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BERURIAH




BIO
HISTOIRE
ETUDE
FEMME
MYSTIQUE









L’épouse de Rabbi Meir
hasarda ces mots : « En ce moment,
Meïr, un noir chagrin m’accable, me torture,
J’ai besoin d’un conseil, toi, forte créature,
Toi l’homme de raison. Rabbi, donne-le-moi.
– Parle. – Voici, dit-elle, étouffant son émoi.
Un inconnu, jadis, entre mes mains candides,
Remit, dépôt sacré, deux diamants splendides
Et partit confiant. Dix ans se sont passés
Et les deux diamants, admirés, caressés,
Ont jeté dans mon coeur leur rayon pur et tendre.
Je pensais que jamais je n’aurais à les rendre
Et les croyais à moi dans mon naïf amour.
Mais hélas, l’inconnu tout à coup de retour
Réclame ses joyaux et... j’hésite... Mon maître,
Ces diamants chéris, faut-il les lui remettre ?
– Rends-les, rends-les, cria Rabbi stupéfié,
On ne doit pas ravir le dépôt confié. »
La courageuse mère lui dit alors : « Regarde »,
Découvrant ses fils morts, diamants à sa garde :
« Regarde sur ce lit, mon époux bien-aimé,
J’ai rendu le dépôt que Dieu m’a réclamé. »
Georges de PORTO RICHE


Beruriah (? -170)

Ce n'est pas très souvent que l'on trouve le nom d'une femme mentionnée dans le Talmud. C'est le nom des grands Tannaim et Amoraim, les enseignants de notre peuple, que l'on trouve habituellement dans le Talmud.De temps à autre, toutefois, nous avons rencontré une grande femme juive dont la sagesse, la piété, nous inspire. L'une des plus grandes de ces femmes est Beruriah.

Beruriah vécu environ une centaine d annee après la destruction du deuxième Beth Hamikdash, soit environ mille huit cents ans auparavant. Il n'est pas surprenant qu'elle était un de ces sages , car elle était la fille du grand rabbin Chananiah ben Teradion, qui fut l'un des "Dix martyrs" que les Romains ont tués car il propageait les enseignements de la Torah chez les Juifs .

Beruriah n'était pas seulement la fille d'un grand homme mais aussi la femme d'un aussi grand Sage, le saint Rabbi Meir l'un des plus importants maîtres de la Mishna.


Le Talmud nous raconte beaucoup d'histoires à propos Beruriah. Contrairement à d'autres femmes, elle a étudié trois cents questions relatives à "Halachah" (loi juive) tous les jours, ce qui serait tout à fait une prouesse pour un homme érudit qui a passé tout son temps à étudier. Par exemple, les sages avaient des opinions différentes sur la loi de la propreté et a demande a Beruriah son avis. Rabbi Juda debat avec elle et reconnaît son autorité.

Il ya eu un autre cas où il y avait un différend entre Beruriah et son frère. Rabbi Siméon ben Teradion L'une des plus grandes autorités a été demandé de juger le cas et il a dit: "Rabbi Chananiah la fille Beruriah est plus savant que son fils, le rabbin Simon."

Beruriah était très versés dans les Saintes Écritures et pourrait citer d'eux avec aisance. Pour illustrer ce que son personnage était comme on nous dit ce qui suit dans le Talmud:

Beruriah avait une sœur qui a été épargnée par les Romains et emmenés à la ville d'Antioche, où ils voulaient la contraindre à vivre une vie de la honte. Elle a exhorté son mari, le rabbin Meir, de prendre le grand risque d'aller à Antioche et à sauver sa sœur. Non seulement le rabbin Meir reussit a la libérer , mais il a également effectué une enquête et a réussi à obtenir des témoins, prouvant que sa belle-sœur était restée pure, ce qui, naturellement, est très important pour son avenir. Il était nécessaire que tous devaient fuir la Terre Sainte.Beruriah fuit avec son mari en Babylonie pour partager son exil avec lui.

Une autre histoire montrant le fin caractere de Beruriah est celui racontant qu'ils avaient des voisins qui étaient des gens méchants, ces voyous, ennuyaient rabbi Meir continuellement . Dans sa colère rabbi Meir une fois a prié pour que Dieu le débarrasse de ces méchants parasites. Beruriah lui dit doucement: "Le Psalmiste dit:" Que disparaissent les péchés de la terre. " Vous voyez, le mot est péchés, et non pas des pécheurs. Il faut prier pour que le mal disparaisse, alors il n'y aura pas de méchants ".

La plus célèbre et la plus touchante histoire de la piété, la sagesse et le courage de Beruriah est celle de la mort de ses deux fils bien-aimé. C'est arrivé un jour de Sabbat tandis que le rabbin Meir était dans le Beth Hamidrash, une maladie soudaine qui a frappé leurs enfants et sont décédés .

Beruriah les installe dans la chambre à coucher et ne dit mot à personne. Après la tombée de la nuit rabbi Meir rentre et demandé pour ses fils. Beruriah nonchalamment remarque qu'ils étaient sortis. Elle a tranquillement préparé le "Havdalah", la coupe de vin, la lumière et les épices. Elle a également conservé son attention occupé plus tard, alors qu'elle lui a préparé et servi avec le "Melaveh Malkah", le repas du soir avec un Juif qui accompagne le départ de "Reine du Sabbat." Puis, après que rabbin Meir avait fini de manger, Beruriah lui a demandé une réponse au problème suivant:

"Il ya quelque temps, une chose est restée chez moi . Maintenant, le propriétaire est revenu la réclamer. Dois-je le rendre?"

"C'est une question en effet très étrange. Comment peut-on douter du droit du propriétaire de réclamer ce qui lui appartient?" Rabbi Meir s'exclame en s'étonnemnt.

Elle a ensuite dirigé son mari dans la chambre à coucher, où leurs deux fils résident dans leur sommeil éternel. Elle a enlevé les couvertures de leur corps. . Rabbi Meir, voyant ses fils bien-aimé, et réalisant qu'ils ont disparu, a éclaté en pleurs amers.

"Mon cher mari", dit gentiment Beruriah en pleurant "N'avez-vous pas dit il ya un instant que le propriétaire est en droit de réclamer sa propriété? D.ieu a donné et a repris; béni soit le nom de Dieu." chabad



“ Un jour [Berouria], sur un ton de moquerie, exprima son dédain en utilisant le propos (le proverbe) des sages “ les femmes sont irréfléchies ” (Kiddouchin 80 b, Shabat 33 b). Rabbi [Méir] lui a répondu : “ À travers ta vie, tu confirmerais [la certitude de] ces mots. ”
Il donna alors l'ordre à un de ses disciples d’essayer de la séduire. Après plusieurs tentatives, elle a succombé. Quand le fait fut connu de tous, [Berouria] s'est suicidée et Rabbi Méir s'est enfui honteux de son malheur " (Rachi sur l'Avoda zara 18 b). morim

Rabbi Simlai s’est approché de Rabbi Yohanan en lui disant qu’il souhaitait étudier le Sefer Youhasin (le livre de généalogie) et demanda s’il pouvait le faire en trois mois. Le sage a répondu : « Si Berouria épouse de Rabbi Méir, fille de Rabbi Hananyah ben Teradyon, qui étudie quotidiennement avec 300 rabbins, n'a pas terminé (d'étudier) le Sefer Yuhasin en trois ans, comment espères-tu le réussir en 3 mois ? » (Talmud Babli - Pesahim 62 b)


Berouria trouva un élève qui étudiait à voix basse, elle le réprimanda, en disant : « Est-ce qu’il n’est peut-être pas écrit « Bien ordonnée en tout et bien gardée » (Samuel II 23:5) ? Si la Tora est ordonnée dans les 248 organes de ton corps, elle sera sûre (gardée) et sera préservée, et si ce n’est pas le cas, elle ne sera pas gardée, ni préservée » (Erouvin 53 b-54 a).


À une certaine occasion, Rabbi Yose le Galiléen la trouva sur le chemin et il lui demanda « Par où devons-nous voyager afin d'arriver à Lida ? », ce à quoi elle a répondu : « Galiléen idiot ! Les rabbins n'ont-ils pas dit : « Ne parles pas trop avec les femmes » ? (Michnah Avot 1:5, b. Nedarim 20 a) Tu aurais dû demander : « Comment arrive-t-on à Lida ? » « (Erouvin 53b)

HANNAH ARENDT

H. ARENDT
SITE
CITATIONS
PORTRAIT
ETUDE
TEXTE
PHILAGORA
NORMALE SUP
HEIDEGGER
EICHMANN
ORIGINES
BEGIN
1975
AKADEM




" C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal "

"Le tiers monde n'est pas une réalité mais une idéologie." - Du mensonge à la violence

"Si tu réussis à paraître devant les autres ce que tu souhaiterais être, c'est tout ce que peuvent exiger de toi les juges de ce monde." - Extrait d’ Essai sur la révolution

"Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille."

"Aimer la vie est facile quand vous êtes à l’étranger. Là où personne ne vous connaît, vous tenez votre vie entre vos mains, vous êtes maître de vous-mêmes plus qu’à n’importe quel moment." - Rahel Varnhagen

"Pour être confirmé dans mon identité, je dépends entièrement des autres."



Hannah Arendt (1906-1975)
Une théoricienne du politique
Réfutant le qualificatif « philosophe » au motif qu’elle
travaille les hommes plutôt qu’elle n'élabore une réflexion
sur l’Homme, Hannah Arendt fut l’une des intellectuelles
les plus en vues à partir du début des années 1950.
Première femme à enseigner à l’université de Princeton,
c’est sur la question de la nature du politique et de la vie
politique en tant qu’activité humaine éminemment
particulière qu’elle engagea le plus fermement sa réflexion


Heidegger et Karl Jespers
· Née à Hanovre le 14 octobre 1906, Hannah Arendt est issue d’une famille juive assimilée. Élevée à Königsberg (Kaliningrad depuis 1946), elle étudie la théologie à l’université de Berlin puis la philosophie à l’université de Marbourg. Elle y rencontre Martin Heidegger (1889-1976) avec qui elle noue une passion intellectuelle et sentimentale (1925).
· Après sa rupture avec le philosophe, elle devient l’élève d’Edmund Husserl (1859-1938) à Fribourg-en-Brisgau puis, à Heidelberg, de Karl Jaspers (1883-1969) sous la direction duquel elle rédige sa thèse sur le Concept d’amour chez saint-Augustin (publiée en 1929).
· Avec la montée du nazisme, Hannah Arendt s’investit dans l’organisation sioniste de Kurt Blumenfeld. Arrêtée par la Gestapo, elle est finalement relâchée et parvient à s’enfuir à Paris en compagnie de Günther Stern (Anders) avec qui elle est mariée depuis 1929. Au cours de son exil parisien elle se lie d’amitié avec Walter Benjamin (1892-1940) et Raymond Aron (1905-1983). Elle divorce en 1939 et épouse en janvier 1940 Heinrich Blücher, lui aussi réfugié d'Allemagne et ancien spartakiste.

De Gurs à New York
· Mai 1941 : après avoir été détenue au camp de Gurs, elle rejoint les États-Unis et s’installe à New York jusqu’à la fin de la guerre. Elle contribue à la revue Aufbau et dirige des recherches pour la Commission sur la reconstruction de la culture juive européenne.
· 1944 : elle entame la rédaction de son premier ouvrage majeur, Les origines du totalitarisme, qui sera publié en 1951, l'année où elle obtient la nationalité américaine. À partir de 1955 elle enseigne à Columbia, Princeton, Berkeley, l’université de Chicago, puis, de 1967 jusqu’à sa mort, à la New School for
Social Research de New York.

Les origines du totalitarisme
·Influencée par la phénoménologie de Heidegger, l’oeuvre d’Hannah Arendt se nourrit de la lecture attentive d'Aristote, de Saint Augustin, de Kant de Nietzsche et de Jaspers. Sa pensée ne se présente pas sous la forme d'un système philosophique mais s’articule autour de thèmes fondamentaux, ainsi le totalitarisme, la révolution, la liberté, la pensée et le jugement. Elle interroge sans relâche la politique et son concept directeur, l'action, ainsi que son envers philosophique, la
contemplation.
· Hannah Arendt reste célèbre surtout par Les origines du totalitarisme (1951), ouvrage dans lequel met en exergue les pathologies rendant impossible la viabilité d’une vie publique. La terreur apparaît comme une fin en soi, en appelant au
déterminisme historique (communisme) ou à la nature et à la guerre inévitable entre la « race élue » et les « races dégénérées » (nazisme).
· Elle soutient ensuite une réflexion approfondie sur la condition humaine dans Condition de l’homme moderne (1958). Elle y élabore la distinction entre le privé et le public, compris comme espace politique d'apparition, entre ce qui relève de la production et ce qui relève de l’action. Elle décèle ainsi dans une vie publique réduite au travail et à la consommation l’origine de la politique purement gestionnaire.

Eichmann à Jérusalem
· En 1963, Essai sur la Révolution montre que les révolutions américaine et française
marquent l’ultime échec d’établir un espace politique dans lequel la délibération, la décision et l’action coordonnée peuvent être exercées. Publié la même année, Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal (1963), qui suscita une vive polémique, marque le passage du questionnement sur la nature de l’action politique à celui de la faculté de penser les actes : « Le problème du bien et du mal, la faculté de distinguer ce qui est bien de ce qui est mal, seraient-ils en rapport avec notre faculté de penser ? ».
·Enfin, la relation entre Agir et Penser est abordée dans La vie de l’esprit, publié à titre posthume. Des trois parties initiales, seules les deux premières furent publiées : La pensée et La volonté. A sa mort Hannah Arendt travaillait à la dernière, Le Jugement. Élaboration éthique de sa vision de l'histoire et du politique, cet ouvrage est, en quelque sorte, le testament « philosophique » d’Hannah Arendt.akadem


PIERRE BOURETZ
Hannah Arendt et le sionisme :
Cassandre aux pieds d’argile

Au moment du centenaire de la mort de Theodor Herzl le 3 juillet 1904 et dans un contexte de controverses au sujet de son héritage, cet article examine la position d’Hannah Arendt vis-à-vis du sionisme, son sens et sa postérité. Après avoir été engagée pendant dix ans dans le mouvement sioniste, Arendt a rompu avec lui dès 1944 en développant une critique de sa politique et de sa vision de l’histoire. Bien qu’elle ait été très isolée à l’époque, on retrouve aujourd’hui certains de ses arguments dans les discours qui défendent un point de vue révisionniste sur les fondements et l’histoire de l’État d’Israël entre deux perspectives : post-sioniste ou antisioniste.
Devant le sionisme, Arendt a joué le rôle de Cassandre ; mais peut-être une Cassandre aux pieds d’argile.cairn

IRENA SZEWINSKA


BIO
PALMARES
SAUT
MEDAILLE






Sept médailles dans cinq épreuves différentes



Née de parents polonais à Leningrad, ex-Union soviétique, Irena Kirszenstein participe à ses premiers Jeux Olympiques à Tokyo en 1964, à l'âge de 18 ans. Elle termine deuxième dans le saut en longueur ainsi que dans le 200m et parcourt le deuxième relais du 4x100m pour l'équipe polonaise qui remporte une victoire inattendue dans la finale. En 1967, elle épouse Janusz Szewińsk et participe aux Jeux de 1968 à Mexico sous le nom d'Irena Szewińska. Elle ne parvient pas à se qualifier pour la finale du saut en longueur et ne décroche que le bronze dans le 100m. Elle revient ensuite sur le devant de la scène et remporte la médaille d'or dans le 200m en battant le record du monde. Après s'être adjugé une autre médaille de bronze dans le 200m aux Jeux de 1972 à Munich, Irena se met au 400m en 1973 et, l'année suivante, elle devient la première femme à descendre sous la barre des 50 secondes. Aux Jeux de 1976, elle s'impose au 400m en établissant un nouveau record du monde, ce qui porte à sept le nombre total de médailles gagnées dans cinq épreuves différentes. Entre 1974 et 1978, elle remporte 34 finales consécutives dans le 400m. En 1980, elle prend part aux Jeux Olympiques à Moscou, mais se déchire un muscle dans la demi-finale du 400m et est éliminée. Irena Szewińska est nommée membre du Comité International Olympique en 1998 .olympic

RUTH


La Moabite
Livre de Ruth


" Partout où tu iras, j'irai ; où tu demeureras, je veux demeurer ; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu"



Booz et Ruth par Gustave Dore





REFLEXIONS SUR LE LIVRE DE RUTH
par Manuel WEILL



1. L'histoire de Ruth
Le soleil brille, implacable, les champs jaunissent, la terre est dure et fendue ; cela fait longtemps qu'aucune goutte de pluie n'est tombée. Une caravane lourdement chargée s'éloigne de Bethléem : c'est Elimélech, un des riches habitants de la ville, qui quitte le pays, accompagné de sa femme Noémie et de ses deux fils,en direction de Moab, sur l'autre rive du Jourdain.

Elimélech meurt, ses fils épousent des filles du pays, appelées Orpa et Ruth. Dix ans plus tard les deux fils meurent aussi, et Noémie reste seule, sans mari et sans enfants. Apprenant que la famine est terminée à Bethléem, elle décide de retourner chez elle. L'heure du départ est venue, Noémie veut se séparer de ses brus : "restez chez vous et que D. vous bénisse". Orpa et Ruth refusent de la quitter : "Nous retournerons avec toi, chez ton peuple". Noémie essaie de les en dissuader : "attendez-vous de moi des fils pour vous marier ? Soyez raisonnables et restez chez vous". Elles se trouvent toutes trois au bord du chemin et pleurent; que de douleur renfermée dans ces larmes : les deuils successifs, la solitude, le sentiment d'abandon... peut-on supporter maintenant une nouvelle rupture ? Mais Orpa prend la décision de rester. Quant à Ruth, elle choisit de continuer la route avec sa belle-mère : "N'insiste pas près de moi pour que je te quitte et m'éloigne de toi ; car partout où tu iras, j'irai ; où tu demeureras, je veux demeurer ; ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu" lui dit-elle.

Les deux femmes cheminent en silence sur la voie du retour. Lorsqu'elles arrivent à Bethléem, tous sont frappés de stupeur : est-ce vraiment Noémie, cette femme, Noémie qu'autrefois tout le monde enviait ?

L'été est arrivé et la moisson est bonne, mais il n'y a rien à manger dans la maison de Noémie. Aussi elle envoie Ruth récolter les gerbes de blé laissées intentionnellement pour les pauvres. Par hasard, elle-ci va glaner dans le champ de Boaz, un parent de Noémie, qui est l'homme le plus influent de la ville. quand celui-ci apprend de qui elle est la bru, il lui permet de récolter du blé pour subvenir à ses besoins. Ruth rentre chez elle et raconte l'incident à sa belle-mère qui décide que le temps est venu pour la jeune femme de se marier. Elle lui dit d'aller se coucher aux pieds de Boaz quand il dormira dans sa grange. Ainsi fait-elle, et vers minuit, l'homme se réveille et trouve Ruth à ses pieds. Celle-ci lui explique qu'il doit racheter les terres qui appartenaientà Elimélech, et aussi la prendre pour femme (selon la coutume). Boaz accepte et Ruth se faufile aux aurores pour rapporter la nouvelle à Noemie qui attend impatiemment.

Le matin venu, Boaz propose à un parent plus proche de Noémie de racheter les terres d'Elimélech ; celui-ci accepte, mais quand il apprend qu'il doit aussi épouser Ruth, il refuse et cède ses droits à Boaz qui, devant les habitants de la ville, rachète les champs et l'épouse lui-même. Celle-ci donne naissance à Obed, qui sera le grand-père du roi David.

2. L'histoire de Noémie comme schéma de la rédemption
On voit donc qu'il s'agit d'un retour, que ce n'est pas simple puisqu'il faut récolter et cueillir des éléments disparates afin d'aboutir à quelque chose. Cela nous apprend qu'il ne faut pas s'arrêter en route, mais mener le cheminement à son terme, qui est infini. Il est certes difficile de revenir vers ce que l'on aquitté, on a eu de bonnes raisons de le quitter, et connaît-on seulement ce vers quoi on revient ? Le mot "lashouv", qui signifie "revenir" en hébreu, possède ici le sens de "teshouva", "réponse" (issu de la même racine hébraïque). Il s'agit bien sûr de la réponse que l'on doit à l'autre, mais surtout de la réponse que l'homme se doit à lui-même, réponse à une question soulevée par l'existence du monde, de la société, du moi. A-t-on l'énergie de tout remettre en question ? Si oui, aura-t-on la force de persévérer, et de rechercher le sens des actes, des intentions bonnes et mauvaises ? Pourra-t-on l'assumer ? Il faut achever l'effort jusqu'au bout pour en récolter les fruits, comme nous le montre l'image de la moisson qui constitue le centre du livre de Ruth.

D'après le Midrash, ce n'est pas par crainte de la famine que la famille d'Elimélech quitte Bethléem : c'est en effet la famille la plus riche de la ville, et c'est pour éviter de devoir partager ses biens avec les victimes du fléau qu'elle choisit de s'expatrier. Et voici que Noémie, ruinée, veuve, sans enfants, revient à son lieu de départ. C'est dans ce mouvement de retour à soi-même, amorcé au moment où ses épreuves passées l'ont emplie d'amertume, qu'elle pourra se réconcilier avec la vie. La rédemption ("gueoula") est donc présentée dans le livre de Ruth comme l'acte libre et autonome de l'individu.. C'est une expression de sa volonté qui s'accomplit sans intervention extérieure, en fonction de ce que l'on pourrait appeler la foi. Il s'agit d'une image de la rédemption ultime, puisque Ruth, la Moabite, est l'ancêtre du "Messie de la lignée de David", qui viendra délivrer le monde.

3. Ruth ou le refus de la fatalité
Quand Boaz et Ruth se marient, l'assemblée bénit l'épousée en ces termes : "Que ta maison soit comme la maison de Peretz que Tamar enfanta à Juda" (Ruth 4:12). On peut se demander pourquoi c'est cette bénédiction qui est dite ici. Il est vrai que Peretz est l'ancêtre de Boaz, mais la relation est plus fondamentale. L'histoire de Tamar et de Juda se trouve au chapitre 38 de la Genèse : Tamar épouse le fils de Juda, Er, qui meurt peu après : Selon la loi du lévirat, elle s'unit alors à son frère Onân qui meurt lui aussi. Tamar attend donc que le troisième fils de Juda grandisse pour pouvoir se marier avec lui, mais il a peur de lui céder son dernier enfant : "Demeure veuve dans la maison de ton père jusqu'à ce que mon fils Chêla soit plus grand". Car il craignait qu'il ne mourut, lui aussi, comme ses frères" (Genèse 38:11). Tamar, voyant par la suite que Chêla a grandi mais que Juda n'a pas l'intention de les marier, se déguise en prostituée et a des relations conjugales avec Juda, sans que celui-ci devine son identité. De cette union naissent Zérah et Peretz, Peretz qui sera l'ancêtre de Boaz et donc de David.

Le problème que doit affronter Juda est celui de la fatalité : Tamar est pour lui l'incarnation d'un destin maléfique, elle a "tué" ses deux fils, le sort s'acharne contre elle. Mais celle-ci veut lui prouver que c'est faux, qu'en fait Er et Onân sont morts du fait de leur inconduite et que la fatalité aveugle n'existe pas, mais qu'il faut considérer la vie et l'histoire dans l'optique de l'intentionalité, même si nous ne savons pas laquelle. Elle s'unit à lui justement pour prouver qu'elle n'est pas une femme maudite, que non seulement elle ne tue pas ses maris, mais qu'elle peut avoir des enfants, qu'elle ne constitue pas un arrêt de mort, mais qu'elle est la continuation de la vie. Et effectivement elle donne naissance à deux fils dont l'un est Peretz, ancêtre de David, et par cela même du Messie à venir.

Il en est de même pour Ruth : Noémie perd l'un après l'autre son mari et ses deux fils ; elle n'a plus d'espoir "Je suis trop âgée pour être à un époux" (Ruth 1:12), dit-elle. En plus de quoi, il faut remarquer que le mot "mar" ("amer") revient souvent dans ses propos : "Non mes filles, car j'en aurai beaucoup d'amertume pour vous" (Ruth 1:13). Le sentiment de la fatalité, de l'acharnement du destin, la prend à la gorge. Mais Ruth se soulève contre cette interprétation fataliste de l'histoire à l'échelle individuelle ou générale, et elle ajoute : "là où tu mourras, je veux mourir aussi et y être enterrée. Que l'Eternel m'en fasse autant et plus si jamais je me sépare de toi autrement que par la mort !" (Ruth 1:17 ). Il ne s'agit pas simplement du moment où la mort nous sépare, mais plus profondément, c'est l'idée de mort qui nous sépare : sans rien enlever au tragique de la mort, Ruth la conçoit comme un achèvement, et non pas comme une force aveugle et maléfique.

Noémie est sceptique, elle veut changer de nom : "Ne m'appelez plus Noémie (l'agréable), appelez-moi Mara (l'amère) car Shadaï (un des noms de Dieu) m'a abreuvée d'amertume" (Ruth 1:20). L'amertume règne, mais déjà ici l'évocation du nom Shadaï, pose une certaine limite au désespoir. Or on a remarqué que Shadaï peut se lire "She-daïï", "c'est assez" c'est assez d'amertume, ce qui annoncerait le retournement de la situation.

L'idée mûrit et se développe en Noémie, et quand Ruth lui dit que Boaz lui permet de glaner dans ses champs, elle répond : "Béni soit-il par l'Eternel, puisqu'il n'a cessé d'être bon pour les vivants et pour les morts !"

Le nom de D. est ici celui de la miséricorde, qui ne délaisse ni les vivants ni les morts, ceux qu'elle croyait morts pour rien, aveuglément, deviennent des morts que D. ne délaisse. Quand Ruth donne finalement naissance à Obed, elle en est bien la mère biologique, mais cet enfant est doté en premier lieu d'une importance pour Noémie : "Et les voisines désignèrent l'enfant en disant : "Un fils est né à Noémie !" (Ruth 4:17). Comme dans le cas de Tamar, la fatalité de la mort est dépassée par la vie qui se transmet par l'enfant. A la joie de la naissance s'ajoute donc la joie de la signification de la naissance

4. Filiation de Ruth : rédemption de la famille de Loth
Ruth n'apparaît pas dans la Bible comme un météore tombé du ciel par hasard, Au contraire, c'est en remontant son arbre généalogique que nous n'arriverons à mieux comprendre sa personnalité : Haran (frère d'Abraham) Loth, Moab, Ruth.

De Haran nous ne savons rien, sinon qu'il meurt à Our-Kasdim. Le midrash indique qu'il est jeté dans une fournaise avec Abraham, après que celui-ci ait brisé les idoles de son père. Tandis qu'Abraham est sauvé par sa foi en D., Haran, qui ne possède pas la foi de son frère, est brûlé.

Loth, fils de Haran, est adopté par Abraham, mais il se sépare de ce dernier et se dirige vers Sodome ; il y a donc rupture entre les deux parents : "De grâce, sépare-toi de moi" dit Abraham à Loth (Genèse 13:8). Et il faudra attendre Ruth, que Noémie cherche à repousser et qui s'accroche, contrairement à Loth, pour que la famille soit réunie à nouveau. Loth s'installe donc à Sodome, ville perverse où règne l'injustice et où l'accueil réservé au voyageur est le viol : "Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit ? Fais-les sortir vers nous, que nous les connaissions !" (Genèse 19:5) : il s'agit d'homosexualité qui signifie stérilité de la relation puisqu'il ne peut y avoir d'enfants, d'un refus de contact avec la femme, c'est-à-dire avec autrui. Lorsque Sodome est détruite, Loth se réfugie dans la montagne avec ses deux filles ; celles-ci l'enivrent et s'unissent à lui, union dont naissent Ben-Ammi, père des Ammonites, et Moab, père des Moabites. La Bible parle à nouveau du peuple de Moab quand les Hébreux sortent d'Egypte et que celui-ci leur défend de passer par son territoire. L'égoïsme des Moabites, qui leur fait refuser l'aide minimale due à un peuple qui vient de sortir de l'esclavage et qui. a traversé le désert, leur refus de leur donner du pain et de l'eau est jugé inadmissible par la Torah qui leur interdit la conversion au judaïsme pendant des générations : "même après la dixième génération ils seront exclus de l'assemblée du Seigneur à perpétuité, parce qu'ils ne vous ont pas offert le pain et l'eau à votre passage" (Deutéronome 23:4-5) .

Il semble donc que Ruth, la Moabite, n'ait aucune raison d'assumer son ascendance avec fierté, ses ancêtres sont caractérisés par le repli sur eux-mêmes et sur un égoïsme fondamental qui rejette comme folie toute demande de contact, de dialogue, même au niveau le plus élémentaire, dans ce cas l'hospitalité. Mais ce n'est pas par hasard que c'est elle qui est appelée à racheter les fautes de ses pères. C'est peut-être par la femme, donc par la féminité, symbole du don de soi, que cet univers du refus peut être rédimé. En vérité cela paraît incroyable : est-il vraiment possible de modifier de façon réelle et significative un tel état de fait ? Il ne s'agit pas du rêve enfantin d'un monde meilleur : dans un univers où la puissance militaire fait la loi, où l'hypocrisie et la démagogie ôtent tout leur sens aux mots, où chacun sait qu'il suffit de bousculer quelqu'un pour s'en faire un ennemi, mais qu'il faut accomplir des efforts démesurés pour se faire un ami, tout cela peut- il être inversé ? Ruth est là pour nous répondre affirmativement.


5. Ruth et la fête de Shavouoth
Il existe trois relations essentielles entre Ruth et la fête de Shavouoth: - la saison de l'année : la fin du printemps - le contenu spirituel : la bonté ('hessed) - le chemin parcouru : la conversion.
Nous parlerons essentiellement ici du premier de ces trois thèmes. Pour les deux autres, nous nous bornerons à signaler ce qui suit :

a) A propos du contenu spirituel :
la Torah, qui a été donnée aux Hébreux le jour de la fête de Shavouoth, a été définie dans le midrash par le mot "'hessed", qui signifie "bonté", et l'histoire de Ruth tourne elle aussi autour de ce concept. En effet, le Midrash explique que la famine dont on parle au début du livre est un châtiment infligé au peuple d'Israël à cause du manque de considération manifesté envers Josué : les Hébreux, très occupés par le partage du pays, chacun étant plongé dans ses intérêts propres, ont oublié d'enterrer Josué avec les honneurs qui lui étaient dûs. Ruth vient racheter cette faute, puisqu'elle est la personnification de la bonté et de la générosité (cf. Ruth 1:8 et 3:10).

b) A propos de la conversion :
avant le don de la Torah, les Hébreux étaient considérés comme des "guérim" (des non-juifs). Ils ont dû, comme le fera Ruth, passer par cette même phase de conversion.

Mais revenons à l'essentiel : l'histoire de Ruth se déroule pendant la récolte de l'omer : "Shmuel Bar Simon a dit : "cela se passait pendant la récolte de l'omer". Shmuel Bar Nahman a dit : "partout où il est dit (dans le texte du livre) "moisson des orges", il s'agit de l'omer" (Midrash Rabbah Ruth 62). Cette récolte avait lieu le deuxième jour de Pessah (à partir duquel on compte 50 jours jusqu'à Shavouoth). L'omer est une gerbe composée de plusieurs céréales qu'on amenait en offrande au Temple. En ce temps-là à Shilo qui précéda Jérusalem comme centre national du culte en Israël. Ce n'est qu'après avoir présenté cette offrande qu'on avait le droit de consommer le produit des récoltes qui avaient poussé au cours de l'année écoulée.

Le commandement concernant la présentation de l'omer au Temple ne peut s'accomplir qu'en Eretz Israël, car il est essentiellement lié à la terre du pays (voir Lévitique 23:9), et tous les commandements qui sont liés à cette terre ont en commun le rappel de la précarité des possessions matérielles. En effet, contrairement aux contrées riches en ressources hydrauliques comme l'Egypte, par exemple, arrosée par le Nil, toute la récolte, en Israël, dépend de l'abondance des pluies qui est, comme on le lit dans la Bible (Deutéronome 11:10-17), fonction de la conduite morale et spirituelle des habitants du pays. Aussi, l'offrande de l'omer signifie que l'homme ne doit considérer aucune possession comme sienne avant d'avoir reconnu qu'elle lui vient de D.. Il donne une partie de sa récolte pour éviter de s'enorgueillir de ses richesses et de les idolâtrer en étant asservi aux valeurs du monde matériel.

La spécificité de la terre d'Israël pour l'existence juive est donc mise en relief par le commandement de la récolte de l'omer :

La présence de D. est accentuée en Eretz Israël : "un pays sur lequel veille l'Eternel, ton D., et qui est constamment sous l'oeil du Seigneur, depuis le commencement de l'année jusqu'à la fin" (Deut. 11,12).
Eretz Israël est le lieu de la réalisation de la théorie en pratique ; en effet, la différence entre la génération du désert et celle qui rentre en Terre d'Israël et conquiert le pays, est le passage du miracle (l'ouverture de la Mer Rouge) au dur devoir de la conquête, de l'image idéale, mais qui reste extérieure, à l'intériorisation et à la réalisation de cet idéal.
Ruth arrive en Israël au moment où l'on récolte justement cet omer qu'il faut apporter au Temple. Il semble donc que pour elle, comme pour l'ensemble du peuple juif, l'acte nécessaire de la conversion doive passer par la conquête du pays, à l'image de Josué qui a dû lui aussi affronter cette difficulté concrète. Ruth doit conquérir le pays, car rien ne lui est donné au départ ; elle se trouve dans le dénuement, réduite à la mendicité, et qu'elle contraste, cela doit être si l'on pense au Midrash qui l'identifie avec la fille du roi de Moab ! Seule une foi indéfectible a pu lui permettre de passer du statut de princesse à celui de mendiante.
On voit donc que la lecture du livre de Ruth pendant la fête de Shavouoth n'est pas le fruit du hasard. Le fait que l'action soit située à l'époque qui précède et annonce cette fête nous montre bien que la Torah n'est pas théorique, mais que c'est bien au contraire dans le temps et l'espace réel de la vie que la Torah doit s'accomplir.

SARAH MOON


PHOTO 1 - 2
EXPO
ACTU
PHOTOMAG




Sarah Moon, alchimiste photographe, pictorialiste, est loin, immensément loin des photographes de sa génération qui nous offrent des images d’une lucidité et d’une froideur au service d’une idée ou d’un concept


"Depuis 20 ans, écrit-elle, je fais presque toujours la même photo. Une photo de mode. Une robe, une femme, ou plutôt une femme, une robe. Dedans - dehors - debout - assise - plus près - plus loin - à l'ombre ou au soleil l'été - l'hiver - peu importe. Je photographie le privilège - l'évanescence - l'improbable ou la beauté - j'y cherche l'émotion et la quête en est d'autant plus désespérante. Souvent j'envie ceux qui savent photographier la vie. Moi je la fuis - je pars de rien - je ne témoigne de rien - j'invente une histoire que je ne raconte pas, j'imagine une situation qui n'existe pas - je crée un lieu ou j'en efface un autre, je déplace la lumière - je déréalise et puis j'essaie... Je guette ce que je n'ai pas prévu, j'attends de reconnaître ce que j'ai oublié - je défais ce que je construis - j'espère le hasard et je souhaite plus que tout être touchée en même temps que je vise..."photographiz



Née en 1941, dans une famille juive qui doit fuir la France occupée, Sarah Moon ne dit rien de son enfance, de ses années passées en Angleterre, de son père ingénieur, des ses quatre frères et sœurs...

Pourtant l’analyse de ses oeuvres amène à penser que son enfance a été déterminante pour un art dont le style est très arrêté.

Des constantes se retrouvent en effet dans ses photographies :

- le rapport à une nature inaccessible. La nature est conjuguée au passé ; on y trouve des pyramides, des rhinocéros, des mythes, au moins de la nostalgie, parfois de la tristesse

- pas de vrai blanc dans ses images, tout est en low key, pas d’échappées claires dans les ciels

- du flou, du vignettage

- de l’exotisme : animaux ou monuments lointains, avec une tonalité coloniale

- souvent du mouvement, comme effacement des premiers plans

- des yeux fermés, ou des visages effacés ou baissés

- des références aux années 30, à la modernité (dans le vêtement, dans la représentation de la femme)

- une grande importance des mains (qui sont la partie du corps des adultes à la hauteur du visage d’un enfant…)

- la martyrisation (par le corset, par les griffures, par le grattage du négatif)

- l’allusion au cauchemar d’enfant

- des personnages sans tête, sans bras, sans mains ou avec des bras en bois, ou amputés, une assimilation des êtres à des poupées

- un espace confiné auquel on n’échappe pas

- des signes, du graphisme contrasté augmentant le confinement par des impératifs autoritaires

- le silence, dont la suggestion dans l’image est renforcé dans le procédé par l’interposition de matières, de gestes, de cadres, de grattages entre le sujet et le spectateur.

Ces éléments nous semblent directement mener à une interprétation autour du souvenir de la prime enfance dans une Grande-Bretagne en guerre, un pays obligé d’appeler à l’aide les forces vives de ses colonies... d’où une atmosphère pleine d’inquiétude, de violence et de mutilation conjuguée au passé, avec la guerre en creux, une atmosphère où l’ailleurs colonial dans sa vision enfantine déborde de partout. Où le cadre familial confiné n’empêche pas l’arrivée des monstres et des mutilations probablement liées à l'omniprésence de la guerre. L’ailleurs est ainsi toujours présenté entre rêve, menace et souvenir dans une décor qui tient de la nature empaillée du musée d’histoire naturelle et de la violence du cirque. galerie photo

AEMILIA BASSANO LANIER


Aemilia Bassano lanier
THEORIE
Dark Lady
SITE
MISTERY
shakespeares darklady
POEME
Jews in the Cour


"In the old age black was not counted fair,
Or if it were it bore not beauty's name;
But now is black beauty's successive heir,
And beauty slandered with a bastard shame"
Shakespeare


1569 - 1645
Aemilia a été la premiere Anglaise a se faire connaitre comme poète professionnelle grâce à son unique volume de poèmes, Salve Deus Rex Judaeorum (1611). Né Aemilia Bassano ,fille illégitime de Baptiste Bassano, un juif vénitien christianisé et un des premiers musiciens de la cour du Roi Henry VIII, Emilia a été laissée sans moyens apres la mort de son père . Elle a été éduquée à la maison de Susan Bertie, la comtesse douairière de Kent. Et pendant plusieurs années,fut la maîtresse de Henry Carey, 1er Baron Hunsdon, cousin germain de Elizabeth I d'Angleterre. Elle s'est mariée à un musicien Alfonso Lanier en 1592 .

Feministe active comme on peut le lire dans ce poeme :
"Forgetting they were born of woman, nourished of women, and that if it were not by the means of women they would be quite extinguished out of the world, and a final end of them all, do like vipers deface the wombes wherein they were bred "

*

Mais elle fut en outre identifiee comme etant la ' Dark Lady ' des sonnets du 'Barde'
C'est du moins la these de John Hudson qui est persuade que son heroine est bien le celebre dramaturge Shakespeare !
Tout d'abord les pieces de Shakespeare contiennent presque 2000 references et 300 termes musicaux differents et se referent a un manuscrit du Vieme siecle . Or Shakespeare n'avait aucune connaissance musicale ce qui n'etait pas le cas d'Aemilia.
( quinze de ses proches etaient des musiciens )
Dans l'Angleterre du XVIeme seuls quelques dizaines d'erudits non juifs etudiaient l'hebreu. Comment expliquer que le Barde fasse des jeux de mots bases sur cette langue ,cite des references du Talmud et a Maimonide ou integre meme des exemples d'hebreu.
John Hudson signale en outre que nombre de pieces de theatre de Shakespeare font allusion a la guerre qui opposa Juifs et Romains en terre d'Israel . Dans l'une d'entre elles le conquerant romain est identifie a Satan ,une prise de position qui requiert de faire le rapprochement avec les poemes d'Aemilia.
pour rester dans le domaine des langues rien n'expliquerait comment le 'vrai Shakespeare'- qui selon John Hudson avait ete choisi par Aemilia Bassano pour lui servir de couverture - aurait appris l'italien dans sa ville natale, or ses pieces montrent une veritable familiarite avec cette langue. Ce qui n'aurait rien d'etonnant dans cette these puisque la famille d'Aemilia etait originaire de Venise .
Les autres preuves que J. Hudson avance concernent avant tout la personnalite de la poetesse qui avait ete eduquee a la Cour mais surtout chez l'une des premieres feministes, la duchesse de Suffolk et sa fille. Cela expliquerait pourquoi dans la 'Megere Apprivoisee'figurent des references a un livre qui etait le manuel de base des dames de la cour.
Et dans d'autres oeuvres des allusions a ' l'Heptameron' ecrit par Margueritte de Navarre et tres populaire chez les dames nobles.
Poetesse reconnue Aemilia Bassano Lanier publia entre autres, un poeme de cent soixante lignes ressemblant enormement a un morceau de la piece 'La Tempete'.

Enfin J. Hudson note que dans les pieces de Shakespeare l'un des noms les plus employes est Emilia ou des variantes et que dans 'Titus Andronicus' deux personnages se nomment Emilius et Bassianus....
Un hasard?
D'apres Catherine Garson - actuj

CECILE FURTADO HEINE


VILLA
SYNAGOGUE
GEN


1821-1896
Philanthrope, fondatrice d’œuvres pour enfants


Le petit journal





Fruit de l’union de deux grandes familles de la bourgeoisie juive française, Cécile Furtado naît à Paris le 6 mars 1821. Son père, Élie Furtado, fils du rabbin de Bayonne, est représentant de la circonscription de Bayonne au Consistoire central à Paris. Rose Fould, la mère de Cécile, a pour père Beer Léon Fould, directeur de banque et maire de Rocquencourt, près de Versailles. Son oncle maternel, Achille Fould, sera ministre sous le Second Empire.
Cécile Furtado épouse Charles Heine, un fils de banquier, cousin du poète allemand Henrich Heine. Veuve en 1866, elle hérite d’une fortune considérable. N’ayant pas d’enfants, elle adopte une de ses nièces qui deviendra la femme du duc de Rivoli.
Pendant la guerre de 1870, Cécile Furtado-Heine soutient la Croix-Rouge et organise un service d’ambulances pour le rapatriement des blessés. En 1884, elle crée et dote d’une rente un hospice pour enfants dans le 14e arrondissement de Paris. La rue où est situé cet établissement porte le nom de « Furtado-Heine » depuis 1897. Les enfants sont un de ses principaux soucis. Pour eux, elle finance d’autres établissements parmi lesquels une école maternelle dans la ville de Bayonne et une crèche à Montrouge, crèche qui sera reconnue d’utilité publique. En 1895, au retour du corps expéditionnaire français de Madagascar, Cécile Furtado-Heine cherche à soulager le sort des militaires malades. Elle lègue à l’armée sa villa de Nice sur la Promenade des Anglais pour l’accueil des officiers convalescents. Elle subvient aussi aux frais d’entretien des malades, du personnel et du bâtiment. Elle se montre également très généreuse envers l’Institut Pasteur. Un buste la représentant orne toujours le hall de cet Institut.

Cécile Furtado-Heine n’oublie pas ses coreligionnaires. Elle soutient plusieurs œuvres de bienfaisance israélites et contribue à l’édification de nouvelles synagogues en France et en Belgique. La plus belle de ces synagogues est sans doute celle de Versailles où deux plaques de marbre rouge rendent hommage, en français et en hébreu, à sa fondatrice : « Ce Temple dédié à l’Éternel a été édifié par Madame Cécile Furtado-Heine. Que son nom passant de génération en génération soit béni. Septembre 1886. »

Ses activités caritatives et sa générosité lui valent d’être promue au grade d’Officier de la Légion d’honneur en 1896, sept ans après sa coreligionnaire Coralie Cahen*. Il est encore très rare à cette époque qu’une femme accède à un tel honneur. Les journaux ne manquent pas de le souligner, comme Le Petit Journal du 21 juin 1896 qui consacre sa couverture illustrée à la cérémonie de la remise de la Légion d’honneur à Madame Furtado-Heine.
Quelques semaines après sa nomination, Cécile Furtado-Heine s’éteint le 10 décembre 1896 dans son château de Rocquencourt. Sa fille adoptive, la duchesse de Rivoli, son gendre et sa petite-fille, la princesse Murat sont auprès d’elle. Les rabbins Moïse Bloch de Versailles et Emmanuel Weil de Paris l’assistent pendant ses derniers jours. Sa mort est marquée par un deuil public auquel s’associent le Président de la République, Félix Faure, les ministres, et la municipalité de Paris. Zadoc Kahn, grand rabbin de France, prononce l’éloge funèbre de cette grande dame qui consacra son temps et sa fortune à aider autrui.

afmeg

ROSALYN YALOW


PRIX NOBEL 1977
BIO
PORTRAIT
FEMME NOBEL
RADIOACTIVITE


Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1977 conjointement à Andrew V. Schally et Roger Guillemin, pour le développement de la méthode de dosage radio-immunologique, technique très sensible qui permet de mesurer des quantités infimes de substances biologiquement actives

Yalow, Rosalyn Sussman (1921- ), physicienne américaine, spécialisée en médecine nucléaire, lauréate du prix Nobel pour la mise au point du dosage radio-immunologique. Née à New York, elle fit ses études à l'université de l'Illinois. Elle développa la technique du dosage radio-immunologique dans les années 1950, en collaboration avec le médecin américain Solomon Berson.

radio-immunologique, dosage, en biochimie et en médecine, technique très précise de dosage de quantités infimes de substances biologiques telles que les enzymes, les hormones, les stéroïdes et les vitamines, dans le sang, l'urine, la salive, ou tout autre liquide corporel. La méthode radio-immunologique a été mise au point dans les années 1950 par les américains Solomon Aaron Berson et Rosalyn Sussman Yalowencarta

En collaboration avec son collègue Solomon Berson,Rosalyn Yalow conçut une technique – la radioimmunologie – qui permet de mesurer des centaines de substances dans l’organisme humain, des virus aux hormones en passant par les substances
médicamenteuses. Grâce à leur découverte, il est possible aujourd’hui de dépister le virus de l’hépatite dans les dons de sang, de traiter les problèmes de santé de type hormonal, de détecter dans le sang des substances étrangères et certains cancers, et de doser efficacement antibiotiques et médicaments.
Lorsque Rosalyn Yalow naquit dans le Bronx à New York et lorsqu’elle obtint une licence avec mention du Hunter College en 1941, les esprits n’étaient pas préparés à voir des femmes devenir physiciennes ou mathématiciennes. Mais, alors que tant de jeunes hommes étaient engagés dans la Seconde Guerre mondiale, l’université de l’Illinois lui proposa un poste de maître assistant de physique.
Rosalyn Yalow y fut la seule femme du département de physique et la première à etudier cette discipline dans cet établissement depuis 1917. Elle épousa l’un de ses pairs, Aaron Yalow, en 1943 et obtint son doctorat en 1945.
En 1947, elle accepta de travailler à mi-temps pour ouvrir un service de radio-isotopes dans le Veterans Administration Hospital du Bronx. En collaboration avec Solomon Berson, elle utilisa des isotopes radioactifs pour étudier le mécanisme déclencheur du diabète chez l’adulte, recherche qui aboutit à la radio-immunologie.
Rosalyn Yalow et deux autres lauréats se virent décerner le Nobel en 1977, mais pas Solomon Berson décédé en 1972. Elle était la seconde femme couronnée par ce prix dans cette catégorie et la sixième seulement à recevoir un Nobel dans les sciences.
En 1979, elle devint un éminent professeur de la faculté de médecine Albert Einstein de l’université Yeshiva. Elle quitta ce poste en 1986 pour occuper la chaire Solomon Berson à la faculté de médecine de Mt. Sinai. Elle prit sa retraite en 1991.
Pendant toutes les années où elle mena de front sa triple carrière de scientifi que, d’épouse et de mère de deux enfants, Rosalyn Yalow ne perdit pas de vue son rôle de porte-drapeau de la cause des femmes dans le monde scientifi que et professionnel. Dans le discours prononcé à Stockholm, elle rappela aux détenteurs du pouvoir de ne pas sous-estimer le potentiel des femmes. " Si nous voulons résoudre les nombreux problèmes auxquels le monde est confronté, nous ne pouvons pas nous permettre de sacrifier les talents de la moitié de l’humanité."usinfo state gov


Lire le Dossier : Si les femmes nous étaient contées...

NADINE GORDIMER


PRIX NOBEL 1991
LIVRE
ENTRETIEN
UNESCO
ROMAN 1 - 2

Ecrivaine sud-africaine née à Springs le 20 novembre 1923. Elle a combattu l'apartheid.

"La solitude que l’on éprouve en écrivant est assez terrifiante. C’est parfois proche de la folie, on disparaît et on perd le sens de la réalité."

"La poésie est à la fois une cachette et un haut-parleur."

"C'est cela écrire, élargir le champ de la conscience en agissant sur la perception même des choses." - Juin 1996

"L'inconnu est porteur d'angoisse." - L'arme domestique

"Les formules qui semblent avoir perdu tout leur sens à force d'avoir été répétées trop souvent sont celles qui contiennent le plus de vérité." - l'arme domestique

Figure emblématique de la lutte contre la ségrégation, membre de l’ANC et proche de Nelson Mandela. Elle s’est vu attribuer à deux reprises le prestigieux Booker Prize avant de recevoir le prix Nobel de Littérature en 1991. Son engagement contre l’apartheid lui a valu plusieurs fois d’être interdite de publication dans son propre pays, mais le retentissement international de ses livres obligea chaque fois le régime de Pretoria à réviser les mesures instituées à son encontre.


Romancière, nouvelliste, critique, éditeur, Nadine Gordimer a plus d'une corde à son arc. Issue d'une famille bourgeoise d'obédience juive, elle a vécu à Springs, près de Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle grandit dans l'environnement privilégié de la communauté anglophone blanche, mais n'en demeure pas moins sensible aux inégalités raciales et aux problèmes sociopolitiques de son pays. C'est par le biais de l'écriture qu'elle choisit de s'engager peu à peu contre le système de l'apartheid. L'essentiel de son oeuvre, de facture classique, en témoigne largement aujourd' hui, et la lecture de ses écrits enseigne une douloureuse page d'histoire. Cependant, sa talentueuse célébration des paysages sud-africains et son amour pour cette terre 'odorante et colorée' - qu'elle n'a pas quittée - ajoutent humanité et chaleur à ses écrits. En 2007, Nadine Gordimer publie son roman 'Bouge-toi !' et demeure une figure morale et non moralisatrice en son pays.evene

Écrite dans une langue simple, naturelle et passionnée, l'œuvre de Nadine Gordimer étudie les tensions entre les Blancs, les Noirs et les métis du temps de l'apartheid en Afrique du Sud, et traite des difficultés sociales et politiques que rencontre son pays en raison de cette division raciale. Parmi ses premiers romans, nous pouvons citer Un monde d'étrangers (1958) et Occasions d'aimer (1963), qui évoquent les incidents quotidiens dans son pays à travers les yeux d'une bourgeoise blanche. Ce thème de l'apartheid et de ses conséquences sera repris dans bien d'autres de ses romans, notamment dans le Dernier Monde bourgeois (1966).

Ses ouvrages présentent avec sympathie la situation des Noirs et des métis tout en soulignant la position ambivalente des Blancs libéraux vivant dans un système qu'ils désapprouvent. Ainsi, son roman le Conservateur (1974) met en scène un industriel blanc qui aime son pays et sa terre mais qui exploite ses employés noirs. Cet ouvrage remporta le Booker Prize en 1974. Avec la Fille de Burger (1979), l'auteur évoque les bouleversements qui interviennent dans la vie d'une femme blanche dont le père, communiste, est emprisonné pour s'être opposé au système ; confrontée elle-même à ce système qu'elle acceptait jusqu'alors, elle s'éveille à la conscience politique. Dans Ceux de July (1981), roman d'anticipation, une famille blanche doit s'en remettre à ses anciens serviteurs noirs pour échapper à une guerre civile. Enfin, dans Histoire de mon fils (1990), un jeune Noir essaie de comprendre les contradictions de la vie de son père dans un pays en plein changement.encarta


Extrait d'un entretien avec Itala Vivan paru dans Alfabeta n°95, avril 1987.

"Je crois que la littérature sud-africaine forme un tout, même si nous les Blancs — moi comprise — nous avons été éduqués à l'écart de tout contact avec la culture noire. On nous a dit que la culture noire n'existait pas, que les Noirs étaient une page vierge sur laquelle les Blancs devaient écrire ce qu'était la musique, ce qu'était le théâtre, ce qu'était la poésie. Mais je crois aussi qu'il n'existe pas d'écrivain blanc qui ne soit marqué et pétri par la vie et la pensée des Noirs. C'est quelque chose qu'on assimile par les pores de la peau, par les oreilles, à travers un contact qui a lieu de toute façon, malgré l'apartheid. Voilà pourquoi les Sud-Africains qui écrivent en anglais ne sont pas des écrivains anglais, Nous ne sommes pas des écrivains anglais. Je ne le suis pas, J. M. Coetzee ne l'est pas non plus. En dépit de l'apartheid et des conditions horribles qui en découlent, il y a eu et il continue d'y avoir, entre les Blancs et les Noirs, une assimilation réciproque des cultures spécifiques, et à un certain niveau une culture commune s'est formée. Il est difficile de dire précisément de quoi il s'agit, de quoi elle est constituée : mais il suffit d'observer la vie du pays pour voir qu'elle existe. "

MARILYN MONROE


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"Je ne veux pas être riche. Je veux être merveilleuse."

"Ce que je met pour dormir ? Chanel N°5 "



Conversion de Marilyn
Le 1er juillet 1956 eu lieu une cérémonie juive traditionnelle, Marilyn s'étant convertie au Judaïsme par amour pour Arthur Miller. Toujours en recherche d'une "vraie" famille, elle s'intègre totalement à la cellule familiale de Miller, ses 2 enfants et ses parents.



Marilyn Monroe naquit sous le nom de Norma Jeane Mortenson le 1 juin 1926 au General Hospital de Los Angeles.
12 jours après sa naissance elle fut confiée au couple Bolender car sa mère Gladys avait des problèmes financiers.
Vers 1933, Gladys acheta une petite maison près de Hollywood Bowl : c'était la première fois que Norma Jeane vivait avec sa mère.
En 1935, Gladys fut internée dans un hôpital psychiatrique et hormis quelques rares moments de liberté elle y resta toute sa vie.
Norma Jeane commença à travailler à la Radio Plane Corporation de Burbank où elle vérifiait les parachutes. Quelques mois plus tard, en 1945, un photographe de l'armée, David Conover, visita l'usine où travaillait Norma Jeane à la recherche de quelqu'un qui remonterait le moral des troupes envoyées dans le Pacifique. Il lui demanda alors de poser pour sa série de photos destinée à la revue Yanks . C'est alors que commença sa carrière comme mannequin. En 1945, Norma Jeane signe un contrat avec l'agence de mannequin Blue Book.

Norma Jeane signe son premier contrat avec la 20th Century Fox en août 1946. Le premier acte de sa vie de comédienne fut de changer son nom. Le directeur artistique de la Fox, Ben Lyon, lui proposa Marilyn Miller mais elle suggéra le nom de jeune fille de sa mère: Monroe. En l'espace d'un après-mide, Norma Jeane Mortenson devint Marilyn Monroe. Durant ses premiers mois, Marilyn prit des cours de danse, de danse et n'obtint aucun rôle parlant. Elle obtint son premier rôle parlant (une réplique) dans Scudda Hoo! Scudda Hay! en 1947 mais sa réplique fut coupée au montage. Son contrat ne sera pas renouvellé malgré un autre petit rôle dans Dangerous Years.

Sa gloire de star lui fut apportée par son rôle dans Niagara. C'est durant ce tournage que Marilyn attire l'attention de Joe DiMaggio.
Marilyn épousa Joe DiMaggio le 14 janvier 1954. Lors de leur voyage de noce au Japon, Marilyn accepta d'aller chanter devant les troupes américaines basées en Corée, qu'elle considère comme l'un des plus grands moments de sa vie.

A la fin du tournage de Seven Years Itch, Marilyn créa sa propre société de production, Marilyn Monroe Productions, avec son ami le photographe Milton Greene. Elle s'installa à New-York, en 1955, où elle se fit de nouveau amis et une nouvelle histoire d'amour avec le dramaturge Arthur Miller.
Marilyn épousa Arthur Miller le 29 juin 1956, ce que les médias appelèrent l'alliance de "Tête d'oeuf et taille de guêpe".


Le 4 août 1958, elle commença à travailler sur la film qui allait rester comme son triomphe le plus célèbre: Some Like It Hot. Cela reste comme un des chefs d'oeuvre du cinéma comique, malgré que le tournage fut ponctué de toute sorte de problèmes.
En juillet 1960 commence le tournage des Misfits, cadeau d'amour de Miller à Marilyn.

Le tournage fut extrêmement éprouvant: Marilyn augmenta sa consommation de médicaments, sa relation avec Arthur Miller se détériora, Montgomery Clift était dépendant de l'alcool et des médicaments depuis son accident de voiture, la chaleur du désert du Nevada pouvait atteindre 42°. a la fin du tournage, Marilyn et Miller divorcèrent et Clark Gable succomba à une crise cardiaque. Marilyn commença à faire une dépression nerveuse. C'est à cette époque que Joe DiMaggio reparut dans sa vie, répandant des rumeurs de possible réconciliations. Marilyn eut de nombreux problèmes de santé, aussi bien physique que mentale, et ne tourna aucun film jusqu'en 1962. C'est à ce moment que sa liaison avec John F. Kennedy commence à défrayer la chronique.

Ne venant pas régulièrement sur le plateau, Marilyn fut renvoyée le 8 juin 1962 par le chef de production. Elle fut anéantie par son licenciement, aggravant sa dépendance des médicaments et de l'alcool.
Par solidarité, son partenaire, Dean Martin, refusa de continuer le tournage sans elle. Mais Marilyn n'eut pas l'occasion de revenir sur le plateau car elle fut retrouvée morte, à son domicile, le matin du 5 août 1962. Sa mort donna lieu à de nombreuses hypothèses d'assassinat maquillé en suicide, due à sa relation avec les frères Kennedy.

Joe DiMaggio, accablé de douleur, qui se chargea des funérailles, refusant la présence de toutes les fréquentations hollywoodiennes récentes de Marilyn. Il fit porter, pendant 20 ans, une fois par semaine, un bouquet de roses sur sa tombe. On dit qu'ils avaient prévu de se remarier le 8 août 1962...

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EMMY NOETHER


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UCLA
FRIENDS
FICHE
THEOREME
DOSSIER


Emmy Noether


25 mars 1882 [Erlangen] - 14 avril 1935 [Pennsylvanie]

Née le 23 mars 1882 à Erlangen, Emmy Noether est probablement la plus grande mathématicienne du XXiè s. Elle est la fille de Max Noether , un grand mathématicien dont deux autres fils seront scientifiques. La vocation d'Emmy n'est pas précoce, puisqu'elle se destine d'abord à être professeur d'anglais et de français. Mais malgré un certificat obtenu, elle n'enseignera pas dans les lycées de jeunes filles et décide à 18 ans d'entreprendre des études universitaires en mathématiques.

C'est alors une voie très difficile pour une jeune fille : celles-ci ne sont autorisées que depuis 1900 à s'inscrire dans les universités allemandes, et encore de façon non officielle et en demandant à chaque professeur une dérogation pour passer l'examen. Après 3 ans d'études à Erlangen et Göttingen, elle revient à Erlangen en 1904, et soutient une thèse en 1907 sous la direction de Gordan portant sur les invariants algébriques. Ne pouvant enseigner à l'Université, elle aide son père et poursuit ses propres travaux.

Remarquée par Hilbert, elle est invitée par ce dernier à Göttingen, et elle l'assiste dans ses travaux en relativité. Elle prouve notamment un rapport entre les symétries de la physique et les principes de conservation, chose qui impressionna Einstein. Hilbert essaie de faire beaucoup pour la carrière de Noether, mais il se heurte aux résistances et aux esprits opposés aux femmes. Ainsi Noether est autorisée à donner des cours, mais sous couvert du nom d'Hilbert et sans être rémunérée.

Après la Première Guerre Mondiale, les mentalités évoluent (le droit de vote est octroyé aux femmes en 1919 en Allemagne), et Noether est autorisée à passer son Habilitation en 1922. Cependant, elle n'a jamais pu obtenir de poste à la mesure de son talent. Son intérêt se porte alors sur l'algèbre abstraite, la théorie des anneaux et des idéaux, l'abstraction de propriétés vraies dans le cas particulier des polynômes. Le talent mathématique d'Emmy Noether est marqué par la prédominance des concepts, au détriment des calculs. Son travail conduit ainsi les mathématiciens à raisonner en termes abstraits (groupes, anneaux, idéaux) plutôt qu'en terme de calculs. Ses conférences sont difficiles à suivre; pourtant, une école se constitue autour d'elle, les "Noether's boys", venus de toute l'Europe, qui sont charmés par la personnalité d'Emmy. C'est pourquoi il faut mesurer l'importance de Noether non pas uniquement dans ses propres travaux, mais aussi dans l'influence qu'elle a eu sur McLane, Van der Waerden ou Chevalley.

A l'arrivée au pouvoir des nazis en 1933, Noether, comme la plupart des scientifiques juifs, est renvoyée de l'Université. Elle trouve refuge à l'Université de Bryn Mawr, en Pennsylvanie, et donne également des cours au prestigieux Institut of Advanced Studies de Princeton. Elle décède brutalement en 1935 des suites d'une intervention pourtant bénigne.bibmath


Noether doit être considérée comme la mère de l'algèbre moderne : structures d'anneaux, théorie des idéaux, algèbre non commutative. En introduisant les structures algébriques dans la théorie naissante de la topologie, elle est aussi à l'origine (1925) de la topologie algébrique que développera Hopf.

Anneau noethérien :
On nomme ainsi de nos jours un anneau unitaire dont tout idéal à droite (ou à gauche) admet une partie génératrice finie.

BOBBIE ROSENFELD



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HALL OF FAME
BIO


L'athlète « Bobbie » Rosenfeld excellait dans de nombreux sports. Elle fut nommée meilleure femme athlète du Canada pendant la première moitié du XXe siècle (1900-1950).



Athlétisme
Fanny Rosenfeld, première de classe


Si les pages de l'histoire des succès de l'athlétisme canadien ne sont pas encore très nombreuses, il est une grande dame qui en a écrit une des plus glorieuses. Fanny Rosenfeld demeure à ce jour l'une des plus prolifiques gazelles à avoir porté nos couleurs.

«Bobbie» Rosenfeld, car on ne l'appelle à peu près jamais par son vrai prénom, arrive au pays quand elle n'est encore qu'un nourrisson dans les bras de ses parents, qui immigrent de Russie. En tant qu'athlète et journaliste sportive, elle connaîtra une belle carrière, qui s'étendra sur quarante ans.

Rosenfeld fait ses premiers pas de course au Toronto Ladies Athletic Club. La jeune Bobbie n'est pas bien grande, avec ses cinq pieds et cinq pouces. Elle n'a pas l'air bien puissante non plus, mais elle est nerveuse et rapide. Surtout, elle est combative et se donne à fond dans tout ce qu'elle entreprend.

Elle joue au hockey avec fougue, distribuant généreusement les mises en échec et semant la terreur avec son tir frappé. Sur un court de basket-ball, elle fonce avec le ballon et s'acharne sur l'adversaire quand elle veut le lui prendre. Mais c'est en athlétisme qu'elle récolte son premier trophée, lors d'une rencontre tenue à Barrie, en Ontario.

Plus tard, à l'occasion d'un pique-nique à Beaverton, près de Toronto, elle participe à l'improviste à un sprint de 100 verges. Elle gagne la course, devançant au fil d'arrivée la championne canadienne Rosa Grosse, qui deviendra sa grande rivale. Elles partageront le record du monde du 100 verges, en 11 secondes.

Avant de prendre part aux Jeux olympiques d'Amsterdam, en 1928, Rosenfeld établit trois records qui tiendront jusque dans les années 1950: un saut en longueur avec élan de 18 pieds et trois pouces, un lancer du disque à 120 pieds et un saut en longueur sans élan de huit pieds et un pouce.

À Amsterdam, en compagnie d'Ethel Smith, Jane Bell et Myrtle Cook, elle décroche la médaille d'or au relais 4x100 mètres. Elle rentre au pays avec, en plus, la médaille d'argent du 100 mètres et une cinquième place au 800 mètres. En 1932, elle devient entraîneuse de l'équipe féminine canadienne d'athlétisme pour les Jeux de l'Empire (aujourd'hui Jeux du Commonwealth).

Ennuyée par l'arthrite, Bobbie abandonne la compétition en 1933 et accepte un poste de journaliste au Toronto Globe, où elle rédige une chronique. Elle y couvrira un large éventail de sports, allant de la lutte aux courses de chevaux. Elle est d'ailleurs une des rares femmes à pratiquer le journalisme sportif, un monde encore souvent réservé à la gent masculine. Fanny Rosenfeld s'est éteinte en 1969, à l'âge de 65 ans.


Les Femmes et le sport

Comme beaucoup d'entre nous en savent très peu sur l'histoire des femmes dans les sports au Canada, il peut être surprenant d'apprendre qu'il y a environ 100 ans, époque où l'on pouvait croire que les stéréotypes à l'égard des femmes dominaient la société, ces dernières participaient activement et fréquemment à la vie sportive canadienne, souvent dans des sports qui aujourd'hui, sont principalement réservés aux hommes. La première partie de hockey féminin au Canada a été jouée à Ottawa, en février 1891. Les clubs de hockey féminin existaient partout au Québec au tournant du siècle. Et même si la plupart d'entre nous savons que l'équipe féminine du Canada a gagné la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Salt Lake City, peu de Canadiens connaissent l'existence des Edmonton Grads, les championnes mondiales du basketball féminin : grâce à leur succès, ce sport jouit d'une popularité sans précédent chez les Canadiennes, durant les années 1920. En 1930, l'équipe de softball des Sunnyside Ladies attirait de plus grandes foules, générait de plus importants revenus en vente de billets et suscitait une plus grande couverture médiatique que toute autre équipe de baseball ou de softball au Canada.

C'est durant cette période que Fanny « Bobbie » Rosenfeld, une émigrée russe, s'est méritée le titre d'athlète féminine canadienne la plus accomplie de tous les temps. Connue sous le surnom de Bobbie en raison de ses cheveux courts, Fanny Rosenfeld était en 1921 la plus grande sprinteuse féminine au Canada. En 1925, elle était numéro un du 220 verges, du saut en longueur, et du lancer du poids et du disque; il n'est donc pas surprenant que Fanny Rosenfeld ait gagné la première médaille d'athlétisme du Canada aux Jeux Olympiques, soit la médaille d'argent en 1928. Elle gagna également le championnat de tennis sur gazon de Toronto et fit partie d'équipes de basketball, de softball et de hockey, son sport favori. En tant que joueuse de centre étoile pour le club de hockey AAA du nord de Toronto, et ensuite capitaine des Patterson Pats, Fanny Rosenfeld domina le hockey féminin en Ontario vers la fin des années 1920. Étonnamment, le hockey féminin de cette époque se jouait d'une manière très virile, les contacts étant autorisés. Les joueuses souffraient donc régulièrement, tout comme les hommes, de coupures et de blessures graves


Par TED BARRIS

Rosenfeld, Fanny, « Bobbie », athlète, journaliste sportive (Russie, 28 déc. 1905 -- Toronto, 14 nov. 1969). La plus remarquable athlète féminine canadienne de la première moitié du siècle, elle fait son entrée sur la scène internationale d'athlétisme en 1928, année de l'admission des femmes aux Jeux olympiques. Elle détient des records canadiens en course à pied, au saut en longueur sans élan et au lancer du disque. Aux Jeux olympiques d'Amsterdam en 1928, elle décroche la médaille d'argent au 100 mètres course et est la première relayeuse de l'équipe féminine canadienne de relais 4 x 100 mètres qui remporte l'épreuve en un temps record de 48,2 secondes. Rosenfeld est aussi codétentrice du record mondial de 11 secondes au 100 mètres. Elle est admise au Temple de la renommée des sports du Canada en 1949 et choisie athlète féminine par excellence de la première moitié du siècle au Canada en 1950. On a dévoilé une plaque commémorative en son honneur le 13 juin 1987 à Barrie, en Ontario, où elle a résidé.

GRETL BERGMANN

gretl
BERLIN 1936
Ecouter Gretl Bergmann
Holocaust Memorial Museum
HOLOCAUST
Martin Weiss
BIO
OLYMPIC
QUIZ 1 - 2


La championne juive allemande
de saut en hauteur,
Gretl Bergmann fut par la
suite exclue de l’équipe.

Les Jeux Nazis 1936

En public,les nazis mirent en sourdine leurs sentiments antisémites durant les jeux, bien que les Juifs allemands, y compris des athlètes juifs,aient subi de graves discriminations. Les Juifs furent exclus des clubs de sports dont ils avaient été membres. Les athlètes juifs d’Allemagne n’eurent droit qu’à des équipements séparés, de piètre qualité.
Pendant les entraînements précédant les Jeux d’été de 1936, Gretl Bergmann, une championne de classe internationale de saut en hauteur (et juive) atteignit le record féminin allemand : 1,60 mètre. Le 13 juin,elle reçut une lettre du Comité olympique allemand. Critiquant ses récentes performances en saut en hauteur jugées trop irrégulières, le Comité l’informait qu’elle n’avait pas été choisie comme membre de l’équipe olympique d’athlétisme de son pays.
À l’été 1936, les Juifs allemands avaient perdu leurs droits civiques.Leurs entreprises étaient boycottées et leur vie professionnelle limitée.Ils étaient exclus des lieux publics et il leur était interdit d’épouser des non Juifs. Entre-temps, tout en développant leur politique antijuive, les nazis comprenaient que la forme physique et les prouesses sportives étaient susceptibles de renforcer le nationalisme, de favoriser la pureté raciale et de stimuler les préparatifs militaires. En conséquence, les perspectives de faire partie de l’équipe olympique de 1936 étaient quasiment inexistantes pour les Juifs. Les nominations furent réservées à ceux qui pourraient rapporter le plus d’honneur au peuple allemand et à l’État nazi.
S’inclinant à peine sous la pression, les responsables du Reich apaisèrent le COI en autorisant une sportive juive à représenter l’Allemagne aux Jeux olympiques d’été de 1936 : Helene Mayer.

Hitler présida l’ouverture dans l’immense stade olympique de Berlin. La cérémonie se termina par la « course au flambeau » récemment créée pour apporter le feu depuis l’ancien site des Jeux olympiques grecs jusqu’à Berlin.
Leni Riefenstahl et son équipe étaient présents pour rendre le faste et la compétition sportive. Son film Olympia allait remporter le premier prix au festival du film de Venise en 1938.
Certaines des meilleures séquences d’Olympia portent sur un athlète noir américain nommé Jesse Owens. Ce dernier avait connu le racisme aux États-Unis, mais aux Jeux
olympiques de 1936, ses quatre médailles d’or furent acclamées par les critiques du régime nazi qui affirmèrent que les victoires d’Owens réfutaient les prétentions d’Hitler à la supériorité des Blancs.
Malgré l’embarras causé aux nazis par les victoires d’Owens, Hitler et ses partisans furent plus que satisfaits de leurs succès olympiques. L’équipe allemande avait remporté plus de médailles que n’importe quelle autre. Hitler avait fort bien joué les rôles de l’homme d’État de stature internationale et de leader national bien-aimé. L’hospitalité allemande convainquit la plupart des visiteurs étrangers que le Troisième Reich avait des intentions aussi pacifiques que sa reprise économique était efficace, et que ses objectifs étaient aussi bénins que sa culture était saine et vigoureuse.
Au moins dix sportifs juifs remportèrent des médailles aux Jeux olympiques de 1936, entre autres, Samuel Balter, membre de l’équipe américaine de basket-ball.
Gretl Bergmann, pour sa part, émigra aux États-Unis, poursuivit sa carrière de championne d’athlétisme et respecta son voeu de ne jamais retourner en Allemagne. D’autres sportifs juifs furent moins chanceux. Leur sort montre l’ampleur colossale de la duperie que furent les Jeux olympiques nazis.
Les nazis assassinèrent à Auschwitz Victor Perez, un Juif français qui, au début des années 1930, était champion du monde de boxe poids mouche. Lili Henoch, détentrice du record du monde de lancer de poids et de disque, fut déportée d’Allemagne en 1942 Elle fut assassinée et enterrée dans une fosse commune près de Riga, en Lettonie. Attila Petschauer, un escrimeur hongrois qui avait remporté une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1928, mourut de froid dans un camp de travail nazi en 1943. Un Juif allemand nommé Alfred Flatow, qui avait remporté trois médailles d’or et une d’argent en gymnastique pendant les Jeux d’Athènes en 1896, mourut dans le camp de
Theresienstadt (Tchécoslovaquie) en 1942.
L’assouplissement de la pression antijuive prit fin peu après les Jeux de 1936.Vers la fin de l’année, la campagne antisémite visant à chasser les Juifs d’Allemagne se déchaînait.


La chronique de Catherine Beckmann


Beaucoup ont soutenu le boycott, mais les Jeux ont quand même eu lieu, aucun État ne s’en est abstenu...

Côté femmes, une jeune championne de saut en hauteur, Syd Koff, (née Sybil Tabachnikoff) de l’équipe du fameux Jesse Owens a aussi dû faire face au lourd problème de conscience : participer aux Jeux et montrer à la “super race arienne“ que les athlètes juifs peuvent les battre, ou boycotter la légitimité du régime nazi... Koff se joindra à la plupart des organisations juives et refusera d’aller à Berlin... Le 1er août 1936, Hitler ouvre les 11ième Olympiades. Sous la baguette de Richard Strauss, la fanfare annonce l’arrivée du dictateur. Dans le “poulailler“ des tribunes, une femme, dans la foule debout, observe de loin ces événements. Il y a deux semaines encore, elle pensait pouvoir être parmi les athlètes sélectionnés. Depuis, elle a reçu cette lettre officielle signée du Directeur de l’Office des Sports du Reich, qui lui interdit -sous un faux prétexte- de participer aux Jeux, mais lui octroie en compensation, “de façon exceptionnelle“, une place debout, au fond du grand Stadium. Gretel Bergmann nee le 12 avril 1914 est allemande et co-recordwoman de saut en hauteur, une médaille d’or ou d’argent en puissance... Mais elle est aussi juive et a été exclue de l’équipe nationale... “Une centaine de milliers de spectateurs voyant une juive gagner, ça aurait été le paradis“ exprime-t-elle la voix encore pleine de colère, 68 ans plus tard... Installée aux États Unis après les Jeux, puis mariée, elle devient Mme Margarethe Lambert. En 1996, durant les Jeux d’Atlanta, le Comité Olympique Allemand lui demande de bien vouloir être son invitée. Bien qu’elle se soit promis de ne plus avoir à faire avec l’Allemagne, elle finit par accepter l’invitation : “Je ne pouvais pas blâmer cette génération pour ce que leurs pères et grands-pères avaient fait“.

En 1999, les autorités allemandes la reçoivent avec honneurs à Berlin. “Je ne voulais pas participer à cela, mais quand on m’a fait remarquer que le stade dans lequel je n’avais pas eu le droit de concourir, et dont on commençait la restauration, porterait mon nom, j’ai pensé qu’un jour de jeunes Allemands demanderaient “qui était Gretel Bergmann ?“ et qu’alors on leur raconterait mon histoire et celle de cette dramatique époque ; et j’ai senti que je devais accepter de retourner à l’endroit où j’avais juré de ne jamais remettre les pieds“, déclarera plus tard. En 2002, le stade Gretel Bergmann est inauguré. Aujourd’hui, Margarethe Bergmann-Lambert a 90 ans. Lorsqu’elle a eu en main pour la première fois une photographie du stade qui porte désormais son nom, lui est revenu en mémoire l’image de cette pancarte proclamant “interdit aux Juifs et aux chiens“.

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ESTHER

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MIDRASH
QUIZ

"Aman résolut d'anéantir tous les Juifs établis dans le royaume d'Assuérus,... Le premier mois qui est le mois de Nissan..., on consulta le POUR c'est-à-dire le SORT, devant Haman, en passant d'un jour à l'autre et d'un mois à l'autre jusqu'au douzième mois qui est le mois d'ADAR"



ESTHER, SES FACES ET SES PHASES
par Barbara Weill


"Le temps d’Esther et de Mordekhaï est donc celui où l’on combat le mal par la violence ; c’est le temps de Pourim ainsi que le livre d’Esther désigne la fête qui commémore cet épisode de l’histoire juive ; ce nom, qui signifie "sort, fortune, destinée" en assyrien, trahit des éléments étrangers dans la fête : l’élément historique (…), le moment du nouvel an où les Mésopotamiens célébraient les "sorts" qui fixaient le destin des peuples et des individus ; mais on y trouve aussi l’élément mythique, puisque le conflit entre Haman-Vachti et Mordekhaï-Esther rappelle la victoire de Mardouk et Ishtar, dieux babyloniens de la lumière, sur Ouman et Mashti, divinités élamites de l’obscurité" (A. Abécassis, la pensée juive).

"Rabbi Yehouda dit : son vrai nom était Hadassa et pourquoi ce nom d’Esther ? C’est parce qu’elle avait caché (Sater) sa véritable situation, ainsi qu’il est dit : "Esther n’a pas fait connaître qui était son peuple ." (Est 2 :20). Rabbi Ne’hemya dit : son vrai nom était Hadassa, et pourquoi ce nom d’Esther ? C’est que les nations du monde l’appelaient ainsi en pensant à (la beauté éclatante) de la lune-Ishtar

"Le temps de la Torah est celui de la révélation ; le temps de Pourim, temps du judaïsme, est celui de l’occultation. Toutes les fêtes d’Israël sont des fêtes de la manifestation divine éclatante, sauf celle de Pourim, fête de l’exil par excellence d’un nouveau temps historique marqué par l’absence. YHWH se cache désormais ; il existe mais on ne le voit plus, on ne l’entend plus" (A.Abécassis,la pensée juive ).

"Puis la reine Esther, fille d’Avihaïl écrivit, avec Mardochée le Juif , usant de toute leur autorité pour donner force de loi à cette seconde missive de Pourim" (Est 9 :29). On lit dans le Traité Yoma (29a) : le tav de vatikhov ("elle écrivit") est la dernière lettre de l’alphabet, ce qui signifie que l’histoire d’Esther met fin à tous les miracles qui sont présentés dans la Bible

La mission d’Esther lui est imposée : "car si tu persistes à garder le silence à l’heure où nous sommes, la délivrance et le salut surgiront pour les Juifs d’autre part, tandis que toi et la maison de ton père vous périrez. Et qui sait si ce n’est pas pour une conjoncture pareille que tu es parvenue à la royauté ?" (Est 4:14). Autrement dit, les Juifs seront sauvés dans tous les cas, mais le fait qu’ils soient précisément sauvés par Esther revêt une importance particulière. Peut-être est-ce la condition nécessaire pour la reconstruction du Temple (qui est "la maison de ton Père" : d’après le Midrash, Esther engendrera Darius qui permettra aux Juifs de le reconstruire.

Et c’est alors qu’a lieu ce massacre de la population de Suse, qui conclut le livre.
"...Il y a une grande supériorité de Kipourim sur Pourim, car la faute y est pardonnée et dépassée ; le mal est transcendé par le repentir général ; le pardon y est accordé par Dieu et toute la création rentre dans l’ordre du bien triomphant constamment du mal par la seule force de la prière et de l’esprit. Tandis que Pourim laisse un goût amer malgré tout, même si, par légitime défense, les Juifs de Suse sont fondés à tuer. C’est un échec relatif des relations entre Israël et les nations puisque le mal et la méchanceté (Haman et ses complices) sont supprimés par la force physique" (A. Abécassis, la pensée juive ).

Il n’en reste pas moins que le personnage d’Esther demeure une grande figure de la pensée juive comme de la pensée universelle, comme en témoignent les nombreuses œuvres d’art qui lui ont été consacrée. Un grand kabbaliste, le Rabbi de Komarno nous dit : "Esther est la jumelle de Moïse et elle se trouve au même degré que lui". Le monothéisme a privé le peuple juif de ses déesses. Peut-être peut-il s’en consoler avec ses prophétesses ?


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GISELE FREUND

GALERIE
PORTRAIT
PHOTO 1 - 2
JOYCE
ACTU
ARHV

Elle se qualifiait de
"journaliste reporter photographe" et non d'artiste.

Pionniaire du portrait en couleur, Gisèle Freund s'est toujours battue pour que la photographie soit reconnue comme un Art à part entière.



"Personne ne se voit tel qu'il paraît aux autres. Nous habitons notre visage sans le voir, mais nous exposons cette partie du corps au premier venu qui nous croise dans la rue."

"A l'époque où je les ai photographiés, ils n'étaient connus que d'un public restreint. Ce n'est que des décennies plus tard que leurs oeuvres sont devenues célèbres et connues dans le monde entier"


1908-2000

Photographe

Gisèle Freund naît à Schöneberg, près de Berlin, le 19 décembre 1908 dans une famille de la bourgeoisie juive allemande. Elle a un frère, Hans. Son père Julius Freund, dirige des affaires familiales, c'est aussi un grand collectionneur, passionné d'art. Sa mère, Clara, est issue d'une famille d'industriels. C'est une femme rigide et conservatrice qui impose à sa fille des études d'arts ménagers.
Gisèle Freund réussit néanmoins à passer son baccalauréat et reçoit à cette occasion son premier appareil photo, offert par son père. Elle étudie ensuite la sociologie à l'université de Francfort-sur-le-Main, adhère aux Jeunesses socialistes et manifeste contre la montée du nazisme. En 1933, avertie d'une prochaine arrestation d'étudiants, Gisèle part précipitamment pour Paris où elle avait déjà séjourné auparavant. Elle s'inscrit à la Sorbonne pour une thèse de sociologie sur la photographie en France au XIXe siècle, un sujet totalement nouveau à l'époque. Pour gagner sa vie, elle commence à photographier des écrivains qui deviendront célèbres et la rendront célèbre elle-aussi. Elle réalise notamment le portrait d'André Malraux en 1935 pour illustrer la réédition de son livre La Condition humaine. A la même époque, Gisèle Freund se lie d'amitié avec Adrienne Monnier, directrice de la librairie et maison d'édition " La Maison des Amis des Livres ", située rue de l'Odéon. C'est Adrienne qui aide Gisèle Freund à traduire sa thèse en français et à la publier en 1936. Dans la librairie de son amie, Gisèle rencontre de nombreux écrivains. Elle tire leurs portraits sans aucune retouche, une éthique professionnelle à laquelle elle est restée fidèle tout au long de sa carrière, tout comme elle est restée fidèle à son refus de travailler pour la publicité ou de photographier la misère, les massacres ou la mort.
En 1936, l'année de la publication de sa thèse, Gisèle Freund se marie, acquiert la nationalité française et travaille pour le magazine américain Life. Elle divorcera quelques années plus tard. Elle est à Londres lorsque la guerre est déclarée en 1939, et elle s'empresse de regagner Paris. Juive et d'origine allemande, elle réalise qu'elle est trop en danger dans la capitale. Elle part se réfugier chez des amis d'Adrienne Monnier qui vivent à Saint-Sozy, un petit village du Lot, près de Souillac. Elle y passe deux ans, puis part en Argentine où elle est invitée par la milliardaire Victoria Ocampo, sur l'intervention d'André Malraux. Mal à l'aise dans la richissime demeure de son hôtesse, elle quitte Buenos Aires et part en reportage en Terre de Feu, en Uruguay, puis dans d'autres pays d'Amérique latine. Elle travaille aussi pour le ministère de l'information du gouvernement de la France Libre.
Au lendemain de la guerre, Gisèle Freund revient à Paris en 1946. Elle y présente ses photos dans une exposition consacrée à l'art sud-américain, puis repart en Patagonie où elle travaille pour le Musée de l'Homme. Elle signe ensuite un contrat avec l'agence américaine Magnum qui a ouvert son premier bureau en France. Elle est la seule journaliste femme de cette agence avec laquelle elle travaille jusqu'en 1954. Elle travaille ensuite pour de nombreux magazines : Paris Match, Art et décoration, Images du Monde, Verve… Elle continue aussi à photographier les artistes qu'elle aime. Sa notoriété grandit dans toute l'Europe où elle est sollicitée pour des conférences qu'elle peut animer en allemand, en français, en anglais ou en espagnol, quatre langues qu'elle pratique parfaitement.

En 1968, Gisèle Freund est le premier photographe invité à exposer ses œuvres au Musée d'art Moderne de Paris. A l'occasion de cette reconnaissance tardive par sa patrie d'adoption, la critique est élogieuse. Gisèle Freund compte désormais parmi les grands noms de la photographie internationale. Elle s'octroie alors le temps d'écrire. Elle publie notamment Photographie et Société, une analyse sociologique dans le prolongement de sa thèse. Cet ouvrage deviendra un classique pour les étudiants en photographie. En 1980, Gisèle Freund reçoit le grand prix national des Lettres pour la photographie. Un an plus tard, elle réalise le portrait officiel de François Mitterrand ; ce sera pratiquement son dernier travail photographique. Le Centre Pompidou lui consacre une nouvelle exposition en 1991.
Elle lègue plus de trois cents photographies à l'Etat quelque temps avant sa mort, survenue le 30 mars 2000 à Paris.

Dans les Entretiens qu'elle avait accordés en 1991 à Rauda Jamis, Gisèle Freund s'est peu attardée sur sa vie privée. Elle y évoque rapidement son mariage en 1936 et son divorce quelques années plus tard et y dit son regret de ne pas avoir eu d'enfants. Elle souligne aussi que, devenue française par son mariage, elle avait pu rapidement obtenir un passeport, mais pas de carte d'identité. Ce n'est que beaucoup plus tard, en 1983, à la veille d'être décorée de la Légion d'honneur par le Président de la République François Mitterrand, qu'elle reçu sa carte d'identité nationale. Dans Le monde et ma caméra, Gisèle Freund avait déjà dit sa souffrance d'être étrangère en France ; elle le redit à Rauda Jamis :

Mon grand problème, toute ma vie, à été de me faire accepter comme Française. Une vraie tragédie ! Une obsession ! J'en ai tellement souffert... C'est seulement lorsque j'ai reçu la Légion d'honneur que, curieusement, les choses ont un peu changé dans mon esprit. Je me sens au moins acceptée. On me considère enfin comme une Française, comme Max Ernst par exemple, ou Marc Chagall. " Les Français sont doués, finalement, pour récupérer les talents étrangers " disait Adrienne.
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Gisèle Freund (née près de Berlin, mais ayant choisi la nationalité française en 1936) est unanimement considérée comme la plus grande photojournaliste de son siècle. Pourtant ce sont surtout ses portraits photographiques d'artistes, d'intellectuels et d'écrivains - portraits qu’elle a commencé de réaliser dès 1930 - qui ont le plus contribué à asseoir sa notoriété.

Femme de très grande culture, ayant suivi des études de sociologie à Fribourg, puis à Francfort (Karl Mannheim, Theodor Adorno,...), passionnée de littérature, Gisèle Freund ne se destinait pas a priori à la photographie. C’est pourtant avec ce langage universel qu’elle va commencer à gagner sa vie. Fuyant l’Allemagne hitlérienne, elle rejoint Paris le 30 mai 1933, emportant avec elle son Leica, un cadeau de son père, et tout un lot de pellicules qui témoignent de la violence nazie à l’encontre des étudiants dissidents dont elle fait partie. terresdefemmes



Si la photographie a exercé une influence profonde sur la vision de l’artiste, elle a changé aussi la vision de l’homme de l’art. La manière de photographier une sculpture ou une peinture dépend de celui qui se trouve derrière l’appareil. Le cadrage et l’éclairage, l’accent que le photographe met sur les détails d’un objet peuvent complètement modifier son apparence. Les reproductions que nous contemplons dans un livre changent en fonction de l’échelle à laquelle elles sont reproduites. Un détail démesurément agrandi fausse l’image que nous pouvons nous faire de l’ensemble d’une sculpture ou d’une peinture. Une miniature peut sembler aussi grande que l’immense sculpture du David de Michel-Ange à Florence. « La reproduction a créé des arts fictifs en faussant systématiquement l’échelle des objets, en présentant l’empreintes des sceaux orientaux et des monnaies comme des estampes, des colonnes et des amulettes comme des statues » constate Malraux dans le Musée Imaginaire.1001feuilles



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