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    JORGE DE MONTEMAYOR

  • POESIE
    ORPHEE



    La Diana de Montemayor



    "O mémoire, ennemie de mon repos, ne t'occuperas-tu pas mieux à me faire oublier les maux présents qu'à me rappeler les joies d'autrefois!" Diane




    Montemayor, Jorge de (v. 1520-1561), poète, romancier et chanteur espagnol d’origine portugaise, qui, avec la Diane (1559), est à l’origine d’un genre nouveau, le roman pastoral.

    Poète à la Cour

    Originaire de Montemor-o-Velho, près de Coimbra, Jorge de Montemayor est le fils d’un orfèvre. Il quitte le Portugal et s’installe en Castille. Pendant l’Inquisition, il est accusé de s’être converti au christianisme pour cacher sa judaïté, bien qu’il ait toujours déclaré que la Bible était sa lecture favorite. Il serait entré, comme chanteur à la Cour, au service de l’infante Marie de Portugal qu’il aurait accompagnée en Castille lors du mariage de cette dernière avec le roi Philippe II d’Espagne, en 1543. En 1552, il suit au Portugal la Princesse Jeanne, épouse de l’héritier du trône du Portugal, puis revient en Castille lorsqu’elle se retrouve veuve.

    Montemayor l’Européen

    Il n’existe aucune source historique fiable quant à un possible voyage en Angleterre pendant lequel il aurait été au service de Philippe II, cependant un mot en anglais dans son Cancionero permet de poser cette hypothèse. Il est, en revanche, certain qu’il s’est rendu à Séville (qu’il pose comme le décor de sa Diane), dans les Flandres (où il publie les deux volets de ses chansons (Cancionero, en 1554 et 1558), à Valence (où il publie Diane en 1558-1559) et à Cordoue. Il passe les dernières années de sa vie en Italie et meurt dans le Piémont, très probablement au cours d’un duel provoqué par un défi amoureux.

    La poésie amoureuse

    Auteur d’une poésie que l’on situe à mi-chemin de l’école italianisante et de la tradition castillane, Montemayor a publié un Chansonnier (Cancionero, 1554), recueil de poèmes d’amour, trois Autos de Navidad (v. 1548, « Mystères de Noël », drames religieux espagnols) et traduit librement en castillan une partie des Cantos (« chants ») De amore (« De l’amour ») du poète catalan Auziás March (1397-1459).

    La Diane : roman pastoral

    C’est cependant à la Diane (los Siete Libros de la Diana), écrit en castillan et publié en 1559, que Montemayor doit sa célébrité. Il a été publié en France sous le titre la Diane de Montemayor ou Aventures secrètes de plusieurs grands d’Espagne. Inspiré pour partie des Dialogues d’amour (Diálogos de amor, 1535) du poète espagnol Léon l’Hébreu (v. 1465-av. 1535) et de la tradition courtoise (voir courtois, courtoisie), la Diane narre les péripéties et chassés-croisés sentimentaux de jeunes bergères — parmi lesquelles la Diane du titre, « dont la beauté n’a pas d’égale parmi ses contemporaines » — et de leurs prétendants, bergers eux aussi. La confusion amoureuse qui s’ensuit est l’occasion, pour le narrateur, de concevoir et de peindre, en prose ou en vers, une palette très étendue de sentiments, qui vont de la fidélité à la jalousie, en passant par le dépit amoureux. La Diane est aussi et surtout un roman à la gloire de l’amour ; un amour pur, séparé de l’action, par lequel l’âme s’élève à la beauté et à la contemplation et dans lequel Montemayor voit l’essence même de l’homme. Face à un tel amour, qui ignore les excès de la passion, la raison ne peut opposer la moindre résistance.

    Certains critiques estiment que cette fiction pastorale, comme tant d’autres, dissimule en fait des personnalités connues et que Montemayor se serait inspiré d’un personnage réel pour créer sa Diane. S’il est effectivement fort probable que derrière le bucolique se cache un roman de cour, un roman à clefs, il ne faut pourtant pas perdre de vue la tradition, ancienne, à laquelle cette œuvre se rattache. On retrouve en effet dans la Diane, outre une inspiration courtoise, l’influence de modèles classiques, comme Théocrite et Virgile, mais aussi celle d’auteurs italiens plus récents comme Pétrarque et Sannazaro. Enfin, le roman de Montemayor est à son tour à l’origine d’un genre que cultiveront plus tard Cervantès avec la Galatée (1585), Lope de Vega avec Arcadie (1598), l’Anglais sir Philip Sidney avec Arcadie (1590), ou bien encore le Français Honoré d’Urfé, avec l’Astrée (1607-1628).
    encarta

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