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GIORGIO BASSANI


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licparis

" Les Poetes se confessent toujours mieux à travers un de leurs personnages"


Né en 1916,(mort en 2000) brillant étudiant et sportif émérite, il voit ses promesses de carrière brisées par la promulgation des lois raciales de 1938 qui barrent l'accès aux Juifs d'une multitude de postes privés ou publics. Il lui devient impossible de poursuivre ses chroniques, entamées en 1935 dans le Corriere Padano et il doit publier sous pseudonyme son premier roman, Una città di panura, en 1940. Par nécessité, mais avant tout par conviction, il gagne la clandestinité et s'engage dans des activités antifascistes aux côtés de ses pairs en littérature, Gadda ou Eugenio Montale. Après la guerre, à la faveur d'une rencontre avec la princesse Caetani, il dirige la revue Botteghe Oscure, l'équivalent italien de Commerce, avec un souci semblable à celui de Valery Larbaud : être passeur et découvreur de littérature du jour et du monde. C'est ainsi qu'il fait connaître René Char, Artaud, Bataille, Capote ou Auden, tout en publiant également Elsa Morante et Moravia. C'est aussi dans la revue que paraissent ses nouvelles ferraraises comme une plaque commémorative via Mazzini. De ses textes épars, ses nouvelles et romans où les mêmes thèmes et la même voix ont des modulations un peu inégales, Bassani a voulu faire un recueil et s'est livré à un travail incessant pour trouver une unité de ton qui a donné naissance au Roman de Ferrare, publié pour la première fois en 1974 et aujourd'hui enfin traduit. A cette somme s'ajoutent des entretiens intitulés En réponse, passionnant regard sur la littérature et sur ses contemporains. Ecrivain d'un siècle passé, Giorgio Bassani s'est éteint au lendemain du nouveau millénaire, le 13 avril 2000.
Certes, le reproche fait par Calvino d'une « préciosité crépusculaire », qui pourrait rappeler celle de Stefan Zweig, n'est pas dénué de fondement. Toutefois, d'autres pans de l'oeuvre du romancier sont, eux, visionnaires : ainsi en est-il du Héron, en 1968. Son dernier roman et le premier situé hors de Ferrare, dans la plaine du Pô, doit se lire à la lumière des préoccupations écologiques de Bassani, rares à l'époque, et dont les écrits militants sont aujourd'hui redécouverts en Italie. Un tempérament plus complexe que ne le laisse paraître son style lisse, donc. Quelques-uns des plus grands de son temps ont su déchiffrer chez le romancier le feu grondant sous une désuétude apparente, fustigée par l'avant-garde de son époque. Cette ambivalence est ainsi captée par Italo Calvino, qui voit dans la description de la petite-bourgeoise provinciale de Bassani : « D'un côté un amour nostalgique pour le temps où il s'y sentait intégré, de l'autre une haine mortelle pour l'outrage subi .» « Ce qui prédomine, c'est au fond le regret du petit-bourgeois juif de n'être pas un petit-bourgeois quelconque et ses efforts pour sembler tel. En réalité, toute la poésie de Bassani trouve sa source dans ce regret », écrit pour sa part, dans sa préface au Roman de Ferrare, Pier Paolo Pasolini. « Une humanité qui oublierait Buchenwald, Auschwitz, Mauthausen, je ne peux l'accepter. J'écris pour qu'on se souvienne », résumait lui-même le romancier. Les regrets, le crépuscule... comme si Giorgio Bassani était, lui aussi, un scribe du monde d'hier.lefigaro


"En moi il y avait le désir que mes nouvelles aient une signification différente, plus riche et profonde que ce que produisait la littérature italienne d'alors, même la plus importante. À la différence des autres, de tous les autres, je prétendais être, en plus d'un auteur de fiction, également un historien de moi-même et de la société que je représentais. Je m'opposais. [...] J'entendais être un historien et un historiciste, non un raconteur de bobards.
Je suis parti de là, je ne peux pas feindre de ne pas être parti de là. Je crois à la réalité spirituelle comme à la seule réalité [...]. J'y crois vraiment. Et c'est aussi pour cela que je me suis acharné sur mes textes pour en faire une seule oeuvre. C'est uniquement pour cette raison que j'ai écrit et réécrit chaque page de mes livres. J'ai écrit et réécrit pour dire, à travers mon oeuvre, la vérité. Toute la vérité."
Giorgio Bassani, En réponse VII, 4 mai 1991.radiofrance

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