Plan general : famous jews

Affichage des articles dont le libellé est Sefarade. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sefarade. Afficher tous les articles

RABBI DAVID BEN AARON HASSINE


FAMILY
MAROC


Un XVIIIe siècle poétique
Le XVIIIe siècle est une période de prospérité intellectuelle et spirituelle pour les juifs au Maroc.
A cette époque, de nombreux piyyoutim insérés dans la liturgie séfarade locale se diffusent dans tout le bassin méditerranéen.



Le siècle des lumières n’a pas encore atteint son apogée en Europe et la renaissance de la langue hébraïque patientera encore un siècle avant que des œuvres inspirées du mouvement de la Haskala ne voient le jour. Pourtant, au Maroc, un poète juif du XVIIIème siècle, David Hassine (né à Meknès en 1722 et mort en 1792) plongeant ses racines dans les profondeurs de la Torah et de l’exégèse biblique héritier de la tradition culturelle et cultuelle de l’âge d’or espagnol, compose ses contemporains, et surtout, pour son Créateur des piyyutim, poèmes liturgiques chantés, dans un hébreu vivant, riche et mélodieux.
David Hassine est une des figures les plus connus de la poésie liturgique juive marocaine et ses piyyutim ont été diffusés à travers le monde sépharade. Il a en effet voué sa vie au piyyut. Il y chante, prenant à témoin, les petites et les grandes joies, les solennités, les douleurs et les drames d’une communauté dont il fait l’écho harmonieux et passionné, écho de cet espoir bimillénaire du retour à Sion
centrecomparis


Originaire de Meknès, ce rabbin contemporain de Rabbi Chélomo Halioua est considéré comme le plus grands des poètes juifs du Maroc. Il est notamment l’auteur de Téhila Ledavid (Hymne à David), un recueil de poèmes liturgiques et élégiaques qui inspira de nombreux chants marocains et de Mékoman chèl zébahim (La place des sacrifices), une versification des rituels de l’abattage.akadem

Les grands poètes juifs marocains

Rabbi Ya’acov Abensour, dit Yabetz (1673-1753)
De Fès à Tétouan, en passant par Meknès, Rabbi Ya’acov Abensour accumule les titres et devient le premier rabbin à rouvrir un tribunal rabbinique à Fès : successivement kabbaliste, grammairien,astronome et poète, il est l’auteur de nombreux recueils de chants et de poésies liturgiques ; pour n’en citer qu’un seul : H’et Lékhol Héfétz (Un temps pour toute chose). Ses recueils de commentaires et de responsa sont restés célèbres sous le nom de Michpat outsdakah béya’akov (Loi et charité de Jacob).

Rabbi Chélomo Halioua (XVIIIe s.)
Originaire de Meknès, ce rabbin, resté célèbre pour sa qualité de poète, est l’auteur de lamentations sur les persécutions des communautés juives du Maroc, particulièrement féroces sous le règne de Moulay Yazîd (1790-1792).


Les journées du judaïsme marocain
Poésie et éxégèse biblique judéo-marocaines
Moshé Bar-Asher, Professeur d'hébreu à l'Université de Jérusalem

L'Education d'un Poete et Talmid Hakham a Meknes au debut du 18e sciecle David Ben Hassine
Andre E. Elbaz
Carleton University Departement d'Etudes francaise

ABRAHAM BAR HIYYA


BIO
SAVASORDA
PORTRAIT
ETUDE
HISTOIRE



Abraham bar Hiyya
dit Savasorda
v. 1065-1136

Philosophe, Mathématicien, traducteur et astronome. Il a suivi des études à la cour arabe des Hudide à Saragosse. Installé à Barcelone, il y rédige ses ouvrages en hébreu à la demande des autorités juives de Provence. Il laisse des ouvrages de mathématiques, d'astronomie, des descriptions géographiques, une encyclopédie, des écrits philosophiques.


Abraham bar Hiyya Hanassi (Hébreu: אברהם בר חייא הנשיא Abraham fils de [Rabbi] Hiyya "le Prince") (1070 Barcelone, Espagne – 1136 Provence, France) était un rabbin, mathématicien, astronome et philosophe, également connu sous le nom de Savasorda (de l'Arabe صاحب الشرطة Sâhib ash-Shurta "Chef de la Garde"). Il vécut principalement à Barcelone.

Il diffusa l'équation du second degré en Occident, en des temps troublés où le savoir voyageait peu.

Il est également auteur de Higayon haNefesh (Logique de l'âme) et Meguilat HaMegualè (Le Rouleau du Révélateur), premiers ouvrages philosophiques rédigés en hébreu, bien que la théologie, l'eschatologie et l'éthique y soient plus abordés que la philosophie proprement dite.

Sa pensée emprunte à Aristote autant qu'à Plotin. Ainsi, il souscrit à la doctrine émanationniste, mais intercale un monde de lumière et un monde de domination entre Dieu et les substances spirituelles. Ses conceptions de forme et matière sont, quant à elles, aristotéliciennes, car ces principes ne peuvent exister que dans le monde corporel et non dans celui des substances simples.wiki

Abraham bar Hiyya (connu en latin sous le nom de Savasorda) a été éduqué et formé scientifiquement dans l'une des principautés arabes issues de la chute du califat de Cordoue, sans doute à Saragosse sous la dynastie hudide (1039-1118), dont plusieurs souverains furent des savants renommés. C'est toutefois à Barcelone, en pays chrétien, qu'il composa ses oeuvres originales en hébreu, à la demande pressante des dignitaires juifs de Provence, soucieux de mettre à la portée d'un public ne lisant pas l'arabe des ouvrages scientifiques de base. Nous lui connaissons deux compositions mathématiques: une encyclopédie scientifique (Yesodey ha-Tevuna u-Migdal ha-Emuna, Les fondements de la raison et le tour de la foi) et un ouvrage de "géométrie pratique"(Hibbur ha-Meshiha we-ha-Tishboret, Le traité de la mesure des surfaces et des volumes) , qui sera traduit en latin par Platon de Tivoli en 1145ufr

MOSHE CORDOVERO


PORTRAIT
RABBI
RAMAQ
BIOGRAPHIE











Rabbi Moïse Cordovéro (1522-1570) est une des plus hautes figures de la cabale de Safed. Dans le Palmier de Debora qui, très significativement, se présente comme un exposé éthique, il condense magistralement les grandes intuitions de la cabale. Les exigences qu’implique « la ressemblance à Dieu » qui est commandée à l’homme forcent la pensée cabalistique à exprimer, avec hardiesse et radicalité, sa plus intime parole. C’est que – et c’est là le message du livre –, le rapport à Dieu est en jeu concrètement dans le rapport au prochain.
Destiné à un large public, Le Palmier de Débora a été souvent reçu comme un guide de morale. Mais l’on se leurrerait à n’y voir que cet aspect. Ce petit livre est sans doute la percée éthico-métaphysique la plus franche de la pensée juive dans son ensemble, tant sa langue et son contenu mêlent de façon aiguë la plus haute mystique et la plus exigeante pratique.
La simplicité du texte, sa vibrante clarté est l’écrin qui recèle une profondeur de pensée rarement atteinte.verdier

1522-1570. Originaire de Palestine (Safed). Élève et disciple de Rabbi Yossef Caro, rabbin, juge, cabaliste et dirigeant de yéchivah, il est l’auteur d’ouvrages talmudiques et cabalistiques dont plusieurs sont encore manuscrits. Ses œuvres majeures, qui s’appuient en particulier sur une perspective dialectique quant au fonctionnement des Séfirot (Émanations), comprennent Pardés rimonim (Le verger des grenadiers), un essai de synthèse systématique des thèmes cabalistiques; Chih’our koma (Les qualifications infinies de D’ieu), un commentaire des parties anthropomorphiques du Zohar (Le livre de la Splendeur), un ouvrage cabalistique célèbre; Or néh’érav (Douce lumière) qui expose la méthode d’étude de la Cabale et de ses règles; Or yakar (Lumière précieuse), un commentaire sur l’ensemble du Zohar et d’autres textes caba-listiques; Tomer Débora (Le Palmier de Déborah), un traité d’éthique basé sur les référents cabalistiques et Séfér Guérouchin (Le livre de l’Expulsion).

JOSEPH HAIM SITRUK


LES AMIS DU RABBI
VIDEO
COURS
viejuive
torah box
alef ledoroth
yomhatorah




"Je suis un rescapé de la prière"



Joseph Haïm Sitruk ne a Tunis en Tunisie, le 16 octobre 1944 est le grand-rabbin de France de juin 1987 à 2008
Suivant une tradition juive, le prénom Haïm (signifiant vivant) a officiellement été ajouté à son nom en 2001 pour l'aider à guérir après l'attaque cérébrale dont il a été victime.


Homme de contact et d'idéologie, il organise et dynamise la communauté française. Une grande partie des juifs de l'Hexagone se réconcilie avec ses valeurs propres :La trilogie Torah / Peuple / Terre prend toute sa dimension. Beaucoup décideront alors de vivre leur judaïsme en Israël. Depuis l'influence de l'instigateur de ce renouveau ne cesse de se poursuivre par-delà la Méditerranée ...

Régulièrement ,le Grand Rabbin de France vient en Israël à la rencontre de ses anciens fidèles , à l'occasion de veillées d'étude comme Hoshana Raba , ou de rassemblements populaires chaque été à Netanya .

L'idée d'officialiser ces rendez-vous et d'étoffer les actions , en direction de la population francophone israélienne , s'impose d'elle-même .En 1998 , à l'initiative du Grand Rabbin de France , l'association ALEF LEDOROTH YEROUSHALAYIM est créée . Son but est de contribuer à la diffusion de la Torah auprès des Israéliens d'expression française.

Chaque visite du Grand Rabbin de France en Israël donne lieu à des rassemblements importants . Depuis plusieurs annees, des rendez-vous réguliers sont pris entre le Rav Yossef Sitruk et la communauté francophone israélienne ,veillées d'étude de Hoshana Raba , rassemblements d'été à Netanya , délégations de soutien en Israël ou cérémonies au Kotel attirent plusieurs milliers de personnes .chiourim


«RIEN NE VAUT LA VIE»

Joseph Haïm Sitruk

Tunis, le sel de l’enfance

D’entrée de jeu, je me dois de faire une confidence : il n’y a pas d’érosion dans le temps. Les jours, les semaines, les mois puis les années passent mais cela ne change rien. Bien sûr, chacun vaque à ses occupations, et tous, imperturbables, l’air solide et sûr de soi, nous aimons, travaillons, nous sommes émus, tristes ou joyeux, mais nous gardons toujours, enfouis en nous, comme un trésor secret, les souvenirs de l’enfance. Cela ne veut pas dire, évidemment, que nous sommes prisonniers d’un hier magnifié ni esclaves d’un temps jadis idéalisé. Dans le domaine de l’esprit, le temps ne change rien. Avant d’écrire les lignes qui vont suivre, j’ai fait repasser dans mon cerveau, l’espace d’un court instant, les différentes étapes de mon itinéraire. J’ai revu Tunis, mes parents, ma grand-mère, je suis retourné à Nice et j’ai eu, de nouveau, un coup de foudre pour celle qui allait partager ma vie. J’ai participé aux activités des Éclaireurs israélites, j’ai suivi les cours du séminaire rabbinique, j’ai marché, à l’aube, dans les rues désertes de Bnei Brak pour m’initier à la Kabbale, j’ai été un rabbin tunisien heureux sur la terre ashkénaze de Strasbourg et j’ai revu – je revois – la lumière crue sur les pierres blanches de Marseille. Enfin, en 1988, je suis devenu Grand Rabbin de France, tentant, à la juste mesure de mes moyens, de mobiliser ma communauté autour des valeurs fédératrices de la Torah. C’est certain, le temps ne change rien, il n’y a pas d’érosion dans le temps et en revisitant les étapes de mon parcours, j’ai l’impression non pas, mettons, de faire le tour du monde mais, plutôt, curieusement, un tour de pâté de maisons.
Ce que m’évoque la Tunisie, c’est le bonheur immense d’une communauté paisible. Un long fleuve tranquille. Un lieu pacifié où toutes les communautés, quelle que soit leur religion, vivaient en harmonie. Oui, comme dans un arc-en-ciel où chaque couleur est nécessaire sans, à elle seule, être suffisante, là-bas, chacun était la partie d’un tout, chaque communauté, un élément d’une famille plus vaste dans un environnement sécurisant et serein. Il se dégage de Tunis une grande sérénité. Sérénité, c’est le mot juste. Ce judaïsme que je n’ai pas connu mais dont, malgré tout, je fus l’héritier et le dépositaire, c’est exactement cela : un sentiment de paix, un bonheur intérieur, de bonnes relations avec les voisins arabes, une grande amitié avec les copains juifs. Tunis, c’était des familles qui se fréquentaient, qui vivaient, au sens littéral, ensemble. J’ai parlé de ma grand-mère maternelle, je dois préciser que mes autres grands-parents sont décédés avant ma naissance. Mon grand-père paternel, Sion Sitruk, est mort à l’âge de 48 ans, sans doute victime d’une attaque cérébrale puisque, lors de mon voyage en décembre 2004, j’ai pu lire l’épitaphe qui recouvre sa tombe, écrite, comme c’est la coutume, en judéo-arabe :« La mort m’a cueilli alors que je marchais dans la rue avec mes amis. » J’ai toujours été fasciné par ce grand-père que je n’ai pas connu. C’est sans doute de cet homme, qui avait une barque de pêcheur avec laquelle il se rendait dans la baie de Tunis, que j’ai hérité ma passion pour la voile. Je sais de lui qu’il était extrêmement distingué, élégant et digne – cette dignité que mon père portait si bien. De mon grand-père paternel, j’ai récupéré quelques livres de Torah, notamment un livre du Zohar, tradition de la Kabbale, et un livre de selihot, les prières qu’on récite avant Roch Hachana et Kippour. Je les ai reliés, conservés, et je m’en sers toujours aujourd’hui avec beaucoup d’émotion. De mon grand-père et de mon père, il me reste, oui, un livre dont je me sers et que je garde avec précaution parce qu’il transporte avec lui des bribes essentielles de mon monde d’hier. Non, le temps ne change rien.
J’ai découvert Israël par la mer, à l’allure d’un bateau qui va de Gènes à Haïfa. Quand j’ai vu de loin le port de Haïfa, j’ai ressenti cette émotion qu’ont dû ressentir, avant moi, tous les immigrants qui sont arrivés vers la Terre promise depuis la création de l’État juif. Même si le voyage a duré trois nuits et quatre jours, la traversée s’est avérée très agréable et l’arrivée en Israël, une fois passée la mer Méditerranée orientale, reste pour moi un moment d’une intensité inoubliable. Les formalités accomplies, je ne sais pas encore que je me dirige vers un lieu, des gens, une ambiance que je ne retrouverai nulle part ailleurs. Nousallons retrouver, là-bas, la famille Hassan, des francophones originaires du Maroc qui nous initieront à ce milieu qu’on qualifie d’ultra-orthodoxe et qui, derrière ce qualificatif rapide, cache un univers à part, merveilleux, où chaque être recèle des trésors cachés, une connaissance personnelle des Textes, un rapport au Temps et à son identité calqué sur trois mille ans d’Histoire.
Bnei Brak, c’est bien sûr la ville de Rabbi Akiva, à mi-chemin du Ier et IIe siècle. Mais c’est aussi la ville qu’a reconstruite le Rav Kahanman, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cet homme, ce sage, véritable tsaddik, avait tout perdu, sa famille, ses élèves, sa ville natale durant la guerre. Il va réinstaller, là, sur une colline, tout ce que, dans la tragédie, le silence, les cendres et les larmes, il venait de perdre. Sur un terrain vierge, un terrain de dunes, de sable, il va, guidé par sa passion de la Torah et la main de l’Éternel, reconstruire son monde disparu. Fidèle au message juif, qui permet à la fois l’espérance et le désespoir, la confiance en l’avenir et la mélancolie due au passé, il va redonner là, sur une colline, un souffle à ce lieu qu’il avait connu et aimé et que les nazis, dans leur folie meurtrière, avaient décidé de rayer de la carte, effacer de la surface du globe, extraire de l’humanité. Peine perdue, parce que cette ville, Poniewicz, du nom de sa ville natale, ne va pas être un espace funèbre où on viendra se recueillir sur les dernières traces d’un monde englouti, éparpillé en cendres, un univers qu’on ne reverra plus jamais, anéanti, disparu à jamais, relégué pour toujours dans le souvenir imparfait d’une littérature belle et riche d’enseignements, comme on dit d’une langue morte. Non, Poniewicz va être un lieu vivant, dynamique, un espace d’études, qui affirme, envers et contre tout et tous, la continuité du message juif. Ce n’est pas seulement un pied de nez à l’Histoire, c’est la ville de Lituanie qui revoit ses enfants retourner à l’école, ses Juifs réétudier la Torah, son petit monde ressusciter.tribune juive


Lire dans tribune juive : Interview de Rabbi Joseph Haim Sitruk

*

Aujourd’hui, dimanche 22 juin 2008,Le Grand Rabbin Gilles Bernheim a été élu Grand Rabbin de France

ISAAC ABRAVANEL


I.ABRAVANEL
1492
DON ISAAC
INSTITUT
LIVRE
BIO
TEXTE
DECRET
SITE


Juif et homme d’état
(1437-1508)
Don Isaac ben Yehouda Abravanel, membre de la célèbre
famille Abravanel, est un homme d’état, philosophe,
commentateur biblique et grand financier juif.



Lorsque, vers 1506, presque au terme de sa vie, Abravanel rédige ses commentaires sur les quatre premiers livres bibliques, il a connu plusieurs fois la gloire et la fortune, puis la disgrâce et l’exil. Homme politique et financier des rois du Portugal, d’Espagne, de Naples, enfin des très puissants doges de Venise, il fut aussi l’ardent défenseur de sa communauté et, dans cette période qui connut l’expulsion des juifs, il œuvra avec une ténacité sans faille pour la sauvegarde de sa religion.
Grand commentateur du Guide des égarés de Maïmonide, son exégèse biblique s’appuie autant sur les maîtres de la tradition, le Talmud, le Midrach, que sur une connaissance très approfondie de la philosophie – d’Aristote notamment –, ainsi que des penseurs de l’islam Avicenne et Averroès.
Auprès de Maïmonide, Nahmanide, Juda Halévy, il est l’une des figures majeures du judaïsme ibérique médiéval. Son commentaire de la Bible est considéré comme un classique.verdier

(1437-1508). Originaire du Portugal (Lisbonne). Rabbin, talmudiste, philosophe et exé-gète, il fut également commerçant et hom-me d’État. Trésorier du roi du Portugal et accusé de complot, il se réfugia en Castille où il fut nommé collecteur d’impôts et administrateur de l’armée par le roi Ferdinand. Il participa au financement du voyage de Christophe Colomb. À la suite de l’Expulsion d’Espagne, après avoir lutté pour renverser la décision des rois catholiques, il décida de se réfugier en Italie où il occupa le poste de trésorier du roi de Naples. Chassé de cette ville, il mourut à Venise. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Mah’yéné Haychouh’a (Les sources salutaires); Yéchouh’ot Méchiho (Les secours du Sauveur); Machmiah’ yéchouh’a (Proclamation de la rédemption), tous trois sur le messianisme; H’atéret zékénim (Couronne des vieillards) sur la providence divine; Nifla’ot Élokim (Les merveilles de D’ieu); Mirkévét hamishné (Le second char), de nombreux commentaires bibliques; Chamayïm hadachim (De nouveaux cieux) sur la création du monde; Nahalat Avot (Héritage des Pères), un commentaire sur le Traité des Principes; Tsédék h’olamim (Justice éternelle) et Yémot h’olam (Les jours antiques). Son œuvre s’appuie sur une perspective politique et historico-théologique où domine une vision cataclysmique de l’Histoire. L’Expulsion d’Espagne est annonciatrice de la rédemption qui s’effectuera en trois phases: la vengeance de D’ieu sur les Chrétiens et les Musulmans, le retour des dix tribus d’Israël et la résurrection des morts.

Lire sur lamed : Texte de Don Isaac Abravanel
... En l'année de mizara Yisrael (" Celui qui a dispersé Israël " Jérémie 31, 9) [le nombre 252, c'est à dire 5252, ou 1492, est la valeur numérique (guematria) des lettres composant mizara note du traducteur], le roi de l'Espagne a conquis tout le royaume de Grenade ainsi que la grande ville de Grenade, fortement peuplée et très importante. Ésaü [le roi d'Espagne] s'est alors dit dans son cœur : " Comment remercierai je Dieu de m'avoir permis de remporter la victoire ? Comment témoignerai je ma reconnaissance à mon Créateur qui a livré cette ville entre mes mains, si ce n'est en faisant entrer sous Son aile le peuple qui marche dans les ténèbres, l'agneau dispersé d'Israël, et en faisant revenir à ma foi cette fille entêtée ? Si je n'y parviens pas, je les expulserai vers un autre pays, de sorte qu'ils ne vivront plus dans le mien et ne paraîtront plus devant mes yeux. "

JOSE ABOULKER


PORTRAIT



José Aboulker,
compagnon de
la Libération





La résistance juive à l’honneur - L’opération Torch
Le 8 novembre 1942 marque le premier succès allié de la Seconde guerre mondiale.
Aidés par la résistance locale, les américains débarquent en Afrique du Nord et libèrent Alger.

Les préparatifs
La Grande Bretagne a manqué de peu d’être envahie, et le front russe est prêt de céder lorsque les américains décident, au printemps 1942, d’ouvrir un second front pour soulager les forces soviétiques qui combattent les Nazis à l’Est. L’Afrika Korps, sous les ordres du général Rommel,est par ailleurs sur le point d’atteindre le canal de Suez comme le redoute Churchill, conscient de la puissance que gagnerait l’Axe en s’emparant de cette nouvelle voie navigable qui débouche sur l’Océan indien. L’opération Torch prend ainsi naissance au plus fort de la domination allemande.Le gouvernement de Vichy, particulièrement bien implanté en Afrique du Nord, laisse craindre un échec d’un débarquement américain. Ce sont deux groupes de patriotes français favorables à la cause alliée qui, prenant contact avec des diplomates de l’O.S.S. (actuelle C.I.A.), permettent de rendre viable le projet. A leur tête, deux cousins, des pied-noirs d’origine juive: Roger Carcassonne à Oran et José Aboulker à Alger.

Le débarquement proprement dit
Le 8 novembre 1942, 107 000 hommes placés sous le commandement du général Eisenhower,
débarquent en Afrique du Nord, assistés par la résistance locale à Alger d’un côté, et accueilli sous le feu de la mitraille vichyste, au Maroc, de l’autre.
Véritable putsch militaire, le renversement du gouvernement de Vichy à Alger par 400 résistants a des conséquences immédiates : en premier lieu le succès de l’opération Torch ; en second, le retournement de l’armée d’Afrique qui, après trois jours de combats sanglants contre les Américains,termine finalement la guerre dans le camp allié.
Les 2/3 de ces patriotes sont juifs. A leur tête, José Aboulker, un jeune étudiant en médecine de 22 ans. Le 8 novembre, il se lance, accompagnée d’une poignée de camarade, à l’assaut du Commissariat central. Cet événement marque le début de la libération d’Alger par la résistance locale et la première victoire des forces alliées contre les puissances de l’Axe.akadem


Né le 5 mars 1920 à Alger, jeune médecin des hôpitaux de Paris, José Aboulker entre dans la Résistance en février 1941. D'août 1941 à novembre 1942, il est l'un des principaux animateurs de la Résistance en Algérie et prépare le débarquement allié. Dans la nuit du 8 novembre 1942, il dirige l'occupation d'Alger, ralliant une partie de la police et évacuant la préfecture assiégée. Arrêté, il rejoint Londres en avril 1943 et s'engage dans les Forces françaises libres. Délégué à l'organisation du service de santé des maquis et des FFL, il est envoyé en mission en octobre 1943, puis de Londres et d'Alger dirige les opérations de parachutage d'équipements chirurgicaux sur la France. Après la guerre, José Aboulker entre au parti communiste et devient un spécialiste en neuro-chirurgie, connu dans le monde entier. Il s'engage pour l'indépendance de l'Algérie et s'oppose au retour du général de Gaulle en 1958. Mais, fidèle au chef de guerre, il vote en sa faveur en 1965. Il appartient au service médical d'urgence constitué pour le président de la République après l'attentat du Petit-Clamart. charles de gaulle


Ecouter sur akadem :
Le difficile choix des juifs d'Algérie: 1948-1962
Des juifs plus Français que les Français

Albert Bensoussan, Professeur agrégé d'espagnol


*

On pourra lire Les Biographies des Compagnons de la Liberation
dont celles de Jean Pierre Levy ou celle de Max Guedj

MOSHE CAPSALI

TURQUIE
GRANDS RABBINS




Le Decret de l'Alhambra




1942 : Le Grand Rabbin Moshe Capsali demande au sultan Bayezid II d’accueillir les réfugiés juifs ibériques. Ils s'installent à Constantinople et à Salonique. Ils exercent d’abord comme marchands détaillant, puis développent leurs affaires et concurrencent les marchands ragusains, Arméniens et Vénitiens. Ils apportent dans ses villes l’imprimerie, les industries de la laine et de la soie, et d’après certains bruits le secret de fabrication des affûts d’artillerie de campagne wiki





Rabbi Moshe Capsali
(Circa 5180-5255; 1420-1495)

Notre histoire nous ramène près de cinq cent ans.Il y eu un moment très difficile pour les Juifs dans de nombreux pays chrétiens de l'Europe, en particulier en Espagne. À ce moment-là, un nouveau havre de refuge s'est ouvert pour les réfugiés juifs dans l'Empire turc.

Au cours de l'été 5213 (1455), le Sultan turc Mohammed II conquis Constantinople. Le sultan a ouvert les portes de son empire pour les réfugiés juifs, en sachant qu'ils pourraient apporter de nombreux avantages pour son pays. Il a permis aux réfugiés juifs de construire des maisons, des synagogues et des maisons d'études, et de pratiquer leur religion et leur mode de vie, librement. Les communautés juives de Constantinople et d'autres villes turques ont commencé à se développer et s'épanouir spirituellement et économiquement.

Sultan Mohammed II a bénéficié d'un médecin juif, dont le nom est Jacob. Jacob été homme sage, et le Sultan l'a nommé son ministre des Finances. Jacob avait une influence considérable sur le Sultan, et c'était comme un résultat de cette influence que le Sultan a accordé de nombreux droits et privilèges aux Juifs dans son empire.

Peu de temps après a été prise Constantinople par les Turcs, le rabbin Moshe Capsali a été nommé par le Sultan comme le Grand Rabbin (Chacham Bashi) de tous les Juifs dans l'empire turc. Il est devenu le représentant officiel du peuple juif et avait un siège au Conseil de tous les califes. Le poste de Rabbi Moshe Capsali etait plus élevé que celui du patriarche chrétien, qui etait le principal chef spirituel .

Pas beaucoup d'informations sont disponibles sur le rabbin Moshe Capsali , sauf qu'il venait d'une éminente famille juive, et qu'il a étudié la Torah dans plusieurs Yeshivoth en Allemagne et dans d'autres lieux. Quand il est arrivé à Constantinople, la communauté est petite et pauvre. Il a été nommé Dayyan (membre du juive Beth-Din, ou à la Cour). Mais, comme nous l'avons vu ci-dessus, après que la ville fut conquise par les Turcs, il est devenu le grand rabbin, et ses grands dons de leadership l'a rendu célèbre. Rabbi Moshe Capsali a utilisé ses hautes fonctions à bon escient, et il a fait beaucoup pour aider la croissance des communautés juives dans l'empire turc. Il a nommé des rabbins et dirigeants communautaires, et personnellement supervisé toutes les affaires des communautés juives. Il était aussi responsable pour les taxes que les Juifs ont dû payer pour le Sultan. Ce fut une source importante de revenus pour le Sultan, comme les Juifs l'avaient fait dans le développement de l'industrie et du commerce du pays.

Comme on pouvait bien s'y attendre, une telle position n'a pas été sans problèmes. Il y avait une secte qui a vu le jour plusieurs centaines d'années plus tôt.Ils ont nié le Talmud et l'ensemble de la loi orale, d'accepter seulement les T'NaCh .Ils ont commencé à réinterpréter la Torah à leur manière et, par conséquent, exclus eux-mêmes de la foi juive. À un moment où ils avaient des communautés fortes de leurs propres dans diverses villes dans les pays du Moyen-Orient, de l'Egypte à la Crimée et d'autres parties de la Russie.Mais peu à peu ils ont diminué en nombre.Toutefois, en vertu de l'attitude amicale du sultan,les karaïte congrégations à Constantinople, Adrionople et dans d'autres villes ont commencé à croître, car ils ont attiré Karaïtes de Crimée et d'autres parties de la Russie. Ils étaient tout à fait ignorants de la loi juive, et ils se sont tournés vers les Rabbins pour les enseigner. Certains rabbins, dans l'espoir de les convertir à la foi juive, a commencé à enseigner aussi les Mishnah et G'mara. Rabbi Moshe Capsali n'était pas en faveur de l'enseignement de la loi orale dans laquelle ils ne croyaient pas.

Un problème plus sérieux se pose dans le cadre de l'appui de la communauté juive en Terre Sainte. Depuis la destruction du Beth Hamikdosh, il y a toujours vécu une petite communauté juive dans la ville sainte de Jérusalem.Elle été pauvre et dépend pour son soutien sur la Tzedoko qui ont été recueillis pour eux de communautés juives dans d'autres pays.Spécial émissaires de la Terre Sainte serait de collecter des fonds à cette fin.

Or, au moment où le rabbin Moshe Capsali a été le grand rabbin de Constantinople, il y avait une communauté juive de l'italie et Juifs séfarades à Jérusalem. Plus tard, un certain nombre de Ashkenazic Juifs de l'Allemagne est venu à Jérusalem, mais ils n'ont pas été accueillis dans une manière conviviale par les Juifs qui n'étaient pas dans une bonne situation économique, et craint maintenant que leur position serait encore pire. La plupart des lourdes taxes dont la communauté juive a dû payer au gouverneur de Jérusalem sont tombés sur les épaules des Ashkenazic Juifs. N'étant pas en mesure de supporter le fardeau, Ashkenazic les Juifs ont commencé à quitter Jérusalem, et maintenant les Juifs séfarades ont dû payer les taxes. Au cours de ces jours difficiles pour la communauté juive de Jérusalem, le grande et célèbre rabbin Obadia Bertinoro est venu à Jérusalem et a accepté le poste de rabbin. Il disait que quand il est venu, seulement 70 familles juives à Jérusalem est restée sur 300 qui y avaient vécu plus tôt. Rabbi Obadiah est venu à Jérusalem en l'an 5248 (1488) et a commencé à mettre de l'ordre et la paix dans la communauté juive.

En attendant, un émissaire de la Terre Sainte, dont le nom étrange est le rabbin Moshe Esrim Vearba (dans le sens de "Vingt-Quatre," après les 24 livres de la T'NaCh), est venu à Constantinople à collecter de l'argent pour les pauvres et les nécessiteux dans l' Terre Sainte, et il se tourna vers le rabbin Moshe Capsali pour l'aider dans cette affaire. Maintenant, il se trouve que le sultan Bayazid II de la Turquie était en guerre avec le sultan d'Egypte à qui appartenait la Palestine, et il est interdit d'envoyer de l'argent de la Turquie à une partie de l'Égypte ou de ses provinces. Rabbi Moshe Capsali ne pourrait pas officiellement aider l'émissaire de la Terre Sainte, mais il a essayé d'aider de toute autre manière . L'émissaire est devenu très en colère contre le Grand Rabbin, et il a rassemblé autour de lui plusieurs autres personnes qui étaient jaloux du Grand Rabbin ou pour leurs propres raisons égoïstes.Ils ont écrit une lettre pleine de diverses accusations portées contre le Grand Rabbin, et l'a envoyé à la grande et célèbre érudit Rabbi Joseph Colon (connu sous le nom de Maharic) en Italie. Les personnes avaient accepté les accusations de bonne foi et a envoyé un ordre de Rabbi Moshe Capsali de démissionner de son poste.Il a également ordonné aux dirigeants des communautés juives à Constantinople et dans d'autres villes d'exiger sa démission. Lorsque le rabbin représentant de Colon est venu à Constantinople avec les mesures qui avaient été prévues pour le licenciement du chef rabbin de Constantinople, et quand il a vu, le respect et l'autorité qu'avait le chef rabbin il craignait de révéler sa mission . Enfin, la question est arrivée au Grand Rabbin . Il a appelé les dirigeants de la communauté a lire à l'ordre du rabbin Joseph Colon. Ils ont été horrifiés que le grand savant en Italie, qui a été reconnu comme l'un des plus grands de son temps, devrait lui-même ont permis d'être induits en erreur par l'intrigue d'un peu de mal à les décideurs, sans prendre la peine d'étudier la question plus attentivement. Avec le consentement des dirigeants juifs à Constantinople, le rabbin Moshe Capsali a écrit une réponse au Rabbin Joseph Colon, reffutant ses prises de position dans cette affaire. La controverse a causé beaucoup d'agitation dans les différentes communautés juives, et plusieurs grands rabbins ont pris part, certains avec une voie d'évitement, certaines avec l'autre. Plus tard, le rabbin Joseph Colon est devenu convaincu qu'il avait lésé le rabbin Moshe Capsali, et il est tout à fait grief à ce sujet. Bien que couché sur son lit de mort, il a envoyé son fils rabbin Peretz à Constantinople pour demander personnellement le rabbin Capsali de pardon. Rabbi Moshe Capsali se félicite le fils de son adversaire avec affection paternelle, et a été profondément ému par le geste. Il était en effet désolé d'apprendre que le rabbin Joseph Colon a été si mal, et il a essayé de son mieux pour befriend rabbin Colon le fils de l'honneur et de nombreuses faveurs sur lui.

Malgré ses hautes position, Rabbi Moshe Capsali a toujours été très humble, et il a vécu très simplement et modestement. Il a passé beaucoup de temps dans le jeûne et la prière, et il est étonnant qu'il était aimé et respecté par tous qui le connaissaient.

Vers les dernières années de sa vie, la grande tragédie de l'expulsion des Juifs de l'Espagne a eu lieu (en 1492). Rabbi Moshe Capsali, son âge avancé en dépit, se jeta corps et âme dans un grand effort pour aider les victimes. Il a personnellement rendu à diverses communautés juives dans son pays pour recueillir des fonds pour Pidyon Shvuim, afin de racheter les réfugiés juifs de l'Espagne qui avait été capturé par des pirates et menacé de l'esclavage. Il a également imposé une taxe spéciale, par l'autorité qui lui a accordé par le Sultan, sur les communautés juives dans l'empire turc, dans le but d'aider les réfugiés juifs en provenance d'Espagne. Beaucoup d'entre eux ont été portés à Constantinople et accueillis à bras ouverts par leurs frères plus fortunés.

Rabbi Moshe Capsali mourut trois ans plus tard, à l'âge de 75 ans. Bien qu'il ne laisse aucun écrits, ses bonnes œuvres et les actes lui a donné beaucoup de gloire, et inclus parmi les grands et illustres personnalités juives de tous les temps.
chabad


Ecouter sur akadem : L’Empire ottoman de 1492 à Sabbataï Tsvi
Terre d’accueil et d’espoirs messianiques

Gilles Veinstein, Historien, professeur au Collège de France

AEMILIA BASSANO LANIER


Aemilia Bassano lanier
THEORIE
Dark Lady
SITE
MISTERY
shakespeares darklady
POEME
Jews in the Cour


"In the old age black was not counted fair,
Or if it were it bore not beauty's name;
But now is black beauty's successive heir,
And beauty slandered with a bastard shame"
Shakespeare


1569 - 1645
Aemilia a été la premiere Anglaise a se faire connaitre comme poète professionnelle grâce à son unique volume de poèmes, Salve Deus Rex Judaeorum (1611). Né Aemilia Bassano ,fille illégitime de Baptiste Bassano, un juif vénitien christianisé et un des premiers musiciens de la cour du Roi Henry VIII, Emilia a été laissée sans moyens apres la mort de son père . Elle a été éduquée à la maison de Susan Bertie, la comtesse douairière de Kent. Et pendant plusieurs années,fut la maîtresse de Henry Carey, 1er Baron Hunsdon, cousin germain de Elizabeth I d'Angleterre. Elle s'est mariée à un musicien Alfonso Lanier en 1592 .

Feministe active comme on peut le lire dans ce poeme :
"Forgetting they were born of woman, nourished of women, and that if it were not by the means of women they would be quite extinguished out of the world, and a final end of them all, do like vipers deface the wombes wherein they were bred "

*

Mais elle fut en outre identifiee comme etant la ' Dark Lady ' des sonnets du 'Barde'
C'est du moins la these de John Hudson qui est persuade que son heroine est bien le celebre dramaturge Shakespeare !
Tout d'abord les pieces de Shakespeare contiennent presque 2000 references et 300 termes musicaux differents et se referent a un manuscrit du Vieme siecle . Or Shakespeare n'avait aucune connaissance musicale ce qui n'etait pas le cas d'Aemilia.
( quinze de ses proches etaient des musiciens )
Dans l'Angleterre du XVIeme seuls quelques dizaines d'erudits non juifs etudiaient l'hebreu. Comment expliquer que le Barde fasse des jeux de mots bases sur cette langue ,cite des references du Talmud et a Maimonide ou integre meme des exemples d'hebreu.
John Hudson signale en outre que nombre de pieces de theatre de Shakespeare font allusion a la guerre qui opposa Juifs et Romains en terre d'Israel . Dans l'une d'entre elles le conquerant romain est identifie a Satan ,une prise de position qui requiert de faire le rapprochement avec les poemes d'Aemilia.
pour rester dans le domaine des langues rien n'expliquerait comment le 'vrai Shakespeare'- qui selon John Hudson avait ete choisi par Aemilia Bassano pour lui servir de couverture - aurait appris l'italien dans sa ville natale, or ses pieces montrent une veritable familiarite avec cette langue. Ce qui n'aurait rien d'etonnant dans cette these puisque la famille d'Aemilia etait originaire de Venise .
Les autres preuves que J. Hudson avance concernent avant tout la personnalite de la poetesse qui avait ete eduquee a la Cour mais surtout chez l'une des premieres feministes, la duchesse de Suffolk et sa fille. Cela expliquerait pourquoi dans la 'Megere Apprivoisee'figurent des references a un livre qui etait le manuel de base des dames de la cour.
Et dans d'autres oeuvres des allusions a ' l'Heptameron' ecrit par Margueritte de Navarre et tres populaire chez les dames nobles.
Poetesse reconnue Aemilia Bassano Lanier publia entre autres, un poeme de cent soixante lignes ressemblant enormement a un morceau de la piece 'La Tempete'.

Enfin J. Hudson note que dans les pieces de Shakespeare l'un des noms les plus employes est Emilia ou des variantes et que dans 'Titus Andronicus' deux personnages se nomment Emilius et Bassianus....
Un hasard?
D'apres Catherine Garson - actuj

JOSEPH IBN MIGASH

BIO
MAIMONIDE

"l'enseignement de cet homme émerveille tous ceux qui comprennent ses mots, et la portée de son esprit spéculatif de telle sorte qu'il pourrait presque être dit qu'il n'a jamais eu d'égal." Maimonide




מהדורה ראשונה של חידושי הר"י מיגאש על מסכת בבא בתרא, אמסטרדם, 1702


Rabbi Joseph Ben Meir Ibn Migash
1077-1141

Rabbi Joseph ibn Migash était connu pour être une des familles juives les plus nobles de l'Espagne. Son père, également appelé Rabbi Joseph, avait joué un rôle important à la cour royale de Grenade, en tant qu'un des associés de Rabbi Shmuel Hanagid. Pourtant la même catastrophe politique qui est arrivé au fils de ce grand homme, Rabbi Joseph Hanagid, a conduit Rabbi Joseph loin par la cour de Grenade à Séville, où il était bientôt encore l'un des favoris du calife.

Père de Rabbi Joseph, Rabbi Meir ibn Migash, était un homme de grande connaissance et influence parmi les membres de la Communauté juifs et non-Juifs. Le jeune Joseph a été donc élevé avec soin et éducation possible en ces jours. Il était seulement un jeune quand le Rabbi Yitzchok ben Al Fazi de Boruch, a identifié les dons de l'enfant et influencé son père illustre qu'il l'encourage à se concentrer exclusivement sur l'étude de Torah, promettant que son fils accomplirait de grandes choses. Ilm Migash, lui a envoyé Joseph, puis à peine quatorze années, à Lucena, en l'année 1091, où le disciple du temps, Al Fazi (RIF) de Rabbi Yitzchok, dirigé l'académie de Talmud. Ce disciple célèbre était le premier pour extraire les Halachoth (les décisions de loi) à partir de la discussion du Talmud, dans le travail monumental, connu après son nom, comme « Rif. » Il était également l'autorité principale et suprême entièrement identifiée sur toutes les questions de loi juive pour les centres juifs du monde. Rabbi Yitzchok a traité en ami l'enfant en bas âge comme si il était son propre fils, et lui a donné tout ce qu'il a eu et a su. Quatorze ans, jour et nuit, les deux ont étudié ensemble.

Quand le Rif a estimé que la fin de ses jours était venue, à l'âge mûr de quatre-vingt-dix ans, il n'a pas nommé les disciples plus âgés , ni son propre digne fils Jacob comme son successeur, mais a vingt-six ans Rabbi Joseph ben Meir de Séville. Dans le message au monde juif soyez acclamé son jeune disciple en tant que 11 un disciple dont aurait été exceptionnel même en jours Moshe Rabbeinu. « De même qu'être prévu, le monde large n'a pas su trop au sujet du jeune homme et n'a pas trouvé son rendez-vous inexact pour une position si éminente, précédemment tenu par son grand maître. Cependant, dans un à court terme le jeune disciple pouvait gagner le respect profond et l'identification mondiale des chefs juifs de la communauté, et il a été officiellement institué comme successeur de Rabbin Yitzchok Alfazi, comme tête de l'académie de Lucena, et avec elle, comme autorité suprême du monde juif. Rabbin Yehuda Halevi, le plus grand poèt juif, qui avait déjà écrit une poésie en l'honneur du mariage de Rabbin Joseph, a hurlé ce jour : « Aujourd'hui la main de la vérité est demeurée victorieuse, et la justice s'est tenue prêt son côté. . . . G-d Lui-même dans sa décision divine vous ont choisi. «

La grande confiance que le Rif saint a eue dans son disciple a été entièrement justifiée. Lucena est devenu le centre de l'étude de Talmud ; et les communautés juives de l'Europe, aussi bien que de Babylone et l'Egypte, ont invité ibn Migash pour décider leurs problèmes religieux et communaux. Le jeune disciple avait acquit une grande popularite, comme nous pouvons voir de Yehuda Halevi : « Les chercheurs de Torah ont erré de ville en ville pour apprendre la loi. . . . Allez chez Joseph, dit une voix divine ; Il te dira la manière appropriée. « Parmi les milliers d'étudiants qui ont suivi cet appel était Rabbi Maimun, - le père de Rabbin célèbre Moshe ben Maimun, le saint Rambam. Il est devenu l'un des grands disciples de Rabbi Joseph, et il était un admirateur ardent de son professeur. Il a imprégné son propre fils avec son respect et admiration pour le travail de ibn Migash , qui parle de lui avec la plus grande possible vénération : « L'étude de Talmud de l'homme stupéfie chacun qui comprend ses mots et la profondeur de son esprit profond. Son égal n'a peut-être jamais existé. «

Sans compter qu'enseigner beaucoup de générations de futurs disciples, et sans compter que répondre aux milliers sur des milliers de questions au sujet de l'interprétation de, la loi juive, Rabbi Joseph ben Meir a écrit un commentaire sur le Talmud. Malheureusement la plupart des manuscrits ont été perdues pendant les siècles de l'agitation et de la persécution en Espagne. Cependant, le commentaire sur deux Mesichtoth (le baba Bathra de tractates et à Shavuoth) qui ont été préservés, montrent comment grande est la perte du travail absent. Pour eux sont pleins de la connaissance la plus profonde, qui est presque encyclopédique, des divers sources et développement de Halachah. Il essaye toujours d'entrer dans la signification des divers avis du Tanaim et Amoraim, et base ses propres décisions sur les sources les plus fiables. Beaucoup du Halachoth du « RI Migash » sont contenus dans le « Pe'er Hador » du Rambam, dans le « Baal Hama'or » du jeune disciple éminent Rabbi Zerachya Halevi de Gerona, et dans la collection célèbre « Shitah Mekubetzeth » de Rabbi Betzalel Ashkenazi. Tous ces fragments du travail spirituel monumental de ibn Migash démontrent 'de ses dons étonnants. Pourtant en même temps ils soutiennent les marques de sa modestie et le respect pour les avis d'autres.

Quand Rabbi Joseph ibn Migash est mort (le 30ème jour de Nissan, 4901) à l'âge de 64ans , là n'étaient personne à faire un pas dans son endroit éminent. Le centre de l'étude de Talmud s'est déplacé d'Espagne au nord en France et en Allemagne, où Rashi et ses successeurs ont créé leurs travaux principaux de Talmud.
chabad


Lire : LES JUIFS PARMI LES ARABES ET LES CHRÉTIENS :
Bases pour la cohabitation d’aujourd’hui

Jésus Peláez

Professeur à l’Université de Cordoue

SAMUEL GOMPERS

BIO
FAMILLE
REVUE
TIMBRE


Né le 26 janvier 1850 à Londres en Angleterre de parents juif hollandais
Il fut un fondateur et le président de la centrale syndicale américaine nommée American Federation of Labor (AFL) de 1886 à sa mort le 13 décembre 1924



HISTORIQUE
L’ American Federation of Labor (AFL) est un des premiers syndicats à avoir vu le jour aux Etats-Unis. Il a été fondé en 1886, à Columbus, Ohio par Samuel Gompers et était une réorganisation du syndicat Federation of Organized Trades and Labor Unions. Gompers en fut président jusqu’à sa mort en 1924.
En 1955 l’AFL (10,2 millions d'adhérents) et le Congress of Industrial Organizations (5,2 millions d'adhérents), un autre grand syndicat américain, se regroupent pour former l'AFL-CIO, dont George Meany prend la présidence. Ce syndicat représente alors 25% des ouvriers américains et constitue le plus puissant des syndicats des pays occidentaux
L'AFL-CIO, est le principal regroupement syndical aux Etats-Unis (il regroupe 52 mouvements nationaux et internationaux de travailleurs), et est le seul aux Etats-Unis à être membre de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL).
fsa ulaval ca


LE GOMPERISME OU LE REFUS DE L'ACTION POLITIQUE AUTONOME DE LA CLASSE OUVRIERE

Samuel Gompers, 1874.

C'est en 1886, aux Etats-Unis, que l'American Fédération of Labor (A.F.L.) se constitue en centrale syndicale. Samuel Gompers allait être son président jusqu'en 1923.

La naissance de cette centrale marque un tournant dans l'histoire du mouvement ouvrier américain : elle surgit d'une guerre ouverte avec les Chevaliers du travail (5) qui avaient à ce moment-là derrière eux une dizaine d'années de luttes vigoureuses tant sur le plan syndical que sur le plan politique. Avec l'A.F.L., c'est une nouvelle période qui s'ouvre où l'organisation syndicale se fait sur la base des métiers (laissant de côté l'organisation des travailleurs non qualifiés) et en mettant l'accent principal sur la négociation de contrats de travail.

Pour Gompers, les objectifs syndicaux se réduisent aux seules revendications salariales car les unions ne sont et ne doivent être que "les organisations d'affaires des salariés, qui s'occupent des affaires des salariés". Pour Gompers, le capitalisme n'est pas un adversaire mais l'élément essentiel pour obtenir de meilleurs salaires. L'hégémonie du capitalisme (son influence idéologique et politique prédominante) n'est pas remise en cause et sa domination économique n'est contestée que sur la base de groupes de travailleurs pris isolément. La solidarité de classe (de l'ensemble de la classe ouvrière) n'est pas conçue par l'A.F.L. comme principe fondamental de la lutte syndicale.

En réalité l'A.F.L. de Gompers va plus loin en rejetant toute forme de socialisme qui (aux dires même de Gompers) "nous menacerait, s'il pouvait être mis sur pied, du pire système d'effort et d'activité restrictif jamais conçu par l'entendement humain" .

Le gompérisme fait donc confiance au capitalisme et prend même ouvertement position contre le socialisme. Il n'est pas surprenant dans ce sens qu'il dénie pratiquement à la classe ouvrière la possibilité de se constituer en force politique autonome et qu'il affiche officiellement une position de neutralité politique de principe.

Pourtant l'A.F.L. de Gompers prend souvent position sur les questions d'ordre politique. Comment pourrait-il en être autrement compte tenu de la force que le mouvement syndical représente dans la société! Mais l'A.F.L. le fait à la manière d'un groupe de pression, d'un "lobby" qui entre en action par intermittence, à l'occasion notamment de la présentation de projets de lois, surtout de ceux qui l'affectent directement. Elle le fait encore au moment d'élections par l'appui financier et le soutien public aux partis de la bourgeoisie (l'un ou l'autre selon ce qui est avancé dans les programmes de ces partis).

Il faut noter en outre que cette conception de neutralité politique de principe doublée d'une pratique de lobbying n'existe à l'état presque pur qu'en Amérique du Nord. Elle a cependant une influence qui est loin d'être négligeable à l'extérieur, particulièrement en Amérique latine, à travers des mécanismes que l'A.F.L. a elle-même établis tels l'Organisation régionale inter-américaine du travail (ORIT) et l'Institut américain pour le développement du syndicalisme libre (IADSL)

On aura reconnu, dans cette présentation du gompérisme, la traditionpolitique du syndicalisme d'affaires. Ce n'est qu'aux Etats-Unis quecette conception demeure officiellement celle du mouvement syndicaldans son ensemble. Nous n'insisterons pas sur cette tradition avec laquelle nous cherchons à rompre depuis quelques années. La neutralitépolitique des syndicats est un mythe. Elle n'existe réellement nullepart, même pas aux Etats-Unis. Comme force organisée, le mouvementsyndical a un impact politique dans la société sans pour autant avoir àse transformer en parti politique — ce qu'aucun mouvement syndicaln'a jamais fait dans le passé —. Toute la question est de savoir au service de quels intérêts et de quelle classe cette force que représente le syndicalisme est mise à profit.cdeacf ca


30 avril 1903 - Visite de Samuel Gompers à Montréal

Samuel Gompers est le président de la Fédération américaine du travail (FAT), une centrale syndicale dont il fut le fondateur en 1886. Le passage à Montréal de ce personnage bien en vue dans le mouvement syndical attire une foule estimée à 8 000 personnes au parc Sohmer.

Cette visite de Gompers ne passe pas inaperçue, d'autant plus que Montréal, secouée par de nombreuses grèves, vit une véritable crise ouvrière. Gompers a connu un échec à Ottawa peu de temps auparavant, à la suite de son discours contre la Loi Lougheed. Par contre, le public montréalais, au sein duquel on retrouve plusieurs membres d'associations syndicales, acclame chaleureusent Gompers. Dans son discours, le leader syndical avoue trouver déplorable «la tentative faite par un honorable sénateur canadien (de) rendre passible d'un crime tout étranger qui viendrait exposer au Canada les principes dont je vous trace, ici ce soir, les grandes lignes, à savoir que les ouvriers canadiens ont droit à un meilleur salaire.» bilan usherbrooke

Lire : L'AFL - CIO ou le syndicalisme aux USA

JOHANN PHILIPP REIS

"Telephon"
Bell
BIO
SITE
MUSEE
TELEPHONE







O judeu “português” que inventou o Telefone


Johann Philipp Reis, né le 7 janvier 1834, était un scientifique Juif allemand d'origine portugaise , amateur et l'inventeur d'un des premiers téléphones.
Instituteur, il construit en 1860 le premier appareil électrique capable de transmettre le son à distance:un modèle d'oreille humaine dans lequel un morceau de vessie de porc joue le role de tympan et une pièce de platine celui du marteau



Johann Philipp Reis présente en 1860 un appareil, permettant de transmettre à distance les sons et la voix grâce au courant électrique. Cet appareil se compose de deux parties que Philipp Reiss, dans un document de 1863 désigne par téléphone (émetteur) et appareil de reproduction (récepteur).

Son beau-frère relate une expérience faite entre la maison et le jardin de Reis :
« Une phrase a été prononcée dans l'appareil, du genre “Le soleil est de cuivre et le cheval ne mange pas de salade au concombre” »
« Reis n'a pas compris précisément ce que le cheval mangeait et a cru entendre que le soleil était en sucre, mais l'expérience fut cependant convaincante. »

Malgré une démonstration devant l'association de physique de Francfort en 1864, Reis n'a pas été considéré comme l'inventeur du téléphone. C'est dû au fait qu'il n'a pas réussi à vendre son projet et à améliorer son appareil afin de lui trouver une utilisation pratique. En revanche on lui doit le mot "téléphone".

En 1947, STC, une compagnie de téléphone allemande, effectua des essais avec le téléphone mis au point par Reis, et se rendit compte que l'appareil transmettait bien la parole, bien que le son fut faible. STC était alors liée à AT&T, la société créée par Bell. L'affaire fut étouffée car elle aurait porté préjudice à l'entreprise si on avait pu penser que Bell n'était pas le vrai inventeur du téléphone.

Reis atteint de tuberculose, mourut en 1874, deux ans avant “l'invention du téléphone” par Bell.

telephoniste free

BARTOLOME DE LAS CASAS

PORTRAIT




Héraut de la lutte pour les droits de l’homme et défenseur incontournable de la cause des Indiens d’Amérique latine


Bartolomé de Las Casas par C. Brumidi (1876).

Il sera la 'mauvaise conscience des conquistadores'


"Dieu m'a élu pour faire apparaître et vouer à l'exécration la mortelle pestilence de l'oppression exercée sur les indiens ; et il me donna à cet effet une résolution et une persévérance à toute épreuve"biblio domuni


D’ascendance juive, l’espagnol Bartolomé de Las Casas est célèbre pour le soutien qu’il apporta aux indiens du nouveau monde contre l’oppression brutale des conquérants espagnols.

Un «nouveau chrétien» au secours des Indiens d’Amérique
Bartolomé de Las Casas (1474-1566)

Bartolomé de Las Casas est né à Séville en 1474. Il est issu d’une famille juive contrainte à l’apostasie et à la conversion pour échapper aux persécutions.
• En 1503, il acquiert une Encomienda dans le nouveau monde (propriété attribuée à un Espagnol sur les terres indigènes et sur les habitants qui y sont rattachés.)
• Entre 1506 et 1510, il se fait ordonner prêtre et devient dominicain en 1522.
• A partir de 1514, Las Casas réagit contre l’application du Requerimiento qui attribue aux conquistadores des droits exorbitants sur les Indiens. Il s’engage alors dans une lutte de cinquante ans en faveur de ces derniers durant lesquels il fera plus de quatorze voyages entre les deux continents.

La Controverse de Valladolid (1550)
• Elle se tint en présence d’un Légat du Pape et opposa Bartolomé de Las Casas et le philosophe Sepulveda sur la question de l’appartenance des Indiens d’Amérique à
l’humanité.
• Le verdict du Légat fut prononcé en faveur de B. de Las Casas à savoir que les Amérindiens ont bien une âme.
• Bien que mal acceptée par les conquistadores, cette décision devint la position officielle tant de Charles Quint (1500-1558) que de l’Eglise catholique.
akadem



Fray Bartolomé de Las Casas
(Séville 1472 – Madrid 1566)
Fils d’un modeste marchand de Tarifa, Bartolomé de Las Casas est né à Séville en 1472. Il suit des cours de latin et de sciences humaines avant de partir pour Hispaniola avec l’expédition dirigée par Nicolás de Ovando en 1502. C’est ainsi que Bartolomé perpétue la tradition familiale puisque son père avait participé au second voyage de Christophe Colomb.

Sur Hispaniola (La Española) il obtient une « encomienda » d’indiens, se consacrant dans un premier temps aux travaux agricoles, puis sera ordonné prêtre en 1510, le premier en Amérique.
Les postulats dominicains opposés à la « encomienda », en raison des abus commis envers les indiens, ne parviennent cependant pas à changer l’opinion de Fray Bartolomé qui dépend cette institution.

Avec Pánfilo de Narváez il rejoint Cuba où il reçoit la charge de chapelain et une « encomienda » d’indiens qu’il envoie travailler dans les mines d’or et les champs.

Mais peu à peu, Bartolomé de Las Casas prend conscience de l’injustice du système de la « encomienda » et décide de la combattre. Il considère que les seuls propriétaires du Nouveau Monde sont les indiens et que les espagnols ne doivent y aller que dans le seul but de convertir les indigènes.

Cette prise de conscience l’amène à rejeter toutes ses « encomiendas » et à commencer une campagne pour la défense des indiens, démontrant les aspects négatifs des « encomiendas ».
Son projet est adressé en premier au roi Fernando et ensuite au cardinal Cisneros, qui le nommera « Protecteur des Indiens » en 1516.

A la mort du cardinal, Fray Bartolomé de Las Casas poursuit sa tâche avec le nouveau roi, Carlos I (Charles Quint).

Les abus des fonctionnaires sont dénoncés publiquement, ce qui lui vaut l’inimitié de nombreux administrateurs, plus particulièrement de membres du Conseil des Indes, présidé par l’évêque Juan Rodríguez de Fonseca.

L’idée de Las Casas est une colonisation pacifique des terres américaines par des paysans et des missionnaires. C’est dans ce but qu’il se rend en Amérique en 1520, où Carlos I (Charles Quint) lui concède le territoire vénézuélien pour mettre en pratique ses théories.

La nouvelle formule est expérimentée avec peu de succès car pendant une absence de Bartolomé de Las Casas, les indiens en profitent pour massacrer un bon nombre de colons. Le désastre de l’expérience de Cumaná va motiver son entrée dans l’ordre des Dominicains, commençant une retraite qui va durer 16 ans.

Ce temps ne réussira pas à étouffer ses théories contre la « encomienda » et l’esclavage des indiens. Curieusement, Fray Bartolomé restait en faveur de l’esclavage des noirs.
Il continue donc de soutenir que toutes les guerres contre les indiens sont injustes, affrontant les autres théologiens, dont fray Francisco de Vitoria.

A plusieurs occasions il sollicite l’autorisation de ses supérieurs pour aller défendre ses idées devant le Conseil des Indes. Mais l’échec de Cumaná l’a discrédité.

En 1535, il part vers le Pérou mais son bateau fait naufrage près des côtes du Nicaragua où il affronte le gouverneur Rodrigo de Contreras en dénonçant l’envoi d’esclaves indiens au Pérou.

L’année suivante, il se rend au Guatemala pour continuer sa lutte et mettre en marche un projet de conquête pacifique nommée la "Vera Paz". Entre 1537-1538 la christianisation de la zone est obtenue de manière pacifique, remplaçant la "encomienda" par un tribut payé par les indiens.

En 1540 il revient vers la péninsule, convaincu que c’est à la Cour d’Espagne qu’il faut gagner la bataille en faveur des indiens.
Deux ans plus tard, le Conseil des Indes écoute les théories de Las Casas, discours qui fera grande impression sur Carlos I. Le 20 Novembre 1542 sont publiées les « Leyes Nuevas » (Nouvelles Lois) qui restreignent les « encomiendas » et l’esclavage des indiens.

C’est à cette époque que Fray Bartolomé de Las Casas écrit son œuvre principale : la "Brevísima relación de la destrucción de las Indias" (Très brève relation de la destruction des Indes), dans laquelle il accuse les découvreurs du Nouveau Monde de tous genres de crimes et d’abus.

A sa parution, l’œuvre est considérée comme scandaleuse et exagérée. Elle est publiée illégalement en 1552 et obtiendra beaucoup de succès au cours du XVII ème Siècle, devenant une référence lors de la "Légende Noire" contre l’Empire Espagnol.

En 1543 Las Casas renonce à l’évêché de Cuzco mais accepte celui du Chiapas où le roi d’Espagne lui demande de mettre en pratique ses théories.
Sa venue au Chiapas n’est pas très chaleureuse, considéré par les colons comme le responsable de la parution des "Leyes Nuevas" (Nouvelles Lois ).

Sur les terres américaines il écrit un « manuel de confession » où il prévient qu’avant toute confession, le pénitent devra libérer les esclaves qu’il aurait en sa possession. Ces mesures vont être à l’origine de nombreux troubles qui, en 1546, l’obligent à s’en aller à Mexico où il continuera la même politique.

Ses doctrines sont rejetées par une junte de prélats. Ce rejet unanime le conduit à s’embarquer à Vera Cruz pour l’Espagne. Il se retire au couvent de San Gregorio à Valladolid.
Au cours des années 1550-1551 ont lieu d’importantes discussions sur la légitimité de la conquête entre Las Casas et Juan de Ginés Sepúlveda, dont le second sortira vainqueur.

Fray Bartolomé de Las Casas renonce à son évêché et meurt à Madrid en 1566.americas fr


Sur akadem : Judaïsme et philosophie politique moderne

Emergence des droits de l'Homme

Blandine Kriegel, Professeur à Paris X-Nanterre, directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études

L'Institut Universitaire d'Etudes Juives-Elie Wiesel


On n'oubliera pas aussi de mentionner le marrane Jean Bodin (1529 ou 1530-1596), philosophe, juriste et économiste français, théoricien de la monarchie absolue qui a apporté une importante contribution à la philosophie politique au XVIe siècle.
Et bien sur l'autre grand marrane Michel de L'Hospital (1505-1573) Conseiller au Parlement de Paris, ambassadeur au concile de Trente, surintendant des finances et enfin chancelier de France. Il s'employa de toutes ses forces à calmer les haines religieuses et arrêter l'effusion du sang.

FERNANDO PESSOA


BIBLIOGRAPHIE
PORTRAIT
SITE
BIO 1 - 2 - 3
ASSOCIATION
POEME 1 - 2
LIVRE
CASA

crypto juif par son ancetre sancho Pessoa condamne par l'inquisition a Coimbra en 1706



Fernando Pessoa est assurément le grand génie des lettres portugaises

"Feindre, c'est se connaître." - Ode maritime

“Les poètes n’ont pas de biographie. C’est leur œuvre qui est leur biographie. Pessoa, qui douta toujours de la réalité de ce monde, accepterait sans hésiter d’appartenir directement à ses poèmes, en oubliant les incidents et les accidents de son existence terrestre. Rien de surprenant dans sa vie – rien, sauf ses poèmes. (…) Son secret, en outre, est inscrit dans son nom (…). Masque, personnage de fiction, personne : Pessoa. Son histoire pourrait se résumer par le passage entre l’irréalité de sa vie quotidienne et la réalité de ses fictions.”
Octavio Paz , Un inconnu de lui-même : Fernando Pessoa, in La fleur saxifrage




Autopsychographie :

« Feindre est le propre du poète.
Car il feint si complètement
Qu’il feint pour finir qu’est douleur
La douleur qu’il ressent vraiment.

Et ceux qui lisent ses écrits
Ressentent sous la douleur lue
Non pas les deux qu’ila connues,
Mais bien la seule qu’ils n’ont pas.

Ainsi, sur ses rails circulaires
Tourne, captivant la raison,
Ce tout petit train à ressorts
Qui a reçu le nom de cœur »


Génération Pessoa.

par Inês Oseki


Si la grandeur d'un poète peut se mesurer au nombre de questions qu'il ne cesse de susciter de son vivant et après sa mort, on peut dire que l'immensité de l'oeuvre de Fernando Pessoa se confirme chaque jour . Et s'il est vrai qu' une partie des travaux, dont certains remarquables, qui lui sont consacrés semble avoir établi un certain nombre de points concernant son oeuvre et sa vie, chaque jour qui passe voit ces points se déplacer en vertu d'un nouveau texte récemment publié, d'une nouvelle interprétation qui modifie notre lecture de son oeuvre multiple, d'un nouveau regroupement de ses textes.
La question la plus impressionnante posée par l'oeuvre de Fernando Pessoa, on le sait, est la question de son hétéronymie. Présentée soit comme nécessité d'un dédoublement (d'une multiplication) de(s) la personnalité(s) qui constitue(nt) le poète; rattachée à l'étymologie du nom Pessoa (persona, du latin, masque de l'acteur dramatique,); reflet d'un trop-plein de créativité manifestation d'un jeu, comme le propose Octavio Paz, mais d'un jeu vital qui rend vraie la poésie; supercherie ou maladie, lui-même s'en explique à plusieurs reprises, dont la plus connue est la lettre adressée à Adolfo Casais Monteiro en 1935, l'année de sa mort . Dans cette longue lettre, le poète explique la genèse de l'hétéronymie (qui est datée de 1914, l'année de ses 26 ans, époque d'intense créativité):
"Enfant, j'avais déjà tendance à créer autour de moi un monde fictif, à m'entourer d'amis et de connaissances qui n'avaient jamais existé (...) D'aussi loin que j'ai connaissance d'être ce que j'appelle moi, je me souviens d'avoir construit mentalement - apparence extérieure, comportement, caractère et histoire- plusieurs personnages imaginaires qui étaient pour moi aussi visibles et qui m'appartenaient autant que les choses nées de ce que nous appelons, parfois abusivement, la vie réelle."
Dans cette même lettre, Pessoa narre le processus d'engendrement de ses "créatures" poétiques, qui sont avant tout des oeuvres . D'abord, il lui "vient l'envie" d'écrire des poèmes païens... en vers irréguliers" ("Il était né, sans que je le sache, le poète Ricardo Reis"). Un an et demi plus tard, il a l'idée d'inventer un "poète bucolique, d'une espèce compliquée ". Quelques jours plus tard, alors qu'il y avait renoncé - le 8 mars 1914 exactement, il s'approcha d'un meuble haut et, debout, comme d'habitude, il s'est mis à écrire.
"Et j'ai écrit d'une traite trente et quelques poèmes... dans une sorte d'extase dont je ne pourrai définir la nature. C'est Le Gardeur de Troupeaux"... "Il était apparu en moi mon maître, Alberto Caeiro". "Tout de suite après, j'ai pris une autre feuille et j'ai écrit, d'une traite aussi, les six poèmes qui constituent Pluie Oblique, de Fernando Pessoa". A la suite de l'apparition d'Alberto Caeiro, Pessoa s'empresse de lui trouver d'autres disciples, Ricardo Reis, après quoi, "en dérivation opposée", "il me surgit impétueusement un nouvel individu, l'auteur de l'Ode Triomphale, Alvaro de Campos", qui sera publiée dans Orpheu, revue manifestément futuriste, en 1915.
Dans un texte, antérieur à cette lettre et qui constitue la Préface projettée de ses oeuvres futures (1930, environ), il présente son Oeuvre complète, dont le premier volume "est de substance dramatique"... de "forme variée, (faite)... d'extraits de prose, et d'autres livres, de poèmes ou de philosophies"... Il ajoute ne pas savoir si par" privilège" ou par" maladie", il n'a jamais eu une unique personnalité.
"A chaque personnalité plus persistente que l'auteur de ces livres a réussi à vivre à l'intérieur de lui, il a donné un caractère expressif et a fait de cette personnalité un auteur, avec un livre ou des livres, avec les idées, les émotions et l'art dont lui, l'auteur réel (ou tout au plus apparent, parce que nous ne savons pas ce qu'est la réalité), n'a rien à voir, sauf à l'avoir été, en les écrivant, le médium de figures qu'il a créées lui-même. (...)
L'auteur humain de ces livres ne se connaît pas de personnalité (...) Que cette qualité chez l'écrivain soit une forme d'hystérie ou de la dite dissociation de la personnalité, l'auteur de ces livres ni ne le conteste ni ne le soutient. A rien ne lui servirait, esclave qu'il est de sa propre multiplicité, qu'il soit d'accord avec celle-ci ou celle-là de théorie sur les résultats écrits de cette multiplicité(...)"
Suit l'énumération des oeuvres (incomplètes) et de leurs auteurs, Livro do Desassossego, écrit par Vicente Guedes-Bernardo Soares; le recueil de poèmes Le Gardeur de Troupeaux, de "feu" Alberto Caeiro - le maître de Fernando Pessoa et de Ricardo Reis (ce dernier, auteur des Odes) -, l'Oeuvre philosophique de Antonio Mora. A propos de Alvaro de Campos, un seul commentaire: " aucun d'entre eux ne m'a connu personnellement, à l'exception d'Alvaro de Campos "...
Artifice nécessaire donc à une production plurielle, il n'en demeure pas moins que ce qui a causé le plus de problèmes (et d'émerveillement) à la critique, cela a été, plus encore que la multiplicité de ses poètes-oeuvres, l'autonomie de toutes ces poétiques, Pessoa constituant à lui seul une génération formée d'au moins cinq poètes de génie. Car, à en croire Octavio Paz, la multiplicité en tant que telle caractérise ipso facto l'état poétique par définition. Dans L'arc et la lyre, le poète mexicain, en reprenant Breton le dit bien: Cet état... "c'est l'homme voulant être tous les contraires qui le constituent. Et il peut y parvenir, parce qu'en naissant, déjà il les porte en soi, déjà il est eux. Etant lui-même, il est autre. Il est autres . Manifester ces contraires, les réaliser, est la tâche de l'homme et du poète..." Par conséquent, c'est en tant que phénomène littéraire, que l'oeuvre de Pessoa a soulevé plus d'une interprétation qu'elle fût herménéutique ou phénoménologique, métaphysique, psychanalytique, poétique, tout un appareil qui est loin de l'avoir épuisée.
Ailleurs, le même Octavio Paz propose une topologie pour situer quatre de ces cinq auteurs. Sur un axe se trouveraient ainsi à un pôle, Alberto Caeiro, le poète existentiel, atemporel, proche de la Nature et, à l'autre pôle, le futuriste - dandy Alvaro de Campos. Sur un deuxième axe, Ricardo Reis poète néoclassique, auteur d'odes, d'élégies, et à l'autre extrême, Fernando Pessoa lui-même. Au centre, on pourrait ajouter Bernardo Soares, auteur d'une prose poétique confessionnelle (ou comme le dit Pessoa :"en prose, il est plus difficile de s'autrefier").
Pessoa va s'appliquer à décrire ses hétéronymes, à leur prêter consistance, à leur attribuer un signe du Zodiaque (on se rappelle son intention de s'établir astrologue, en 1916). Alvaro de Campos est ingénieur, cosmopolite, homme contemporain du progrès et de l'avenir; Caeiro est un homme de la nature, qui croit en l'unité des éléments; Reis, un hermite philosophe qui a fait ses études chez les Jésuïtes, oscillant entre stoïcisme et épicurisme. Les deux premiers, quoique vivant dans des temps différents (le premier dans le présent atemporel des enfants et de la nature, le second dans l'instant, dandy, dont les amis sont les prostituées, les clochards), cultivent le vers libre; tous deux malmènent la langue portugaise et pratiquent le prosaïsme.
Si Pessoa et Reis utilisent des mètres et des formes fixes, ils appartiennent à différentes traditions. Campos, auteur du Bureau de Tabac, " écrit de longs monologues, de plus en plus proches de l'instrospection" tandis que "Reis polit de petites odes sur le plaisir, la fuite du temps, les roses de Lydie, la liberté illusoire de l'homme, la vanité des dieux."
Mais, à leur tour, chacune de ces poétiques est marquée du sceau de la multiplicité, et de la contradiction. Chaque hétéronyme porte dans son oeuvre cette nécessité contrapunctistique, Caeiro est le "gardeur de troupeaux " n'ayant jamais gardé de troupeau " et voulant être " un agneau (ou tout le troupeau / pour s'en aller dispersé sur toute la colline/ et être bien des choses heureuses en même temps)"... Parmi les quelques textes publiés du temps du vivant de Fernando Pessoa, il se trouve Mensagem, fameux poème-recueil signé de Pessoa, qui a reçu un "prix de consolation " en 1934, un poème héraldico-épique sur l'histoire du Portugal, où il est question d'Ulysse, le fondateur mythique de Lisbonne (Ulyssiponne), et qui illustre bien la poétique à la fois disséminatrice et constructive du poète.
On pourrait multiplier les exemples à l'infini sans épuiser, dans les limites d'une présentation, la portée de la polyphonie pessoenne. Mais on pourrait caractériser la tonalité de cette polyphonie par la permanence d'une interrogation esssentielle. On peut dire d'ores et déjà que ce qui fait le lien entre ces oeuvres protéïques dont chacune a sa propre thématique, son rythme différenciel, sa forme spécifique, c'est donc la présence d'une voix qui n'est là que pour mieux faire entendre l'absence de celui qui la prononce, une voix plurielle, de celui qui se dit né pour être "l'interprète de son siècle", qui annonce l'avènement d'un Supra-Camoëns.
Du point de vue poétique, ce lien pourrait se figurer par l'oxymore. Le premier vers du poème Mensagem,"Le mythe est le rien qui est tout", est un oxymore, figure première de la contradiction et, chez Pessoa, le fondement de ce que nous avons reperé comme un double mouvement, déconstruction / construction, point et contrepoint, parallèlement à la création d'une oeuvre à la fois pleine et disséminatrice, où le centre éclaté est la condition d'apparition non pas d'un mais de multiples sujets, masques (personnae), de la figure du poète universel.
"Celui-ci qui débarqua ici. Fut, puisqu'il n'a jamais existé. / Sans avoir existé, il nous combla. / Puisqu'il n'arriva jamais, toujours il fut l'arrivant. / Et il nous créa." Le poète crée les mythes. Les mythes seuls permettent d'exister à travers la seule réalité, le langage écrit.
Jakobson fait remarquer que tout le poème est rigoureusement structuré sur cette contradiction. "Le poète proclame la nullité de l'existence phénomènale en faveur de l'être nouménal". Ulysse n'est pas nommé dans le poème, figure paternelle reprise par le "Il". C'est parce qu'il n'a pas existé qu'il nous a créés, devenant ainsi "tout".
Ainsi, les différentes poétiques de Pessoa correspondent à une multitude de lieux, à une diversité d' époques, elles proviennent du passé vers l'avenir ("ma patrie est la langue portugaise "), elles s'annulent en se complétant. La pluralité est là pour figurer l'impossibilité de dire une vérité provenant du Logos, la seule vérité étant que Pessoa "ne sait pas ce qu'est exister, ni lequel, Hamlet ou Shakespeare, est plus réel ou réel dans la vérité" (Préface projettée) . Ou encore, comme le dit Bernardo Soares :
" Créer à l'intérieur de moi un Etat avec une politique, avec des partis et des révolutions, et que tout cela, ce soit moi, que je sois Dieu dans le panthéïsme réel de ce peuple-moi" (fragment 27 du Livre de l'Inquiétude), affirmer l'anéantissement d'un sujet : " Vivre, c'est être un autre". Si "la vie est moitié de rien", si "le mythe est un rien qui est tout" pour Pessoa, pour Ricardo Reis: "Si je me souviens de qui je fus, je me vois autre / Et le passé est le présent dans le souvenir. / Qui je fus est quelqu'un que j'aime / Mais seulement en rêve. (...)
Rien, sinon l'instant, ne me connaît. / Mon propre souvenir n'est rien, et je sens / Que qui je suis et qui je fus / Sont des rêves différents."
Ailleurs, plus tard, le Pessoa du Cancioneiro dira: "Le poète est un simulateur. / Simulant si complètement / Qu'il en vient à simuler qu'est douleur / La douleur qu'il ressent vraiment."
Ainsi, si Octavio Paz voit en la "création" du "maître" Caeiro la nécessité pour Pessoa "d'inventer un poète innocent pour justifier sa propre poésie", on peut dire que Caeiro représente aussi ce moment heureux où l'homme ne se voit pas, mais vit et, comme la nature, est voué à mourir:
"Soyons simples et calmes / Comme les ruisseaux et les arbres/ Et Dieu nous aimera, nous rendant / Beaux comme les arbres et les ruisseaux, / Et il nous donnera la verdeur de son printemps / Et un fleuve où nous jeter lorsque viendra la fin!... "
Déjà Ricardo Reis: "Rien ne reste de rien. Nous ne sommes rien. / Un peu au soleil et à l'air nous différons / L'irrespirable ténèbre qui nous pèse / De l'humble terre imposée, / Cadavres ajournés qui procréent."
Et Campos, le technicien futuriste, celui dont Ophélie se méfie (à juste titre), le jugeant sans doute responsable de leur rupture ("Me vouliez-vous marié, futile, quotidien et imposable? " in Lisbon revisited ) celui qui est le plus hardi, le plus visionnaire, le plus simulateur de tous :
"Nous avons tous deux vies: / La vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, / Et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard; / La fausse, celle que nous vivons dans nos rapports avec les autres, / Qui est la pratique, l'utile, / Celle où l'on finit par nous mettre au cercueil." (Dactylographie).
La contradiction est patente. La poésie, mais on pourrait dire l'écrit (si l'on songe aux nombreux textes théoriques, journaux, essais, préfaces, traductions, publicités) est l'espace infini de toutes les propositions, le lieu mythique de toutes les possibilités. La vie, en revanche, est "moitié de rien" . Ce sont de lui aussi les très beaux vers du Bureau de Tabac: "Mange des chocolats, petite, / Mange des chocolats! / (...) / Ah, pouvoir manger des chocolats avec la même vérité que toi! / Mais je pense, et quand je retire le papier d'argent, qui d'ailleurs est d'étain, / Je flanque tout par terre, comme j'y ai flanqué la vie".
A propos de Fernando Pessoa, on cite souvent l'affirmation de Paz selon laquelle " les poètes n'ont pas de biographie, leur oeuvre est leur biographie". Il est vrai que la critique est unanime pour présenter l'homme Pessoa comme étant très proche du personnage de Bernardo Soares, un "employé de commerce" timide et discret, dont la vie ne présente pas d'éclats ou de faits sensationnels, préoccupé uniquement à parfaire son oeuvre monumentale. Au point de soulever l'indignation d'Antonio Mega Ferreira, préfacier de l'oeuvre de Fernando Pessoa, O Comércio e a Publicidade (Ed. Cinevoz/Lusomédia, 1986) qui voit dans l'existence non- aventurière du poète un choix volontaire: "il est inacceptable qu'un grand poète ait vécu à 5%, comme le prétendait Eugenio Montale, voire en dessous de cette cote, comme l'a dit suggestivement Antonio Tabucchi".
Mais s'il est vrai que tout ce que nous connaissons de la vie de Pessoa, nous le connaissons à partir de quelques données répertoriées et par ses écrits, la critique a connu plus d'une surprise à la publication tardive, - le poète n'ayant laissé publié de son vivant qu'une partie minime de son oeuvre (27.535 manuscrits à décrouvrir après 1935) -, de certains de ses textes. Ainsi, Les Lettres d'Amour, en 1978, le Livre de l'Inquiétude, en 1982, ou encore ses textes sur le Commerce et la Publicité (1985), domaines qu'il connaissait fort bien.
Et, sans que notre propos consiste à revenir aux vieilles tendances académiques dont le but serait d'établir une corrélation entre la vie et l'oeuvre d'un poète, la parole d'Octavio Paz nous paraissant valoir pour toute oeuvre poétique, on est tenté de faire deux remarques à propos de Pessoa. La première consiste dans la similitude entre l'enfance de Pessoa et celle d'un Baudelaire, par exemple, sur lequel la critique biographique n'est pas prête de se tarir.
En effet, Pessoa est né à Lisbonne un 13 juin 1888. Or, comme Baudelaire, il a perdu son père (critique musical) très tôt, à l'age de cinq ans. Contrairement à Baudelaire, il n'a pas été envoyé en pension, mais en revanche, il a dû suivre sa mère remariée, à Durban, en Afrique du Sud, où il a appris parfaitement l'anglais. Comme Baudelaire, l'enfant Pessoa était un garçon intelligent qui aimait lire, qui a eu quelques prix scolaires, et qui a été reçu aux examens mais, contrairement au premier, Pessoa à six ans a connu la perte de son unique frère, bien que parmi tous ses demi-frères et soeurs (cinq), il en ait perdu d'autres (ce qui l'aurait peut-être encouragé sur sa voie "dramatique"?) . Mais surtout, contrairement à Baudelaire, Pessoa n'a pas fait part de ses sentiments à quiconque, à ceci près qu'on peut lire dans son journal, en 1905: " Dans ma famille, personne ne comprend mon état mental - non, personne. Ils se moquent de moi, me raillent, ne me croient pas.. Ils ne font rien pour analyser le désir qui mène quelqu'un à vouloir être extraordinaire. Ils ne peuvent pas comprendre qu'entre être et désirer être extraordinaire il n' y a que la différence de conscience qui s'ajoute au fait de vouloir être soi-même extraordinaire".
C'est peut-être cette conscience précoce à la fois de ne pas pouvoir être entendu, contrairement à Baudelaire, qui s'adresse obstinément à sa mère jusqu'à la fin de sa vie, et d'être extraordinaire, ce qui était aussi le cas de Baudelaire, qui l'a poussé à agir dans un sens, celui de la constitution d'une oeuvre extraordinaire dans laquelle tout puisse être dit, y compris ses "états d'âme"... Il est très frappant de noter comment, de façon quasiment méticuleuse, bon gré mal gré, dans les moments les plus difficiles de son existence, des moments où il est gagné par un sentiment de solitude et d'ennui, mais conscient de sa singularité, Pessoa a bâti son "immortalité".
Si l'on analyse la chronologie établie par Gérard de Cortanze, on peut voir que très tôt, Pessoa manifeste le désir de publier. Dans des revues d'abord, ce qu'il va faire toute sa vie durant, ayant laissé très peu d'oeuvres publiées. On sait que sa première revue, O Palrador (en 1903, il a 15 ans) compte déjà sur la collaboration d'écrivains anglais et portugais tous inventés par lui. Ses premiers textes critiques apparaissent dans A Aguia (1912): La Nouvelle Poésie Portugaise sociologiquement considérée; Reincidindo ("Récidivant"), et provoquent de vives réactions du public. Ces articles seront suivis d'un troisième, La poésie portugaise sous son aspect psychologique. Par la suite, il collaborera à l'hebdomadaire Teatro, 1913, puis à Orpheu, dans laquelle il publie O Marinheiro et Alvaro de Campos, Opiario et Ode triunfal, un de ses poèmes magistraux, en 1915. Cette revue rassemble d'autres grands artistes, tels que le poète Mario de Sa-Carneiro, un de ses amis les plus proches et qui se suicidera à Paris en l916, le peintre et poète José de Almada Negreiros, Luis de Montalvor, Ronald de Carvalho. Cette publication suscite un nouveau scandale, en raison de son ton irrévérentieux. Pessoa, par ailleurs, ne craint ni la polémique ni la satire (son sens de l'humour est notoire), donne des entretiens originaux à des journaux et des revues dans lesquels, par exemple, il fait le parallèle entre les monarchistes et le syndicat des chauffeurs de Lisbonne.
La revue Exilio accueille, en 1916, le poème de Pessoa Hora absurda ainsi qu'un nouveau texte critique Mouvement sensationniste. En 1917, Alvaro de Campos participe au seul numéro de la revue futuriste Portugal futurista. En 1918, à compte d'auteur, il publie ses poèmes anglais Antinous et Trente-cinq sonnets, attirant l'attention de critiques anglais. Il est à noter que, outre des articles critiques ou programmatiques, Pessoa écrit des articles politiques et économiques.
Ainsi, ses articles Comment organiser le Portugal et L'opinion publique sont publiés en 1919, dans la revue Acçao, favorable à Sidonio Paes, représentant de la Droite au pouvoir, assassiné en 1918.
Des photos le montrent souvent seul, mais en réalité, si Pessoa n'est pas un homme expansif, il aime la discussion, le dialogue. Les cafés de Lisbonne qu'il fréquente assidûment sont le lieu de vives discussions avec les artistes de son époque. Il est difficile de ne pas voir dans le poète un homme profondément impliqué par son temps, par les réalités sociales, politiques et esthétiques du pays . Il publie également des articles en anglais (dans la revue The Athenauem), il collabore à la revue Ressureiçao et dans la revue Contemporanea, lancée en 1922, il fait apparaître, à côté de son poème Le Banquier Anarchiste, un article qui lui vaudra encore un scandale: Antonio Botto et l'idéal esthétique au Portugal et même si la priorité est accordée à des sujets d'intérêt général, il fait connaître au public également son travail poétique, quelquefois réalisé en langue étrangère. C'est le cas des Trois chansons mortes, poèmes français, publiés dans Contemporanea, où il publiera, en 1926 O Menino da sua mae et Rubayat..
Un autre aspect de la personnalité du poète est le fait de prendre fait et cause pour les idées qu'il pense devoir défendre. C'est sans doute pourquoi il a toujours été difficile pour la critique de défendre ses idées "pour l'esclavage" ou "pour la dictature". Le fait est qu'à les lire, on se voit devant la contradiction utilisée comme arme, Pessoa ne défend pas vraiment l'esclavage ou la dictature, il attaque les idées reçues, "C'est avec des mensonges qu'on mène le monde; quiconque veut l'éveiller ou le conduire doit lui mentir démesurément, et il y réussira d'autant mieux qu'il se mentira à lui-même et qu'il se persuadera de la vérité du mensonge qu'il a inventé". C'est ainsi qu'en 1929 il publie L'interrègne. Défense et jusfication de la Dictature militaire au Portugal, dont il dit ne pas s'agir d' un article pour la défense de la dictature existante.
Son désir de participer à la vie intellectuelle du pays allant au-delà de la collaboration dans les revues, il envisage plusieurs fois d'avoir sa propre maison d'édition. Cela se manifeste déjà en 1907 lorsque, deux ans après son retour définitif à Lisbonne, et grâce à un petit héritage reçu à la mort de sa grand-mère (la folle Dyonisia), il fonde l'imprimerie Ibis, Empresa Ibis- Tipografica e Editora, qui fait très rapidement faillite, sans pour autant que cela ne le décourage. Ainsi, en 192l, avec ses amis Augusto Ferreira Gomes et Geraldo Coelho de Jesus, il fonde la maison d'édition librairie Olisipo, dans laquelle il fera publier ses propres textes (English Poems I,II,III), mais aussi ceux de Almada Negreiro, Raul Leal (Sodoma Divinizada) et les Cançoes de Botto, suscitant à nouveau de vives réactions. En plus de l'Edition, Pessoa s'intéresse aux revues et c'est ainsi qu'en 1924, il fonde avec le peintre Ruy Vaz la revue Athena où il publie vingt Odes de Ricardo Reis. Les numéros suivants voient apparaître des essais de Alvaro de Campos, Qu'est-ce que la métaphysique, Notes pour une esthétique non-aristotélicienne, des poèmes et des traductions de Pessoa lui-même, des poèmes de Alberto Caeiro: Le Gardeur de troupeaux et Os Poemas Inconjuntos.
De par sa spécialité en "traduction commerciale", Pessoa domine assez bien les questions relatives au Commerce. En 1926 il fonde avec son beau-frère, le colonel Francisco Caetano Dias, le magazine Revista do Comércio e Contabilidade.
En 1927, lorsqu'une nouvelle revue - Presença - fait son apparition sur la scène littéraire portugaise, on peut y lire, sous la plume de José Régio, la consécration de Pessoa comme le "maître de la génération modernista". Il y collabore régulièrement, publie des poèmes orthonymes (Marinha ), ou hétéronymes, de Alvaro de Campos et de Ricardo Reis. En 1930, dans la même revue apparaît la première publication d'un fragment du Livre de l'Inquiétude, suivie de traductions, d'autres poèmes, dont le fameux: Autopsicografia ("Le poète est un simulateur... "), Iniciaçao, et peut-être de son plus beau poème, Tabacaria, "Bureau de Tabac".
Jusqu'à sa mort, en 1935, on verra apparaître des contributions dans d'autres revues et journaux, Fama (1932, Le cas mental portugais); Fradique (l934, L'homme de Porlock ); Diario de Lisboa (l935, Sociétés secrètes, en défense de la Maçonnerie); Sudoeste (dirigée par Almada Negreiros, 1935, des textes de Alvaro de Campos et de lui-même, (Conselho). C'est dans cette dernière année de sa vie qu'il publie également un poème sarcastique contre Salazar (Représentant de l'Etat Nouveau, inauguré en 1933).
Ainsi, si, comme le rappelle Antonio Mega Ferreira, on ne trouve pas dans la vie de Pessoa "fascination et aventure", sa "bibliographie " est le témoignage d'une grande aventure personnelle, au sens moderne du terme. Pessoa a renoncé à une vie tumultueuse sur le plan de l'expérience (ne fût-ce qu'amoureuse, ou même sur le plan des voyages) au nom d'une "loi supérieure"(cf. Lettre de rupture dirigée à Ophélia de Queiroz), d'une "mission" ("La supériorité ne se déguise pas en clown; elle est vêtue de renoncement et de silence... "(1914)), qu'il a accomplie de façon infatigable, avec un engagement total . En tant qu'"être supérieur", il ne s'est pas contenté de projeter son oeuvre dans la postérité (rappelons le désir de Baudelaire, comme de tant d'autres, de devenir un "poète classique"), mais il a occupé tous les domaines d'intérêt général et national. Son ambition était à la hauteur de son génie, il fallait bâtir les bases pour l'avénement du "Cinquième Empire" lusitanien tout en acceptant que "peut-être la gloire a-t-elle un goût de mort et d'inutilité, et le triomphe une odeur de pourriture" (Lettre à sa mère, 1914).

La Republique des Lettres


Fernando Pessoa
Message

Voici le songe: voir les formes invisibles
De la distance vague, et, par de fort sensibles
Elans de l’espérance et de la volonté,
Aller quérir sur la froide ligne de l’horizon
L’arbre, la plage, la fleur, l’oiseau, la source –
Les baisers mérités de la Vérité.



livreor.gif

Messages les plus consultés