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JOE DASSIN


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"Toute la vie sera pareille à ce matin... aux couleurs de l'été indien"


Après le divorce de ses parents, Joe Dassin choisit de retourner aux Etats Unis où il s'inscrit à l'université, en ethnologie. Il y obtient l'équivalent d'un doctorat. Musicien dans l'âme, il se produit sur les terrasses des bars en interprétant Georges Brassens. Il regagne la France, nostalgique, et, par le biais de quelques relations, parvient à se faire engager pour CBS. Son premier disque 'Je change un peu de vent' ne s'impose pas ; néanmoins le fameux 'Bip Bip' récolte le succès qu'il mérite. Son répertoire se singularise par quelques airs de country-folk et des textes s'inspirant de chanteurs populaires. Il multiplie dès lors les tubes : 'Les Daltons', 'Guantanamera', 'Cecilia', 'L' Amérique'... L'engouement du public atteint son paroxysme avec son tube incontestable 'L' Eté indien'. S'enchaîne une kyrielle de tournées et une série de représentations à l'Olympia. Cependant son parcours s'achève subitement : une crise cardiaque l'emporte loin de la scène, laissant derrière lui des fans inconditionnels et désolés.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Son pere Jules Dassin

Cinéaste hollywoodien ? Metteur en scène de cambriolages ? Promoteur du sirtaki ? Veuf d'une ancienne ministre grecque de la culture ? Jules Dassin, qui vient de mourir, lundi 31 mars 2008, dans un hôpital d'Athènes, à l'âge de 96 ans, aura été tout cela à la fois, ainsi que le père du chanteur Joe Dassin, mort en 1980 d'une crise cardiaque.


Né le 18 décembre 1911 dans le Connecticut, Jules Dassin avait suivi des études d'art dramatique en Europe, avant de repartir faire l'acteur au Théâtre yiddish de New York, de réaliser des émissions radiophoniques, de se faire remarquer à Broadway. C'est lors d'un stage à la RKO en 1940 qu'il devient assistant d'Alfred Hitchcock, le temps d'un film (Joies matrimoniales). Les conseils du maître l'encouragent à signer sa première réalisation, avant-gardiste : Le Coeur révélateur, d'après Edgar Poe (1941), qui obtient suffisamment de succès pour qu'il soit engagé à la MGM. Il y réalisera sept films inégaux, dont Nazi Agent (1942), un thriller d'espionnage avec Conrad Veidt dans un double rôle ; The Affairs of Martha (1942), une comédie à la Lubitsch ; Le Fantôme de Canterville (1944), d'après Oscar Wilde.

Mais c'est en passant chez Universal, encouragé par un producteur d'envergure, Mark Hellinger, qu'il voit sa carrière prendre son essor. D'abord grâce aux Démons de la liberté (1947), écrit par Richard Brooks : une histoire d'évasion d'un pénitencier, avec Burt Lancaster, baignant dans un asphyxiant huis clos et évoluant dans une telle brutalité que le film sera coupé par les censeurs. Tourné cette fois en extérieur, La Cité sans voiles (1948) est un portrait de New York, cadre d'une enquête criminelle autour de la recherche d'un monstre, chez lequel Dassin trouve un charme maléfique. Emblématique de son style, celui d'un réalisme social noir, et doté d'une spectaculaire poursuite finale, le film est remonté par le studio.

S'estimant mutilé, Dassin quitte alors Universal pour la Fox, où il réalise Les Bas-Fonds de Frisco (1948), sur un scénario de Bezzerides, chantre du prolétariat. Il s'agit d'un mélo opposant un brave convoyeur de fruits et légumes à un grossiste des halles (Lee J. Cobb) et dépeignant de façon sensible les minorités immigrées. Alors qu'il se prépare à porter à l'écran un livre d'Albert Matz, The Journey of Simon McKeever, Jules Dassin est rattrapé par ses convictions communistes et dénoncé par Edward Dmytryk avec Herbert Biberman, John Berry... Son inscription sur la liste noire des maccarthystes l'oblige à aller tourner à Londres, où il réalise son meilleur film, Les Forbans de la nuit (1950), avec Richard Widmark et Gene Tierney : cavale d'un loser acharné à monter un combat de boxe, entre night-clubs, ruelles labyrinthiques, escaliers, repaires de trafics, filmée dans un mélange de réalisme et d'onirisme. Un suspense hanté sur la fatigue et la fatalité, empreint d'un pessimisme désespéré.

Traqué par les chasseurs de sorcières, Dassin s'exile à Paris avec quelques autres blacklistés : Ben Barzman, John Berry, Sidney Buchman... Il y tourne Du rififi chez les hommes (1955), d'après Auguste Le Breton, film de gangsters inspiré d'Asphalt Jungle, de John Huston, et de Touchez pas au grisbi, de Jacques Becker, célèbre pour la minutie avec laquelle ses héros préparent le casse d'une bijouterie, avec un parapluie pour récupérer les gravats. C'est Paris, cette fois, qui sert de cadre à son exploration de la nuit. Le comédien Jean Servais reçoit un prix d'interprétation pour son rôle dans le film, décerné par l'Académie du cinéma français.

Produit en France mais réalisé en Grèce, Celui qui doit mourir (1957) est adapté par Ben Barzman de Nikos Kazantzakis : en 1920, dans un village grec d'Anatolie, les habitants jouent le mystère de la Passion. Le berger chargé du rôle du Christ (Pierre Vaneck) pousse ses compatriotes à la révolte contre les nantis et les occupants turcs. A Londres, Jules Dassin retrouve un temps son ami Joseph Losey (victime lui aussi de la chasse aux rouges) et collabore avec lui sur Temps sans pitié (1956) et L'Enquête de l'inspecteur Morgan (1959), avant de se brouiller avec lui.


LE CHARME IRRADIANT DE LA GOUAILLEUSE PLÉBÉIENNE


Le tournage de Celui qui doit mourir va être un tournant pour Dassin. Il y dirige son fils Joe, futur chanteur de variétés (il a aussi une fille, Julie, de son premier mariage avec la violoniste Béatrice Launer). Mais aussi Mélina Mercouri, une jeune comédienne grecque qu'il a rencontrée quelques mois plus tôt au Festival de Cannes. Il y présentait Du rififi chez les hommes et elle un film de Michael Cacoyannis, Stella. Ils se marient en 1966. Elle abandonnera le cinéma en 1978 pour faire de la politique, lutter contre la dictature des colonels, suivant les pas de son grand-père, qui fut maire d'Athènes et de son père, député. En 1981, le socialiste Andréas Papandréou la nomme ministre de la culture.

Entre-temps, cette gouailleuse plébéienne aura interprété huit films de Jules Dassin : La Loi (1958), affrontement entre patrons-caïds et paysans dans un village des Pouilles, d'après le roman de Roger Vailland ; Jamais le dimanche (1960), où Dassin interprète lui-même le rôle d'un Homère idéaliste venu chercher la vérité en Grèce : un succès mondial irradié par Mélina (prix d'interprétation au Festival de Cannes), pétulante prostituée au charme sauvage qui danse un sirtaki mythique sur l'air des Enfants du Pirée de Manos Hajidakis (dont elle fera l'un de ses tubes lors de ses tours de chant) ; Phaedra (1962), version moderne du mythe de Phèdre inspirée d'Euripide et transposée dans le milieu de la jet-set, avec Anthony Perkins et Raf Vallone ; Topkapi (1964), nouvelle variation sur l'art de faire un casse, à Istanbul cette fois, pour dérober une bague incrustée d'émeraudes, avec Peter Ustinov ; 10 heures 30 du soir en été (1996) ; La Promesse de l'aube (1970), où elle interprète la mère de Romain Gary dans cette évocation de la jeunesse du romancier, de la Russie des années 1920 à l'exil ; Cris de femmes (1978).

Il faut reconnaître que Jules Dassin avait perdu son punch dans ces oeuvres, pour la plupart coproductions internationales. Il signe encore deux documentaires (Survival en 1968, The Rehearsal en 1974) et Point noir (1968), Circle of Two (1980). Devenu citoyen grec honorifique quelque temps après la mort de sa femme, en 1994, à New York, il se consacrait à la construction du nouveau musée de l'Acropole et à la restitution des frises du Parthénon exposées au British Museum de Londres.

Dans son livre consacré aux Sorcières de Hollywood (Ramsay Poche Cinéma), Thomas Wieder raconte qu'en 1988, invité au Festival du film de Barcelone à une table ronde sur les listes noires d'Hollywood, Jules Dassin a la surprise de retrouver Edward Dmytryk, qui, assis au premier rang des spectateurs, prend le micro pour s'excuser d'avoir été l'un des délateurs, tout en distillant quelques perfidies sur les participants au débat. Dassin le traite d'"ordure", et la table ronde s'achève dans une atmosphère de pugilat verbal.


Jean-Luc Douin
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