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MORITZ OPPENHEIM


BIOGRAPHIE
ART








Beaucoup d’artistes juifs travaillent en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, en Autriche et aux Etats-Unis. Moritz-Daniel Oppenheim (1801-1882) est l’un des plus remarquables peintres - il entra enfant, au héder et au Talmud Torah (instruction religieuse). L’émancipation lui permit d’étudier les Beaux-arts en Allemagne, en France et en Italie. C’était encore un tout jeune homme lorsqu’il réalisa les Frères Jung et leur maître, son style épuré traduit l’empreinte de l’école d’art nazaréenne, elle-même fortement influencée par l’art italien et la peinture de la Renaissance germanique. A la fin de sa vie la plupart des peintures d’Oppenheim prenaient pour thèmes des sujets de la vie juive - ainsi notons Le Retour du volontaire juif de la guerre de libération au sein de sa famille vivant selon l’antique tradition - ou bien Mendelssohn et Lavater jouant aux échecs sous le regard de Lessing »- Mariage traditionnel à Francfort ( 1861)-

1 commentaire:

Anonyme a dit…

L’art juif au XIX° siècle
Avec l’émancipation des juifs, nous assistons dès les prémices, à la fin du XVIII° siècle, à une éclosion extraordinairement riche de productions artistiques, de modifications et de transformations dans l’architecture des synagogues, dans l’expression générale du judaïsme. C’est que les juifs désormais peuvent accéder aux académies des beaux-arts et des sciences comme celle de Berlin, aux universités, et aux plus grandes écoles de musique -russe notamment et malgré un numurus clausus. Ils peuvent devenir architectes, peintres, musiciens, et se faire un nom. De même, en médecine, chimie, physique, mathématiques et vie politique. Cependant, « le ticket d’entrée dans la société européenne » selon la formule de Heinrich Heine, prendra la forme de la conversion pour ceux qui désespéraient de se hisser au plus haut niveau tel que directeur de l’Opéra, chef d’Orchestre ou Président de l’Académie des sciences (Allemagne). Dans le sillage de l’émancipation en Europe, naît le terme d’antisémitisme de dimension raciale faisant suite à l’antijudaïsme religieux ancestral. En Russie, surgissent des vagues de pogroms qui seront le préambule à l’émigration, au socialisme et au sionisme.

1) Dans la synagogue : Généralement, les thèmes de l’art juif incluent une riche variété d’objets rituels, principalement liés aux fêtes de calendrier juif, à la décoration des synagogues et à l’enluminure des manuscrits hébraïques (Haggadah, Kettoubah, Meggilah d’Esther..) A partir de l’Emancipation, l’implantation des synagogues dans les villes ne se réalise plus nécessairement au cœur d’un quartier juif, à l’abri des regards extérieurs ; les synagogues s’imposent dans des dimensions voisinant celles des églises, témoignant de la réussite sociale des fidèles, elles arborent parfois un style oriental (dômes, arcades, stucs, colonnes, arabesques) - conjugaison harmonieuse du courant orientaliste de l’époque et de l’idée que l’on se faisait de l’origine orientale du judaïsme et du Temple de Jérusalem - Les fidèles cherchent à s’identifier à la culture environnante ou bien à montrer un lieu de prière similaire, modifiant les « exotismes », ils introduisent l’orgue, alignent les stalles (bancs) face à l’Arche sainte et au pupitre de lecture dirigés vers l’est. Les bancs réservés au rabbin et au président de la communauté sont travaillés et sculptés de motifs floraux, géométriques ou bibliques (par exemple : pains de propitiation, feu du Korban..) La galerie des femmes prend la forme d’une vaste loge de théâtre à l’étage, bordée d’une jolie balustrade.

Notons qu’auparavant, le pupitre occupait soit un espace au centre de la synagogue marqué par quatre colonnes comme en Europe orientale (XVI° et XVII° siècle), soit près de l’entrée de la synagogue comme dans la synagogue portugaise d’Amsterdam (XVII°siècle). En Italie, le pupitre de lecture et l’Arche Sainte étaient placés face à face, contre les murs est et ouest, les fidèles étaient assis le long des murs nord et sud et le rituel se déroulait au centre. A Cavaillon, le pupitre de lecture se placait au niveau supérieur, au-dessus de l’assistance. La configuration s’organisait en fonction du volume d’espace dont la communauté disposait, il était souvent exiguë, négligeant l’espace consenti aux femmes.

Quant aux symboles, les Tables de la Loi et l’Etoile de David prédominent dans la représentation du peuple juif. A l’intérieur de la synagogue les Tables de la Loi sont privilégiées et sont symbolisées par deux lions brodés sur le rideau de l’Arche Sainte souvent surmontés d’une couronne, ils apparaissent sur le pectoral du Sefer Torah ou encore sur les chandeliers ou les luminaires. Des livres de prières sont imprimés en hébreu et dans la langue du pays, preuve s’il en est, que le fidèle s’il sait lire en hébreu, a maintenant besoin de la traduction, et ceux qui ne savent pas lire peuvent accéder au texte. Des livres de prières (sidourim) sont également imprimés à destination des soldats. Les enluminures apparaissent toujours principalement sur la Haggadah de Pâque dans un but pédagogique ou sur la Kettubah (acte de mariage). La couverture et la reliure des livres de prières sont particulièrement soignés, de cuir ou de métal gravé et incrusté, avec quelques motifs floraux ou géométriques. « Les marques d’imprimerie étaient le label des familles et des entreprises chargées de publier les livres. Ces marques devinrent moins rares en raison d’une demande croissante de textes imprimés en hébreu. De nombreuses marques étaient embellies par des symboles juifs traditionnels (par exemple l’Arche de vie ou une représentation du Temple de la famille Foa de Venise (XVIII° siècle). Quelques marques représentaient des images nouvelles : matériel d’imprimerie ou d’écriture, villes nouvelles. L’identité d’un éditeur pouvait apparaître parmi des symboles anciens, par exemple le cerf (Zwi en hébreu sur l’emblème de l’imprimeur Zwi ben Abraham Kalonimus Yaffe, de Lublin au XVIII° siècle)…. »

Les communautés juives ont toujours adopté des formes esthétiques présentes dans la société non-juive, mais sélectionnées et en conformité avec la pensée juive et les canons du judaïsme. Preuve encore qu’en dépit de leur mise à l’écart de la société environnante, elles savaient emprunter et adapter les techniques et les arts voire les améliorer, à leurs propres utilisations. La société juive n’apparaît jamais complètement étanche.

« On a trouvé des manuscrits enluminés remontant aux IX° et X° siècles dans la Guénizah du Caire. Pourtant la plupart des manuscrits conservés datent de la période comprise entre le XIII° et le XV° siècle. C’est sur la Haggadah de Pâque, consultée par tous les membres de la famille, que l’on trouve le plus grand nombre de dessins et d’enluminures. D’autres apparaissent cependant sur les Bibles et les livres de prières et de commentaires…En Italie dans ..les traités de médecine. Ces sujets des enluminures se réfèrent généralement à la Bible ; mais des éléments de la vie quotidienne, l’habillement et toutes sortes d’allégories se rapportant à des événements récents ne manquent pas d’apparaître. Les enluminures réalisées en Espagne sont influencées à la fois par l’art islamique et chrétien. Certaines d’entre elles privilégient les figures abstraites. Situées en Espagne, sur une page séparée (et non avec le texte), les enluminures se trouvent au contraire dans la marge sur les manuscrits ashkénazes. De nombreux Juifs des pays musulmans, en particulier ceux du Yémen et d’Afrique du Nord, étaient réputés pour la ferronerie d’art. Sur leurs livres prédominent les motifs géométriques et floraux. » Source : Article : L’art juif dans les communautés isolées, de Ida Huberman, Encyclopédie de l’Histoire juive, éd : Liana Levi.)

2) Le temps de la Renaissance juive : Ida Huberman dans son chapitre consacré à l’art juif et l’émancipation fait le parallèle entre l’effet que produit la Renaissance sur l’art et l’effet analogue que produit l’émancipation sur l’art juif. « Les bourgeois juifs décorent leur intérieur surtout de tableaux à thèmes juifs », ils se font mécènes et passent commande. « Les non-juifs apprécient également ces tableaux, les considérant comme romantiques ou exotiques. Les illustrations bibliques sont également nombreuses. »

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