Plan general : famous jews

Affichage des articles dont le libellé est Faux Messie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Faux Messie. Afficher tous les articles

SALOMON MOLKO

HISTOIRE
BRITANNICA
MESSIE
GHANSEL
QUI
AKADEM


d’après "19 siècles d’histoire juive de 70 à 1979", du Grand Rabbin Paul Bauer, editions : C.L.K.H

"Un de ces marranes, Diègo Perez, décida de revenir ouvertement au Judaïsme. Il se fit circoncire et reprit son ancien nom, Salomon Molko. Se sentant peu en sécurité au Portugal, il se rendit à Salonique puis en Palestine, à Safed, où il s’initia à la Kabbale. Il affirma que l’ère messianique débuterait en 1540. En 1527, Molko fut reçu par le Pape, auquel il prédit que Rome serait bientôt inondée et que la terre tremblerait au Portugal. Effectivement, Rome subit une inondation en 1530 et la terre trembla au Portugal en 1532. Mais beaucoup de Juifs, qui avaient conservé la tête froide, considérèrent Molko comme un agitateur dangereux. Ayant été dénoncé, comme ancien marrane revenu au judaïsme, Molko devenait aux yeux des chrétiens un hérétique. Il comparut devant un tribunal inquisitorial, qui le condamna à être brûlé. Mais le Pape parvient à sauver Molko, en faisant monter sur le bûcher un autre condamné à mort.

Molko se réfugia dans le nord de l’Italie, où il rejoignit David Rubéni. Tous deux se rendirent à Ratisbonne auprès de l’Empereur Charles Quint, qui les fit arrêter et conduire à Mantoue pour être jugés. Le tribunal ecclésiastique condamna Molko, comme apostat et hérétique, à être brûlé. Au moment où il fut conduit au supplice, on lui promit la vie sauve s’il reconnaissait ses fautes et revenait au christianisme. Molko refusa et n’exprima qu’un regret : celui d’avoir dans sa jeunesse professé le christianisme. Il mourut, avec un courage admirable, à l’âge de trente-deux ans (1532). Quant à Rubéni, étant Juif, il ne put être jugé par un tribunal inquisitorial. Il serait mort au Portugal, empoisonné, en prison. Si la sincérité de Reubéni peut être sujette à caution, celle de Molkho ne fait aucun doute et toute religion, autre que le judaïsme, en aurait fait un saint."judaicultures


Salomon Molkho (1500 – 1532) avait lui aussi gagné la confiance de Clément VII. Il aurait dit-on, rencontré Charles-Quint en 1532 et promis à l’empereur l’appui des Juifs du Portugal dans une nouvelle croisade pour la reconquête de la Terre Sainte. Charles-Quint le fit tuer, quand il eut refusé de se convertir au christianisme.
Sans doute Réubeni et Molkho ont-ils été des aventuriers, et ont-ils fini dans les oubliettes et sur le bûcher. Mais leur action a-t-elle été imposture ? C’étaient en fait des précurseurs. Ils possédaient bel et bien les atouts qu’ils faisaient miroiter. Leur calcul politique reposait sur un fondement réa-liste : ils avaient compris qu’il fallait sortir du ghetto, utiliser les appétits politiques des puissances. Leur idée d’une force juive équipée par Charles-Quint n’était pas entièrement chimérique. Et ils bénéficiaient de l’allégeance quasi aveugle des communautés juives, prêtes à prendre pour argent comptant n’importe quelle promesse de leurs Messies, à se mettre en route à la moindre lueur d’espoir de reconquérir le Pays.israel diaspora

SABBATAI ZVI


MESSIE
BIOGRAPHIE
HISTOIRE
ETUDE







Il s’agit d’un épisode dramatique de l’histoire juive au siècle de Descartes et de Spinoza, autour du personnage de Sabbataï Tsevi, né en 1626 à Smyrne, mort en 1676 à Ulcinj (en italien Dulcigno), à l’extrême sud de la Yougoslavie côtière, près de la frontière albanaise. En mai 1665, ce fils de commerçants, né un jour de shabbat, qui se trouvait, de plus, être l’anniversaire de la chute des deux Temples de Jérusalem, jour de deuil par excellence de l’année religieuse, se proclama et fut proclamé Messie. Son prophète, Nathan de Gaza, fut le Saint-Paul de ce nouveau Christ – la comparaison est constamment présente dans le récit de Scholem – qui annonça le rétablissement du Royaume. La fête de deuil du 9 Av., celle de l’anniversaire de Sabbataï, fut proclamée jour de joie. Sion avait expiré ses fautes. Les temps étaient venus.
Le retentissement fut immense, en Europe et dans le monde entier. Un de ses correspondants écrivit à Spinoza pour lui demander ce qu’il en pensait : « Une rumeur court partout sur le retour des juifs dispersés depuis plus de mille ans dans leur terre d’origine. Seuls quelques-uns y croient ici, mais beaucoup l’espèrent... Pour moi je ne pourrai croire cette information avant qu’elle ne soit confirmée par des personnes sûres de Constantinople qui est l’endroit le plus concerné. Si ces nouvelles se révèlent véridiques, il est certain que va se produire un bouleversement affectant toutes choses dans le monde. » On ne possède pas la réponse de Spinoza, mais il écrivit en 1670 dans le Traité théologicopolitique : « Si l’occasion se présentait, puisque les affaires humaines sont éminemment changeantes, les juifs pourraient retrouver leur Royaume et Dieu en faire de nouveau ses élus. » Il faut savoir, pour comprendre cela, que l’on annonçait périodiquement dans les journaux européens les plus sérieux, à Londres par exemple, la réapparition des dix tribus perdues d’Israël, prélude à la reconstitution du Royaume.
Pendant ce temps, les juifs du Yémen recevaient d’Égypte des lettres annonçant par exemple ceci : « Le ciel sera assombri par des nuages et la terre obscurcie par un épais brouillard qui entourera le mont Sion et le Messie, aux côtés duquel se tiendront Elie et Michaël. Le mont Sion sera couvert de nuages pendant trois mois ; quand, au terme de ces trois mois, ils se disperseront lentement, les maisons se seront écroulées et le Mur Occidental (c’est-à-dire ce que nous appelons le Mur des Lamentations) aura été élevé très haut... Un feu ardent entourera Sion et Hébron, empêchant les Gentils ou les incirconcis d’entrer. » La pensée cabaliste sur laquelle s’appuyaient ces spéculations était celle d’lsaac Louria au XVIe siècle, à Safed en Palestine. Le mysticisme et le messianisme tentaient de transformer en aube de la résurrection les grandes catastrophes vécues par les juifs : expulsion d’Espagne en 1492, massacres en Pologne et en Ukraine en 1648. La cabale avait pensé cosmiquement l’exil et la rédemption. Le messianisme brûle les étapes et proclame que les temps sont mûrs. Les juifs préparent partout la liquidation de leurs affaires pour entamer le grand départ. On annonçait que le Sultan allait lui-même remettre la couronne à Sabbataï Tsevi. Il n’en fut rien. Sabbataï n’était pas le Christ.
En septembre 1666, le messie fut convoqué devant le sultan et sommé de choisir entre le turban c’est-à-dire la conversion à l’Islam, et la perte de sa tête. Il choisit le turban. Dans le monde juif, l’autorité rabbinique, qui avait été ébranlée – nombre de rabbins s’étaient ralliés au Messie, et même celui qui fut l’adversaire numéro un de Sabbataï, Jacob Sasportas de Hambourg, avait eu, c’est une des révélations du livre de Scholem ses moments d’hésitation – fut rétablie mais les choses ne devinrent jamais plus comme avant ; c’est par le biais de cette aventure que le judaïsme entra dans la modernité.
Sabbataï converti demeura le messie aux yeux d’un petit groupe de croyants, les dünmeh, qui subsista jusqu’à nos jours, à Salonique et à Istanbul. Nathan de Gaza élabora toute une théologie, pour démontrer que la rédemption ne s’accomplirait que lorsque l’humiliation du messie aurait atteint son terme. Il mourut en 1680 à Skopje et sur sa tombe on grava cette inscription qui résume tout : « Ta faute est expiée, ô fille de Sion. » Au siècle suivant, un juif polonais, Jacob Frank, devait recommencer l’aventure...verdier

JUDAH BEN SHALOM


MARI
















 Judah ben Shalom (mort vers 1878) (en hébreu: יהודה בן שלום), aussi connu sous le nom de Mori (maître) Shooker Kohail II ou Shukr Kuhayl II (en hébreu: מרי שכר כחיל), est un faux-messie yéménite du milieu du xixe siècle.




Judah ben Shalom était soit un potier soit un savetier originaire de Sanaa, Yémen, et était indubitablement un kabbaliste remarquable . Il annonce en mars 1868 aux Juifs du Yémen, qu'il est en réalité le même Messie autoproclamé connu sous le nom de Shukr Kuhayl I, qui a été tué et décapité par les Arabes trois ans auparavant, ressuscité par le prophète Élie. La façon exacte dont Judah ben Shalom réussit à prendre l'identité du défunt Shukr Kuhayl, et ainsi d'effacer complètement sa propre histoire personnelle, reste encore un mystère.
 Le nouveau Shukr Kuhayl continue de prêcher le message de repentance que les Juifs yéménites avaient l'habitude d'entendre des précédents messies, ainsi que des traditions religieuses locales. Aux Juifs il proclame qu'il est le Messie envoyé pour les délivrer, tandis qu'aux Arabes, il annonce qu'il est musulman envoyé pour proclamer l'arrivée du Mahdi.
Il ne semble pas qu'il ait pratiqué des miracles, et il explique cet échec évident dans certaines de ses lettres. La raison principale qu'il donne, est que Dieu ne lui a pas encore permis d'accomplir des miracles, et que naturellement la permission de Dieu n'attend que le moment où les Juifs se seront tous réunis derrière leur Messie
À la différence de Shukr Kuhayl I, qui se faisait connaitre principalement comme prêcheur itinérant, Judah ben Shalom développe une structure organisationnelle importante, qui aurait employé plusieurs centaines de personnes.
De son quartier général qui se trouve successivement situé à Tan'im, al-Ṭawīlah, al-Qaranī, puis de nouveau à Tan'im, il coordonne une vaste correspondance avec les responsables des communautés juives du Yémen, d'Aden, d'Alexandrie, de Bombay, de Calcutta, de Jérusalem et de Safed , principalement afin d'obtenir des fonds. C'est par cette correspondance que les historiens ont pu obtenir une vaste source d'informations sur les activités de Judah ben Shalom à cette période.
À l'opposé de Shukr Kuhayl I, qui pendant sa courte carrière de messie a suivi une vie ascétique de solitude et de pauvreté, Shukr Kuhayl II donne l'apparence d'un escroc manipulant habilement les individus et les communautés à son unique profit. Derrière les exhortations de repentance de Judah ben Shalom (qui étaient aussi caractéristiques de son prédécesseur Shukr Kuhayl I, ainsi que des autres faux-messies yéménites), sa correspondance est remplie d'encouragement au paiement d'une dîme (ma'aser) à son organisation. Il donne dans ses lettres différentes raisons pour le paiement de cette dîme dont le salut des angoisses du Messie, et il semble que toutes ces sollicitations aient été grandement satisfaites. Selon un rapport, les Juifs d'Aden, ont expédié à Kuhayl le trésor complet de leur synagogue. Finalement, il réussit à réunir un grand nombre de partisans parmi les Juifs du Yémen (ainsi que de nombreux arabes), qui vont contribuer à lui fournir des sommes importantes d'argent pour sa cause. L'utilisation de ces sommes, soit qu'elles aient été distribuées aux pauvres, soit qu'elles aient été utilisées pour acheter des protections ou pour financer le mode de vie luxueux de Kuhay, reste un mystère. Shukr Kuhayl II a eu des opposants même au Yémen. Certaines personnes qui ont connu le premier Shukr Kuhayl, considèrent que le mode de vie excessif de Shukr Kuhayl II est incompatible avec la personne qu'ils ont connue . Lenowitz cite certaines lettres qui expriment ce ressentiment. Le plus grand opposant à Kuhayl II est cependant Jacob Saphir de Jérusalem, qui va finalement jouer un rôle majeur dans la fin de carrière du messie.

Lire sur https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Judah_ben_Shalom

JACOB FRANK


HISTOIRE
ZVI
BIO








La mort du faux messie Sabbataï Tsvi ne mit pas fin à sa légende. Nombreux furent ceux de ses adeptes qui persévérèrent à perpétuer son aura messianique, en dépit de son apostasie humiliante, en le suivant dans la même voie, ce qui leur valut l'appellation de dönmé (convertis). Bannis par le rabbinat comme "meshummadim " (rené-gats) et rigoureusement interdits de tout contact avec la communauté, ils se constituèrent en secte, demeurant toujours méprisés aussi bien par les musulmans que par leurs anciens coreligionnaires. Eparpillés en Turquie et dans les Balkans, ils se sont graduellement assimilés à leur entourage autochtone et ont quasiment fini par disparaître.

Une branche ayant persisté à Salonique se réorganisa et donna naissance à un mouvement messianique en Pologne, sous l'impulsion d'un aventurier nommé Jacob Frank (alias Leibowicz). Bien qu'analphabète, il put, par ses contacts suivis avec des dönmés au cours de ses voyages aux Balkans, se familiariser avec les idées farfelues qui alimentèrent la campagne sabbatéenne et attirer les masses populaires ignorantes. En très peu de temps, de bouche à oreille, il acquit la réputation de visionnaire ; on répandit même le bruit qu'il était la réincarnation de Sabbétaï

En 1751, Jacob Frank se proclama messie en Pologne parmi un nombre important d'adeptes, pour la plupart analphabètes comme lui. En peu de temps, le mouvement dégénéra et amena le rabbinat à exclure tous les adhérents comme hérétiques. Malgré leurs mœurs dissolues et leur débauche souvent orgiaque, les " Frankistes " furent protégés par le clergé catholique, qui trouva dans ce mouvement une occasion propice de convertir tous les adeptes. A cet effet, Jacob Frank fit un pas décisif en se faisant lui-même baptiser sous le parrainage du roi Auguste III et en engageant ses adeptes à faire de même.

Forts du soutien clérical, les Frankistes pouvaient désormais manifester ouvertement hostilité envers la communauté juive. Ils allaient jusqu'à défier les rabbins à des débats publics, en déclarant publiquement le Talmud comme blasphématoire à l'égard du christianisme. Parmi de nombreux sujets de diffamation, ils remettaient en question les calomnies de meurtre rituel, bien que souvent démenties par des prélats catholiques, et la fable de l'emploi de sang chrétien dans la préparation du pain azyme pour les Pâques juives.

Cependant, en dépit de son soutien initial, le clergé catholique ne put s'empêcher de condamner à son tour les mœurs scandaleuses des Frankistes, ce qui amena l'Inquisition à faire emprisonner Jacob Frank dans la forteresse de Czestochova en 1760. Après sa mort en 1791, sa secte, entraînée par la dépravation et privée de dirigeants crédibles, était désormais vouée à la dispersion, d'autant plus que les descendants des premiers adeptes, même ceux qui n'avaient pas abjuré le judaïsme, disparaissaient dans l'assimilation à la population catholique.

*

Après de nombreux siècles pendant lesquels le judaïsme dut, dans une large Sabbataï Tsvi en Turquie, et surtout l'issue grotesque de celle de Jacob Frank en Europe mesure, sa survivance à l'espoir messianique, l'épilogue humiliant de l'aventure de Centrale, donnèrent lieu à une atmosphère d'amertume et de profond désenchantement parmi toutes les communautés juives d'Europe et du Proche-Orient. Parallèlement, on peut croire que ces deux événements dramatiques ont contribué à un réveil et à une prise de conscience, justement au moment où on voyait pointer à l'horizon un vague espoir d'émancipation du peuple juif parmi son entourage chrétien ou musulman.

Ce n'est que la recrudescence de l'antisémitisme en Europe de l'Est, et surtout des pogroms dans l'empire des tsars, qui suscitèrent une volonté de réagir, non plus par des lamentations, mais enfin par la manifestation d'une volonté de retour à la terre promise. Un premier pas intervenait par la création d'une organisation dénommée Hovévé Zion, qui mena aussitôt campagne pour l'engagement de volontaires à se rendre en Palestine pour la création de colonies agricoles sur des terres vouées à l'abandon et à la désolation depuis des siècles. Ce fut le coup d'envoi qui incita Théodor Herzl, outré par la vague violente d'antisémitisme qui secouait la France à l'occasion de l'Affaire Dreyfus, à fonder le sionisme politique sous l'encou-ragement de nombreux chefs d'état qui l'accueillirent avec bienveillance et une large compréhension. Ainsi germait en Europe l'idée de la création d'un foyer national pour servir de refuge à tous les Juifs désirant échapper enfin aux affres de l'antisémitisme.

En dépit de la réalité israélienne, qui s'est consolidée au cours d'un demi-siècle, le rêve messianique d'intervention divine reste vivant parmi les Juifs intégristes. Et on a vu encore en 1994 des adeptes d'un mouvement hassidique proclamer l'avènement du messie en la personne du rabbin qui le présidait à New York. A leur grande déception, il mourut peu après sans avoir matérialisé le rôle qu'on lui avait attribué.
Léon Alhadeff


L'antinomisme de Sabbataï fut repris par des esprits bien plus radicaux que lui, tels Néhémiyah Hiyya Hayon mais aussi par des homms qui ne voulurent plus rien conserver du judaïsme dans leur spéculations et leurs pratiques. Jacob Frank (1726-1796) donnera naissance à la secte portant son nom, les Frankistes. Dans ses Mémoires Jacob Emden raconte que les adeptes de la secte se livraient à des déparavations sexuelles et organisaient des orgies auxquelles ils conféraient un sens religieux. Frank se convertira au christianisme tout en considérant que toute religion ne pouvait être qu'un moyen pour parvenir à des fins supérieures. On peut distinguer, en se fondant sur l'enseignement de Frank, cinq grands points que tout partisan de l'antinomisme devait préserver et observer: le Messie avait pour vocation de plonger dans le monde des écorces (kelippot); l'adepte de la secte ne devait pas montrer à l'extérieur ce qu'il est en réalité au fond de lui-même; la Tora supérieure, celle du monde de l'émanation (Tora de atsilut) ne pouvait être observée qu'en violant celle de la création (Tora de béria); le Dieu d'Israêl et la Cause des causes sont des divinités différentes; les trois hyspostases de la divinité s'incarneront un jour dans une forme humaine.
Dans son Erotique de la kabbale (Solin, 1990) Langer (1894-1943) cite des passages de Frank qui ne laissent pas d'étonner par leur tonalité christianisante et par leur antinomisme prononcé:

«Vous n'avez pas compris lorsque je vous disais que je vous montrerai Dieu. Car vous devez au préalable contempler la Vierge qui est le vestibule menant vers Dieu. Si vous étiez dignes de toucher cette vierge, véritable fondement de la force de l'univers, vous pourriez parvenir au but; mais vous n'êtes pas dignes de la toucher...Tout ce qui était jusqu'ici n'a eu lieu qu'en vue de préserver la semence d'Israël et d'empêcher que son nom disparaisse. Mais, à présent, nous ne requérons ni lois ni prières: nous ne devrons obéir que pour le temps nécessaire de parvenir à un lieu occulte.» (Langer, p 72-73)

Paradoxalement, c'est la secte des hassidim qui a, en quelque sorte, “décontaminé” l'arbre du sabbataïsme et du frankisme pour redonner au judaïsme force et vitalité. L'antinomisme des frankistes a provoqué leur disparition dans la société catholique polonaise au siècle dernier. Quant à une autre secte judéo-musulmane appelée les Dönmeh, ses membres se convertirent à l'islam vers 1683 en Turquie.
mrhayoun

BAR KHOCHBA

BAR KHOCHBA














Pendant longtemps, les historiens n'ont pas beaucoup écrit sur Chim'on Bar Kosiba. Mais des archéologues ont récemment découvert certaines de ses lettres dans le Na'hal Hévèr, près de la Mer Morte. On peut voir ces documents, particulièrement intéressants, au Musée d'Israël. Certains d'entre eux portent sur des sujets touchant à l'observance religieuse, son armée étant composée exclusivement de gens pratiquants. Mais ils contiennent aussi une somme considérable de faits historiques. Nous apprenons que les Juifs qui ont participé à la révolte se cachaient dans des grottes. On a également trouvé de ces grottes, remplies d'objets ayant appartenu aux soldats de Bar Kosiba. Ces objets - poteries, chaussures, etc. - sont exposés au Musée d'Israël, et les grottes, quoique vidées de leur contenu, sont ouvertes aux visiteurs.
Il résulte des lettres et d'autres données historiques que Bar Kosiba, en 132, a organisé une puissante guérilla armée et qu'il a réussi à chasser les Romains de Jérusalem et d'Israël. Il a ainsi établi, pendant une période très brève il est vrai, un Etat juif indépendant.
Les succès de Bar Kosiba ont encouragé beaucoup de gens - et parmi eux Rabbi Akiva, un des plus sages et des plus saints rabbins en Israël - à croire qu'il était le Messie. On l'a surnommé " Bar-Kokhba ", ou " fils de l'étoile ", allusion à un verset dans le livre des Nombres (24, 17) : " Une étoile viendra de Jacob ", cette étoile étant censée désigner le Messie.
Finalement, Bar-Kokhba n'a pas été le Messie, et les rabbins ont écrit plus tard que son vrai nom était Bar-Kosiva, c'est-à-dire " Fils d'un Mensonge " - soulignant ainsi qu'il était un faux Messie.
Bar-Kokhba a réussi à unir tout le peuple juif autour de lui.
Pendant quelque temps, cependant, Bar-Kokhba - qui possédait d'immenses aptitudes comme meneur d'hommes - a réussi à unir tout le peuple juif derrière lui. On l'a décrit comme possédant une formidable force physique, au point qu'il pouvait déraciner un arbre tout en chevauchant sa monture. C'est là probablement une exagération, mais il était un dirigeant très charismatique et il possédait indiscutablement un potentiel messianique, celui que Rabbi Akiva a cru reconnaître en lui.


Les sources juives évaluent les troupes de Bar-Kochba à 100 000 hommes. Même s'il y a eu là surestimation de ses forces, et même s'il n'en a commandé que la moitié, c'était encore une armée très nombreuse (égale à quatre légions romaines).

Les Juifs, quand ils sont unis, représentent une force redoutable. Ils ont repoussé les Romains, les ont jetés hors d'Erets Yisrael, ont proclamé leur indépendance et ont même battu monnaie. Un événement peu banal dans l'histoire de l'Empire Romain !

DAVID RUBENI


D. RUBENI
AKADEM




Voici comment le chroniqueur juif Joseph Hacohen (XVI° siècle) s’exprima au sujet de David Rubéni..

Celui qui porta un temps, les espoirs de la rédemption juive en Palestine.


"En ce temps là un juif, appelé David, arriva de pays reculés, de l’Inde à la Cour du Portugal et dit au roi : "Je suis Hébreu et je crains l’Eternel, le maître des cieux. Mon frère, le roi des Juifs, m’a envoyé vers toi, seigneur et roi, pour te demander du secours. Aide nous et nous irons faire la guerre à Soliman le Turc, pour lui arracher la Terre Sainte". Le roi répondit : Sois le bienvenu, je vais t’adresser à l’Archevêque, et ce qu’il te dira, je le ferai. David, après l’avoir quitté, séjourné pendant quelques jours à Lisbonne. Ceux qu’on avait baptisés de force crurent en ses paroles et dirent : "C’est notre sauveur, le Seigneur l’a envoyé". Et se rassemblant en foule à ses côtés, ils lui témoignèrent une grande vénération. Cet homme s’en fut de là en Espagne et comme les convertis affluaient partout sur son passage, il leur devint une pierre d’achoppement.Il alla ensuite en France…, en Avgnon, en Italie, à Rome. Il parla de ce dessein au Pape lui-même, et les Juifs en eurent une grande frayeur.

"Mais, que ferons-nous, lui dirent-ils, de nos femmes que voilà, si nous partons en guerre, et des enfants qu’elles ont mis au monde ? - Il y en a tant et plus dans notre pays, leur répondit-il, ne craignez-rien, car il n’est pas d’obstacles pour l’Eternel - il imagina aussi une lettre et dit : " Mon frère le roi me l’a écrité, et l’a scellée de son anneau royal. Mais il vint un jour où son secret fut découvert, et alors on cessa de croire en ses paroles. Car il avait prescrit des choses impies."

Joseph Hacohen, "La Vallée des Pleurs", (XVI° siècle), Traduction Julien Sée, Paris, 1881, p.116.

"En avril 1524, arrivait à Rome un aventurier, David Rubéni, prétendant être ambassadeur de son frère Joseph, roi des descendants de la tribu de Benjamin, en Tartarie. David avait reçu mission d’obtenir des rois et du Pape des armes nécessaires pour combattre les Turcs et reconquérir la Palestine. Le Pape le reçut et lui remit des lettres de créances pour les rois du Portugal et d’Abyssinie. L’apparition de David au Portugal produisit une vive agitation parmi les marranes, (Juifs convertis au christianisme mais restés juifs dans le fond de leur coeur) qui pensèrent que David Rubéni était, peut-être, le précurseur du Messie."

d’après "19 siècles d’histoire juive, de 70 à 1979" du Grand Rabbin Paul Bauer, éditions C.L.K.H

Réubeni (mort en 1538 ?), un Juif falacha d’Ethiopie, avait été vendu en esclavage à des Arabes, et emmené à Alexandrie où il fut racheté par des coreligionnaires. Il se prétendait fils d’un roi Salomon, gouvernant trois des tribus perdues, et envoyé pour hâter la rédemption. Mais à la différence de ceux des pseudo-Messies qui n’agissaient qu’en milieu juif, il chercha l’appui des puissants de son temps. Il réussit à intéresser le pape Clément VII en lui proposant une alliance entre l’Etat juif restauré et la chrétienté, dirigée contre les Musulmans. Il demanda au pape de le recommander à Charles-Quint et à François Ier dont il voulait obtenir l’aide militaire. Il se proposait aussi d’enrôler le légendaire Prêtre Jean, qui aurait régné à cette époque en Mongolie ou en Ethiopie. Mais Clément VII, qui était certes intéressé à susciter un mouvement contre les Turcs, se borna à adresser Réubeni au roi du Portugal. Il y sera d’ailleurs reçu comme un prince et les marranes seront persuadés qu’il annonce l’ère du Messie. Il s’était présenté au palais de Clément VII sur une ânesse blanche, comme il se doit pour l’oint du Seigneur, et à Ratisbonne, à Charles-Quint, en brandissant une bannière de soie de l’Etat hébreu. Il déclara au représentant du sultan de Fez que le temps était venu pour les Juifs de reprendre Jérusalem et tout le pays d’Israël aux Musulmans.israel diaspora



livreor.gif

Messages les plus consultés