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LUCIAN FREUD


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'Interior at Paddington' 1951


L Freud est considéré aujourd'hui comme le plus important peintre figuratif contemporain



"Je peins les gens non pour ce qu'ils semblent être, ni exactement en dépit de ce qu'ils semblent être, mais pour ce qu'ils sont "



Né en 1922 Lucian Freud est le petit-fils de l’inventeur de la psychanalyse, son père était architecte. Sa famille s’est réfugiée en Angleterre en 1933 et il a toujours vécu à Londres depuis. La rétrospective de la Tate Britain permet de suivre toute sa carrière artistique. Elle montre qu’il est d’abord un portraitiste, qu’il peigne des êtres humains ou parfois des objets, des fleurs et des matières. Il développe une extrême virtuosité technique, une fluidité de la touche picturale qui suggère l'aquarelle. Par ailleurs on le voit construire à l’intérieur de l’atelier des mises en scène personnelles ou inspirées par les compositions d’autres artistes. Dans l’atelier les corps sont mis en relation avec des montagnes de chiffons blancs. Et les modèles sont pris, saisis dans des situations qui donnent le sentiment d’un arrêt du temps qui passe, d’un étouffement complet. Freud s’inscrit dans un dialogue avec l’espace de la toile et développe une représentation plastique des figures qui sont rendues avec toutes leurs aspérités comme si elles étaient taillées dans la pierre. Il place d’ailleurs dans l’exposition certaines des grandes gravures qu’il réalise et qui répondent à ce caractère sculptural de la peinture. Freud joue sur diverses tensions entre fludité et aspérité, ou bien entre réflexion sur la tradition et exploration actuelle des êtres de leur potentialité d'expression. Si Freud a réalisé des portraits de commande, il peint aussi ses proches, amis, épouses, mère, enfants, bien que l'exposition soit représentative de l'ensemble de l'oeuvre, c'est cet aspect intime que l'on retient le plus. il est encore renforcé par une série d'autoportraits qui ponctuent les salles et soulignent l'évolution du personnage. La rétrospective fait ressortir le développement des moyens, l'enrichissement des références et c'est dans les quinze dernières années, lorsqu'il s'inspire de plus en plus explicitement d'oeuvres d'autres artistes que le peintre semble être parvenu à une maîtrise souveraine .art en jeu

L'oeuvre de Freud lui a valu d'être baptisé le 'peintre réaliste Ie plus ratfiné' actuellement en vie~. Les tableaux des années 70 et 80 sont empreints d'une Iégèreté aérienne et d'une liberté expressive très grandes. La peinture s'étale en larges traits et est appliquée avec generosite. La couleur n'est pas choisie pour sa beauté propre, mais en raison de sa proche parenté avec Ia couleur de Ia vie eIIe-même. Ces oeuvres témoignent d'une honnêteté totale. Leurs propos n'est ni d'embellir, ni d'idéaliser; Ieur intérêt reside essentiellement dans Ia qualité du detail, non dans l`aspect general.

Freud ne répugne pas a représenter Ia chair marquee de rougeurs, les veines et les artères, des seins avachis ou des chairs boudinées, dont `aspect n'est pas particulierement attrayant. Les figures sont souvent isolées dans des pièces nues, Ia nuit, éclairées par une ampoule qui diffuse une lumière plate et rêche. ((Night lnterior~ (lntérieur nocturne, 1969-1970) en est un exemple typique. II fait nuit, Ia pièce est quasiment vide, 1 n'y a presque aucune ombre et l'ampoule se reflète dans Ia fenêtre. Le sujet ne peut échapper a `interrogation du peintre. Aucune ombre propice ou se refugier. Mais en dépit de cette exposition, ces peintures sont souvent d'une grande élégance, comme le tableau a Ia fois gracieux et inquiétant intitulé ((Woman with a Bare Breasb (Femme au sein dénudé, 1970-72). jameshymangallery

Ce qui dérange dans un portrait-nu de Freud c’est la présence du corps. Il s’impose au point que le spectateur se demande si c’est bien devant une peinture qu’il se trouve ou du moins s’interroge sur la nature de ce qu’il voit. Freud a refoulé les limites de la peinture. Plastiquement cet « élargissement » est marqué par le cadrage des corps qui n’incluent pas toujours l’extrémité des membres des modèles. Malgré cette transgression, on reconnaît chez lui la modernité annoncée par l’expérience de MANET, qu’il intègre comme les artistes de la renaissance se sont appropriés la technique de la perspective. Cette nouveauté porte sur une conception originale du corps. Lorsque au 19ème siècle les potentiels acquéreurs s’intéressent aux oeuvres des artistes du passé plutôt qu’à celles des artistes de l’époque, ces derniers prennent le parti de faire de leur peinture le lieu d’une investigation personnelle. On comprend que les peintres ne prennent plus le soin d’estomper ce qui transparaissait d’eux-mêmes. La touche, son écriture, son organisation et son exécution, tout comme le format, la technique et le sujet librement choisit et interprété relèvent du désir de l’artiste. Certes, le « style » n’est pas une notion moderne : les oeuvres en sont marquées indépendamment de la volonté de l’artiste et les époques le reconnaissent plus ou moins, en revanche, l’empreinte du corps s’y révèle de manière originale. La peinture n’a plus d’autre finalité que de parler d’elle-même et de l’individu qui l’exécute. Sa réflexion porte sur ses limites : elle tente de se définir, d’approcher son essence.traces ens

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