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ABRAHAM BEN DAVID HALEVI


RABAD
CRITIQUE
HISTORIOGRAPHIE
STANFORD
IBN DAUD
HISTOIRE


Abraham ibn Dawd Halevi, plus connu dans le judaïsme sous son acronyme de Rabbenou Avraham Ben David (Rabad I) fut un rabbin, médecin, historien et philosophe, né à Cordoue en 1110, mort en martyr à Tolède en 1180.

Rabbi Abraham ibn Daoud est l'auteur d'ouvrages majeurs de philosophie et d'histoire juive. Il est même une source incontournable pour qui veut comprendre les juifs du Moyen-Age.

C'est durant " l'âge d'or " de l'histoire juive en Espagne que vécut à Tolède le grand historien juif, philosophe et défenseur de notre foi, Rabbi Abraham ibn Daoud HaLévi.

Du côté maternel, il descendait de la noble famille des Albalia de Cordoue. Le célèbre talmudiste Rabbi Yitz'hak Albalia était son arrière-grand-père, et Rabbi Baruch Albalia de Cordoue, disciple de l'illustre Rabbi Yitzhak Alfassi (RIF), fut son oncle et son maître.

En ce temps-là, les grands rabbins d'Espagne ne gagnaient pas leur vie dans l'exercice du rabbinat même ; ils avaient une profession à part. Rabbi Abraham ibn Daoud était médecin. Ce qui ne l'empêchait pas d'être fort estimé pour ses vastes connaissances en astronomie, et dans les sciences mathématiques et physiques.

En dépit de son immense savoir, ce grand érudit ne manquait aucune occasion de souligner que le saint devoir du Juif ne consistait pas à passer son temps à approfondir les sciences ou d'autres disciplines du même ordre, mais plutôt à se consacrer à l'étude de la Torah ainsi qu'à la recherche de la vérité et du caractère éternel de la religion et de la tradition juives. A cette tâche sainte il voua effectivement sa vie.

A cette époque, deux dangers menaçaient la foi juive : la propagation de la secte Karaïte parmi les juifs d'Espagne, et l'influence de toutes sortes de philosophies néfastes, en faveur parmi les classes évoluées avec lesquelles les juifs frayaient constament.

Pour défendre la religion juive à la fois contre les Karaïtes et contre les philosophes, Rabbi Abraham ibn Daoud écrivit ses deux oeuvres capitales, l'une sur l'histoire, l'autre sur la philosophie.

Les Karaïtes étaient une secte juive qui soutenait que seule la Torah écrite (le TenaCh) contenait la vérité et avait été donnée par D.ieu. Le reste, constitué par les explications et les interprétations traditionnelles de la Torah, transmises oralement depuis Moïse, de génération en génération, et consignées plus tard par écrit dans la Michnah et la Guemara, en un mot toute la Torah Chéb'al-Peh (Loi Orale), ils ne s'estimaient pas tenus de l'accepter.

Ils interprétaient la Torah à leur manière, avaient élaboré une Loi Orale spéciale et introduit des coutumes et des pratiques étranges qui ne pouvaient être qu'odieuses aux juifs fidèles à la vraie tradition.


Mais les Karaïtes déployaient de grands efforts en vue de propager leurs enseignements. Rabbi Saadia Gaon, qui vécut en Babylonie un siècle environ avant Rabbi Abraham ibn Daoud, fut l'un des premiers à mener la lutte contre la secte dissidente.

Rabbi Abraham entreprit de prouver historiquement que la chaîne de la tradition n'avait jamais été rompue depuis le temps de Moïse, et qu'au contraire elle avait été transmise de génération en génération jusqu'à la sienne.

Quand Moïse reçut la Torah, il reçut aussi, oralement, l'interprétation adéquate qui s'y rattachait, et sans laquelle il serait impossible de la comprendre. L'une et l'autre, la Torah et son interprétation, furent transmises par Moïse à Josué et aux Anciens, lesquels à leur tour la confièrent aux Prophètes et aux Sages de la Grande Assemblée, les Tannaïm, les Amoraïm, les Rabbanane Sebourai, les Gheonime et leurs successeurs, les Rabbins, chefs spirituels d'Israël.

Rabbi Abraham ibn Daoud en dressa la liste, précisant, outre leurs noms, les époques auxquelles ils vécurent, et y joignit une histoire de notre peuple dans son ouvrage célèbre, Séfère Hakaballah, le Livre de la Tradition.

Nous ignorons l'effet qu'eut ce livre sur les Karaïtes, et dans quelle mesure il contrecarra leur néfaste influence.

Ce que nous savons, c'est que cet ouvrage devint l'une des sources les plus importantes pour l'étude de l'histoire juive, particulièrement le temps des Gueonime de Babylonie et des grands centres juifs en Egypte (Kairouan et d'autres villes), y compris la période espagnole, de ses débuts jusqu'à l'époque où vivait l'auteur.

Ce dernier montre comment la Divine Providence veilla à ce que la direction spirituelle du peuple juif ne fût jamais interrompue, et comment les centres spirituels suivirent les Israélites dans leurs migrations d'un pays à l'autre de leur exil.

Que la main de D.ieu les guidât constamment, cela était démontré avec une particulière évidence dans le cas des Quatre Captifs, les quatre grands Rabbins qui, partis de Babylonie, furent capturés par des pirates, puis libérés contre rançon, chacun dans un pays différent, où ils fondèrent de nouveaux centres d'études judaïques. L'un d'eux, Rabbi Moché ben 'Hanokh, s'établit à Cordoue au temps de 'Hasdaï ibn Chaprouth et fonda la première des grandes académies talmudiques en Europe Occidentale.

Source inépuisable d'information, cette œuvre nous apprend bien des choses sur le peuple des Khazars dont le roi Boulan rejeta l'idolâtrie et embrassa la foi juive, entraînant à sa suite toute sa cour et tous ses sujets.

Rabbi Abraham ibn Daoud nous y parle de la correspondance que le Ministre d'Etat juif 'Hasdaï ibn Chaprouth échangea avec le roi qui régnait alors sur les Khazars. Il déclare même avoir vu des descendants de ces derniers à Tolède.

Témoin oculaire de la catastrophe qui s'abattit sur les juifs d'Andalousie, Rabbi Abraham ibn Daoud nous a laissé un compte rendu fort précis de l'expédition entreprise contre ceux-ci par la fanatique tribu musulmane, les Almohades, disciples de Mohammed ibn Toumart du Maroc.


Résolus à convertir par l'épée tous les " infidèles", ces derniers traversèrent le détroit de Gibraltar et détruisirent les grands centres judaïques de Séville, Cordoue, Lucca et Malaga. Les juifs fuirent vers le nord de la péninsule dans la partie occupée par les Chrétiens.

Rabbi Abraham décrit le terrible exode : des réfugiés pieds nus, presque sans vêtements, sans nourriture ni eau, et parmi eux, certains qui dans l'affolement et la panique avaient égaré leurs propres enfants. Heureusement, comme l'auteur nous le dit, D.ieu, avant que ne se déclarât la maladie, avait préparé le remède en la personne de Rabbi Yéhoudah ibn Ezra, un ami intime du roi Alfonso VII qui le nomma au poste de commandant de la forteresse de Calatrava. De nombreux réfugiés y purent ainsi trouver un abri. Rabbi Yéhoudah les pourvut de nourriture, d'eau, de vêtements, afin qu'ils pussent poursuivre leur route jusqu'à Tolède.

L'auteur nous fait également le récit de la courageuse résistance opposée aux fanatiques envahisseurs par les juifs de Grenade et d'autres villes.

Ainsi, encore une fois, avec l'aide de la Providence, le centre de la vie juive se déplaçait-il de l'Espagne mahométane vers l'Espagne chrétienne.

En vérité, celle-ci ne nourrissait pas à cette époque des sentiments particulièrement amicaux à l'égard des Israélites. Néanmoins, elle les accueillit, estimant à sa juste valeur leur apport futur.

Car elle avait des projets d'expansion fort ambitieux, dont l'objet était l'annexion des territoires de la péninsule qui échappaient à sa domination. Ces Juifs allaient même être utiles dans la lutte que l'Espagne chrétienne menait contre les Mahométans.

AUTRES ŒUVRES


Il publia aussi un important traité sur l'astronomie qui fut accueilli comme une oeuvre capitale.

Rabbi Abraham ibn Daoud rédigea encore un autre pamphlet contre les Karaïtes, dans lequel il réfutait les affirmations fallacieuses de leur chef Abou Alfarag, "afin de convaincre de leur fausseté tous ceux qui se consacraient à ces études".

Il écrivit également deux autres traités d'histoire de moindre importance. L'un intitulé " Divré Malkhé Yisraël Babayith Cheni " (Histoire des Rois juifs au Temps du Second Temple) ; l'autre " Zikhron Divré Rom " (Histoire de la Communauté juive de Rome).

Il publia aussi un important traité sur l'astronomie qui fut accueilli comme une oeuvre capitale et loué par nombre d'érudits éminents, parmi lesquels Rabbi Yitz'hak Israéli, un disciple de Rabbénou Achère ben Yé'hiel.

Un autre front sur lequel Rabbi Abraham ibn Daoud défendit les vrais principes de la foi juive fut celui de la philosophie. Comme le fit après lui Rambam (Maïmonide), il montra qu'il n'est rien dans la religion juive qui soit contraire à la raison.

Rabbi Abraham écrivit sa grande oeuvre philosophique en arabe. Ce fut Rabbi Salomon ben Lavi qui en fit plus tard une traduction en hébreu sous le titre de " Emounah Ramah " (La Foi Exaltée). L'ouvrage fut traduit une seconde fois par Rabbi Samuel Matoth. Cette traduction était supérieure à la précédente; néanmoins elle ne vit jamais le jour.


Rabbi Abraham ibn Daoud, qui consacra sa vie à la défense de la foi juive, devait mourir aussi pour la sanctification du Nom de D.ieu.

Le roi Alfonso VII fut très favorable aux juifs, recrutant parmi eux ses conseillers les plus proches, et même ses amis intimes. Cette attitude ne pouvait manquer d'exciter la jalousie des non-Juifs. On fit courir des rumeurs, on excita la populace. Celle-ci attaqua les Israélites.

Le sang coula, beaucoup de ceux-ci y laissèrent la vie et, parmi eux, Rabbi Abraham ibn Daoud, alors âgé de soixante-dix ans. On rapporte qu'il aurait pu avoir la vie sauve s'il avait consenti à embrasser la foi chrétienne. Il préféra mourir. Ainsi, dans sa vie comme dans sa mort, cet homme éminent fut un grand et fidèle fils d'Israël.lamed

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