Plan general : famous jews

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SABINE ZLATIN


Maison d'Izieu
MEMORY
FICHE
ENFANTS
DOSSIER
MIRON
SABINE
OSE









1907-1996
Présidente-fondatrice du Musée mémorial d’Izieu
La Pologne est encore sous domination russe lorsque Sabine Chwast naît à Varsovie le 13 janvier 1907. Elle est la dernière d’une famille de douze enfants. Hermann Chwast, son père, est architecte. Très jeune, Sabine s’associe aux manifestations du Bund, l’union générale des ouvriers juifs de Pologne, de Lituanie et de Russie. Lorsqu’elle défile à Varsovie avec les ouvriers le 1er mai 1923, elle est arrêtée et incarcérée pendant six mois. A sa sortie de prison, elle quitte la Pologne et gagne France. Elle vit à Nancy où elle est étudiante en histoire de l’art. C’est là qu’elle rencontre Miron Zlatin, russe juif comme elle. Ils se marient le 31 juillet 1927. Miron Zlatin est ingénieur en agronomie. Les jeunes mariés s’installent dans une ferme de Landas, près de la frontière belge, où ils créent un élevage avicole industriel. Sabine travaille avec son mari, mais elle dessine et peint le reste du temps. Elle signe ses travaux du surnom de « Yanka » qu’on lui avait donné enfant, et se rend de temps à autre à Paris visiter des ateliers de peintre.
Sabine et Miron Zlatin sont naturalisés français en 1939, à la veille de la guerre. La même année, Sabine suit une formation d’infirmière militaire à la Croix Rouge. Affectée à l’hôpital de Lauwe, elle en est révoquée en 1941 parce que juive. La jeune femme se réfugie alors à Montpellier. Sur place, elle est agréée par l’O.S.E. qui a la responsabilité du travail social dans le. camp d’Agde. Le camp regroupe un rand nombre de juifs parmi lesquels plus de mille enfants accompagnés de leurs mères. Sabine se rend au camp deux à trois fois par semaine. Munie d’autorisations préfectorales, elle parvient à chaque visite à faire sortir du camp plusieurs enfants qui sont ensuite placés dans des maisons d’enfants de l’O.S.E., dans des familles chrétiennes ou dans des couvents avec l’aide de l’abbé Prévost de Montpellier. Lorsqu’on transfère les internés du camp d’Agde vers celui de Rivesaltes, Sabine Zlatin y poursuit son travail auprès d’Andrée Salomon*, assistante sociale de l’O.S.E.
A la promulgation du second statut des juifs du 2 juin 1941, Miron Zlatin décide de se déclarer comme juif comme le demande la loi. Plus tard, Sabine Zlatin commentera la décision de son mari : « C’était, disait-il, pour se conformer à une décision de l’Etat français. » Bien que sa femme soit opposée à cette démarche, Miron les déclare tous les deux au commissariat. Sabine se procure alors de faux papiers d’identité et, sous le nom de Jeanne Verdavoire, elle continue à travailler avec l’O.S.E. jusqu’à la fermeture des bureaux de Montpellier en mars 1943. La préfecture de l’Hérault lui demande alors de s’occuper de dix-sept enfants juifs restés dans une maison d’enfants à Campestre, prés de Lodève. Trois mois plus tard, elle accompagne ces enfants dans l’Ain, un des quatre départements français que les Allemands n’occupent pas encore. Avec l’aide du sous préfet, Pierre Marcel Wiltzer, et avec celle de la secrétaire générale de la préfecture, Marie Antoinette Cojean, Sabine Zlatin et son mari s’installent avec les enfants dans une grande maison d’Izieu, appelée la « Colonie d’enfants réfugiés de l’Hérault ». La maison d’Izieu devient une sorte de plaque tournante où passent de nombreux enfants envoyés par l’O.S.E. Le couple est bientôt rejoint par une doctoresse, des éducateurs et une institutrice. Au début de l’année 1944, on leur signale l’arrestation de juifs à quelques kilomètres d’Izieu. La fermeture de la maison d’enfants est envisagée. Le 2 avril 1994, Sabine Zlatin part pour Montpellier pour tenter de trouver d’autres lieux d’accueil pour les enfants. Le 6 avril, jour prévu de son retour à Izieu, elle reçoit un télégramme codé : « Famille malade maladie contagieuse » lui annonçant l’arrestation des pensionnaires. Ce matin là, sur l’ordre de Klaus Barbie, les Allemands avaient arrêté les quarante-quatre enfants et les sept adultes qui se trouvaient dans la maison d’Izieu. Transférés à Drancy, les enfants seront déportés vers Auschwitz le 13 avril 1944 ; une seule fille survivra.
Après avoir tout tenté pour essayer de les sauver, Sabine Zlatin rejoint la Résistance à Paris. Aux côtés de son amie Denise Mantoux (Dorine dans la Résistance), elle travaille pour les services sociaux. Après la Libération, le ministère des Anciens combattants, Prisonniers et Déportés lui donne la charge de l’hôtel Lutetia réquisitionné pour l’accueil des déportés. Un d’entre eux qui avait travaillé avec son mari dans une usine à Reval (aujourd’hui Tallin en Estonie) lui apprend que Miron a été fusillé avec les deux éducateurs qui travaillaient à Izieu.
Lorsque prend fin l’accueil des déportés survivants, Sabine Zlatin recommence à peindre. Quelques années plus tard, elle ouvre une librairie spécialisée dans le théâtre, la danse et le cirque. Pendant quarante ans, elle se consacre à ces deux activités professionnelles. Elle en parle peu dans ses mémoires qui portent avant tout sur la maison d’Izieu.
Après la guerre, Sabine Zlatin intervient pour faire ériger une stèle à Bregnier-Cordon, au carrefour de la route qui conduit à Izieu. La stèle est posée en 1946. Pour que l’épisode tragique de la maison d’Izieu ne tombe pas dans l’oubli, Sabine Zlatin donne des conférences, participe aux différentes commémorations de la déportation et fait une longue déposition au procès de Klaus Barbie. En 1986, elle fonde avec des amis une association pour acheter la maison d’Izieu et y installer un Musée-mémorial. L’association est placée sous le haut patronage du président de la république François Mitterrand. C’est lui qui décore Sabine Zlatin de la croix de Chevalier Légion d’honneur, le 23 mars 1989. Soutenue notamment par Guy Bedos et par Yves Montand, une souscription permet l’achat de la maison. Devenue désormais une personnalité publique, Sabine Zlatin ne se dérobe pas à ses obligations : « Mon passé m’avait rejointe et m’empêchait de pratiquer mon métier de peintre et de libraire. J’avais changé. J’ai du donner beaucoup de mon temps à Izieu, une nouvelle fois.»
Le 26 avril 1994 François Mitterrand inaugure le Musée-mémorial de la maison d’Izieu. Deux ans plus tard, Sabine Zlatin décède à Paris, le 21 septembre 1996.

Dans ses Mémoires de la « Dame d’Izieu », Sabine Zlatin précisait le devenir qu’elle envisageait pour la maison d’Izieu :


Un lieu qui symbolise la dénonciation des crimes contre l’humanité. Le sort des quarante-quatre enfants d’Izieu devra émouvoir les visiteurs, jeunes ou vieux. Mais d’autres crimes contre l’humanité ont été commis dans le monde avant celui-ci et bien d’autres l’ont été depuis.
La résistance aux idéologies fanatiques est le seul moyen de lutte contre les régimes qui engendrent de tels crimes. La vigilance est un devoir qui s’impose à chacun pour sauvegarder le droit des enfants, les droits de la personne humaine.
Plus qu’un simple mémorial ou un musée, cette maison se doit d’être le centre animateur de ceux qui luttent dans le sens de la pensée de John Donne :
"Tout homme est un morceau du Continent
Une part du Tout
La mort de tout homme me diminue
Parce que je fais partie du genre humain."
afmeg



1941, Sabine Zlatin, Française d'origine juive polonaise vit à Montpellier avec son mari agronome, Miron Zlatin. Infirmière militaire dès la déclaration de la Guerre, Sabine a perdu son emploi après la promulgation des lois anti-juives de 1941.

Elle fait alors la connaissance de Léa Feldblum, une jeune femme juive, orpheline, contrainte de dissimuler sa véritable identité. Léa la met en contact avec l'Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE).

Sabine, femme volontaire et généreuse, rejoint l'organisation et se consacre alors entièrement au sauvetage et à la protection des enfants juifs enfermés dans les camps de transit. Elle se heurte bientôt avec l'OSE à un obstacle majeur : la difficulté à trouver des familles ou des centres de placement temporaires pour ces enfants.

En 1943, elle fonde " la colonie d'enfants réfugiés de l'Hérault " dans la maison d'Izieu, située à 80 km de Lyon. Le couple Zlatin s'évertue à faire de cette maison un havre de paix et de bonheur pour préserver l'insouciance des enfants. Au coeur de ce village isolé et tranquille, Sabine pense que ses protégés seront à l'abri...

Sabine Zlatin est décédée en septembre 1996 à l'âge de 89 ans. Ce film est dédié à la mémoire des 44 enfants et aux 7 adultes qui ont vécu leurs derniers instants de bonheur à la maison d'Izieu avant la rafle de la Gestapo de Lyon, commanditée par Klaus Barbie le 6 avril 1944, ainsi qu'à Serge et Beate Klarsfeld, sans qui leur mémoire se serait peut-être éteinte. tf1



Personnalites : Présences féminines juives en France (XIXè-XXè siècles)

LEV KAMENEV


BIO
HISTOIRE
PROCES
PC
DICTATURE
STALINE
LENINE
ZINOVIEV
PROCES DE MOSCOU







Juif et Dieu - Serge Gainsbourg
Et si Dieu était juif ça t'inquiéterait petite
...
Le Capital tu as lu de l'Israélite
Karl Marx un beau bouquin
Et le trio bolchevik la troïka des purs eh bien
...
Grigori Ievseîetch Apfelbaum dit Zinoviev
Lev Borissovitch Rosenfeld dit Kamenev
Lev Davidovitch Bronstein dit Trotsky
Dieu est Juif
Juif et Dieu


Lev Borissovitch Kamenev de son vrai nom Rosenfeld (Розенфельд), né le 6 juillet 1883 à Moscou et assassine le 25 août 1936 était un révolutionnaire et homme politique russe d'origine juive

Révolutionnaire bolchevik et dirigeant soviétique.
Etudiant à l’université de Moscou, Lev Kamenev rejoint le POSDR (Parti ouvrier social-démocrate russe) en 1901. Arrêté, il est exclut de l’université et banni de Moscou. Il se range en 1903 aux cotés de la fraction bolchevik dirigée par Lénine. Propagandiste, il travaille à Tiflis (Tbilissi), Saint Petersbourg, Moscou. Il émigre en 1908 et collabore à la rédaction de plusieurs journaux révolutionnaires. En 1914, il rentre à Moscou pour diriger la Pravda (« vérité »).
Arrêté en 1915, il est exilé en Sibérie. En 1917, il devient membre du Comité central du parti bolchevik (où il siègera jusqu’en 1927) et du Bureau politique. Après la révolution de Février 1917, comme Grigori Zinoviev, il s’oppose à l’idée d’un coup d’Etat immédiat (que sera la « révolution d’Octobre »), puis démissionne pour quelques jours du Comité central afin de marquer son désaccord avec la décision d’écarter les autres partis du gouvernement.
Il participe en tant que ministre plénipotentiaire aux négociations aboutissant au traité de Brest-Litovsk, concluant une paix séparée avec l’Allemagne. A la mort de Lénine (1924), il forme avec Staline et G. Zinoviev ce qu’on appelle la « troïka ». En 1923-1924, il combat les positions de Trotski, avant de rejoindre l’opposition de gauche et de s’allier avec lui en 1926. Exclu pour « trotskisme » du PCUS (Parti communiste de l’Union soviétique) en 1927, il est réadmis en 1928 après s’être déjugé, puis à nouveau exclu en 1932 et réadmis en 1933, exclu pour la troisième fois en 1934 et condamné en 1935 à cinq ans d’emprisonnement.
En 1936, il est rejugé, de même que G. Zinoviev, dans le procès de Moscou dit des « trotskistes zinoviévistes ». Accusé de conspiration, il est condamné à mort et exécuté.
maison russie



Purges staliniennes : les procès de Moscou
Evénements symboliques des grandes purges staliniennes des années 1930, les procès de Moscou s’ouvre en URSS. Véritable mise en scène destinée à attiser la peur du complot, cette suite de procès permet de décimer l’avant-garde révolutionnaire de 1917. Presque tous les proches de Lénine seront exécutés à partir d’aveux irréalistes prononcés par les accusés. Lors du premier procès, dit des 16, Zinoviev et Kamenev sont deux des accusés. Ils sont censés avoir participé au meurtre de Kirov et à des « actes de sabotages » : le chef d’accusation est « contre-terrorisme trotsky-zinovievien ». Le procès, expéditif, s’achève dès le 24, les 16 accusés sont immédiatement exécutés. linternaute

JACOB ROSENFELD

CHINA
KAIFENG
HISTOIRE
CHINE
BIO
JEWS
STUDIES
VIDEO
CRI
DOCTOR


Rosenfeld (centre) & Liu Shaoqi (gauche) Chen Yi (droite)


Une exposition sur Jakob Rosenfeld retrace la vie de ce médecin viennois persécuté sous l'Allemegne nazie et qui trouva refuge à Shanghai. Après des années d'oubli, il retrouve ces dernières années sa place de héros pour avoir sauvé des milliers de vie sous l'empire de Mao.

Une exposition à Vienne rend hommage au singulier destin de Jakob Rosenfeld, un médecin viennois devenu héros de la révolution chinoise après avoir fui les nazis.

Moins connu que son confrère canadien Norman Bethune, rendu célèbre par un essai dont Mao rendit la lecture obligatoire, Rosenfeld -dit "Général Luo"- fut le seul parmi la poignée de volontaires étrangers ayant rejoint les troupes révolutionnaires a y avoir occupé les plus hautes fonctions hiérachiques. "Il fut même nommé ministre de la Santé du gouvernement des troupes combattantes, en 1947", précise à l'AFP le sinologue autrichien Gerd Kaminski, commissaire de cette exposition présentée jusqu'au 14 janvier au Musée juif de Vienne dans le cadre de l'année de la Chine en Autriche.

Une émigration en Chine forcée


Rien ne prédestinait pourtant ce jeune et renommé gynécologue viennois à devenir le "Bouddha salvateur" de le jeune Armée rouge chinoise.
A la différence de Bethune, un communiste militant qui avait rejoint Mao par conviction dès 1938, Rosenfeld nourrissait des sympathies socialistes mais n'"aspirait qu'à mener une vie douillette, entre son cabinet et les soirées à l'opéra", souligne M. Kaminski, auteur d'un livre sur le médecin juif.

Né en 1902 à Lemberg (l'actuelle Lviv ukrainienne), fils d'un sous-officier de l'armée austro-hongroise, Rosenfeld voit son destin basculer lors du rattachement (Anschluss) de l'Autriche à l'Allemagne nazie en 1938. Interné à Dachau, puis à Buchenwald, il est libéré en 1939 à la condition de quitter le Reich dans les deux semaines. "La seule possibilité, alors, était de s'embarquer pour Shanghai où aucun visa n'était nécessaire pour rejoindre la concession internationale", rappelle M. Kaminski. Bientôt surnommée la "Petite Vienne", la ville abrite durant la Seconde guerre quelque 25.000 réfugiés juifs européens et Rosenfeld y ouvre rapidement un nouveau cabinet. Mais la rencontre d'un agent de propagande du Komintern et les brimades infligées aux Chinois par l'armée d'occupation japonaise le décident en 1941 à rejoindre la "Nouvelle 4e Armée" de Mao.

Un homme au service du peuple chinois - "général Luo"

La suite appartient à la légende: devenu médecin de front, Rosenfeld opère sans relâche à la lumière de lampes de poches, améliore les conditions d'hygiène et forme des dizaines de praticiens chinois à la médecine moderne. "Ce fut un grand héros et un humaniste, vénéré par l'armée et la population, qui a sauvé des milliers de vies et dont le rôle a été comparable à celui de Bethune", mort en 1939, indique à l'AFP Lu Yonghua, ambassadeur de Chine à Vienne. Elevé au grade de général et appelé auprès du Comité central, Rosenfeld se lie notamment avec Liu Shaogi et Chen Yi, futurs président chinois et ministre des Affaires étrangères, "mais n'a jamais été proche de Mao lui-même", note M. Kaminski.

Resté en Chine bien après la fin du nazisme, le "Général Luo" participe à la chute de Pékin avant de se décider à rentrer à Vienne en 1949. Il retrouve une ville dévastée, encore marquée par l'antisémitisme, où il n'arrive "plus du tout à s'acclimater" alors que sa famille a été exterminée, relate-t-il dans son journal. Rosenfeld tente en 1950 de retourner en Chine mais, faute de visa, se résoud à émigrer en Israël où il meurt en 1952 d'une déficience cardiaque. "Avec l'installation du nouveau pouvoir et le début de la guerre de Corée, les étrangers n'étaient plus forcément les bienvenus en Chine", relève M. Kaminski.

Un héros réhabilité

Tombé dans l'oubli avec la disgrâce de Liu Shaogi et Chen Yi lors de la Révolution culturelle, Rosenfeld n'est progressivement réhabilité qu'à la mort de Mao, avant de retrouver sa stature de héros ces dernières années, grâce notamment à l'engagement du sinologue autrichien. "Aujourd'hui, il a sa statue, son hôpital, et le Musée historique de Pékin lui a consacré une exposition de 800m2 inaugurée par le président Hu Jintao", se félicite M. Kaminski. aujourdhuilachine

EMMA GOLDMAN


PHOTO
TEXTE
RUSSIE
COMMUNISME
LIVING MY LIFE
FEDERATION
GLOSSAIRE
PORTRAIT
TEXTE
ANARCHISTE
SUFFRAGE
DOC
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"If I can't dance I don't want to be part of your revolution."
"Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à votre révolution."


Le 14 mai 1940, mort d'Emma GOLDMAN, à Toronto.
Militante anarchiste, féministe, écrivain , figure très importante du mouvement anarchiste international.
Elle est née le 27 juin 1869 à Kovno (Lituanie). Elle passe ses premières années en Russie, en 1885 elle émigre aux Etats-Unis à Rochester, où elle travaille comme couturière. En 1888, Hillel SOLOTAROFF lui fait découvrir l'anarchie et, l'année suivante, à New York, elle fréquente les groupes anarchistes juifs. Elle y rencontre Johann Most et se lie avec Alexandre Berkman, avec qui elle fait sa première tournée de conférence. Le 23 juillet 1892, ce dernier tire sur un patron d'industrie (il sera condamné à 22 ans de prison). En 1893, l'anarchiste autrichien Edward BRADY devient le compagnon d'Emma mais, le 30 août, elle est arrêtée et sera condamnée à un an de prison pour "incitation à l'émeute" à la suite d'un discours. De 1895 à 1900, elle effectue plusieurs tournées à travers l'Europe, à Londres Hippolyte Havel devient son ami.
Le 6 septembre 1901, l'anarchiste Léon Czolgosz tue le président américain Mc.Kinley, elle prend immédiatement sa défense. Le 1er mars 1906 elle publie sa propre revue "Mother Earth". En 1907, séjour en Europe avec Max Baginski, et participation au Congrès Anarchiste d'Amsterdam. En 1908, elle se lie avec le Dr Ben REITMAN. En 1916 elle subit 15 jours de prison après une conférence sur le contrôle des naissances, puis elle est de nouveau emprisonnée en 1918, avec Berkman, jusqu'à fin 1919, avant d'être finalement expulsés des Etats-Unis. Ils rejoignent la Russie, y rencontrent les dirigeants Bolcheviques, mais constatent que là aussi la répression anti-anarchiste bat son plein. Début 1922, ils quittent la Russie pour la Suède, puis Berlin. En 1924, passage à La Haye (expulsée), Paris et Londres. En 1926, elle séjourne en France, à St Tropez, où elle rédige ses mémoires. En 1932-36 : nouvelles tournées de conférences en Europe et en Amérique. De 1936 à 38, elle effectue plusieurs séjours en Espagne et organise le soutien à la révolution libertaire. Mars 39 : elle quitte Paris pour le Canada, où elle résidera jusqu'à sa mort.
Outre de nombreux articles et la publication de "Mother Earth " jusqu'en 1918, elle est aussi l'auteure de plusieurs ouvrages, autobiographiques où traitant de l'anarchisme, du féminisme, etc.ytak.club

"Si nous voulons nous pardonner les uns aux autres, commençons d’abord par nous comprendre les uns les autres"

ETHEL ET JULIUS ROSENBERG


LA VERITE
1953
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HISTOIRE
DAVID



Résumé de l’affaire des Rosenberg

Le 29 mars 1951, en pleine « chasse aux sorcières » durant la « guerre froide », Ethel et Julius Rosenberg, naguère militants communistes et qui ont le malheur d’avoir, elle pour frère, lui pour beau-frère, David Greenglass, petit technicien à l’usine atomique de Los Alamos tenu par le FBI pour de menus larcins, sont reconnus par un jury de New York, soigneusement sélectionné, coupables d’avoir « comploté en vue de transmettre des informations secrètes à une puissance étrangère » : pendant la guerre avec l’Allemagne nazie, contre laquelle Etats-Unis et Union Soviétique étaient alliés. Verdict transformé, le 5 avril, par le juge désigné, en coupables « d’avoir remis la bombe atomique aux mains des Russes » et ainsi « permis l’agression communiste en Corée » : ce qui lui permet de prononcer la peine de mort.
Malgré un formidable mouvement de protestation dans le monde, les Rosenberg, refusant de cesser de clamer leur innocence, sont exécutés sur la chaise électrique le 19 juin 1953.
Progressivement, il se fait jour que le procès a été une honteuse machination. En 1966, versés dans le domaine public les dessins de la bombe, dont Greenglass déclarait avoir remis l’original à Julius Rosenberg pour transmission aux Soviétiques, sont jugés par les spécialistes (aucun n’avait été appelé à témoigner) « infantiles », « absurdes », « inutilisables ». En 1982, une journée d’auditions par une sous-commission de la Chambre des représentants révèle qu’une vingtaine de hauts personnages de l’Etat s’étaient réunis le 8 février 1951, soit un mois avant le début du procès, pour déterminer comment celui-ci devait être conduit. En 1986, le procureur adjoint Roy Cohn , dans son autobiographie posthume, avoue s’être mis d’accord dès le 7 février avec le juge Kaufman sur le verdict que celui-ci allait prononcer. En 1993, la très orthodoxe Association des juristes des Etats-Unis reprend les débats, avec le maximum de compétences et la plus grande impartialité ; son verdict est : non coupables.
Et, le 5 décembre 2001, dans une interview télévisée, David Greenglass, témoin majeur de l’accusation, reconnaît qu’il a menti dans sa déposition. Dès 1983, la riposte des tenants de la raison d’Etat s’est organisée. Comme on ne peut plus soutenir la fable grotesque de vol du « secret » atomique par de parfaits incompétents, le livre de Radosh et Milton The Rosenberg File élabore une version encore acceptable pour les milieux dirigeants : certes le procès a été « arrangé », la double condamnation à mort était excessive, mais Julius Rosenberg à tout le moins était coupable d’avoir constitué un réseau d’espionnage au profit de l’U.R.S.S. Vient à l’appui, en 1995, l’opération « Venona », où la CIA présente un décryptage de messages dits échangés de 1943 à 1945 entre l’antenne du service secret soviétique à New York et son centre à Moscou, et concernant la constitution et l’activité d’un réseau Rosenberg : construction impressionnante, mais très contestable et sur laquelle, par exemple, l’universitaire rennais Gildas Le Voguer a, dans le numéro du printemps 2001 de la revue Sources, émis de sérieux doutes. Reste que tant le livre de Radosh et Milton que le « dossier Venona » ne s’appuient que sur des allégations en provenance des services secrets états-uniens et de gens qu’ils manipulent. Il faut faire plus convaincant, s’efforcer de présenter au public des « archives soviétiques » impliquant les Rosenberg. Sont d’abord promus à cette dignité, en 1990 un passage très incertain des mémoires enregistrés de Nikita Krouchtchev, en 1994 quelques phrases bienvenues d’un livre du maître-espion Soudoplatov, en 1997 une « révélation » ultra-médiatisée de l’ex-officier du KGB Feklissov, en 1999 les mémoires rectifiés de ce dernier. C’est insuffisant, il faudrait offrir des archives véritables. C’est là l’entreprise d’Allen Weinstein, saluée comme providentielle, aux Etats-Unis et dans notre pays, par les inconditionnels des thèses pro-FBI et –CIA, mais que détruit, impitoyable pour les faussaires, le professeur de l’université de Californie (Irvine) Jon Wiener.

Quoi qu’il en soit, notre Association pour le réexamen de l’affaire Rosenberg appelle à ne pas se laisser prendre au piège de la tentative de diversion, et à en revenir à l’essentiel : à l’issue d’un procès truqué, les Rosenberg ont été condamnés puis mis à mort sous une accusation maintenant unanimement reconnue mensongère, ce qui fut un crime d’Etat. Cette affaire est exemplaire du mensonge d’Etat maintenu, tous les démocrates doivent nous rejoindre pour que justice soit enfin rendue à Ethel et Julius.

Depuis le cinquantième anniversaire de l’exécution, dans les colloques et les conférences qu’elle organise, l’Association invite à la confrontation des points de vue les tenants des versions officielles : jusqu’ici, sans succès.

Elle y invitera encore davantage en 2008.JUSTICE

JUDAS MACCHABEE


LIVRE
HISTOIRE
PALESTINE
DATE
FLAVIUS
HANOUKA







Gravure Gustave Doré
Judas Maccabée en présence de l'armée de Nicanor

Judas Maccabée ou Yéouda HaMakabi - (mort en -160 av. J.-C.) est le troisième fils de Mattathias, le prêtre juif. Il lui succède en -166 dans la révolte contre la domination syrienne hellénistique des Séleucides.

L'étymologie du surnom de Macchabée est controversée. Il s'agit soit de l'acronyme « MaKaBi » formé des premières lettres du verset biblique «Mi Kamo’ha Ba-elim Hachem» qui veut dire :« Qui est comme Toi entre les dieux, Seigneur», soit du mot MaQaB, qui signifie "marteau".

LA REVOLTE DES MACCHABEES

La pression fiscale augmente sur les provinces et particulièrement la Palestine. Antiochus IV Epiphane "le dieu visible" décide entre - 169 et - 167, l'hellénisation forcée de la population pour unifier les provinces et renforcer le royaume. Le Grand Prêtre est destitué. L'or et l'argent du temple sont saisis pour financer l'indemnité de guerre. Le calendrier religieux et les fêtes sont interdits, la circoncision qui choque les Grecs, aussi. Cette politique contraste avec l'attitude bienveillante des Perses puis des Lagides. L'influence culturelle grecque est considérable et les Juifs hellénisés sont favorables au pouvoir Séleucide, en face, les Hassidim "aimant dieu", refusent cette politique. A cette opposition s'ajoute une divergence religieuse entre Saducéens présents dans la classe sacerdotale et Pharisiens qui prennent tous les versets de la Loi à la lettre. Pendant ce temps, Antiochus IV a repris la guerre contre l'Egypte et perd l'alliance de la Macédoine vaincue par Rome à Pydna. A Jérusalem, l'ex Grand Prêtre fait emprisonner son rival Mélénaus et chasse la garnison. Antiochus IV retourne en Palestine, rétablit Mélénaus et place une garnison. En - 167, Antiochus IV consacre le Temple de Jérusalem à Zeus, y interdit le culte traditionnel et provoque les Hassidim en y sacrifiant des porcs. Jérusalem est pourvu d'un gouverneur militaire. L'application de ces lois provoque une révolte à Modi'in (Modin). Un prêtre, Mattathias Hasmon et ses cinq fils refusent l'ordre de sacrifier un porc, il poignarde le Juif hellénisé qui obéissait, ainsi que le commissaire du roi présent, renverse l'autel païen puis harangue la foule et l'exhorte à les suivre dans les collines de Gophna pour lutter contre Antiochus. Un millier de partisans le suit. C'est le début de la révolte des Macchabées ou Maccabées. Une véritable guérilla commence, ponctuée d'engagements de faible intensité.
La guerre dure 6 années et les révoltés, conduits par les fils de Mattathias : Jean, Simon, Eléazar, Jonathan et surtout Judas Macchabée, surnom qui signifierait "marteau", tiennent en échec les armées qu'envoient contre eux Antiochus IV et ses successeurs. Ils font pièce aux éléphants en occupant les collines et bloquent tous les passages sauf celui où ils "attendent" l'ennemi. Jérusalem est reprise et purifiée. Ils cherchent l'alliance avec la république romaine, la puissance montante, et aussi avec Sparte, et, en - 161, l'accord est signé. La liberté religieuse est accordée mais l'indépendance est refusée, (les fortifications du Temple sont rasées) le combat continue, Antiochus IV meurt dans une guerre en Orient. Une paix de compromis avec Lysias rend le Temple au culte. Antiochus V succède à 9 ans mais ses officiers poursuivent la guerre. Cette dernière dure 25 ans tant la disproportion est grande entre les armées. Démétrios 1er Soter continue le combat face aux Macchabées. Mais l'Empire Séleucide se décompose sous le choc des révoltes nationales, la guerre contre l'Egypte et subit l'influence de Rome. C'est Simon Macchabée, le survivant parmi les 5 fils, qui obtient de Démétrios II Nicator la reconnaissance de l'indépendance en - 141. C'est l'avènement de la dynastie asmonéenne. Revolte

ALEXANDER LERNER


BIOGRAPHIE
REFUSENIK
IN MEMORIAM
CYBERNETICS




Soviet mathematician and leading practitioner of cybernetics (an esoteric branch of science that deals with human control systems like the brain and nervous systems, and where they interconnect with complex electronic systems), who published scores of scientific papers and several books including the groundbreaking 1967 book "Fundamentals of Cybernetics", and who was denied the right to leave the Cold-war era Soviet Union because the Soviets didn't want his knowledge leaving the country, died April 6 in Rehovet, Israel at age 90.

CARL VON OSSIETZKY




PRIX NOBEL







There are some sources that state that Ossietzky was Jewish. This was also mentioned in an exhibition in the German archives in 1998.





Carl von Ossietzky (né le 3 octobre 1889 à Hambourg, mort le 4 mai 1938 à Berlin) est un journaliste, écrivain et intellectuel pacifiste allemand. En tant qu'éditeur du magazine Die Weltbühne (La Scène mondiale) il fut condamné en 1931 pour haute trahison pour avoir publié des informations sur le réarmement clandestin de l'Allemagne.


 Ossietzky obtint en 1936 le Prix Nobel de la paix au titre de l'année 1935 pour ses publications.

http://www.liberation.fr/planete/1996/01/22/carl-von-ossietzky-l-antinazi-qui-fait-honte-a-l-allemagne_159583
 Carl von Ossietzky, l'antinazi qui fait honte à l'Allemagne

Carl von Ossietzky, le légendaire journaliste anti-hitlérien, ne sera donc pas réhabilité. C'est le correspondant berlinois du New York Times qui l'annonce dans son numéro du 13 janvier. Et depuis, rien. Pas de démenti de Bonn. Pas de commentaire officiel ou officieux du ministère de la Justice allemande. C'est une honte.

Oui, une honte pour l'Allemagne de Helmut Kohl, où des juges se montrent insensibles envers la mémoire. Ont-ils perdu toute décence? Oublient-ils que l'administration judiciaire a beaucoup à se faire pardonner? Après la défaite des armées allemandes, les juges qui avaient prêté serment à Adolf Hitler ont continué à siéger dans les tribunaux allemands
. C'était choquant et scandaleux alors, cela le reste aujourd'hui. Les faits sont connus: rédacteur en chef de la revue pacifiste Weltbühne, Carl von Ossietzky agace le régime et s'oppose à la politique militariste nazie dès que Hitler accède au pouvoir.
Emprisonné et condamné en 1933, au lendemain de l'incendie du Reichstag, il meurt en 1938 dans un camp de concentration, trois ans après avoir reçu le prix Nobel de la paix pour son courageux combat contre la dictature nazie.
Dans le monde libre, on célébrait en lui l'idéaliste héroïque qui se sacrifia pour ses convictions. En effet, en 1935, Hermann Göring lui proposa la liberté s'il refusait le prix. Von Ossietzky ne succomba pas à la tentation. La fidélité à ses principes valait à ses yeux plus que la liberté individuelle. Or, en 1992, ses admirateurs firent appel devant la cour fédérale allemande afin de faire annuler son ancienne condamnation. La cour s'y refusa. En d'autres termes: ces juges allemands d'aujourd'hui confirment le verdict abject de leurs prédécesseurs nazis. En clair: pour eux, Carl von Ossietzky a toujours violé la loi en s'opposant à la politique de haine brutale et meurtrière de Hitler. Pour eux, il est toujours considéré comme criminel.
 Voilà le héros répudié et humilié par un système qui prétend glorifier sa passion pour la démocratie et la justice. Cela, en 1996, plus de cinquante ans après la fin d'un régime qui, jusqu'à la fin des temps, symbolisera l'inhumain dans l'homme et le mal dans la société. Disons-le avec colère: si Carl von Ossietzky a fait honneur à l'humanité, ses juges d'hier et d'aujourd'hui font honte à l'Allemagne. Elie WIESEL

ROSA LUXEMBURG



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"La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la "justice", mais parce que tout ce qu'il y a d’instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la "liberté" devient un privilège."

(1871-1919)
Rosa Luxemburg est née le 5 mars 1871 dans la ville polonaise de Zamosc. Elle vient d'une famille de commerçants juifs. La Pologne est alors sous domination russe. La jeune Rosa fait ses études à Varsovie, mais ses liens avec les mouvements révolutionnaires, la poussent à fuir en Suisse en 1889. Beaucoup de révolutionnaires y sont exilés comme Plekhanov ou Axelrod. Elle travaille à un doctorat d'économie politique à Zurich. Elle co-fonde le parti social démocrate polonais et milite pour l'unité d'action des travailleurs polonais avec leurs camarades russes pour renverser le tsarisme. En 1983, elle est déléguée de la Pologne au IIIe congrès de l'IS, n'hésitant pas à s'y opposer à Engels sur la question de l'indépendance de son pays.

Peu de temps après Rosa Luxemburg devient citoyenne allemande et adhère au SPD où elle anime l'aile gauche avec Karl Liebknecht, en opposition au révisionnisme de Bernstein. En 1905, elle soutient la révolution russe de Varsovie, mais elle est arrêtée. Dans la période qui va de 1907 à 1914, Rosa Luxemburg donne des cours à l'École de la social-démocratie à Berlin. Elle y défend l'idée de la grève de masse comme principal moyen d'action révolutionnaire. En cela, Luxemburg s'oppose à Lénine, qui préfère l'organisation et la discipline d'un parti de révolutionnaires professionnels à la " spontanéité " des masses. Dans la même période, elle écrit également l'Accumulation du capital (1913), un ouvrage dans lequel elle tente montre que l'évolution de l'impérialisme capitaliste conduira à un renforcement de la lutte des classes et donc, l'action révolutionnaire.

La guerre éclate en 1914, soutenue par les députés SPD. Dans le parti socialiste, Luxemburg fait partie des pacifistes, ce qui lui vaut d'être emprisonnée. La crise interne au SPD conduit, en 1916, à la fondation avec Karl Liebknecht, Franz Mehring et Clara Zetkin du mouvement spartakiste, résolument révolutionnaire et antimilitariste. Luxemburg est encore incarcérée jusqu'en 1918. Ses écrits de prison sous le pseudonyme de Junius, des servirent de base au programme spartakiste.

Rosa Luxemburg accueille avec enthousiasme la révolution de 1917, mais elle reste très lucide et visionnaire sur l'autoritarisme et le manque de liberté du régime mis en place par Lénine. Dans La révolution russe, elle écrit : "La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement." [...] "La tâche historique qui incombe au prolétariat, une fois au pouvoir, c'est de créer, à la place de la démocratie bourgeoise, la démocratie socialiste, et non pas de supprimer toute démocratie."

Pour Rosa Luxemburg, la dictature du prolétariat consiste en "la manière d'appliquer la démocratie, non dans son abolition, dans des interventions énergiques, résolues, dans les droits acquis et les rapports économiques de la société bourgeoise, sans lesquelles la transformation socialiste ne peut être réalisée. Mais cette dictature doit être l'oeuvre de la classe et non d'une petite minorité dirigeante, au nom de la classe, autrement dit, elle doit sortir pas à pas de la participation active des masses, être sous leur influence directe, soumise au contrôle de l'opinion publique, produit de l'éducation politique croissante des masses populaires."

Libérée en novembre 1918, elle participe à la fondation, du Parti communiste allemand, le KPD.

Opposée à l'insurrection spartakiste à Berlin de janvier 1919, à cause d'un rapport de forces défavorable aux révolutionnaires, Rosa Luxemburg y participe quand même. L'insurrection échoue et elle est arrêtée, avant d'être assassinée avec Liebknecht le 15 janvier.

L'originalité de la pensée de Rosa Luxemburg est qu'elle s'affirme très tôt comme attachée à l'orthodoxie marxiste. En cela, elle critique les options de Bernstein et Kautsky. Passionnément révolutionnaire, elle n'en est pas moins attachée à la perspective d'une authentique démocratie socialiste.pluriel

PAUL


PAUL
ORIGINE
PELERINAGE
APOTRE
ABECASSIS
QUIZ

"Je suis juif, né à Tarse en Cilicie, mais c'est ici, dans cette ville (Jérusalem) que j'ai été élevé et que j'ai reçu aux pieds de Gamaliel une formation stricte de la Loi de nos pères" (Ac 22 3).

Paul est né probablement dans les années 10 du premier siècle. Il semble qu'il ait vécu jusqu'en l'an 67. Il fut non seulement instruit dans la science rabbinique juive de son temps mais il fut aussi baigné dans l'hellénisme (la culture grecque) car il était citoyen romain.


Paul, un marrane absolu avant la lettre
par Marc Goldschmit

Que deviennent les lettres de Paul ? Comment ses lettres, en grec des épîtres, pensent-elles la lettre, l'écriture, les Ecritures, l'inscription, y compris celle dans la chair, la circoncision ? Cette question, loin d'avoir une portée philosophique ou historico-politique restreinte, est peut-être la matrice ou le tissu général qui permet de comprendre l'apparition des chrétiens parmi les juifs et à l'intérieur d'un certain judaïsme. L'analyse de ce qu'on peut appeler « l'équivoque juive de Paul » - son « marranisme avant la lettre » - permet peut-être d'approcher la possibilité du christianisme ainsi que du destin des juifs en Europe comme ailleurs. Cette équivoque participe à l'envoi et au programme des dispositifs historico-politiques de la tolérance et des différences.

Comment les lettres de Paul ont-elles donné naissance - à travers l'universalisme apparent de son monothéisme - à l'idée européenne de tolérance en même temps qu'elles ont ouvert la possibilité de l'intolérance et de l'inhospitalité à l'égard de la différence juive ? Comment la tolérance peut-elle en effet procéder de la même source textuelle juive que l'intolérance à l'égard des juifs ? Et comment l'hospitalité des synagogues envers les païens a-t-elle pu se retourner contre l'hôte juif, après la destruction du Temple du Jérusalem en 70, et le démantèlement de la caste sacerdotale des Sadducéens ? La passe judéo-chrétienne, décisive dans le rapport de la tolérance et des différences, advient dans les textes du second Testament et dans les Épîtres de Paul, en deçà de la christologie et du dogme chrétien, elle procède donc par avance et rétrospectivement à leur déconstruction.

Paul, juif hellénisé originaire de Tarse et d'obédience pharisienne, s'explique avec le judaïsme des prêtres Sadducéens qui font la loi dans le Temple de Jérusalem. Sa controverse avec la caste sacerdotale ne peut en aucune manière être comprise comme une rupture ou un schisme avec « le » judaïsme. Paul n'abolit pas plus le judaïsme qu'il ne fonde le christianisme, il ne se sépare pas davantage des juifs qu'il ne persécute les chrétiens quand il se dénomme Saül. Lorsqu'il devient celui qui se surnomme Paul, il ne passe pas de l'intégrisme judaïque à l'apostasie, puisque ni l'un ni l'autre ne sont possible tant qu'il n'existe pas ce qu'on pourrait appeler
« le » judaïsme... Il est parfaitement absurde d'identifier cette ecclésia de Dieu avec la communauté chrétienne, qui n'existait de toute façon pas comme une entité unifiée et séparée des communautés synagogales. Il faut plutôt penser, contre toute attente et toutes les conventions, que dans le judaïsme ce sont les prêtres Sadducéens que le pharisien Saül persécutait. La persécution hyperbolique de ce juif zélé et excessif se tournait contre le centre de l'autorité et non pas vers une secte minoritaire.

Si une telle hypothèse a quelques pertinences, il faut alors penser que Paul ne se sépare pas non plus du judaïsme lorsqu'il se fait moins zélé et change de stratégie à l'égard de la caste sacerdotale et de la Loi que ses membres incarnent...
En apparence l'explication et la controverse semblent se jouer d'abord autour de la question de la Loi et de la transgression. On sait que les prêtres Sadducéens étaient justement réputés pour leur intransigeance vis à vis de toute transgression des préceptes, et qu'ils exigeaient une observance rigoureuse de ces règles rituelles. Même si Paul était un juif hellénisé qui lisait les Écritures juives dans la traduction grecque des Septante, il dit être « plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. » Il est donc impensable qu'il ait pu confondre la Thora avec le Nomos, autrement que du point de vue de sa controverse avec la communauté sadducéenne. Cette traduction de la Thora - plus proche de signifier Paideia que Nomos - va river les juifs à la prétendue « Loi » et en faire un peuple à la nuque raide, incapable de s'ouvrir à la venue de l'Esprit saint. La « Loi » selon Paul ne signifie donc pas littéralement la Thora, mais plutôt la réduction de la Thora à la Loi par les prêtres sadducéens.

On sait quelle est la limite de la Loi juive pour Paul ; elle ne permet pas d'accéder à l'ordre messianique du salut. Elle ne donne que la connaissance des péchés et non la rédemption, car la Loi a été donnée non pas pour le salut, mais « pour la connaissance du péché.3 » Si on considère que les judaïsmes de l'époque sont inséparables d'une perspective messianique, la Loi juive apparaît alors comme ineffective du point de vue judaïque même. La Loi ne permet pas en elle-même à la vie juive de s'accomplir mais la rive à la finitude que représente la connaissance du péché sans la rédemption. La critique paulinienne de la Loi fait donc apparaître les frontières de celle-ci et ses limites.

La connaissance du péché ne permet en effet pas d'être « justifié » par Dieu parce qu'elle ne fait pas agir ; d'un point de vue pratique, elle est donc marquée d'impuissance. C'est pourquoi les œuvres de la Loi restent, dans la pensée de Paul, séparées de l'ordre du salut et ne permettent pas d'accéder à la grâce de Dieu. e.

Les frontières et l'existence de la Loi juive sont donc profondément bouleversées par tout ce discours qui opère une véritable révolution topologique et tropologique de la différence juive. Ceux des juifs qui vivent avec la Loi qu'ils écoutent, savent déterminer ce qu'est le péché ; leurs actes et leur vie peuvent donc être comptés au nombre des œuvres de la Loi, bien qu'ils soient impuissants à mettre effectivement celle-ci en œuvre, à l'accomplir. Nombre de juifs écoutent la Loi mais n'y entendent rien, ils sont impuissant à mener la Loi à son Telos messianique. Mais qui sont ces juifs ? Combien sont-ils et comment les différencier ? Leur nombre est sans doute incalculable, comme celui des païens qui vivent sans la Loi et peuvent pourtant être dit justes - en tant qu'ils ne commettent pas le péché et ne transgressent donc pas la loi - , ils accomplissent la Loi juive sans le savoir et à leur insu. La Loi n'est donc pas mise en œuvre là où elle est en œuvre, et elle est accomplie là où elle est littéralement absente ; elle est donc retranchée de nombre de vies juives en même temps qu'elle est étendue au-delà de ces vies et de la lettre.

...
Ce principe invisible qui correspond à la mise en œuvre secrète et juste de la Loi, et qui inverse potentiellement tous les signes, toutes les marques et toutes les œuvres, s'appelle la Foi : « nous croyons en effet que l'homme est justifié par la foi [pistis] sans les œuvres de la Loi.7 » La foi y - étrangère à toute croyance en des dogmes - précède la Loi mosaïque, elle aurait, selon Paul, justifié Abraham devant Dieu qui en retour lui aurait alors promis la terre en héritage. La foi est justice, c'est-à-dire accomplissement de la Loi mosaïque, et elle précède chronologiquement cette Loi. Avant Moïse le péché et la transgression existaient déjà par la chair, bien que la Loi n'ait pas encore été connue ni révélée. Paul écrit : « Pourtant d'Adam à Moïse la mort a régné[ ébasileusèn ] sur ceux qui n'avaient pas péché d'une transgression [parabaseos] semblable à Adam.8»
...

Lorsque la foi a été donnée à Abraham avant que la Loi ne le soit à Moïse, elle a été reçue sans être révélée, autrement dit sans être connue. Si les hommes peuvent être justes grâce à la foi et sans la connaissance que donne la Loi, c'est pourtant la Loi qu'ils transgressent par avance tant que la foi ne leur est pas révélée. Que peut-on transgresser d'autre qu'une Loi ou une limite, une frontière ? Peut-on parler de transgression sans loi ? « Là où il n'y a pas de Loi, écrit Paul, il n'y a pas non plus de transgression [parabasis ].10 » Seule la connaissance messianique de la foi permet donc de ne pas transgresser la Loi et de l'accomplir. Si la foi d'Abraham précède la Loi de Moïse, la Loi mosaïque précède quant à elle la révélation de la foi par Jésus, elle se précède donc toujours elle-même, alors que la foi se répète dans la révélation après la Loi.

Mais que dit la Loi ? Elle est le trait le plus concis de toute l'éthique juive : « Car la Loi toute entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.11 » Cette Loi va-t-elle être interrompue par la révélation de la foi ? La révélation rend-elle la Loi inutile ? Lorsque Paul écrit : « car moi, c'est par la loi que je suis mort à la loi, afin de vivre pour Dieu.12 », il semble que l'entrée dans la vie messianique signifie la sortie de la Loi hors d'elle-même. L'accomplissement de la Loi juive passe-t-il par l'abolition du judaïsme ? Cela serait sans doute le pire contresens, qui n'a pas évité de se produire, puisque Paul affirme aussi, dans la synagogue de Rome où il s'adresse à une communauté juive qui ne connaît pas encore sa parole messianique : « Anéantissons-nous la loi par la foi ? Loin de là ! Au contraire nous confirmons la loi.13 » Ce qui sera répété par Matthieu, comme un des logoï de Jésus : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.14 »

On peut donc dire que Jésus et Paul ont le désir de rendre effective et accomplie la Loi juive, de la porter à son terme messianique pour Paul. Quel sens alors y a-t-il pour Paul à dire qu'il est mort [apèthanon] à la loi et par elle, alors qu'il écrit que tout non-juif peut mettre la loi juive en œuvre et constituer ainsi un juste en puissance ? La pensée paulinienne de la différence et le programme de la pensée de la tolérance qu'il nous lègue est inséparable d'une méditation sur la vie et la mort, qui passe par la différenciation de la chair et de l'esprit. Paul écrit en effet : « Ignorez-vous, frères - car je parle à des gens qui connaissent la loi - que la Loi exerce son pouvoir sur l'homme aussi longtemps qu'il vit? » Cette injonction est à double sens, elle dit d'abord que le temps de la vie est le temps de la Loi, et que cette dernière règne tant que dure la vie ; la vie en ce sens a lieu sous l'empire, si on peut dire, de la Loi. Mais d'autre part il s'agit d'une limitation : la Loi n'a plus de pouvoir sur l'homme lorsque celui-ci ne vit plus et qu'il est mort. La loi n'a donc plus de portée, comprenons ce dont il s'agit, là où commence l'autorité messianique du salut. Le temps de la loi reste donc hétérogène au temps du messie, interdisant à l'un et à l'autre d'appartenir à un même rapport au temps.

La Loi fait connaître le péché, en quelque sorte elle est comme l'arbre de la connaissance du jardin du bien et du mal, qui serait à l'origine de l'exclusion du jardin d'Eden. La Loi, pourrait-on dire, institue le péché en le révélant, elle lui donne vie en permettant la transgression : « car sans la loi le péché est mort [nekra].15 » Or la Loi est impuissante à contredire le péché, car elle n'a pas d'effet sur la chair. La révélation de la foi par la venue du messie va rendre effective la loi au-delà de la loi : « chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force - Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché.16 » La question que nous posons ici est celle de savoir si la loi juive est sacrifiée et si la vie juive est condamnée, lorsque dans le judaïsme s'ouvre la possibilité d'un autre rapport à la loi et à la Thora. Nous nous demandons comment un certain judaïsme a pu se retourner contre sa différence, sortir d'elle et s'étendre en devenant indiscernable.

Si c'est la chair qui est pécheresse et que le péché vient de la chair - il consiste en la transgression de la loi, la transgression qu'elle est -, la Loi qui fait connaître le péché, et le fait alors exister en le faisant apparaître, ne peut agir sur lui car elle est d'un ordre hétérogène à la chair. Il y a donc dissymétrie entre la Loi et le péché de chair : celui-ci n'apparaît que sous la loi et par elle en interdit l'accomplissement, alors qu'à l'inverse la Loi n'a pas d'effet ni de force sur la chair. La Loi juive est-elle en ce sens abolie par le messie ? Paul écrit : « Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché.17 » La Loi, loin de me libérer met en lumière ma servitude charnelle et mon absence de force pour contrecarrer la chair. C'est ici que la morale paulinienne opère un coup de force extraordinaire pour unifier la loi juive avec les concepts de la langue grecque, elle procède à une scission de la loi, ou plutôt à une division : « En effet, la loi de l'esprit de vie en Jésus Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort.18 » La traduction française qui efface le pneuma grec et la ruah hébraïque sous l'« esprit » - qui vient du « spiritus » latin - falsifie tout autant le texte que la traduction de christoi par « Christ » qui efface irrémédiablement le « messie » grec et hébraïque.

La loi se divise en deux lois, celle de la vie et celle de la mort - et non pas celle d'un prétendu esprit qui se distinguerait de la chair - qui n'en font qu'une, mais selon deux perspectives ou deux rapports au temps. Si la vie après la mort est celle d'un salut messianique non charnel, auquel croyaient les juifs pharisiens, c'est bien la même Loi qui donne le souffle de vie dans le messie et qui fait mourir à la loi du péché et de la chair. Le messie ne vient donc pas abolir la Loi puisqu'il est l'accomplissement de son souffle de vie. Le midrash paulinien cesse pourtant d'être compris comme judaïque à partir du moment où il est « spiritualisé » par la traduction d'origine latine lorsque le messie et la dimension messianique du texte disparaît dans le nom propre « Christ ». L'ouverture de la possibilité de quelque chose comme le christianisme commence avec cet événement de la langue et du texte grec. Mais ces effacements du texte n'empêchent pas les rabbinages de Paul de réapparaitre, ni le messie de se révèler être l'autre nom de la loi-puisqu'il est pour Paul la loi qui n'est plus séparée de ce qu'elle peut par la chair, en un certain sens la loi absolue.

En régime messianique la loi devient ce qu'elle est et cesse d'être scindée en loi écrite et non écrite. La loi non écrite inscrite en droit dans le cœur de tout homme, ce que Paul nomme la foi, est la Loi absolue, aussi bien sa disparition. Sa particularité juive se retire pour devenir infinie. Si la vie juive acquiert une dimension absolue par le messie, elle peut alors devenir universelle en passant dans l'inapparence, elle est alors indiscernable dans l'immanence de la foi. Dans ces conditions que doit-il advenir de la nation juive, et du signe d'appartenance à cette nation, la circoncision ? Comment le problème de l'inscription charnelle de l'alliance avec Dieu est-il réglé ou déréglé dans la folie des discours pauliniens ? La disparition de la loi juive dans un devenir messianique absolu peut-il tolérer l'inscription dans la chair d'une telle différence ? Que peut signifier encore, en régime messianique, la différence du peuple juif, sa dite « élection » ?

La circoncision de la chair et le problème de l'élection d'Israël sont inséparables de la grande question paulinienne de la Loi et des lois. Le messie - Chrestos - met le temps chronologique hors de ses gonds : « Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi.19 » La loi garde les juifs enfermés et protégés, elle les guide et les élève jusqu'à la foi donnée dans le messie. Avec Abraham, la foi se précède elle-même, avant la loi, , et la loi se succède à elle-même dans le messie. On peut essayer de s'approcher de la folie de ce double chiasme messianique à partir du fameux « incident d'Antioche » avec Pierre. Incident qui permet de compliquer d'un tour supplémentaire le dédoublement de la loi et sa disparition dans un devenir absolue. Chargé d'annoncer l'événement messianique auprès des juifs hellénisés, Pierre rencontre Paul, qui aurait eu quant à lui la responsabilité des païens, des ethnè ou des nations dans leur pluralité. Paul invective alors Pierre et lui reproche de transgresser la loi juive qui, en vertu de l'élection, interdirait de partager les nourritures sacrées et de se mettre à table avec les non-juifs lors des rituels. Cette loi élective prescrit en un certain sens l'inhospitalité à l'égard des étrangers, mais on peut dire aussi qu'elle rend possible la pluralité des hospitalités et qu'elle interdit l'instrumentalisation de l'hospitalité par le prosélytisme et l'impérialisme. L'élection est peut-être la condition de possibilité de l'hospitalité ; que serait en effet une hospitalité qui serait absolue et sans principe de différenciation : si tous étaient des hôtes, plus personne ne le serait. Il faut en ce sens peut-être se demander si la tolérance ne contient pas en elle, tendanciellement, un principe de destruction de l'hospitalité.

Que dit Paul ? « Je dis à Céphas, en présence de tous : Si toi qui es Juif, tu vis à la manière des païens et non à la manière des Juifs, pourquoi forces-tu les païens à judaïser ? Nous, nous sommes Juifs de naissance, et non pécheurs [amartoloi ] d'entre les païens.20 » Là encore la folie du texte de Paul déconstruit sans limites tous les dogmes qui l'ont enseveli et sédimenté. Paul demande à Pierre de vivre comme le juif de naissance qu'il est, et de se mettre sous la Loi. Autrement dit il lui reproche de se faire prosélyte et de ne pas respecter le principe de l'élection qui sépare rigoureusement les juifs des non-juifs. Paul demande à Pierre de ne pas dissimuler sa naissance en prenant le masque des païens pour qui l'élection et la séparation des juifs avec les autres nations ne fait pas loi. Paul dit à Pierre de ne pas faire ce qu'il dit de faire à tous les juifs de toutes les synagogues qu'il visite. Il est donc interdit à Pierre, par Paul, de faire ce que dit Paul. Paul doit rester l'apôtre élu qui annonce aux nations la disparition de l'élection des juifs dans l'élection de tous.

Paul demande donc à Pierre de maintenir, pour sa part, le principe de l'élection, et de tenir séparés les juifs des païens, de manières à obliger ces derniers à vivre comme les juifs, mais séparés d'eux : sans eux et hors du judaïsme rabbinique. Il s'agit de faire que les païens « judaïsent » sans en être forcés ni « péchés » par Pierre ou par Paul. Seul le respect de l'élection par les juifs de naissance - les juifs par la phusis - peut permettre aux païens de devenir juifs sans force et sans le savoir grâce à la technè paulinienne, qui est une stratégie d'inclusion des païens par exclusion. La question est de savoir si l'inclusion de la différence juive dans la foi messianique s'accompagne de leur exclusion. La pensée de Paul produit ici le paradoxe d'une élection de tous et du tout, en quelque sorte une élection sans sélection, doublé d'une généralisation d'une différence de nature dans la technè ou le deus ex machina qu'est la grâce de la foi.

Il faut lire ici le grand texte de Paul quant à la circoncision : « La circoncision est utile, si tu mets en pratique la loi ; mais si tu transgresses la loi, ta circoncision devient incirconcision.

Si donc l'incirconcis observe les ordonnances de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision ? L'incirconcis de nature, qui accomplit la loi, ne te condamnera-t-il pas, toi qui la transgresses, tout en ayant la lettre de la loi et la circoncision ? Le Juif, ce n'est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n'est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif est celui qui l'est intérieurement ; et la circoncision, est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre [en pneumati ou grammati]. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu.21 »

Ce texte, qui contient le programme d'un marranisme avant la lettre, distingue la pratique de la loi et sa transgression, séparant une nouvelle fois ce qui est effectif de ce qui est charnel ou visible. Mais dans ce texte ce n'est pas seulement la pratique de la loi qui devient en droit virtuelle pour tout homme, c'est le signe charnel de la circoncision. Ce qui pose un problème plus redoutable encore que celui de la pratique invisible de la loi : comment un incirconcis peut-il être dit circoncis du point de vue du pneuma, en contradiction avec ce qui est visible dans la chair ? Autrement dit comment une inscription, une coupure, une blessure autour du prépuce [peritomé] peut-elle devenir effective alors qu'elle n'a pas eu lieu dans la chair ? Et comment peut-elle se déplacer vers le cœur [kardias ] ? Paul l'explique, cela doit être entendu selon le pneuma, le souffle, et non selon la lettre, gramma. Mais faut-il prendre cette distinction de la lettre et du souffle à la lettre ? Et si l'on accepte de traduire pneuma par « esprit », quel serait l'esprit de cet esprit si la lettre de Paul ne doit pas être lue à la lettre ?

Comment en même temps un circoncis peut-il cesser de l'être effectivement alors qu'il l'est dans sa chair ? Cet effacement de la lettre de la circoncision dans la chair des juifs ne peut pas être dite imaginaire ou symbolique par commodité. Il faut prendre au sérieux ce jeu de l'effacement et de l'inscription de la marque ou de la lettre de chair, redoublé et compliqué par le jeu de la lettre et du souffle dans la lettre des lettres de Paul. Ce qui se joue dans cette logique abyssale, dont on se demande si elle n'a pas piégé Paul lui-même, c'est la possibilité de souffler ou de dérober la circoncision aux juifs en soufflant à Paul sa parole marrane.

Qu'est-ce donc en effet qu'une circoncision, une élection ou une judéité invisibles ? Que penser d'autre part d'une élection et d'une judéité infinie, ou à la mesure de la terre - sinon de l'univers - ? La circoncision est un signe, qui est un sceau, qui peut être reçue avant d'être circoncis. La question de la circoncision oriente vers la foi d'Abraham et sa multiple paternité. « Il n'était pas encore circoncis, il était incirconcis. Et il reçut le signe de la circoncision, comme sceau de la justice qu'il avait obtenue par la foi quand il était incirconcis, afin d'être le père de tous les incirconcis qui croient, pour que la justice leur fût aussi imputée, et le père des circoncis, qui ne sont pas seulement circoncis, mais encore qui marchent sur les traces de la foi de notre père Abraham quand il était incirconcis.22 » Dans cet extrait, le peuple juif se divise en deux. : l'ensemble des juifs circoncis d'une part, et ceux qui marchent sur les traces de la foi d'Abraham, d'autre part. Une partie des juifs est donc retranchée, celle qui porte la trace de la foi d'Abraham dans sa chair, mais qui ne marche pas dans les traces de sa foi. On se demande ici encore comment cette métaphore qui appartient au champ de la lettre pourrait ne pas contaminer dangereusement l'esprit de l'esprit, ou le souffle du souffle, comme on veut traduire.

Pour comprendre le rapport entre la circoncision et le messianique, il faut peut-être partir de l'extrait suivant : « Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui est ancienne.23 » Le messie produit donc comme une réduction phénoménologique de la circoncision, dont la thèse naturelle est suspendue, ce qui laisse apparaître les conditions de la donation dans le messie. Non seulement la circoncision charnelle ou « naturelle » est autant impuissante et ineffective que la loi littérale, mais de plus elle annule l'usage du messie lorsqu'elle est pratiquée chez les incirconcis : « Voici, moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.24 » En tant qu'elle appartient à l'ordre de la chair, la circoncision est inutile du point de vue de la justice du messie. C'est la croix, signe pour Paul de la résurrection de Jésus, qui succède à la circoncision lors de l'entrée en régime messianique.25

Mais la croix n'abolit pas la circoncision, elle l'accomplit en la rendant absolue. Le messianique est donc bien le régime dans lequel on accède à la donation ou à la re-création du monde, ce que les juifs appellent aussi le royaume messianique. En conclusion de l'Épître aux Galates on peut lire : « car ce qui importe ce n'est ni la circoncision, ni l'incirconcision, mais la nouvelle création [ou la nouvelle créature].26 » Cette nouvelle création est la re-création en régime messianique, qui suspend toute élection et toute circoncision pour les redonner selon la justice de la foi plutôt que selon l'appartenance à un peuple par la chair. Ce n'est donc plus la circoncision qui décide du salut et le gagne, mais la foi en la résurrection du messie. Est-ce la tolérance qui est ainsi préparée avec la disparition de la différence juive ? Et qu'advient-il des différences en régime messianique ?

Loin de prêcher une laïcité universelle indifférente aux différences, Paul approfondit les différences jusqu'à l'invisibilité et leur donne une extension mondiale et équivoque qui est sans doute la traduction de son monothéisme. Paul demande de manière violemment provocatrice : « Ou bien Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs ? Ne l'est-il pas aussi des païens ? Oui, il l'est aussi des païens, puisqu'il y a un seul Dieu, qui justifiera par la foi les circoncis, et par la foi les incirconcis.27 » C'est donc l'unité de Dieu qui va transcender la différence entre les circoncis et les incirconcis, afin de re-marquer tous les hommes d'une circoncision invisible et secrète : la grâce de la foi.

De même que la différence entre circoncis et incirconcis est suspendue parce qu'elle devient inessentielle au regard de la différence invisible marquée par la justice divine, de même « il n'y a pas de différence entre Juif et Grec, tous ont le même seigneur. » La tentation est grande ici de penser que Paul annule toute différence dans l'universelle tolérance, c'est peut-être la tentation même du christianisme dans sa tendance catholique. Mais on se demande alors pourquoi Paul parle encore de circoncision et de Loi, c'est-à-dire de ce qui différencie et marque le judaïsme, et pourquoi il les divise et les dédouble, si ce n'est pour leur donner une puissance d'autant plus effective qu'elle est équivoque, et une extension sans frontières ?

Le texte de Paul se prête d'autant plus à la falsification dogmatique et à tous les détournements, qu'il n'évite aucune complication et emprunte la voie de la plus grande sophistication littérale. On peut lire en effet : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus Christ.28 » Paul prêche aux antipodes de Jérusalem, et sa parole comme ses Épîtres sont adressés à des synagogues où on rencontre des juifs hellénisés en exil, des craignant-Dieu et des juifs prosélytes d'origine païenne. Paul, qui se présente comme le ministre des païens, prêche donc dans le judaïsme excentré à des juifs de multiples provenances, parmi lesquels des païens convertis ou aimantés par le judaïsme, en tout cas des païens entrés dans la synagogue.

A ce titre le baptême dont il est question n'est pas le baptême chrétien, mais celui qu'on rencontre fréquemment dans les sectes juives, notamment chez les Esséniens dont Jean, dit le baptiste, était vraisemblablement un membre, et à laquelle Jésus s'apparente par plus d'un trait. Si le baptême est un rite de purification par l'eau, l'expression « revêtir le messie » est d'autant plus intéressante que le messie ou le roi d'Israël devait être enduit ou recouvert d'huile, oint, d'où vient l'hébreu mashiah et le grec chrestos, qui donne Christ. Lorsque vient le messie, les hommes sont sauvés ou couronnés - oints - et les différences religieuses - monothéisme juif, polythéisme grec -, politiques - esclave, homme libre -, sexuelles disparaissent sous le manteau royale du messie. Cette unité messianique n'est pas une suppression des différences mais une suspension, comparable à une réduction phénoménologique. Aucune différence n'est réellement supprimée ; pour s'en convaincre il faut lire le passage suivant : « Quelqu'un a-t-il été appelé étant circoncis, qu'il demeure circoncis ; quelqu'un a-t-il été appelé étant incirconcis, qu'il ne se fasse pas circoncire. La circoncision n'est rien, et l'incirconcision n'est rien, mais l'observation des commandements de Dieu est tout. Que chacun demeure dans l'appel où il était lorsqu'il a été appelé.29 » Avec la venue du messie, chacun doit donc demeurer dans l'appel qu'il a reçu, puisque la justice effective des uns ou le péché et l'injustice des autres ne deviennent phénoménale que devant Dieu, c'est-à-dire là où il n'y a plus aucun phénomène.

Dieu seul à le pouvoir de faire la différence. S'il n'y a plus de différence entre les hommes qui vivent en régime messianique - tous sont sauvés, c'est-à-dire absous du jugement qu'ils peuvent porter les uns sur les autres - il y a plus de différences devant Dieu. Dans le messie, il y a plus ce qu'il n'y a plus. Cette absence de frontières entre les hommes est donnée par la lumière de Dieu qui s'étend jusqu'aux extrémités de la terre, conformément à ce qu'écrit le prophète Isaïe : « Je fais de toi la lumière des nations pour que mon salut atteigne aux extrémités de la terre.30 » Cette exhaustion des différences dans le messie est une unité divine, qui provient de sa lumière, c'est l'unité même du monde. A la prophétie d'Isaïe fait écho la parole que les Actes attribuent à Paul : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, en Judée et en Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre.31 » Cette extension ne réapparaîtra dans le christianisme qu'à partir du retournement de l'équivoque paulinienne contre elle-même, elle sera alors transformée en sortie et séparation d'avec le judaïsme.

L'impossibilité pour le juif Paul ou pour le juif Jésus de faire coïncider le judaïsme avec lui-même dans une orthodoxie, va servir de point d'entrée pour faire sortir le judaïsme de lui-même et peut-être même l'exproprier. Venus avant la destruction du Temple de Jérusalem en 70, ces deux juifs messianiques que sont Paul et Jésus n'appellent pas à un schisme avec le judaïsme, mais à l'accomplissement et à l'effectivité de la Loi de Moïse, au-delà des préceptes surveillés par les prêtres. Il s'agit pour l'un et l'autre de restaurer, de délivrer et de conquérir la royauté perdue d'Israël. Mais la royauté messianique, encore nationaliste pour Jésus, est étendue au-delà des frontières par Paul. Toutes les controverses et les contradiction qui constitue le IIème Testament ont lieu dans le judaïsme, même s'il s'agit d'un judaïsme ouvert, d'extension mondiale, secret et ne coïncidant jamais avec soi. La pensée de Paul se présente ainsi comme une hérésie juive, mais sans orthodoxie.

Peut-être que la résistance de cette différence juive, à force d'être intolérable à la tolérance, contraint à l'invention d'une hospitalité au-delà de toute tolérance, ce que Jacques Derrida a nommé l'hospitalité de visitation, qu'il distinguait d'une hospitalité d'invitation, pour dire son excès sur les calculs et les attentes de l'hospitalité. Cette résistance prend sans doute sa plus grande intensité dans ce que nous nous sommes risqués à appeler « un marranisme avant la lettre » L'impossibilité pour le juif véritable de coïncider avec le juif apparent, de même que l'impossibilité de discerner les juifs des non-juifs, peuvent-elles expliquer la fureur que les pratiques d'inquisition ont mis à chasser et à démasquer les juifs ?

L'ouverture cosmopolite du judaïsme, qui a peut-être donné naissance à la possibilité du mouvement chrétien, est inséparable chez Paul de la disjonction judaïque entre les juifs et les ethnoï ou nations ; si en effet Paul transforme l'élection du peuple juif en dissémination cosmopolite des élus par leur foi, cela ne fait qu'aggraver la déconstruction du nationalisme déjà active avec la non-appartenance des juifs à la multitude des nations. Si on ne pense pas que le marranisme procède d'abord de l'inquisition mais que peut-être tout juif est marrane - double, caché, faux - on s'aperçoit alors que dans la logique de Paul, tout membre de la communauté messianique est un juif caché ou un crypto-juif, peut-être un marrane avant la lettre. On peut alors se demander à bon droit pourquoi les juifs ont toujours refusé de communier et de manger de l'agneau pascal, alors que les premières communautés judéo-chrétiennes étaient d'abord des communautés judaïsantes ? Ont-ils toujours résisté à la traduction du souffle sacré en esprit saint, parce qu'attachés à la dimension charnelle de la vie, ils ont refusé d'intérioriser autre chose que la lettre et la Loi ?

Faut-il pour cela conclure avec Paul : « Que dirons-nous donc? Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu'Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des oeuvres.32 » ? Ou faut-il avec Jacques répondre à Paul : « Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les oeuvres? La foi peut-elle le sauver ?[ ...] Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les oeuvres, elle est morte en elle-même.33 » ?

Pourquoi Paul oppose-t-il la foi et les œuvres, alors qu'il pense la foi comme accomplissement de la Loi et mise en œuvre effective de celle-ci ? Sans doute parce qu'il la pense comme une mise en œuvre de l'esprit de la Loi et non de sa lettre. Mais cette mise en œuvre advient-elle autrement qu'à la lettre ? L'esprit du marrane peut-il venir sans la lettre ou revenir avant la lettre ? Inhospitalière au marranisme juif, la tolérance chrétienne, inséparable de l'histoire de l'Europe, saura-t-elle un jour inventer une hospitalité ouverte à cet intrus juif et à sa lettre. Acceptera-t-elle un jour d'écouter sa Loi ?sens-public

FELIX ALLOUCHE


F. ALLOUCHE
MILITANT SIONISTE
SFAX

TUNISIE
SAGES DE TUNISIE
HARISSA
TUNES
ESCALE JUIVE
HISTOIRE
CARTHAGE

Felix Allouche 1901 - 1978 ne a Sfax en Tunisie. Grand journaliste repute , et sioniste de la premiere heure ,editeur de la 'Depeche Sfaxienne' et en 1924 il fonde le journal 'le reveil juif' . Il est un des fondateurs de 'La vie Juive' .
Resistant pendant la seconde guerre mondiale ,il fut correspondant pour des journaux en Europe et en Amerique

Des nuages sombres s’accumulent au-dessus des têtes des Juifs de Tunisie. Les contours de l’indépendance du pays se dessinent, les Arabes sont de plus en plus réservés voire hargneux vis-à-vis des Juifs. Dans le nord du pays, les fellagas s’insurgent et les attentats se multiplient. Et, tandis que sur les ondes de Kol Tsione Lagolah, Félix Allouche, militant sioniste de la première heure, vante les mérites de la vie de pionnier en Terre sainte, les départs des Juifs tunisiens vers la France ou vers Israël s’organisent.
L’exode se prépare, inéluctable.

Et Victor Bismuth dans Actualite Juive mars 1990 ecrivait : "En 1956 le Rav Raccah fait son alyah avec toute sa famille ;il dispose de moyens tres modestes . Il incarne le sionisme religieux dans sa grande purete . Son alyah s' est faite en meme temps que celle de son ami le regrette Felix Allouche grand journaliste sioniste repute , de la premiere heure , et c ‘ est ensemble que ces deux familles vont vivre cote a cote dans un petit immeuble de Bat- yam" . Harissa

Legende de la Ghriba: Félix Allouche, dans un récit datant de 1931, raconte cette histoire. Toute la région autour de La Ghriba aurait été habitée, il y a très longtemps, par des Juifs. Mais un beau matin un caïd musulman aurait tenté de disloquer la communauté juive de cet endroit afin de transformer La Ghriba en mosquée. Et l’entreprise ne lui réussit guère. Ce coin de l’île florissant, riche en eau douce souterraine, aurait pourri au bout de quelques mois, et « le chef arabe vit les sources tarir, ses troupeaux périr, les hommes de son douar tomber, l’un après l’autre, atteints d’un mal divin ».Or le caïd était suffisamment averti pour y reconnaître la main désapprobatrice de Dieu, et il aurait restitué dans les meilleurs délais, synagogue et terres alentours aux Juifs de Djerba. A la satisfaction de tout le monde, Juifs et Musulmans réunis. Ainsi La Ghriba serait-elle devenue un lieu de pèlerinage pour Juifs et Musulmans, pour tout homme croyant .info

Désormais, c’est à Paris, Marseille ou Tel-Aviv que les Juifs tunes peuvent déguster la kémia, boire la boukha ou se lécher les doigts après avoir avalé makrouds, zlabias et autres pâtisseries dégoulinantes de miel. Il était une fois des Juifs en Tunisie.

BETTY FRIEDAN


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"Lorsque les femmes ne vivront pas seulement à travers leur mari ou leurs enfants, les hommes n'auront plus peur de l'amour ni de la force des femmes et n'auront plus besoin de la faiblesse de l'autre pour être sûrs de leur propre masculinité." - La Femme mystifiée


née le 4 février 1921 et décédée le 4 février 2006
Philosophe américaine , dont le manifeste "La femme mystifiée" (1963) posa les bases du mouvement féministe moderne, est décédée ,le jour de ses 85 ans.
Betty Friedan, fondatrice et première présidente du groupe féministe américain National Organization for Women (NOW, Organisation nationale pour les femmes), a succombé à une défaillance cardiaque à son domicile de Washington, a-t-on appris auprès d'un membre de sa famille.
Dans son ouvrage best-seller, Betty Friedan défendait la thèse considérée alors comme radicale, voire révolutionnaire, selon laquelle les femmes ne devaient pas avoir pour seul horizon de fonder une famille mais devaient aussi aspirer à avoir leur propre identité.

Les femmes au foyer

Elle y exprimait également le malaise silencieux des femmes au foyer, réduite aux corvées ménagères, "ce problème qui n'a pas de nom" mais qui laisse les femmes insatisfaites et les pousse à rechercher des solutions dans les tranquillisants et la psychanalyse.


"Une femme doit pouvoir dire, sans se sentir coupable: 'qui suis-je et qu'est-ce que je veux de la vie?' Elle ne doit pas se sentir égoïste et névrosée si elle se fixe des objectifs pour elle-même, en dehors du mari et des enfants", expliquait Betty Friedan, souvent considérée comme la "mère" du mouvement féministe américain.
Dans les années 60 et 70, traversées par les conflits raciaux, politiques et sexuels, elle fut l'une des voix les plus marquantes. Elle prit des positions alors considérées comme choquantes par beaucoup sur les questions de l'avortement, de la publicité, de l'égalité des salaires, de la promotion sociale et du congé de maternité.
Toutefois, dans le même temps, elle estimait que le mouvement des femmes ne devait pas se mettre en marge de la société américaine, que les femmes devaient accepter les hommes comme des alliés et que la famille ne devait pas être rejetée en bloc.
Kim Gandy, actuelle présidente de NOW, a rendu hommage à la pensée et l'action de Betty Friedan, notamment à son ouvrage de référence, "La femme mystifiée" ("The Feminine Mystique").

"Ce livre changea la vie des femmes", a estimé Kim Gandy.
"Il ouvrit l'esprit des femmes à l'idée qu'il pourrait vraiment y avoir quelque chose de plus. Et, pour les femmes qui avaient au fond d'elles de telles idées impopulaires, il leur a dit qu'il y avait d'autres femmes comme elles qui pensaient qu'il pourrait y avoir quelque chose d'autre dans la vie."feminisme

GLORIA STEINEM


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Lev Davidovich Bronstein:
né en 1879, mort en 1940.


"Celui qui aspire à une vie paisible s’est trompé en naissant au XXe siècle."


Entre Lénine et Staline, il y a Trotski. Entre le père de la révolution soviétique et le dictateur sanguinaire, il y a cet intellectuel juif russe, créateur de l’Armée rouge et connu pour ses positions internationalistes. Difficile, pour lui, de se faire une place au milieu de telles figures de l’URSS, et Trotski paie sa liberté au prix d’un long exil. Lorsqu’il rencontre Lénine, au début du vingtième siècle, tous deux sont membres du parti social-démocrate russe. Lénine est bolchevik, et Trotski menchevik, même si pour lui, l’unité du parti prévaut sur tout le reste. Par deux fois, le Président du Soviet de Saint-Pétersbourg est condamné et déporté en Sibérie. Par deux fois, Trotski réussit à s’enfuir. En exil en Europe, il revient en 1917 à Saint-Pétresbourg lors de la révolution russe. Apportant son soutien à Lénine, le même qu’il accusait d’être trop jacobin et dictatorial dans ses méthodes. Désormais il l’assiste, étant d’abord Commissaire aux affaires étrangères jusqu’en 1918, puis Commissaire à la guerre de 1918 à 1925. C’est toujours le même Trotski fidèle qui accuse avec Lénine la bureaucratisation du parti. Menée de front par Staline et ses partisans, elle ne tarde pas à provoquer une division profonde au sein du PCUS. Lénine meurt en 1924 et Trotski se retrouve obligé de proposer une alliance d’opposition aux proches de Staline. Ce qui lui vaut l’exclusion et la déportation. Expulsé d’URSS en 1929, il part pour le Mexique et vit avec Frida Kahlo et son mari. Sa condamnation a lieu en son absence, pendant les terribles procès staliniens des années 30. Il finit assassiné par un partisan de Staline en 1940. Occupé par une révolution qu’il souhaitait mais qui tournait à son désavantage, Trotski n’a pas eu la force de combattre pour ses idées. L’URSS sans lui sombre dans les années noires du stalinisme. fluctuat


Les talents exceptionnels d'organisateur, d'orateur et de polémiste dont Trotski fit preuve correspondirent parfaitement à la période de la révolution : son énergie lui permit de créer et, par-dessus tout, de sauver l'Union soviétique pendant la guerre civile. Toutefois, dépourvu des qualités de stratège politique d'un Staline, il fut broyé par l'implacable logique d'un parti en quête de 'normalisation révolutionnaire'.

Ses théories connurent un regain de fortune dans les années 1960 lors de l'agitation étudiante qui se manifesta dans les pays occidentaux. Classés à l'extrême gauche, les mouvements trotskistes (Ligue communiste révolutionnaire et Lutte ouvrière en France) luttèrent à cette époque contre les partis communistes considérés comme petits-bourgeois et trop timides dans leur critique du capitalisme, dénonçant leur inféodation à l'URSS et leur conservatisme bureaucratique. Aujourd'hui encore, les communistes russes continuent de considérer Trotski comme un traître, et bien que le régime marxiste-léniniste ait disparu dans ce pays, l'œuvre et la figure de Trotski restent largement déconsidérés dans l'histoire russe du XXe siècle. encarta


"La calomnie ne peut être une force que si elle correspond à un besoin historique." - Ma vie

"De tous les événements inattendus, le plus inattendu c'est la vieillesse."

"La vraie morale ne s’occupe pas de ce que nous pensons et voulons, mais de ce que nous faisons."

"La réalité ne pardonne pas une seule erreur à la théorie."

"La révolution est une grande dévoratrice de gens de caractère. Elle pousse les plus courageux à leur extermination et elle vide les moins résistants." - Ma vie


Lire le dossier : Trotsky et la question juive
Dans son autobiographie, écrite en 1929, Trotsky affirme que la question nationale si importante dans la société russe, n'eut «pratiquement aucune importance » dans sa vie personnelle. En dépit de ses origines juives - communes a un grand nombre de révolutionnaires russes et polonais de son époque, de Zinoyiev (Radomilsky) à Kamenev (Rosenfeld), de Martov (Tsederbaum) à Axelrod, de Radek (Sobelsohn) à Rosa Luxemburg -, il n'apprit jamais a lire le yiddish et ne consacra aucun ouvrage important à la question juive.

Il faut rappeler que, à la différence de la grande majorité des Juifs de l'empire tsariste la famille Bronstein ne vivait pas dans une grande ville ou dans un shteti de la zone de résidence, mais dans la campagne ukrainienne, ou l'influence du milieu juif était très faible. Le jeune Lyova ne reçut aucune éducation religieuse et probablement n'alla jamais (ou presque) à la synagogue. De plus, comme l’a souligné Isaac Deutscher, Trotsky fit une partie de ses études dans un gymnasium russo-allemand d'Odessa, ce qui sans doute contribua à son assimilation. Un tel itinéraire intellectuel était assez exceptionnel à une époque où l'immense majorité des Juifs russes parlait yiddish. Le Juif ukrainien devint un révolutionnaire russe.

Cependant, il dut subir à plusieurs reprises, tout au long de sa vie, les conséquences de sa judéité. Dans son enfance, il fut exclu d'une école de Gromokley, un village ukrainien, à cause du numerus clausus à l'égard des Juifs qui avait été imposé par le régime tsariste au début des années 1880 . A Saint-Pétersbourg, lors de la révolution de 1905, il participa à l'organisation de groupes d'auto-défense contre les pogromes des Cent-Noirs en collaboration avec le mouvement ouvrier juif (le Bund et le Poale-Tsion . Pendant la guerre civile, la contre-révolution exploita largement l'antisémitisme dans contre le pouvoir soviétique et le leader juif de l'Armée rouge fut durement attaqué par la presse des Gardes blancs . Après 1917, lorsque les bolcheviks formèrent leur premier gouvernement avec les sociaux-révolutionnaires de gauche, Lénine proposa Trotsky pour diriger le commissariat du peuple de l'Intérieur, mais il refusa - avec l'appui de Sverdlov - en arguant que les bolcheviks n'auraient pas dû donner à leurs ennemis une telle « arme supplémentaire » [sa judéité]. Finalement, lors des procès de Moscou, entre 1936 et 1938, la bureaucratie stalinienne n'hésita pas à utiliser l'antisémitisme dans sa lutte contre l'Opposition de gauche.

Par conséquent, comme l'écrit Isaac Deutscher, Trotsky peut être considéré comme une figure paradigmatique de Juif-non-juif. Il abandonna le Judaïsme afin d'adopter une vision du monde cosmopolite et internationaliste, mais l'histoire le força à se rappeler de ses origines ethniques et culturelles. Joseph Roth, l'auteur du roman Der Stumme Prophet (Le prophète muet), regarde Trotsky comme l'incarnation de la dimension juive de la révolution, tandis que, pour le critique allemand Hans Mayer, il fut toujours une sorte de « camarade Shylock » (Genosse Shylock), même s'il n'en fut jamais conscient .

La première fois qu'il se trouva confronté à la question juive fut lors du deuxième congrès de la Social-démocratie russe (POSDR), qui eut lieu en 1903 à Bruxelles et à Londres. Le jeune révolutionnaire russe y participa en tant que délégué de la section sibérienne, dont il faisait partie lors de sa première déportation. Un des points à l'ordre du jour de ce congrès - qui devint célèbre à cause de la scission entre bolcheviks et mencheviks - était la position du Bund dans le parti. L'Union générale ouvrière de Pologne, Lituanie et Russie (Bund) était née à Vilnius en 1897 et avait été l'une des forces principales à l'origine du mouvement socialiste de l'Empire russe...



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