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PHILLIP TOBIAS


BIO





"L’évolution est une exception. C’est l’extinction qui est la règle." arte





"L’hypothèse de la savane, avec laquelle j’ai grandi, est morte.L’hypothèse de la savane est dépassée. Vous pouvez ouvrir la fenêtre et jeter l’hypothèse de la savane. Elle n’est plus défendable. Donc, si ce n’est pas cela la raison du redressement de l’Homme, où en sommes nous? Nous sommes revenus à la case départ"ceops


Ne a Durban 14 Octobre 1925 - Paléontologue


Prix Balzan 1987
pour l'anthropologie physique

Phillip Tobias est un des spécialistes les plus prestigieux de l’anthropologie physique. Ses études sur les fossiles humains, effectuées pour la plupart en Afrique du Sud, ont considérablement enrichi nos connaissances sur l’évolution préhistorique de l’homme, depuis ses premiers ancêtres, Australopithecus, jusqu’à l’Homo habilis, l’Homo erectus et l’Homo sapiens; elles ont aussi contribué à éclairer l’évolution des capacités du cerveau balzan


Un petit os qui fait tenir l’homme

Par Tugdual DERVILLE

Il ne faut pas se presser de chercher une signification philosophique à une découverte scientifique. Mais on ne peut éviter certains débats qui débouchent sur la question de la dignité humaine.

La diffusion d’un documentaire sur les travaux d’une paléontologue française relance le débat sur l’origine de l’homme. Anne Dambricourt-Malassé fait pour ainsi dire remonter le singe dans son arbre : le primate n’en serait jamais descendu, à quatre pattes dans la savane, pour se redresser progressivement et se transformer en homo sapiens. La paléontologue a étudié un os situé à la base du crâne humain : le sphénoïde, en forme de papillon, se forme chez l’embryon de 7 à 8 semaines. C’est à sa spécificité qu’on devrait la posture de notre tête, au sommet d’une colonne vertébrale verticale. Rejointe aujourd’hui par des scientifiques de premier plan, Anne Dambricourt-Malassé identifie à partir de cet os des "macroévolutions", des "fléchissements" morphologiques, mystérieusement brutaux. Et voilà que l’interprétation environnementale univoque longtemps donnée à l’apparition de la bipédie, l’expliquant par la disparition des forêts, pour des raisons climatiques, serait à "jeter par la fenêtre", selon l’aveu du grand paléontologue sud africain Phillip Tobias. Les créationnistes ultra croient saisir dans cette nouvelle théorie leur revanche sur les intégristes de l’évolution soudain taxés de la ringardise qu’ils attribuaient à leurs adversaires. Derrière le débat qui les oppose, se profilent des questions essentielles au statut de l’homme sur la planète. S’il n’est qu’un animal évolué, au nom de quoi exercerait-il son totalitarisme sur les autres espèces ? De quel droit le petit d’homme devrait-il être protégé quand son degré de développement ou un handicap semblent le rendre moins performant que certains animaux "supérieurs" ? Et pourquoi devrait-on interdire à l’homo sapiens devenu vieux le bénéfice de cette euthanasie qu’il administre par pitié aux animaux de compagnie mourants ?

Créationnistes ultra et évolutionnistes bornés

L’actualité de ces questions explique largement la "guerre de religions" qui oppose, aux Etats-Unis, les théoriciens des deux bords. Les uns font une lecture littérale du récit biblique de la Création. Ils n’en finissent pas de rechercher les preuves scientifiques de sa véracité historique alors qu’une lecture spirituelle préférera méditer leur signification. Ainsi, le Déluge alimente les explications les plus farfelues : une sorte de pont de terre aurait relayé le mont Ararat et l’Australie pour que des espèces aussi spécifiques que les kangourous puissent s’y rendre au sortir de l’Arche… Ceux qui croient devoir défendre ainsi les textes saints au nom d’une science tirée par les cheveux sont la risée de leurs adversaires. Ces derniers ont beau jeu de calculer le temps qu’il aurait fallu aux marsupiaux et autres koalas pour franchir à leur rythme les milliers de kilomètres qui les séparent de leur destin actuel, d’autant que ces fondamentalistes de la Création ont une datation du début du monde qui correspond à la semaine inaugurale décrite dans la Genèse. Comme si la foi tenait à de telles "preuves". Pour l’Eglise catholique, les Livres Saints ont une portée bien plus grande que des ouvrages d’histoire ou de biologie avec lesquels ils ne doivent pas être confondus. En 1985, le pape Jean-Paul II avait incité à dépasser le climat d’hostilité entre deux fondamentalismes en déclarant : « la foi bien comprise dans la Création et l’enseignement bien compris de l’évolution ne se contrarient pas. L’évolution présuppose la Création ; la Création se présente à la lumière de l’évolution comme un événement étendu dans le temps à travers lequel Dieu devient visible aux yeux de la foi comme "créateur des cieux et de la terre" ». Certes, la théorie de l’évolution peut se transformer en manifestation d’athéisme militant, au risque de la négation pure et simple de la dignité humaine. Il est d’ailleurs significatif de voir aujourd’hui s’opposer à l’Eglise qui considère que l’être humain est créé avec toute sa dignité, dès l’instant de la conception, les tenants d’une évolution progressive de chaque individu, de l’état de chose à l’état de personne, en passant par un stade quasi-animal. Leur conception utilitariste tente ainsi de légitimer les atteintes à la vie commençante ou finissante en raison de l’apparition et de la disparition progressives des capacités cognitives.

Les bases de l’eugénisme

L’eugénisme actuel n’est-il pas fondé sur cette théorie de l’évolution appliquée à l’individu ? Pour l’Eglise, une telle conception est obscurantiste et totalitaire. En béatifiant le 9 octobre Clemens August von Galen, adversaire courageux du nazisme, elle vient de rendre hommage à l’homme qui a combattu ce type de négationnisme. Le cardinal protestait publiquement contre le programme "Aktion T4 " d’élimination secrète, par le gaz, de 70 000 personnes handicapées enlevées à leurs familles. Il clamait prophétiquement dans la cathédrale de Münster : "Dès lors qu’on part d’une conception fondamentale, légitimant le droit de tuer "l’homme improductif", malheur à nous tous quand nous deviendrons vieux et faibles !"

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