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PHILLIP TOBIAS


BIO





"L’évolution est une exception. C’est l’extinction qui est la règle." arte





"L’hypothèse de la savane, avec laquelle j’ai grandi, est morte.L’hypothèse de la savane est dépassée. Vous pouvez ouvrir la fenêtre et jeter l’hypothèse de la savane. Elle n’est plus défendable. Donc, si ce n’est pas cela la raison du redressement de l’Homme, où en sommes nous? Nous sommes revenus à la case départ"ceops


Ne a Durban 14 Octobre 1925 - Paléontologue


Prix Balzan 1987
pour l'anthropologie physique

Phillip Tobias est un des spécialistes les plus prestigieux de l’anthropologie physique. Ses études sur les fossiles humains, effectuées pour la plupart en Afrique du Sud, ont considérablement enrichi nos connaissances sur l’évolution préhistorique de l’homme, depuis ses premiers ancêtres, Australopithecus, jusqu’à l’Homo habilis, l’Homo erectus et l’Homo sapiens; elles ont aussi contribué à éclairer l’évolution des capacités du cerveau balzan


Un petit os qui fait tenir l’homme

Par Tugdual DERVILLE

Il ne faut pas se presser de chercher une signification philosophique à une découverte scientifique. Mais on ne peut éviter certains débats qui débouchent sur la question de la dignité humaine.

La diffusion d’un documentaire sur les travaux d’une paléontologue française relance le débat sur l’origine de l’homme. Anne Dambricourt-Malassé fait pour ainsi dire remonter le singe dans son arbre : le primate n’en serait jamais descendu, à quatre pattes dans la savane, pour se redresser progressivement et se transformer en homo sapiens. La paléontologue a étudié un os situé à la base du crâne humain : le sphénoïde, en forme de papillon, se forme chez l’embryon de 7 à 8 semaines. C’est à sa spécificité qu’on devrait la posture de notre tête, au sommet d’une colonne vertébrale verticale. Rejointe aujourd’hui par des scientifiques de premier plan, Anne Dambricourt-Malassé identifie à partir de cet os des "macroévolutions", des "fléchissements" morphologiques, mystérieusement brutaux. Et voilà que l’interprétation environnementale univoque longtemps donnée à l’apparition de la bipédie, l’expliquant par la disparition des forêts, pour des raisons climatiques, serait à "jeter par la fenêtre", selon l’aveu du grand paléontologue sud africain Phillip Tobias. Les créationnistes ultra croient saisir dans cette nouvelle théorie leur revanche sur les intégristes de l’évolution soudain taxés de la ringardise qu’ils attribuaient à leurs adversaires. Derrière le débat qui les oppose, se profilent des questions essentielles au statut de l’homme sur la planète. S’il n’est qu’un animal évolué, au nom de quoi exercerait-il son totalitarisme sur les autres espèces ? De quel droit le petit d’homme devrait-il être protégé quand son degré de développement ou un handicap semblent le rendre moins performant que certains animaux "supérieurs" ? Et pourquoi devrait-on interdire à l’homo sapiens devenu vieux le bénéfice de cette euthanasie qu’il administre par pitié aux animaux de compagnie mourants ?

Créationnistes ultra et évolutionnistes bornés

L’actualité de ces questions explique largement la "guerre de religions" qui oppose, aux Etats-Unis, les théoriciens des deux bords. Les uns font une lecture littérale du récit biblique de la Création. Ils n’en finissent pas de rechercher les preuves scientifiques de sa véracité historique alors qu’une lecture spirituelle préférera méditer leur signification. Ainsi, le Déluge alimente les explications les plus farfelues : une sorte de pont de terre aurait relayé le mont Ararat et l’Australie pour que des espèces aussi spécifiques que les kangourous puissent s’y rendre au sortir de l’Arche… Ceux qui croient devoir défendre ainsi les textes saints au nom d’une science tirée par les cheveux sont la risée de leurs adversaires. Ces derniers ont beau jeu de calculer le temps qu’il aurait fallu aux marsupiaux et autres koalas pour franchir à leur rythme les milliers de kilomètres qui les séparent de leur destin actuel, d’autant que ces fondamentalistes de la Création ont une datation du début du monde qui correspond à la semaine inaugurale décrite dans la Genèse. Comme si la foi tenait à de telles "preuves". Pour l’Eglise catholique, les Livres Saints ont une portée bien plus grande que des ouvrages d’histoire ou de biologie avec lesquels ils ne doivent pas être confondus. En 1985, le pape Jean-Paul II avait incité à dépasser le climat d’hostilité entre deux fondamentalismes en déclarant : « la foi bien comprise dans la Création et l’enseignement bien compris de l’évolution ne se contrarient pas. L’évolution présuppose la Création ; la Création se présente à la lumière de l’évolution comme un événement étendu dans le temps à travers lequel Dieu devient visible aux yeux de la foi comme "créateur des cieux et de la terre" ». Certes, la théorie de l’évolution peut se transformer en manifestation d’athéisme militant, au risque de la négation pure et simple de la dignité humaine. Il est d’ailleurs significatif de voir aujourd’hui s’opposer à l’Eglise qui considère que l’être humain est créé avec toute sa dignité, dès l’instant de la conception, les tenants d’une évolution progressive de chaque individu, de l’état de chose à l’état de personne, en passant par un stade quasi-animal. Leur conception utilitariste tente ainsi de légitimer les atteintes à la vie commençante ou finissante en raison de l’apparition et de la disparition progressives des capacités cognitives.

Les bases de l’eugénisme

L’eugénisme actuel n’est-il pas fondé sur cette théorie de l’évolution appliquée à l’individu ? Pour l’Eglise, une telle conception est obscurantiste et totalitaire. En béatifiant le 9 octobre Clemens August von Galen, adversaire courageux du nazisme, elle vient de rendre hommage à l’homme qui a combattu ce type de négationnisme. Le cardinal protestait publiquement contre le programme "Aktion T4 " d’élimination secrète, par le gaz, de 70 000 personnes handicapées enlevées à leurs familles. Il clamait prophétiquement dans la cathédrale de Münster : "Dès lors qu’on part d’une conception fondamentale, légitimant le droit de tuer "l’homme improductif", malheur à nous tous quand nous deviendrons vieux et faibles !"

FERNANDO PESSOA


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crypto juif par son ancetre sancho Pessoa condamne par l'inquisition a Coimbra en 1706



Fernando Pessoa est assurément le grand génie des lettres portugaises

"Feindre, c'est se connaître." - Ode maritime

“Les poètes n’ont pas de biographie. C’est leur œuvre qui est leur biographie. Pessoa, qui douta toujours de la réalité de ce monde, accepterait sans hésiter d’appartenir directement à ses poèmes, en oubliant les incidents et les accidents de son existence terrestre. Rien de surprenant dans sa vie – rien, sauf ses poèmes. (…) Son secret, en outre, est inscrit dans son nom (…). Masque, personnage de fiction, personne : Pessoa. Son histoire pourrait se résumer par le passage entre l’irréalité de sa vie quotidienne et la réalité de ses fictions.”
Octavio Paz , Un inconnu de lui-même : Fernando Pessoa, in La fleur saxifrage




Autopsychographie :

« Feindre est le propre du poète.
Car il feint si complètement
Qu’il feint pour finir qu’est douleur
La douleur qu’il ressent vraiment.

Et ceux qui lisent ses écrits
Ressentent sous la douleur lue
Non pas les deux qu’ila connues,
Mais bien la seule qu’ils n’ont pas.

Ainsi, sur ses rails circulaires
Tourne, captivant la raison,
Ce tout petit train à ressorts
Qui a reçu le nom de cœur »


Génération Pessoa.

par Inês Oseki


Si la grandeur d'un poète peut se mesurer au nombre de questions qu'il ne cesse de susciter de son vivant et après sa mort, on peut dire que l'immensité de l'oeuvre de Fernando Pessoa se confirme chaque jour . Et s'il est vrai qu' une partie des travaux, dont certains remarquables, qui lui sont consacrés semble avoir établi un certain nombre de points concernant son oeuvre et sa vie, chaque jour qui passe voit ces points se déplacer en vertu d'un nouveau texte récemment publié, d'une nouvelle interprétation qui modifie notre lecture de son oeuvre multiple, d'un nouveau regroupement de ses textes.
La question la plus impressionnante posée par l'oeuvre de Fernando Pessoa, on le sait, est la question de son hétéronymie. Présentée soit comme nécessité d'un dédoublement (d'une multiplication) de(s) la personnalité(s) qui constitue(nt) le poète; rattachée à l'étymologie du nom Pessoa (persona, du latin, masque de l'acteur dramatique,); reflet d'un trop-plein de créativité manifestation d'un jeu, comme le propose Octavio Paz, mais d'un jeu vital qui rend vraie la poésie; supercherie ou maladie, lui-même s'en explique à plusieurs reprises, dont la plus connue est la lettre adressée à Adolfo Casais Monteiro en 1935, l'année de sa mort . Dans cette longue lettre, le poète explique la genèse de l'hétéronymie (qui est datée de 1914, l'année de ses 26 ans, époque d'intense créativité):
"Enfant, j'avais déjà tendance à créer autour de moi un monde fictif, à m'entourer d'amis et de connaissances qui n'avaient jamais existé (...) D'aussi loin que j'ai connaissance d'être ce que j'appelle moi, je me souviens d'avoir construit mentalement - apparence extérieure, comportement, caractère et histoire- plusieurs personnages imaginaires qui étaient pour moi aussi visibles et qui m'appartenaient autant que les choses nées de ce que nous appelons, parfois abusivement, la vie réelle."
Dans cette même lettre, Pessoa narre le processus d'engendrement de ses "créatures" poétiques, qui sont avant tout des oeuvres . D'abord, il lui "vient l'envie" d'écrire des poèmes païens... en vers irréguliers" ("Il était né, sans que je le sache, le poète Ricardo Reis"). Un an et demi plus tard, il a l'idée d'inventer un "poète bucolique, d'une espèce compliquée ". Quelques jours plus tard, alors qu'il y avait renoncé - le 8 mars 1914 exactement, il s'approcha d'un meuble haut et, debout, comme d'habitude, il s'est mis à écrire.
"Et j'ai écrit d'une traite trente et quelques poèmes... dans une sorte d'extase dont je ne pourrai définir la nature. C'est Le Gardeur de Troupeaux"... "Il était apparu en moi mon maître, Alberto Caeiro". "Tout de suite après, j'ai pris une autre feuille et j'ai écrit, d'une traite aussi, les six poèmes qui constituent Pluie Oblique, de Fernando Pessoa". A la suite de l'apparition d'Alberto Caeiro, Pessoa s'empresse de lui trouver d'autres disciples, Ricardo Reis, après quoi, "en dérivation opposée", "il me surgit impétueusement un nouvel individu, l'auteur de l'Ode Triomphale, Alvaro de Campos", qui sera publiée dans Orpheu, revue manifestément futuriste, en 1915.
Dans un texte, antérieur à cette lettre et qui constitue la Préface projettée de ses oeuvres futures (1930, environ), il présente son Oeuvre complète, dont le premier volume "est de substance dramatique"... de "forme variée, (faite)... d'extraits de prose, et d'autres livres, de poèmes ou de philosophies"... Il ajoute ne pas savoir si par" privilège" ou par" maladie", il n'a jamais eu une unique personnalité.
"A chaque personnalité plus persistente que l'auteur de ces livres a réussi à vivre à l'intérieur de lui, il a donné un caractère expressif et a fait de cette personnalité un auteur, avec un livre ou des livres, avec les idées, les émotions et l'art dont lui, l'auteur réel (ou tout au plus apparent, parce que nous ne savons pas ce qu'est la réalité), n'a rien à voir, sauf à l'avoir été, en les écrivant, le médium de figures qu'il a créées lui-même. (...)
L'auteur humain de ces livres ne se connaît pas de personnalité (...) Que cette qualité chez l'écrivain soit une forme d'hystérie ou de la dite dissociation de la personnalité, l'auteur de ces livres ni ne le conteste ni ne le soutient. A rien ne lui servirait, esclave qu'il est de sa propre multiplicité, qu'il soit d'accord avec celle-ci ou celle-là de théorie sur les résultats écrits de cette multiplicité(...)"
Suit l'énumération des oeuvres (incomplètes) et de leurs auteurs, Livro do Desassossego, écrit par Vicente Guedes-Bernardo Soares; le recueil de poèmes Le Gardeur de Troupeaux, de "feu" Alberto Caeiro - le maître de Fernando Pessoa et de Ricardo Reis (ce dernier, auteur des Odes) -, l'Oeuvre philosophique de Antonio Mora. A propos de Alvaro de Campos, un seul commentaire: " aucun d'entre eux ne m'a connu personnellement, à l'exception d'Alvaro de Campos "...
Artifice nécessaire donc à une production plurielle, il n'en demeure pas moins que ce qui a causé le plus de problèmes (et d'émerveillement) à la critique, cela a été, plus encore que la multiplicité de ses poètes-oeuvres, l'autonomie de toutes ces poétiques, Pessoa constituant à lui seul une génération formée d'au moins cinq poètes de génie. Car, à en croire Octavio Paz, la multiplicité en tant que telle caractérise ipso facto l'état poétique par définition. Dans L'arc et la lyre, le poète mexicain, en reprenant Breton le dit bien: Cet état... "c'est l'homme voulant être tous les contraires qui le constituent. Et il peut y parvenir, parce qu'en naissant, déjà il les porte en soi, déjà il est eux. Etant lui-même, il est autre. Il est autres . Manifester ces contraires, les réaliser, est la tâche de l'homme et du poète..." Par conséquent, c'est en tant que phénomène littéraire, que l'oeuvre de Pessoa a soulevé plus d'une interprétation qu'elle fût herménéutique ou phénoménologique, métaphysique, psychanalytique, poétique, tout un appareil qui est loin de l'avoir épuisée.
Ailleurs, le même Octavio Paz propose une topologie pour situer quatre de ces cinq auteurs. Sur un axe se trouveraient ainsi à un pôle, Alberto Caeiro, le poète existentiel, atemporel, proche de la Nature et, à l'autre pôle, le futuriste - dandy Alvaro de Campos. Sur un deuxième axe, Ricardo Reis poète néoclassique, auteur d'odes, d'élégies, et à l'autre extrême, Fernando Pessoa lui-même. Au centre, on pourrait ajouter Bernardo Soares, auteur d'une prose poétique confessionnelle (ou comme le dit Pessoa :"en prose, il est plus difficile de s'autrefier").
Pessoa va s'appliquer à décrire ses hétéronymes, à leur prêter consistance, à leur attribuer un signe du Zodiaque (on se rappelle son intention de s'établir astrologue, en 1916). Alvaro de Campos est ingénieur, cosmopolite, homme contemporain du progrès et de l'avenir; Caeiro est un homme de la nature, qui croit en l'unité des éléments; Reis, un hermite philosophe qui a fait ses études chez les Jésuïtes, oscillant entre stoïcisme et épicurisme. Les deux premiers, quoique vivant dans des temps différents (le premier dans le présent atemporel des enfants et de la nature, le second dans l'instant, dandy, dont les amis sont les prostituées, les clochards), cultivent le vers libre; tous deux malmènent la langue portugaise et pratiquent le prosaïsme.
Si Pessoa et Reis utilisent des mètres et des formes fixes, ils appartiennent à différentes traditions. Campos, auteur du Bureau de Tabac, " écrit de longs monologues, de plus en plus proches de l'instrospection" tandis que "Reis polit de petites odes sur le plaisir, la fuite du temps, les roses de Lydie, la liberté illusoire de l'homme, la vanité des dieux."
Mais, à leur tour, chacune de ces poétiques est marquée du sceau de la multiplicité, et de la contradiction. Chaque hétéronyme porte dans son oeuvre cette nécessité contrapunctistique, Caeiro est le "gardeur de troupeaux " n'ayant jamais gardé de troupeau " et voulant être " un agneau (ou tout le troupeau / pour s'en aller dispersé sur toute la colline/ et être bien des choses heureuses en même temps)"... Parmi les quelques textes publiés du temps du vivant de Fernando Pessoa, il se trouve Mensagem, fameux poème-recueil signé de Pessoa, qui a reçu un "prix de consolation " en 1934, un poème héraldico-épique sur l'histoire du Portugal, où il est question d'Ulysse, le fondateur mythique de Lisbonne (Ulyssiponne), et qui illustre bien la poétique à la fois disséminatrice et constructive du poète.
On pourrait multiplier les exemples à l'infini sans épuiser, dans les limites d'une présentation, la portée de la polyphonie pessoenne. Mais on pourrait caractériser la tonalité de cette polyphonie par la permanence d'une interrogation esssentielle. On peut dire d'ores et déjà que ce qui fait le lien entre ces oeuvres protéïques dont chacune a sa propre thématique, son rythme différenciel, sa forme spécifique, c'est donc la présence d'une voix qui n'est là que pour mieux faire entendre l'absence de celui qui la prononce, une voix plurielle, de celui qui se dit né pour être "l'interprète de son siècle", qui annonce l'avènement d'un Supra-Camoëns.
Du point de vue poétique, ce lien pourrait se figurer par l'oxymore. Le premier vers du poème Mensagem,"Le mythe est le rien qui est tout", est un oxymore, figure première de la contradiction et, chez Pessoa, le fondement de ce que nous avons reperé comme un double mouvement, déconstruction / construction, point et contrepoint, parallèlement à la création d'une oeuvre à la fois pleine et disséminatrice, où le centre éclaté est la condition d'apparition non pas d'un mais de multiples sujets, masques (personnae), de la figure du poète universel.
"Celui-ci qui débarqua ici. Fut, puisqu'il n'a jamais existé. / Sans avoir existé, il nous combla. / Puisqu'il n'arriva jamais, toujours il fut l'arrivant. / Et il nous créa." Le poète crée les mythes. Les mythes seuls permettent d'exister à travers la seule réalité, le langage écrit.
Jakobson fait remarquer que tout le poème est rigoureusement structuré sur cette contradiction. "Le poète proclame la nullité de l'existence phénomènale en faveur de l'être nouménal". Ulysse n'est pas nommé dans le poème, figure paternelle reprise par le "Il". C'est parce qu'il n'a pas existé qu'il nous a créés, devenant ainsi "tout".
Ainsi, les différentes poétiques de Pessoa correspondent à une multitude de lieux, à une diversité d' époques, elles proviennent du passé vers l'avenir ("ma patrie est la langue portugaise "), elles s'annulent en se complétant. La pluralité est là pour figurer l'impossibilité de dire une vérité provenant du Logos, la seule vérité étant que Pessoa "ne sait pas ce qu'est exister, ni lequel, Hamlet ou Shakespeare, est plus réel ou réel dans la vérité" (Préface projettée) . Ou encore, comme le dit Bernardo Soares :
" Créer à l'intérieur de moi un Etat avec une politique, avec des partis et des révolutions, et que tout cela, ce soit moi, que je sois Dieu dans le panthéïsme réel de ce peuple-moi" (fragment 27 du Livre de l'Inquiétude), affirmer l'anéantissement d'un sujet : " Vivre, c'est être un autre". Si "la vie est moitié de rien", si "le mythe est un rien qui est tout" pour Pessoa, pour Ricardo Reis: "Si je me souviens de qui je fus, je me vois autre / Et le passé est le présent dans le souvenir. / Qui je fus est quelqu'un que j'aime / Mais seulement en rêve. (...)
Rien, sinon l'instant, ne me connaît. / Mon propre souvenir n'est rien, et je sens / Que qui je suis et qui je fus / Sont des rêves différents."
Ailleurs, plus tard, le Pessoa du Cancioneiro dira: "Le poète est un simulateur. / Simulant si complètement / Qu'il en vient à simuler qu'est douleur / La douleur qu'il ressent vraiment."
Ainsi, si Octavio Paz voit en la "création" du "maître" Caeiro la nécessité pour Pessoa "d'inventer un poète innocent pour justifier sa propre poésie", on peut dire que Caeiro représente aussi ce moment heureux où l'homme ne se voit pas, mais vit et, comme la nature, est voué à mourir:
"Soyons simples et calmes / Comme les ruisseaux et les arbres/ Et Dieu nous aimera, nous rendant / Beaux comme les arbres et les ruisseaux, / Et il nous donnera la verdeur de son printemps / Et un fleuve où nous jeter lorsque viendra la fin!... "
Déjà Ricardo Reis: "Rien ne reste de rien. Nous ne sommes rien. / Un peu au soleil et à l'air nous différons / L'irrespirable ténèbre qui nous pèse / De l'humble terre imposée, / Cadavres ajournés qui procréent."
Et Campos, le technicien futuriste, celui dont Ophélie se méfie (à juste titre), le jugeant sans doute responsable de leur rupture ("Me vouliez-vous marié, futile, quotidien et imposable? " in Lisbon revisited ) celui qui est le plus hardi, le plus visionnaire, le plus simulateur de tous :
"Nous avons tous deux vies: / La vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance, / Et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard; / La fausse, celle que nous vivons dans nos rapports avec les autres, / Qui est la pratique, l'utile, / Celle où l'on finit par nous mettre au cercueil." (Dactylographie).
La contradiction est patente. La poésie, mais on pourrait dire l'écrit (si l'on songe aux nombreux textes théoriques, journaux, essais, préfaces, traductions, publicités) est l'espace infini de toutes les propositions, le lieu mythique de toutes les possibilités. La vie, en revanche, est "moitié de rien" . Ce sont de lui aussi les très beaux vers du Bureau de Tabac: "Mange des chocolats, petite, / Mange des chocolats! / (...) / Ah, pouvoir manger des chocolats avec la même vérité que toi! / Mais je pense, et quand je retire le papier d'argent, qui d'ailleurs est d'étain, / Je flanque tout par terre, comme j'y ai flanqué la vie".
A propos de Fernando Pessoa, on cite souvent l'affirmation de Paz selon laquelle " les poètes n'ont pas de biographie, leur oeuvre est leur biographie". Il est vrai que la critique est unanime pour présenter l'homme Pessoa comme étant très proche du personnage de Bernardo Soares, un "employé de commerce" timide et discret, dont la vie ne présente pas d'éclats ou de faits sensationnels, préoccupé uniquement à parfaire son oeuvre monumentale. Au point de soulever l'indignation d'Antonio Mega Ferreira, préfacier de l'oeuvre de Fernando Pessoa, O Comércio e a Publicidade (Ed. Cinevoz/Lusomédia, 1986) qui voit dans l'existence non- aventurière du poète un choix volontaire: "il est inacceptable qu'un grand poète ait vécu à 5%, comme le prétendait Eugenio Montale, voire en dessous de cette cote, comme l'a dit suggestivement Antonio Tabucchi".
Mais s'il est vrai que tout ce que nous connaissons de la vie de Pessoa, nous le connaissons à partir de quelques données répertoriées et par ses écrits, la critique a connu plus d'une surprise à la publication tardive, - le poète n'ayant laissé publié de son vivant qu'une partie minime de son oeuvre (27.535 manuscrits à décrouvrir après 1935) -, de certains de ses textes. Ainsi, Les Lettres d'Amour, en 1978, le Livre de l'Inquiétude, en 1982, ou encore ses textes sur le Commerce et la Publicité (1985), domaines qu'il connaissait fort bien.
Et, sans que notre propos consiste à revenir aux vieilles tendances académiques dont le but serait d'établir une corrélation entre la vie et l'oeuvre d'un poète, la parole d'Octavio Paz nous paraissant valoir pour toute oeuvre poétique, on est tenté de faire deux remarques à propos de Pessoa. La première consiste dans la similitude entre l'enfance de Pessoa et celle d'un Baudelaire, par exemple, sur lequel la critique biographique n'est pas prête de se tarir.
En effet, Pessoa est né à Lisbonne un 13 juin 1888. Or, comme Baudelaire, il a perdu son père (critique musical) très tôt, à l'age de cinq ans. Contrairement à Baudelaire, il n'a pas été envoyé en pension, mais en revanche, il a dû suivre sa mère remariée, à Durban, en Afrique du Sud, où il a appris parfaitement l'anglais. Comme Baudelaire, l'enfant Pessoa était un garçon intelligent qui aimait lire, qui a eu quelques prix scolaires, et qui a été reçu aux examens mais, contrairement au premier, Pessoa à six ans a connu la perte de son unique frère, bien que parmi tous ses demi-frères et soeurs (cinq), il en ait perdu d'autres (ce qui l'aurait peut-être encouragé sur sa voie "dramatique"?) . Mais surtout, contrairement à Baudelaire, Pessoa n'a pas fait part de ses sentiments à quiconque, à ceci près qu'on peut lire dans son journal, en 1905: " Dans ma famille, personne ne comprend mon état mental - non, personne. Ils se moquent de moi, me raillent, ne me croient pas.. Ils ne font rien pour analyser le désir qui mène quelqu'un à vouloir être extraordinaire. Ils ne peuvent pas comprendre qu'entre être et désirer être extraordinaire il n' y a que la différence de conscience qui s'ajoute au fait de vouloir être soi-même extraordinaire".
C'est peut-être cette conscience précoce à la fois de ne pas pouvoir être entendu, contrairement à Baudelaire, qui s'adresse obstinément à sa mère jusqu'à la fin de sa vie, et d'être extraordinaire, ce qui était aussi le cas de Baudelaire, qui l'a poussé à agir dans un sens, celui de la constitution d'une oeuvre extraordinaire dans laquelle tout puisse être dit, y compris ses "états d'âme"... Il est très frappant de noter comment, de façon quasiment méticuleuse, bon gré mal gré, dans les moments les plus difficiles de son existence, des moments où il est gagné par un sentiment de solitude et d'ennui, mais conscient de sa singularité, Pessoa a bâti son "immortalité".
Si l'on analyse la chronologie établie par Gérard de Cortanze, on peut voir que très tôt, Pessoa manifeste le désir de publier. Dans des revues d'abord, ce qu'il va faire toute sa vie durant, ayant laissé très peu d'oeuvres publiées. On sait que sa première revue, O Palrador (en 1903, il a 15 ans) compte déjà sur la collaboration d'écrivains anglais et portugais tous inventés par lui. Ses premiers textes critiques apparaissent dans A Aguia (1912): La Nouvelle Poésie Portugaise sociologiquement considérée; Reincidindo ("Récidivant"), et provoquent de vives réactions du public. Ces articles seront suivis d'un troisième, La poésie portugaise sous son aspect psychologique. Par la suite, il collaborera à l'hebdomadaire Teatro, 1913, puis à Orpheu, dans laquelle il publie O Marinheiro et Alvaro de Campos, Opiario et Ode triunfal, un de ses poèmes magistraux, en 1915. Cette revue rassemble d'autres grands artistes, tels que le poète Mario de Sa-Carneiro, un de ses amis les plus proches et qui se suicidera à Paris en l916, le peintre et poète José de Almada Negreiros, Luis de Montalvor, Ronald de Carvalho. Cette publication suscite un nouveau scandale, en raison de son ton irrévérentieux. Pessoa, par ailleurs, ne craint ni la polémique ni la satire (son sens de l'humour est notoire), donne des entretiens originaux à des journaux et des revues dans lesquels, par exemple, il fait le parallèle entre les monarchistes et le syndicat des chauffeurs de Lisbonne.
La revue Exilio accueille, en 1916, le poème de Pessoa Hora absurda ainsi qu'un nouveau texte critique Mouvement sensationniste. En 1917, Alvaro de Campos participe au seul numéro de la revue futuriste Portugal futurista. En 1918, à compte d'auteur, il publie ses poèmes anglais Antinous et Trente-cinq sonnets, attirant l'attention de critiques anglais. Il est à noter que, outre des articles critiques ou programmatiques, Pessoa écrit des articles politiques et économiques.
Ainsi, ses articles Comment organiser le Portugal et L'opinion publique sont publiés en 1919, dans la revue Acçao, favorable à Sidonio Paes, représentant de la Droite au pouvoir, assassiné en 1918.
Des photos le montrent souvent seul, mais en réalité, si Pessoa n'est pas un homme expansif, il aime la discussion, le dialogue. Les cafés de Lisbonne qu'il fréquente assidûment sont le lieu de vives discussions avec les artistes de son époque. Il est difficile de ne pas voir dans le poète un homme profondément impliqué par son temps, par les réalités sociales, politiques et esthétiques du pays . Il publie également des articles en anglais (dans la revue The Athenauem), il collabore à la revue Ressureiçao et dans la revue Contemporanea, lancée en 1922, il fait apparaître, à côté de son poème Le Banquier Anarchiste, un article qui lui vaudra encore un scandale: Antonio Botto et l'idéal esthétique au Portugal et même si la priorité est accordée à des sujets d'intérêt général, il fait connaître au public également son travail poétique, quelquefois réalisé en langue étrangère. C'est le cas des Trois chansons mortes, poèmes français, publiés dans Contemporanea, où il publiera, en 1926 O Menino da sua mae et Rubayat..
Un autre aspect de la personnalité du poète est le fait de prendre fait et cause pour les idées qu'il pense devoir défendre. C'est sans doute pourquoi il a toujours été difficile pour la critique de défendre ses idées "pour l'esclavage" ou "pour la dictature". Le fait est qu'à les lire, on se voit devant la contradiction utilisée comme arme, Pessoa ne défend pas vraiment l'esclavage ou la dictature, il attaque les idées reçues, "C'est avec des mensonges qu'on mène le monde; quiconque veut l'éveiller ou le conduire doit lui mentir démesurément, et il y réussira d'autant mieux qu'il se mentira à lui-même et qu'il se persuadera de la vérité du mensonge qu'il a inventé". C'est ainsi qu'en 1929 il publie L'interrègne. Défense et jusfication de la Dictature militaire au Portugal, dont il dit ne pas s'agir d' un article pour la défense de la dictature existante.
Son désir de participer à la vie intellectuelle du pays allant au-delà de la collaboration dans les revues, il envisage plusieurs fois d'avoir sa propre maison d'édition. Cela se manifeste déjà en 1907 lorsque, deux ans après son retour définitif à Lisbonne, et grâce à un petit héritage reçu à la mort de sa grand-mère (la folle Dyonisia), il fonde l'imprimerie Ibis, Empresa Ibis- Tipografica e Editora, qui fait très rapidement faillite, sans pour autant que cela ne le décourage. Ainsi, en 192l, avec ses amis Augusto Ferreira Gomes et Geraldo Coelho de Jesus, il fonde la maison d'édition librairie Olisipo, dans laquelle il fera publier ses propres textes (English Poems I,II,III), mais aussi ceux de Almada Negreiro, Raul Leal (Sodoma Divinizada) et les Cançoes de Botto, suscitant à nouveau de vives réactions. En plus de l'Edition, Pessoa s'intéresse aux revues et c'est ainsi qu'en 1924, il fonde avec le peintre Ruy Vaz la revue Athena où il publie vingt Odes de Ricardo Reis. Les numéros suivants voient apparaître des essais de Alvaro de Campos, Qu'est-ce que la métaphysique, Notes pour une esthétique non-aristotélicienne, des poèmes et des traductions de Pessoa lui-même, des poèmes de Alberto Caeiro: Le Gardeur de troupeaux et Os Poemas Inconjuntos.
De par sa spécialité en "traduction commerciale", Pessoa domine assez bien les questions relatives au Commerce. En 1926 il fonde avec son beau-frère, le colonel Francisco Caetano Dias, le magazine Revista do Comércio e Contabilidade.
En 1927, lorsqu'une nouvelle revue - Presença - fait son apparition sur la scène littéraire portugaise, on peut y lire, sous la plume de José Régio, la consécration de Pessoa comme le "maître de la génération modernista". Il y collabore régulièrement, publie des poèmes orthonymes (Marinha ), ou hétéronymes, de Alvaro de Campos et de Ricardo Reis. En 1930, dans la même revue apparaît la première publication d'un fragment du Livre de l'Inquiétude, suivie de traductions, d'autres poèmes, dont le fameux: Autopsicografia ("Le poète est un simulateur... "), Iniciaçao, et peut-être de son plus beau poème, Tabacaria, "Bureau de Tabac".
Jusqu'à sa mort, en 1935, on verra apparaître des contributions dans d'autres revues et journaux, Fama (1932, Le cas mental portugais); Fradique (l934, L'homme de Porlock ); Diario de Lisboa (l935, Sociétés secrètes, en défense de la Maçonnerie); Sudoeste (dirigée par Almada Negreiros, 1935, des textes de Alvaro de Campos et de lui-même, (Conselho). C'est dans cette dernière année de sa vie qu'il publie également un poème sarcastique contre Salazar (Représentant de l'Etat Nouveau, inauguré en 1933).
Ainsi, si, comme le rappelle Antonio Mega Ferreira, on ne trouve pas dans la vie de Pessoa "fascination et aventure", sa "bibliographie " est le témoignage d'une grande aventure personnelle, au sens moderne du terme. Pessoa a renoncé à une vie tumultueuse sur le plan de l'expérience (ne fût-ce qu'amoureuse, ou même sur le plan des voyages) au nom d'une "loi supérieure"(cf. Lettre de rupture dirigée à Ophélia de Queiroz), d'une "mission" ("La supériorité ne se déguise pas en clown; elle est vêtue de renoncement et de silence... "(1914)), qu'il a accomplie de façon infatigable, avec un engagement total . En tant qu'"être supérieur", il ne s'est pas contenté de projeter son oeuvre dans la postérité (rappelons le désir de Baudelaire, comme de tant d'autres, de devenir un "poète classique"), mais il a occupé tous les domaines d'intérêt général et national. Son ambition était à la hauteur de son génie, il fallait bâtir les bases pour l'avénement du "Cinquième Empire" lusitanien tout en acceptant que "peut-être la gloire a-t-elle un goût de mort et d'inutilité, et le triomphe une odeur de pourriture" (Lettre à sa mère, 1914).

La Republique des Lettres


Fernando Pessoa
Message

Voici le songe: voir les formes invisibles
De la distance vague, et, par de fort sensibles
Elans de l’espérance et de la volonté,
Aller quérir sur la froide ligne de l’horizon
L’arbre, la plage, la fleur, l’oiseau, la source –
Les baisers mérités de la Vérité.

NADINE GORDIMER


PRIX NOBEL 1991
LIVRE
ENTRETIEN
UNESCO
ROMAN 1 - 2

Ecrivaine sud-africaine née à Springs le 20 novembre 1923. Elle a combattu l'apartheid.

"La solitude que l’on éprouve en écrivant est assez terrifiante. C’est parfois proche de la folie, on disparaît et on perd le sens de la réalité."

"La poésie est à la fois une cachette et un haut-parleur."

"C'est cela écrire, élargir le champ de la conscience en agissant sur la perception même des choses." - Juin 1996

"L'inconnu est porteur d'angoisse." - L'arme domestique

"Les formules qui semblent avoir perdu tout leur sens à force d'avoir été répétées trop souvent sont celles qui contiennent le plus de vérité." - l'arme domestique

Figure emblématique de la lutte contre la ségrégation, membre de l’ANC et proche de Nelson Mandela. Elle s’est vu attribuer à deux reprises le prestigieux Booker Prize avant de recevoir le prix Nobel de Littérature en 1991. Son engagement contre l’apartheid lui a valu plusieurs fois d’être interdite de publication dans son propre pays, mais le retentissement international de ses livres obligea chaque fois le régime de Pretoria à réviser les mesures instituées à son encontre.


Romancière, nouvelliste, critique, éditeur, Nadine Gordimer a plus d'une corde à son arc. Issue d'une famille bourgeoise d'obédience juive, elle a vécu à Springs, près de Johannesburg, en Afrique du Sud. Elle grandit dans l'environnement privilégié de la communauté anglophone blanche, mais n'en demeure pas moins sensible aux inégalités raciales et aux problèmes sociopolitiques de son pays. C'est par le biais de l'écriture qu'elle choisit de s'engager peu à peu contre le système de l'apartheid. L'essentiel de son oeuvre, de facture classique, en témoigne largement aujourd' hui, et la lecture de ses écrits enseigne une douloureuse page d'histoire. Cependant, sa talentueuse célébration des paysages sud-africains et son amour pour cette terre 'odorante et colorée' - qu'elle n'a pas quittée - ajoutent humanité et chaleur à ses écrits. En 2007, Nadine Gordimer publie son roman 'Bouge-toi !' et demeure une figure morale et non moralisatrice en son pays.evene

Écrite dans une langue simple, naturelle et passionnée, l'œuvre de Nadine Gordimer étudie les tensions entre les Blancs, les Noirs et les métis du temps de l'apartheid en Afrique du Sud, et traite des difficultés sociales et politiques que rencontre son pays en raison de cette division raciale. Parmi ses premiers romans, nous pouvons citer Un monde d'étrangers (1958) et Occasions d'aimer (1963), qui évoquent les incidents quotidiens dans son pays à travers les yeux d'une bourgeoise blanche. Ce thème de l'apartheid et de ses conséquences sera repris dans bien d'autres de ses romans, notamment dans le Dernier Monde bourgeois (1966).

Ses ouvrages présentent avec sympathie la situation des Noirs et des métis tout en soulignant la position ambivalente des Blancs libéraux vivant dans un système qu'ils désapprouvent. Ainsi, son roman le Conservateur (1974) met en scène un industriel blanc qui aime son pays et sa terre mais qui exploite ses employés noirs. Cet ouvrage remporta le Booker Prize en 1974. Avec la Fille de Burger (1979), l'auteur évoque les bouleversements qui interviennent dans la vie d'une femme blanche dont le père, communiste, est emprisonné pour s'être opposé au système ; confrontée elle-même à ce système qu'elle acceptait jusqu'alors, elle s'éveille à la conscience politique. Dans Ceux de July (1981), roman d'anticipation, une famille blanche doit s'en remettre à ses anciens serviteurs noirs pour échapper à une guerre civile. Enfin, dans Histoire de mon fils (1990), un jeune Noir essaie de comprendre les contradictions de la vie de son père dans un pays en plein changement.encarta


Extrait d'un entretien avec Itala Vivan paru dans Alfabeta n°95, avril 1987.

"Je crois que la littérature sud-africaine forme un tout, même si nous les Blancs — moi comprise — nous avons été éduqués à l'écart de tout contact avec la culture noire. On nous a dit que la culture noire n'existait pas, que les Noirs étaient une page vierge sur laquelle les Blancs devaient écrire ce qu'était la musique, ce qu'était le théâtre, ce qu'était la poésie. Mais je crois aussi qu'il n'existe pas d'écrivain blanc qui ne soit marqué et pétri par la vie et la pensée des Noirs. C'est quelque chose qu'on assimile par les pores de la peau, par les oreilles, à travers un contact qui a lieu de toute façon, malgré l'apartheid. Voilà pourquoi les Sud-Africains qui écrivent en anglais ne sont pas des écrivains anglais, Nous ne sommes pas des écrivains anglais. Je ne le suis pas, J. M. Coetzee ne l'est pas non plus. En dépit de l'apartheid et des conditions horribles qui en découlent, il y a eu et il continue d'y avoir, entre les Blancs et les Noirs, une assimilation réciproque des cultures spécifiques, et à un certain niveau une culture commune s'est formée. Il est difficile de dire précisément de quoi il s'agit, de quoi elle est constituée : mais il suffit d'observer la vie du pays pour voir qu'elle existe. "

SYDNEY BRENNER

PRIX NOBEL 2002
GENETIQUE
DATES
MOLSCI
ARN
MEDICMS
IMMORTALITE
SITE EDUCATIF

Biologiste britannique, Prix Nobel de physiologie ou médecine 2002, Sydney Brenner est né en 1927 en Afrique du Sud. Après des études aux universités de Witwatersrand et d´Oxford, il sera professeur à l´Institut de sciences moléculaires de l´Université de Berkeley (Californie) et recevra, entre autres, le Prix Louis Jantet 1987. Avec John Sulston et Robert Horvitz, il a reçu le Nobel pour des découvertes majeures sur la mort cellulaire. C´est lui qui a commencé à étudier ce phénomène, programmé dans les gènes, sur un ver de 1 mm (Caenorhabditis elegans). La mort cellulaire joue un rôle normalisateur dans le développement de l´embryon, et ses déficiences, dans le développement du cancertv5

L’histoire même de ce chapitre relativement nouveau de la biologie cellulaire avait d’abord amené les chercheurs à penser que le pouvoir de s’autodétruire par ce qu’on avait appelé la mort programmée était une propriété exclusive des cellules de l’embryon où elle jouait, dans la construction du corps, un rôle aussi important que la production de nouvelles cellules.
Il est assez vite apparu que l’apoptose se poursuit bien au-delà de la naissance et qu’elle constitue un élément essentiel dans le maintien du bon fonctionnement des organismes. Elle existe en effet chez tous les êtres multicellulaires. On a pu montrer que même chez les unicellulaires, elle intervient dans l’équilibre des populations et dans leurs relations avec le milieu extérieur.
L’importance du phénomène d’apoptose chez l’adulte est manifeste. Un homme adulte, composé de plusieurs dizaines de milliers de milliards de cellules, en perdrait au moins une centaine de milliards (soit 1011) par jour, soit plusieurs millions de cellules par seconde. Des régions entières de notre corps sont le site d’un renouvellement rapide. Il en est ainsi de la peau, de la paroi interne de l’intestin et du sang. Les composés issus des cellules mortes sont réutilisés pour la construction de nouveaux tissus. Nous nous nourrissons donc en permanence d’une part de nous-même et, comme Phœnix, l’oiseau mythique, nos renaissons chaque jour, en partie, de nos cendres.
Tous les tissus composant notre corps ne sont pas soumis à un renouvellement aussi rapide que le sang, la peau ou la paroi interne de l’intestin. La différenciation cellulaire confère aux cellules spécialisées une durée de vie variable. Les cellules de la peau et celles qui tapissent l’intestin perdent le pouvoir de se diviser. Elles ne vivent que quelques jours (3 ou 4 jours pour la paroi de l’intestin). Comme celles du sang, elles sont sans cesse renouvelées grâce à l’activité de cellules souches qui restent indifférenciées En revanche, les neurones qui constituent le cerveau sont pour la plupart produits pendant la vie embryonnaire, une fois pour toutes.
La dynamique de renouvellement des cellules sanguines a été particulièrement étudiée. D’une manière générale, les cellules souches génèrent plus de cellules que nécessaire, un ajustement se produit ensuite, via des facteurs produits par d’autres tissus. Ainsi, les précurseurs des globules rouges ont-ils besoin d’une hormone, l’érythropoïétine, pour inhiber leur programme intrinsèque de mort. C’est la quantité d’érythropoïétine produite par le rein qui règle la quantité de cellules souches sanguines qui survivent et par conséquent la quantité de globules rouges.
L’équilibre et la taille des organes sont étroitement réglés, on le sait, pas seulement en ajustant la prolifération des cellules mais aussi parce qu’une bonne partie des cellules ainsi produites sont d’une manière incessante détruites par apoptose.
La régulation de la vie et de la mort des cellules dans les organismes est donc cruciale pour leur équilibre fonctionnel. Elle fait partie de la vie “ sociale ” des cellules qui les composent. On comprend de mieux en mieux en quoi consistent ces interactions. Les cellules agissent les unes sur les autres en produisant des facteurs ou “ médiateurs ” très divers. Certains assurent la survie des cellules en inhibant leur programme de mort, d’autres déclenchent leur suicide en se liant à ce qu’on appelle des récepteurs de mort. Un des cas les mieux étudiés est celui du couple Fas : récepteur et ligand. Lorsque le ligand de Fas se lie à son récepteur, celui-ci modifie sa forme et transmet à la cellule un signal qui déclenche son autodestruction. D’autres inhibent le déclenchement du programme de mort, ce sont des facteurs de survie comme le NGF pour les neurones et l’érythropoïétine pour les précurseurs des globules rouges.
Ces connaissances ont permis de comprendre les mécanismes responsables de plusieurs maladies. On sait maintenant que les hépatites fulminantes produites par des virus ou par l’alcool sont dues à la mort massive des cellules du foie. Celles-ci possèdent à leur surface le récepteur Fas mais, à l’état normal, ne produisent pas le ligand. Par des mécanismes moléculaires variés, les virus des hépatites et l’alcool provoquent la production par les cellules hépatiques du ligand de Fas, ce qui entraîne leur destruction rapide. Ces connaissances conduisent à concevoir des thérapeutiques radicalement nouvelles.
Enfin, on le sait aujourd’hui, le blocage anormal du suicide cellulaire, constitue une étape décisive dans la transformation d’une cellule normale en une cellule cancéreuse.
L’apoptose, ses causes, ses modalités, ses altérations pathologiques sont désormais un des domaines de recherche les plus actifs de la biologie cellulaire.
On voit que beaucoup de chemin a été parcouru depuis que les chercheurs ont commencé à se pencher sur le destin des cellules embryonnaires du petit ver C. elegans. Il s’agit probablement d’un des exemples les plus évidents du caractère imprévisible des découvertes scientifiques. Notamment de celles qui ouvrent une voie nouvelle et qui changent notre manière de penser et d’appréhender la réalité. Celles qui permettent de donner une signification à des faits déjà observés mais restés jusque-là incompris. Elles sont par essence insoupçonnées puisque n’entrant pas dans les schémas de pensée qui ont cours.
La recherche vraiment innovante n’arrive donc à ses fins que par surprise. Elle ne peut être programmée : une notion particulièrement difficile à comprendre et à traduire dans les faits par nombre des responsables du financement institutionnel de la recherche. En fait, pour favoriser vraiment la créativité et donc l’innovation, il faut laisser les chercheurs libres, accepter qu’ils se trompent et qu’ils semblent parfois un peu perdre du temps. Cela n’est en rien incompatible avec une évaluation bien comprise et au total efficace de leur activité.
Nicole M. LE DOUARIN

AARON KLUG


PRIX NOBEL 1982
BIO

"Pour sa contribution au développement de la microscopie électronique cristallographique et ses découvertes sur la structure des complexes protéines-acides nucléiques biologiquement importants"


Les parents d'Aaron Klug, né le 11 août 1926 à Zelvas, en Lithuanie, sont partis s'installer en 1928 en Afrique du Sud, à Durban, où résidait déjà la famille de sa mère. Il fait ses études secondaires à la Durban High School, où l'on dispensait un enseignement essentiellement littéraire. L'école possédait une excellente bibliothèque, et c'est en lisant le Microbe Hunters de Paul De Kruif, que lui vint l'idée d'étudier la médecine et la microbiologie.


Aaron est un pionnier dans le domaine de la compréhension des structures moléculaires. En 1982, un prix Nobel lui a été décerné pour la description de la structure cristallographique des complexes protéine-acide nucléique. En plus de la chromatine - complexe d'ADN et de protéines contenu dans nos chromosomes et transmis de façon héréditaire - il a aussi déterminé la structure du virus mosaïque du tabac ainsi que des protéines en doigt de zinc, qui constituent d’importants régulateurs génétiques. Aaron est basé au Laboratory of Molecular Biology (MRC) à Cambridge (Royaume-Uni). epigenome

Il s'est, plus récemment, intéressé à l'organisation matérielle génétique dans le noyau. Il est vrai que, depuis la découverte de la double hélice par Crick et Watson, le problème du repliement du long filament d'ADN, mesurant plus d'un mètre, dans le génome humain, à l'intérieur du noyau de quelques microns de diamètre, était resté sans solution. Klug s'attaque à ce problème. La question touche à la chromatine, substance qui constitue le noyau cellulaire : en effet, les cellules des organismes supérieurs nommées eucaryotes se caractérisent par le fait que leurs chromosomes sont inclus dans un noyau séparé du cytoplasme par une membrane. La chromatine forme un amas moléculaire qui se détache par sa couleur du cytoplasme de la cellule; elle consiste en une très longue macromolécule de la famille des acides aminés (ADN) associée à des molécules de protéines plus petites. Dans les organismes eucaryotes, l'ADN est articulé en chromosomes, et l'on doit à Klug d'avoir contribué à élucider la nature des nucléosomes qui possèdent des structures élémentaires et permettent, au sein des chromosomes, de mettre sous forme compacte de longs filaments d'ADN. Cela peut se faire grâce à des protéines spéciales, les histones, qui interagissent avec l'ADN pour former les nucléosomes. Ces demiers, de forme sphérique, donnent à la chromatine une apparence quelque peu comparable à un collier de perles cartage


Introduction à la cristallographie biologique Diapositives

JOE SLOVO


BIO
SACP
MENSCH
ANC
REBELLION




Joe Slovo est mort
Un Blanc du côté des Noirs
Pour sa dernière apparition publique en décembre 1994, Joe Slovo avait eu droit à un traitement de héros de la part de la conférence nationale de l'ANC à laquelle il avait participé, frêle et affaibli par un cancer en phase terminale.
Sous les ovations de quelque 3.000 délégués, noirs pour la plupart, cet infatigable militant blanc avait reçu de Nelson Mandela la plus haute distinction décernée par l'ANC à ceux qui se sont consacrés à la lutte contre l'apartheid : le Isithwalandwe-Seaparankoe ("Celui qui porte la peau de léopard").
"J'avais décidé il y a longtemps de travailler à la fin du régime raciste et à la remise du pouvoir au peuple. Je ne le regrette pas", avait-il alors lancé.
Joe Slovo a succombé à un cancer de la moelle épinière, après avoir été de tous les combats - y compris la lutte armée - contre le gouvernement de la minorité blanche. Dirigeant à la fois du Parti communiste sud-africain (SACP) et de l'ANC, il avait été pendant de longues années à la tête d'Umkhonto we Sizwe (MK, la lance de la nation), la branche armée du mouvement.
A sa mort, à 68 ans passés, il était, en tant que ministre du Logement, en charge d'un des dossiers les plus sensibles pour le gouvernement Mandela. Le nouveau défi qu'il s'était assigné était d'éradiquer une des séquelles les plus visibles de l'apartheid, les bidonvilles, et de mettre sur les rails un programme de construction d'un million de logements en cinq ans.


Un combat sans merci qui lui a coûté cher
Né en 1926 en Lituanie dans une famille juive et arrivé en Afrique du Sud à l'âge de huit ans, Joe Slovo a été durant de longues années l'ennemi public numéro un de l'ancien régime de Pretoria. Son rôle au parti communiste, auquel cet avocat a adhéré en 1949, et au sein de MK qu'il contribue à fonder en 1961, lui a valu de multiples tracasseries, un exil de plus d'un quart de siècle et diverses menaces de mort. Son épouse Ruth First, fille du trésorier du SACP Julius First, sera assassinée en 1982 à Maputo, où le couple s'est installé, par un colis piégé dont l'envoi est attribué au régime de l'apartheid.
1989, c'est l'année où s'effondrent les régimes communistes européens. Il se lance dans une virulente critique de l'orthodoxie marxiste-léniniste, à contre-courant du SACP dont il est alors secrétaire-général. Dans un document intitulé "le socialisme a-t-il échoué?", il s'en prend aux violations des droits de l'Homme commises au nom du communisme et plaide pour l'instauration en Afrique du Sud d'une démocratie multipartite où seraient reconnu le droit à la liberté d'expression et de religion. Dès cette date, il préconise la négociation plutôt qu'un renversement par la force du régime d'apartheid. Sa position ne fait pas l'unanimité au sein du SACP, où certains des durs salueront en 1991 le coup d'Etat contre Gorbatchev.
En 1992, il provoque à nouveau la surprise, cette fois au sein de l'ANC, dont il est depuis 1985 le premier Blanc membre de l'exécutif national : c'est lui qui rédige la plus significative des propositions de compromis avec le régime blanc, celle d'un partage obligé du pouvoir au sein d'un gouvernement d'unité nationale.
Avec d'autres garanties visant à satisfaire l'establishment politico-militaire blanc, cette clause est inscrite dans la Constitution qui entre en vigueur le 27 avril 1994, avec les premières élections de l'histoire du pays ouvertes aux Noirs.
Il avait rallié le Parti communiste (le premier parti communiste constitué dans le continent africain) en 1942 et avait épousé Ruth First en 1949. Peu après l'interdiction du PC en 1950, il le reconstitue dans la clandestinité et est incarcéré à deux reprises, en 1956 et 1960.
En 1961, il participe à la création d'Umkhonto We Sizwe (MK), branche armée de l'ANC, dont il sera le chef d'état-major jusqu'en 1987.
En 1963, il prend le chemin de l'exil - Mozambique, Zambie et Grande-Bretagne.
En 1986, il devient secrétaire-général du SACP. Il occupe ce poste jusqu'en 1991, devenant alors président du SACP.
Le 15 janvier 1995, jour de ses funérailles a été décrété jour de deuil national. Les drapeaux ont été mis en berne à Pretoria, au Cap, à Johannesburg et dans les neuf capitales provinciales du pays. Après Helen Joseph, une autre militante de la lutte contre l'apartheid décédée en décembre 1992, Joe Slovo fut le deuxième Sud-Africain blanc a être porté en terre à Soweto. afrique

ABBA EBAN



Abba Eban
Bio















Abba Eban, (אבא אבן), ou Aubrey Solomon Meir, (Le Cap, 2 février 1915 - 17 novembre 2002) diplomate et homme politique israélien. Il fut ministre travailliste des Affaires étrangères de 1966 à 1974.


Abba Eban - Le père de la diplomatie

« Quand un diplomate dit « oui », cela signifie « peut-être » ; quand il dit « peut-être », cela veut dire « non», et quand il dit « non », ce n’est pas un diplomate. » Proverbe anglais


Abba Eban est un oiseau rare sur l’échiquier politique. Originaire de Lituanie, Aubrey Salomon, est né le 2 février 1915 en Afrique du Sud, et a grandi en Grande-Bretagne. Il a été éduqué dans un esprit conservateur et classique. Dans l’amour de l’harmonie parfaite entre l’art et  la pensée et dans la recherche de la perfection de l’équilibre intellectuel. 
Abba Eban est un timide parfois coléreux, mais se garde toujours de manifester en public un mécontentement ou un désaveu fâcheux. D’une politesse exquise et raffinée, il ne critique pas violemment ses adversaires politiques et ne se révolte pas contre les normes de l’Etat ou du parti. 
Polyglotte et érudit, il est nourri d’un riche savoir de l’histoire du peuple juif et des civilisations anciennes. C’est aussi un expert en relations internationales. Reconnu universellement pour ses qualités de brillant diplomate et de grand orateur dans diverses langues, dont l’arabe classique, il se différencie de beaucoup d’autres hommes politiques israéliens. 
 Cette personnalité peu commune se reflète dans les luttes politiques et les campagnes électorales. Frustré et mal compris, Abba Eban souffre de son image durant toute sa carrière.
L’écriture et la rédaction des discours sont sa manière favorite de fuir ses angoisses et de se calmer. Devant un micro ou une caméra, il est très à l’aise et peut parler sans interruption, souvent avec un grand sens de l’humour. Il a l’art de jongler avec les mots et il sait savait séduire ses interlocuteurs.
Lorsque son père, Abraham Meir, meurt d’un cancer, Abba Eban n’a qu’un an. Il grandit à l’ombre de sa mère Alida et de son grand-père, Elihaou. A l’age adulte, ses mentors sont des leaders sionistes, tels Haim Weizman devenu le premier président de l’Etat juif et Moshé Sharett, premier chef de la diplomatie israélienne. 
Versé dans le judaïsme et l’hébreu moderne, Abba Eban étudie à Cambridge les littératures classiques et orientales. Il apprend de nombreuses langues dont le persan, le grec et le latin.        
En 1942, il est officier de liaison à l’état-major des Alliés à Jérusalem. Il forme des volontaires juifs et en étant le principal instructeur au centre méditerranéen de l’enseignement des langues orientales. En 1946, il adhère à l’Agence juive et sera son représentant auprès de la commission de l’ONU pour les affaires de la Palestine. Un an plus tard, après la proclamation de l’Etat d’Israël, Eban est membre permanent de la délégation israélienne auprès des Nations Unies et devient pour dix années l’ambassadeur d’Israël à l’ONU. Durant les années 1950 à 1959, il est également, ambassadeur d’Israël à Washington. Un double poste sur mesure, unique, qui s’inscrit dans les annales de la diplomatie israélienne. 
Eban pose les bases de la diplomatie israélienne dans les moments les plus cruciaux de l’Etat juif, alors que celui-ci vient de naître. Sa première épreuve a lieu le 26 mai 1948, deux semaines à peine après la proclamation de l’Etat d’Israël par Ben Gourion. Les pays arabes déposent au Conseil de sécurité de l’ONU une proposition de résolution selon laquelle la proclamation de l’Etat d’Israël est nulle et non avenue, déclarant également l’immigration juive comme illégale. Abba Eban monte pour la première fois à la tribune et déclare en termes clairs et directs : « Si les Arabes veulent vivre en paix avec Israël, ils le peuvent. S’ils préfèrent la guerre, ils peuvent aussi la faire, mais qu’ils veulent la paix ou la guerre, ce ne peut être qu’avec un Etat d’Israël  souverain et indépendant. Concernant l’immigration, c’est notre propre affaire et aucun Etat n’a le droit de s’ingérer». 
Les phrases courtes et le ton dramatique font leur effet et Abba Eban devient très rapidement le point de mire des journalistes étrangers. La presse américaine foisonne d’articles flatteurs et parfois pittoresques, tel celui du New York Post qui écrit au lendemain du discours à l’ONU : « Ce diplomate est d’un abord amical mais quelque peu abrupt, facilement essoufflé, sa démarche évoque presque celle d’un ourson pataud. En revanche, son esprit est vif et sa langue acérée. Il s’exprime d’une façon brillante qui tranche avec la pauvreté des orateurs habituels de l’ONU… » 
Lors des débats qui suivirent, les délégués arabes  tentent au départ, de le mettre en difficulté et parlent entre eux en arabe classique. Ils ignorent que le diplomate israélien assis derrière eux connaît parfaitement leur langue. Un jour, Eban se lève d’un bond et exige la parole. De la haute tribune, il dénonce la manoeuvre de procédure effectuée par les délégués arabes et il les met au pilori en prononçant les mêmes mots utilisés lors de leurs pourparlers.
Depuis, ils se méfient. Ils évitent de l’approcher et s’écartent de tout contact avec lui.
En novembre 1959, Abba Eban retourne à Jérusalem et se présente aux élections à la Knesset. Ayant passé les dernières onze années à New York, la direction du parti Mapai lui demande de lui présenter une pièce d’identité confirmant qu’il est effectivement citoyen israélien.
 A la stupéfaction générale, on apprend que le père de la diplomatie n’a jamais « immigré » en Israël et donc ne possède pas de carte d’identité « bleue ». Depuis 1947, Eban circule dans les capitales du monde avec un passeport d’Afrique du Sud… Une décennie après avoir mis les pieds en Palestine, il reçoit sa carte identité, selon les règles de la loi du retour des Juifs…
 Abba Eban est enfin élu député de la Knesset. Il n’est pas très à l’aise dans ses nouvelles fonctions au sein du parti travailliste. Ce brusque changement dans ses activités quotidiennes le frustre. Son caractère logique et conservateur, son style raffiné et ses discours intellectuels l’ont transformé en marginal. Etranger aux intrigues politiciennes et aux débats houleux, il observe chaque fois la scène avec désinvolture et indifférence. Il n’est guère dans son élément. Souvent, avec un humour caustique, il réagit d’une manière hautaine. 
Sa riche expérience à l’étranger et dans les arcanes de la diplomatie l’ont convaincu que les débats auxquels il assiste étaient de caractère provincial. Israël n’est pas le nombril du monde comme le croient avec prétention, la majorité des parlementaires israéliens. « Il existe dans la jungle planétaire, plusieurs conflits et des grands soucis graves et plus compliqués à lesquels nous devrions faire face », dit-il avec le sourire. 
Sur la vie parlementaire, il déclare avec un humour typiquement anglo-saxon : « Au gouvernement, on se lève chaque matin et devant son miroir on se dit : « Que dois-je faire aujourd’hui pour le pays ? Une fois dans l’opposition, on dira : « Que  vais-je dire aujourd’hui au parlement ? » 
Durant cette année mortellement ennuyeuse à la Knesset, comprenant plusieurs mois comme ministre sans portefeuille, Eban poursuit ses activités en faveur de l’institut Weizman pour la recherche scientifique, situé à Rehovot. Il collecte des sommes importantes au sein des communautés juives européennes et américaines. Quelques mois plus tard, il est nommé par Ben Gourion ministre de l’Education nationale.  Pendant les trois années passées à ce poste, il donne un second souffle à ce ministère et s’attelle à la mise au point d’un meilleur enseignement civique et d’une large connaissance des matières universelles, dont l’histoire de l’art et des civilisations, mais aussi celle du judaïsme et l’étude du Talmud. Il exige du corps enseignant plus de rigueur et de discipline dans l’étude des mathématiques. Il dira un jour : « Nous avons trop de journalistes et d’avocats. Je préfère des ingénieurs et des experts. ». Eban s’efforce à trouver des budgets nécessaires pour les enfants défavorisés, en particulier dans les villes en développement. Il oeuvre également contre le monopole des universités de Jérusalem et de Tel-Aviv et il agit pour la décentralisation et l’ouverture de l’enseignement supérieur à tous les titulaires du bac.   
Après le départ de Golda Meir du ministère des Affaires étrangères, Abba Eban est nommé par Lévy Eshkol chef de la diplomatie. Plus que satisfait, il peut aisément voyager à travers les continents et les océans pour expliquer la position israélienne et nouer des relations diplomatiques avec des pays en Afrique et en Asie. Au mois de mars 1967, il est à Tokyo pour une conférence devant les membres de l’Institut de  recherche internationale. Il fait une déclaration importante sur l’avenir du Proche-Orient et dit entre autres : « Selon toutes les analyses et ma propre conviction, je peux vous assurer qu’il n’y aura pas prochainement de guerre au Proche-Orient. Personne n’osera dans le monde arabe se lancer dans une nouvelle aventure. Les Arabes ont tiré les leçon de la défaite de l’Egypte dans la campagne de Suez en 1956, ce scénario ne se répètera pas.» On enregistre les propos apaisants et les Japonais publient intégralement le discours…Quelques mois après… la guerre des Six jours éclate. Abba Eban stupéfait par la tournure des événements est mis sur la sellette. Sa crédibilité est considérablement affectée. Abba Eban s’est bien trompé dans son analyse et on lui reproche d’avoir prédit l’avenir d’un Proche-Orient instable qui demeure une poudrière. 
Abba Eban, humilié par son manque de flair diplomatique, reconnaît sa grave faute et nous dit qu’il a agi en disciple de la théorie cartésienne. Cette triste expérience lui enseigne que les sciences politiques ne sont valables que dans la théorie. En effet,  les dirigeants du monde n’agissent pas toujours avec le sens de la logique. 
C’est sans doute le point vital que les enseignants en sciences politiques affrontent quotidiennement avec beaucoup de difficulté. Sur ce point, il nous raconte une anecdote amusante :
« Un jour, un psychologue déclare que l’un des ses patients est parfaitement lucide et logique d’esprit ; mais celui-ci est  convaincu d’être… Napoléon Bonaparte. Que faire pour le soigner ? Si cette hypothèse s’avère juste, comment alors expliquer que le malade en question est lucide…» C’est la logique, selon Abba Eban, des  événements en cours au Proche-Orient…               
Après le blocus du détroit de Tiran et le départ des casques bleus de la bande de Gaza, Abba Eban a  déployé tous ses efforts diplomatiques pour éviter la guerre. Le 25 mai 1967, il rencontre le général De Gaulle à l’Elysée. Il est midi, le Conseil des ministres hebdomadaire vient de s’achever. 
Abba Eban est reçu par le général avec amabilité et courtoisie. Il est accompagné de Couve de Murville et de l’ambassadeur Walter Eytan. Après les paroles de politesse et avant même qu’ils aient pris place, De Gaulle lui dit tout de go et d’une voix puissante : « Ne faites pas la guerre ! »
Stupéfait, le chef de la diplomatie israélienne s’assied inconfortablement et le général enchaîne d’un ton plus calme : « En tout cas ne tirez pas les premiers. Si Israël attaque ce sera catastrophique. C’est aux quatre Puissances de résoudre le problème. La France usera de son influence pour que l’Union Soviétique penche en faveur d’un règlement pacifique. »
Eban déclare d’une voix grave en articulant chaque mot :
« Mais monsieur le président, notre Premier ministre, Lévy Eshkol, vous a déjà expliqué dans sa dernière lettre du 18 mai dernier, les graves conséquences du blocus du détroit de Tiran et les déclarations belliqueuses de Nasser. Je suis ici car la situation est explosive et je souhaite vous consulter. La France est notre grande amie et vous pouvez, plus que quiconque, comprendre notre angoisse. Monsieur le Président, en 1957, la France avait défini en termes les plus énergiques les droits de l’Etat d’Israël dans le golfe d’Akaba. Je vous rappelle qu’elle avait même reconnu le droit d’Israël à se défendre par la force en cas de blocus. Depuis, et grâce à ce libre passage maritime, Israël a pu développer des échanges commerciaux également avec l’Asie et l’Extrême- Orient. Le nouveau blocus nous paralyse, nous humilie et blesse notre honneur. Nous nous trouvons face à un grand dilemme». 
« Que comptez-vous faire? », demande le général, l’air très inquiet. 
« Le choix est : capituler ou résister. Nous sommes déterminés à faire face au danger. Nous passerons à l’action uniquement après avoir constaté que tous nos efforts diplomatiques n’aboutissent à rien. Préalablement, nous souhaitons connaître les positions de nos amis et savoir si nous réagissons de concert ou si nous avons à agir seuls. Dans ce cas, nous lutterons avec acharnement pour notre existence et nos droits ; même si le prix est élevé, nous combattrons jusqu'à la victoire. »
« Monsieur le ministre, je vous ai écouté attentivement mais je vous dis clairement : Israël ne doit pas faire la guerre. A aucun prix. Vous ne devez pas attaquer les premiers. »
« Mais, monsieur le Président de la République, ce sont les Egyptiens qui ont déclaré la guerre. Leur acte est un acte de guerre et un casus belli. Un Etat peut être attaqué par plusieurs moyens et non seulement par des coups de canons ; le code civil  ne distingue guère la différence entre un meurtre par étranglement ou par balle, et les conventions internationales non plus. »
« Quand je dis de ne pas ouvrir les hostilités, je veux dire par là de ne pas tirer les premiers. C’est clair ! », répond De Gaulle, l’air agacé par la comparaison que vient de faire son interlocuteur israélien. « D’autre part,  poursuit-il, il n’y pas de comparaison à faire entre la situation en 1957 et celle d’aujourd’hui. Vous devez comprendre qu’Israël n’est pas assez fort pour pouvoir affronter toutes ces difficultés et donc je vous conseille d’attendre les résultats des consultations internationales. Vous devez être dans l’orbite de l’Occident pour pouvoir affronter les menaces soviétiques. Jusqu’à présent, Moscou a agi avec une grande responsabilité. »
« Ce n’est pas ce que nous constatons sur le terrain, répond Eban en ajoutant avec conviction : c’est l’Union Soviétique qui est derrière les manœuvres de Nasser et c’est bien elle qui incite les Arabes à faire pression sur Israël ». 
« Je suis conscient du danger mais je vous conseille d’être prudent et de ne pas précipiter les choses. Ne faites pas la guerre ! »
En dépit des « propos rassurants » du général, Abba Eban sort de la rencontre très inquiet sur l’attitude du président français. Cet avertissement du général l’agace terriblement.
Ses propos sont prononcés juste au moment  où son pays, l’Etat juif, regarde la mort en face, dans l’angoisse. 
Après le dialogue de sourds entre Eban et De Gaulle, le diplomate israélien dit aux nombreux journalistes, sur le perron de l’Elysée: 
« J’ai dit au président de la République que le blocus du détroit de Tiran est un acte d’agression. Israël est prêt à toute éventualité. Ses forces sont capables de  défendre ses intérêts vitaux et son territoire. Ce blocus est un acte de piraterie. Le monde libre ne peut pas se résigner à de tels actes, sinon c’est la loi de la jungle! »
Abba Eban poursuit son périple dans les capitales européennes. Malgré la solidarité extraordinaire de la presse et le soutien inébranlable et magnifique de la diaspora juive, les chancelleries écoutent ses propos avec courtoisie et politesse mais ne prennent aucun engagement, ni même de mesures énergiques contre Nasser. A la fin de ce ballet diplomatique, Eban rentre épuisé et frustré à Jérusalem. La suite des événements  est bien connue et les hostilités éclatent sur tous les fronts. 
Après la victoire éclatante de la guerre des Six Jours, Abba Eban réussit à obtenir des gains diplomatiques. Dans tous ses discours, il évoque le désir ardent d’Israël d’aboutir à une paix sincère et équitable avec les Arabes. Israël accepte les principes de la résolution 242 de l’ONU, adoptée au Conseil de sécurité le 22 novembre 1967. Une résolution qui sert aujourd’hui  de base à toute négociation de paix au Proche- Orient. Elle formule un dosage soigneusement équilibré de concessions demandées à chacun des protagonistes, et expose en parallèle un plan de retrait des territoires  en incluant  le principe des frontières défendables.   
Suite à la mort de Lévy Eshkol et à la formation du nouveau gouvernement, Golda Meir maintient Eban dans ses fonctions. Il poursuit ses activités diplomatiques avec une grande énergie. A Bruxelles, il conclut un premier accord commercial et de libre échange avec les 9 pays de la Communauté Européenne et il sillonne tous les continents en prêchant des paroles de paix. Eban est opposé à l’avis des militaires israéliens en particulier à ceux de Dayan et Rabin, qui donnent l’impression qu’Israël peut se reposer sur ses lauriers et jouir de la glorieuse victoire des Six Jours. Ces généraux pensaient que la sécurité de l’Etat juif est assurée pour de longues années. Eban est plus pragmatique et veut transformer la victoire en  gain diplomatique. Conscient que, tôt ou tard, il faudrait rendre les territoires conquis et que gouverner, c’est prévoir toute éventualité possible- dont le retour à la guerre. Il ne souhaite pas l’immobilisme qui provoquerait des pressions et amènerait les grandes puissances à exercer des pressions et à dicter elles-mêmes  un plan de paix inacceptable pour Israël. Eban tente à plusieurs reprises de convaincre Golda et Dayan à faire des concessions et à agir, mais eux préfèrent attendre. Pour Golda, « le peuple palestinien n’existe pas ». Pour Rabin « le seul lieu de rencontre avec eux, c’est le champ de bataille » ; quand à Dayan, il « attend toujours le premier coup de fil d’un premier chef arabe».Tous les trois sont enfin convaincus que seule l’Amérique compte et que le président des Etats-Unis peut faire, la pluie et le beau temps, au Proche-orient. Cette attitude de « laisser-aller » de la part des dirigeants travaillistes met Eban en minorité. Il est néanmoins convaincu que le temps travaille contre Israël et qu’une situation figée est même à l’encontre des intérêts américains et européens, aggravant la situation par des actes de terrorisme et des actions militaires irresponsables et suicidaires de la part des Arabes. Quelques années plus tard, les prédictions alarmistes d’Abba Eban se réaliseront dans la tourmente du pire.
Début octobre 1973, le chef de la diplomatie israélienne se trouve à New York pour participer à la session annuelle des Nations Unies.
Logé dans une suite du Plaza, Eban rédige son discours quand son secrétaire, Eytan Bentsur, lui apporte un télégramme urgent de Jérusalem : « Les Syriens et les Egyptiens concentrent des troupes à leurs frontières. Nous pensons qu’il s’agit de manœuvres. Prière de contacter le secrétaire d’Etat, Henry Kissinger, pour le rassurer sur le fait qu’Israël n’a aucune intention de passer à l’attaque ».
Eban et Bentsur pensent, comme la majorité des dirigeants israéliens, qu’une prochaine guerre est improbable. Ils n’ont donc pas trouvé nécessaire de demander aux Etats-Unis et aux pays européens de suivre à la loupe ces « manœuvres »…Quelques 48 heures plus tard, la guerre éclate et ébranle Israël incrédule, en ce jour sacré du Grand Pardon. Golda demande à Eban de rester à New York. La bataille diplomatique et la sympathie de l’opinion publique internationale sont un front non négligeable à exploiter. L’appui des Etats-Unis devient plus que jamais indispensable ; sans le pont aérien transportant des pièces détachées et des munitions, Israël aurait failli perdre cette guerre. 
Diplomate chevronné, Eban réussit à  faire adopter une nouvelle résolution à l’ONU, la 338, un complément à celle qui a été prise juste après la guerre des Six Jours. Il poursuit ses efforts diplomatiques à Genève en concluant directement avec les Syriens et les Egyptiens des accords de désengagement, un préambule aux accords de Camp David signés avec le président Sadate en 1979 à Washington.
A la suite de la publication de la commission Agranat sur les défaillances de la guerre de Kippour et de la démission de Golda Meir, Abba  Eban défend la candidature de Shimon Pérès, à la tête du gouvernement. Dayan, meurtri par la guerre, refuse préalablement ce poste. La bataille de succession est très rude et les camps se forment dans le désarroi. On trouve enfin un compromis en la personne d’Itzhak Rabin, en dépit de sa méconnaissance totale des affaires politiques. La victoire de Rabin contre Pérès met Eban sur la sellette. Il apprend à la radio qu’il n’est plus le ministre des Affaires étrangères et que Rabin l’a nommé ministre de l’Information à la place. La rage au cœur, il claque la porte, démissionne du gouvernement puis plus tard de la Knesset. Après avoir exercé quelques temps, la fonction de Président des Affaires étrangères de la Knesset, il quitte définitivement la vie politique. 
Le 4 juin 1974, il réunit tous les diplomates du ministère des Affaires étrangères pour les remercier de leur dévouement et du travail accompli. Avant son départ, Eban a créé au sein du ministère un centre de recherche, d’étude et de prévision. Il a appliqué à la lettre la recommandation de la commission Agranat qui avait exigé plus de rigueur et de diversité dans les analyses diplomatiques, ainsi que dans les rapports sur la sécurité et la défense.  
Abba Eban a débuté dans la diplomatie en 1946. Il a passé onze ans dans des postes diplomatiques, et durant quinze ans il a été un ministre très actif, mondialement respecté et apprécié. Ses discours fleuves, sa série de reportages télévisés sur « l’héritage du peuple juif » et ses ouvrages demeurent à ce jour un véritable chef d’œuvre universel.                 


Extraits  du livre  de Freddy  Eytan  "les 18  qui ont fait Israel" paru  en  novembre  2007  aux éditions Alphée- Jean-Paul Bertrand.   

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