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ARTHUR RUBINSTEIN


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Le pianiste Juif polonais virtuose le plus ovationné du XXe siècle.





"Aime la vie et la vie t’aimera. Aime les gens et les gens t’aimeront."

"Je me suis habitué à la mort : un pianiste est un homme déguisé en croque-mort, avec en face de lui, constamment, son piano qui ressemble à un corbillard."


Pour Arthur Rubinstein, l’interprète doit refléter le message du compositeur tout en l’interprétant. Car sinon, un robot pourrait tout aussi bien le faire. Rubinstein joue en effet avec son cœur, sans larmoiement



Né à Lodzt, Pologne le 28 janvier 1887
Décédé à Genève, Suisse le 20 décembre 1982


D'origine polonaise, né à Lodzt en 1887 dans un famille de négociant, Artur( également écrit par certains Arthur) Rubinstein est un des grands pianistes du vingtième siècle. Il commença à étudier le piano dès l'âge de trois ans, donna sa première éxécution publique à huit ans et poursuivit ses études pianistiques à Berlin à l'âge de dix ans sous la responsabilité d'un célèbre violoniste: Joseph Joachim à qui sa mère le confia. Puis il poursuivit ensuite ses études avec un grand pianiste Polonais : Paderewski.

En 1906, Artur Rubinstein fit son premier voyage aux Etats Unis, mais revint en Europe pour de nouvelles études. Pendant la première guerre mondiale, il s'installa en Espagne. En 1916, il effectua une grande tournée de concerts en Espagne. Ce qui le conduisit par la suite à d'autres voyages en Amérique du Sud et le rendit spécialiste de la musique latino-américaine.
Dans les années 30 il passa plus de temps en Amérique du Nord et en Europe. Il se maria en 1932 avec Aniela Mynarska dont il eut quatre enfants.

En 1946, Artur Rubinstein devint citoyen américain mais il vécut la majeure partie de ses années suivantes en Europe. Artur Rubinstein s'installa en effet à Paris en 1954, et se consacra à des cycles de concerts "marathoniens" à Londres et Paris, ceux-ci couvraient l'essentiel des oeuvres orchestrales avec piano. En 1961, il donna dix programmes différents en 40 jours à Carnegie Halll (New-York).

Malgré son âge et sa mauvaise santé, Artur Rubinstein a continué de jouer en public dans les années 1970 et 1980. Il a fini d'écrire sa biographie à l'âge de 83 ans et donnait encore des concerts à l'âge de 90 ans.
Artur Rubinstein est mort le 20 décembre 1982 en Suisse où ses cendres ont été enterrées dans une forêt qui porte son nom.

Sa virtuosité
Musicien et pianiste inné, Artur Rubinstein, avec sa vitalité incomparable, se considérait comme "l'homme le plus heureux que j'ai jamais rencontré". Il était magistral dans le répertoire du concerto romantique, et il était inoubliable dans ses interprétations de Schumann, Debussy et Ravel ; mais c'est dans la musique de Chopin qu'il s'est affirmé comme l'un des plus grands virtuoses. pianobleu

Arthur Rubinstein était devenu citoyen américain en 1946, mais il n'a jamais rompu ses liens avec la Pologne. Très actif jusqu'à la fin de sa vie, il publia sa biographie deux ans avant sa mort à Genève à l'âge de 95 ans .Une urne contenant ses cendres a été enterrée en Israël.
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Entre 1932 et 1935, Rubinstein changea radicalement de vie : après des années de carrière de pianiste itinérant, il évalua sévèrement son niveau par rapport à celui de nouveaux venus tels que Horowitz et se mit férocement à travailler sa technique, quelque peu négligée depuis ses débuts d’enfant prodige. Il émergea un nouvel homme en 1935 ; trois ans plus tard, il se lançait dans son encyclopédique série d’enregistrements des œuvres de Chopin .
En effet, la technique du pianiste semble ici sans faille, et l’on comprend aussi qu’il refuse dorénavant tous les effets fougueux gratuits que la tradition a imposés à la musique de Chopin – en particulier les rubatos intempestifs dont Rubinstein semble avoir quelque peu abusé au début de sa carrière –. Bref, une magnifique interprétation ; le pianiste survole le clavier avec un naturel parfait, indispensable pour ces géniales miniatures couvrant toute la période créatrice du compositeur. abeillemusique

"Les Anglais sont le meilleur public du monde : ils applaudissent toujours, même quand vous jouez bien "


Ecoutez Arthur Rubinstein : l'Heroic Polonaise de Chopin et 'Liebestraum', de Liszt

YEHUDI MENUHIN


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"Pour beaucoup, le schéma de ma vie était tracé dès avant ma naissance…"


Violoniste et altiste majeur, chef d'orchestre, Lord Yehudi Menuhin se pose en homme de paix du XXe siècle et fait le trajet inverse de la plupart des grands artistes juifs de sa génération : il naît à New York, vit en Angleterre et rend l'âme à Berlin, en tournée avec l'orchestre philharmonique de Varsovie. Enfant prodige, il époustoufle par sa maturité, son aisance musicale et la profondeur de son jeu - que d'aucuns qualifieront d'austère -, qualités qui seront sa marque de fabrique tout au long d'une carrière extrêmement bien remplie : premier concert public à 7 ans, début européens à 11 ans à Paris, il donne encore 110 concerts l'année de ses 80 ans ! Amoureux de Bach, qui sera central dans sa carrière, ses interprétations des compositeurs romantiques, Schumann notamment, sont saluées... le débat étant de savoir s'il était meilleur musicien quand il était jeune prodige, plus assuré, que quand il était plus mûr, mais peut-être plus fragile techniquement. Mais Yehudi Menuhin est aussi reconnu comme un grand humaniste : il crée une école de musique en Angleterre en 1963, ainsi qu'une fondation internationale destinée à aider les jeunes musiciens en 1980. Dans les années 1970, il préside le Conseil International de la Musique de l'Unesco evene



Yehudi Menuhin
par Aline Sultan


Né le 22 avril 1916 à New York, Yehudi Menuhin était le fils d’un rabbin immigré de Russie.
Yehudi Menuhin a tout juste trois ans lorsqu’il prend ses premiers cours de violon. Il s’avère être un véritable prodige et à l’âge de sept ans, il se produit pour la première fois en public, en tant que soliste accompagné de l’orchestre philharmonique de San Francisco. Par la suite, il étudie à Paris auprès du violoniste et compositeur roumain Georges Enesco. Par la suite, il fera quelques enregistrements, accompagné au piano par sa sœur Heftsiba Menuhin, pianiste exceptionnelle.

Durant la Seconde guerre mondiale, Yehudi Menuhin donne des centaines de concerts pour les soldats des armées alliées et en avril 1945, il ira même jouer dans le camp de Bergen Belsen face à des prisonniers qui venaient à peine d’être libérés. Cette visite le marqua profondément.

Etant Juif et musicien classique, et les compositeurs classiques allemands tenant une place primordiale dans la musique classique, la relation de Yehudi Menuhin avec la culture allemande, était quelque peu complexe. C’est ainsi qu’en 1947, il retourne en Allemagne et considérant le talent du chef d’orchestre Wilhem Furtwängler et en dépit de l’attitude pro nazie de Furtwängler durant la guerre, il décide de jouer dans son orchestre. En jouant avec Furtwängler, qui était banni pour son passé nazi, il contribua à sa réhabilitation. Yehudi Menuhin fut le premier musicien à retourner en Allemagne après la Choa.

Après avoir basé sa réussite précoce en exécutant des compositions riches et empreintes de romantisme, Yehudi Menuhin est confronté à des difficultés physiques et artistiques dues au surmenage qu’il s’est imposé durant la guerre et à son apprentissage dès le plus jeune âge. Grâce à une discipline d’étude et d’exercices assidus et à l’aide de la méditation et du yoga, il surmontera la plupart de ses problèmes.

Yehudi Menuhin est célèbre pour la rigueur de ses interprétations et pour sa technique stricte. De plus, la profondeur et la sensibilité qui émanait de son violon étaient sans pareilles. Il poursuivra sa carrière jusqu’à un âge avancé.

Yehudi Menuhin contribuera à la fondation de nombreuses organisations culturelles internationales et s’efforcera d’encourager et de soutenir de jeunes talents.

En 1956, Yehudi Menuhin fonde son Festival en Suisse. Ce festival a fêté ses 50 ans en 2006. En 1962, il crée l’Ecole Yehudi Menuhin dans le Surrey, en Angleterre, destinée à enseigner la musique à des enfants particulièrement doués.

Il commence également à exercer en tant que chef d’orchestre et continuera de diriger les plus prestigieux orchestres du monde entier jusqu’à sa mort.

En 1965, il reçoit le titre de Chevalier de l’Empire britannique, en 1986, il est nommé Grand officier de la Légion d’honneur et en 1997, Chevalier de l’Ordre national du mérite.

Dans les années 1980, il enregistre des disques de jazz avec Stéphane Grappelli et de la musique extrême orientale avec le grand sitariste Ravi Shankar. En 1985, il reçoit la citoyenneté britannique et dès lors, son titre de chevalier n’est plus simplement honorifique. En 1993, il est anobli et devient le Baron Menuhin de Stoke d’Abernon du district de Surrey.

Tout au long de sa vie, Yehudi Menuhin fut un défenseur des Droits de l’Homme, de la justice et des causes sociales. Entre autres, en 1996, Yehudi Menuhin et le peintre Dan Rubinstein aidèrent l’hopital Misgav Ladah de Jérusalem à acquérir des appareils médicaux.

Lord Menuhin s’éteint à Berlin à l’âge de 83 ans, le 12 mars 1999, au terme d’une brève maladie. Il laissa quatre enfants, Karov et Zamira, de sa première épouse Nola Nikols dont il divorça et Gérard et Jérémy de sa deuxième femme, Diana Gold, danseuse ballerine britannique. En 2005, Gérard Menuhin fut évincé du conseil d’administration de la Fondation Menuhin d’Allemagne fondée en l’honneur du grand virtuose un an avant sa mort, à cause de ses idées et de ses activités néo-nazies : «Les positions idéologiques de Gerard Menuhin, fils de la danseuse anglaise Diana Gold, ne sont "pas compatibles" avec la fondation dédiée à Yehudi Menuhin, né à New-York de parents juifs slaves», a indiqué la fondation dans un communiqué.

En octobre 2004, le magazine «New internationaliste» rapporta comment le nom de «Yehudi» lui fut donné : «Mes parents, qui étaient à la recherche d’un appartement, en visitèrent un situé non loin d’un parc. Après leur avoir fait visiter l’appartement, la propriétaire leur dit : «J’ai le plaisir de vous annoncer que je ne loue pas à des Juifs» Après lui avoir dit ce qu’ils en pensaient, mes parents quittèrent les lieux et trouvèrent un autre appartement. Mais ils restèrent marqués par cette propriétaire antisémite et se jurèrent que lorsqu’ils auraient un enfant, ils lui donneraient un nom qui signifierait fièrement au monde entier son origine et qu’ils l’appelleraient Yehudi» a7fr

"Je suis convaincu que notre monde nouveau exige une nouvelle formulation des valeurs sacrées, une nouvelle conception de la religion, parfaitement compatible avec les principes du culte et de la prière, mais exprimée de manière nouvelle pour les autres, pour nous sentir responsables les uns des autres et de la nature vivante qui nous entoure.
Reconnaître avec humilité notre ignorance, l'orgueil aussi de nos savoirs qui ne cessent de croître, de notre pouvoir de créer un monde plus juste, de rejeter des réflexes archaïques, de fausses ambitions, l'idées des désirs pervers pour notre civilisation.

Nous devons cultiver à la fois harmonie et courage, conserver une divine intolérance pour l'intolérable, pour la destruction des espèces, pour la pollution de l'air et de l'eau comme du corps et de l'esprit. Nous devons préserver la sainte intolérance des croisades contre le racisme, et contre toute espèce de supériorité s'exprimant dans le mépris et l'exploitation des enfants, des autochtones, des communistes, des capitalistes, ou de toute autre communauté."
Défense du sacré, discours prononçé devant la Chambre des pairs britannique in Le XXIème siècle, Suicide planétaire ou résurrection ?, L'Harmattan, Paris 2000.

MORDECHAI GEBIRTIG


Le Chant des Chomeurs
BIO
CHANT
YIDDISH
DISCOGRAPHIE
GHETTO








"Le Portrait de Shifrele"
Sur le mur, à la gauche de mon lit,
Est suspendu le portrait de ma fille Shifrele.
Souvent, au milieu de la nuit,
Lorsque je pense à elle, et qu'elle me manque,
Je vois comme elle me regarde,
J'entends ce qu'elle dit :
"Mon cher papa ! Je sais que tu es triste,
Mais la guerre ne durera pas très longtemps ;
Bientôt je reviendrai à toi --
La paix bientôt frappera à la porte."
Eclairé d'un sourire aimant, ainsi parle
Le portrait de Shifrele.
ecouter sur ushmm


Né le 4 avril 1877 à Krakow/ à cette époque en Russie
Mort le 4 juin 1942 dans le ghetto de Cracovie/ Pologne

1942, un jour de printemps, Mordechaj Gebirtig est tué. Un menuisier de Cracovie, cette ville tellement aimée et ses habitants sur lesquels il écrivait des chansons. Il composa en yiddish, la langue maternelle de tous les Juifs de l’Europe de l’Est , venant de Pologne, de Lituanie et de Galicie. Le petit homme avec le grand cœur du quartier Kazimierz aurait pu émigrer à temps en Amérique avec un visa procuré par ses amis. Mais Mordechaj Gebirtig refuse. Il a toujours vécu à Cracovie et veut y mourir. On ne replante pas des vieux arbres exil archiv


Mordekhay Gebirtig,se définissait lui-même modestement comme un " lider-makher ", un " faiseur de chansons ». il a écrit les paroles et la musique de certaines des plus belles chansons du répertoire yiddish, les plus connues, celles que l'on fredonne naturellement, sans se préoccuper de celui qui les a composées ni de son étonnant parcours, achevé dans le ghetto de Cracovie en juin 1942. Toute sa vie, Mordekhay Gebirtig est resté un artisan, un menuisier qui répare les vieux meubles, tout en participant activement à la vie politique et culturelle de son pays.Son monde est celui des petites gens de Cracovie, une ville qui se modernise, s'industrialise.
C'est sur les mères qui bercent leurs enfants, les ouvriers au chômage, les parents soucieux de marier leurs filles, les amoureux fauchés, les prostituées, les voleurs, les belles séduites puis abandonnées qu'il pose son regard d'artiste et de témoin d'un temps déjà en voie de disparition, offrant ainsi, à cette pléiade de destins, une belle parcelle d'éternité. Par ce spectacle, le Théâtre en l'Air, dont l'action s'inscrit dans la promotion de la culture juive, et plus particulièrement yiddish, nous invite à la rencontre d'un art populaire bien vivant, celui de la mémoire chantée, de la parole transmise. .yiddishweb


Lire sur espritsnomades : Berceuse pour des poètes yiddishs
Il était le poète populaire par excellence et pendant l’oppression nazie, ses chants étaient passés comme des messages clandestins, imprimés en cachette et chantés dans le ghetto de Cracovie d’abord, mais bientôt dans tous les ghettos de Pologne, celui de Varsovie particulièrement avec ces 450 000 juifs emprisonnés, celui de Vilno,.... Ils furent souvent les derniers chants entendus par des juifs dans les camps de concentration.
Son poème « Au feu, au feu ! » sera un des ferments de la révolte des juifs car ce texte critiquait violemment la passivité des juifs ;
Les jeunes allèrent mourir contre les mitrailleuses nazies ce chant aux lèvres.
Devant l’anéantissement, tout un peuple au bord du néant s’était réfugié dans les paroles d’un poète : Mordecaï Gebirtig.
Il ne voulait surtout pas faire de la haute poésie mais humblement des paroles qui puissent passer de l’un à l’autre, contre l’horreur, contre la déshumanisation.
Le ghetto de Cracovie est moins passé à la légende que celui de Varsovie, car les résistants juifs avaient décidé de porter le combat hors du camp, en zone aryenne, pour s’attaquer aux officiers nazis. Le ghetto était trop petit pour organiser des lignes de défense, et les attaques, plus d’une dizaine furent tus par les nazis. Ils permirent aussi l’évasion de centaines de juifs du ghetto.
Mordecaï Gebirtig écrivit jusqu’au dernier souffle une sorte de journal de bord de l’holocauste et plus particulièrement du ghetto de Cracovie.
De tous ses poèmes seuls tout au plus une vingtaine ont été retrouvés et publiés en 1946 à Cracovie avec une préface de Joseph Wolf, membre éminent de la résistance juive de Cracovie...
Ce petit joueur de flûtiau avait l’innocence de l’enfance, il faisait souvent des chansons pour les enfants d’ailleurs. Sa vie sera humble et lumineuse jusqu’à l’arrivée des barbares. Apprenti charpentier dès 14 ans et à 24 ans, il fonde son échoppe, qu’il abandonnera à cause de sa santé qui sera toujours plus que médiocre. Remis de nombreuses défaillances cardiaques, il terminera sa carrière professionnelle dans le magasin de son frère jusqu’à sa fin.
Il aura trois filles. Il sera un compositeur du dimanche écrivant et composant après ses heures de travail. Il tentera de faire du théâtre, mais il se vouera à sa passion de chansonnier. Il ne savait pas la poésie de son temps et encore moins la musique qu’il ne savait pas lire.
Simple troubadour, homme pauvre, il jouait un peu de la flûte de berger et encore moins bien de la guitare. Et ses chants sont parmi les plus beaux qui furent écrits en cette période, les plus populaires surtout.
Ses amis, sa famille l’aidaient à broder de la musique sur ses mots.
Cette rencontre entre un peuple qui partira en fumée et un simple petit charpentier est un des miracles du peuple juif.
Cet homme avait le don visionnaire de parler la vie commune. Ses thèmes sont ceux qui entouraient son peuple. Les enfants orphelins, les voleurs au grand cœur, les femmes, et les hommes partis à la guerre, les amis, les nostalgies, puis l’horreur pendant ses deux années d’occupation allemande. Mais aussi Gebirtig écrira bien des chansons d’amour et d’hymne au printemps

RAOUL JOURNO

MUSIC
HARISSA
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TUNISIE
REVUE





Né à Tunis 18 janvier 1911,mort à Paris 22 novembre 2001.

Raoul Journo est un des ténors de la musique Judeo-arabe. Il est considéré à juste titre comme une figure de proue de la musique tunisienne grâce à une abondante production qui a grandement contribué à l’enrichissement de l’art musical tunisien aux plans tant quantitatif que qualitatif et à la diffusion de la chanson tunisienne authentique à une vaste échelle.

On lui doit un grand nombre de chansons qui se caractérisent toutes par leur cachet typiquement tunisien, de sorte que Raoul Journo était un des rares chanteurs de chez nous qui représentaient parfaitement le chant tunisien.

Il était à la fois auteur, compositeur et chanteur. Parmi ses anciennes chansons dont il composa aussi la musique, on signale entre autres Ya mahfel ritouch Khadija.Il se spécialisa dans le genre appelé taâlil, ces chants de louanges improvisés dans les cérémonies familiales (naissances, circoncision, bar mitzvot, hénnées, mariages). En matière de formes, il avait une prédilection pour les maqams(modes musicaux) dits mahayar sika, mahayar iraq, mazmoum et ardhaoui.

Après son départ pour la France en 1965, Raoul Journo est resté toujours fidèle à la Tunisie qu’il visita à plusieurs reprises.

Il sortit au cours des dernières années sa célèbre chanson Sallamet fik ana ya bladi dans laquelle il rend hommage à la Tunisie et chante son amour pour elle et son attachement à sa terre. La chanson a été louée par tous pour son esprit nostalgique et sa beauté artistique.

Le 3 novembre 1999, il réalisait une grande première : le concert de Genève en Suisse en cybercast live diffusé dans le monde entier avec le concours de

Dans son autobiographie, intitulée simplement "Ma vie", Raoul JOURNO révèle toute la vérité sur l’existence qui a été la sienne. Peu d’hommes, à la vérité, ont vécu ce qu’il a vécu...

Il a eu le courage de tout raconter avec naturel et spontanéité. De ses débuts dans la musique à l’âge de 9 ans lorsqu’il chantait avec les enfants de chœur, son passage à l’Olympia pour son jubilé, jusqu’à la remise de son trophée par le Casino de Paris pour ses 70 ans de chansons. Dans ce récit palpitant, vivant, teinté de ce mélange unique d’humour et d’audace, qui fourmille de fabuleuses anecdotes, Raoul JOURNO ne cache rien des mille péripéties de son existence.

Il nous fait des révélations fascinantes sur ses galas, ses nombreuses soirées et sur sa Tunisie natale qu’il a tant aimée. Voici, avec ses moments merveilleux de bonheur intense et de passion immense pour son métier, mais aussi, avec tous ses souvenirs d’infortune, la vie d’un homme exceptionnel, dans un monde fascinant et envoûtant. houari dauphin

Raoul Journo vivra dans nos coeurs car trait d'union entre les communautés. Ses triples attaches, la Tunisie, son pays natal, Israël, sa terre ancestrale, et la France, pays de culture et d'accueil, ont fait de lui un troubadour universel, un homme de paix, paix que nous appelons tous de nos voeux.
« Allah yarhmou », que l'Éternel lui témoigne sa miséricorde infinie.jeuneafrique

LILI BONICHE


PORTRAIT
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CROONER
ALGERIE
EL WATAN
MUSIQUE ARABE
BIO








Dernière star juive de la mélodie maghrébine,Elie Boniche est un titi de la casbah


Lili Boniche né en 1921 à Alger et décédé le 6 mars 2008 à Paris est un célèbre chanteur juif d'Algérie de musique arabo-andalouse. Son répertoire comprend des styles variés comme le chaâbi, rumbas algéroises très populaires.


Grande figure de la musique judéo-arabe, Lili Boniche est de ces artistes indémodables dont le talent est aussi vaste que la diversité de son répertoire. Adepte des mélanges, il a su teinter ses chansons d'influences occidentales sans jamais trahir son identité culturelle. Lili Boniche est décédé le 6 mars 2008, à Paris.afrik

Alger la Blanche, Alger sa ville. A l'âge de 10 ans, il quitte le domicile familial pour suivre l'enseignement d'un maître du haoussi, Saoud l'Oranais. A ses côtés, il apprend pas à pas le répertoire de la musique arabo-andalouse, côtoie la célèbre Reinette l'Oranaise et devient un virtuose du oud. Un jour, il n'a alors que 15 ans, il débarque à Radio Alger et, avec tout le culot propre à son âge, propose un projet au directeur. Celui-ci est emballé et lui octroie une émission hebdomadaire. Porté par son succès naissant, le jeune Lili Boniche compose chanson sur chanson et les interprète en direct à l'antenne : "Elles me venaient comme ça, sans réfléchir " raconte-t-il. Peu à peu, il crée un style (typique de la musique populaire algéroise) où se mélangent flamenco, arabo-andalou, paso doble, mambo et tradition juive. Il devient une star à Alger puis à Paris. Dans les années cinquante, il rencontre une comtesse : "Elle était belle, riche et folle de moi", se souvient-il en souriant ; il l'épouse illico. La version officielle veut que la belle ait été terriblement jalouse de toutes les femmes (à l'époque, on ne disait pas encore les "groupies") qui tournaient autour de son chanteur de charme et ait obligé le crooner d'Alger à raccrocher. Mais on murmure que l'étoile de Lili Boniche commençait à faiblir et qu'il a préféré se reconvertir dans les affaires pour assurer son avenir. Il achète quatre cinémas à Alger et devient un homme d'affaires prospère. Mais la tourmente gronde en Algérie et, à l'Indépendance, le gouvernement lui confisque ses salles. Ainsi que nombre de ses coreligionnaires, il s'installe en France et repart à zéro.
Il ouvre un restaurant -avec succès- puis se reconvertit en représentant de matériel de bureaux. Comme tous ceux qui ont tout perdu au moins une fois dans leur vie, il évoque aujourd'hui tout ceci sans fausse honte, avec même une once de regret et de fierté. "C'est la vie, sourit-il". Mais le démon de la scène ne l'a pas quitté et il se produit constamment dans les mariages et les barmitsva (équivalent des premières communions chrétiennes). Aux débuts des années 90, toute une génération de réalisateurs redécouvrent ses chansons et les utilisent dans les bandes sonores de leurs films. "Le Grand Pardon", "La vérité si je mens", "Mémoires d'immigrés" : à travers le cinéma, Lili Boniche retrouve les lettres de noblesse que sa comtesse l'avait contraint à abandonner. En 1998, il sort un album intitulé "Alger, Alger" produit par… le patron d'une maison de couture. Le succès est mitigé mais l'américain Bill Laswell reprend la production et la machine repart. Un concert plus ou moins privé à l'Elysée-Montmartre (célèbre salle parisienne, plus dévolue au rock'n roll qu'à la romance), une prestation mémorable lors des Belles Nuits du Ramadan… et l'histoire reprend, comme si le conteur reprenait sa lecture exactement là où il l'avait laissée. A l'aube de ses 70 ans, Lili Boniche peut se targuer d'avoir rempli l'Olympia, de rassembler un public qui va bien au-delà de la communauté juive et de faire danser différentes générations de juifs, de catholiques et de musulmans qui tanguent en cadence, unis par la musique d'un crooner oriental aux allures de rocker suranné.
Avec son album 2003, Oeuvres récentes produit par Jean Touiton, Lili Boniche a voulu sortir du strict cadre de la chanson judéo arabo andalou. A ses côtés on retrouve des musiciens d'exception venus d'horizons très variés Mathieu Chedid alias M, Jean Pierre Smadja alias Smadj de DuOud, le batteur Manu Katché, l'ex bassiste d'Eliott Murphy et des Modern Lovers Ernie Brooks ou encore Jean-Baptiste Mondino qui signe les guitares d'une chanson et la pochette. A la même époque le spectacle les Orientales imaginé par le groupe marseillais Barrio Chino rend hommage à la chanson francarabe et reprend bien sûr nombre standards de Lili Boniche. Dans la foulée un concert à Mogador est filmé et sort l'année suivante en DVD. Ce sont ses dernières apparitions public et il s'éteint discrétement le 3 mars 2008.mondomix

LORIN MAAZEL


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L'un des Chefs d'orchestre les plus celebres dans le monde et violoniste américain




" Diriger ne constitue pas pour moi une affaire de professorat. Je ne sous-estime jamais le développement individuel et l'épanouissement des musiciens d'orchestre... "

La jeunesse de Maazel se passe aux Etats-Unis, à Los Angeles, puis à Pittsburgh, dans une famille de musiciens professionnels. Dès l'âge de cinq ans, il commence des études de violon et de piano.

1938 Maazel fait ses débuts publics comme chef d'orchestre en dirigeant le 13 juillet la Symphonie inachevée de Schubert à la tête d'un orchestre de l'Université d'Idaho, et cinq jours après comme violoniste dans le premier mouvement du 23e Concerto en sol Majeur de G.B. Viotti.

1939 Le jeune chef dirige quelques orchestres d'étudiants lors de la Foire Mondiale de New-York, à la suite de quoi, Leopold Stokowski l'invite à partager en septembre, un concert donné avec l'Orchestre Philharmonique de Los Angeles.

1941 Invité par Toscanini, Maazel dirige un concert de l'Orchestre Symphonique de la NBC.

1942 Dès lors, considéré comme enfant prodige, il va assurer les concerts de la Philharmonie de New-York durant l'été, puis est appelé à diriger les plus grands orchestres américains (Cleveland, Philadelphie, Chicago, Los Angeles, San Francisco...)

1942-1950 Parallèlement, Maazel poursuit sa formation de violoniste et de chef d'orchestre avec Valentin Bakaleinikoff et des études scientifiques à l'Université de Pittsburgh.

1951 A l'invitation de Serge Koussewitzky, Lorin Maazel participe au séminaire de direction d'orchestre de Tanglewood et dirige la Symphonie de Psaumes de Stravinski.

1952-1953 La Fondation Fullbright permet au jeune chef de séjourner en Italie où il étudie la musique baroque. Le 24 décembre 1953, il donne son premier concert européen à Catane en remplacement de Pierre Dervaux.

1954-1965 Maazel entame une fulgurante carrière de chef d'orchestre invité, dirige les meilleurs orchestres mondiaux (Vienne, Berlin, New-York...) et participe à tous les festivals majeurs : Vienne en 1955, le Festival de Bayreuth en 1960, le Festival de Salzbourg en 1963.

1962 Le jeune chef emmène l'Orchestre National de France dans une mémorable tournée aux Etats-Unis.

1965 Lorin Maazel est nommé chef permanent de l'Orchestre de la Radio de Berlin ainsi que directeur artistique de l'Opéra de Berlin Ouest.

1971-72 Il devient chef associé aux côtés d'Otto Klemperer du New Philharmonia Orchestra.

1972-1982 Maazel prend la succession de George Szell à la tête de l'Orchestre de Cleveland où il se consacre beaucoup à la musique contemporaine.

1977 Lorin Maazel est nommé premier chef invité de l'Orchestre National de France.

1982-1984 Maazel est à la tête de l'Opéra de Vienne qu'il quitte avant la fin de son contrat dans un climat de mésentente générale.

1988 Après avoir réalisé d'importants enregistrements, notamment une intégrale Mahler et un nouveau cycle Sibelius chez Sony, Maazel accepte simultanément la direction musicale de l'Orchestre Symphonique de Pittsburg et celle de l'Orchestre National de France.

1993 En septembre, il prend la succession de Sir Colin Davis à la tête de l'Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise fondé en 1949 par Jochum.

1995-1996 Maazel entreprend une nouvelle série de gravures chez RCA avec des œuvres de Stravinski et de Richard Strauss (Zarathoustra, Suite de Valses du Rosenkavalier, Don Juan, Mort et Transfiguration et la Symphonie domestique).
master radio france



Avec près de 5000 concerts à son actif, le Maestro Lorin Maazel a dirigé sous sa baguette plus de 150 orchestres du monde entier.
Parcours d’exception.
Doué de l'oreille absolue et d'une mémoire exceptionnelle, ce musicien né en 1930 en France de parents américains, voue une véritable passion à la musique. Enfant pro-dige, il n'a que cinq ans lorsqu'il débute l'étude du piano et du violon et dirige trois ans plus tard son premier orchestre.Un talent qu'il cultive dès lors à la direc-tion de plusieurs orchestres américains parallèlement à ses études des langues,des mathématiques et de la philosophie à l'Université de Pittsburgh aux Etats-Unis.Puis, c'est en Italie qu'il parfait son apprentissage notamment de la musique baroque. S'en suit une carrière exemplaireà la baguette des meilleurs orchestres symphoniques parmi lesquels ceux de Boston, New York, Chicago, Philadelphie,ainsi qu'à travers l'Europe, en Australie, au Japon ou encore en ex-URSS. Nommé Directeur artistique du Deutsche Oper deBerlin de 1965 à 1971 et Directeur Musical du Radio-Symphonie-Orchester de Berlin,il devient par ailleurs le premier Américain à prendre le poste de Directeur Général et Artistique du Vienna Staatsoper au début des années 1980. Un parcours qu'il pro-longe aussi à la tête d'autres formations de renommée comme l'Orchestre National de France, le Pittsburgh SymphonyOrchestra ou encore le prestigieux Orchester des Bayerischen Rundfunks à Munich. Aujourd'hui, Lorin Maazel partageses fonctions de Directeur Musical du New York Philharmonic Orchestra et de la Filarmonica Arturo Toscanini à Parme depuis 2002mairie metz

VLADIMIR ASHKENAZY



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Vladimir Ashkenazy est né le 6 juillet 1937 à Gorki (Ex-URSS) et aujourd'hui Nijni-Novgorod d'un père juif et d'une mère russe orthodoxe. Il est, depuis 1972, citoyen islandais.




Vladimir Ashkenazy est extrêmement présent sur la scène internationale. Désormais plus connu comme chef d'orchestre, son passage dans la cour des grands pianistes est cependant inoubliable. Profondément attaché à la tradition, Ashkenazy est un spécialiste de la musique russe. Issu d'une famille musicienne (son père était lui-même pianiste), Ashkenazy a donc été très tôt en contact avec la musique. A huit ans déjà, il devient l'élève d'Anaοda Sumbatian à l'Ecole Centrale de musique. En 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, la famille Ashkenazy s'était installée à Moscou.
Mais l'invasion allemande de 1941 a provoqué son évacuation. De retour en 1943, les conditions de vie en Russie étaient plutôt précaires . Contraint de partager pendant treize ans un appartement avec d'autres familles, Vladimir Ashkenazy bénéficiait cependant d'un système éducatif efficace. Son talent découvert très tôt a été encouragé. Dès lors, Ashkenazy tente l'expérience des concours internationaux: il choisit d'abord de participer au concours des pays du bloc de l'Est et en 1955, il reηoit un deuxième prix au prestigieux concours Chopin de Varsovie. Poursuivant ses études au conservatoire de Moscou avec Lev Oborine, la chute de Staline et l'arrivée de Khrouchtchev lui permettent pour la première fois de se rendre en Occident.
C'est en 1956, qu'il tente sa chance au concours Reine Elisabeth de Belgique à Bruxelles. Remportant le Premier Prix à l'âge de 19 ans, il recoit ainsi une récompense lui octroyant un appartement séparé. En 1961, Ashkenazy épouse Thorunn Johannsdottir, une pianiste islandaise. Alors que le régime en URSS se durcit farouchement, Ashkenazy souhaite quitter son pays pour s'installer en Angleterre. L'obtention de visas et d'autorisations de séjour étant particulièrement délicate, il finit par émigrer en 1968 vers l'Islande et à partir de 1978, Ashkenazy se fixe avec femme et enfant à Lucerne en Suisse.

Ashkenazy visite tout le répertoire avec le même enthousiasme, de Beethoven à Rachmaninoff. Il évite cependant de plus en plus Liszt contrairement à son début de carrière (études d'exécution transcendante) mais aussi la musique contemporaine. Ashkenazy se distingue, à mon sens, de certains autres pianistes de l'école russe. Plus profond et moins violent, il sait marier miraculeusement douceur et virtuosité. Doté d'une immense technique, il ne recherche pas l'héroοsme ou le spectaculaire mais plutêt une objectivité intensément lyrique. Actuellement, il mène surtout une carrière de chef. Sa passion pour la direction qui s'est révélée en Islande l'a conduit à la tête de prestigieux orchestres tels que le Royal Philharmonic Orchestra, le Cleveland Orchestra ou encore le Philharmonia Orchestra .

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PINCHAS ZUKERMAN



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CNA
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DIALOGUE






Pinchas Zukerman - L'homme-orchestre

Par Lucie Renaud"


«Démesuré » (Ottawa Citizen), « un musicien de génie » (Yediot Acharonot, Tel Aviv, Israël), « véritable phénomène de la musique » (Al Arab Ay Yawm, Amman, Jordanie), « un grand magicien » (Neue WestfSlische, Bielefeld, Allemagne): voilà autant d'épithètes accolées par la presse à Pinchas Zukerman. Dans notre ère de conformisme et de nivellement vers le bas, il ne subsiste aucun doute: le flamboyant Zukerman a su se démarquer de la masse. Instrumentiste à la facilité étonnante, chef qui soulève la passion des musiciens d'orchestre par son enthousiasme, charme le public et ne laisse jamais la presse tiède, pédagogue survolté qui exige précision technique et sonorité chatoyante de ses élèves, professionnel jusqu'au bout des doigts et polyvalent au-delà de toute comparaison, ce visionnaire ne s'enfle pourtant pas la tête. La Scena Musicale l'a rencontré dans son bureau du Centre national des Arts (CNA), alors qu'il disposait d'un petit moment entre une réunion administrative et une répétition.


Le musicien: précision et acharnement

Né à Tel Aviv en 1948, l'année même de la création de l'État d'Israël, le jeune Pinchas Zukerman entame l'étude de la musique avec son père, musicien klezmer autodidacte, d'abord à la flûte à bec, puis à la clarinette. Il se met bientôt au violon sous la tutelle d'Ilona Feher. Quelques années plus tard, les deux musiciens les plus célèbres de l'époque, Isaac Stern et Pablo Casals, entendent l'enfant prodige et lui construisent un pont d'or vers la réputée école Juilliard, à New York. Sans peur et sans reproche, Zukerman débarque, en 1962, au milieu de la jungle new-yorkaise et étudie avec le très strict Ivan Galamian. En dépit des exigences techniques démesurées et du manque de chaleur humaine de son professeur, « Pinky », comme le surnommaient tous ses amis, progresse tant et si rapidement qu'il remporte en 1967 le premier prix du 25e concours Leventritt.

Zukerman explique aisément le secret de ses succès d'instrumentiste. « S'exercer, s'exercer, s'exercer! Il faut travailler chaque jour. Aucune pilule n'a encore été inventée afin d'éviter cela. Même si la technologie évolue, un musicien doit travailler tous les jours. Je me suis exercé une demi-heure ce matin avant de venir au bureau, parce que je n'aime pas jouer faux. Voudriez-vous écouter quelqu'un qui joue faux? Bien sûr que non! s'enflamme-t-il. La médiocrité est une maladie contagieuse. Ce n'est pas dangereux si une seule personne est affectée, mais le virus se transmet: méfiez-vous! »

Son intensité et sa vulnérabilité font le reste. Comme il l'expliquait aux élèves du lycée Jules-Verne et du lycée Paul-Claudel, qui lui demandaient s'il se sentait nerveux avant de jouer: « L'adrénaline circule, vous vous sentez en contrôle, mais restez toujours craintifs, parce que, toutes les fois que vous montez sur scène, vous êtes vulnérables. À la minute où cette vulnérabilité me quittera, je fermerai l'étui [à violon]. »

Avec une centaine d'enregistrements à son actif, ses qualités de chambriste restent évidentes, au violon aussi bien qu'à l'alto. Il joue régulièrement avec Daniel Barenboïm, Vladimir Ashkenazy, Itzhak Perlman, les Tokyo et Orion String Quartets, Yefim Bronfman, Lynn Harrell et avec son collaborateur de prédilection, le pianiste Marc Neikrug, avec lequel il a signé plusieurs enregistrements, tant au violon qu'à l'alto. Plusieurs de ces musiciens, devenus ses amis, sont d'ailleurs régulièrement invités comme solistes avec l'Orchestre du Centre national des Arts (voir l'encadré pour les détails de la prochaine saison).

Le chef: une main de fer dans un gant de velours

Alors que les autres violonistes s'échinent à vaincre leurs problèmes techniques, Pinchas Zukerman peut, lui, se faire la main à la direction d'orchestre. De 1979 à 1981, il est le directeur musical du South Bank Festival en Angleterre. En 1980, il accepte le poste de directeur musical de l'Orchestre de chambre de Saint-Paul. Pendant les sept années qu'il passe à la tête de l'organisme, il réussit à redorer le blason de l'orchestre (grâce à plusieurs tournées et enregistrements), à redonner à l'ensemble une viabilité financière (grâce à ses habiletés de gestionnaire) et à faire construire une salle de 2000 places à l'acoustique exemplaire, nouvelle demeure du groupe. Il collectionne ensuite les postes prestigieux: premier chef invité de l'Orchestre de Dallas de 1993 à 1995 et directeur artistique du Summer MusicFest de l'Orchestre symphonique de Baltimore de 1996 à 1999. Il est encore artiste en résidence de l'Orchestre symphonique de Milwaukee, ensemble avec lequel il se produit en tant que chef et soliste deux semaines par année.

C'est au printemps 1998 qu'il accède au poste de directeur musical de l'Orchestre du CNA d'Ottawa. Sa main de magicien laisse sa marque à tous les niveaux de l'organisation: mise sur pied d'un programme festival pour jeunes interprètes et jeunes chefs (qui a permis de « découvrir » le chef québécois Jean-Philippe Tremblay, le rêveur derrière l'Orchestre de la Francophonie canadienne, maintenant son chef assistant), tournées de l'orchestre dans l'Ouest du Canada en 1999 et au Moyen-Orient en 2000 (on prévoit une tournée des provinces atlantiques pour la saison 2002-2003), distribution de matériel pédagogique gratuit dans les écoles primaires du Canada.

Depuis son arrivée aux commandes de l'orchestre, les abonnements n'ont jamais été aussi prisés, les dons affluent et le déficit a été épongé, résultats d'une « opération charme » qui a laissé les mélomanes de la capitale nationale comblés et les sceptiques les plus tenaces, confondus. Peter Herrndorf, directeur général et chef de la direction du CNA, a déclaré, lors du lancement de la prochaine saison: « Il est indéniable que l'arrivée de Pinchas Zukerman à la tête de l'Orchestre du Centre national des Arts a marqué le début d'une nouvelle ère électrisante au Centre. Il a su galvaniser les troupes non seulement sur le podium, mais également en coulisses. Il manifeste à chaque instant un engagement total en faveur de l'excellence. »

Son style de direction laisse parfois la critique pantoise, mais semble transporter les 42 musiciens. Pendant les répétitions, il préfère se concentrer sur les sections difficiles et faire confiance à ses troupes, lançant à l'occasion des boutades pour les motiver. « La direction d'orchestre demande beaucoup de préparation, avoue-t-il. Il faut marquer les partitions des musiciens, savoir leur indiquer ce dont ils ont besoin. Cela ne paraît pas bien de dire qu'en tant que chef d'orchestre, vous n'êtes là que pour battre la mesure, mais, quand le concert débute, les musiciens savent ce qu'ils ont à faire. La musique devrait être un "travail" de 9 h à 5 h, mais quand l'heure du concert arrive, le rideau se lève et il ne reste plus que la pureté de la musique. » Il s'agit de le voir plonger, exsudant la musique par tous les pores de sa peau, pour saisir qu'il ne fait plus qu'un avec la pâte sonore de l'orchestre. On ne peut s'empêcher de noter en passant le sourire des musiciens qui se donnent tout entiers pour ce chef à l'allure naturelle et l'enthousiasme d'un public qui vibre avec la musique et n'hésite pas à envoyer des messages de remerciement les lendemains de concert. « Cela n'a pas de prix », confirme le maestro.

La presse canadienne l'a souvent furieusement critiqué pour son manque d'enthousiasme face au répertoire contemporain canadien. Il s'en défend pourtant ardemment: « La musique contemporaine peut être bonne ou mauvaise, comme tous les autres types de musique. C'était la même chose à l'époque de Mozart ou de Beethoven. Nous rappelons-nous les noms de tous leurs contemporains? Bien sûr que non! Je suis pourtant certain que nous jouerons encore Mozart dans 200 ans, peut-être sur Mars, mais nous le jouerons quand même. » Il dit rechercher des oeuvres idiomatiques, avec une substance: « Les reconnaître vient avec l'expérience. Lire de mauvaises oeuvres n'est pas plus gratifiant que d'éplucher son courrier. » L'orchestre annoncera ce mois-ci ses plans pour un programme de développement de la musique contemporaine, incluant l'interprétation et la commande d'oeuvres de musique canadienne et le perfectionnement professionnel de jeunes compositeurs canadiens.

Le pédagogue: exigence et chaleur

Une autre facette de la quintessence de Pinchas Zukerman est sa dévotion totale à l'enseignement: « J'ai toujours su que je voulais enseigner. D'ailleurs, la direction d'orchestre n'est pas si éloignée de l'enseignement. » Enseigner reste une autre forme d'écoute, une transposition libre de la devise de « Monsieur G. » (Galamian), son professeur dans ses jeunes années: « Si cela sonne bien, tu te sens bien et, si tu te sens bien, cela sonne bien ». Pourtant, l'aspect qu'il considère essentiel à son enseignement reste la transmission du système des valeurs musicales. « Une blanche est une blanche, rien d'autre, et un si bémol restera toujours un si bémol. La faç on dont vous le jouez est une autre histoire! »

Il enseigne depuis plusieurs années au Manhattan School of Music, à New York. Il fut un des premiers à utiliser les technologies de télécommunication, particulièrement la vidéoconférence, comme outil de télé-enseignement pour ses élèves. Grâce à la technologie des bandes passantes plus larges, Zukerman peut ainsi suivre les progrès de sonélève resté à New York pendant qu'il se trouve en Allemagne, par exemple.

Quelques-uns de ses cours de maître sont accessibles gratuitement sur la toile, permettant aux jeunes violonistes de tous les pays d'apprendre d'un des plus grands. « Dès les débuts de cette technologie, j'en ai vu les possibilités pour l'enseignement », affirme cet internaute qui, pourtant, se rebiffe contre le courrier électronique. Il rêve d'installer au CNA, d'ici cinq ans, un studio de réalité virtuelle qui permettrait une interaction encore plus directe entre professeurs et étudiants.

Une des premières tâches qu'il a réalisées au CNA fut la mise sur pied d'un programme pour les jeunes artistes, lequel a permis d'accueillir de jeunes chefs pour la première fois l'année dernière. Il désire instaurer pour les jeunes chanteurs un programme, unique en son genre, qui comprendra des leçons de diction, des cours de théâtre et la présentation d'un opéra en version concert.

Quand on lui demande de choisir entre l'interprétation, la direction d'orchestre ou l'enseignement, il se sent incapable de trancher: « Les trois sont essentiels. » Le plus important reste certainement le don de la musique à un plus grand nombre. « La musique me nourrit, explique-t-il. Je ne suis jamais fatigué quand je l'écoute. Je l'entends et je dois y réagir immédiatement. » Non, rien ne saura l'arrêter.

LEONARD BERNSTEIN


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"On ne vend pas la musique. On la partage."

"Pour justement détester la musique moderne, il faut la connaître. Ainsi, on pourra la détester plus intelligemment. Ou bien, sait-on jamais, l'apprécier"


Premier Américain invité à l'Orchestre symphonique de la Scala de Milan, en 1953, premier Américain à être nommé directeur musical de l'Orchestre philharmonique de New York, en 1958, Leonard Bernstein est également le premier chef d'orchestre au monde à se voir décerner, à son départ, le titre honorifique de 'chef lauréat'.



Chef d'orchestre et compositeur américain né le 25 août 1918 à Lawrence, Massachusetts, mort le 14 octobre 1990 à New York

Issu d'une famille de juifs russes immigrés, Bernstein, pianiste de talent, chef d'orchestre fougueux, compositeur populaire, va être, jusqu'à sa mort, l'un des personnages les plus en vue de la musique américaine.Diplômé d'Harvard, il étudie le piano et la direction d'orchestre (avec Fritz Reiner) et l'orchestration à Philadelphie. Il fait des arrangements musicaux sous le pseudonyme de Lenny Amber. Chef assistant d'Arthur Rodzinski à l'Orchestre Philharmonique de New-York, il est amené à remplacer Bruno Walter, et c'est le début d'une grande carrière de chef d'orchestre.De 1945 à 1948, Bernstein dirige le New-York City Center Orchestra. En 1953, il est le premier chef américain invité à l'Orchestre Symphonique de la Scala de Milan. Puis encore le premier américain à être nommé directeur musical de l'Orchestre Phiharmonique de New-York (1958). L'Orchestre lui donnera, à son départ, le titre honorifique de «chef lauréat» jamais décerné auparavant. A partir de 1969 Bernstein mène une carrière de chef invité dans le monde entier (Orchestre Philharmonique de Vienne, Philharmonie d'Israël, Orchestre Symphonique de Londres, Orchestre National de France...) et il consacre davantage de temps à la composition.

Comme chef d'orchestre Bernstein a fait connaître la musique contemporaine en créant des oeuvres de Ives, Poulenc, Messiaen, Copland, Henze, Barber...

En plus de la composition, les activités de Bernstein ont toujours été multiples : concerts, enseignement, conférences, il joue également en soliste des concertos de Mozart, Ravel et Gershwin, et publie aussi quelques poèmes.

La gloire est venue en 1957 lorsque Leonard Bernstein a composé la comédie musicale West Side Story pour Broadway, dont il a été tiré un film. Mais il a écrit aussi des oeuvres pour orchestre (notamment trois Symphonies), de la musique de chambre (Brass music, 1948 ; Red, White and Blues pour trompette et piano, 1984), un opéra (Trouble in Tahiti, 1952), une opérette (Candide, 1955), de la musique sacrée (Messe, 1971), des musiques de scène (Wonderful town, 1953 ; A Quiet place, 1983), et de nombreuses musiques de film...

Le style de Bernstein mêle le jazz, la musique populaire, le choral religieux, les songs, l'opéra italien, la pop music... On retrouve dans ses oeuvres les influences de Stravinsky, Copland, Mahler et Hindemith. Dans un langage universel et accessible, il parvient à traiter certains grands thèmes, celui de la condition humaine, celui de la foi perdue et reconquise.brahms

C’est en 1947, qu’il dirige pour la première fois l’orchestre philharmonique de Tel-Aviv et en 1957, il est le chef d’orchestre du concert d’inauguration de la Maison de la Culture de Tel-Aviv. Durant des années, il fait de nombreux enregistrements avec l’orchestre philharmonique d’Israël. En décembre 1963, il dirige cet orchestre qui joue sa troisième symphonie «Kaddish» en grande première mondiale. Au cours des répétitions de «Kaddish», le 22 novembre 1963, le Président John Kennedy est assassiné et la troisième partie de la symphonie, à laquelle Léonard Bernstein était en train d’apporter ses dernières retouches, sera dédiée au souvenir de John Fitzgerald Kennedy a7fr


1957 27 septembre
West Side Story : première à Broadway
La comédie musicale de Leonard Bernstein débute au "Winter Garden" sur Broadway, à New York. Dès les premières représentations, c'est un véritable succès. Le mythe de Roméo et Juliette dans les quartiers populaires new-yorkais des années 50 sera joué 734 fois avant son adaptation au cinéma en 1961. linternaute


'Lenny' nous apparaît ainsi plutôt fragile et même ambivalent, à la sexualité double, qui tout en affichant le plus beau couple américain, avec son épouse Felicia, dès 1951, fut d'une nature 'janusienne'.
Le voici le grand et mémorabe Lenny, interprète magnifique et flamboyant, capable de l'extrême, toujours digne et impérial, sachant comme peu avec lui, transcender l'instant musical du concert. En particulier lorsqu'il s'agissait de Mahler ou de Tchaïkovski, ses auteurs de prédilection avec lesquels il s'identifiera tout au long de sa carrière. Comme interprète, il trouvait que le temps passé à diriger, amputait son travail d'écriture. Impossible équation qui cependant n'empêcha pas l'immense artiste de donner la valeur de son talent artistique.

Et la question brûlante, s'énonce d'elle-même: quelle partition aussi cohérente et fulgurante que West Side Story (chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre, créé dès 1957), mérite in fine d'incarner le style Bernstein? classiquenews

SUZANNE HAIK-VANTOURA



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"A force de déductions et d'expérimentations ", elle parvint à « décoder » les 19 signes posés au dessus et au dessous du texte hébreu, parmi les voyelles, et proposa un code musical pour la prosodie cantilée et la psalmodie biblique : une source merveilleuse « pour interroger chaque verset et chaque mot de l'antique prière, comme si ses rythmes battaient la pulsation du monde... ». André Chouraqui

La musicologue, organiste et compositeur Suzanne HAIK-VANTOURA est décédée en Suisse, à Lausanne, le 22 octobre 2000. Née en 1912 à Paris, Melle Vantoura avait rejoint le CNSM où elle obtenait plusieurs prix d’écriture. Mariée à Maurice Haik, elle commença par se consacrer à l’enseignement et à la composition. C’est ainsi qu’on lui doit notamment un Quatuor à cordes, sept Motets, un Poème pour piano et orchestre et un poème liturgique, Judas le pieux. Egalement organiste, elle avait rejoint en 1969 les rangs de l’Union des Maîtres de Chapelle et Organistes, alors présidée par Henri Busser. Peu de temps après elle se passionnait pour le mystère du sens des signes musicaux contenus dans la Bible hébraïque et réussissait à en retrouver le sens puis à en établir une grille de lecture. Elle put ainsi faire éditer cinq mille versets dans leur mélodie originelle et a publié en 1976 le résultat de ses travaux dans son livre La musique de la Bible révélée. Une notation millénaire décryptée (Ed. Robert Dumas, 503 pages, fort in-8). Ses recherches sont actuellement poursuivies par Gilles Tiar dans un institut créé en Israël, portant le nom de " Shir Hashirim ". Elle résida longtemps dans un appartement de la rue d’Artois (Paris, IXe), non loin de la maison où mourut, en 1863, le poète et romancier Alfred de Vigny.musimem



Avant la création de l'homme

De quand date la musique ? La Bible nous répond : d'avant la création de l'humanité. En effet, le Seigneur demande à Job : “Où étais-tu quand je posais les fondations du monde... Quand les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse, alors que tous les fils de Dieu poussaient des cris de joie ?” (Job 38:4,7).louange


Quelle est la signification du mot Sela (traduit par « Pause » en français) ?
On retrouve ce mot dans les Psaumes de David et dans le livre d’Habakuk. Les spécialistes ont spéculé sur sa signification depuis l’an 270 av. J.-C., au moment où l’Ancien Testament était traduit en grec. Comme les psaumes sont en réalité des chants, accompagné de musique, plusieurs conclurent que Sela avait à faire avec des instructions musicales. Ils croient que Sela n’est pas un mot qui est chanté mais qui plutôt disait aux musiciens de jouer plus fort ou plus vite, ou encore de reprendre un verset, etc.
Toutefois, Mme Suzanne Haik-Vantoura, experte en musique, nous en offre une vue différente et plus appropriée. Son livre, intitulé La Musique de la Bible Révélée dit que Sela n’est pas une directive. En fait, elle conclut qu’il fait partie des paroles. Bien qu’elle n’en donne aucune définition formelle, elle croit que, tout comme le mot Amen à la fin d’une prière, Sela sert à souligner l’importance ou la réalité de ce qui vient d’être dit.thercg

MORITZ HENLE


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Moritz Henle


Moritz Henle (7 août 1850 - 24 août 1925) était un compositeur allemand de la musique liturgique et chantre de la réforme du mouvement juif.

Henle est né dans la ville de Haute-Souabe Laupheim à un moment où il était plus important Laupheim communauté juive dans le royaume de Wurtemberg.Il était le septième de onze enfants. La famille de sa mère, Klara Adler avait été résidents de Laupheim depuis le 18ème siècle. En 1847, elle épousa Elkan Henle, qui était venu de Laupheim Ichenhausen. Elkan Henle était un maître verrier hautement respectée qui a conçu et exécuté la nouvelle salle de prière protestants au château Großlaupheim en 1847. Demeurant la preuve de son intérêt artistique est le portail du cimetière juif de Laupheim, qui a été conçue par Elkan Henle.

Dès son jeune âge, Henle a montré un talent pour la musique. Il a été membre de la chorale de garçons dans la synagogue de Laupheim.Il était intéresse d'apprendre à jouer du violon et du piano et a été encouragé par ses parents dans ces efforts. En raison de l'aide financière initiale de la Simon Heinrich Steiner, l'un des co-fondateurs de Hopsteiner, Moritz Henle a été en mesure de rejoindre le conservatoire à Stuttgart où il a assisté à des cours de piano, violon et chant. Toutefois, après deux ans Henle dû quitter le conservatoire puisque ses parents n'étaient pas en mesure de payer les frais de scolarité plus longtemps. Il a été contraint de faire carrière dans un métier plus sûr, à savoir l'enseignement. En 1864 Henle est allé à la formation des enseignants des collèges à Esslingen, où il a reçu, entre autres sujets plus laïque, la formation en tant que professeur d'éducation religieuse.

Après l'achèvement de la formation des enseignants en 1868, Henle commencé son premier emploi en tant que professeur et chantre à Laupheim, où il a également donné des leçons de musique à l'école primaire juive, ont contribué à des services à la synagogue Sabbats et durant les jours fériés.Il a été le directeur de la chorale Frohsinn juif ( "Cheerfulness"), et fondé un chœur mixte de la synagogue et a participé à des concerts publics. Après la fin de la guerre franco-prussienne de 1871, le conseil municipal a commandé seulement 21 ans Moritz Henle pour composer un hymne de paix, qui a été réalisée par la ville aux trois chœurs masculins, comment un signe fort de son talent musical a déjà été estimé.

En 1873 Henle allé à Ulm à devenir hazzan nouvellement construit à la synagogue. Comme il n'existe pas d'école primaire juive à Ulm, Henle a été en mesure de se concentrer sur le service religieux, de diriger le choeur, la musique et l'éducation religieuse. Il a également été en mesure de reprendre ses études, même à temps partiel, au Conservatoire de Stuttgart, où il s'est inscrit à des cours de chant et la composition. En 1876, il a passé son deuxième examen professionnel afin d'être pleinement qualifié pour enseigner et un an plus tard, il a également passé le plus élevé cantor examens.

Pendant ce temps son talent et sa réputation était venu à l'attention de Max Sänger rabbin de Hambourg en 1879 et a été invité à se produire lors de la réforme de la synagogue, Israelitischer Tempel Poolstraße, à Hambourg, avec la perspective d'obtenir un permis d'occupation. On lui a également demandé d'accomplir à Königsberg, Prusse-Orient, mais a quitté le poste de cantor à son ami Edouard Birnbaum et décidé d'accepter l'offre de Hambourg. Il a immédiatement commencé son travail à Hambourg en formant un chœur mixte. Un membre du chœur mixte a été Franziska Caroline Herschel qui était lié à Moses Mendelssohn. Ils se sont mariés en 1882 et depuis cette date Henle accompagné de son épouse au cours de ses spectacles ainsi que des fonctions officielles. Ils ont eu trois enfants, Alwin, Paul Wiliam et Albertine.

Il est remarquable que Henle principalement composé de choeurs mixtes accompagné d'un orgue. En tant que cantor, il a travaillé principalement dans les communautés religieuses juives dont la liturgie englobe l'utilisation de cet instrument ainsi que des choeurs mixtes. Tous deux ont été considérées comme étant révolutionnaire à l'époque, compte tenu de la tradition stricte séparation des hommes et des femmes dans la synagogue. Au cours des 34 années en tant que principal cantor à Hambourg, a montré ses talents dans différents domaines. En dehors de la composition, il a travaillé en tant qu'auteur, développé les chœurs de la réforme synagogue, formé de chanteurs et futurs chantres, et a été président de l'Association allemande des Cantors depuis plus de 15 ans.

Henle réintroduit cantillation biblique ashkénaze et à la prononciation Hambourg synagogue. Jusque-là les chantres de la synagogue de Hambourg avait utilisé séfarades récitatif et portugais prononciation de l'hébreu.

La tension entre ces traditions et la culture mouvement réformateur au sein de la congrégation augmenté. Suite à l'idée du mouvement de réforme, Henle introduit de nouveaux concepts de composer plusieurs chansons dont il a, comme à son récitatif, employée traditions de son village natal du sud allemand. Ses compositions ont été également influencée par les œuvres de Felix Mendelssohn-Bartholdy, qui a également eu un impact profond sur Henle ses contemporains. Il a également été largement influencée par les œuvres de compositeurs viennois et chantre Salomon Sulzer.

Ses efforts dans la réforme de la partie musicale de la liturgie à Hambourg ont finalement été un succès et son chœur mixte est devenu célèbre pour ses interprétations ou exécutions qui ont également bénéficié des hasards de la synagogue.

Au moment Henle les compositions étaient très bien considérés et utilisés non seulement par des congrégations de réforme en Allemagne, mais aussi aux États-Unis. Beaucoup de Henle compositions ont été imprimées et publiées, par exemple, en 1900, M. von compositions Henle avec 30 différents hymnes et en 1913 une Haggadah de la Pâque fête à la maison, avec des compositions de Henle et Jacques Offenbach.

Henle est mort à Hambourg en 1925. Son épouse Caroline ont péri dans le camp de concentration de Theresienstadt en 1943.

Dans sa ville natale, Laupheim, une rue a été nommée d'après Moritz Henle.

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EVGUENI KISSIN


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Né en 1971, Evgueni Kissin, enfant prodige qui commença le piano à 2 ans, était encore adolescent quand il entama, au milieu des années 80, une immense carrière internationale. Il a joué avec les plus grands chefs et orchestres et a enregistré une impressionnante discographie saluée par la critique. Chaque récital de ce pianiste talentueux est un véritable événement.

L’entrée en scène de Kissin n’est pas sans rappeler celle de Sokolov : hâtive, décidée, directe. Un bref salut au public et…en selle ! Ici, rien de ces artifices propres à certains cavaliers du clavier : bras ballants avec pseudo décontraction digitale accompagnée d’exercices respiratoires. A peine assis, la longue chevauchée solitaire commence, rythmée de souples inclinaisons du buste et de la tête qui encense le clavier, fantastique parfois quand traversée d’éclairs, de rafales ou de bourrasques. Mais l’artiste, sensible sans doute aux reproches qui lui ont souvent été adressés de privilégier par trop la seule virtuosité au détriment de la « couleur » et du chant, sait aujourd’hui teinter son ciel de tons pastels, de lueurs de couchant, et l’homme pressé sait aussi prendre son temps, quand la chevauchée fantastique, aux horizons crépusculaires d’Impitoyable s’épuise « molto tranquillo » sur la route de Madison. resmusica

Riche d’une carrière d’un quart de siècle, Evgueni Kissin a acquis une maîtrise technique telle qu’aucune œuvre ne semble lui résister, ce qui lui permet de se consacrer pleinement au texte pour en extraire toute la substance. Aussi s’attend on légitimement, en sa compagnie, à entendre toute la musique recelée dans et entre les notes et non pas à un spectaculaire et superficiel show destiné à épater le bourgeois.


Dans la Neuvième Sonate de Schubert, attaquée à peine les applaudissements estompés, il rend indéniablement le caractère versatile de cette musique, ainsi que la douleur méditative de certaines pages. Si le discours est conduit avec science, ce qui se remarque en particulier dans l’Andante molto, l’interprétation de Kissin se révèle par moments maniérée. Bien que le vivant intensément, il communique peu son Schubert et relègue cette sonate au rang de bel objet dont on peine à être ému.


Son Beethoven est par contre plus convaincant et ce n’est qu’avec ces Variations sur un thème original que l’on se rend compte à quel point Evgueni Kissin est parvenu à allier maîtrise technique et lecture philologique élaborée. Portant une attention à chaque note, au point qu’aucune d’elles ne semble isolée et inutile, et donnant une forte cohérence à cette succession d’épisodes, le pianiste russe met en lumière les contrastes de cette partition. S’il ne fait aucune économie de sa puissance dans les Variations de caractère extérieur, il esquisse avec finesse les lignes mélodiques des moments plus intérieurs.


Splendidement déclamés, les Klavierstücke de Brahms bénéficient d’une lecture fougueuse et passionnée. Conscient de la richesse expressive de ces pages, Kissin pénètre une fois de plus au cœur de la musique, mais si les passages Andante sont joués avec une certaine retenue, option tout à fait défendable au demeurant, d’autres souffrent par instants d’un jeu trop tranchant et aux accents exagérément marqués, surtout dans les forte.


Evgueni Kissin entretient une relation très étroite avec Chopin dont il est un interprète reconnu, et ce pratiquement depuis l’enfance (il donne au concert et enregistre à l’âge de treize ans les deux concertos du compositeur). L’Andante spianato et Grande polonaise brillante sonne sous ses doigts de façon très idiomatique mais si le chant n’est jamais sacrifié, son interprétation reste trop souvent démonstrative.


Ne se départant jamais de sa dégaine d’ancien enfant prodige et de son allure de génie solitaire et maladroit, Evgueni Kissin, esquissant à peine quelques sourires au public ravi, saluera ses différentes prestations de façon raide et mécanique, selon une séquence, semble-t-il, immuable depuis des années. Il aura droit, une fois n’est pas coutume, à une standing ovation et conclura la soirée avec une transcription de Carmen donnée de façon spectaculaire, mais non sans esbroufe. Sébastien Foucart

GUSTAV MAHLER


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"Je suis trois fois apatride. Comme natif de Bohême en Autriche, comme Autrichien en Allemagne, comme juif dans le monde entier."

1860-1911
Gustav Mahler est né le 7 juillet 1860 à Kaliste (Bohême) non loin de la Moravie. Il était le deuxième des quatorze enfants de Bernhard et Marie Mahler dont huit mourront en bas âge. D'origine juive, leur situation n'a rien d'enviable dans l'empire austro-hongrois. Leur liberté de mouvement est limitée et seul le premier né avait le droit de se marier. Néanmoins, Bernhard avait réussi à assurer la situation de sa famille en ouvrant un commerce (distillerie). Le jeune Gustav montre des dons pour la musique et fait ses premières études musicales à Iglau, petite ville de garnison de Moravie, là où son père tenait commerce. Sa première oeuvre est une polka avec introduction de marche funèbre qu'il compose à l'âge de six ans. En 1871, il va poursuivre ses études secondaires à Prague puis, à partir de 1875, sur les conseils d'un administrateur local, Mahler est envoyé à Vienne pour y suivre des études au Conservatoire (piano, harmonie, composition). La représentation de Tannhaüser de Richard Wagner en 1875 le bouleverse et l'encourage à la composition. Pendant les trois années qui suivent il écrit quelques pièces très remarquées et qui lui valent des prix de composition. La vie musicale viennoise le bouleverse, lui qui vient d'une petite ville. Il devient l'ami intime d'Hugo Wolf. En 1878, Mahler est diplômé du Conservatoire et il se consacre à la composition. Das Klagende lied sera composé en 1880. Il est à cette époque un des disciples de Bruckner qu'il encourage et pour qui il a le plus grand respect bien que n'ayant jamais été son élève contrairement à la légende établie. Il aura l'occasion de le fréquenter lors de la création de la troisième symphonie du maitre de St Florian.
Le manque de revenus l'oblige après deux ans de privations à se consacrer à des études de chef d'orchestre. Il obtient un engagement pour la saison 1881-1882 au théâtre de Laibach. Début 1883, en raison de ses succès, il est appelé au théâtre de la ville d'Olmütz. Son zèle, ses qualités de chef lui offrent une autre promotion pour l'Opéra de Kassel cette fois (en Prusse). Confronté à la bureaucratie prussienne, il quitte cet opéra deux ans après. Les Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d'un compagnon errant, 1885) datent de cette période. En 1885, il obtient un véritable triomphe de chef d'orchestre avec la représentation des Saisons de J. Haydn. Il est nommé à Prague en 1885 puis à Leipzig en 1886 où il devint l'assistant d'Arthur Nikish. Mahler est obligé de donner sa démission en 1888 à la suite d'un scandale. Il avait séduit la femme de von Weber, petit fils du compositeur, commanditaire d'un opéra. Malgré le succès de l'opéra cette affaire causera beaucoup de tort à sa carrière. A vingt huit ans il est nommé Chef d'orchestre à l' Opéra de Budapest en 1888. Il choque les musiciens, les critiques et le public par ses innovations. L'année 1890 est éclairée par la rencontre avec Natalie Bauer-Lechner. Jeune violoniste, elle se dévoue entièrement au compositeur. Il est nommé à Hambourg en 1891 où il restera six ans. Cette période lui est bénéfique et malgré les démélés avec les autorités administratives et les critiques défavorables. Il aura l'occasion de travailler avec Hans von Bülow, Mengelberg, Tchaikowski (pour l'opéra Eugène Onéguine) et Richard Strauss. Mahler devient un des grands chefs d'orchestre de son temps. A cette époque, il termine se Deuxième symphonie "Résurrection". Bruno Walter, célèbre chef d'orchestre du début du 20ème siècle travaillera avec le compositeur et deviendra un grand interprète de ses oeuvres. Mahler, à peine âgé de 35 ans jouit en cette fin de siècle d'une spectaculaire renommée internationale.

Mahler a des visées sur l'opéra de Vienne mais il devait auparavant devenir catholique. Il le fit relativement facilement car il était juif de naissance mais non de conviction. Il devient Kapellmeister de l'Opéra de Vienne en 1897 et investi de pouvoirs considérables. Mahler atteint le sommet de sa carrière de Chef d'orchestre en devenant le patron de la première scène lyrique au monde. Sa première saison est triomphale et il devient directeur de l'Orchestre Philharmonique de Vienne après la démission de Richter. Les critiques de la presse se font, malgré le succès populaire, de plus en plus vives. En 1901, au bord de la déprime, Mahler fait connaissance de Alma Maria Schindler âgée de vingt trois ans, fille du peintre Emil Schindler, cultivée et ravissante. Considérée comme la femme la plus belle de Vienne, c'est le coup de foudre et ils se marient quelques mois plus tard. Deux filles, Maria en 1902qui décède d'une scarlatine à quatre ans et demi et Anna en 1904, naitront de cette union

Pendant l'été 1905, Mahler termine sa Symphonie n° 6 et ses Kindertotenlieder (chants pour les enfants morts). Il réalise un triomphe avec la représentation des opéras de Mozart pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance. Il est à noter qu'il est le premier à avoir fait jouer entièrement les opéras de Mozart et Wagner, ceux-ci étant l'objet jusqu'alors de fréquentes coupures. En 1907, ses talents de compositeur commencent à être reconnus mais il donne sa démission de l'opéra de Vienne usé par le travail, les cabales antisémites montées contre lui et l'inconstance du public viennois. Profondément affecté par la perte de sa fille Maria, il apprend qu'il est lui-même atteint d'une maladie cardiaque. Mahler signe alors un contrat avec le Metropolitan Opera de New-York et il quitte l'Europe en 1907.

Retenu à New York trois mois par an, aux côtés de Toscanini, il a la chance de travailler avec des chanteurs prestigieux tels que Caruso. Le public new-yorkais lui fait un accueil chaleureux. Il ne revient en Autriche qu'en été pour la composition de ses dernières oeuvres : Das Lied von der Erde (le Chant de la terre, 1909) – en six parties pour mezzo-soprano, ténor et orchestre, la Neuvième Symphonie, 1910). Il ne pourra terminer la Dixième symphonie à l'instar de Beethoven, Schubert, Bruckner. A la suite d'une crise conjugale, il dédie sa Huitième symphonie à sa femme. Sa création sera l'un des rares triomphes de sa carrière de compositeur. Il regagne péniblement Vienne et décède, exténué, le 18 mai 1911. Comme prise de remords, Vienne lui fait des funérailles impressionnantes. Sur sa tombe juste son nom : "ceux qui viendront me voir sauront qui je suis, les autres n'ont pas besoin de le savoir".

Si Mahler fut un des plus grands chefs d'orchestre de son époque, il aura beaucoup de mal à s'imposer, de son vivant, en tant que compositeur. Il est considéré comme le dernier compositeur "romantique".membres lycos

DAVID GREILSAMMER


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"Une émotion qui imprime une marque profonde sur l’âme de l’auditeur" Il Gazzetino di Venezia

" Son toucher est à la fois délicat et riche. Sa prestance devant le public est celle d'un maître " Chopin Magazine Japan


“J’ai toujours été passionné par l’aventure musicale, un musicien est un voyageur qui se confronte à toutes les cultures, s’enrichit de toutes les rencontres. Explorer les œuvres et les compositeurs, cela fait partie de son voyage. Il y a des chefs-d’œuvre oubliés ou qui ne sont pas joués, cela m’intrigue. J’aime fouiller, chercher, trouver une voie singulière, penser un programme où les œuvres se répondent, se font écho et faire partager au public ce plaisir de l’inattendu, de la création.”


Né à Jérusalem en 1977, c’est très tôt que David prend des cours de piano. Agé à peine de six ans, ses parents l’inscrivent au conservatoire Rubin de Jérusalem. La passion musicale est immédiate. En quelques mois, il remporte à Tel-Aviv la bourse de la fondation Amérique-Israël qui lui sera dès lors attribuée à plusieurs reprises.

Déjà la musique prend une place importante dans sa vie. Il s’envole pour Florence et Paris pour suivre ses études de piano. A neuf ans, le voilà lauréat au concours international de piano à Litz, en Italie. De retour en Israël quelques années plus tard, David Greilsammer est pris sous l’aile du pianiste et chef d’orchestre Yahli Wagman avec qui il étudie.

Arrêté dans son élan par le service militaire obligatoire en Israël, David est admis, après ce « répit », en tant qu’étudiant boursier dans la classe de piano de Yoheved Kaplinsky à la Julliard School de New York. Travail sans relâche autour de cet instrument musical, il est accepté au cycle d’études supérieures de la prestigieuse école pour y suivre des cours de direction d’orchestre et de piano. L’occasion pour lui d’accéder à l’enseignement intensif du célèbre pianiste Richard Goode.

Récompensé en 2004 par le Premier Prix de la Julliard Concerto Composition, David Greilsammer sort victorieux de ses études. Mais ceci n’est qu’un début. Au succès scolaire suit de près le succès public et médiatique. Le voilà en tournée en France, aux Etats Unis, au Mexique, en Angleterre….

On le retrouve la même année au Lincoln Center de New York sous la direction de James Conlon, acclamé par la presse new-yorkaise. Le triomphe est tel qu’il ouvre 67e saison de l’Orchestre Symphonique de Jérusalem en novembre 2004. S ‘en suivent des contributions pour le festival de Radio-France et Montpellier, mais aussi l’Orchestre Symphonique de Haifa et l’Orchestre National d’Ile de France sous la direction de Yoel Levi en 2005.

Ovationné par le public comme « artiste d’imagination unique en son genre, David Greislammer est passionné par l’innovation, la nouveauté et la création ». « Son intérêt prononcé pour des répertoires sortant de l’ordinaire l’a conduit à donner des récitals composés de programmes surprenants au cours des dernières années. En 2004, David Greilsammer a donné la création américaine du concerto pour le piano et orchestre n°2 d’Erwin Schulhoff, compositeur juif tchèque mort dans un camp de concentration en 1942. »

Aujourd’hui, ses concerts sont fréquemment repris par les radios et télévisions comme France Musique et Mezzo. Pianiste et chef d’orchestre, il se produit en solo ou en soliste dans de grands orchestres symphoniques. On peut ainsi le retrouver dans des concertos pour piano de Mozart à Paris, Londres, New York ou Philadelphie comme au Mexique au « festival Internacional de Musica Las Galas ».

David Greilsammer a profité de l’anniversaire des 250 ans de la mort de Mozart pour sortir son premier album. Enregistré en septembre 2005 à l’académie des Arts et des Lettres de New York, «Mozart: Les premiers concertos pour piano » est paru en mars dernier. L’occasion de redécouvrir le compositeur autrichien réinterprété par notre chef d’orchestre. tv5 portrait


David Greilsammer, « Mozart: Les premiers concertos pour piano » chez Vanguard.

GIACOMO MEYERBEER


BIOGRAPHIE
INSTITUT
FAN
MUSIQUE
OPERA
RIENZI
WAGNER


Jakob Liebman Meyer Beer 1791 - 1864
Berlin, 5 septembre 1791/Paris, 2 mai 1864

"M. Meyerbeer, le plus heureux des compositeurs dans cette vallée de larmes […] L’auteur du Prophète a non seulement le bonheur d’avoir du talent, mais aussi le talent d’avoir du bonheur. Il réussit dans les petites choses comme dans les grandes, dans ses inspirations et dans ses combinaisons savantes, comme dans ses distractions." Berlioz


Issu d’une riche famille juive de Berlin, Meyerbeer étudie avec Lauska et Clementi, puis avec Zelter et Anselm Weber pour la composition, enfin avec l’abbé Vogler, qui achève de le former. Ses premiers opéras sont un échec, à Berlin comme à Vienne. En 1816, il se rend en Italie, où il a la révélation de la musique de Rossini. Il écrit alors six opéras italiens, dont le dernier, Il Crociato in Egitto, représenté à Londres puis à Paris, lui assure la célébrité dans toute l’Europe. En 1827 Meyerbeer commence une fructueuse collaboration avec Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à Paris en 1831 avec un immense succès. Avec les six autres œuvres écrites pour la capitale française (dont L’Africaine, créée après la mort de son auteur, en 1865), Meyerbeer a fixé pour longtemps les canons du « grand opéra » et s’est assuré tout au long de sa carrière le prééminence dans ce genre : le jeune Wagner l’imitera servilement avant de s’en affranchir ; Verdi lui-même devra se soumettre aux règles dramatiques qu’il avait fixées, lorsqu’il écrira pour Paris. La carrière française du compositeur, seulement interrompue par un séjour à Berlin, d’ailleurs malheureux, de 1842 à 1848, fait montre d’une remarquable longévité. Pourtant, après sa mort, sa renommée fut très rapidement éclipsée, en particulier par Wagner, et ses œuvres ont peu à peu disparu du répertoire. Le disque et quelques trop rares reprises ont cependant évité à ses œuvres de tomber dans un complet oubli, et permis au public moderne de mieux prendre la mesure de son importance dans l’évolution des procédés dramatiques et dans l’histoire de l’opéra.

Meyerbeer est l'un des musiciens les plus célèbres de son temps car ayant trouvé sa voie dans l'opéra romantique français, il a composé un type d'opéra particulièrement grandiose dans lequel tous les rapports d'équilibre sont savamment pesés. Il a su s'adapter à la déclamation dramatique française tout en restant allemand dans l'harmonie et l'orchestration massive, et italien dans la mélodie.

SALOMONE ROSSI


HISTOIRE
CHANTS
RENAISSANCE
MODERNE
ARCHE
DAVID
MADAME EUROPA





Le juif de Mantoue et la musique judéo baroque


Un des premiers grands compositeurs juifs qui nous soit parvenu depuis le légendaire roi David fut le violoniste Salomone Rossi.
Il était à l’apogée d’un courant réformateur qui avait commencé dès le début du XV éme siècle, visant à offrir une musique d’art attractive au judaïsme. Et cette idée circulait dans certaines communautés d’Europe occidentale.et ce contre la résistance des communautés juives qui ne voulaient pas entendre parler du monde extérieur. Je parle bien du XVI siècle et toute coïncidence serait fortuite, bien sûr, avec aujourd'hui...
Certains musiciens s’essayèrent même à concilier les traditions juives et chrétiennes, tel Salomone Rossi (de son vrai nom Salomone Me-ha-Adumin), qui écrivit une série de psaumes polyphoniques (dans la tradition occidentale) pour l’usage de la synagogue (Ha Shirim Asher Li Sh'lomo - 1623).
Un mouvement se constitua avec l’aide de quelques rabbins éclairés (celui de Modène, celui de Venise). Il ne dura pas longtemps.
Sachez que c’est grâce au baron de Rothschild que la musique de Rossi nous est parvenue car il acheta, 200 ans plus tard, au hasard de ses voyages, les manuscrits enfin retrouvés de ce compositeur. La première édition moderne aura lieu en 1876, et le doux rossignol des synagogues depuis se fait à nouveau entendre.



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