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NACHMAN KROCHMAL


BIO
FICHE


Title page from Nachman Krochmal's Guide for the Perplexed of the Time


Nachman Krochmal publie en 1851 un Guide des égarés de notre temps qui tente d’offrir une alternative historico-philosophique à ce qui lui semble devoir être la dissolution du judaïsme

Nachman Krochmal (1785-1840), né en Galicie, il resta sa vie durant à Zolkiew. Son seul ouvrage Moreh nevoukhei ha-zeman, dont le titre est un rappel du grand œuvre du philosophe médiéval Moïse Maïmonide, le Guide des égarés, fut d’abord publié, à titre posthume par Leopold Zunz, puis réédité par Simon Rawidowitz, Kitvei Rabbi Nahman Krokhmal; The writingsof Nachman Krochmal, Ararat-Londres- Waltham, MA, 2e édition, 1961. monderusse


Krochmal et Rapoport surent découvrir et mettre en œuvre de nombreux matériaux, d’où ils tirèrent des informations précieuses pour l’histoire des Juifs. Leurs recherches eurent encore un autre avantage, elles encouragèrent plusieurs autres savants à entrer dans cette voie et suscitèrent entre eux une émulation féconde. Aussi suffit-il d’une trentaine d’années pour faire surgir le passé du judaïsme des décombres que les siècles avaient accumulés sur lui et pour le montrer dans son brillant éclat. Krochmal et Rapoport furent les fondateurs d’une nouvelle école, qu’on peut appeler l’école galicienne.

Nachman Krochmal (né à Brody en 1785 et mort à Tarnopol en 1840) rappelait, par son amour pour la science et son esprit critique, le savant Azaria di Rossi, qui vivait au XVIe siècle. Marié à quatorze ans, il s’établit à Zolkiev, où dominait encore, dans l’enseignement talmudique, la méthode polonaise. liais, en secret, il étudiait ardemment ta littérature hébraïque et lisait même des ouvrages de philosophie allemande, surtout ceux de Kant. Ces livres avaient pour lui l’attrait du fruit défendu, car les ultra orthodoxes et les Hassidim de Pologne interdisaient avec la dernière rigueur toute autre étude que celle du Talmud et de la Cabale. Il amassait ainsi dans son esprit, à côté de ses vastes connaissances talmudiques, des notions d’autres sciences, battant en brèche l’autorité du Talmud. Mais Krochmal n’était pas fait pour la lutte. De santé débite, il était très timide et évitait avec soin tout ce qui pouvait troubler sa tranquillité.

Pourtant, en rase campagne, là où il n’avait pas à craindre d’oreilles indiscrètes, il ouvrait les trésors de son savoir à quelques initiés. Ses disciples, familiarisés avec le Talmud et habitués, par conséquent, à deviner les plus obscures allusions, le comprenaient à demi-mot. Du reste, ses recherchés comme son enseignement furtif se distinguaient par une grande clarté. L’étude de la philosophie allemande avait imposé à son esprit une sévère discipline et l’avait habitué à une rigoureuse logique.

Krochmal se croyait des aptitudes toutes spéciales pour la philosophie, bien qu’il n’est produit rien d’original dans ce domaine. Mais il sut émettre des considérations philosophiques très profondes sur l’histoire, en général, et particulièrement sur l’histoire juive. Il indiqua la manière d’utiliser l’immense compilation talmudique au profit de l’histoire et de mettre en lumière des détails à peine perceptibles ou des traits à moitié effacés. Sans doute, les résultats de ses recherches n’offrent pas toujours une certitude absolue. Mais, grâce à son esprit sagace et à sa passion pour ce genre de travaux, il ne se trompa pas souvent. De plus, il inspira l’amour de ces recherches à ses disciples et les accoutuma à l’emploi de sa méthode. Bientôt, sa réputation s’étendit au delà des frontières de son pays, et la communauté de Berlin, malgré son antipathie pour les Polonais, l’appela comme rabbin. C’est qu’il était considéré comme un des principaux représentants de la science juive de cette époque et comptait en Allemagne de nombreux admirateurs.

Parmi les élèves de Krochmal, le plus doué et le plus brillant fut sans contredit Salomon-Juda Rapoport (né à Lemberg en 1790 et mort à Prague en 1867). Le disciple éclipsa même le maître. C’est que Rapoport eut, dès le début, le courage de publier ses découvertes, sans se laisser intimider par les menaces des obscurants ; il ne cessa d’opposer une fière vaillance à leurs attaques plus ou moins dissimulées. D’une affabilité séduisante, d’une humeur toujours souriante, spirituel sans la moindre méchanceté, Rapoport était partout accueilli avec une profonde sympathie. De bonne heure il sacrifia en partie l’étude du Talmud à la science et à la poésie. Il se sentait surtout attiré vers l’histoire juive, et le premier il fit connaître quelques-uns des principaux représentants de l’esprit juif. Il écrivit, en effet, coup sur coup (1829-1831) la biographie de plusieurs personnages historiques, sur lesquels il répandit une vive lumière, et fit ainsi mieux comprendre le judaïsme et son histoire intérieure.

Bien que Rapoport ne fût que l’élève de Krochmal, c’est pourtant à lui qu’on peut attribuer l’honneur du mouvement scientifique qui se développa si amplement dans le judaïsme. Le fleuve qui s’étend largement sous le ciel, transporte des navires et, en débordant, fertilise les terres voisines, a certainement plus d’importance que la source d’où part un petit cours d’eau coulant, à demi caché, sous le feuillage. Connu au loin par ses travaux, Rapoport fut nommé rabbin de Tarnopot et, peu après, grand rabbin de Prague.
Graetz


Un philosophe juif a proposé une réponse à la philosophie allemande et je terminerai sur sa réflexion qui réfute la vision hégélienne.
Nachman Krochmal est né en Galicie à l’époque de la domination habsbourg. Il appartient à la même génération que Hegel,celle qui suit immédiatement l’Aufklärung. Il représente un cas typique de cette génération. Il a reçu une éducation juive traditionnelle et c’est en autodidacte qu’il complète sa formation. Il a étudié :
« l’hébreu,l’arabe et l’araméen, l’allemand et le français.Il a appris l’histoire de
nombreuses nations et il a étudié la philosophie de Spinoza, Mendelssohn...Lessing et surtout Kant... Jusqu’à ce qu’il accède aux grands auteurs de notre temps, en particulier Schelling, Fichte et Hegel. »
Krochmal rédige Le guide des égarés de ce temps (Moreh Nevuheï Ha-Zman) qui est publié de façon posthume en 1851. Le titre situe directement l’auteur dans la filiation de Maïmonide10. Ce texte est une réponse à Hegel, et Avineri note : « [...] si Hegel s’était vanté d’avoir obligé la philosophie à parler allemand, on peut dire que Krochmal obligea la philosophie hégélienne à s’exprimer en hébreu. »
La structure du texte de Krochmal est effectivement hégélienne. L’auteur met Hegel face au judaïsme et cette confrontation est plus que jamais significative. Alors que la pensée chrétienne, et à sa suite la philosophie moderne, butte sur la question de la survie du judaïsme, pour Krochmal, elle revêt par elle-même une dimension philosophique.
« Krochmal développe sa philosophie de l’Histoire en reprenant ce que Hegel dit de la contribution juive à l’Histoire. Partant de là, il expose sa propre synthèse, assez inattendue,du judaïsme et de l’hégélianisme» Je ne suis pas certaine que cette « synthèse » dont parle Avineri soit si étonnante que cela, ni même qu’il s’agisse d’une synthèse.Étant donné l’importance du judaïsme dans la genèse de la philosophie de l’Histoire, soit dans sa profondeur historique, il est somme toute heureux qu’un juif renvoie Hegel à son incapacité d’expliquer la survie du judaïsme. Krochmal le fait dans le cadre philosophique hégélien, et sa démonstration n’en est que plus intéressante et convaincante.
Krochmal admet avec Hegel que la contribution juive à l’histoire universelle réside dans l’idée du monothéisme, mais il développe cette idée dans une direction originale. Alors que les contributions des autres nations à l’histoire universelle ont été d’une nature particulière,la contribution juive est de nature universelle. [...] la contribution juive, parce que de nature absolue et universelle, ne se
trouve pas liée par le temps ou par l’espace. Elle n’est pas sujette au va-et-vient du développement historique. Le contenu du judaïsme équivaut donc au contenu de la philosophie, à l’Idée.
Pour cette raison, les juifs réussissent à transcender le temps et le lieu.
Krochmal reprend la périodisation cyclique propre à la vision historique juive. Le point de départ du cycle historique contemporain est 1648. Une ère nouvelle a commencé, marquée par les Lumières et l’Émancipation. Néanmoins, le peuple juif ne se définit pas par un moment quelconque de sa propre histoire, mais bien par le fait qu’il « est capable de transcender la temporalité de l’Histoire ». Car,poursuit-il : « Les racines du peuple juif sont, comme celles de tout autre peuple, dans l’Histoire, mais [...] son telos transcende les temporalités et les externalités de la simple existence historique. Le peuple juif est ainsi am olam dans le double sens du terme en hébreu : un peuple universel aussi bien qu’un peuple éternel. »

L’essence du judaïsme est atemporel,parce que«les juifs eux-mêmes apparaissent comme les porteurs de l’universalité absolue. Les juifs, et non les nations du monde, sont réellement universalistes.Ce sont les non-juifs qui sont particularistes.
puq ca

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