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MIKHAIL BOTVINNIK

WORLD CHAMPION
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QCM

"Les échecs sont un jeu. Mais si une partie d’échecs a une vie de plusieurs siècles, cela signifie que les échecs représentent quelque chose de plus"

"Tout change constamment, y compris dans le monde des échecs"



Mikhaïl Moïseevitch Botvinnik (17 août 1911 à Kokkuala près de Saint-Pétersbourg, Russie - 5 mai 1995 à Moscou) champion du monde d'échecs soviétique.



Il est devenu champion du monde en 1948 lors d'un tournoi à 5 joueurs. Le champion précédent, Alexandre Alekhine, était mort sans remettre son titre en jeu. La FIDE, Fédération Internationale Des Échecs, nouvellement créée, organisa un tournoi avec les meilleurs joueurs du moment, 2 occidentaux (3 étaient prévus, mais il y eut un forfait) et 3 soviétiques, guerre froide oblige. Il y eut donc, Samuel Reshevsky d'origine polonaise émigré aux Etats-Unis et Max Euwe pour le bloc de l'Ouest. Mikhaïl Botvinnik, Paul Kérès un estonien, et Vassily Smyslov pour le bloc de l'Est. Botvinnik l'emporta. Cette victoire eut certainement un impact dans la politique de l'URSS vis-à-vis des échecs. 10 ans plus tard, elle compterait 1.000.000 de joueurs licenciés. Botvinnik perdit son titre en 1957 contre Vassily Smyslov. Il le récupéra en 1958 lors du match revanche.
Il le reperdit en 1960 face à Mikhaïl Tal âgé alors de 24 ans. Et il le regagna à nouveau lors du "traditionnel" match revanche.
En 1963, il perdit contre Tigran Petrossian. En 1970, il dirigea une école d'échecs à Moscou, dont sera issu Garry Kasparov.

Mikhail Botvinnik, né en 1911 à St Petersbourg (Leningrad) est un produit direct de ce grand mouvement de masse en faveur des echecs. Sa 1ère apparition remarquée eut lieu en 1925. Capablanca, alors champion du monde, donnait une séance de parties simultanées. Quand il fut obligé de serrer la main, en signe d'abandon, à un gamin de 14 ans, Capablanca fut gêné et ne put que prédire le plus grand avenir au petit garçon qui n'osait pas le regarder. les prédictions du cubain ne tardèrent pas à se réaliser puisque dès l'année suivante Botvinnik empochait la 2ème place du championnat de leningrad.

En 1927, Botvinnik commença, à l'institut Polytechnique de Leningrad, des études pour devenir ingénieur en électricité. Il parvint à les terminer, 6 ans plus tard, par l'obtention du diplôme. Cela ne l'empêcha pas, dans l'intervalle, de remporter 2 fois le championnat d' URSS.

Toute sa vie, Botvinnik mena de front, et avec succès, ses 2 activités. Pour y parvenir il dut, à l'instar de Euwe, organiser chaque moment de sa vie, alternant en général 6 mois de recherche en électricité et 6 mois de tournois d'Echecs. Botvinnik explique que ses pauses échiquéennes lui firent toujours le plus grand bien dans la mesure où elles lui rendaient l'appétit de jouer qui, après 5 ou 6 tournois difficiles de suite, s'émoussait régulièrement.

La grande force de Botvinnik consiste avant tout en une profonde compréhension de la stratégie. personne mieux que lui ne savait établir un plan en fonction de son jugement de la position, et le mener jusqu'à son terme. Il étudiait les ouvertures d'une manière différentes des autres grands joueurs de l'époque, dans la mesure où il n'était pas à la recherche de "coups" mais de "plans". Grand expert des fins de parties, il en gagna beaucoup grâce à des avantages que l'adversaire tenait pour insignifiants, ou, en tout cas, inexploitables. Technicien hors pair, il pouvait profiter de la plus petite faiblesse créée dans le camp adverse.

Botvinnik fit ainsi progresser la théorie des débuts de partie. Quand l'on considérait que les noirs, grâce à des échanges de pièces, avaient aplani le jeu, et obtenu l'égalité, Botvinnik poussait le raisonnementplus loin, et démontrait que, stratégiquement, les blancs conservaient l'avantage malgré le peu de matériel restant sur l'échiquier. Mais les situations sauvages où les combinaisons prennent le pas sur la stratégie n'étaient pas du goût de Botvinnik, et ses challengers allaient se préparer en conséquence.

Une fois couronné, Botvinnik disparut du circuit des tournois internationaux. Ce n'était pas pour prendre du repos mais pour terminer sa thèse de doctorat sur la régulation des moteurs électriques.

Durant les 3 années de son règne Botvinnik joua beaucoup. De nouveau, les 2 frères ennemis Smyslov et Botvinnik s'affrontaient pour le championnat du monde en 1957 à Moscou.A son issue Smyslov devint le 7ème champion du monde. Après cette défaite, la cote de Botvinnik en URSS baissa nettement et l'opinion généralement admise était qu'il avait sa carrière derrière lui, qu'il était un joueur "fini".

Le match revanche commença au début de l'année 1958 devant un millier de spectateurs les yeux rivés sur l'immense échiquier mural reproduisant les coups des 2 champions. Et, Botvinnik reprit son titre de champion du monde. C'est en 1960 qu'il reperdit son titre devant Tal. Patiemment il se mit au travail. Première chose : Comprendre les raisons de sa défaite. Pour cela, il excellait. Comme d'habitude Botvinnik soigna sa condition physique par de longues marches solitaires et quotidiennes. Quant à son entrainement échiquéen, il fut entouré du plus grand secret. Ses suspicions quant à d'éventuelles "fuites" sur ses ouvertures en préparation sont légendaires et frisaient même la paranoïa. Botvinnik avait réussi à trouver les causes de son précédent échec et adapta son jeu en conséquence. Il joua notamment beaucoup plus vite afin d'éviter le "Zeitnot". Son succès fut dû avant tout à sa volonté de laver l'affront de l'année précédente.

En mars 1963, Botvinnik perdit son titre contre Petrossian. A 54 ans Botvinnik s'estima incapable physiquement de tenir le rythme des matches des cndidats de 1965.

Sa carrière de joueur actif se poursuivit jusqu'en 1970 où il participa au fameux match URSS-Reste du monde et battit le Yougoslave Matulovic. Après on ne vit plus Botvinnik que dans les salles de tournoi, si ce n'est comme visiteur de marque.

Botvinnik se consacra à un projet aussi ambitieux que diabolique. Il participa à l'élaboration d'un ordinateur-joueur. Une course de vitesse s'est établie entre russes et américains pour établir un programme capable de battre les meilleurs joueurs humains. A ce jour la puissance de l'ordinateur a permis d'atteindre l'objectif.

Extraits tirés du livre "La fabuleuse histoire des champions d'echecs", Nicolas Giffard

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