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MICHEL SERVET


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Médecin et théologien espagnol
Il est le premier à entrevoir le système de la circulation sanguine (près d'un siècle avant l'Anglais Harvey).

Par sa mère, il descendait de juifs convertis de la région de Monzón



Villanueva de Sigena , Aragon, 1511 ? -Genève, 1553

Michel Servet


Médecin et théologien espagnol
En espagnol Miguel Servet , ou Miguel Serveto ou encore Miguel de Villanueva. Michel Servet vint étudier le droit à Toulouse, puis voyagea et rencontra certains des réformateurs les plus importants de son temps : Oecolampade, Bucer, Melanchthon. Il s'intéressait à l'anatomie, à l'astrologie, ou encore à la géographie ; il exerça le métier d'imprimeur, et on lui doit une édition de la Géographie de Ptolémée. En anatomie, il découvrit la circulation pulmonaire ou petite circulation. Il publia de nombreux ouvrages de théologie, dont Restitution du christianisme.

Alors qu'il se trouvait en France, à Vienne, où il se faisait appeler Michel de Villeneuve, Servet fut dénoncé par un Genevois, Guillaume de Trie, à l'inquisiteur catholique Mathieu Ory. Des poursuites furent engagées contre lui ; les preuves furent cependant jugées insuffisantes, et l'inquisiteur demanda des documents plus explicites. Sur la demande de De Trie, Calvin fournit à l'Inquisition certaines des lettres que Servet lui avait envoyées.

En avril 1553, un procès fut engagé, mais Servet parvint à s'évader - il fut condamné par contumace et seule son effigie fut brûlée. Il passa à Genève, où il pensait peut-être pouvoir se joindre aux opposants à Calvin ; reconnu, il fut aussitôt jugé, et condamné à être brûlé vif. Il fut supplicié le 27 octobre 1553


La doctrine de Servet
Servet fit connaître sa doctrine d'abord dans De Trinitatis erroribus (Des erreurs de la Trinité, 1531), où il voulait montrer l'absence de fondement du dogme de la Trinité - il niait que l'Esprit fût un être distinct -, idée qu'il poursuivit dans Dialogorum de Trinitate libri duo (Dialogues sur la Trinité, 1532). Son ouvrage majeur est Christianismi restitutio (Restitution du christianisme, 1553), dont il avait envoyé à Calvin une version manuscrite dès 1546 ; le titre lui-même annonce une critique radicale de l'ouvrage fondamental du réformateur de Genève, Institution de la religion chrétienne.

L'ouvrage, publié en janvier 1553, compare la Trinité à Cerbère, le chien à trois têtes gardien des Enfers. Pour Servet, Dieu est immanent à toute chose : «Dieu, dans le bois est bois, et dans la pierre est pierre.» Jésus, comme le monde, n'est pas éternel ; seul le Verbe, qui est l'expression de Dieu, est éternel, et le Christ est l'union du Verbe avec l'homme Jésus - ses idées évolueront par la suite, sans qu'il reconnaisse cependant jamais le dogme trinitaire.

Enfin, Servet était favorable au baptême des adultes, tel que le Christ l'avait reçu, ce qui le rapprochait des anabaptistes.


Une condamnation emblématique
La condamnation de Servet avait été quasi unanime, et Calvin reçut le soutien des principaux réformateurs, de Bullinger à Melanchthon. Cependant, Calvin éprouva la nécessité de se justifier et publia, en janvier 1554, Declaratio orthodoxae fidei, en latin, ainsi que sa version française, Déclaration pour maintenir la vraye foy, qui est un plaidoyer en faveur d'une répression sans faille de l'hérésie. Parmi ceux qui critiquèrent Calvin figure l'anabaptiste David Joris, qui prônait la prière et non le glaive pour amener les hérétiques «à l'amour, à la paix et à l'unité», et Sébastien Castellion, qui engagea une virulente polémique avec Calvin et Théodore de Bèze.

La condamnation de Servet marqua une importante étape de la plongée de l'Europe dans l'intolérance ; en outre, elle montrait que les diverses branches du christianisme, en se découvrant des ennemis communs, pouvaient, malgré leur antagonisme fondamental, coopérer entre elles. Déjà, durant la guerre des Paysans, la condamnation de Münzer et des Douze Articles par Luther avait permis aux princes protestants de s'allier aux princes catholiques au nom de la lutte commune contre une hérésie radicale.

De même, la double condamnation de Servet, fruit de la collaboration de Calvin avec l'Inquisition catholique, souleva d'importants débats dans les communautés protestantes, qui se prolongèrent bien au-delà du siècle de la Réforme.

Enfin, notons que Servet lui-même était partisan de la mort pour les hérétiques «incorrigibles et obstinés en malice», ainsi qu'il l'écrivit dans une de ses lettres à Calvin : «Ce crime est simplement digne de mort et devant Dieu et devant les hommes.»
memo


Michel Servet s'oppose à la doctrine de la trinité: il ne reconnaît que Dieu le créateur comme Dieu. Pour lui Jésus et le Saint Esprit sont des expressions de l’action divine mais non Dieu lui-même
Jean Calvin a contribué indirectement à la mort de Michel Servet, on ne peut pas l’exonérer de sa responsabilité dans cette affaire. Calvin, en mettant ses lettres à disposition du tribunal, a participé au procès. Il n’a pas essayé d’arrêter le conseil de Genève (il n’aurait toutefois pas eu réellement la possibilité de le faire.) Il a une responsabilité claire dans la mort de Servet info bible

Le supplice fut épouvantable, les fagots destinés à brûler l’hérétique étaient en trop petit nombre, et encore humides de la rosée du matin; ils flambèrent difficilement; pendant plusieurs heures le malheureux Servet ne put mourir, criant : "O malheureux que je suis, qui ne peux terminer ma vie! Les deux cents couronnes que vous m’avez prises, le collier d’or que j’avais au cou et que vous m’avez arraché, ne suffisaient-ils pas pour acheter le bois nécessaire à me consumer!… O Dieu éternel, prends mon âme!… O Jésus, Fils du Dieu éternel, aie pitié de moi!…"
medarus


En 1903, une stèle a été érigée à Champel, sur l'emplacement du bûcher, avec ces mots :
«Fils respectueux et reconnaissants de Calvin, notre grand réformateur, mais condamnant une erreur qui fut celle de son siècle et fermement attachés à la liberté de conscience selon les vrais principes de la Réformation et de l'Évangile, nous avons élevé ce monument expiatoire». herodote

Lire : L'"affaire" Michel Servet"
"En l'année 1553 est mort Michel Servet. C'est donc le quatre cent cinquantième anniversaire de sa mort. Pour nous, protestants, comme pour tout homme et toute femme de bonne volonté, il s'agit d'un crime"
Dans son ouvrage de 1612, Castellion écrit l'une des plus belles phrases qui soit : "Tuer un homme, ce n'est pas tuer une doctrine ; c'est tuer un homme".

Philippe VASSAUX

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