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JOSEPH HAIM SITRUK


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"Je suis un rescapé de la prière"



Joseph Haïm Sitruk ne a Tunis en Tunisie, le 16 octobre 1944 est le grand-rabbin de France de juin 1987 à 2008
Suivant une tradition juive, le prénom Haïm (signifiant vivant) a officiellement été ajouté à son nom en 2001 pour l'aider à guérir après l'attaque cérébrale dont il a été victime.


Homme de contact et d'idéologie, il organise et dynamise la communauté française. Une grande partie des juifs de l'Hexagone se réconcilie avec ses valeurs propres :La trilogie Torah / Peuple / Terre prend toute sa dimension. Beaucoup décideront alors de vivre leur judaïsme en Israël. Depuis l'influence de l'instigateur de ce renouveau ne cesse de se poursuivre par-delà la Méditerranée ...

Régulièrement ,le Grand Rabbin de France vient en Israël à la rencontre de ses anciens fidèles , à l'occasion de veillées d'étude comme Hoshana Raba , ou de rassemblements populaires chaque été à Netanya .

L'idée d'officialiser ces rendez-vous et d'étoffer les actions , en direction de la population francophone israélienne , s'impose d'elle-même .En 1998 , à l'initiative du Grand Rabbin de France , l'association ALEF LEDOROTH YEROUSHALAYIM est créée . Son but est de contribuer à la diffusion de la Torah auprès des Israéliens d'expression française.

Chaque visite du Grand Rabbin de France en Israël donne lieu à des rassemblements importants . Depuis plusieurs annees, des rendez-vous réguliers sont pris entre le Rav Yossef Sitruk et la communauté francophone israélienne ,veillées d'étude de Hoshana Raba , rassemblements d'été à Netanya , délégations de soutien en Israël ou cérémonies au Kotel attirent plusieurs milliers de personnes .chiourim


«RIEN NE VAUT LA VIE»

Joseph Haïm Sitruk

Tunis, le sel de l’enfance

D’entrée de jeu, je me dois de faire une confidence : il n’y a pas d’érosion dans le temps. Les jours, les semaines, les mois puis les années passent mais cela ne change rien. Bien sûr, chacun vaque à ses occupations, et tous, imperturbables, l’air solide et sûr de soi, nous aimons, travaillons, nous sommes émus, tristes ou joyeux, mais nous gardons toujours, enfouis en nous, comme un trésor secret, les souvenirs de l’enfance. Cela ne veut pas dire, évidemment, que nous sommes prisonniers d’un hier magnifié ni esclaves d’un temps jadis idéalisé. Dans le domaine de l’esprit, le temps ne change rien. Avant d’écrire les lignes qui vont suivre, j’ai fait repasser dans mon cerveau, l’espace d’un court instant, les différentes étapes de mon itinéraire. J’ai revu Tunis, mes parents, ma grand-mère, je suis retourné à Nice et j’ai eu, de nouveau, un coup de foudre pour celle qui allait partager ma vie. J’ai participé aux activités des Éclaireurs israélites, j’ai suivi les cours du séminaire rabbinique, j’ai marché, à l’aube, dans les rues désertes de Bnei Brak pour m’initier à la Kabbale, j’ai été un rabbin tunisien heureux sur la terre ashkénaze de Strasbourg et j’ai revu – je revois – la lumière crue sur les pierres blanches de Marseille. Enfin, en 1988, je suis devenu Grand Rabbin de France, tentant, à la juste mesure de mes moyens, de mobiliser ma communauté autour des valeurs fédératrices de la Torah. C’est certain, le temps ne change rien, il n’y a pas d’érosion dans le temps et en revisitant les étapes de mon parcours, j’ai l’impression non pas, mettons, de faire le tour du monde mais, plutôt, curieusement, un tour de pâté de maisons.
Ce que m’évoque la Tunisie, c’est le bonheur immense d’une communauté paisible. Un long fleuve tranquille. Un lieu pacifié où toutes les communautés, quelle que soit leur religion, vivaient en harmonie. Oui, comme dans un arc-en-ciel où chaque couleur est nécessaire sans, à elle seule, être suffisante, là-bas, chacun était la partie d’un tout, chaque communauté, un élément d’une famille plus vaste dans un environnement sécurisant et serein. Il se dégage de Tunis une grande sérénité. Sérénité, c’est le mot juste. Ce judaïsme que je n’ai pas connu mais dont, malgré tout, je fus l’héritier et le dépositaire, c’est exactement cela : un sentiment de paix, un bonheur intérieur, de bonnes relations avec les voisins arabes, une grande amitié avec les copains juifs. Tunis, c’était des familles qui se fréquentaient, qui vivaient, au sens littéral, ensemble. J’ai parlé de ma grand-mère maternelle, je dois préciser que mes autres grands-parents sont décédés avant ma naissance. Mon grand-père paternel, Sion Sitruk, est mort à l’âge de 48 ans, sans doute victime d’une attaque cérébrale puisque, lors de mon voyage en décembre 2004, j’ai pu lire l’épitaphe qui recouvre sa tombe, écrite, comme c’est la coutume, en judéo-arabe :« La mort m’a cueilli alors que je marchais dans la rue avec mes amis. » J’ai toujours été fasciné par ce grand-père que je n’ai pas connu. C’est sans doute de cet homme, qui avait une barque de pêcheur avec laquelle il se rendait dans la baie de Tunis, que j’ai hérité ma passion pour la voile. Je sais de lui qu’il était extrêmement distingué, élégant et digne – cette dignité que mon père portait si bien. De mon grand-père paternel, j’ai récupéré quelques livres de Torah, notamment un livre du Zohar, tradition de la Kabbale, et un livre de selihot, les prières qu’on récite avant Roch Hachana et Kippour. Je les ai reliés, conservés, et je m’en sers toujours aujourd’hui avec beaucoup d’émotion. De mon grand-père et de mon père, il me reste, oui, un livre dont je me sers et que je garde avec précaution parce qu’il transporte avec lui des bribes essentielles de mon monde d’hier. Non, le temps ne change rien.
J’ai découvert Israël par la mer, à l’allure d’un bateau qui va de Gènes à Haïfa. Quand j’ai vu de loin le port de Haïfa, j’ai ressenti cette émotion qu’ont dû ressentir, avant moi, tous les immigrants qui sont arrivés vers la Terre promise depuis la création de l’État juif. Même si le voyage a duré trois nuits et quatre jours, la traversée s’est avérée très agréable et l’arrivée en Israël, une fois passée la mer Méditerranée orientale, reste pour moi un moment d’une intensité inoubliable. Les formalités accomplies, je ne sais pas encore que je me dirige vers un lieu, des gens, une ambiance que je ne retrouverai nulle part ailleurs. Nousallons retrouver, là-bas, la famille Hassan, des francophones originaires du Maroc qui nous initieront à ce milieu qu’on qualifie d’ultra-orthodoxe et qui, derrière ce qualificatif rapide, cache un univers à part, merveilleux, où chaque être recèle des trésors cachés, une connaissance personnelle des Textes, un rapport au Temps et à son identité calqué sur trois mille ans d’Histoire.
Bnei Brak, c’est bien sûr la ville de Rabbi Akiva, à mi-chemin du Ier et IIe siècle. Mais c’est aussi la ville qu’a reconstruite le Rav Kahanman, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cet homme, ce sage, véritable tsaddik, avait tout perdu, sa famille, ses élèves, sa ville natale durant la guerre. Il va réinstaller, là, sur une colline, tout ce que, dans la tragédie, le silence, les cendres et les larmes, il venait de perdre. Sur un terrain vierge, un terrain de dunes, de sable, il va, guidé par sa passion de la Torah et la main de l’Éternel, reconstruire son monde disparu. Fidèle au message juif, qui permet à la fois l’espérance et le désespoir, la confiance en l’avenir et la mélancolie due au passé, il va redonner là, sur une colline, un souffle à ce lieu qu’il avait connu et aimé et que les nazis, dans leur folie meurtrière, avaient décidé de rayer de la carte, effacer de la surface du globe, extraire de l’humanité. Peine perdue, parce que cette ville, Poniewicz, du nom de sa ville natale, ne va pas être un espace funèbre où on viendra se recueillir sur les dernières traces d’un monde englouti, éparpillé en cendres, un univers qu’on ne reverra plus jamais, anéanti, disparu à jamais, relégué pour toujours dans le souvenir imparfait d’une littérature belle et riche d’enseignements, comme on dit d’une langue morte. Non, Poniewicz va être un lieu vivant, dynamique, un espace d’études, qui affirme, envers et contre tout et tous, la continuité du message juif. Ce n’est pas seulement un pied de nez à l’Histoire, c’est la ville de Lituanie qui revoit ses enfants retourner à l’école, ses Juifs réétudier la Torah, son petit monde ressusciter.tribune juive


Lire dans tribune juive : Interview de Rabbi Joseph Haim Sitruk

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Aujourd’hui, dimanche 22 juin 2008,Le Grand Rabbin Gilles Bernheim a été élu Grand Rabbin de France

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