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BORIS VOLYNOV


PREMIER
VOLS
FICHE
DOSSIER













Boris Valientinovitch Volynov (en russe : Борис Валентинович Волынов ) est un cosmonaute soviétique né le 18 décembre 1934. Il fut le premier spationaute de confession juive.



Le 14° cosmonaute, Boris V. Volynov, est né le 18 décembre 1934 à Irkoutsk (Terre) que l’écrivain Tchekhov adorait et que Jules Verne décrit dans son roman Michel Strogoff. Au décès de son père, Boris part habiter Prokopievsk où il termine ses études secondaires avant d’obtenir son brevet de pilote. Il suit alors une formation à l’école de l’armée de l’air de Volgograd qu’il termine en 1955, diplômé en aéronautique. Il sert ensuite dans différentes unités aériennes comme pilote de chasse, puis il se porte volontaire pour flirter avec les étoiles.

En mars 1960, Volynov est admis à l’âge de 26 ans dans le 1er groupe des vingt cosmonautes. Son physique va l’empêcher de s’entraîner dans le premier et exigu simulateur de vol du Vostok. Ses épaules trop larges gênent le mouvement de ses bras pour atteindre les diverses commandes et interrupteurs !

Nommé doublure de Bykovsky pour le vol Vostok 5 de juin 1963, il espère être retenu sur une des missions Vostok 7 à 10. En février 1964, il est déçu d’apprendre qu’elles sont supprimées. Les vaisseaux vont être transformés pour le programme Voskhod. Cinq mois après, Volynov apprend avec satisfaction que Kamanine, le Directeur des équipages, l’a sélectionné en tant que commandant du premier vol triplace Voskhod d’octobre 1964. Son contentement ne dure que soixante jours, car Korolev, le Chef du programme spatial, va exiger qu’il permute avec sa doublure Komarov.

En mars 1965, il reprend espoir. Il est pressenti par Kamanine pour prendre le commandement de Voskhod 3. Roudenko qui coiffe l’entraînement des cosmonautes, préfère Beregovoï, mais il n’obtient pas gain de cause auprès de Korolev. Au cours de cette mission prévue en 1966, Volynov doit battre deux records. Celui de la durée : 20 jours comparés aux 13 jours de la Gemini 7 américaine et celui de l’orbite la plus haute avec un apogée de 900 km. Son rêve ne va pas se réaliser à cause du décès de Korolev en janvier 1966 et de l’arrivée de son successeur Michine qui annule en mai 1966 les vols Voskhod 3 à 6 qui, d’après lui, présentent des risques et vont retarder le programme Soyouz.

Quatre mois après, Volynov est assigné sur le projet de survol lunaire L1, en tant que commandant d’un des équipages. Après le retour tragique de Komarov à bord de Soyouz 1 en avril 1967, il est affecté comme doublure de Beregovoï, pilote du prochain vol habité Soyouz 3. La Commission d’Etat s’oppose à cette nomination et il est remplacé par Chatalov. Il semble que Volynov ait été victime d’antisémitisme de la part de certains membres (Sa mère est Juive). Cela ne l’empêche pas de poursuivre son entraînement et ses études à l’Académie des ingénieurs de l’armée de l’air Joukovski qui lui décerne son diplôme en 1968.

Du 15 au 18 janvier 1969, Volynov effectue à bord de Soyouz 5 (6,58 tonnes/6,98 mètres), son 1er vol de 3 j 0 h 54, en compagnie de Khrounov et d’Elisseev à l'aller et seul au retour.



Le lendemain, son vaisseau qui simule le module lunaire LK autour de la Lune après son décollage, sert de cible d’accostage au Soyouz 4 représentant le module orbital LOK. Pour la première fois a lieu l’amarrage de deux engins habités et Volynov dit au revoir à ses deux compagnons qui sortent dans l’Espace pendant 37 mn pour rejoindre Chatalov dans Soyouz 4. Cette opération est une répétition, par deux fois, du déplacement par l'extérieur du piéton lunaire dans le LOK. Après une jonction de 4 h 33, les cosmonautes de Soyouz 4 se séparent du Soyouz 5 pour redescendre sans encombre sur Terre, mais pour Volynov, son retour va se transformer en cauchemar.

Après la mise à feu des rétrofusées, il constate avec inquiétude que le module de propulsion ne s’est pas détaché de la cabine. Au lieu du bouclier thermique, c’est l’avant de la capsule insuffisamment protégée qui commence à supporter l’échauffement de la rentrée dans l’atmosphère. Tiré vers l’avant, mais retenu par les sangles de son siège, Volynov est soumis à une décélération dans le sens ventre-dos, moins tolérée que dans le sens habituel dos-ventre. Une odeur de brûlé, provenant du caoutchouc qui ceinture l’écoutille supérieure, pénètre dans la cabine. Il est persuadé alors que ses chances de survie sont nulles. Avec un sang-froid peu commun, Volynov pense aux contrôleurs de vol qui voudront connaître le déroulement de la mission et les circonstances de sa mort. Espérant que la capsule sera récupérée, il détache ses notes du carnet de bord, les enroule d’une manière serrée et les coince sous son siège.

Puis, il enregistre ses observations sur un magnétophone de poche qu’il glisse dans une armature d’acier. De suite après, les réservoirs du module de propulsion explosent et secouent violemment la cabine. Volynov pense que la fin est proche, d’autant plus que la température monte à l’intérieur de l’habitacle. Et le miracle intervient ! Sous l’effet de la déflagration et au contact des gaz chauds, les attaches qui relient la capsule et le module, cèdent. Libérée, la cabine prend alors la position la plus aérodynamique. Elle pivote et présente son élément le plus lourd – son bouclier thermique – face à la trajectoire de vol, pour absorber et vaporiser la chaleur due à la compression de l’air. Volynov est soulagé, mais la terrible épreuve n’est pas terminée.

A une altitude de 10 km, les suspentes du parachute principal s’entrelacent. Volynov se doute de ce qui se passe, car il relève une vitesse d’approche trop élevée. Il croit qu’il va finir comme le malheureux Komarov. Et de nouveau, le miracle a lieu. Les suspentes se dénouent, mais le Soyouz va cependant toucher le sol très vite avec douze minutes d’avance et malgré la mise à feu des moteurs de freinage. Voynov est alors projeté hors de son siège dont les sangles se sont détachées. Sa tête heurte la paroi de la capsule. Il ressent une douleur intense dans la mâchoire supérieure et du sang remplit sa bouche. Il vient de se casser plusieurs dents !

Sonné comme un boxeur, il arrive à sortir de la cabine qui vient de se poser à 600 km du point prévu, dans un endroit où il fait - 36° C. Il regarde autour de lui et il aperçoit au loin, une mince colonne de fumée. Il se dirige vers elle et, après avoir marché longtemps, il trouve refuge dans la cabane d’un agriculteur. Arrivée plus tard sur les lieux de l’atterrissage, l’équipe de récupération a la surprise de constater l’absence de Volynov dans le Soyouz. Les traces de ses pas et les taches de sang dans la neige, permettent de le retrouver et de l’amener à l’hôpital le plus proche.

Rétabli, Volynov accueille le 5 juillet 1969 à la Cité des Etoiles, Borman avec qui il échange sa montre, en se souvenant de cette nuit du 24 décembre 1968 où il leva les yeux vers la Lune autour de laquelle tournait l’astronaute américain à bord d’Apollo 8. En 1970, il est nommé responsable de la sélection des douze nouveaux cosmonautes, alors qu’il se prépare à participer au programme de stations militaires Almaz appelées Saliout 2, 3 et 5. Il est tout d’abord désigné doublure du commandant de la première occupation de Saliout 2, mais la station d’espionnage mise en orbite le 3 avril 1973, se désintègre à la fin du mois après une perte de contrôle et sans avoir été occupée.

Après le lancement de Saliout 3, Volynov est nommé remplaçant éventuel de Popovitch pour la mission Soyouz 14 de juillet 1974 et de Sarafanov pour celle de Soyouz 15 d’août 1974, avant de partir sur Soyouz 16. Mais sa mission est annulée après l’échec du rendez-vous de Soyouz 15 avec la station. En attendant son affectation comme commandant du 1er vol vers la future Saliout 5, il s’occupe de la formation de Djanibekov et de Romanenko, équipage de support de Soyouz 19, pour la mission américano-soviétique Apollo-Soyouz de juillet 1975.

Du 6 juillet au 24 août 1976, Volynov accomplit son 2° et dernier vol de 49 j 6 h 23 avec Jolobov à bord de Soyouz 21 (6,55 tonnes/6,98 mètres) et de Saliout 5 (18,50 tonnes/11 mètres) lancée le 22 juin précédent. Le système Igla de rendez-vous automatique qui met en marche les moteurs du vaisseau, fonctionne mal à 350 m de la station. La vitesse s’accélère de deux mètres par seconde et Volynov demande aux contrôleurs de vol l’autorisation de prendre les commandes. Ordre lui est donné d’attendre l’analyse de la situation.

Arrivé à 70 m de Saliout 5, il craint de rater sa cible comme le Soyouz 15. Sans attendre les instructions, il décide de piloter manuellement le vaisseau et il parvient à diminuer sa vitesse. Avec adresse, il procède à l’amarrage qui va se révéler un peu rude. Les deux cosmonautes pénètrent dans la station pour une durée de 54 à 66 jours, consacrée à des observations scientifiques, à des expériences biologiques et métallurgiques, mais surtout à une mission d’espionnage. Pour réaliser le lourd programme, ils vont travailler jusqu’à seize heures par jour, sans avoir le temps d’effectuer régulièrement la gymnastique quotidienne. Ils n’arrivent pas à reprendre des forces, car ils ne dorment que quatre heures de temps le plus souvent.

Le 17 août, ils passent deux heures à remettre en marche les systèmes de survie et le contrôle d’attitude de Saliout 5, tombés en panne. A partir de cette date, une grande fatigue gagne les deux cosmonautes. Jolobov souffre en plus de problèmes psychologiques causés par l’isolement prolongé, malgré le soutien moral de Volynov. Puis, une odeur acre difficilement supportable se répand dans la station et ils ne trouvent pas son origine. Le 23 août, les responsables décident d’interrompre le vol et ordonnent le retour dans les vingt-quatre heures.

Au moment de la séparation, les loquets d’amarrage ne s’ouvrent pas et le Soyouz reste accroché à la station. Une deuxième tentative échoue et Volynov doit attendre une orbite supplémentaire de 90 mn avant d’essayer à nouveau et de réussir la manœuvre d’éloignement. Il va alors revivre un atterrissage de nuit tout aussi difficile que lors de son précédent retour de jour. En raison de bourrasques de vent, la poussée des gaz des quatre moteurs d’atterrissage est inégale et le Soyouz se pose brutalement, puis rebondit avant de se coucher. Durement secoués et faibles après un séjour de 50 jours sans exercices physiques suffisants, Volynov et Jolobov sortent péniblement de la cabine, en attendant l’équipe de récupération qui arrive quarante minutes plus tard.

Après sa mission éprouvante, Volynov devient un des meilleurs entraîneurs pour les cosmonautes qui vont séjourner à bord des stations civiles Saliout 6 et 7, puis Mir. Son activité va consister, également, à faire régner la discipline, surtout parmi les apprentis cosmonautes qui découvrent ce nouveau métier. Il est obligé de se comporter comme un surveillant général de lycée chargé du respect des consignes par les élèves, une tâche bien difficile. Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry, arrivés à la Cité des étoiles en septembre 1980 pour s'entraîner, vont le constater à plusieurs reprises.

Volynov poursuit en parallèle ses études et il obtient en 1980, un diplôme en sciences techniques. Deux ans plus tard, il est désigné commandant du détachement des pilotes-cosmonautes. En 1986, il perd une occasion de repartir pour la dernière expédition vers Saliout 7 après celle de Soyouz TM15, car la station va être remplacée définitivement par Mir. En 1988, il occupe le poste de Chef des ressources humaines à la Cité des Etoiles.

C’est en mars 1990 que Volynov quitte à 56 ans le programme spatial pour se consacrer à la fois aux sports en occupant notamment les fonctions de président de la Fédération soviétique de tennis et aux affaires publiques, après sa nomination comme vice-président des coopérations de Russie. cepaes

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