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ERNEST GELLNER


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Il est surtout connu en France pour ses travaux sur les Berbères de l'Atlas marocain, mais son œuvre, qui comprend plus d'une dizaine d'ouvrages, touche bien d'autres domaines. E. Gellner s'impose comme une figure centrale des sciences sociales actuelles

Paris, 9 décembre 1925 - Prague, 5 novembre 1995
théoricien de la modernité et de la société moderne.

Ernest Gellner naît à Paris de parents juifs de langue allemande. La famille quitte Paris pour s'installer à Prague où l'enfant fait ses études dans un lycée anglais (grammar school). Les Gellner doivent fuir la Tchécoslovaquie envahie par l'Allemagne en 1939 et se réfugient alors en Angleterre. À la fin de la guerre, le jeune homme s'engage dans l'armée tchèque, puis retourne à Oxford poursuivre sa formation en philosophie. C'est en Angleterre qu'il enseignera la majeure partie de sa vie. Il sera également connu pour ses recherches anthropologiques et sociologiques. Auteur de plusieurs livres, il s'attaque dans Words and things (1959) à la philosophie linguistique en vogue à l'époque et ce livre contribue à le rendre célèbre.


À la fois philosophe, sociologue et anthropologue, c'est sous cette triple bannière qu'il enseigna pendant une trentaine d'années dans diverses universités et notamment à la London School of Economics. Comme anthropologue, ce sont les Berbères de l'Atlas qui inspirèrent son livre Saints of the Atlas au cours de ses nombreux voyages en Afrique du Nord. agora


Les Saints de l’Atlas, Ernest Gellner

Tenu pour l’initiateur et le chef de file de l’école segmentaire, Ernest Gellner a été copieusement cité, commenté, discuté, mais, de toute évidence, a été peu lu en France et au Maghreb: rares sont ceux qui se sont réellement penchés sur sa monographie, et encore moins nombreux ceux qui ont pris connaissance de l’ensemble de ses travaux dans ce domaine. L’obstacle de la langue et l’absence de traductions y sont très vraisemblablement pour quelque chose.

Cette monographie que Gellner a consacrée aux igurramen Ihansalen du Haut Atlas marocain, et au rôle imparti à ces pieux personnages parmi les tribus d’agro-pasteurs de ces montagnes, a depuis longtemps pris rang parmi les classiques de l’anthropologie.


Pour les études maghrébines, il s’agit de l’ouvrage le plus marquant qui ait été publié au cours des dernières décennies, depuis les grands livres de Berque. Une telle affirmation n’implique aucun parti pris quant aux mérites propres de l’œuvre mais relève du simple constat d’un fait: Saints of the Atlas a eu un écho d’une ampleur sans précédent au Maghreb et qui a d’ailleurs dépassé les frontières de son propre domaine disciplinaire - l’ethnologie - et géographique -le Maroc et le Maghreb.

C’est dire s’il a été commenté, repris, et bien entendu, critiqué. Certaines idées fortement énoncées concernant la nature de la société marocaine et son histoire ont même sur le moment quasiment fait scandale et suscité des prises de positions passionnées. C’est qu’elles touchaient à des questions théoriques importantes pour le chercheur spécialiste du Maghreb, mais particulièrement sensibles aussi, dans le contexte historique de l’époque, pour le citoyen du pays. Ces polémiques ont fait le temps mais le débat scientifique demeure ouvert.

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