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W.BENJAMIN

W. BENJAMIN
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"L'image dialectique est une image fulgurante.C'est donc comme image fulgurante dans le Maintenant de la connaissabilité qu'il faut retenir l'Autrefois. Le sauvetage qui est accompli de cette façon - et uniquement de cette façon - ne peut jamais s'accomplir qu'avec ce qui sera perdu sans espoir de salut à la seconde qui suit."
Paris capitale du XIXe siècle. Le livre des passages / Walter Benjamin. - Paris


Walter Benjamin. Le rêve de vivre
Par Ami Bouganim

Fils d’Emile Benjamin, négociant en vins et de Pauline Schönflies, dont les parents étaient marchands de bêtes, Walter Benedix Schönflies Benjamin est né à Berlin, dans un « ghetto doré », le 16 juillet 1892. Son enfance, qu’il reconstitua dans sa Chronique berlinoise et plus tard dans Enfance berlinoise, est marquée par une véritable aversion pour les études. Il passe son baccalauréat, l’Abitur, après avoir doublé plus d’une classe. Lorsqu’une branche juive, le Blau-Weiss du mouvement de jeunesse Wandervögel est créée, il la rejoint, et, plus tard, il monte un club de débats, le Sprechsaal der Jugend. En août 1914, il cherche à devancer l’appel, mais sa santé précaire entraîne un refus des autorités militaires. Le 17 avril 1917, il épouse Dora Pollack. Un fils, Stefan Raphaël, naît un an plus tard. L’illusion d’un couple bien tranquille est de courte durée. Très vite, une vie dissolue, faite de ruptures et de liaisons multiples se met en place. « On tente de vivre à trois, voire à quatre ». Benjamin ne tient pas en place. On le croît à Berlin, il est à Moscou. On n’a pas le temps de l’apercevoir à Naples qu’il est déjà à Florence, à Rome, à Nice, à Majorque, à Barcelone ou à Ibiza. Son caractère se dévoile : ce grand solitaire trompait sa solitude en nouant toutes sortes de liaisons. Pire, il « se passionne tant pour la prostitution qu’il nous assure qu’elle serait à l’amour e que le talent est au génie ».
La vie de bohême n’empêche pas l’étude. Il s’inscrit en thèse à Heidelberg puis à Francfort. Son thème de prédilection : le Trauerspiel, une forme du baroque allemand. Ses amis sont très nombreux et célèbres : Bataille et Paulhan, Gide et Brecht, Scholem et Rosenstock, Buber et Magnès…
Mais chassez le naturel, il revient au galop. Benjamin a beau faire, c’est un Chlemiel. « Des cheveux en crête, les lèvres rouges, corpulent et voûté, la démarche pataude d’un canard, de petites mains, trop petites pour retenir quoi que ce soit…Benjamin se posait en conservateur des gravats de la culture de l’humanité. Il s’intéressait aux natures mortes, aux relations mortes, aux œuvres mortes et aux tentatives restées lettre morte. Il n’était pas plus de son temps que du passé et, s’il était de l’avenir, il n’avait pas la vue longue ».
« Un peu dandy, un peu farfelu, héritier désabusé des lettres et des arts, assumant stoïquement sinon héroïquement sa décadence, cherchant, tel Baudelaire, une raison d’être dans l’indigence d’une vie sociale »
« Il balançait trop, nous dit Bouganim, entre l’assimilation, le sionisme, la Cabale, le matérialisme et je ne sais quoi d’autre, pour acquérir l’envergure qu’il jugeait lui revenir. Il butinait trop, à toutes sortes de livres, de déchets, de regrets, pour se réduire à se poser »
« Butiner, déchets ». Deux mots clefs pour saisir Benjamin, un homme qui était de partout et de nulle part, un clochard fouilleur de poubelles, un chiffonnier, un bricoleur, un raté du marxisme, un avorton du surréalisme, un collectionneur de tout et n’importe quoi, un pionnier de la déconstruction, un rat de bibliothèque, un joueur et un promeneur solitaire et, toujours, en toile de fond, un Juif. En résumé : « Un clochard. Le Juif errant. Peut-être le dernier ».
Benjamin avait une lubie, celle des carnets. Il en avait trois dans ses poches. L’un pour prendre des notes, le second pour tenir à jour une liste de livres et le troisième pour reporter des citations.
Une anecdote étonnante rapportée par Ami Bouganim est celle de l’Angelus Novus, un tableau de Klee acheté en 1921 à Munich par Benjamin qui le confia à Scholem puis à Bataille. Après la Guerre, c’est Adorno qui le récupère et le restitue à Scholem. En 1987, l’épouse de ce dernier l’a légué au musée d’Israël.
A quarante ans, pour son anniversaire, il envisage sérieusement de se suicider. Ratage. Puis c’est la malaria, l’opium, la morphine et la mescaline.
1939. Benjamin est déchu de sa nationalité allemande. Il se retrouve dans un camp de travailleurs volontaires, près de Nevers.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 1940, Benjamin s’est suicidé. Nul ne saura où il repose.
Judéo-allemand, mais finalement ni juif, ni allemand, Benjamin emporte avec lui une part insondable de mystère.

Jean-Pierre Allali


" Etre heureux, c'est se connaître soi-même sans en avoir peur "

"L'humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre."

"C'est seulement à cause de ceux qui sont sans espoir que l'espoir nous est donné."

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Hannah Arendt Walter Benjamin
Par Jean-Baptiste MARONGIU

Il était un écrivain né, mais il s'est pensé comme un critique littéraire ; il voulait faire la révolution non pas pour façonner un avenir radieux, mais pour sauver le passé englouti des révoltes écrasées. Plus généralement, c'est par la négation de ce qu'il n'était pas que l'on peut approcher le mieux de ce que Walter Benjamin était vraiment. En publiant, en 1968, son Walter Benjamin, Hannah Arendt entend faire acte de réparation et un geste de désenvoûtement envers la malchance persistante qui semble affecter la réception de l'oeuvre après avoir décidé du destin incroyablement malheureux de l'écrivain suicidé à la frontière espagnole ­ qu'elle avait connu en Allemagne et fréquenté en France et dont la gloire posthume commençait à percer. La démarche de Hannah Arendt est proprement benjaminienne, non seulement par la piété émue envers ce vaincu de l'histoire, mais aussi parce qu'elle entend le sauver de la défaite par le fait même de dénouer le fil reliant un enfant berlinois hypersensible, mais heureux à l'adulte dépressif, doutant de son génie et désespéré de n'avoir plus d'issues.

liberation

Anonyme a dit…

"Le flâneur est un homme délaissé dans la foule; Il partage ainsi la situation de la marchandise. (…) L'ivresse à laquelle le flâneur s'abandonne, c'est celle de la marchandise que vient battre le flot des clients." Walter Benjamin, Charles Baudelaire.

"Les citations dans mon travail sont comme des brigands sur la route, qui surgissent tout armés et dépouillent le flâneur de sa conviction." Walter Benjamin, Sens unique.

"Les livres et les putains - ils ont chacun leur genre d'hommes, qui vivent sur leur dos et les maltraitent." Walter Benjamin, Sens unique.

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