse, il reçut de son père, rabbin de la famille illustre de Don Isaac Abarbanel, une éducation religieuse. En 1876, il fut promu médecin à l’université de Budapest, et en 1880, il vint s’établir à Paris.

Alors qu’il était encore étudiant, il commença d’écrire dans des revues, et à Paris, il fut le correspondant de plusieurs journaux. Il signa ses écrits et ses articles de son pseudonyme “Max Nordau”. Il fut connu essentiellement grâce à ses ouvrages et livres consacrés à la critique de la société européenne. Les plus importants : “Les mensonges conventionnels de la culture” (1883), “Paradoxes” (1885) et “La dégénération” (1892). Il écrivit également des romans, des pièces de théâtre, des critiques d’art, et des livres dans les domaines de la philosophie et de la sociologie.

Max Nordau fut ébranlé par l’antisémitisme qui s’éveilla en France au moment du jugement Dreyfus et à sa suite. Quand Théodor Herzl lui présenta l’idée de la création d’un État, il fut enthousiaste et s’attela à sa réalisation. Au premier Congrès sioniste, il formula le programme de Bâle. Max Nordau fut celui qui façonna le concept de “foyer national”, ainsi que d’autres concepts qui furent des biens inaliénables du mouvement sioniste.

Max Nordau fut le vice-président des Congrès sionistes qui furent organisés du temps de Théodore Herzl, puis président du septième au dixième Congrès. Lors de la polémique à propos du programme de l’Ouganda, il demeura fidèle à Théodore Herzl et soutint le programme, bien qu’il s’opposât en fait à l’idée. A cause de son soutien, il y eut une tentative d’attenter à sa vie - un jeune partisan sioniste tira en sa direction deux coups de feu lors d’une réunion, mais il manqua le but et blessa légèrement quelqu’un d’autre.

Après la mort de Théodore Herzl, Max Nordau refusa d’accepter la fonction de président du mouvement sioniste parce qu’il s’opposait, semble-t-il, à l’assimilation, même s’il était lui-même marié à une chrétienne.

En 1920, Max Nordau appela à une grande opération, pour faire immigrer en Israël un demi million de Juifs d’Europe de l’Est, parce qu’il voyait que les intrigues politiques mettraient rapidement fin à l’occasion donnée au mouvement sioniste. Sa proposition fut repoussée, et il quitta rapidement les activités sionistes. Il mourut à Paris. Trois années après sa mort, ses ossements furent transférés en Israël. Il est enterré au cimetière de Trumpoldor à Tel Aviv.Eliane Ketterer


Dégénérescence, de Max Nordau

Le livre : À la fin du XIXe siècle, en France, un débat anime l'opinion : celui de la parenté du génie et de la folie. Max Nordau, psychiatre, publie un texte qui fait scandale mais est aussi l'un des best-sellers de son époque : Dégénérescence, une vaste fresque décrivant la littérature fin de siècle atteinte de la maladie de son époque dégénérée Nietzsche, Zola, Mallarmé, Ibsen, etc. aucun de ceux que nous considérons aujourd'hui comme les grands auteurs du XIXe ne trouve grâce sous le scalpel flamboyant de Nordau. Et le lecteur moderne ayant sur celui de Nordau l'avantage de l'histoire, une qualité inattendue de son travail lui saute donc aux yeux : son exhaustivité. Car Dégénérescence est une synthèse sans égal de tous les mouvements artistiques les plus importants des trente dernières années du XIXe siècle. Ce contempteur de l'art « décadent » a su inventorier les plus grands artistes de son temps ; il les commente avec une érudition surprenante. Tous ceux auxquels il a consacré son attention sont devenus des classiques. À ce titre, Dégénérescence est, paradoxalement, un tour de force.fabula

Heurté par l'antisémitisme qui se manifesta lors de l'affaire Dreyfus, il devint le bras droit de Herzl. Il chercha inlassablement à conférer une dimension politique occidentale et universelle au mouvement sioniste.

Nordau applique la philosophie libérale, positiviste et rationaliste, et la psychopathologie qu'il avait empruntée à Lombroso, à l'ensemble de la société européenne, dans une œuvre philosophique, littéraire et politique impressionnante. Naviguant entre la critique de l'establishment conservateur et celle de la modernité, l'universalisme cosmopolite et l'engagement sioniste, la psychopathologie de la décadence et le combat contre les préjugés et l'antisémitisme, cette œuvre ne manque pas d'être en maints endroits problématique, voire choquante et contradictoire
bibliomonde

Un jour Max Nordau, grand ami de Hertzl, reçut dans son cabinet de psychiatrie la visite d'un juif et de son fils. C'était un homme religieux.
L'enfant était quelque peu timide et Max Nordau pour le mettre à l'aise lui demanda de lui raconter ce qu'il avait étudié dans le heder qu'il fréquentait. L'enfant lui raconta l'histoire de Rachel. Il lui cita le commentaire de Rachi dans lequel Jacob s'excuse auprès de son fils Joseph d'avoir enterré sa mère en chemin et de ne pas l'avoir ensevelie comme les autres matriarches dans la caverne de Machpela. « Je l'ai fait, dit Jacob, sur ordre de Dieu pour qu'elle puisse sortir de sa tombe et prier pour ses fils exilés. Je l'ai fait, continua Jacob, pour qu'elle puisse aider ses enfants et leur insuffler force et courage au moment où ils quitteront le pays. Je l'ai fait pour qu'elle annonce à ses enfants que cet exil ne sera que provisoire et que le Tout-Puissant ramènera les exilés des contrées lointaines. » Max Nordau, ému, prit l'enfant et l'embrassa sur la tête. Il lui dit : « Un peuple qui garde ses souvenirs dans sa mémoire, ce peuple ne périra jamais. »

" C'est dans le souvenir que réside le secret de la rédemption ".Rabbi Nahman de Bratslav

WILLIAM FOX

FOX FILM
BIO
Twentieth Century Fox
SITE 1 - 2- 3
FESTIVAL

William Fox- Vilmos Fried- né le 1er janvier 1879 à Tolcsva (Hongrie) et mort le 8 mai 1952, est le fondateur de la Fox Film Corporation (créée en 1915), connue en tant que Twentieth Century Fox.







William Fox naît le 1er janvier 1879 à Tulchva, dans l'actuelle Hongrie.

Issue d'une famille très pauvre, il a 12 frères et soeurs. L'Europe est ravagée par la famine et les conditions de vie désastreuses, toute la famille embarque pour le Nouveau Continent à bord d'un bâteau de fortune.

La traversée sera extrèmement difficile, la médecine n'est pas présente. Arrivée sur la terre ferme, les parents enterrent 6 de leurs enfants.

Malgré les étincelles qu'on leur a fourni, la vie est toujours aussi difficile, en particulier pour les enfants rescapés (dont William). Bien que les parents aient trouvés un travail, les enfants ne mangent pas tous les jours ni à leurs faim et les fins de mois très difficile. Les parents élèvent mal leurs enfants : ils travaillent tôt, les enfants se soutiennent pour survivre.

Une fois adolescent, William prend le sort de la famille en main. A son tour, il part chercher du travail, il se fait embaucher comme tailleur. Avec un bon sens des affaires, il finit par sortir toute la famille de l'enfer.

Le 30 décembre 1899, il se marie avec Eva Leo mais on a aucune autre information.

Un jour, un panneau publicitaire attire son attention : un hangar qui visionnait des courts métrages est à vendre. En 1904, il décide d'investir toutes ses économies soit 1600$ pour le racheter.

Mais le lendemain, les ennuis commencent. Il se trouve que le public se compose majoritairement d'hommes alcooliques et au chômage et de nombreux trafics clandestins circulent.

William décide de changer la politique de son entreprise en ne diffusant que des films familliaux : c'est une bonne intuition car un public plus aisé débarque. Afin de se débarasser des éléments nuisibles, il fait discrètement appel à des videurs.

En quelques années, il se retrouve propriétait de 15 salles de cinéma.

Mais un nouveau problème débarque : Joseph Kennedy dirige la Faten Company. Celle-ci reigne en maître absolu sur les producteurs indépendants en les taxant excessivement. William Fox décide de porter plainte pour abus de pouvoir, soutenu pas Thomas Edison. A la surprise générale, il remporte le procès et reçoit 300 000 $ de dommages et intérêts.

Une fois qu'il acquiert cet argent, il l'investit aussitôt dans l'achat de nouvelles salles de projection et dans le développement de courts-métrages.

William manque de se tuer dans un accident de la route. D'un groupe sanguin rare, l'acteur Dustin Farnum lui sauve la vie grâce à la transfusion. Pour le remercier, lui offre un contrat exclusi à vie. L'acteur arrêtera sa carrière en 1925 et mourra en 1929.

Désormais, l'argent rentre à flots et est aussitôt dépensée dans de nouvelles prouctions avec le procédé du movietone (procédé permettant d'entendre la bande son synchronisée à l'image). Cependant, cette nouveauté à un cout très élevée et les studios Fox sont aux bords de la faillite.

C'est alors que son collègue Frank Powell lui présente une jeune femme aux origines polonaises et suissesse : Theda Bara. Elle signe un contrat avec la Fox et sauve les studios de la faillite : la compagnie est n°1 et rapporte 250 millions de $.

Ensemble, et malgré le curitanisme de certains, les films que William Fox produisit pour Theda Bara rencontrèrent chez les femmes une résonnance profonde. Leur intelligence et leur séduction devenaients de nouvelles armes en vue d'acquérir leur indépendance.

Avec l'ensemble de ses succès, William investit dans l'immobilier contrairement à ses concurents et possède désormais 2000 salles de cinéma.

Mais le 28 octobre 1929 : c'est le crack bourisier à Wall Street ! Les actions qu'il a payé 120 $ ne rapporte plus que 50cts : il est complètement ruiné. Les actionnaires le pousse vendre ses parts pour sauver les studios. Il réussit à récupérer 18 millions de $.

La descente aux enfers continuent : en mars 1930, il n'est même plus le patron de sa propre société. Il se retrouve devant les tribunaux pour déclaration de faux bilans par les nouveaux patrons.

En 1932, il a tout perdu. Il purge une peine de 6 mois de prison et se retrouve pratiquement à la rue.

Du temps de son poste de directeur fondateur, les studios Fox auront produit 537 films de 1914 à 1935.

Il meurt, oublié de tous, le 8 mai 1952 à New York.

vargen57


Lire : Le Cinema et les USA
Au début du XXème siècle, tandis que l'industrie cinématographique n'en est pas encore une, la plupart de ceux qui se lancent dans le cinéma sont des immigrés, et plus particulièrement des immigrés juifs, venant de Russie, d'Allemagne ou d'Autriche-Hongrie. Ils débarquent à New York avec une volonté qui les distingue de leurs contemporains européens : pour ces immigrés aux États Unis, le cinéma est plus qu'un simple divertissement, c'est une nouvelle forme d'art. Les producteurs qui vont apparaître, comme William Fox (fondateur en 1915 de la Fox Film Corporation, qui deviendra la Twentieth Century Fox), Samuel Goldfish (qui changera son nom en Samuel Goldwyn, fondateur en 1916 de la Goldwyn Picture Corporation, qui deviendra la MGM), les frères Warner (fondateurs en 1923 de Warner Bros Studios), ont dès le début des ambitions artistiques. Ils se mettent donc en contact avec des écrivains renommés pour écrire les scénarii de leurs films, en se disant, avec raison, qu'un film fondé sur un livre ayant déjà eu du succès a plus de chances de faire de bonnes recettes.

Ce dont on peut s'apercevoir dès les débuts du cinéma aux État-Unis, c'est que les producteurs ont un rôle qui va au delà de l'aspect purement financier : ils participent à la création des films au même titre que les réalisateurs et les scénaristes.

Le cinéma américain sera profondément marqué par le code Hays, autocensure régissant la production des films, établi par le sénateur William Hays, président de l'Association of Motion Picture Producers et The Motion Picture Producers and Distributors of America, en mars 1930 et appliqué à partir de 1934. Ce texte, qui fait suite à l'affaire Fatty Arbuckle, restera en vigueur jusqu'en 1966

THOMAS ELEK


COMBATTANT
REVOLTE
MEMOIRE
MEMORIAL


Thomas Elek. Résistant FTP MOI du groupe des 23 condamnés à mort, 19 ans, Hongrois, étudiant.



Thomas Elek est né le 7 décembre 1924 à Budapest (Hongrie). Résistant FTP-MOI, il attaque à la grenade le premier juin 1943 un groupe d'Allemands au métro Jaurès. Il est désigné ensuite chef d'un groupe de dérailleurs de trains. Arrêté, il est condamné à mort par la cour Martiale le 17 février 1944 et fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien avec vingt et un de ses camarades. Son nom figure sur « l'affiche rouge » éditée par les Allemands : « Elek, juif hongrois, 8 déraillements ».
plaques commemoratives



"Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes
Ni l'orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans "
Aragon


Thomas Elek, dit ‘Tommy', est né le 7 décembre 1924 à Budapest, dans une famille juive hongroise. Sa famille, communiste, immigre à Paris alors qu'il n'a que 6 ans, fuyant le gouvernement fasciste au pouvoir.
En 1940, Hélène, sa mère, tient un restaurant, Le cheval de fer, qu'elle a ouvert en 1933, rue de la Montagne sainte Geneviève à Paris où se réunissent des étudiants de la Sorbonne, membres du réseau de Résistance du Musée de l'Homme.

Thomas adhère aux jeunesses communistes et prend ses premiers contacts avec la résistance en 1941 : il a alors 16 ans et entraîne, de nuit, son petit frère Béla de 12 ans, à coller des papillons dont ils confectionnent les textes.
Thomas quitte le lycée Louis-le-Grand en août 1942 et devient membre des FTP-MOÏ. Il participe à de nombreux attentats.
Thomas Elek est arrêté le 21 novembre 1943 par des policiers français de la 2ème brigade spéciale. Son portrait figure sur la sinistre Affiche rouge.
Il est fusillé au Mont Valérien le 21 février 1944, il est alors à peine âgé de 20 ans.

Les corps des fusillés du groupe Manouchian reposent
au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, 39ème division.
itinerairesdecitoyennete


L'affiche rouge , qui inspira à Aragon son célèbre poème, présente, dans sa partie supérieure, les visages des dix partisans. Les traces de trois mois de tortures n'arrivaient pas à effacer l'expression de fierté dans leurs yeux.
Voici les noms des partisans figurant sur l'affiche et les « légendes »
accompagnant la photo de chacun d'eux :
Fingercwajg, juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements ; Boczow, juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats; Witchitz, juif polonais, 15 attentats; Wajsbrot, juif polonais, 1 attentat, 3 déraillements, Elek, juif hongrois, 8 déraillements, Grzywacz, juif polonais, 2 attentats, Fontanot, communiste italien, 12 attentats; Rayman, juif polonais, 13 attentats; Alfonso, Espagnol rouge, 7 attentats; Manouchian. Arménien, chef de la bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés.(A Manouchian on attribua toutes les actions de son détachement.)



Lire le Dossier : L'Affiche rouge
Outre la campagne de presse chargée de discréditer la Résistance, la propagande nazie produit des brochures spécifiques comme " L'Armée du crime " ou l'un des pires brûlots antisémites intitulé " Je vous hais " .Entre le 10 et le 15 février 1944,l'Affiche rouge est largement placardée sur les murs des villes et des villages français.Sur fond rouge sang, se détachent en médaillon les visages des résistants du groupe Manouchian. Sous les portraits,un grand titre : " La libération par l'armée du crime ! ". Réalisée par les autorités d'occupation, cette affiche vise à discréditer la Résistance, assimilant ses acteurs à des assassins. La presse collaborationniste poursuit les mêmes visées de dénigrement au travers d'une vaste campagne. L'objectif de la propagande nazie n'est pas atteint. Au contraire. Elle se retourne contre ses auteurs. À partir de ce moment-là, les Français de plus en plus favorables à la Résistance, sont majoritairement acquis à la cause des FTP-MOI. Aujourd'hui encore, l'Affiche rouge est présente dans l'esprit de beaucoup. Les résistants qui y figurent,sont inscrits dans notre mémoire collective. " Ces etrangers d'ici, qui choisirent le feu, Leurs portraits, sur les murs,sont vivants pour toujours Un soleil de mémoire éclaire leur beauté " (Paul Éluard,extrait de " Légion ", un poème écrit en hommage aux FTP-MOI).

GEORGE A.OLAH


PRIX NOBEL 1994
ECOREV
METHANOL
INSTITUT







"Pour sa contribution à la chimie des carbocations"


Né le 22 mai 1927 à Budapest - Chimiste américain d'origine hongroise.

Dans le domaine de la chimie organique moderne, ce sont ses travaux qui ont détruit le dogme selon lequel le carbone ne peut avoir que quatre valences et qui ont ouvert de nouvelles perspectives dans la production des hydrocarbures.
A cet égard, l’essence sans plomb revêt une importance toute particulière.
Il a achevé ses études à la Faculté de Génie chimique de l’Université Technique de Budapest. Ses recherches débutant aux coˆtés du professeur Géza Zemplén (1883-1956) ont ouvert un chapitre totalement neuf dans la chimie des composés contenant des atomes carboniques de charge positive.
Il a également utilisé avec succès ses connaissances théoriques acquises lors de l’étude des carbocations dans les synthèses industrielles : il a obtenu des hydrocarbures (d’un indice d’octane élevé) à chaînes ramifiées à partir d’autres hydrocarbures (d’un indice d’octane réduit et de qualité faible)à chaînes carboniques
droites. Sur sa proposition, on donna le nom collectif de carbocation aux ions contenant des atomes carboniques positifs.
A l’issue et en reconnaissance de 12 ans de recherches fructueuses,l’Université de Californie du Sud à Los Angeles, avec le soutien de D.P.Locker, de sa femme et d’autres sponsors, a créé pour George A.Oláh et ses collaborateurs un institut
de recherche chimique embrassant le vaste domaine de la chimie des hydrocarbures. Depuis lors, l’Institut Locker Hydrocarbon se développe et s’enrichit sous la direction du professeur Oláh.En sa personne, nous pouvons honorer un chimiste ayant relié les recherches fondamentales à l’application économique.
Il se meut avec aisance à tous les niveaux de la chaîne d’innovation entre universités et entreprises, et ses résultats sont devenus des ressources économiques tout en protégeant l’environnement et les richesses naturelles. Il nous avertit aussi – à l’instar des autres lauréats du prix Nobel–que nos principales richesses aturelles sont les trésors intellectuels, que la valeur suprême est l’homme, en l’homme la culture,ainsi qu’un bon système éducatif propre à améliorer le niveau culturel.mfa gov hu


Un expert décrit en effet le méthanol, un alcool assez proche de l'éthanol, comme très intéressant, car il combine les avantages de l'éthanol et de l'hydrogène.

Le lauréat prix Nobel de Chimie, George Olah, soutient l'économie du méthanol, car cette dernière ne serait pas dépendante des champs de maïs et parce que sa combustion émettrait moins d'émissions de gaz au pot d'échappement, sans oublier la diminution de risques d'incendie.

Le méthanol pourrait non seulement être utilisé pour les automobiles, mais aussi pour alimenter des piles à combustible (et générer de l'électricité de cette manière) ou pour faire fonctionner des turbines à gaz dans les centrales. On pourrait même l'utiliser dans la chimie des matériaux et produire des plastiques.

La Chine serait sur les rangs pour produire plusieurs milliards de litres par an. Des chercheurs travaillent actuellement dans le monde entier afin d'explorer de nouvelles pistes pour des méthodes de fabrication plus innovantes et efficaces.

Le problème résiduel qui reste de taille est que la production de méthanol dégage du CO2 comme produit secondaire.
Des scientifiques développent donc en ce moment des processus qui pourraient carrément convertir le dioxyde de carbone en du méthanol ou d'autres matériaux réutilisables. sur la toile



Fluorinated superacidic systems
par Georges A. Olah, G.K. Surya Prakash, Alain Goeppert

Systèmes superacides fluorés

Dans les superacides, des acidités plusieurs milliards de fois plus élevées que celle de l’acide sulfurique concentré ont été obtenues. Dans la plupart de ces superacides, le fluor très électronégatif joue un rôle essentiel. Dans les systèmes superacides, l’acidité élevée et la faible nucléophilicité des contre-ions ont rendu possible la préparation et l’observation en solution de cations stables et à longue durée de vie, en particulier des carbocations, espèces très réactives qui n’avaient été auparavant observées qu’en phase gazeuse. Les carbocations étant des intermédiaires réactionnels dans de nombreuses réactions chimiques catalysées par des acides, leur étude et leur meilleure compréhension peuvent aider à diriger une réaction dans un sens voulu afin de former les produits désirés. De nouvelles synthèses organiques, impossibles dans des acides ordinaires, incluant la synthèse d’hydrocarbures importants d’un point de vue économique, sont possibles dans les superacides. La capacité des superacides à transformer les hydrocarbures, relativement inertes, et même le méthane, a permis d’ouvrir un nouveau et fascinant domaine de la chimie.lactualitechimique

AVRAM HERSHKO

PRIX NOBEL 2004
TECHNION 1 - 2
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X
PROTEINE






"Pour avoir découvert l'un des processus cycliques les plus importants de la cellule, c'est-à-dire la dégradation des protéines"
( avec Aaron Ciechanover et Irwin Rose )


Avram Hershko, 67 ans, Israélien, né le 31décembre 1937 à Karcag, Hongrie, émigre en Israël en 1950 et obtient en 1965 son Doctorat en médecine puis, en 1969, son PhD à l'Hebrew University-Hadassah Medical School de Jérusalem. Professeur de biochimie depuis 1972 à l'Institut de technologie d'Israël (Technion) de Haïfa, il y est depuis 1998 Professeur émérite. Membre de l'EMBO (Furopean molecular biology organization) et de l'Académie des sciences d'Israël, Foreign associate de la National Academy of Sciences américaine, il a reçu en 2000 le Prix Albert-Lasker (conjointement avec les professeurs Aaron Ciechanover et Alexander Varshavsky).

Il a découvert dans la cellule humaine une protéine appelée polypeptide ubiquitin, qui marque les protéines non désirées et sujettes à destruction. Cette découverte a une grande portée notamment dans la compréhension du cycle cellulaire, la transcription génétique et le fonctionnement du système immunitaire. Elle ouvre de nouvelles perspectives dans le traitement de maladies comme le cancer.
SCIENCE

Reconnaissance et marquage moléculaires
La découverte principale honorée en 2004 repose sur le rôle de l’ubiquitine dans les processus de dégradation protéiques dans les compartiments intracellulaires. Les protéines sont généralement impliquées dans des actions ou fonctions cellulaires spécifiques. Dans la cellule, elles sont présentes après synthèse ou pénétration par voie transmembranaire – les chaînes protéiques doivent être détruites quand elles ont rempli leurs rôles –, sont en surnombre ou deviennent indésirables par suite d’altération. Pour aboutir à leur dégradation, les protéines sont marquées par une molécule d’ubiquitine. L’association protéineubiquitine permet un tropisme vers le protéasome, véritable « hachoir à protéine ». Celui-ci découpe la protéine en courtes chaînes polypeptidiques de moins de 10 acides aminés. L’ubiquitine est alors libérée pour être réutilisée en dehors du protéasome. Reconnaître et marquer une protéine avec de l’ubiquitine revient donc à lui donner le « baiser de la mort ».lactualitetechnique


Pensez-vous que dans le contexte actuel dans lequel Israël est plus souvent décrié que félicité, l’attribution d’un Prix Nobel à deux scientifiques israéliens revêt une signification toute particulière?

Pr Hershko : Je citerai le présentateur des informations du soir le jour où notre récompense a été annoncée: «Pour une fois, nous pouvons ouvrir le journal avec une bonne nouvelle». Je crois que cette dernière n’était pas seulement bonne pour le public israélien et pour nous, mais pour le monde juif en général. Cela dit, je pense qu’il y a un grand nombre d’excellents scientifiques en Israël et j’espère que nous ne sommes que le début d’une longue série. De plus, si j’en juge par la manière dont nous avons été reçus en Suède, à un moment où l’Europe ne fait pas absolument preuve
d’un excès de sympathie à notre égard, je veux croire que l’attribution de ce prix aura permis de mieux nous faire connaître. Je ne sais pas si cela aura des implications politiques, mais il s’agit d’un petit pas dans la direction du changement de notre image. Du moins, je l’espère.shalommagazine

Lire : L'État hébreu champion des biotechnologies
Soixante ans après sa création, Israël est numéro un mondial en nombre de brevets par habitant pour les dispositifs médicaux et quatrième pour ceux de biotechs

MORITZ KAPOSI

MALADIE
SARCOME
DOSSIER
SK
whonamedit









Né le 23 octobre 1837 à Kaposvár en Hongrie ; décédé le 6 mars 1902 à Vienne (Autriche) important médecin hongrois et dermatologue, il a découvert la tumeur de la peau qui a reçu son nom.
Kaposi a été l'un des premiers à établir la dermatologie sur sa base scientifique de la pathologie anatomique.

Moriz Kohn KAPOSI
1837-1902
Médecin hongrois

Moritz-Kohn Kaposi est né le 23 octobre 1837 à Kaposvar en Hongrie, il commence ses études de médecine à Vienne en 1856 et, en 1861 il est nommé assistant de Ferdinand von Hebra, le célèbre dermatologue autrichien avec lequel il a travaillé de 1862 à 1867 et dont il épousera la fille.

En 1875, après la mort d'Hebra, Kaposi assume la chaire de son beau-père à l'Université de Vienne et, en 1879 il est nommé directeur de la clinique dermatologique et "Hofrat" en 1899.

Il a publié de nombreux ouvrages de dermatologie, dont "Pathologie und Therapie der Hautkrankheiten" qui a longtemps été un ouvrage de référence. L'un des principaux axes de ses travaux a été l'étude de la syphilis, ses lésions cutanées et sur les muqueuses, ainsi que l'étiologie et les traitements de cette maladie vénérienne. Il a également travaillé et apporté de nombreuses connaissances sur la dermatite herpétiforme (d'abord décrite par von Hebra), le "lymphoderma perniciosa" et le "lichen ruber moniliformis". Avec plusieurs collègues, il aurait fait une première description du lupus érythémateux (forme cutanée).

Il est mort le 6 mars 1902, à Vienne (Autriche).

Maladie de Kaposi
Connue depuis 1872 après sa description par Moritz Kaposi, son intérêt a été relancé par la découverte du sida, dont elle est un des éléments et qu’elle a contribué à individualiser. Le terme de maladie de Kaposi est préférable à celui de sarcome de Kaposi, car on ignore encore sa nature exacte.

Définition
Le sarcome de Kaposi est lié à l'infection par l'herpèsvirus humain 8 (HHV8). S'il existe sous des formes indépendantes du virus du SIDA, il se développe particulièrement chez les individus co-infectés par le VIH et l'HHV8. L'épidémie de SIDA a donc provoqué une explosion du nombre de cas de sarcomes de Kaposi, notamment dans les régions d'Afrique où l'HHV8 existe de façon endémique.

Différentes formes
Le sarcome de Kaposi fut décrit à la fin du XIXe siècle comme une maladie chronique très rare provoquant des tumeurs cutanées, surtout aux extrémités, chez des personnes âgées, en majorité des hommes, dans le pourtour du bassin méditerranéen (forme classique).Vers 1950, il fut remarqué en Afrique de l'Est, autour des Grands Lacs, où il apparaît comme une forme endémique de cancer survenant aussi, bien que rarement, chez l'enfant et l'adulte jeune : la maladie est plus sévère, parfois disséminée, touchant les ganglions et les viscères. Une troisième forme du sarcome de Kaposi fut ensuite décrite chez des greffés traités par des immunosuppresseurs (forme du transplanté). Depuis l'émergence de l'épidémie de SIDA, une forme épidémique de sarcome de Kaposi est liée à l'infection par le VIH : c'est aujourd'hui la forme prédominante. Les lésions sont souvent disséminées, au niveau de la peau et des viscères. Dans les pays occidentaux, elle est rare chez les hétérosexuels et les toxicomanes et touche principalement des homosexuels masculins ou des bisexuels VIH positifs. Actuellement, le sarcome de Kaposi épidémique, lié au VIH, est un des cancers les plus fréquents de l'Afrique centrale et du Sud (de 10 à près de 50% des cancers diagnostiqués dans certaines régions), et touche aussi bien les hommes que les femmes. L'explosion de cette forme est liée à la diffusion du VIH dans une population où l'HHV8 est très endémique.

medarus

Origine Juive de Kaposi: Né dans une famille juive, il portait à l'origine le nom de Kohn, mais après sa conversion au catholicisme il le changea en Kaposi en 1871, d'après la ville de sa naissance. On a donné pour raison qu'il voulait se marier avec une fille de celui qui occupait alors la chaire de dermatologie, Ferdinand Ritter von Hebra et faire carrière dans la société, ce qu'il n'aurait pu faire en restant juif. C'est improbable dans la mesure où il s'était marié avec Martha Hebra et converti au catholicisme plusieurs années avant de changer de nom, à une époque où sa position était déjà solide à l'Université de Vienne et où il était associé de près à von Hebra. Une explication plus vraisemblable, fondée sur ce qu'il a dit lui-même à ses collègues, est qu'il avait changé de nom pour éviter une confusion avec cinq autres médecins qui portaient le même à la faculté de médecine de Vienne. Les rumeurs sur la sincérité aussi bien de son mariage que de ses inquiétudes quant à son ascendance juive peuvent être dues à la jalousie professionnelle (Selon Guillaume Dubreuilh (1857-1935), premier professeur et président de dermatologie à Bordeaux : « On disait de Kaposi qu´il avait pris la fille de Hebra, sa maison, sa chaire et sa clientèle, laissant le reste à son beau-frère Hans Hebra. »)wiki

ADOLPH ZUKOR

Paramount
FILM
SITE
FONDATION
STUDIO

Adolph Zukor


Fondateur de la Paramount en 1913, Adolph Zukor (7 janvier 1873 - 10 juin 1976) est un magnat du film qui contribua grandement à la légende d' Hollywood.


"Si c'est un bon film, c'est un Paramount"

Le mythique studio Paramount
À l'origine de cette histoire, la saga d'un homme, Adolphe Zukor, immigrant Juif hongrois arrivé aux Etats-Unis en 1888, qui achète pour commencer quatre grandes sociétés de production appelées "Queen Elysabeth". En 1914, Zukor achète en partie la société de distribution "Hodgkinson's Paramount Company" qui deviendra plus tard en 1916 Paramount.
À la tête du studio, un trio de choc : Zukor est président, Lasky vice-président et Cécil B.DeMille directeur général. La compagnie produit alors 36 films par an à Hollywood, tout en achetant salles de cinéma et studios de production.
Les films s'enchaînent : en 1924, Les Dix Commandements , Fenetre Sur Cour…Et les stars également : Maurice Chevalier, Marlène Dietrich, Gary Cooper…Survivant à la crise d'après-guerre et aux conséquences des nouvelles lois imposées aux majors du cinéma dans les années 60-70, Paramount accumule les oscars avec de nouvelles productions : "Le Parrain", Love Story, Chinatown, Grease…
commeaucinema

Paramount contribua à la culture française en tournant dans ses studios de Joinville deux films de Marcel Pagnol, Marius et la première version de Topaze, ainsi que plus modestement, à Hollywood, une adaptation américaine de "La famille Duraton" nommée True to life (1943).


Lire Ces Juifs qui ont fondé Hollywood :Fondé par des émigrants juifs venus d’Europe centrale, Hollywood est devenu le symbole du rêve américain.

BELA KUN

BIO
TROTSKY 1 - 2
DOSSIER
LCR

Bela Kun

La Révolution hongroise de 1918
Juif, journaliste et dirigeant communiste hongrois, Bela Kun a présidé aux destinées de la République soviétique hongroise.


1886 - vers 1937

Bela Kun vient au monde à Szilágycseh en Transylvanie, territoire faisant partie de l'empire Austro-Hongrois. Juif, d'obédience sociale démocrate, il entre assez jeune en politique. D'abord en Transylvanie puis ensuite à Budapest. En 1914, comme des centaines de milliers de sujets de l'Empire, il est mobilisé dans l'armée et part se battre contre les armées du Tsar de Russie. Il est fait prisonnier en 1916 et est interné dans un camp de prisonniers. C'est là qu'il découvre le bolchevisme, les textes de Marx et les révolutionnaires qu'il décide finalement de rejoindre.

En Russie, il rencontre le camarade Lénine. Ce dernier le juge intelligent, énergique et doté d'un grand charisme. Les Bolcheviques considèrent que Kun est apte à transposer le modèle communiste en Hongrie. Bela Kun suit alors des cours en tactique révolutionnaire ainsi qu'en propagande. Novembre 1918 marque l'effondrement des "puissances du Milieu" contre les alliés. L'empire austro-hongrois vole en éclats; Lénine pense alors qu'il est temps pour Bela Kun de repartir au pays afin d'y mettre en place une mouvance révolutionnaire.

Dès son arrivée, Kun met en pratique les théories communistes de prise de pouvoir. En propagandiste averti, il met sur pied un journal puis fonde le 20 décembre 1918 le Parti Communiste Hongrois. Emprisonné en février 1919 sur ordre du premier ministre Mihály Károlyi, Bela Kun continue à diriger le Parti depuis sa cellule. Les communistes, passés maîtres en matière de propagande, commencent à gagner du terrain auprès de la population qui refuse l'occupation roumaine de Budapest. L'agitation sociale grandit. Bela Kun parvient à convaincre Károlyi, qu'en échange de son entrée au gouvernement, il pourrait obtenir de Moscou une intervention militaire à l'encontre des armées roumaines et tchécoslovaques qui occupent toute une partie de la Hongrie.

Le 20 mars 1919, Károlyi cède sous la pression et libère Bela Kun. Dès le lendemain, le leader communiste fait son entrée dans un gouvernement de coalition composé de communistes et de sociaux démocrates. Notre homme est nommé commissaire aux affaires étrangères. Compte tenu de l'état de la Hongrie de cette époque, la charge des affaires étrangères est de loin le poste clef de ce gouvernement.

Kun commence par écraser une révolte menée par des opposants nationalistes, puis constitue une "Armée Rouge" hongroise, avec laquelle il parvient à reconquérir de vastes territoires. Les soldats hongrois pénètrent même en Slovaquie, où l'on assiste à des scènes de pillage et des massacres. Ils n'y restent que peu de temps, Kun étant forcé par les Français et les Anglais à évacuer le pays. Parallèlement le leader communiste élimine, parfois au sens violent du terme, les membres modérés du gouvernement, en particulier les sociaux démocrates. La terreur s'installe en Hongrie.

Néanmoins, Moscou tarde à lui apporter son aide aussi bien économique que militaire. Cela n'empêche nullement le camarade Bela Kun de mettre en application la "dictature du prolétariat". Il collectivise les grandes exploitations agricoles du pays. Parallèlement, il nationalise les principaux établissements bancaires ainsi que des entreprises et des biens immobiliers privés. Ces mesures provoquent de terribles désorganisations, notamment du secteur agricole et conduisent la Hongrie à une crise aiguë et à la famine. Cette situation génère de graves tensions et des rebellions éclatent au sein de l'armée. Des régiments entiers refusent de se battre contre l'armée roumaine entre temps renforcée par Bucarest.

Déstabilisé, le régime chancelle puis finit par s'effondrer le 01 août 1919 ! Bela Kun abandonne son poste puis s'enfuit alors à Vienne. De là, il part pour Moscou et la toute jeune Union des Républiques Soviétiques Socialistes. En 1928, il réapparaît à Vienne où il est arrêté par la police pour tentative de déstabilisation de l'Etat autrichien. Kun est néanmoins autorisé à repartir en Russie, pays depuis lequel il prend une importante part dans le Komintern. Dans les années 30, la police politique soviétique procèdeà son arrestation pour anti-stalinisme et l'accuse d'être un espion de Trotsky.

En 1937, il disparaît dans les grandes purges staliniennes. Sa mémoire ne sera réhabilitée que dans les années 60. 1939-45

JOSEPH PULITZER


PRIX PULITZER
BIO
PORTRAIT
DOSSIER

Joseph Pulitzer


On connaît Joseph Pulitzer grâce au prestigieux prix de journalisme qui porte son nom.
On connaît moins la vie de ce singulier reporter qui révolutionna les principes du journalisme et joua les premiers rôles dans l’éclosion de la presse moderne. Premier grand "magnat" de la profession, il fut aussi à l’origine de la première école de journalisme

"Notre République et sa presse graviront ensemble les sommets ou bien elles iront ensemble à leur perte. Une presse compétente, désintéressée, peut protéger cette morale collective de la vertu, sans laquelle un gouvernement populaire n’est qu’une escroquerie et une mascarade."
Joseph Pulitzer


RAPPORT AU PEUPLE AMERICAIN

"J’ai été stupéfait, moins d’une heure après être rentré de mon voyage en Europe, d’apprendre qu’il y a encore des Américains qui disent en substance : « Cette histoire d’atrocités, c’est de la propagande ! Il peut se faire qu’il y ait eu çà et là quelques erreurs, mais le peuple allemand n’accepterait pas des choses pareilles, il est honteux de nous mettre de force sous les yeux, dans les journaux et dans les cinémas, ces images d’atrocités. » Tout ce que je peux répondre, c’est que les gens qui parlent de cette manière se trompent grossièrement […] Je dois dire que 99% de ce qui a paru dans la presse américaine est au-dessous de la réalité. J’invite les sceptiques qui, par préjugé ou pour d’autres raisons, refusent de croire à la véracité des histoires d’atrocité et les nombreux bon Américains qui trouvent difficile d’y ajouter foi, non pas à me croire sur parole, mais à aller voir le film du Corps des Transmissions ..."


Pulitzer, ou la presse comme arme


Le prix Pulitzer reste une référence internationale parmi les récompenses destinées aux journalistes. Son fondateur, Joseph Pulitzer, fut l’un des plus extraordinaires patrons de l’histoire de la presse .


Joseph Pulitzer est resté célèbre en raison du prestigieux prix de journalisme, décerné aux États-Unis, qu’il a créé . On sait moins qu’il fut à l’origine de la première école de journalisme fondée à l’Université de Columbia, en 1912. Et l’on aurait tendance à oublier le personnage et son apport à l’histoire de la presse, sans aucun doute considérable : car Joseph Pulitzer fut à la fois le premier grand « magnat » de presse ayant porté celle-ci aux sommets de l’entreprise capitaliste ; et celui qui a le plus clairement posé les grands principes fondateurs du rôle de la presse dans la vie démocratique aux États-Unis.
Juif d’origine hongroise, émigré en 1864, Joseph Pulitzer fournit l’exemple type d’une success-story à l’américaine : parti de rien, entré dans le journalisme par opportunité, il montre une ténacité et une ambition peu communes, se fait rapidement un nom et rachète en 1878 un journal sur le déclin. Celui-ci devenu, après le rachat d’un second titre, le Saint Louis Post-Dispatch, s’impose en peu d’années comme un des quotidiens les plus prospères de Saint Louis, capitale de l’État du Missouri. A 35 ans, Pulitzer est riche, marié, en mauvaise santé et a dû renoncer à ses ambitions politiques ; on pourrait croire que sa carrière est bouclée. Elle ne fait que commencer.


Quand Pulitzer « fait » un président

De passage dans la capitale fédérale pour se rendre en Europe, Pulitzer rachète un journal new-yorkais et, accessoirement, renonce à son voyage. Une tempête s’abat aussitôt sur les tranquilles collaborateurs du New York World qui peuvent lire dans le journal, le 11 mai 1883, la profession de foi rédigée par leur nouveau patron, où il déclare vouloir faire « un journal bon marché qui soit aussi intelligent… mais aussi porteur des idéaux de la démocratie (…), un journal qui soit davantage tourné vers l’avenir que le passé, qui démasque les imposteurs et les escrocs, qui combatte les méfaits et les abus dans les affaires publiques et qui lutte sincèrement aux côtés du peuple. » Le ton est donné, et l’on s’aperçoit que si le New York World – qui s’appelle bientôt, notoriété oblige, le World –, ne recule devant rien pour attirer à lui le lecteur populaire, l’abreuvant de faits divers, d’enquêtes criminelles, de sujets à grand spectacle et de chroniques mondaines, il est aussi un journal militant où la politique est traquée jusque dans ses recoins peu avouables. Le World prend le parti du peuple, et comme tel dénonce les scandales, les abus, la corruption, fait campagne pour des causes nobles ou plus terre à terre, et surtout n’hésite pas à désigner ses candidats aux mandats électifs, y compris à la magistrature suprême : il en est ainsi pour l’élection du démocrate Grover Cleveland, personnage peu charismatique, élu le 4 novembre 1884 par 50 000 voix d’écart ; le World a jeté toutes ses forces dans la bataille, sans hésiter à traîner dans la poussière l’adversaire républicain, et nul ne doute alors que Pulitzer a « fait » le nouveau président des États-Unis.
C’est le couronnement, un an seulement après le rachat du World, de la nouvelle conception du rôle de la presse portée par Pulitzer. Son apport est d’abord formel : diversification des rubriques, utilisation extensive de l’illustration qui donne toute leur place aux caricaturistes (qui seront également utilisés comme envoyés spéciaux), large suivi des événements sportifs, lancement de formules du week-end à grand renfort de faits divers et de divertissement et, dans la décennie 90, recours systématique à la bande dessinée, qui vaudra aux journaux qui se sont engouffrés dans le créneau le qualificatif de yellow press (en raison de la teinte jaune des BD qui déteint sur l’ensemble des pages)… Le World montre aussi le premier le chemin des enquêtes sociales – reportages parmi les indigents, chez les fous, en prison… – ; donne une intensité inconnue à la couverture des grands événements internationaux en expédiant à grands frais des reporters, partout à la surface du globe ; tient encore en haleine ses lecteurs par la chronique du Tour du monde effectué par une jeune et audacieuse reporter, Nellie Bly, partie sur les traces de Jules Vernes… Car le World est aussi promoteur d’événements, ainsi lorsqu’il lance une collecte de fonds pour la construction du piédestal où doit se dresser la sculpture monumentale de la Statue de la Liberté. Ayant crevé à la fin des années 1880 le plafond symbolique des 100 000 exemplaires, le World atteint plus tard des tirages jusqu’alors inimaginables, dépassant volontiers les 600 000 exemplaires.


Yellow press et sensationnalisme

La domination du World semble absolue, alors même que son fondateur et inlassable animateur a pris officiellement sa retraite dès 1890. Devenu presque aveugle, sujet à des affections nerveuses qui le confinent dans sa solitude et passant le plus clair de son temps à voyager, Pulitzer n’en garde pas moins la haute main sur ses affaires, qu’il régit à distance en ayant pris soin d’élaborer tout un langage codé pour communiquer avec ses collaborateurs. Une précaution apparue spécialement utile quand s’élève la plus grande menace que connaîtra Pulitzer en la personne de William Randolph Hearst, qui à la tête de l’Examiner, décide de livrer au World (dont il débauche une partie des collaborateurs) une bataille qui mènera les deux titres à des extrémités peu glorieuses dans la conquête du public. Le sensationnalisme de la presse la plus puissante du monde est alors à son apogée, au point d’entraîner l’opinion dans des croisades à grand tirage et à hauts risques : dans les années 96-98 les deux champions de la yellow press s’affrontent dans la couverture des événements de Cuba, où Hearst fait campagne pour l’entrée en guerre contre l’Espagne, poussant son adversaire dans ses retranchements.
Après cet épisode, Pulitzer modère les dérapages du World et préfère revenir à son rôle privilégié de défenseur des idéaux démocratiques. Non sans risques, il poursuit ses campagnes contre la corruption, entre en guerre contre les monopoles et contribue à l’adoption d’une législation anti-trust (qui aboutit à la dissolution en 1913 de la Standard Oil Company de John D. Rockfeller). Il s’oppose entre 1909 et 1911 à l’ex-président Roosevelt en dénonçant son implication dans le scandale du canal de Panama, se voit traîné en justice, maintient et renforce ses accusations et sort victorieux de l’affrontement, qui est vécu comme une grande victoire pour la liberté de la presse. Mais le vainqueur est arrivé au bout de ses forces et il disparaît en octobre 1911. Ses successeurs ne réussiront jamais à maintenir l’empire du World qui décline rapidement avant d’être démembré et vendu au début des années 30

L’héritage du World

L’extraordinaire aventure de Joseph Pulitzer ne se relit pas aujourd’hui sans perplexité. Il a donné le premier à la presse américaine une puissance peu concevable ailleurs, et pour cela il a mis en œuvre les recettes du capitalisme le plus débridé, sans reculer devant ce qu’on appellerait aujourd’hui la plus parfaite démagogie, dans le style et dans la forme : le succès populaire était à ce prix, qui permettait en retour de faire levier sur l’opinion. Car dans le même temps, Pulitzer ne s’est jamais départi de son idéalisme ; il a été un des plus fervents apôtres de la liberté de la presse, et l’a mise au service de furieux combats contre les intérêts des puissants et pour le bien public. De tempérament conservateur, il a cependant été progressiste dans bien des domaines, à commencer par l’émancipation des femmes. Dur, voire odieux avec ses collaborateurs, il a su les galvaniser – lorsqu’il réussissait à les garder – avec une haute conception du métier de journaliste, dont le credo se résume en quelques notions simples, constamment martelées : l’exactitude, les faits, l’indépendance et le sens de la justice. Il a été impitoyable dans son exigence d’un style journalistique visant au plus efficace et au plus juste : il fallait écrire court, être clair, savoir montrer, séduire et donner à voir, et bien sûr à comprendre... Il a défendu une vision du journalisme qui peut sembler parfois aux antipodes de la seule objectivité ; au contraire il prônait l’engagement du journaliste pour changer la société.
Son personnage, son expérience se comprennent plus aisément si l’on évoque le contexte de l’époque. L’Amérique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle était à beaucoup d’égards une société sans loi, sans mesure, où les idéaux de la démocratie étaient foulés aux pieds aussitôt que formulés. L’enrichissement, l’enivrement né de la puissance américaine alors en plein essor nécessitaient, pour être contenus, des contre-pouvoirs parmi lesquels la presse se distingua comme le plus simple et le plus direct. Dans une Amérique qui offrait alors un beau tapage d’initiatives, de talents, de furie créatrice, il fallait une presse bruyante et sans doute point trop raffinée. Sa vocation était – chez un Pulitzer – plus digne que les moyens employés, mais elle fut à l’image du monde qui l’entourait, et c’est sans doute la principale leçon de cette histoire. La presse peut être une arme pour la démocratie… avec les faiblesses insignes de la démocratie, spécialement lorsque celle-ci naît et s’ébat, naturellement dans la douleur.rfi

THEODORE VON KARMAN


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Theodore von Kármán



Von Kármán a fait progresser les connaissances en matière d’aérodynamique, d’hydrodynamique et d’analyse mathématique appliquée à la thermodynamique. Il a élaboré (1935) la première théorie de la traînée en vol supersonique, conçu des tunnels aérodynamiques supersoniques, et commencé des recherches qui aboutiront au premier franchissement du mur du son par un avion.


Ne le 11 mai 1881 et décédé le 6 mai 1963
L'un de ses ancêtres était le rabin Juda Loew ben Bezalel.

Von skolloskislaki Karman Todor naît dans le quartier Jozsefvaros de Budapest (Hongrie), le 11 Mai 1881. Diplômé en 1902 de Budapest, il travaille de 1903 à 1906 à l'Université Technique de Budapest. Il quitte Budapest pour étudier à Göttingen, où il est très influencé par Felix Christian Klein, et à Paris (France) où il assiste aux premières heures de l'aviation qui le motive pour appliquer les mathématiques à l'aéronautique. Il s'investit dans la mécanique des fluides (Vortex Street de Kármán en 1911), et en 1912 accepte un poste de directeur de l'Institut d'Aérodynamique de Aachen (Allemagne), où il est également professeur d'Aérodynamique et de Mécanique.

Lorsque la guerre éclate en 1914, il retourne dans sa Hongrie natale, où il devient chargé de recherche dans le Corps d'Aviation de l'Armée austro-hongroise. Durant cette période il conçoit une première version de l'hélicoptère, pour palier les problèmes des ballons d'observation utilisés à l'époque. En 1926 il visite les USA.

En 1930 on lui propose la direction du Laboratoire Aéronautique à l'Institut de Technologie de Californie (GALCIT), ainsi qu'un poste de professeur d'aéronautique. Malgré son amour pour Aachen, les évenements politiques en Allemagne le persuadent d'accepter. En 1933 il fonde l'Institut U.S. des Sciences Aéronautiques où il poursuit ses recherches sur la mécanique des fluides, la théorie des turbulences et le vol supersonique. Il étudie les applications des mathématiques à l'ingéniérie, les structures d'appareils aériens et l'érosion du sol.


Il devient citoyen américain en 1936. Il rencontre Teller, Fermi et en 1938 est membre de la NAS. Là il conseille l'armée de l'air sur l'utilisation de la propulsion à réaction pour assister les avions au décollage. En 1939 il est nommé conférencier de la Société Mathématique Américaine Gibbs.

En 1944, il préside le Scientific Advisory Group de l'armée de l'air, qui étudie les technologies de pointe dans le domaine des fusées, des missiles guidés et de la propulsion à réaction. Le 7 Mars, il recommande une certaine indépendance vis-à-vis de l'OSD en matière de recherche stratégique et prévoit la mise sur pied du projet RAND.

En 1945 il est en Allemagne avec Dryden. En 1946 il est élu membre de la Société Royale de Londres.


En 1948 von Karman est secrétaire de l'AFSAB.

Les 27 et 28 Avril 1948, Joseph Kaplan visite l'OSI à a base de l'USAF de Kirtland et la base de Sandia de l'AEC à Los Alamos, sous les ordres de von Karman. Le but de ces visites, d'après un memo secret de l'USAF, est d'examiner les rapports d'enquêtes et les circonstances entourant les "phénomènes aériens non-identifiés" observés dans la région, et de faire des recommandations quant au besoin d'investigation scientifique sur ces cas. Les docteurs Kaplan et LaPaz rencontrent divers membres du personnel de sécurité de Los Alamos le 28 Avril, afin que Kaplan puisse tenter de s'assurer de la nature des observations d'ovnis faites par des membres du projet de l'AEC et des inspecteurs du Service de Sécurité de l'AEC. Il semble être impressionné, et indique qu'il va immédiatement soumettre son rapport au docteur von Karman.

En 1949 il quitte Caltech.

En 1963, peu de temps avant sa mort, Karman reçoit la Médaille Nationale de la Science des mains de Kennedy. Il meurt le 6 Mai 1963 à Aachen (Allemagne). Karmann a un cratère à son nom sur Mars.rro

GEORGES DEVEREUX

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TOBIE NATHAN


G Devereux


Devereux, un hébreu anarchiste

par Tobie Nathan


Il venait de Hongrie, de Lugoj, en Transylvanie, une région aujourd'hui roumaine où résidaient autrefois d'importantes communautés juives. Il évoquait volontiers la réussite de son neveu, Edward Teller, physicien célèbre que tout le monde savait juif. Quelques psychanalystes, originaires d'Europe de l'Est, rencontrés un jour ou l'autre me disaient qu'ils l'avaient cotoyé aux États-Unis où on le connaissait juif. Et lorsque je le lui demandais, il me répondait, niant l'évidence : "Si j'étais juif, pourquoi est-ce que je le cacherais ?" Il le cachait ! Il le cachait mais l'exhibait tout à la fois, comme le ministre cachait la lettre volée dans la nouvelle d'Edgar Poe. J'appris après sa mort qu'il se nommait en vérité Dobo, Georg Dobo et qu'il était bien juif – en roumain : evreu. Il suffisait donc de prendre la première lettre de son nom, d'y adjoindre le nom de son peuple pour comprendre la fabrication de son nouveau nom. Que transmettait-il ainsi sinon cette expérience profonde qu'il avait sans doute durement acquise : l'appartenance n'est pas une identité mais un cœur, à la fois indispensable et fragile – qui donc exhibe son viscère à la vue de tous ? Le cœur, on ne peut l'apercevoir qu'à la mort, et encore… après dissection ! Le "disséquer", c'était bien ce qu'il m'avait contraint à faire. Mais après ce travail, je pouvais saisir les messages qu'il avait semés tout au long de son œuvre.

" … la possession d'une identité est une véritable outrecuidance qui, automatiquement, incite les autres à anéantir non seulement cette identité, mais l'existence même du présomptueux… "

Ainsi débute un de ses plus brillants articles cliniques. Mais en modifiant son nom, en dissimulant son appartenance culturelle, il ne souhaitait pas seulement se défendre, il lui fallait aussi entreprendre, installer solidement sa pensée – ou plutôt son inspiration – dans l'âme même de ses élèves – ne fût-ce que dans un seul… Car se cacher, ce n'était pas seulement se défendre, c'était aussi attaquer : " … la renonciation, aussi bien que le déguisement de l'identité sont à la fois défensifs et offensifs. La coloration protectrice du tigre ou du léopard le cache à la fois de ses ennemis et de sa proie. " L'identité culturelle serait donc, selon cet enseignement, cette source où s'abreuvent les forces vives de la personne, mais aussi cet organe fragile, toujours susceptible d'être attaqué par les autres , les étrangers. Cela, il ne l'a pas écrit – et comment l'aurait-il pu ? – mais il l'a démontré au travers des arcanes infinies de ses textes.


Par Tobie Nathan dans l'Encyclopædia Universalis France (1999)
Georges DEVEREUX 1908-1985


Né à Lugós, petite ville de Transylvanie alors hongroise, d’un père avocat socialiste, homme tranquille et doux, et d’une mère germanophile, Georges Devereux était âgé de dix ans lorsque, sa région devenant partie intégrante de la Roumanie, il fut obligé, du jour au lendemain, de changer de langue pour ses études. Il ne s’y soumit qu’à contrecœur et devait refouler totalement, par la suite, la langue roumaine. La mort d’un frère, d’un an son aîné, survenue alors qu’il était lui-même adolescent le bouleversa si profondément qu’il lui sembla toujours vivre à la fois sa propre vie et celle du disparu. Événement sans doute décisif chez un savant qui devait cumuler successivement la maîtrise de plusieurs disciplines hétérogènes et avoir, en quelque sorte, plusieurs vies intellectuelles. Très doué pour la musique, il se destine d’abord à une carrière de pianiste de concert, mais les séquelles d’un accident à la main droite le contraignent à changer d’orientation. Jusqu’à la fin de sa vie, il continuera cependant à composer des œuvres pour piano. À l’âge de dix-huit ans, refusant de faire son service militaire dans l’armée roumaine, il vient en France étudier la physique avec Marie Curie et Jean Perrin. Il espère y découvrir des certitudes pour le protéger des contradictions qui déchiraient son milieu d’origine; mais c’est précisément cette année-là que Heisenberg et Bohr avancent leur théorie de l’indéterminisme, qui devait par la suite avoir sur lui une influence profonde.

Rêvant alors de voyages lointains, il passe un diplôme de malais à l’École des langues orientales, ce qui le conduit à suivre les enseignements d’ethnologie de Marcel Mauss, de Lucien Lévy-Bruhl et de Paul Rivet. Étudiant extrêmement brillant, il obtient en 1932 une bourse de la Fondation Rockefeller pour ses recherches de terrain. Il part d’abord pour les États-Unis, chez les Indiens Hopi, et fait la connaissance de plusieurs grands anthropologues américains tels que R.H. Lowie et A.L. Kroeber; puis il passe dix-huit mois chez les Sedang Moï du Vietnam. À son retour, devant la xénophobie déclenchée par l’affaire Stavisky, il se rend de nouveau aux États-Unis pour préparer une thèse de doctorat sur les Indiens Mohave de Californie, sous la direction de Kroeber. Naturalisé américain, il fait la guerre dans la marine, où il obtient le grade de lieutenant. À son retour à Paris, il entreprendune formation psychanalytique avec Schlumberger; il poursuit son analyse, un bref moment, avec Geza Róheim, à New York, puis avec Jokl à Topeka (Kansas), la Meninger Clinic de cette ville étant alors l’une des deux seules institutions américaines permettant à un non-médecin d’acquérir une formation psychanalytique. Jusqu’en 1959, il partage son temps entre sa propre formation et l’enseignement de l’anthropologie dans diverses universités des États-Unis. Il s’installe en 1959 comme psychanalyste, à New York. En 1962, sollicité par Claude Lévi-Strauss et par Roger Bastide, il est chargé d’enseigner l’ethnopsychiatrie à l’École pratique des hautes études de Paris. Interrompant son activité clinique, il se consacrera jusqu’à sa mort à cette discipline qu’il a créée. Privé de terrain ethnologique, il se met, à l’âge de cinquante ans, à apprendre le grec classique et devient rapidement un des meilleurs spécialistes de la mythologie grecque.

La vie de Georges Devereux a été une succession de spécialisations très approfondies: d’abord la musique, puis les mathématiques et la physique, ensuite l’ethnologie et la psychanalyse et, pour finir, les études grecques. De plus, il parlait à la perfection sept langues: le hongrois (et le roumain dans son enfance), l’allemand, le français, l’anglais, le malais et le sedang. Homme d’une intelligence extraordinairement aiguë, passionné et batailleur, à la mode hongroise, mais, aussi, malicieux et intuitif, il détestait la banalité et a introduit des idées originales et fécondes dans un domaine où l’on croyait depuis longtemps révolue l’ère des grands pionniers. Il a défini l’ethnopsychiatrie qu’il a fondée comme une psychopathologie soucieuse de prendre en compte la culture du patient. À travers une douzaine d’ouvrages et plus de deux cent cinquante articles, il en a décrit les principales perspectives.

Dans Mohave Ethnopsychiatry, G. Devereux a donné une description minutieuse de la pensée psychiatrique d’une société, celle des Indiens Mohave de Californie. Il a montré que toutes les cultures ne s’intéressaient pas avec la même intensité à la psychopathologie et voyait dans cet intérêt la marque du respect que porte une société à l’individu. Il aimait à dire que ce sont les Mohave qui l’avaient véritablement initié à la psychanalyse. Son ouvrage intitulé Psychothérapie d’un Indien des plaines montre la nécessité d’un appareillage conceptuel spécifique pour mener à bien une psychothérapie authentique d’un patient appartenant à une culture différente et indique des pistes pour l’utilisation rationnelle de la culture d’un tel sujet. Dans Study of Abortion in Primitive Societies, G. Devereux démontre que, si l’on dressait la liste complète des fantasmes décrits par les psychanalystes, elle correspondrait point par point à la liste des rites et des coutumes décrits par les ethnologues. Il en conclut que la psychanalyse et l’ethnologie donnent deux points de vue sur une même réalité: l’un du «dedans», l’autre du «dehors» — hypothèse qu’il reprendra de manière plus systématique dans Ethnopsychanalyse complémentariste. Son premier livre paru en français, Essais d’ethnopsychiatrie générale, propose une approche et une classification spécifiquement ethnopsychiatriques de la réalité clinique, tandis que son ouvrage intitulé De l’angoisse à la méthode dans les sciences du comportement présente une méthodologie fondée sur l’analyse de la distorsion provoquée par l’observé sur l’observateur. Cette méthodologie, conçue à partir de la clinique psychanalytique, semble être la seule qui convienne aux sciences humaines, dans lesquelles la véritable objectivité de l’observation fait disparaître le sujet même de l’observation, c’est-à-dire l’humain. Dans ses derniers livres, consacrés à l’analyse des mythes grecs, G. Devereux a abondamment montré que la mythologie constituait un réservoir de solutions aux problèmes psychiques — une chambre froide de l’inconscient — où puiser fantasmes et mécanismes de défense.

S’adonnant peu à la vie mondaine, préférant les petits séminaires fermés aux grandes conférences parisiennes, Georges Devereux n’a formé qu’une poignée de chercheurs. Sa pensée cosmopolite et réaliste, particulièrement adaptée aux sociétés modernes, polyculturelles, n’a commencé à recevoir une large audience que dans les années quatre-vingt.

IMRE KERTESZ

PRIX NOBEL 2002
BIO
SANS DESTIN
ENTRETIEN
DATES
SURVIVANT
HONGRIE
STOCKHOLM
ROMAN
ARTICLE
BIBLIOGRAPHIE






"Je vais continuer à vivre ma vie invivable"

Imre Kertesz est né le 9 novembre 1929 à Budapest, dans une famille juive. Déporté à l'âge de 15 ans à Auschwitz, il est transféré ensuite à Buchenwald, et sera sauvé par la libération du camp en 1945. Lorsqu'il revient en Hongrie, il est seul, toute sa famille ayant disparu.

Il travaille d'abord comme journaliste, mais le quotidien pour lequel il écrit est bientôt proclamé organe du parti communiste et on le licencie en 1951.

A partir de 1953, il vit de sa plume, écrivant des comédies musicales et des divertissements théâtraux.

Ce n'est qu'en 1960 qu'il commence à élaborer Etre sans destin qu'il mettra dix ans à écrire. Cet ouvrage, une des grandes oeuvres littéraires sur l'holocauste, à la fois bouleversant et provocateur, ne rencontre que peu d'écho lors de sa parution. Selon lui il s'agit d' «un roman de formation à l'envers » puisqu'il y raconte l'histoire d'un individu dont le destin a été confisqué. «Il fallait choisir entre roman et autobiographie. Je me suis décidé résolument pour le roman. Ce n'est pas parce que j'étais un enfant que l'enfant en est un. Il est un enfant parce que l'infantilisation est caractéristique de toute dictature».
Il faudra attendre sa réédition en 1985 pour que ce livre connaisse enfin un réel succès.

Entre temps il commence à travailler comme traducteur. Il a notamment traduit en hongrois Nietzsche, Freud, Canetti, Wittgenstein, Schnitzler, etc...

En 2002, alors qu'il reçoit à Berlin le prix Hans Sahl pour l'ensemble de son œuvre, il apprend qu'il est le lauréat du prix Nobel de littérature. Les membres de la prestigieuse académie ont tenu à saluer un écrivain qui « dresse dans son oeuvre l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire». Il est ainsi le premier auteur de langue hongroise à recevoir ce prix. Il a publié une dizaine de livres, mais à ce jour seuls trois autres textes publiés en hongrois ont été traduits en français : Le refus et Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, qui vient clore sa trilogie de la « métaphysique du renoncement » entamée avec Etre sans destin, et Un autre. Tous ces ouvrages sont parus chez Actes Sud.theatre contemporain

Le 19 mars 1944 les Allemands entrent en Hongrie, au printemps 1944 Eichmann est à Budapest pour organiser le plus violent massacre de cette guerre. En deux mois seulement tout fut accompli. Sachant la guerre perdue, les nazis voulurent en finir avec les juifs d'Europe et de mai 1944 jusqu'au 12 juillet1944 plus de dix mille hommes, femmes, enfants, vieillards hongrois furent exterminés.

Ils ne passèrent même pas par les camps, ils furent directement amenés dans les chambres à gaz. Eux ne comprenaient pas, les autres prisonniers pleuraient en voyant les enfants dans les bras des mères entraient "prendre la douche". La rampe de Birkenau ne pouvait plus tous les contenir, et les Allemands avec leurs auxiliaires polonais et ukrainiens mirent les bouchées doubles pour terminer "le travail".
Au printemps 1944 une épaisse fumée noire s'étendait même aux alentours, les juifs hongrois avaient disparu. Le jeune Kertész a vu tout cela, lui l'insouciant dans les camps qui faisaient rire les autres prisonniers, reçut de pleine face l'indicible. Il devient un mur sans espérance, regardant indifférent les bombardements alliés et la libération des camps, presque mort aux yeux des vivants, presque vivant à ses yeux.espritnomades

Etre sans destin
"Budapest, 1944. Arraché à sa famille, le narrateur, quinze ans, se retrouve tassé dans un wagon à bestiaux. Depuis que l'étoile jaune a fait de lui un paria, le jeune garçon enregistre ce qui lui arrive avec une minutie ingénue. Une distance, qui fait la singularité parfois paradoxale de ce roman au thème devenu hélas familier. Après tout, ce voyage est peut-être une occasion de voir le monde. Un lever du soleil magnifique n'éclaire-t-il pas l'arrivée à Auschwitz-Birkenau ? L'accueil est bon enfant, des plates-bandes de fleurs bordent d'étranges constructions. Étape par étape, le processus se démasque. File de droite, fil de gauche, file de mort, file de vie. De vie ? La vie à quinze ans, "dans les intervalles de la souffrance, parmi les cheminées". On te demande ton nom, tu réponds par un chiffre, tu connais toutes les plaies de ton corps dévasté, mais tu n'es plus dedans.
Le narrateur survit, et le plus dur reste à faire : affronter l'après, faire comprendre "qu'on ne peut pas commencer une nouvelle vie, on ne peut que poursuivre l'ancienne". "Je vais continuer à vivre ma vie invivable... Il n'y a aucune absurdité qu'on ne puisse vivre tout naturellement."radiofrance

HANNA SENESH

POEME
FONDATION
SITE
STORY
PHOTO
BIO
LISTEN
HOMMAGE
RESISTANCE







Les lignes suivantes ont été trouvées dans la cellule d’Hannah après son exécution

Un - deux - trois... huit pieds de long
Deux enjambées, le repos est sombre...
La vie est un point d'interrogation éphémère
Un - deux - trois... peut-être une autre semaine.
Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,
Mais la mort, je la sens proche.
J’aurais eu 23 ans en juillet prochain.
J'ai joué à ce qui importait le plus, les dés ont roulé. J'ai perdu

Olivia Cattan-TJ

On oublie parfois que les femmes ont eu un grand rôle dans la Résistance. Hanna Senesh fut l’une d’elles. Hongroise émigrée en Palestine, elle s’engagea dans l’armée britannique pour secourir les Juifs de son pays.


Hanna Senesh est née à Budapest le 17 juillet 1921. Issue d’une famille d’intellectuels, elle se destine à une carrière d’écrivain et montre un talent précoce pour l’écriture. Son père, Bela, journaliste et dramaturge reconnu, décède alors que Hanna n’a que 6 ans. Elle vivra alors une enfance difficile, entourée de sa mère Katherine et de son frère Giora. Tandis qu’elle suit ses études dans une école protestante, où elle subit l’antisémitisme de ses professeurs et des autres élèves, Hanna s’intéresse peu à peu au judaïsme et au mouvement sioniste grâce au grand rabbin de Budapest, Imre Benoschofsky. Elle affirme de plus en plus son identité et intègre l’organisation sioniste hongroise, Maccabea. Avec les lois antijuives, elle prend conscience que les Juifs n’ont plus aucun avenir dans son pays et décide d’émigrer en Palestine. Elle intègre l’école d’agriculture réservée aux filles de Nahalal. Elle écrit à sa mère : « Je suis à la maison. (…) Ici presque chaque vie est la réalisation d’une mission. »

Torturée et exécutée
En 1941, elle fonde le kibboutz Sedot Yam, proche de Césarée, et rejoint la Haganah. Deux années plus tard, apprenant ce que subissent les Juifs en Europe, elle s’enrôle comme volontaire dans l’armée britannique pour une mission de sauvetage des Juifs hongrois. Après un entraînement de haut niveau en Égypte, elle est parachutée en Yougoslavie le 15 mars 1944 avec deux de ses camarades, Joël Palgi et Peretz Goldstein, pour rejoindre un groupe de résistants. Mais ceux-ci abandonnent, car les Allemands ont envahi la Hongrie, et elle se retrouve seule à continuer cette mission. Elle est arrêtée à la frontière hongroise et incarcérée à la prison de Budapest. Accusée d’espionnage et de trahison, elle attend son jugement. Torturée, Hanna Senesh refusera de trahir ses camarades et ne dévoilera rien, même lorsque les nazis amèneront sa mère dans la cellule afin de la torturer, elle aussi, sous ses yeux. Avant de mourir, elle demande au capitaine Simon, venu lui faire part d’un verdict sans appel, l’autorisation de pouvoir écrire deux lettres, l’une pour ses compagnons résistants, l’autre pour sa mère. Elle y explique ses choix, elle parle de son sionisme et s’excuse auprès de sa mère de n’avoir pu la sauver. Elle sera fusillée le 7 novembre 1944, alors que les Russes sont aux portes de Budapest. En 1950, son corps est ramené en Israël. Elle repose au cimetière militaire du mont Herzl. Elle est l’auteur du chant Eli, Eli (« Mon Dieu, Mon Dieu »), repris dans La Liste de Schindler, de Steven Spielberg. Après sa mort, son journal intime, qu’elle avait commencé à l’âge de 13 ans, a été publié en hébreu en 1946, ainsi que dixneuf poésies, écrites en hébreu et en hongrois1. Le kibboutz Sedot Yam abrite sa maison et un musée, fait à son effigie, retrace son parcours de poétesse et d’écrivain. Un Centre de documentation et d’études Hanna Senesh a été créé à la mémoire de la jeune parachutiste israélienne. Son dossier personnel, relatant son arrestation et sa mise à mort, a été rapporté en Israël, en 2003, par le ministre israélien de la Justice Yossef Lapid, de retour d’un voyage officiel en Hongrie, et a été remis à Yad Vashem. Hanna Senesh fait partie de ces femmes, comme Haviva Reik, Marianne Cohn, Mila Racine, qui figurent aujourd’hui parmi les héroïnes de l’État d’Israël.



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