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ALFRED NAKACHE



BIO
PORTRAIT
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ARTEM










Alfred Nakache
Constantine le 18 novembre 1915 - Cerbère le 4 août 1983
Le "nageur d'Auschwitz"

Alfred Nakache fait vers l'age de 8 ans ses premières brasses dans les bassins de Sidi M'Cid.
"Celui qu'une certaine presse accusera de souiller les piscines françaises parce que juif, est venu à la natation autant par fanfa-ronnade que par mimétisme envers son idole, Jean Taris. De son parcours sportif il n'a rien à lui envier : quinze titres de champion de France, deux d'Europe, une 4ème place aux JO de 1936 et en 1941, soit 2 ans avant son arrestation, le titre de champion du monde du 200m brasse.
Même au coeur de l'horreur, à Auschwitz, Alfred Nakache sait se conduire en champion, n'hésitant pas à plonger dans un réservoir d'eau glauque pour faire une démonstration de natation et distraire ses codétenus.
A son retour du camp de la mort, Nakache n'aura de cesse de s'entrainer à nouveau dans son club de Toulouse et de remonter sur les premières marches du podium. Ironie du sort, il périra noyé dans le port de Cerbère, victime d'une crise cardiaque."constantine


Sur le plan européen, il a obtenu les records du 100 et 200m.brasse. Il a également le record du monde du 200m.brasse le 4 juillet 1941 à Marseille.
Voilà la belle carrière sportive d’Alfred Nakache, mais en réalité les choses ne furent pas aussi simples. Mobilisé en 1939 dans l’Aviation et champion du monde en 1941,en 1942 Nakache n’était plus un français, ni un sportif de haut niveau mais un Juif. Les lois raciales allemandes étaient intervenues et Nakache s’était réfugié en zone libre à Toulouse ou il était entré au T.O.E.C. Bien que protégé par Mgr Salièges, l’évêque de Toulouse, il fut arrêté le 20 novembre 1943 ainsi que sa jeune femme Paule. Leur petite fille de 2 ans Annie échappe d’abord à l’arrestation mais elle est reprise par les Allemands et rejoint ses parents à la prison St Michel de Toulouse d'ou ils partent pour Drancy, puis en 1944 pour le camp d’extermination d’Auschwitch en Pologne. A l’arrivée Nakache est séparé de sa femme et de sa fille et ne les reverra plus jamais.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Un nageur d’exception, rescapé des camps de la mort, champion avant et après quinze mois dans l’enfer nazi.

Alfred Nakache, le nageur d’Auschwitz. France 3, 0 h 5.

La piscine municipale de Toulouse porte le nom d’Alfred Nakache depuis 1944. À cette époque, Alfred Nakache est donné pour mort dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Le 20 novembre 1943, Alfred, sa femme Paule et leur fille Annie sont arrêtés à Toulouse et incarcérés à la prison Saint-Michel. Un mois plus tard, ils sont conduits à Drancy. Entassés dans les wagons plombés du convoi 66, ils partent le 20 janvier 1944 pour Auschwitz. Alfred Nakache ne reverra jamais sa femme et son enfant. Ils sont morts en déportation. Il n’est certes pas le seul à avoir payé un lourd tribut à la barbarie nazie. Mais son histoire mérite d’être comptée. Alfred Nakache est l’un des meilleurs nageurs de tous les temps.

Petit, ce gamin juif de Constantine n’aimait pas la natation. C’est son frère Robert qui le dit. C’est un peu par hasard qu’il s’est mis à aligner des longueurs de bassin avec un talent tel qu’il devint champion d’Afrique du Nord. Engagé aux championnats de France 1934, il n’est devancé dans sa course que par Jean Taris. Un monsieur. Deux ans plus tôt, à Los Angeles, le bonhomme a été le premier médaillé olympique de l’histoire de la natation française. Médaille d’argent sur le 400 m nage libre. Il a aussi inscrit son nom sur les tablettes des records du monde. Le cinéaste Jean Vigo lui a consacré un film.

Alfred Nakache, solide athlète de 85 kilos, est aussi un champion, l’un des pionniers de la nage papillon, on disait brasse papillon, inventée par l’Allemand Erich Rademacher presque dix ans plus tôt. Il devient champion de France en 1935, dispute les sinistres jeux Olympiques de Berlin en 1936. Termine au pied du podium. Mais l’essentiel est ailleurs. L’antisémitisme fait son triste chemin. Les sportifs allemands en sont les premières victimes.

En 1941, le 7 juillet, alors que la France est humiliée, l’homme au gabarit de troisième ligne devient le meilleur nageur au monde sur le 200 m brasse. Il redonne des couleurs à une France humiliée. Un journal, un torchon antijuif, n’hésite pas à écrire que " Nakache souille les eaux des piscines françaises ". Alfred Nakache doit quitter son poste de professeur d’EPS au lycée Janson-de-Sailly à Paris. Alors que Cartonnet, l’un de ses principaux adversaires des bassins français parade en costume de milicien vichyste, Alfred Nakache est arrêté par la Gestapo.

Il n’est pas le seul sportif déporté à Auschwitz. Il y a là aussi dans les entrailles de la mort, Victor Perez. En 1931, alors âgé de vingt ans, le boxeur est devenu champion du monde des poids mouche en battant l’Américain Frankie Genaro par K.-O. Perez continue de s’entraîner sous la direction du commandant du camp qui manage " ses boxeurs " à la cravache. La boxe était un sursis avant la mort. La force morale de Perez, un encouragement pour ses compagnons, ne lui a pas suffi. Il meurt le 22 janvier 1945 à Auschwitz. Nakache, qui a travaillé à l’infirmerie, en réchappe. Mais le gaillard ne pèse plus que 42 kilos.

De retour à Toulouse, Alfred Nakache est pris en charge par la famille Jany. Celle d’Alex Jany, fameux nageur lui aussi avec ses 37 titres de champions de France, ses 11 records d’Europe et 5 records du monde. Alex est devenu un peu son frère, quand sa famille a désormais pour nom " Dauphins du TOEC ". Nakache se remet à l’eau avec une telle envie d’effacer le temps qu’on lui a volé que, quatre mois après sa libération, il redevient champion de France. Il a trente et un ans, se consacre au relais avec Jany et Georges Vallerey. Et les records tombent de nouveau.

Le 4 août 1983, un homme de soixante-huit ans, réputé bon vivant, s’est noyé dans le port catalan de Cerbère, victime d’une crise cardiaque. Il s’appelait Alfred Nakache ; avait été 15 fois champion de France, avait détenu 9 records de France ; 3 d’Europe et un record du monde : 2’ 36’’ 8 sur 200 m, qui restèrent six ans le temps de référence mondiale. 2’ 36’’ d’éternité.

Claude Baudry

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