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BRONISLAW GEREMEK


PARLEMENT
PORTRAIT


Il a été l'un des principaux artisans des transformations démocratiques qui ont précipité la chute du communisme en Europe de l'Est.



"Après avoir fait l'Europe, nous devons faire maintenant les Européens. Sinon, nous risquons de la perdre"

"Il faut mettre les choses en doute, tout d’abord en posant le problème de l’histoire de la civilisation européenne. Parce que je crois, non seulement en tant qu’historien, mais aussi en tant qu’Européen, que le problème de l’Europe, de la civilisation européenne, et de l’identité européenne, touche au problème de la mémoire… "Prof. Bronisław Geremek, Titulaire de la Chaire de Civilisation européenne

"La faiblesse des démocraties dans les sociétés post-communistes ne vient pas de ce qui s'est passé avant leur entrée dans le communisme. Le fait fondamental a été la suppression de l'économie de marché, suppression qui détruit les rapports entre les hommes. Le communisme était fondé sur la passivité de la société. Il arrive à l'humanité de s'engager dans des voies sans issues: le communisme était l'une d'elles." Colloque l'expérience de la liberté (Mexico 1990)


Bronislaw Geremek, spécialiste de l'histoire médiévale française et homme politique polonais, est mort dimanche 13 juillet 2008 dans un accident de voiture à l'âge de 76 ans.L'un des membres fondateurs du syndicat Solidarité et proche conseiller de Lech Walesa, son chef historique, il avait appartenu à un petit noyau d'intellectuels prônant, dès les années 1970, une opposition non-violente au régime totalitaire imposé à la Pologne par l'Union soviétique le figaro



Geremek, Bronisław (1932-2008), historien et homme politique polonais.

Un intellectuel francophile

Né à Varsovie, dans une famille intellectuelle juive, Bronisław Geremek grandit au sein du ghetto de Varsovie. Il parvient à le quitter en 1943 avec sa mère, tandis que son frère aîné survit à la déportation à Bergen-Belsen et que son père meurt à Auschwitz.

De retour à Varsovie en 1948, Bronisław Geremek termine ses études secondaires. Il étudie l’histoire à l’université de sa ville natale ainsi qu’à l’École pratique des hautes études à Paris, où il séjourne à plusieurs reprises, en 1956, 1957 et 1962, grâce à des bourses du gouvernement français. D’abord attiré par l’histoire contemporaine, il préfère se consacrer à l’histoire du Moyen Âge, moins soumise au dogmatisme marxiste. Fin 1962, il prend la direction du Centre de civilisation polonaise qui vient d’être créé à la Sorbonne. Fervent lecteur de l’école des Annales, il s’intéresse aux travaux de Marc Bloch, qu’il considère comme son maître spirituel, Fernand Braudel, Lucien Febvre et Henri Pirenne et devient l’ami des médiévistes Jacques Le Goff et Georges Duby.

L’historien de la marginalité

À une époque où ce sujet ne rencontre que l’indifférence des historiens, Bronisław Geremek se tourne vers l’étude de la pauvreté. Passionné par l’histoire des mentalités, il se spécialise dans l’histoire sociale, celle de la délinquance, de l’exclusion et de la marginalité. Sa thèse sur les Marginaux parisiens aux xive et xve siècles, soutenue en 1972, est publiée en France en 1976. Par la suite, ses principaux ouvrages déclinent cette thématique : Truands et misérables dans l’Europe moderne 1350-1600 (1980), Inutiles au monde. Vagabonds et marginaux en Europe aux xive et xve siècles (1980), Salariat dans l’artisanat aux xive et xve siècles. Étude sur le marché de la main d’œuvre au Moyen Âge (1982), la Potence ou la Pitié. L’Europe et les pauvres du Moyen Âge à nos jours (1987) et les Fils de Caïn. L’Image des pauvres et des vagabonds dans la littérature du xve au xviie siècles (1991). Enseignant à l’université de Varsovie de 1965 à 1980, il occupe en 1993 la chaire internationale du Collège de France « Histoire sociale : exclusions et solidarités ». En 2002, il reçoit le Grand Prix de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre en langue française.

L’engagement politique aux côtés de Solidarité

Lecteur des ouvrages fondateurs du marxisme à partir de 1948, Bronisław Geremek adhère au Parti ouvrier unifié polonais (POUP) en 1950. Il le quitte après l’intervention soviétique contre le Printemps de Prague en 1968. En 1980, il se rend sur les chantiers de Gdansk en grève, en compagnie de Tadeusz Mazowiecki, afin de sceller l’alliance entre intellectuels et ouvriers et participe aux négociations qui conduisent à la signature des accords de Gdansk (31 août 1980) et à la création du syndicat Solidarité. Bronisław Geremek devient le conseiller personnel de Lech Walęsła. À la suite de la proclamation de l’état de guerre par le général Jaruzelski (13 décembre 1981), Bronisław Geremek est emprisonné jusqu’en décembre 1982. En 1989, lors des négociations de la Table ronde, il est l’un des principaux médiateurs entre le gouvernement et Solidarité. À la suite des élections de juin 1989, Bronisław Geremek préside le groupe parlementaire de Solidarité, la commission de réforme de la Constitution et la commission des Affaires étrangères de la Diète. Après son départ de Solidarité en 1990, il adhère à l’Union des libertés (UW).

Ministre des Affaires étrangères de Pologne (1997-2000)

Après la victoire de l’Alliance électorale Solidarité (AWS) aux élections législatives de 1997 et la formation d’une coalition de centre-droit entre l’AWS et UW sous la direction de Jerzy Buzek, Bronisław Geremek devient ministre des Affaires étrangères. En cette qualité, il préside l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 1998 et se prononce pour une adhésion rapide de la Pologne à l’Union européenne (UE). La rupture de la coalition AWS/UW en juin 2000 entraîne la fin de son mandat. Il préside alors la Commission parlementaire polonaise pour le droit européen. En décembre 2000, il est élu président de l’UW, mais il renonce à cette fonction après la défaite de l’UW lors des élections législatives de septembre 2001 – avec 3,3 p. 100 des voix, le parti est en dessous de la clause des 5 p. 100. Au lendemain de l’entrée de la Pologne dans l’UE, en mai 2004, il est élu au Parlement européen et siège au sein du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), au centre de l'échiquier politique européen.

Bronisław Geremek revient sur son itinéraire d’intellectuel engagé dans la Rupture. La Pologne du communisme à la démocratie (1991)et l’Historien et le Politique(1999).
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Conference sur Marc Bloch par B. Geremek
Cet article est le texte de la conférence qu’aurait du prononcer l’historien polonais médiéviste Bronislaw Geremek, lors de la Conférence Marc Bloch en 1986, qui clôturait le colloque consacré au 100ème anniversaire de la naissance de Marc Bloch. En l’absence de son auteur, empêché par la situation polonaise de se rendre à Paris, c’est Jacques Le Goff qui a lu ce texte. Bronislaw Geremek fut conseiller de Lech Walesa et ministre des Affaires étrangères de Pologne (1997- 2000).

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