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FELIX MENDELSSOHN BARTHOLDY


BIOGRAPHIE








Né d'une famille qui avait le savoir et les moyens pour former son talent, arrivé à une maturité créative à un âge plus jeune que tout autre compositeur important, il était devenu à l'âge de 30 ans – après une série quasi consécutive de triomphes – l'un des compositeurs les plus appréciés de son époque. Toutefois, l'histoire de sa vie dégage, qu'en conclusion, une vie parfaite est illusoire parce qu'à la fin, l'inspiration se révèle inégale au talent et lorsque survient la première grande épreuve, elle peut être assez brutale pour entraîner la mort.

Il est né, Jakob Ludwig Felix, le 3 février 1809, fils d'Abraham et Leah Mendelssohn. Son père était un banquier prospère et sa mère, une artiste et musicienne. Abraham, fils de l'illustre philosophe juif Moses Mendelssohn, se décrira modestement plus tard comme "D'abord j'étais le fils de mon père, maintenant je suis le père de mon fils". Lorsque Félix était encore tout jeune, la famille déménagea à Berlin où il reçut, en compagnie de sa sœur qui possédait un talent comparable au sien, Fanny, ses premières leçons de piano de la part de leur mère. Très tôt, ils travaillèrent avec les meilleurs professeurs de musique s'astreignant à une cédule rigoureuse, mise en vigueur par leur père, et qui commençait à 5 heures du matin. Les deux enfants excellèrent aussi dans leurs études et leurs autres intérêts; Félix était particulièrement doué pour le dessin et la peinture. Lorsqu'il apparût évident que la religion de Félix pouvait devenir une barrière pour le futur de sa carrière dans une Allemagne antisémitique, Abraham convertit sa famille au protestantisme; pour distinguer sa branche archéologique de cette qui ne l'était pas, Abraham changea le surnom en Mendelssohn-Bartholdy. Félix utilisera cette convention.

On ne connaît pas l'effet exact qu'a eu cette décision sur la vie de Félix. De toutes apparences, Félix a eu une jeunesse émanant presque d'un conte de fée, il fit ses débuts en public en tant que pianiste à l'âge de 9 ans et en tant que compositeur à l'âge de 10 ans. Durant ses études avec le compositeur Karl Zelter, un ami de Goethe, Félix devint un favori du vieux poète et a souvent joué pour lui. Zelter garda son élève constamment sur une diète de Bach, insistant sur l'étude de la fugue. À l'âge de 12 ans, Félix avait produit 9 fugues, 5 symphonies pour cordes, 2 opéras et une quantité de petites œuvres. L'année suivante, son père arrangea une série de fêtes musicales dominicales où les meilleurs musiciens d'Europe y étaient invités pour se produire avec Félix et y jouer ses compositions.

À l'âge de 16 ans, avec un bagage musical assez considérable pour son âge, il parvient à une pleine maturité avec son extraordinaire Octuor en mi bémol majeur pour cordes, composition qui le distançait considérablement de tout ce qu'avait pu produire, au même âge, un Schubert ou un Mozart. Vint ensuite une œuvre d'une imagination et d'une habilité toute comparable, l'ouverture pour A Midsummer Night's Dream de Shakespeare dont il en dirigea la première en 1826.

D'aucune façon la réputation de Mendelssohn n'était limitée qu'à la composition. N'étant qu'adolescent, il était l'un des meilleurs pianistes de son temps mais il allait devenir encore plus célèbre en tant que chef d'orchestre. En 1829, alors âgé de 20 ans, il a dirigé le Singakademie de Berlin lors de la reprise historique de la Passion selon Saint Mathieu de Johann Sebastian Bach, exécutée pour la première fois depuis l'époque de Bach. L'impression que laissa cette exécution fut tellement profonde qu'elle allait faire naître l'élan de renouveau pour la musique de Bach au 19è siècle. Mendelssohn se lança sur une grande tournée de l'Europe qui allait durer trois ans, suscitant partout l'admiration. Cette tournée marquera la première de ses dix visites en Angleterre où son étoile brillera toujours de tous ses feux; il devint un favori de la reine Victoria (dans une célèbre lettre, Mendelssohn y confie avoir accompagné les chants de la reine au Palais de Buckingham). Il visita aussi l'Écosse, voyage qui allait inspiré la superbe ouverture Fingal's Cave (ou Les Hébrides) et la symphonie Scotch (écossaise). Tout au long de ses voyages, il pratiqua ses dessins et a écrit des rapports ravissants pour Fanny et ses parents. Sa personnalité rayonnante et sa belle apparence lui valurent de se faire des amis partout où il allait, principalement parmi les musiciens les plus en vue d'Europe.

On eut crû que les choses ne pouvaient être meilleures mais, pour un temps, elle le furent. En 1836, à l'âge de 27 ans, Mendelssohn devint le directeur du vénérable orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Fidèle à la formule, il allait en faire, sous sa direction, le meilleur orchestre au monde élargissant son répertoire pour y inclure les modernes mais aussi en profondeur vers les anciens. L'année suivante, il épouse la fille d'un pasteur, Cécile Jeanrenaud, une beauté de 18 ans; leur mariage débordant de bonheur produira cinq enfants. Quelques années plus tard, il dirigea l'organisation du nouveau conservatoire de Leipzig où il enseigna le piano et la composition. Durant tout ce temps, il continua de produire de grandes et de petites œuvres; parmi les œuvres importantes complétées dans la décennie après 1833, on note les symphonies Scotch (écossaise) et Italian (italienne), et le célèbre Concerto pour violon en mi mineur dédié au virtuose et ami Ferdinand David. À propos de ce concerto, dont certaines parties solo ont été probablement écrites par David lui-même, on peut le qualifier comme étant le meilleur concerto du siècle après Beethoven (les amateurs de Brahms pourront ne pas être d'accord). Cette œuvre a été en gestation pendant six ans, ce qui illustre bien que, malgré une production prolifique, Mendelssohn était très attentif aux moindres détails d'une œuvre quelle qu'elle fût. Toutefois, en 1845, sa cédule de travail grugea le meilleur de lui-même et sa chance allait tirer à sa fin.

Le rythme infernal de travail que s'imposait Mendelssohn allait hypothéquer sa constitution physique délicate. Quoique souffrant déjà du surmenage, il insista pour aller en Angleterre, en 1846, pour y diriger la première de son oratorio, Elijah. Comme d'habitude, ce fut un triomphe mais le voyage hypothéqua davantage sa santé. Il poursuivit ce même rythme d'enfer lors de son retour à Leipzig et retourna en Angleterre l'année suivante. Admettant finalement qu'il avait besoin de repos, il annula ses tâches de direction et d'enseignement et s'enfuit en vacances vers Frankfort. Dès son arrivée, il reçut la nouvelle que sa sœur bien-aimée, Fanny, était morte. Lorsque survinrent la mort de son père et de sa mère, il avait été bouleversé pendant un certain temps mais ce coup imprévu, alors qu'il était déjà en état de faiblesse, allait produire quelque chose d'encore plus terrible: à l'annonce de la nouvelle, il poussa un cri déchirant et alors que se brisaient des vaisseaux sanguins dans sa tête, il tomba inconscient sur le plancher.

Il se remit de cette crise en un homme transformé, sapé de sa vitalité et de sa bonne humeur. Les mois qui suivirent furent empreints de dépression, d'accès de douleur et d'un déclin persistant. La principale œuvre créatrice de cette époque fût le Quatuor pour cordes en fa mineur (op. 80), une œuvre toute empreinte de douleur et de souffrance.

Il est mort, à l'âge de 38 ans, à Leipzig, le 4 novembre 1847. Le monde musical fut estomaqué; des services funèbres eurent lieu à travers toute l'Allemagne, en Angleterre ainsi qu'à Paris.

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