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HAIM ARLOZOROFF


PORTRAIT
HISTOIRE
PALMACH













Haïm (Victor) Arlozorov (1899-1933), homme politique sioniste, un des chefs du Poël Hatsaïr (jeunesse travailliste) et du Mapaï (Parti travailliste), qui fut assassiné par un inconnu sur une plage de Tel-Aviv. Le public israélien s’interrogea durant de longues années à propos de l’identité de son assassin et de l’enquête concernant le meurtre


Haïm Arlozorov
par Aline Sultan


Haïm Arlozorov est né en Russie. Après le Pogrom de 1905, sa famille immigra en Allemagne, où Arlozorov poursuivit ses études primaires et secondaires. Il reçut également une éducation juive et sioniste, qui accentua l’intérêt qu’il portait à Erets Israël.

Après la Première guerre mondiale, alors qu’il était étudiant, il fit partie des fondateurs du Parti ‘Itahdout’, parti allié à celui du Poël Hatsaïr et il fut le rédacteur du journal de ce parti ‘Die Arbeit’ En 1919, il publia un fascicule s’intitulant «Le Socialisme juif populaire», qui tentait de relier un socialisme non marxiste à la conception de l’implantation sioniste.

En janvier 1921, Arlozorov effectua une première visite en Erets Israël. Au cours des neuf mois que dura son séjour, après les émeutes qui eurent lieu à Jérusalem en 1920 et celles qui se déroulèrent à Yaffo en 1921, il réalisa la gravité du problème arabe. A ce moment-là, il arriva à la conclusion que la seule voie qui s’offrait au mouvement sioniste afin de fonder un foyer national, était celle d’une politique de compréhension mutuelle entre les ‘deux peuples ‘

De retour en Allemagne, Arlozorov continua ses études d’Economie à l’Université de Berlin, où il présenta son doctorat en 1924. Parallèlement, il se fraya un chemin dans son parti et au mouvement sioniste et en 1923, à l’âge de 24 ans, il fut nommé membre du Comité exécutif sioniste.

A la fin de ses études universitaires, en 1924, il monte en Israël avec sa famille. Au départ, il travaille dans le département économique de la station expérimentale agricole de l’Agence juive, mais il trouvera essentiellement satisfaction en écrivant et dans son activité au sein de la Jeunesse travailliste. En 1926, il sera nommé secrétaire du parti.

Ses aptitudes et ses qualités attirèrent l’attention de Haïm Weizmann, qui l’invita fin 1926 à se joindre à la délégation du Keren Hayesod pour un voyage aux Etats-Unis. Arlozorov résuma avec audace ses impressions et ses critiques concernant le judaïsme et le sionisme américain dans des articles s’intitulant «New-York et Jérusalem» et «le sionisme américain», articles qui comptent parmi les analyses les plus inédites des problèmes de la grande diaspora du 20ème siècle.

Dès la création du Mapaï, Haïm Arlozorov fut l’un de ses leaders. Ses activités furent particulièrement importantes entre 1931 et 1933, alors qu’il dirigeait le département politique de l’Agence juive à Jérusalem. A l’âge de 30 ans, le poste de ministre des Affaires étrangères de la direction sioniste en Erets Israël, lui fut confié. Durant cette courte période, il se révéla être non seulement un idéologue, un excellent orateur et un publiciste intense, mais aussi un diplomate sioniste de premier ordre. Dans le cadre de sa nouvelle fonction, il eut l’occasion de nouer des relations personnelles très étroites avec Sir Arthur Wauchope, le gouverneur britannique de l’époque. Ces relations contribuèrent à l’amélioration des rapports entre le pouvoir du Mandat britannique et le mouvement sioniste, qui s’étaient détériorées à la suite des émeutes de 1929 et de la publication du Livre blanc de Passfield. En tant que ministre des Affaires étrangères de la direction sioniste, Arlozorof oeuvra également en faveur de la récupération des biens des Juifs d’Allemagne dans le cadre des «Accords de transferts» conclus avec le pouvoir nazi et s’efforça d’organiser l’immigration des Juifs d’Allemagne.

Dans son livre «Journal de Jérusalem» incluant des notes de l’époque où il dirigeait le département politique de l’Agence juive, Arlozorov expose partiellement son mode de travail et sa conception du caractère que doivent adopter les contacts avec les chefs du pouvoir britannique, sa manière d’aborder les problèmes quotidiens du Yishouv juif de l’époque, mais aussi, on découvre pour la première fois les conclusions d’Arlozorov à propos de la possibilité de la réalisation du sionisme dans les conditions allant en s’aggravant au début des années 1930.

Dans une correspondance secrète qu’il entretint avec Haïm Weizmann pour lequel il avait beaucoup d’admiration, Arlozorov dévoile son pessimisme quant à la possibilité de la réalisation du sionisme par la voie «Weizmaniste absolue et synthétique» Compte tenu du pouvoir britannique et de l’hostilité arabe en Erets contre lesquels l’entreprise sioniste était contrainte de se battre, Arlozorov arriva à la conclusion que dans de telles circonstances, «il serait impossible de réaliser le projet sioniste sans une période de transition durant laquelle une minorité juive règnerait en instaurant un pouvoir révolutionnaire organisé» En d’autres termes, il proposait une rébellion militaire contre le pouvoir britannique et une lutte armée organisée contre les Arabes.

Dans la nuit du 16 juin 1933, alors qu’il se promenait sur une plage de Tel-Aviv en compagnie de son épouse Sima, un inconnu tira sur Arlozorov qui succomba, alors qu’il n’avait que 34 ans. Malgré l’absence de témoignages absolus, les soupçons se tournèrent vers des membres du mouvement révisionniste car à cette même époque, il y avait eu de violentes altercations entre le mouvement travailliste et le mouvement révisionniste pour décider qui allait diriger le mouvement sioniste et quelle serait son orientation idéologique. Engagé dans cette lutte, Arlozorov (avec d’autres chefs du Mapaï) avait été l’objet de critiques virulentes de la part des révisionnistes. Ces critiques s’étaient concentrées sur les contacts qu’il avait pris avec le pouvoir nazi en Allemagne dans le cadre des ‘accords de transfert’

A la suite de l’assassinat, la police britannique arrêta Avraham Stavsky et Tzvi Rosenblath, appartenant à «l’alliance des brigands», organisation révisionniste extrémiste dirigée par Abba Ahiméïr. Ce fut essentiellement le témoignage de l’épouse d’Arlozorov qui était à ses côtés au moment du meurtre, qui mena à l’arrestation des deux hommes. Rosenblath fut disculpé après avoir présenté un alibi convaincant, mais Stavsky (qui fut par la suite tué dans l’affaire de l’Altalena), fut déclaré coupable et condamné à mort. Il fit alors appel et en définitive, il fut acquitté en raison de l’absence de témoignages suffisants. L’assassinat et l’enquête firent des remous au sein du public et sur la scène politique et aggravèrent la discorde qui régnait entre le mouvement révisionniste et le Mapaï.

Au sein du monde politique et du public israélien, la question de l’influence de l’assassinat de Arlozorov sur l’histoire du mouvement sioniste et de l’Etat d’Israël, est jusqu’aujourd’hui, controversée. Certains considèrent que cet assassinat avait prouvé que les mouvements de droite étaient devenus violents et d’autres y voient le fondement de la diffamation montée par le Mapaï contre ses opposants et au moyen duquel il fonda son statut de dirigeant du mouvement sioniste. D’autres encore, pensent que la clef du mystère de l’assassinat d’Arlozorov se trouve du côté des Arabes.

En mars 1982, à la suite de la publication du livre de Shabtaï Tévet «Le meurtre d’Arlozorov» le Premier ministre de l’époque, Menahem Begin, nomma une commission d’enquête à propos du meurtre «la commission Béhor» Les conclusions de la commission stipulèrent que Stavsky et Rosenblath étaient innocents, mais que toutefois, les soupçons qui pesaient contre eux n’étaient pas totalement sans fondement. Donc, il n’y avait pas lieu d’accuser le mouvement travailliste d’un coup monté contre eux. Plusieurs proches d’Arlozorov rejetèrent les conclusions de la commission d’enquête.

Arlozorov est enterré à Tel-Aviv. Son souvenir a été perpétué par la nomination de plusieurs localités: Kfar Haim, Kiryat Haim et kibboutz Givat Haim.

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Pour la petite histoire il aura avec une amie de sa soeur Lisa , Magda une forte liaison amoureuse, sans doute la première de leurs deux vies.
Magda qui fut ensuite la femme de Goebbels !
Magda participe aussi avec ferveur (selon les carnets de Lisa ) aux débats de groupe « Tikwath Zion » sur l'avenir de la Palestine, apprend l'hébreu et porte même l'étoile de David. Mais leurs chemins se séparent ...

1 commentaire:

prof a dit…

L'un des personnages est Magda Goebbels, un autre Haïm Arlozoroff. La première est allemande et catholique, l’autre russe et juif ; tous deux emportés dans une même passion amoureuse, aussi intense qu’impossible. Il y a aussi Joseph Goebbels, l’inventeur de la propagande nazie, complexé par sa difformité physique qu’il essaie de compenser par la multiplication de ses aventures sexuelles et Gunther Quandt, chevalier d’industrie, créateur d’un véritable empire qui a survécu jusqu’à nos jours ; et quelques autres encore…

Un roman qui raconte l'irrésistible ascension de la petite Magda, une jeune fille simple, issue d'une relation adultérine, qui portera le nom du mari juif de sa mère : Friedlander. Une jeune femme qui conçut le désir fou de devenir la déesse d'une nation et qui le devint un peu… Qui sait aujourd’hui que l’épouse de celui que l’on surnommera « le bouc » ou « le diable », Joseph Goebbels de sinistre mémoire, a d’abord découvert l’amour avec l’un des princes du sionisme d’extrême gauche ?

C'est le roman d'un amour incroyable, d’une passion brûlante, charnelle d’abord, politique ensuite entre deux êtres radicalement étrangers, comme le jour et la nuit, comme l’eau et le feu - Magda et Arlozoroff.

1933 — Un roman qui se déroule au moment de la fondation de deux états que tout oppose - l'un ne pouvant exister qu'à condition que l'autre disparaisse. Un État nazi contre un État juif, car les Nazis, obsédés par les Juifs, comme s’ils avaient adhéré au mythe de leur élection, n’eurent de cesse que de les anéantir, comme si leur propre existence découlait du massacre des Juifs.

Un roman qui résout enfin un détail de l’histoire, jusqu’à ce jour inexpliqué : pourquoi l’assassin d’Arlozoroff lui a demandé dans un mauvais hébreu "quelle heure il est ?" — "kama sha’a ?" — juste avant de l’abattre de deux coups de revolver, ce fameux soir de juin 1933 sur la plage de Tel Aviv.

Qui a tué Arlozoroff, c’est aussi un roman qui se passe aujourd'hui à Tel Aviv du côté de Sderot Ben Gourion, de Frishman et du Shouk Hacarmel. C’est l’histoire du meurtre d'un vieil homosexuel, survivant des camps où enfant, il servit d'objet sexuel aux pédophiles SS pour survivre et qui est abattu, 75 ans après Arlozoroff, dans les jardins de la résidence de l'Ambassadeur de France à Jaffa. C’est enfin l’histoire d’un journaliste grand reporter d'un quotidien français, maltraité par son rédacteur en chef, qui part mener l'enquête en Israël.

Tobie Nathan nous livre ici un roman, parfaitement documenté et superbement écrit. Il nous offre un portrait psychologique de Joseph Goebbels qui restera dans les mémoires, une scène d’anthologie de séduction réciproque dans un wagon de train entre une minette de 18 ans, la jeune Magda Friedlander, et Gunther Quandt, l’un des plus riches industriels allemands de l’époque.


Tobie Nathan
Qui a tué Arlozoroff ?

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