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AARON AARONSOHN


BIO








Aaron Aaronsohn est un scientifique, un explorateur, un homme d'affaires et un homme politique, né en 1876 à Bacau en Roumanie et mort le 15 mai 1919 au-dessus de la Manche lors d’un accident aérien.
Aaronsohn est surtout connu pour sa découverte de la mère du blé tout autant que pour son rôle comme fondateur et dirigeant du Nili, un groupe juif d’espion travaillant pour la Grande-Bretagne durant la Première Guerre mondiale. Grâce aux informations fournies par le Nili à l’armée britannique, le général Edmund Allenby (1861-1936) conduit une attaque surprise à Beer-Sheva, contournant les puissantes défenses turques de Gaza.

Il émigre à l’âge de six ans en Terre d'Israël, alors partie de l’Empire ottoman, ses parents s’installant à Zikhron Ya'aqov, une colonie agricole juive, constituée lors de la premiere Aliyah.

Après des études en France, financée par le baron Edmond de Rothschild (1845-1934), Aaronsohn commence à étudier la flore de la Palestine et devient le chef d’un groupe d’expert sur ce sujet.


Lors d’une excursion sur le mont Hermon, il découvre deux pieds de blé sauvage (Triticum dicocoides). Cette importante découverte, tant pour les agronomes que pour les historiens, le rend célèbre à travers le monde, et lui permet de voyager aux États-Unis d'Amérique et d’obtenir un financement pour ouvrir une station de recherche à Atlit.

Après la guerre, Chaim Weizmann (1874-1952) fait appel à lui pour travailler à la Conférence de paix de Paris 1919 de 1919 mais Aaronsohn meurt durant un accident d’avion au-dessus de la Manche. terredisrael



Nili : « Israël survivra pour toujours »

נילי 1917 Organisation clandestine d'espionnage pro-britannique, fondee pendant la Premiere Guerre mondiale, à l'époque du pouvoir ottoman en Palestine et dirigée par l'agronome Aaron Aaronsohn.
Nili est le sigle du verset biblique "Netzah Israël Lo Yeshaker" ("L'Eternel d'Israël ne mentira point", Samuel I, 15, 29)qui lui servait de mot de passe
Nili a été fondée par des Juifs des mochavot persuadés que leur avenir dépendait de la conquête de la Palestine (Eretz Israël) par Sa Majesté britannique.
En février 1917, les premiers contacts furent établis entre le siège du réseau, à Atlit, et le contre-espionnage britannique, au Caire.
Les relations furent maintenues par mer pendant plusieurs mois au cours desquels Nili communiqua aux Anglais des renseignements importants.
En septembre 1917, les Turcs mirent la main sur un pigeon voyageur envoyé d'Atlit en Egypte, ce qui constituait une preuve flagrante qu'il y avait des espions dans la population juive.
La direction du Yishouv et l'organisation Ha-Shomer ne s'étaient pas associées aux activités de Nili. L'un des membres du réseau, Na'aman Belkind,fut capturé par les Turcs. Puis le réseau fut découvert par la police turque et en octobre 1917 des soldats turcs prirent d'assaut la moshava de Zikhron Ya'akov et arrêtèrent beaucoup de gens, dont la soeur de Aaron,Sarah Aaronsohn, qui se suicida après avoir été torturée pendant quatre jours. Les prisonniers furent incarcérés à Damas. Lishansky et Belkind furent condamnés à mort. La mort d'Aaron Aaronsohn dans un accident d'avion en mai 1919 provoqua la dissolution de Nili. naaletsion


Sarah Aharonson , la soeur d'Aaron et la fiancée d'Abshalom Fieneberg naît à Zihron Yaakov en 1890. La Palestine était alors sous domination turque. Témoin des violences turques a l’égard des Juifs, elle fonde en 1915, avec 5 autres personnes, le Réseau NILI (Initiales de « Netzah Israël Lo Yeshaker »- « Le protecteur d'Israël n'est pas trompeur », verset tiré du Livre de Samuel I (15/29). Nili est le nom d'un réseau d'espionnage créé avec le soutien des Anglais, et qui se donne comme but principal l'espionnage des Turcs au service des Britanniques. Les fondateurs et leaders du Nili sont originaires des implantations du Yishouv et issus de l'organisation des Guidonim. On compte parmi eux Aharon, Alexander et Sara Aharonson, Avshalom Feinberg, Yossef Lishansky et Naaman Belkind. Sarah gère, avec l'aide de Avshalom Feinberg, les informations obtenues par le Nili et elle veille au bon fonctionnement de la transmission de messages, entre la ferme expérimentale de Atlit et le navire de liaison anglais posté en face. Suite à l'arrestation de Naaman Belkind et la découverte d'un message secret intercepté par les Turcs, Sara Aharonson sent l'étau des services policiers turcs se refermer. Elle transmet encore quelques messages aux forces britanniques en Égypte.
A l'issue de la fête de Soukkot, en 1917, l'armée ottomane encercle le village de Zihron Yaakov et entame une série d'arrestations suivies d'interrogatoires brutaux. Durant quatre jours, Sara est torturée jusque devant son père âgé et son frère Tzvi, et ce dans le but d'arracher à ces derniers quelque détail sur les activités du Nili. Sarah Aharonson ne divulguera aucune information. Lorsque lui parvient la décision de son transfert dans les geôles syriennes, Sara se suicide. Elle ne meurt pourtant pas sur le coup, et durant encore trois journées elle survit entre les mains des policiers turcs. Sara Aharonson meurt le 9 octobre 1917. Elle est enterrée au cimetière de Zihron Yaakov.
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On n'oubliera pas les autres combattants du reseau Nili :

Avshalom Feinberg
né en 1889, compte parmi les fondateurs du réseau d'espionnage Nili, dont l'activité a lieu durant la Première Guerre mondiale en Palestine. Il est assassiné en 1917 par des bédouins du désert du Sinaï. Son lieu d'inhumation n'est découvert qu'après la Guerre des Six Jours

Naaman Belkind
fut l'un des membres de l'organisation Nili. Il est le neveu du fondateur du mouvement Bilou, Israël Belkind.
Naaman Belkind naît en Palestine en 1889, et grandit dans la ville de Guedera, parmi les Bilouïm. Puis il part pour Rishon LeZion où il travaille dans les caves à vin de la ville.

Yossef Lishansky
il intègre les rangs du réseau Nili dirigé par Aharon Aharonson. De retour de son périple vers l'Égypte où Feinberg trouva la mort, il est arrêté par les autorités turques comme membre du Nili. Yossef Lishansky est alors envoyé dans les geôles syriennes, où il sera torturé et exécuté par pendaison en 1917.

AHARON APPELFELD


PORTRAIT

TEXTE



"La faim, la soif, la peur de la mort rendent les mots superflus "

Il est né à Czernowitz en Roumanie en février 1932
A l'âge de dix ans, après une enfance heureuse, Aharon Appelfeld s'évade du camp de concentration, en Roumanie, à la frontière de l'Ukraine, dans lequel il avait été déporté avec son père en 1941 (sa mère étant déjà morte au début de la guerre). À la fin de la guerre, après plusieurs années d'errance, il s'embarque pour la Palestine. Il doit y oublier son passé, apprendre une nouvelle langue, l'hébreu. Il comprend qu'il est porteur d'un héritage, celui du judaïsme européen, et que son refus équivaudrait à un suicide. Il découvre Kafka. Citoyen israélien, Aharon Appelfeld récuse avec énergie le statut d''écrivain de la Shoah'. Il lui a fallu se forger une langue et créer un monde bien à lui pour accéder à la vérité intérieure qui est l'objet même de sa recherche. Une langue péniblement arrachée au silence, puis au bégaiement, nourrie du yiddish qu'il apprendra tardivement. Il est aujourd'hui un des plus grands auteurs israéliens.

Sa vie.
Aharon Appelfeld a souvent essayé d'écrire son autobiographie : 'J' ai essayé plusieurs fois de raconter tout cela sur un ton documentaire, mais chaque tentative se soldait par un échec. Tout simplement parce que ce quej'ai vécu n'est pas... croyable. Vous ne pouvez pas exprimer la peur et l'angoisse d'un enfant sans utiliser des métaphores. Il m'a fallu, pour rendre à mon histoire sa crédibilité, rompre avec le récit logique, passer par la fiction et me détacher de mes souvenirs.'

Récompenses
Après avoir reçu le prix Médicis, dans la catégorie étranger en 2004, l'écrivain israélien a reçu le prix Nelly-Sachs, délivré à Dortmund pour l'ensemble de son oeuvre, en décembre 2005
evene

Il veut que rien ne s'oublie de cet horrible massacre perpétré par la plus cultivée des nations européennes, au coeur de l'Europe des lumières et de la philosophie, en déshumanisant une partie des humains pour en faire des objets à brûler, à faire disparaître, mais rigueur allemande oblige, en le faisant de manière méthodique, posée, industrielle, efficace. "Alles in Ordnung", tout est en ordre, et les plantations de fleurs et les orchestres jouant pour les pendaisons et non pour les pendus, peuvent pousser au pied des chambres à gaz. Tout est en ordre, tout est comptabilisé, cheveux, dents, peaux pour les abat-jours. Il s'agissait à la fois d'humilier et aussi de se déculpabiliser. On faisait des gens des bêtes, on les traitait alors sans complexe comme des bêtes malfaisantes. Et qui peut se croire coupable de se débarrasser des cloportes, quand on a fait des juifs, entre autres, des cloportes? Et qui plus tard se souciera du sort des cloportes. Action de salubrité publique tout au plus et bonne conscience de tous les acteurs qui font leurs boulots de fonctionnaires de l'horreur.espritsnomades

Salon du Livre Paris 2008
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Regards sur La Litterature Israelienne

EUGENE IONESCO


DOSSIER
ARTICLE
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ACADEMIE
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CITATION
BIBLIOGRAPHIE
CANTATRICE CHAUVE
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"Nous sommes prisonniers à la fois de nos cultures et de nos organismes, et il faudrait chercher, s'il y en a, des vérités plus profondes, des au-delà de cela. " Ruptures de silence

Roumain et Juif. Dans le Bucarest des années 1930 Iosif Hechter, un jeune intellectuel juif, croyait dur comme le fer que ces deux appartenances étaient complémentaires.Il est vrai qu’il avait choisi d’écrire sous le nom de plume–pas très juif– Mihail Sebastian. Prudence, peut-être. Il n’empêche ; il a toujours refusé le choix que voulait lui imposer la société roumaine de l’époque : soit Juif soit Roumain. Un choix qui n’en était pas un car, même pour ses amis les plus chers, un Juif, aussi assimilé eut-il été, ne pouvait être pleinement roumain. Expérience partagée par son ami Eugène Ionesco, juif par sa mère. “Ni son nom, ni son père de souche incontestablement roumaine, ni son baptême chrétien à la naissance, rien, rien, rien ne peut occulter la malédiction d’avoir du sang juif dans les veines”, écrit Sebastian à son sujet

“Je suis comme un évadé qui
sʼenfuit avec lʼuniforme du gardien."


Témoin privilégié des basculements totalitaires du XXe siècle, Eugène Ionesco
assiste, terrifié, à la conversion de la plupart de ses amis et camarades de génération au fascisme. Cette hideuse mutation idéologique constitue la genèse de Rhinocéros : “Le rhinocéros, cʼest lʼhomme aux idées reçues. Dans la pièce, jʼai voulu tout simplement faire le récit dʼune contagion idéologique. Je lʼavais vécue, une première fois, en Roumanie, quand lʼintelligentsia devenait peu à peu nazie, antisémite, “Garde de fer”.” Critique et lucide, le dramaturge sʼoppose au triomphe du pathos nationaliste et au déchaînement des passions sordides, auxquels il préfère lʼindividu et sa finitude, lʼhomme concret, détaché des idéologies : “Lʼhumanité nʼexiste pas. Il y a des hommes.” Vu lʼengagement moral et intellectuel de Ionesco contre le totalitarisme,on a du mal à lʼimaginer à Vichy, entre 1942 et 1944, comme attaché de presse à lʼambassade de Roumanie. Sʼagit-il dʼun “double jeu”,de “duplicité”?

Eugène Ionesco (1909 -1994)

Eugène Ionesco est l’un des rares écrivains dont les œuvres été considérées comme des classiques lors de son vivant. Né en Roumanie en novembre 1909, il émigre définitivement en France en 1942, lors de la Seconde Guerre mondiale, alors que ses origines juives lui font fuir l’Europe de l’Est. Opposé au fascisme, il développe une véritable haine pour toutes les formes d’autorité et une peur des hystéries collectives dont on retrouve les traces dans Rhinocéros, une quinzaine d’années plus tard.

Sa première pièce, qui reste la plus connue, est La Cantatrice chauve, écrite en 1948; elle est suivie de La Leçon et de Jacques ou la soumission, en 1951. La Cantatrice chauve et La Leçon sont toujours à l’affiche au Théâtre de la Huchette, à Paris, sans interruption depuis 1957. Ces pièces ainsi que celles qu’il a écrites dans les années 50 font vite de l’auteur pour qui le théâtre « est le plus souvent une confession » l’un des dramaturges les plus importants du théâtre de l’absurde. Il dira à ce propos, en 1985, qu’il n’a pas utilisé l’absurde pour être comique, mais bien pour illustrer le vide que crée l’absence de valeurs spirituelles.


Eugène Ionesco publie, en 1962, un recueil d’essais, Notes et contre-notes, où il traite de sa pratique d’écrivain et souligne l’esprit de contradiction qui habite son oeuvre. En 1970, il est nommé à l’Académie française et donne, en 1975, sa dernière pièce, L’homme aux valises. Il se tourne ensuite vers le roman et publie d’autres essais et écrits intimes. Ionesco meurt en mars 1994, à l’âge de 84 ans.
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La littérature française n'aurait pas la même physionomie sans l'apport de trois génies venus des Carpates: Ionesco, Cioran et Mircea Eliade. Mais au lendemain de la Libération ces trois enfants adoptifs avaient déjà entre trente-cinq et quarante ans, et un lourd passé derrière eux. Un passé qu'ils ont occulté, aidés en cela par le rideau de fer.
Ionesco, dont le secret est ici dévoilé: sa mère était d'origine juive. Voilà pourquoi les années 1930 sont pour lui un cauchemar. Voilà pourquoi il hait Eliade, Cioran et tous les «Rhinocéros» qui veulent faire de Bucarest un petit Berlin. Voilà pourquoi il se réfugie à Vichy entre 1942 et 1944. L'anticommunisme rapprochera les trois exilés après la guerre, mais ce nouveau combat sera pour Ionesco la suite logique de son refus des totalitarismes. L'homme n'a rien d'un héros. Cependant, pour reprendre deux expressions éminemment péjoratives dans la bouche de Cioran, il aura été toute sa vie un «libéral par fatigue», un «démocrate par raison».lire

"Rhinocéros"
Ce sont eux qui sont beaux.J'ai eu tort ! Oh ! Comme je voudrais être comme eux. Je n'ai pas de corne, hélas ! Que c'est laid, un front plat. Il m'en faudrait une ou deux, pour rehausser mes traits tombants. Ça viendra peut-être, et je n'aurai plus honte, je pourrai aller tous les retrouver. Mais ça ne pousse pas ! (Il regarde les paumes de ses mains .) Mes mains sont moites. Deviendront-elles rugueuses ?

TRISTAN TZARA


DADA
EXPO
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CHANSON
PORTRAIT
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POEME
POESIE

"L'absence de système est encore un système, mais le plus sympathique."

"Si chacun dit le contraire, c'est parce qu'il a raison." - Extrait du journal Die Schammade - 1920

"Tout acte est un coup de revolver cérébral." - Extrait de la revue 391 - Juillet 1920

"Les hommes chantent parce qu’ils ont goûté à la mort."

"Je ne chante pas je sème le temps. "

Né le 16 avril 1896 à Moineşti, Roumanie, mort le 25 décembre 1963 à Paris
De son vrai nom Samuel Rosenstock, Tristan Tzara grandit, aux côtés de sa soeur, dans une famille juive privilégiée ayant réussi dans l'exploitation pétrolière. Il part faire ses études à Zürich et, en 1916, se rend au Cabaret Voltaire, où il récite quelques-uns de ses poèmes. Dada, le mouvement révolutionnaire nihiliste dans les arts, y voit le jour. Tristant Tzara publie les premiers textes Dada, 'La Première aventure céleste de M. Antipyrine', une pièce de théâtre poétique en 1916, et 'Vingt-cinq poèmes' en 1918. Même s'il se dit contre tout mouvement littéraire, il signe également le manifeste du mouvement, 'Sept Manifestes Dada' (1924) et crée la revue Dada. Défendant l'individualisme et la liberté totale des artistes, refusant tout dogme et valeur établis, son anticonformisme lui vaut d'être appelé à Paris pour contribuer à la revue Littérature. Avec André Breton, Guillaume Apollinaire, Philippe Soupault et Louis Aragon, il s'active pour désintégrer la structure traditionnelle du langage. En 1930, lassé du nihilisme, il rejoint le surréalisme et annonce la mort du mouvement Dada en 1922. Tristan Tzara rejoint le Parti Communiste en 1936, essayant de le concilier avec le surréalisme, mais le quitte en 1956, suite à la répression communiste de la révolution hongroise. En 1931 sort 'L' Homme approximatif', suivi de 'Parler seul' (1950) et de 'La Face intérieure' (1953), oeuvres dans lesquels le nihilo-destructeur se mue en poète lyrique plus mature. Tristan Tzara repose au cimetière Montparnasse.evene

la chanson d'un dadaïste
qui avait dada au coeur
fatiguait trop son moteur
qui avait dada au coeur
.....
mangez du chocolat
lavez votre cerveau
dada
dada
buvez de l'eau

Tristan 1923

EDWARD G ROBINSON



FILMOGRAPHIE
FILM
PORTRAIT
BIO







" Je n'ai pas rassemblé l'art, l'art m'a rassemblé. Je n'ai jamais trouvé des peintures. Elles m'ont trouvé. J'ai même jamais possédé une oeuvre d'art. Elles m'ont possédé"


Edward G. Robinson, de son vrai nom Emanuel Goldenberg, naît le 12 décembre 1893 à Bucarest, en Roumanie.

Emmanuel émigre aux États-Unis avec sa famille à 9 ans. Après des études à l'université de Columbia, il s'inscrit à l'Académie d'Art Dramatique de New York et débute au théâtre en 1913.
A l'exception d'une furtive apparition en 1923, ses premiers rôles remontent en 1929.
Le 21 janvier 1927, il se marie avec Gladys Lloyd (1895-1971) mais divorcent en 1956. Ils eurent un fils : Edward G. Robinson Jr (1939-1974).
Il devient donc Edward G. Robinson où il se fera connaître en personnifiant en 1930 "Le Petit César" de Melvyn LeRoy avec Douglas Fairbanks Jr. Prototype d'une galerie impressionnante de personnages de gangsters qui restera sa marque de fabrique.
C'est grâce à ce réalisateur qu'il s'impose : dès 1935, Howard Hawks le réclame pour le film "Ville Sans Loi". Dès lors, il est propulsé au box-office et enchaîne les tournages. Il joue notamment à 2 reprises avec la séduisante Joan Bennett et Fritz Lang dans "La Femme Au Portrait" et "La Rue Rouge" (1945). Ce dernier film est vraiment très noir traitant d'un amour impossible entre les personnages qu'ils interprètent avec une fin aussi surprenante que tragique.
En 1936, il joue avec Humphrey Bogart (encore à ses débuts) dans "Guerre Au Crime". Au fur et à mesure, de très grands réalisateurs le remarque et lui demande ses services : Michael Curtiz dans "Le Dernier Round" (1936) avec Bette Davis et Humphrey Bogart ou encore Raoul Walsh avec "L'Entraineuse Fatale" (1941) avec Marlene Dietrich.
En 1942, il fait également partie de l'incroyable casting de "Six Destins" : Charles Boyer, Rita Hayworth, Ginger Rogers, Henry Fonda, Gail Patrick, Roland Young ou encore W.C. Fields.
Pourtant, dans des oeuvres aussi dissemblables que "Toute La Ville En Parle", "La Femme Au Portrait" (1944) de Fritz Lang avec Joan Bennett et "La Maison Des Etrangers" où il saura prouver l'étendue de son talent de composition.
Sa carrière est au sommet mais comme pour tout individu, un jour ou l'autre, la carrière décline et son âge accentu ses difficultés pour trouver un bon rôle sans compter que la maladie le guette.
Le 16 janiver 1958, il se marie avec Jane Robinson jusqu'à son décès le 26 janvier 1973. Elle est décédée en 1991. Ils n'eurent aucun enfant.
La fin de sa carrière ne fut pas à la hauteur de ses débuts. Le comédien reçut, quelques semaines avant sa disparition en janvier 1973, un hommage d'Hollywood sous la forme d'un Oscar spécial pour l'ensemble de sa carrière. Atteint d'un cancer, Edward G. Robinson était en traitement au Mount Sinai Hospital d'Hollywood lorsque, le 31 décembre 1972, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences décida de lui décerner un Oscar spécial pour l'ensemble de sa carrière.

Sa dernière apparition date de 1973 dans le film "Soleil Vert" avec Charlton Heston.
La statuette lui fut présentée, après l'avoir embrassée, éclata en sanglots, promettant d'être présent à la cérémonie officielle, en mars 1973.

Edward G. Robinson nous quitte le 26 janvier 1973 à Hollywood, en Californie.

Son fils est décédée d'une crisa cardiaque le 26 février 1974 à Los Angeles, soit à peine 13 mois après son père. Il laisse derrière lui un fils et une fille.




"Un personnage était toujours une grande responsabilité pour moi"

"Certains ont la jeunesse, d'autres ont la beauté, moi j'ai la menace"vargen57

MARIN KARMITZ


FILMOGRAPHIE
MK2
PORTRAIT
BIO
ART
ENTRETIEN



"Il faut remettre le cinéma dans la vie, le faire discuter avec les autres arts "

"Le rapport entre le centre et la marge est fondamental. Je suis quelqu’un de la marge, c’est là qu’on peut créer."

"Mettre en scène, c'est être capable d'intérioriser une réalité."

"Putôt que le terme de patron, qui manque de complexité, je préfère ceux d'éditeur et de marchand : le premier aide à naître, le second à vivre."

"Ne pas transmettre ses expériences, c'est castrer l'avenir."

"Le grand talent accepte les critiques."





C'est en raison de la politique antisémite de Antonescu que la famille juive de Marin Karmitz s'exile à Nice alors qu'il a neuf ans. Il y suit sa scolarité et, après son bac, entre à l'IDHEC. Il échoue au concours de metteur en scène mais réussit celui de chef opérateur.
Il travaille bientôt avec Pierre Kaast, Agnès Varda et Jean-Luc Godard. Souhaitant réaliser ses propres films, il crée sa propre maison de production et finance des courts métrages : il réalise alors 'Nuit noire, Calcutta' et 'Comédie'. Après mai 1968, Marin Karmitz délaisse ses recherches formelles pour 'Camarades', l'histoire de la prise de conscience politique d'un ouvrier, puis pour 'Coup pour coup', film pour lequel il est confronté à un problème de diffusion.
C'est la raison qui le pousse à devenir exploitant et à ouvrir, le 1er mai 1974, le premier cinéma 14 juillet à Bastille. Cette activité ne l'empêche pas de relancer ses activités de producteur, métier pour lequel il est bientôt reconnu. Son combat contre les multiplexes, puis contre la carte de réduction cinéma n'aboutissent pas mais font de lui le hérault des professionnels.evene

MIHAIL SEBASTIAN


PORTRAIT
JOURNAL
OEUVRE
L'ACCIDENT

"Je n'ai jamais été aussi vieux, aussi terne, aussi dépourvu d'élan, de jeunesse . Je ne vois plus rien devant moi, toutes les portes sont fermées, tout est inutile, et le suicide semble être la seule solution..."

Mihail Sebastian est né en 1907 à Braila, port danubien de Roumanie. Après avoir erminé le lycée local, il fit des études de Droit, mais fut vite attiré par la vie littéraire intense d'une Roumanie dont les frontières avaient été poussées très loin, avec le doublement de sa population juive, et où les pensées généreuses de la Révolution de 1848 subissaient les influences de Gobineau, Spengler,T.S. Eliot et Ezra Pound, exprimées par le philosophe Nae Ionescu, qui influença beaucoup des amis de Sebastian, dont Emil Cioran et Mircea Eliade.
Sebastian gravita à ses débuts dans ce cercle, dont il prit rapidement des distances, tout en conservant des liens d'amitié qui lui furent reprochés. Mais en Roumanie d'avant-guerre, seuls les nervis fascistes sortaient leurs couteaux dans la rue; les intellectuels laissaient les leurs au vestiaire Il débuta dans le journal de Nae Ionescu, CUVINTUL, puis écrivit, en 1933, un roman-journal intitulé DEPUIS 2000 ANS, avec une préface très antisémite de son maître, dont les positions de droite avaient encore évolué pendant la rédaction du livre (v. LES JUIFS DE ROUMANIE, Los Muestros, p.16, n°23, Juin 1996). Dépité, Sebastian écrivit une suite: COMMENT JE SUIS DEVENU HOULIGAN, puis se tourna vers des oeuvres plus littéraires, comme LA VILLE AUX ACACIAS, et des pièces à succès comme JOUONS AUX VACANCES.
Son activité d'avocat fut arrêtée par l'expulsion des Juifs du Barreau, en 1940, après l'avènement du fascisme en Roumanie. Il vivota durant la guerre avec des situations aléatoires, mais il écrivit deux autres pièces, DERNIERE HEURE et L'ETOILE SANS NOM, et un roman, L'ACCIDENT. La plupart de ses amis roumains conservèrent leurs relations avec lui, l'aidant même matériellement, comme Rosetti qui lui versait un salaire, Sica Alexandrescu, qui monta l'ETOILE, ou Birlic qui lui paya des traductions, mais après la Libération par l'Armée rouge, certains furent mis sur la défensive par la montée des Juifs roumains dans les postes de direction de l'appareil politique communiste. Et Sebastian se trouva écartelé entre des amis qui l'évitaient (mais pas aussi "rhinocérisés" qu'on l'a affirmé par la suite) et ses coreligionnaires qui lui reprochaient ses amitiés, à défaut de pouvoir le récupérer. Il refusa des promotions et se préparait à reprendre une carrière d'enseignant (je l'ai eu comme professeur de français au lycée juif de Bucarest et je me souviens d'un magnifique exposé devant une classe peu attentive, sur le romantisme français en général et sur le roman épistolaire OBERMAN, d'Etienne Pivert de Senancour) lorsque la mort le cueillit, le 29 mai 1945.
C'est un camion soviétique qui mit fin à une vie difficile et à une carrière d'écrivain très prometteuse. H. Carasso

ISIDORE ISOU


LETTRISME
BIO
DEFINITION
ENTRETIEN
POESIE
MAGAZINE
FILM
DOSSIER

"Je crois que de moi on a déjà dit tout le mal qu'on puisse dire. Ce qui me semble original et rare reste le bien qu'on puisse découvrir dans mes actions."

Isidore Isou - Jean-Isidore Goldstein pour l'état civil - est né le 29 janvier 1925 à Botosani (Roumanie). En 1942, il découvre une phrase du philosophe allemand Hermann von Keyserling: "le poète dilate les vocables", qu'il lit "le poète dilate les voyelles" ("vocable" signifiant en roumain "voyelle"). Cette lecture inspirée l'incite à rédiger un premier Manifeste de la poésie lettriste ainsi que divers poèmes de jeunesse qu'il reniera plus tard.
Il est mort le 28 juillet 2007 à Paris

Fondé en 1945 par Isidore Isou, le lettrisme s'attache dans la poésie aux sons, aux onomatopées, à la musique des lettres de l'alphabet, disposées d'une façon arbitraire, plus qu'au sens des mots. Le lettrisme se ramifiant en multiples courants (ultra-lettrisme, hypergraphie, etc.), il importe de revenir à la définition qu'en a donné Isou (dans Bilan lettriste, 1947): «Art qui accepte la matière des lettres réduites et devenues simplement elles-mêmes (s'ajoutant ou remplaçant totalement les éléments poétiques et musicaux) et qui les dépasse pour mouler dans leur bloc des œuvres cohérentes.» La base de l'activité lettriste est donc littéraire

REUVEN FEUERSTEIN


METHODE
CENTRE
SITE
PEDAGOGIE
PEI
CNDP
ATELIER
BIO








Né en Roumanie, Reuven Feuerstein y commence ses études. En 1944, il émigre en Israël où il travaille pour l'organisation «Aliayat Ha'noar». De l950 à 1955, il reprend ses études à l'université de Genève, sous la direction de Jean Piaget et d'André Rey. En 1965 il fonde, avec le Dr Krasilowsky et Mr Tuchman, l'unité de recherche qui devient l'Institut Hadassah­-Wizo-Canada, à Jérusalem. En 1970, il obtient son doctorat en psychologie du développement à La Sorbonne. En 1993, il devient directeur du Centre international pour le développement du potentiel d'apprentissage (ICELP), dérivé de l'institut Hadassah-Wizo-Canada. Ce centre, destiné à l'évaluation et à l'éducation des jeunes présentant des retards intellectuels, est l'aboutissement de plus de 40 ans de recherches novatrices, Reuven Feuerstein a été professeur en psychologie de l'éducation à l'Université Bar-Ilan en Israël et à la Vanderbilt University aux Etats-Unis. Il a publié de nombreux ouvrages et articles scientifiques. Sa théorie et ses méthodes sont étudiées dans le monde entier. Il est docteur honoris causa de l'université de Turin. Au cours de sa carrière, il s'est vu décerner de nombreuses distinctions, dont le prestigieux «Prix d'Israël pour l'éducation». D'innombrables publications (articles, livres, thèses) et des centaines de colloques s'appuient sur ses travaux.


Le Programme d'Enrichissement Instrumental (PEI) Feuerstein est un programme d'intervention conçu pour développer la structure cognitive de la personne. Il se pratique en classe et en individuel avec des populations diverses : autant des enfants en difficulté ou doués que des adultes en formation continue et en entreprise. Le programme vise à corriger les fonctions cognitives déficientes et à augmenter la capacité de réflexion de l'individu : lors d'une situation d'apprentissage formelle ou informelle il pourra apprendre plus efficacement

ALEXANDRE SAFRAN


BIOGRAPHIE
SHOAH
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ETHIQUE
PORTRAIT
CABALE


Né en 1910 dans la petite ville de Bacau, située dans le vieux royaume (Regat), Alexandre Safran est à lui seul un cas unique dans les annales du judaïsme, puisque à peine nommé Grand Rabbin de Roumanie le 4 février 1940 à l’âge de 29 ans, il provoque déjà une exception constitutionnelle. La loi prévoit en effet qu’il siège au sénat et soit élevé au rang de Sénateur du Royaume - seul poste politique encore accordé aux Juifs. Toutefois, l'âge minimum requis est de 40 ans. Il faut alors faire appel à la Haute Cour de Justice - qui statuant sur ce cas exceptionnel - déroge finalement à la règle constitutionnelle. Alexandre SAFRAN représente dès lors les quelques 800 000 Juifs vivant dans le pays. Durant les années noires de la persécution, la communauté juive de Roumanie est livrée aux Gardes de Fer, à la dictature d’Antonescu et aux Nazis. Depuis 1940 la situation s’était nettement dégradée et les mesures drastiques prises par le gouvernement se sont intensifiées : discriminations, confiscations et début des déportations dans d’atroces conditions vers la Transnistrie, région reculée de la Moldavie.
Alexandre Safran alerte les autorités ecclésiastiques et l’opinion mondiale sur le sort réservé aux juifs roumains sous la dictature d’Antonescu et grâce à son rôle déterminant il permettra de sauver la moitié de la population juive de son pays avant d’être expulsé par le régime communiste en 1947. Devenu Grand Rabbin de Genève en 1948, Alexandre Safran va se distinguer en tout premier lieu par son engagement pour le rapprochement judéo-chrétien, domaine dans lequel il est déjà considéré comme l’un des pionniers avec des personnalités comme le Grand Rabbin Jacob Kaplan, l’historien Jules Isaac, le révérend William Simpson ou encore l’abbé Charles Journet. C’est notamment lors de la Conférence de Seelisberg en 1947, dans cette petite commune suisse, située sur les bords du lac des Quatre Cantons, que les divers protagonistes avaient jeté les bases nouvelles des relations judéo-chrétiennes, dont les effets allaient se montrer positifs en ce qui concerne l’attitude de l’Eglise à l’égard du peuple Juif.
Dans les années qui suivent, Alexandre Safran va poursuivre son implication dans ce processus de rapprochement en nouant des relations de confiance avec les plus hautes autorités de l’Eglise, en particulier avec le nonce Roncalli, futur pape Jean XXIII, qui sera à l’origine de la déclaration conciliaire « Nostra Aetate ».
On remarquera d’ailleurs que durant le Concile Vatican II, le cardinal Augustin Béa, représentant le secrétariat romain pour l’unité chrétienne, viendra à plusieurs reprises à Genève pour rencontrer le Grand Rabbin. Aussi à n’en pas douter, Alexandre Safran ne sera pas seulement un témoin privilégié de ces rapports, mais surtout un acteur déterminant.
Devenu professeur à l’Université de Genève et auteur de plusieurs ouvrages comme : « La Cabale » et « Israël dans le temps et dans l’espace », Alexandre Safran effectuera aussi de nombreuses conférences en Israël, aux USA et en Europe. Dans les années 70 il permit encore de soulager la détresse des siens par son action auprès des autorités politiques et œcuméniques au cours de la guerre entre Israël, la Syrie et l’Egypte, obtenant des garanties quant au sort réservé aux prisonniers juifs.
En 1997, il fera un retour triomphal en Roumanie à l’occasion d’une courte visite où il fut reçu par les plus hautes autorités de l’Etat.
Décédé à Genève le 27 juin 2006, Alexandre Safran fut l'une des plus grandes autorités spirituelles du judaïsme contemporain.Jean Plançon

Je m'adresse à celui qui "se joint à la collectivité d'Israël, et que nous devons aimer, même s'il commet toutes les trangressions possibles en succombant à sa misérable inclination" Cet homme qui, disent les sages du Talmud, "agit en communion avec son peuple". C'est le bien de cet homme en Israël qui nous importe, "c'est de lui que nous nous soucions, dont nous sommes responsables et solidaires", et c'est lui "qu'il nous est ordonné d'aimer, d'un amour qui provient du Bien caché en lui"
A. Safran

JOSEPH SCHMIDT



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1904 - 1942
Cantor de synagogue et artiste de radio, chanteur d’opéra étranger aux planches, fuyant le régime nazi, d’abord à Bruxelles puis à Lyon, Joseph Schmidt trouva la mort à trente-huit ans, victime d’une santé fragile qui n’aura pas été ménagée par les velléités antisémites du peuple-même qui l’avait plébiscité quelques années plus tôt. Au-delà de l’artiste maudit dont le destin est aujourd’hui plus célèbre que les talents, il faut saluer en Joseph Schmidt l’une des voix les plus intéressantes de l’entre-deux guerres.

Qu’a-t-elle de remarquable ? On note un médium et un bas médium crasseux voire graillonneux, une élocution allemande dont les juifs eux-mêmes disent qu’elle n’est pas dénuée de couleurs yiddish, un italien plus que problématique et un panache, une niaque, une énergie,… des suraigus, des tonnes de suraigus : à droite et puis à gauche. Des coloratures étonnantes pour un chanteur de cette époque. Au fond, dès lors qu’on admet le principe d’une interprétation définitivement fâchée avec le style (quel qu’il soit) il apparaît impossible de ne pas admettre que Joseph Schmidt ait été l’un des ténors les plus excitants de sa génération.

D’abord, il faut noter que Schmidt, s’il était chanteur d’opéra, n’a que très rarement foulé les planches. Un volume vocal problématique et une verticalité contrariée dans ses élans (Schmidt ne mesurait pas beaucoup plus d’un mètre soixante) l’ont cantonné à une carrière de chanteur de radio, un peu comme sa consœur et quasi-contemporaine Maria Stader (qui, elle, est morte dans son lit douillet à quatre-vingt neuf ans). Car à l’époque, les radios programmaient des saisons entières d’opéra. Voilà pourquoi nous profitons aujourd’hui de ces magnifiques bandes, souvent chantées dans la langue de Schiller et ce quel qu’ait été l’idiome de prédilection du compositeur enregistré. Autres temps, autres mœurs. Mais toujours est-il que cela permit au pauvre Joseph de faire valoir ses talents vocaux dans des répertoires complètement incompatibles. Qui, aujourd’hui, chanterait Un Ballo in Maschera et puis Le Postillon de Longjumeau avec un égal bonheur ?
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BENJAMIN FONDANE


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Né en 1898 à Iasi (Roumanie), a d'abord été un écrivain de langue roumaine ; il a participé aux cercles d'avant garde de Bucarest avant de s'installer à Paris en 1923. Il a poursuivi là, en marge des groupes et des écoles, son oeuvre de poète et de critique. Devenu le disciple du philosophe ruesse Léon Chestov, Benjamin Fondane s'est employé à faire connaître sa pensée et à en developper les implications dans le domaine poétique.
Pednant la guerre, il collabora à plusieurs publications clandestines; dénoncé par la guestapo, parceque juif, il fut déporté à Auschwitz et gazé à Birkenau le 3 octobre 1944.
En 1996 les oeuvres poétiques ont été réeditées.
Cette oeuvre forte et originale n' pas de place qu'elle mérite.
Ardente et lisible, cette poésie ne peut qu'envoûter le lecteur.
Ce roumain qui a écrit en français a trouvé une langue puissante, un ton prophétique, une chaleur communicative.

"souvenez-vous seulement que j'étais innocent
et que, tout comme vous, mortels de ce jour-là,
j'avais eu, moi aussi, un visage marqué
par la colère, par la pitié et la joie,

un visage d'homme, tout simplement !"

Fondane fut arrêté en même temps que sa sœur Line, à la suite d'une dénonciation, le 7 mars 1944. Sa femme réussit à obtenir sa libération en tant qu'époux d'une aryenne, mais ne put obtenir la libération de sa sœur. Fondane refusa d'être libéré sans sa sœur. Sa dernière lettre de Drancy contenait son testament: des indications précises pour la publication de son œuvre. Le 30 mai 1944, il fut déporté vers Auschwitz, et assassiné dans la chambre à gaz le 2 ou le 3 octobre 1944.

PAUL CELAN


P. CELAN
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" Le lieu où ils étaient couchés, il a
un nom, il n'en a
pas. Ils n'y étaient pas couchés. Quelque chose
était entre eux ;
Ils ne voyaient pas au travers.
Ne voyaient pas, non,
parlaient
mots. Aucun
ne s'éveilla, le
sommeil
vint sur eux.
[...]
Cendre.
Cendre, cendre.
Nuit.
Nuit-et-nuit "


Paul Antschel est né en 1920,(mort en 1970 Paris ), dans une famille juive, à Tchernovicz, ancienne ville de l’empire austro-hongrois devenue, depuis la fin de la guerre, roumaine - 110 000 habitants, dont 60 000 juifs, avec une forte population ukrainienne -. Chez lui on parle l’allemand, qui sera toujours pour lui la « Muttersprache ». Il pratique aussi l’hébreu, le roumain, le yiddish, puis apprendra le russe, l’anglais, l’italien, le français.



Les rendez-vous de Paul Celan. Le poète rencontre son langage
par Pierre Mertens

On connaît de mieux en mieux le destin de Paul Celan, poète de langue allemande, d’origine juive, né en Roumanie. Né en 1920, il s’est suicidé un demi-siècle plus tard en se jetant dans la Seine à Paris.
C’est dans cette ville qu’une des œuvres les plus marquantes de ce siècle s’est déployée, avec Pavot et mémoire, Grille de langage, La Rose de personne, Strette et surtout Fugues de mort.
Dans son œuvre poétique, il n’est pratiquement question que de cela: la mort, pas n’importe laquelle, celle immense tirée de la nuit et du brouillard. Et c’est vrai aussi de l’énorme correspondance récemment publiée au Seuil et qu’a commentée dans ces colonnes Jacques De Decker.
Tout s’est comme perdu, incinéré dans l’univers. Sauf une parole – qui aurait survécu à tout le reste, précisément. Celan s’y engage, s’y engloutit, au point d’accéder, comme il le formule au « tournant de l’haleine ».
Theodor Adorno estimait que, après Auschwitz, la poésie même était devenue comme inconcevable. Celan développe une conviction diamétralement opposée. Elle serait plus indispensable que jamais. Dans la mesure même où elle apparaît essentiellement idéologique.
En juillet 1959, Celan entreprend de rencontrer justement Adorno à Sils Maria.
Les deux hommes vont se manquer mais il reste une trace de ce rendez-vous raté dans une prose intitulée paradoxalement Entretien dans la montagne et conçue selon le modèle de la nouvelle fameuse, Lenz, de Büchner.
Car si Celan soliloque au cours de son étrange randonnée, il noue plutôt un dialogue essentiel avec lui-même.
Une postface de Stéphane Mosès relate en effet, « un trajet à travers la forêt des mots, trajet au cours duquel un langage anonyme se transforme peu à peu en parole de sujet, un Il en Je et Tu, un récit en discours ».
Si bien que si, après l’Holocauste, la poésie redevient possible, c’est « à condition d’assumer jusqu’au bout sa propre culpabilité ». Recours à un 1angage tantôt littéraire, tantôt populaire et même judéo-allemand. Il nous paraît, quant à nous, significatif qu’une dizaine d’années plus tard, Celan entreprit un tout autre pèlerinage au-devant, cette fois, de Martin Heidegger dont on sait combien il se compromit avec le nazisme. Si, cette fois, la rencontre eut bien lieu, le poète ne raconta jamais ce qu’il en attendait. Peut-être une explication – pour autant qu’elle se révélât possible – du passage du grand philosophe dans le camp de la barbarie. Mais, de cela, il ne fut apparemment pas question et Celan revint bredouille de l’étrange excursion. Là-bas, donc, un rendez-vous manqué avec un homme dont tout le rapprochait, ici un dialogue avec un penseur qui ne crut rien devoir expliquer de son effroyable fourvoiement.
Trois ans après ce dernier événement, une mort volontaire dont l’éloquence égale en profondeur celle de Primo Levi, ultime parole même si elle se dissout dans un mutisme testamentaire



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