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ALPHONSE HALIMI


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" Aujourd'hui, j'ai vengé Jeanne d'Arc " déclara le champion, à la suite d'une victoire contre l'anglais Gilroy, pour le titre de champion d'Europe en 1960 à Londres.


Alphonse Halimi, ancien champion du monde, est décédé à l'âge de 74 ans, dimanche à l'hôpital Bichat à Paris. Ce Français, d'origine algérienne et de confession juive, fut champion du monde des coq en 1957, contre toute attente à l'âge de 25 ans.

Prodige né le 18 février 1932 d'une famille de dix-huit enfants, le Constantinois Alphonse Halimi, décédé dimanche à Paris à l'âge de 74 ans, devient champion du monde des coq, à l'âge de 25 ans, au soir de son dix-septième combat professionnel, grâce à une victoire aux points, en quinze reprises, sur l'Italien Mario d'Agata. D'aucuns peuvent alors penser qu'il s'agit là d'une farce, l'exploit, authentique, s'étant en effet déroulé un 1er avril (1957), à Paris.

Mais, courageux, le jeune Algérien de confession juive a bel et bien gagné le droit de brandir une ceinture qu'il gardera durant vingt-sept mois. Conservant, encore à la limite, son précieux bien, six mois plus tard à Los Angeles, contre Raton Matias, la "Petite Terreur" (son surnom dans la capitale) tombe sur un autre Mexicain, Joe Becerra, dans le même cadre californien. Face à cet homme aux 37 KO, le verdict est sans appel: Halimi perd, au 8e round, illusions et ceinture.

Sans doute a-t-il aussi laissé ce soir-là à "LA" (4 février 1960) une partie de sa fraîcheur puisqu'il retrouvera encore le tapis, couronne en jeu, devant Becerra (KO 9e), en un choc semblant annoncer le chant du cygne de ce talentueux styliste, élevé à l'école de Fernand Vianey. Pugnace, Halimi décide alors de refaire ses gammes en passant par le titre de champion d'Europe, lui qui n'a jamais décroché le moindre honneur continental, voire même national, hormis chez les amateurs, où il avait été couronné à trois reprises (53-54-55).

Vengeur de Jeanne d'Arc

Une grande partie de sa notoriété lui vient d'ailleurs d'un championnat d'Europe disputé, le 25 octobre 1960 à Londres, face à l'Anglais Freddie Gilroy. Là encore, il va à la limite des quinze rounds pour écrire une page dans la légende du noble art. Une phrase, lâchée à la volée en conférence de presse, suffit. "Aujourd'hui, j'ai vengé Jeanne d'Arc", prononce-t-il solennellement, à la grande stupéfaction de l'assistance. Le petit gars des bidonvilles était-il, à ce point, féru d'histoire?

Cette couronne continentale est pourtant vagabonde entre ses poings d'artiste. Il la cède, le 30 mai 61 à Londres, face à l'Irlandais Johnny Caldwell (victorieux par deux fois aux points) avant de la récupérer, l'année suivante, à Tel-Aviv, devant l'Italien Piero Rollo (toujours aux points). Halimi se sent alors des ailes. Il accorde une revanche à l'Italien, sur ses terres, à Cagliari, et perd aux points. C'en est alors définitivement fini de la carrière de cet enfant ayant surmonté sa pauvreté par une témérité l'incitant à aller défier les meilleurs dans leur antre.

Un revers de fortune dans une brasserie de Vincennes, sise près du donjon, ternira ensuite les destinées de ce pugiliste aux traits de jeune premier, fort de 41 victoires (dont 22 avant la limite), 1 nul et 8 défaites.eurosport

"Si vous prenez des coups et que vous ne ramassez pas d’argent, ça n’est pas la peine"

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Alphonse Halimi vécut très mal cette période, véritable tournant de son existence. « Je ne voulais pas tomber dans leurs combines », ajoute-t-il de façon énigmatique. Une séparation conjugale, une fâcheuse tendance à miser aux cartes, des « amis » intéressés contribuèrent à faire chuter le grand champion de son piédestal. « Le problème avec Alphonse, c’est que si sur un ring c’était un véritable lion, dans la vie, en revanche, c’était un vrai nounours. Il n’a jamais su dire non. » La naissance de ses deux filles l’avait pourtant comblé de joie. « J’étais heureux d’avoir des filles. Au moins, elles ne risquaient pas de faire de la boxe. » Alphonse Halimi souhaitait cependant rester dans le sport. Il avait tellement connu d’émotions en tant qu’athlète qu’après la vente de son café, il devînt maître nageur. Surprenante destinée à première vue pour un boxeur… En fait, pour Alphonse Halimi, ce choix s’imposait de lui-même.

« En Algérie, j’étais un très bon nageur. J’aurais pu faire carrière dans la natation. J’étais très fort au 100 mètres brasse. » On apprend même, au détour d’une phrase, qu’il prenait un malin plaisir à défier les boxeurs dans les bassins. De retour à ses premières amours, il enseigna la natation à Vichy, puis à Meudon. Son exclusion des rings restait cependant un profond regret. Une immense déchirure pour ce champion qui n’était plus reconnu par sa discipline. « J’aurais préféré être entraîneur de boxe que maître nageur. » Les quelques heures d’entraînement qu’il prodigua à Sèvres, à la veille de sa retraite, ne seront qu’un pis-aller pour l’ancien ténor des rings.

Coupé peu à peu de ses amis et de sa famille, plongé dans l’anonymat, Alphonse Halimi se laissa aller. Un mouvement irrémédiable conduisait notre champion du monde à ne plus se reconnaître, à ne plus se respecter. Sa dignité l’invitait alors à ne plus livrer cette piètre image de lui-même. A se laisser mourir. « Quand je l’invitais, il disait qu’il ne pouvait pas venir, qu’il était invité chez sa fille, glisse Jacques Chiche. Il disait l’inverse à sa fille. » Espérons que le dernier combat de ce grand champion se prolongera au-delà du gong…



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(1) Il fallut attendre 1989 et la victoire de René Jacquot face à Don Curry pour que la France retrouve un titre mondial. Trente-deux ans après la victoire d’Alphonse Halimi le 1er avril 1957, à Paris, face à Mario D’Agata. Il défendit victorieusement son titre devant le Mexicain Macias mais tomba en 1959 devant un autre Mexicain, Joe Becerra.




LAURENT CELINE.

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