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RITA LEVI-MONTALCINI

PRIX NOBEL 1986
SENATORE


"Découverte du premier facteur de croissance cellulaire"

Née le 22 avril 1909 à Turin, Piémont - Neurologue italienne, lauréate avec Stanley Cohen du Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1986

Née à Turin, elle fit ses études de médecine à l'université de cette ville, mais fut victime de l'interdiction d'université qui frappait les juifs sous le régime fasciste. Elle entreprit des recherches sur le développement des embryons de poulet dans un laboratoire de fortune installé dans l'appartement familial. Ces travaux lui valurent d'être invitée à travailler à l'université de Saint Louis (Missouri) en 1947 ; elle y resta jusqu'à la fin de sa carrière. Avec son étudiant Stanley Cohen, elle mit en évidence en 1958 le Nerve Growth Factor (NGF), substance qui stimule et dirige la croissance des cellules nerveuses (voir Cytokines).

De nombreux autres facteurs de croissance furent identifiés par la suite (notamment le facteur de croissance épidermique, isolé par Stanley Cohen), et le NGF se révéla une substance prometteuse dans le traitement de la maladie d'Alzheimer. En 1986, Rita Levi-Montalcini et Stanley Cohen partagèrent le prix Nobel de physiologie ou médecine. encarta


Rita Levi Montalcini a effectuée ses études de médecine à l'université de Turin jusqu'en 1936. Cela ne fut pas sans mal: confrontée à l'opposition de ses parents (son père , Adamo, était un mathématicien et un ingénieur reconnu, mais il était persuadé qu'une femme ne devait travailler qu'au foyer de son mari...), elle ne vint que tardivement à l'université: a 20 ans, son père lui donnant sa permission de s'inscrire, elle comble en 8 mois ses lacunes en langues anciennes, alors indispensables, en mathématiques, passe son diplôme et entre à l'école de médecine de Turin. Elle effectue, indécise, une spécialisation en neurologie et psychiatrie, et pense à la médecine humanitaire.

Rita s'intéresse au problème posé par le développement du système nerveux. Sui l'on considère le nombre des connexions entre les cellules neuronales et les cellules de l'organisme, on est gêné pour décrire l'origine de l'information nécessaire à l'établissement de ces jonctions: soit elle est contenue toute entière dans les gènes, et se répète selon un "patron " toujours identique (mais l'ADN lui même ne peut contenir autant d'information!), soit les connexions se font "au pif" et seule subsistent celles qui sont efficaces, soit enfin il existe un "guide" qui indique aux neurones "par ou il faut aller" pour trouver une cellule musculaire à innerver, par exemple.

En 1934, le Pr V. Hamburger étudie l'innervation de l'embryon de poulet. Pour cela, il greffe sur celui ci des ébauches de membres à différents stades de développement. Bien que d'interprétation difficile, ses résultats corroborent ceux obtenus par Harrisson sur des amphibiens, qui montrent que les vitesses de croissance des fibres nerveuses dépendent de l'état de l'organe greffé sur l'embryon: il existe un "champ périphérique" qui guide le développement des fibres, il existe donc un guide pour le développement. Rita va découvrir et caractériser ce guide, le NGF (Nerve Growth Factor- facteur de croissance du nerf).

Mussolini, en1936, déclare par le "Manifesto per la Difesa della Razza" que les activités de recherche sont interdites à des non-aryens. En conséquence, Rita effectue un bref séjour à Bruxelles, dans un institut de neurologie: l'invasion allemande en 1940 la contraint à rentrer en Italie, où: elle continue ses recherches, dans des conditions plus que précaires, en installant un laboratoire dans sa chambre, puis dans la cuisine de sa maison de campagne. Elle est rejointe par Giuseppe Levi, évadé de Belgique, qui sera son seul assistant. Dans les derniers mois de la guerre, elle assure les fonction de médecin humanitaire dans les camps de réfugiés de l'Italie du Sud.

Après guerre, elle retourne à Turin, très intéressée par les résultats obtenue à St Louis, par Hamburger. En 1947, elle rejoint son équipe, à St Louis. E. Bueker a l'idée en 1948 de remplacer les membres greffés par Hamburger par un ensemble de cellules homogène, fournissant un "champ" homogène: il choisi d'utiliser des cellules cancéreuses de souris, provenant d'une tumeur nommé sarcome 180. L'équipe Hamburger analyse ses résultats, et découvre que la greffe provoque une augmentation du volume des ganglions nerveux (lymphatiques) qui courent le long de la colonne vertébrale, ainsi qu'une fantastique multiplication du nombre de fibres nerveuses. Rita en déduit que la tumeur "sécrète une substance chimique capable d'induire cette croissance étonnante des ganglions lymphatiques ainsi que l'éxubérante ramification de leurs fibres nerveuses". Rita montre que cet effet peut être obtenu in vitro, sur un ganglion isolé mis en présence de fragment de tumeur. Il reste à identifier la molécule à l'origine de cet effet. Rita n'est pas biochimiste: elle fait appel à S. Cohen, qui doit identifier la molécule (ce dernier partagera le Nobel avec Rita en 1986). En voulant utiliser, à des fins de purification, du venin de serpent, Rita et Stanley découvrent que la substance qu'ils recherchent y est présente, et en plus grande quantité que dans le sarcome p180! Stanley l'isole, montre qu'il s'agit d'une protéine et, vu son effet, il le nomme facteur de croissance du nerf ou NGF. Par la suite, Cohen trouve encore plus de NGF dans les glandes salivaires de rongeurs, puis le NGF est identifié dans de nombreuses cellules, normales ou cancéreuses. On a montré depuis que le NGF agit en stimulant la polymérisation, dans les neurones, de fibrilles qui orientent e développement de ramifications à l'origine des synapses.

En 1961, le gouvernement italien propose à Rita la direction d'une petite unité de recherche en neurobiologie. Vu les résultats qu'elle obtient dans l'étude du NGF, on lui offre en 1969 la direction du laboratoire de biologie cellulaire, à l'université de Rome. Par la suite (1977), Greene et Tischler ont mis en évidence que le NGF possède un effet inducteur de différenciation : des cellules tumorales exposées au NGF se différencient en Neurones ! Il en est de même pour les cellules chromaffines de la médullo-surrénale, comme Rita le montre in vivo chez le rat. En fait, le NGF participe à la différenciation des cellules, maintient les neurones en vie et guide le développement de leurs prolongement. Cette molécule a permis, outre l'étude facilités du système nerveux, de mieux comprendre son développement ainsi que certaines maladies liées à une atrophie des connexions entre neurones (Parkinson ect...).exobiologie

Lire : Interview de Rita Levi-Montalcini

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