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ELIA LEVITA



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Une page du dictionnaire yiddish-hébreu-latin-allemand de Lévita






Élie Lévita (13 février 1469 - 28 janvier 1549), (en hébreu: אליהו בן אשר בחור), connu aussi avec les prénoms Elija; Elias; Elia et surnommé Eliahu Bakhur ("Eliahu le Bachelier"), est un des premiers écrivains en langue yiddish, un grammairien hébraïsant et un poète de la Renaissance. Il est l'auteur du "Bove-Bukh" (écrit en 1507-1508), le roman de chevalerie le plus populaire écrit en yiddish, qui selon Sol Liptzin est « généralement considéré comme l'œuvre poétique la plus importante en vieux yiddish.
En 1509, la ville de Padoue est conquise par les troupes de la Ligue de Cambrai, et Lévita s'échappe pour Rome où il trouve un bienfaiteur en l'humaniste Petrus Egidius (1471-1532) de Viterbe, qui est élevé en 1517 au rang de cardinal. Il séjournera treize ans chez le cardinal Petrus Egidius, avec toute sa famille. Lévita lui apprend l'hébreu et copie des manuscrits en hébreu, principalement concernant la Kabbale, pour la bibliothèque du cardinal[3]. Il dédie au cardinal sa grammaire hébraïque "Bachur" qu'il publie en 1518. La même année, il publie aussi le "Sefer Haharkavah", qui répertorie les mots étrangers et composés de la Bible (Ancien Testament). Le sac de Rome (1527), renvoie Lévita à Venise, où il travaille comme correcteur chez l'éditeur Daniel Bomberg et comme professeur d'hébreu[3]. Lévita y publie un traité sur les accents en hébreu, intitulé "Sefer Tub Ta'am".wiki


Histoire du Yiddish

Dovid Katz
Directeur de l'Institut des Etudes yiddish d'Oxford
St Antony's College, Université d'Oxford

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Cette nouvelle civilisation s'est développée à l'Ouest, sur les rives du Rhin et, plus ou moins simultanément, sur celles du Danube, à l'Est. Sa destinée devait la conduire à s'étendre dans toutes les directions et, surtout, vers l'Est. On commença à la connaître sous l'appellation d'Ashkenaze. Dans les textes du Haut Moyen Age, "Ashkenaz" désigne les territoires germanophones du centre de l'Europe mais, avec le temps, ce terme se référa à la "zone yiddish" de toute l'Europe. Le défunt Max Weinreich, le plus éminent historien du yiddish, a appelé les berceaux du yiddish "Ashkenaze I", pour le centre, et "Ashkenaze II", pour l'Est de l'Europe (au cours des derniers siècles).

Cette civilisation européenne - Ashkenaze - a donné au monde des hommes tels que Einstein, Freud et Chagall. Les ancêtres de chacun d'entre eux parlaient la langue traditionnelle de la communauté juive ashkenaze, le yiddish. Ce courant d'innovation littéraire sans fin remonte à plusieurs siècles. Au début du 16e siècle, Eli Levita, né en Allemagne mais vivant en Italie, a associé le système complexe des rimes italiennes, connu sous le nom d'ottava rima, aux vers yiddish. Ce fut le parfait exemple du mariage entre le roman et le germanique, exprimé à travers une poésie magistrale. Au 19e siècle, l'humour de Sholem Aleichem, surtout connu aujourd'hui à l'Ouest grâce à son oeuvre "Le violon sur le toit" avait mèlé des saveurs slaves à l'humour yiddish. Le yiddish avait alors ajouté sur sa toile de fond sémitique et germanique une touche permanente de slave. Il s'agit, là encore, du parfait exemple de ce qu'est l'altération pour les puristes mais qui représente, pour la véritable culture, la croissance exponentielle des possibilités de créativité et d'avancement. Finalement, en 1978, le Prix Nobel de littérature revint à Isaac Bashevis Singer, dont l'oeuvre s'inspire largement de la conjugaison des formes européennes de la Kabbale, mysticisme juif, et de notions glanées dans la psychologie et la philosophie modernes. Pour en revenir aux débuts connus de la littérature yiddish, le premier ouvrage daté est le Cambridge Codex de 1382, découvert au Caire, où résidait une communauté d'émigrés Ashkenazes au 14e siècle. En plus d'une version yiddish du Dukus Horant allemand, le manuscrit contient une traduction en yiddish du Serment d'Isaac, écrit sous la forme d'une épopée médiévale d'Europe centrale. La création de nouveaux genres culturels à partir du fusionnement libre de l'Est et l'Ouest, de l'Europe en général et de l'Europe juive, constitue l'originalité du yiddish.


Dov-Ber KERLER
Institut des Etudes de Yiddish d'Oxford


La culture juive a servi de base à la langue et plus tard à la littérature yiddish. L'interaction entre les Juifs et un environnement européen qui était le leur depuis mille ans est un phénomène important pour l'Europe centrale, et la littérature yiddish a connu son apogée au cours des huit cents dernières années.

La littérature yiddish, tout comme la langue, sont apparues au cours du premier millénaire. Le linguiste s'efforce de reconstruire l'histoire d'une langue à partir des dialectes qui l'ont constituée, et l'historien de la littérature concentre son attention sur les documents écrits les plus anciens. La première poésie yiddish dont on ait connaissance remonte à 1272. Malgré ses insuffisances sur les plans littéraire et chronologique, ce document est exceptionnel car il est l'exemple le plus précoce d'une activité littéraire et esthétique consciente. Les 110 ans qui séparent cette poésie et le manuscrit le plus ancien déjà cité, en date de 1382, ont évidemment beaucoup apporté; les œuvres qui figurent dans le manuscrit de la fin du XIVe siècle proviennent de sources écrites antérieures.

Très peu de manuscrits yiddish anciens ont été préservés car des lois cruelles et des déportations obligeaient les Juifs à concentrer leurs efforts sur la protection de la Torah et des livres saints écrits en hébreu. Le premier livre yiddish a été publié à Cracovie, en Pologne, en 1530. On dispose d'un choix plus large de livres que de manuscrits, si l'on tient compte des divers livres qui s'inspiraient de textes écrits antérieurs. L'histoire des œuvres écrites hébraïques et yiddish est une page fascinante de l'histoire des Juifs européens. Il importe d'indiquer que le premier journal yiddish a été publié à Amsterdam en 1686.

La littérature yiddish relève schématiquement de trois grandes périodes: la littérature yiddish primitive (des origines jusqu'à 1660), la littérature ancienne (jusqu'à 1862) et la plus récente ou actuelle. Comme beaucoup de langues européennes, dont la forme littéraire a pris naissance dans un environnement où la langue savante était le latin, le yiddish dans ses variantes très anciennes a dû mûrir dans le cadre d'une langue hébraïque déjà développée. C'est pourquoi la capacité de lire et d'écrire se dit ivredikait, du mot hébreu ivrit. Il serait inexact d'affirmer que dans chacune des deux premières périodes, nous trouvons des exemples qui s'inscrivent dans la tradition de la littérature juive locale. On les dénomme midrash, hagadot, et musar, ce dernier mot désignant la littérature populaire ou morale. Ils empruntent des éléments de la période de la chevalerie en Europe, en les adaptant au genre et à une synthèse thématique juifs traditionnels.

Parmi les adaptations yiddish les plus notables, on peut citer les deux longs romans «Bovo d'Antono» et «Paris e Vienne» tous deux écrits en parfaites strophes «ottava rima» (chaque strophe a huit lignes et onze syllabes). L'auteur de ces romans était le poète juif Elijahu Bochur (Elija Levita 1469-1549). Il a doté la poésie yiddish d'un mètre naturel: grâce à ses efforts, la prosodie yiddish s'est rapprochée d'harmonies poétiques uniques de l'hébreu du Moyen-Age, dont le rythme s'inspirait de la poésie européenne, en l'occurrence italienne, de l'époque. Bochur a créé le mètre yiddish plus d'un siècle avant que Martin Opitz ne trouve une mesure pour la poésie allemande.

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