Plan general : famous jews

GRETL BERGMANN

gretl
BERLIN 1936
Ecouter Gretl Bergmann
Holocaust Memorial Museum
HOLOCAUST
Martin Weiss
BIO
OLYMPIC
QUIZ 1 - 2


La championne juive allemande
de saut en hauteur,
Gretl Bergmann fut par la
suite exclue de l’équipe.

Les Jeux Nazis 1936

En public,les nazis mirent en sourdine leurs sentiments antisémites durant les jeux, bien que les Juifs allemands, y compris des athlètes juifs,aient subi de graves discriminations. Les Juifs furent exclus des clubs de sports dont ils avaient été membres. Les athlètes juifs d’Allemagne n’eurent droit qu’à des équipements séparés, de piètre qualité.
Pendant les entraînements précédant les Jeux d’été de 1936, Gretl Bergmann, une championne de classe internationale de saut en hauteur (et juive) atteignit le record féminin allemand : 1,60 mètre. Le 13 juin,elle reçut une lettre du Comité olympique allemand. Critiquant ses récentes performances en saut en hauteur jugées trop irrégulières, le Comité l’informait qu’elle n’avait pas été choisie comme membre de l’équipe olympique d’athlétisme de son pays.
À l’été 1936, les Juifs allemands avaient perdu leurs droits civiques.Leurs entreprises étaient boycottées et leur vie professionnelle limitée.Ils étaient exclus des lieux publics et il leur était interdit d’épouser des non Juifs. Entre-temps, tout en développant leur politique antijuive, les nazis comprenaient que la forme physique et les prouesses sportives étaient susceptibles de renforcer le nationalisme, de favoriser la pureté raciale et de stimuler les préparatifs militaires. En conséquence, les perspectives de faire partie de l’équipe olympique de 1936 étaient quasiment inexistantes pour les Juifs. Les nominations furent réservées à ceux qui pourraient rapporter le plus d’honneur au peuple allemand et à l’État nazi.
S’inclinant à peine sous la pression, les responsables du Reich apaisèrent le COI en autorisant une sportive juive à représenter l’Allemagne aux Jeux olympiques d’été de 1936 : Helene Mayer.

Hitler présida l’ouverture dans l’immense stade olympique de Berlin. La cérémonie se termina par la « course au flambeau » récemment créée pour apporter le feu depuis l’ancien site des Jeux olympiques grecs jusqu’à Berlin.
Leni Riefenstahl et son équipe étaient présents pour rendre le faste et la compétition sportive. Son film Olympia allait remporter le premier prix au festival du film de Venise en 1938.
Certaines des meilleures séquences d’Olympia portent sur un athlète noir américain nommé Jesse Owens. Ce dernier avait connu le racisme aux États-Unis, mais aux Jeux
olympiques de 1936, ses quatre médailles d’or furent acclamées par les critiques du régime nazi qui affirmèrent que les victoires d’Owens réfutaient les prétentions d’Hitler à la supériorité des Blancs.
Malgré l’embarras causé aux nazis par les victoires d’Owens, Hitler et ses partisans furent plus que satisfaits de leurs succès olympiques. L’équipe allemande avait remporté plus de médailles que n’importe quelle autre. Hitler avait fort bien joué les rôles de l’homme d’État de stature internationale et de leader national bien-aimé. L’hospitalité allemande convainquit la plupart des visiteurs étrangers que le Troisième Reich avait des intentions aussi pacifiques que sa reprise économique était efficace, et que ses objectifs étaient aussi bénins que sa culture était saine et vigoureuse.
Au moins dix sportifs juifs remportèrent des médailles aux Jeux olympiques de 1936, entre autres, Samuel Balter, membre de l’équipe américaine de basket-ball.
Gretl Bergmann, pour sa part, émigra aux États-Unis, poursuivit sa carrière de championne d’athlétisme et respecta son voeu de ne jamais retourner en Allemagne. D’autres sportifs juifs furent moins chanceux. Leur sort montre l’ampleur colossale de la duperie que furent les Jeux olympiques nazis.
Les nazis assassinèrent à Auschwitz Victor Perez, un Juif français qui, au début des années 1930, était champion du monde de boxe poids mouche. Lili Henoch, détentrice du record du monde de lancer de poids et de disque, fut déportée d’Allemagne en 1942 Elle fut assassinée et enterrée dans une fosse commune près de Riga, en Lettonie. Attila Petschauer, un escrimeur hongrois qui avait remporté une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1928, mourut de froid dans un camp de travail nazi en 1943. Un Juif allemand nommé Alfred Flatow, qui avait remporté trois médailles d’or et une d’argent en gymnastique pendant les Jeux d’Athènes en 1896, mourut dans le camp de
Theresienstadt (Tchécoslovaquie) en 1942.
L’assouplissement de la pression antijuive prit fin peu après les Jeux de 1936.Vers la fin de l’année, la campagne antisémite visant à chasser les Juifs d’Allemagne se déchaînait.


La chronique de Catherine Beckmann


Beaucoup ont soutenu le boycott, mais les Jeux ont quand même eu lieu, aucun État ne s’en est abstenu...

Côté femmes, une jeune championne de saut en hauteur, Syd Koff, (née Sybil Tabachnikoff) de l’équipe du fameux Jesse Owens a aussi dû faire face au lourd problème de conscience : participer aux Jeux et montrer à la “super race arienne“ que les athlètes juifs peuvent les battre, ou boycotter la légitimité du régime nazi... Koff se joindra à la plupart des organisations juives et refusera d’aller à Berlin... Le 1er août 1936, Hitler ouvre les 11ième Olympiades. Sous la baguette de Richard Strauss, la fanfare annonce l’arrivée du dictateur. Dans le “poulailler“ des tribunes, une femme, dans la foule debout, observe de loin ces événements. Il y a deux semaines encore, elle pensait pouvoir être parmi les athlètes sélectionnés. Depuis, elle a reçu cette lettre officielle signée du Directeur de l’Office des Sports du Reich, qui lui interdit -sous un faux prétexte- de participer aux Jeux, mais lui octroie en compensation, “de façon exceptionnelle“, une place debout, au fond du grand Stadium. Gretel Bergmann nee le 12 avril 1914 est allemande et co-recordwoman de saut en hauteur, une médaille d’or ou d’argent en puissance... Mais elle est aussi juive et a été exclue de l’équipe nationale... “Une centaine de milliers de spectateurs voyant une juive gagner, ça aurait été le paradis“ exprime-t-elle la voix encore pleine de colère, 68 ans plus tard... Installée aux États Unis après les Jeux, puis mariée, elle devient Mme Margarethe Lambert. En 1996, durant les Jeux d’Atlanta, le Comité Olympique Allemand lui demande de bien vouloir être son invitée. Bien qu’elle se soit promis de ne plus avoir à faire avec l’Allemagne, elle finit par accepter l’invitation : “Je ne pouvais pas blâmer cette génération pour ce que leurs pères et grands-pères avaient fait“.

En 1999, les autorités allemandes la reçoivent avec honneurs à Berlin. “Je ne voulais pas participer à cela, mais quand on m’a fait remarquer que le stade dans lequel je n’avais pas eu le droit de concourir, et dont on commençait la restauration, porterait mon nom, j’ai pensé qu’un jour de jeunes Allemands demanderaient “qui était Gretel Bergmann ?“ et qu’alors on leur raconterait mon histoire et celle de cette dramatique époque ; et j’ai senti que je devais accepter de retourner à l’endroit où j’avais juré de ne jamais remettre les pieds“, déclarera plus tard. En 2002, le stade Gretel Bergmann est inauguré. Aujourd’hui, Margarethe Bergmann-Lambert a 90 ans. Lorsqu’elle a eu en main pour la première fois une photographie du stade qui porte désormais son nom, lui est revenu en mémoire l’image de cette pancarte proclamant “interdit aux Juifs et aux chiens“.

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