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RABBI MORDECHAI ABY SEROUR


Tombouctou
DHIMMI
RECIT
MALI
AFRIQUE
AMITIE JUDEO-NOIRE


Rabbi Mordechai Aby-Serour of Timbuktu, Mali








Mordekhaï Aby Serour nait à Aqqa au Sous, entreprend des études religieuses à Jérusalem, puis réussit à se faire accepter à Tombouctou, malgré l’interdit pour les juifs d’y résider depuis le Moyen Age.
En 1860, ce rabbin voyageur, fait son entrée à Tombouctou au Mali afin d’y faire commerce.



Un rabbin voyageur
Mordekhaï entreprend son premier voyage à l'âge de 9 ans, pour se rendre " seul,sans guide, sans argent et à la grâce de Dieu ",d'Akka,son village natal de l'extrême sud marocain, à Marrakech où il approfondit ses connaissances en hébreu et commence ses études talmudiques. A 13 ans, en 1839, il est envoyé à Jérusalem pour apprendre le métier de rabbin : son périple méditerranéen dure trois ans.
Après quatre ans de yéchiva, à Jérusalem, il sort en 1846 avec le titre de rabbin, qui lui permet, en exerçant une année à Alep (Syrie), de se constituer un pécule suffisant pour rentrer au Maghreb.Mordekhaï s'installe en Algérie où il exerce son office de rabbin, de 1847 à 1858 à Philippeville et Alger.

Le gout de l’aventure
Une excursion à Tamentit,l'ancienne capitale juive du Touat lui permet de rencontrer des caravaniers et d'entrevoir une nouvelle orientation pour sa vie : il revient à Akka fortune faite, le projet d'aller en compagnie de son jeune frère Isaac,
jusqu'à Tombouctou, la ville sainte de l'Islam " mystérieuse " et " interdite " où aucun non-musulman ne peut entrer sans risque pour sa vie. Après quelques étapes sans histoire Mordekhaï et son frère sont arrêtés à Araouane : le rabbin déploit son génie et sa parfaite connaissance du Coran pour désarmer la haine de ses adversaires et obtenir de s'installer et d'exercer son commerce. Il lui faut attendre une année entière l'autorisation de poursuivre sa route vers Tombouctou...

Renaissance de Tombouctou la juive
Il arrive finalement jusqu'à Hamd'Allahi, capitale du royaume du Macina ; reçu au palais, Mordekhaï parle au souverain Ahmed Ahmadou, dont il obtient - moyennant paiement d'un tribut annuel - pour lui même et pour tout autre juif ou chrétien qui le demanderait,l'autorisation de vivre,résider et exercer des activités commerciales à Tombouctou. Sa victoire est totale : il commence par aller chercher son frère Isaac qu'il installe à Tombouctou. Leur commerce prospère et en 1863, devenu très riche, le rabbin éprouve le besoin de rentrer au Maroc pour revoir sa famille et convaincre certains parents et amis de venir au Soudan. En 1864, la petite colonie juive de Tombouctou compte onze membres dont quatre rabbins, ce qui permet d'organiser une vie juive communautaire. Mais des jaloux réussissent à faire confisquer la totalité de ses biens par le gouverneur de Tombouctou. Il quitte le Soudan en 1871 et rentre au Maroc totalement ruiné cette fois.

Comment un rabbin devient ecrivain, géographe, éthnologue ...et la coqueluche de Paris
Le Consul de France à Mogador est fasciné par ce rabbin qui connait l'ouest saharien, ses habitants, er plusieurs langues indiègnes. Il lui demande de relater son aventure soudanaise, et son récit est publié sous le titre : " Premier établissement des Israélites à Timbouctou" dans le Bulletin de la Société de Géographie de Paris. Puis le rabbin travaille pour les sociétés savantes parisiennes en collectant renseignements ou échantillons botaniques et géologiques. Il est ensuite envoyé à Paris pour acquérir une formation scientifique. Il rencontre des savants de renom et devient la coqueluche de la presse. Du Monde Illustré au Journal Officiel, des pages lui sont consacrées,son portrait est reproduit.De retour au Maroc, il reprend ses missions et envoie de la matière dans les domaines les plus divers : géographie, cartographie, archéologie... à des scientifiques qui exploitent son travail. Il fait une révélation étonnante en ethnologie :la découverte parmi les Touareg d'une tribu se déclarant "d'origine juive et dont les ancêtres étaient venus de Tamentit...", mais ceci est négligée par les spécialistes.

Le rabbin et le vicomte
Après la mort du consul, le rabbin retombe dans l’anonymat. Il quitte le Maroc pour aller enseigner le Talmud à Oran. Il vit assez misérablement, et privé de la reconnaissance qui lui est due. C'est là qu’on lui demande de guider à travers le Maroc, un apprenti-explorateur, le vicomte Charles de Foucauld. Malgré son état de santé déplorable, Mordekhaï Aby Serour accepte la mission. L'aventure est risquée : à cette époque les chrétiens qui s'aventurent dans les régions de la dissidence, sont tout simplement menacés de mort.Mardochée décide de déguiser Foucauld en rabbin, afin de pouvoir se fondre parmi les juifs marocains :aux yeux des musulmans, ils peuvent se faire passer pour ces collecteurs qui,venus de Palestine, vont de village en village quêter au profit des écoles rabbiniques chargées à Jérusalem de former les rabbins dont le Maghreb a besoin. Foucauld, revenu vivant, est fêté comme un héros.Son livre obtient un succès exceptionnel.Mais il ne mentionne pas le rabbin et juge avec une grande sévérité les juifs Marocains qui l’ont si bien acceuilli.

Une fin tragique et injuste
Il semble bien que Mordekhaï a été tenu dans l'ignorance des objectifs politico-militaires du voyage, ce qui peut traduire le manque de confiance de son compagnon. Mais, pire que d'être brimé, puis ignoré,dépossédé, Mordekhaï se voit chargé de tous les maux par Foucauld dans la correspondance adressée à sa famille, à ses amis, si bien que ces 11 mois de voyage à travers le Maroc -dont le rabbin Mordekhaï n’a pas à rougir - finit par occulter 49 années d'aventures,par donner de lui une image détestable. Il a pourtant mis toutes ses forces dans la réussite de ce voyage, si éprouvant qu'il aggrave son état de santé et abrège la vie du vieil aventurier : le rabbin Mordekhaï aby Serour meurt à Alger moins de deux ans après, le 6 avril 1886 : il est âgé de 60 ans. Oublié, le nom de celui qui s'est rendu célèbre sous le titre de rabbin Mardochée ne se rencontre plus guère -paradoxalement - que dans les ouvrages consacrés à Charles de Foucauld, où il est loin d'avoir l'éclat qu'il mérite.akadem


Foucauld se révèle bien ingrat à l'égard de Mardochée-Abi-Serour dont il mentionne à peine l'existence dans son livre : "Reconnaissance au Maroc" ; il ne lui rendra hommage que bien plus tard. Ce n'est que justice pour le rôle joué par Mardochée, alors âgé de cinquante trois ans, et prêt à vivre très dangereusement pour guider Foucauld .Mais son engagement ultérieur dans la foi et le soulagement des misères de toutes sortes lui feront écrire d'autres textes qui apparaissent en contradiction totale avec ce qu'il avait ecrit :

" Tout Juif du bled es-siba appartient corps et biens à son seigneur, son sid. (...). Le sid protège son Juif contre les étrangers comme chacun défend son bien. (...) Le Juif mène la vie la plus pauvre et la plus misérable, il ne peut gagner un liard qui ne lui soit arraché ; on lui enlève ses enfants. Finalement, on le conduit lui-même sur le marché, on le met aux enchères et on le vend (...) rien au monde ne protège un Israélite contre son seigneur ; il est à sa merci. Veut-il s'absenter, il lui faut une autorisation.; sa famille doit rester auprès du sid pour répondre de son retour...". sefarad


Sur akadem : L'épopée de Rabbi Mordechai Abi-Serour
La Torah à Tombouctou

Tobie Nathan, Ethnopsychiatre

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Les manuscrits trouvés à Tombouctou
A l’orée du Sahara et à quelques encablures du fleuve Niger, Tombouctou, au Mali, a longtemps été une cité fermée aux Européens. Carrefour commercial à l’époque des caravanes, elle fut aussi le siège d’une intense vie intellectuelle. Au cours de cet âge d’or, des milliers de livres ont été écrits à la main puis abandonnés à la poussière du désert. On commence à les exhumer. De la nuit de l’oubli émerge ainsi une passionnante histoire de l’Afrique jusqu’à présent ignorée.

Par Jean-Michel Djian

A Tombouctou, la progressive découverte de vieux manuscrits, dont certains remontent au XIIIe siècle, est en passe de devenir un enjeu historique pour toute l’Afrique. Plus de 15 000 documents ont déjà été exhumés et répertoriés sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) ; 80 000 autres dorment encore quelque part dans des malles ou au fond des greniers de la ville mythique . Ces précieux écrits qui firent la gloire de la vallée du fleuve Niger entre le XIIIe et le XIXe siècle , sont menacés de décomposition et de pillage par des trafiquants.

De rarissimes ouvrages, écrits en langue arabe, parfois en fulani (peul) par des érudits originaires de l’ancien empire du Mali (3), transitent par la Suisse, où on les maquille ; puis sont proposés à des collectionneurs qui se les arrachent. Chef de la mission culturelle de Tombouctou, M. Ali Ould Sidi ne cache pas son inquiétude : « Les manuscrits dont sont dépositaires les habitants doivent être identifiés, protégés, restaurés, sinon Tombouctou se verra dépecée de sa mémoire écrite. Une mémoire dont on ne soupçonne pas la portée. »

Tombouctou, la « ville sainte », la « mystérieuse », l’« inaccessible » qui fascina tant d’explorateurs – de l’Ecossais Mungo Park au Français René Caillié et à l’Allemand Heinrich Barth – est une fabuleuse cité de sable située au nord-est de l’actuel Mali, aux confins sud de l’immense désert du Sahara et en retrait sur la rive gauche du fleuve Niger. Fondée vers le XIe siècle par les Touaregs, la cité s’impose, à partir du XIVe siècle, comme un centre de commerce capital entre l’ancien Soudan (4) et le Maghreb. Le sel de Taoudenni, l’or des mines de Buré et les esclaves du Ghana y transitent. Marchands arabes et perses y côtoient des voyageurs (5) et des philosophes musulmans animés de l’ardent désir de gagner à la foi d’Allah les populations locales. C’est l’époque où l’Afrique sahélienne se partage entre les empires qui se convertissent à l’islam et les autres. Si celui des Mossis (actuel Burkina Faso) résiste à se donner à la religion de Mahomet, l’Empire songhaï – qui succède à l’empire du Mali à la fin du XIVe siècle – y adhère.

Les trois grandes cités de la région (Tombouctou, Gao et Djenné) deviennent les pôles d’une effervescente civilisation islamo-soudanienne dont la mémoire reste vivace. Au XVe siècle, Tombouctou ne comptait pas moins de 100 000 habitants (30 000 aujourd’hui), dont 25 000 « étudiants » qui fréquentaient l’université de Sankoré désormais transformée en mosquée. Les conférences des oulémas, savants musulmans, étaient retranscrites par des copistes sur de l’écorce d’arbre, des omoplates de chameaux, de la peau de mouton, ou du papier en provenance d’Orient puis d’Italie. Au fil des siècles, un précieux corpus philosophique, juridique et religieux s’est ainsi constitué.

En outre, tout un savoir didactique – consignant pêle-mêle la course des planètes, la tonalité des cordes d’un instrument de musique, les cours des tissus et de la noix de kola – a été conservé dans les moindres recoins des pages de ces manuscrits nomades. Les caravanes qui transhumaient entre Agadez (Niger) et Tichit (Mauritanie), en passant par Sokoto (au nord du Nigeria), transportaient une multitude d’informations destinées à des marchands éclairés. Pendant près de trois siècles, le commerce et la connaissance se sont mutuellement enrichis, à dos de chameau, entre des barres de sel et des sacs de tabac.

Considérés comme une manne scientifique inédite, ces manuscrits mettent à mal le mythe de l’oralité africaine entretenu par des intellectuels comme feu Hamadou Hampâté Bâ (6). Mais quelle valeur scientifique accorder à des documents devenus objets de spéculation plutôt qu’outils de compréhension du passé ? Comment s’emparer de ce gisement de connaissances écrites que les injures du temps menacent de disparition ? Autant de questions qui nourrissent les réflexions d’universitaires américains (7) ou des historiens locaux (8).

Ainsi, en plein cœur de Tombouctou, au Centre de documentation et de recherches Ahmed-Baba (Cedrab), créé par le gouvernement à l’initiative de l’Unesco en 1970, se joue une grande partie de la conscience historique de l’Afrique. En choisissant le nom d’Ahmed Baba, érudit né en 1556 qui enseigna le droit (fatwa), les autorités saluent un résistant à l’envahisseur marocain (9). Elles honorent aussi un savant qui exerça une considérable influence sur ses concitoyens et dont l’orthodoxie de ses enseignements continue de marquer les esprits.

Le Cedrab a reçu pour mission de répertorier, numériser, protéger et restaurer les manuscrits trouvés. Le papier est un support fragile : il craint l’humidité et le feu ; il sèche, se casse, se déchire et finit en poussière. Les termites en raffolent. Le ministre de la culture, M. Cheik Omar Sissoko, précise : « A défaut de récupérer la totalité de ces manuscrits, nous cherchons à encourager la création de fondations privées permettant de reconstituer rapidement des fonds d’origines familiales ; c’est le meilleur moyen de responsabiliser les citoyens et en même temps de protéger ce trésor. »

Car la plupart de ces mystérieux manuscrits appartiennent à des personnes privées. Pour en connaître le contenu, il suffit de se rapprocher de familles qui vous accueillent à bras ouverts. Par exemple, M. Ismaël Diadé Haidara que l’on retrouve devant son ordinateur où il écrit des livres de philosophie et d’histoire, comme Les Juifs à Tombouctou (10). Les juifs ont joué un rôle important dans la montée de l’or du Soudan vers l’Espagne chrétienne. C’est par eux qu’un des pères de la cartographie, Abraham Cresques (1325-1387), juif des Baléares, dont la famille émigra d’Afrique du Nord au début du XIIe siècle, eut connaissance de Tombouctou qui était reliée à l’Afrique du Nord par des chemins dont les ports étaient habités par des juifs. Léon l’Africain, dès la première moitié du XVe siècle, mentionne la présence juive dans le royaume de Gao (11)...

Descendant de la dynastie Kati (12), M. Haidara met un soin méticuleux à expliquer l’histoire de sa fondation, installée à proximité de la mosquée Jingereber, dans une ancienne demeure restaurée de Tombouctou : « Tout ce fonds a commencé à se constituer avec l’exil de mon ancêtre, le Wisigoth islamisé Ali B. Ziyad Al-Kuti, qui quitta Tolède en 1468 pour venir s’installer à Gambu, en pays Soninké. Dès lors, la bibliothèque ne cessa de s’enrichir à travers plusieurs générations de Kati, mes aïeux. Nous avons décidé en 1999 de les exhumer. » Un compendium du savoir médiéval est représenté dans cette bibliothèque : traités de bonne gouvernance, textes sur les méfaits du tabac, précis de pharmacopée... Des ouvrages de droit, de théologie, de grammaire et de mathématiques sont commentés par des savants de Cordoue, de Bagdad ou de Djenné. Sur des étagères grillagées, protégées des ravageuses poussières de sable, des actes juridiques portent sur la vie des juifs et de renégats chrétiens à Tombouctou, témoignent de l’intense activité commerciale de l’époque. La vente et l’affranchissement des esclaves, les cours du sel, des épices, de l’or et des plumes sont l’objet de parchemins adossés à des correspondances de souverains des deux rives du Sahara, illustrés d’enluminures en or.

L’ensemble est souligné, expliqué, annoté à la marge ou sur le colophon, cette dernière page d’un livre ou d’une fin de rouleau de papyrus où le copiste note son nom et la date à laquelle il a achevé son travail. On y apprend, au détour d’une enchanteresse manipulation, la survenue de tremblements de terre ou d’une violente rixe ayant perturbé les écritures. Grâce à quelques traducteurs contemporains, toute une fresque africaine remonte à la surface de l’histoire. Il n’existe aucune homogénéité dans ces textes, et pour cause : si l’écrasante majorité des manuscrits est rédigée en arabe, chaque copiste s’exprimait en fonction de ses origines (tamashek, haoussa, peul, mais aussi songhaï, dioula, soninké ou wolof) selon une base calligraphique commune inspirée du maghribi, sorte d’écriture arabe cursive qui, par sa forme, permettait d’économiser le papier.

Richesse de l’Afrique précoloniale
La portée de certains documents est évidente, en particulier celle du fameux Tarikh el-Sudan (Histoire du Soudan) de Mahmoud Kati (XVe siècle) qui retrace la succession des chefs de Tombouctou. De même, le Tarikh el-Fetash (Histoire « du chercheur ») d’Abderahmane Es-Saad (XVIIe siècle), chronique du Soudan médiéval.

La découverte de ces manuscrits donne à l’Afrique subsaharienne le substrat historique qui lui fut longtemps dénié et dont on commence à saisir l’importance. Comme un écho aux travaux du grand historien sénégalais Cheikh Anta Diop (13), elle souligne la profondeur spirituelle de l’Afrique pré-coloniale. Elle montre aussi que la richesse de cette région s’est bâtie autour d’une dynamique commerciale « transtribale » dont l’islam a été le déclencheur, et les oulémas, par leurs aptitudes à l’enseignement de « masse », les accoucheurs.

Il en est résulté une sorte de continuum culturel à partir duquel la dimension mystique s’est consolidée sur des héritages plus ou moins structurés, jusqu’à l’arrivée des Portugais au XVe siècle. Cheick Dan Fodio (1754-1817), pour s’être inspiré de ses prédécesseurs, en particulier d’Ahmed Baba, confirme dans ses Mémoires que, jusqu’à l’arrivée des Européens, « la pensée africaine cultivait l’amour d’un islam ouvert sur l’universel qui se distinguait très nettement de celui qui était observé dans le monde arabo-musulman (14) ». Constat confirmé au début du XXe siècle (15).

Parviendra-t-on à sauver les précieux manuscrits de Tombouctou ? Pour préserver ce fabuleux patrimoine, 4,5 millions d’euros sont nécessaires. Une somme soixante fois inférieure à l’augmentation de capital que vient de réclamer Disneyland Paris à ses actionnaires pour renflouer son parc d’attractions...

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