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RAV KOOK

RAV KOOK
GHANSEL
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MANITOU
DIBOUK
OEUVRE
TALMUD
RABBINAT
ETUDE
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CONTROVERSE





Par Philippe Haddad
LE RAV KOOK, PREMIER GRAND RABBIN D’ISRAEL

Abraham Isaac Hacohen Kook est né le 16 éloul 5625 (1865) dans une petite ville de Lituanie (Grivia). Curieusement, ce mois d’éloul, sera un mois important dans son existence, comme nous le verrons. Abraham Isaac est le fils non seulement de ses parents, mais également de deux courants, qui se sont souvent opposés dans le judaïsme d’Europe de l’est : le judaïsme hassidique et le judaïsme des mitnaguedim (opposants au hassidisme) .

Son père, en effet, Shlomo Zalman Hacohen Kook, était un disciple de la célèbre yéchiva de Volozhin (inspirée des enseignant du Gaon de Vilna), centre spirituel et intellectuel du mouvement mitnagued. Shlomo Zalman fut souvent délégué pour des contacts avec les yéchivoth de Jérusalem. Cet amour d’Israël sera inculqué au jeune Abraham Isaac, amour qui passera aussi par l’hébreu, parlé le Shabbath, à la place du yiddish de la semaine.
Sa mère, Perla Zléta, était la fille d’un disciple du rabbi de Loubavitch de l’époque, Ménahem Mendel (surnommé le Tsémah Tsédek).
Cette opposition doctrinale ouvrira l’esprit du futur Rav Kook à la notion d’unité, comme harmonie des différences.

Avraham Isaac étudiera dans sa ville natale jusqu’à l’âge de 13 ans, l’âge de sa bar mitsva.
A partir de 1878, il commence à fréquenter d’autres lieux d’étude, et ce, durant huit ans. Ses maîtres seront, en plus de son père, le Rav Eliézer Dan et Rav Yaakov Rabbinovitch Yaffé.
Abraham Isaac retourne ensuite dans sa ville natale, où, fort de ses connaissances et sa perspicacité d’esprit, il apparaît comme un ilouï : un génie et une grande âme. Sa réputation parviendra aux oreilles du Rav Eliahou David Rabbinovitch de la célèbre yéchiva de Poniowitz. Abraham Isaac sera choisi comme gendre. Durant l’année des fiançailles, le jeune phénomène étudiera à Volozhin, il sera surnommé « le prodige de Volozhin », étudiant 18 heures par jour. Parmi les maîtres qu’Abraham Isaac rencontre, citons Rav Réouven Halévy, talmudiste réputé, auteur des responsum : Roch Laréouvéni . Ce rabbin exerça une influence majeure sur le jeune homme et sur sa méthode d’étude talmudique. Il le guidera notamment pour éviter les pièges du pilpoul (raisonnement pour le raisonnement, méthode inaugurée par les Tossafistes, mais qui devenait parfois un pur jeu intellectuel) très en vogue à l’époque, afin de penser le texte en vue d’établir le rite (halakha lémaassé). A l’âge de 20 ans, l’âge de son mariage, le Rav Abraham Isaac Hacohen est devenu compétent dans tous les domaines du savoir traditionnel (Bible, Talmud, Halakha). Influencé par le Rav Naftali Tsvi Yéhouda Berlin (surnommé le Nétsiv) , Roch yéchiva de Volozhin, le Rav Kook s’intéresse au mouvement national qui traverse le peuple juif depuis quelques décennies : le sionisme.

Il va alors commencer à réfléchir à la dimension religieuse liée à la notion de klal, de collectivité, de peuple d’Israël.

C’est alors qu’il inaugure son activité littéraire, produisant quelques articles. En 1888, il crée sa propre revue : Itouré Sofrim, « Couronnes de scribes ». La ligne éditoriale est audacieuse et neuve pour un mensuel de Torah. Elle traite de l’unité nationale, de renouveau du judaïsme, de littérature et de philosophie, et du rapport à établir entre les désirs nationaux et les principes de la Torah.

Citons cette formule, du premier numéro, concernant la terre d’Israël qui, selon son auteur, servira à « construire un havre de paix pour la littérature rabbinique » et aussi à « unifier tous les mouvances au sein du peuple juif. » Ce travail obtient un succès certain auprès des couches observantes et traditionalistes.

En 1889, le Rav Kook est nommé rabbin (son premier poste) à Zoeln une bourgade de Lituanie. Il y restera jusqu’à 1895.

En 1895, il remplace le Rav Mordekhaï Elasberg, l’un des premiers rabbins sionistes religieux, dans la communauté de Boïsk. Là, il organise sa pensée sur le rapport du sionisme et de la religion, considérant que le mouvement national juif qui se développe ne peut se réaliser couper des sources de la Torah.

En 1902, le Rabbin de Jaffa (Yafo) décède. La communauté, majoritairement ashkénaze, propose au Rav Kook de le remplacer. Le Rav Kook accepte. Il prendra ses nouvelles fonctions en été 1904.

Il choisira pour première tâche de résorber les oppositions qui naissent déjà entre non-pratiquants (hilonim) et les religieux (datïm).C’est là une attitude nouvelle de la part d’un rabbin, puisque les autres soit se désintéressent des non-religieux, soit expriment de vives critiques à leur égard. Le Rav Kook se rend dans les diverses implantations, parlent aux cœurs des ces pionniers tout étonnés de trouver ce représentant de la Torah au milieu d’eux. Il parvient, par là, à rapprocher ces socialistes, coupés de toute foi, vers une attention au monde religieux, à défaut de les rendre, eux-mêmes, respectueux des mitsvoth.
Derrière toute cette démarche de rapprochement, le Rav pense ainsi participer au mouvement de Salut du peuple juif et du monde entier. En d’autres termes, le mouvement sioniste véhicule une dimension messianique.

Un livre central traduira toute sa conception : Oroth Hatéchouva « Lumières du Repentir », livre qui paraîtra en 1905. Soucieux du développement économique de la Palestine de l’époque et du yichouv, il presse les organisations et institutions de Diaspora à investir dans la terre d’Israël, de soutenir l’action du KKL (Keren Kayémeth Léisraël). Pour soutenir cette cause, tous les moyens sont bons. Ainsi en 1907, il publie un livre de Halakha sur l’étrog (cédrat), quatrième élément du Loulav, soulignant la supériorité de l’étrog, non greffé d’Erets Israël, sur toutes les autres variétés. Une manière de soutenir l’activité agricole, encore balbutiante, dans le pays.

Un élément de son activité déclenchera les foudres de l’establishment rabbinique du vieux yichouv : son regard positif à l’égard des sciences, des langues profanes et de la sagesse des peuples. En effet, un acte d’excommunication (herem) existait à l’encontre de ce type d’ouverture, fondé sur la peur des mouvements réformistes, issus de la Haskala, les Lumières juives. Lorsque le Rav Kook écrira dans son nouvel ouvrage Oroth « Lumières », qu’il « existe des étincelles de sainteté dans les cultures des peuple », le Rabbi de Brisk signera le premier herem contre le Rav Kook.

L’année du repos de la terre (chémita) tombant en 1910, une polémique s’engage entre les autorités rabbiniques de savoir s’il est permis de contourner la Halakha pour encourager l’économie naissante du yichouv. Le Rav Kook produit un livre Shabbath Haarets, dans lesquels il autorise l’activité agricole, sous certaines conditions, notamment en vendant la terre à des non-juifs, pour l’année.

En 1914, il se rend en Allemagne, quand la guerre le surprend. Le Rav se réfugie en Suisse. En 1916, il se déplace à Londres où il assure les fonctions de rabbin de la synagogue Mahziké Hadat. C’est durant cette période qu’il publie la majorité de son œuvre, sous forme de notes, dans un style très personnel, entre l’écriture poétique et mystique. Les notes non publiées immédiatement, le seront pas son fils Rav Tsvi Yéhouda, ou son disciple Rav David Hacohen, dit le Nazir, ancien professeur de philosophie, ayant décidé de vivre en nazaréen, à Jérusalem.
En 1917, Lord Balfour, ministre britannique des affaires étrangères, autorise la création d’un foyer national juif en Palestine. Le Rav y voit un signe du ciel, il parlera de « Début de rédemption » (Ithalta dégéoulta.) Il fonde alors Déguel Ha Torah, « le drapeau de la Torah », association visant autant à développer l’étude de la Torah en Erets Israël que de penser des actions communes avec les laïcs. Commence alors, une activité de voyage dans toute la Grande Bretagne, afin de rassembler autour de son projet de nombreuses communautés et organisations juives. En 1919, il quitte Londres pour Jérusalem, il y arrive au mois d’éloul. Il espère continuer son action autour de « Déguel Ha Torah », et pour se faire, veut unifier tous les courants religieux autour d’un Grand Rabbinat, qui aurait une fonction fédératrice pour tout le peuple juif, en Palestine et dans la diaspora. Il escompte que des grands maîtres réputés soutiendront sa démarche.

L’opposition vient de la tendance religieuse antisionistes, qui refuse tout compromis avec un mouvement laïc, et le plus souvent antireligieux. En 1920, il publie Oroth, qui lui vaut un nouveau herem de la part de deux grands rabbins de l’ancien yichouv, le Rav Diskin et le Rav Sonnenfeld. La « guerre » est ouverte entre les plus zélés des deux camps.

Cela n’empêche pas la création du Grand Rabbinat d’Israël, en 1921, à Jérusalem. Le Rav Kook devient ainsi le grand rabbin Ashkénaze et le Rav Yaakov Méir, le grand rabbin Séfarade.

Cet objectif atteint, le Rav va œuvrer pour un nouveau projet : la création d’une yéchiva universelle qui dispenserait des cours traditionnels, tout en étant ouverte sur les nouvelles réalités sociologiques et historiques. (Philosophie, littérature, art, etc..)

En 1935, il tombe gravement malade, atteint d’un cancer. Il décède le 3 éloul 5695 (1935) , seize années, jour pour jour, après son arrivée à Jérusalem. Sur sa tombe on grava cette épitaphe : « En éloul, il monta à Jérusalem, en éloul il monta au ciel »
dans l’histoire juive, il restera : Harav, le Maître.

En France, Léon Ashkénazi, Manitou, a contribué à le faire connaître.

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