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ABRAHAM HESCHEL



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"La Bible est sainteté en paroles . ... C’est comme si Dieu avait pris ces paroles hébraïques et leur avait insufflé quelque chose de Sa puissance ; dès lors, les paroles sont devenues comme un fil électrique animé, chargé de Son esprit. De nos jours encore, elles constituent des traits d’union entre le ciel et la terre." Heschel, 1955


Abraham Heschel 1907 - 1972 fut un des plus grands penseurs juifs du XXe siècle. Rabbin descendant d’une très grande lignée rabbinique du hassidisme, il finit par trouver sa place au sein du mouvement Massorti où il enseigna jusqu’à sa mort.
Il était une personnalité remarquable et contribua beaucoup à l’extension du mouvement Massorti aux États-Unis. Il incarnait parfaitement le judaïsme tel que le mouvement Massorti le conçoit. Plusieurs de ses livres sont traduits en français. À lire absolument.

Le rabbin Abraham Heschel est né en 1907 à Varsovie. Il a étudié à l’Université de Berlin et à la "Hochschule für die Wissenschaft des Judentums" de Berlin ; fondateur de l’"Institute of Jewish Learning" de Londres en 1940 ; professeur au Séminaire américain de théologie juive depuis 1945, à l’Université de Stanford, à l’Université du Minnesota et au "Union Theological Seminary". Parmi ses ouvrages nous devons citer : "Die Prophetie" (1935), "The Earth is the Lord’s" (1950), "Man is Not Alone" (1951), "Man’s Quest for God" (1954), "God in Search of Man" (1956), "The Prophets" (1962).

Tout comme Saadia Gaon, Yehouda Halevi, Maïmonide, Blaise Pascal et Franz Rosenzweig, Heschel est un apologiste. Cependant, son but n’est pas de promouvoir un dogme ou une idéologie. Il cherche plutôt à transformer la conscience même que nous avons de la réalité, à la fois sur le plan émotionnel et rationnel.

Dans la mesure où l’on peut définir une "source" de la pensée de Heschel, celle-ci ne peut être que le hassidisme, en d’autres termes l’héritage du Baal Shem Tov qui fut son fondateur. L’étude, par Heschel, de la vie et de l’action spirituelle actualise cette tradition. Il utilise le terme de foi de manière presque interchangeable avec celui de piété , puisque le fondement de l’une comme de l’autre est une prise de conscience théocentrique. Toutefois, la piété, qui inclut l’attachement à Dieu à travers la prière et les actes sacrés (les mitsvot ), est davantage inhérente au judaïsme que la foi. La piété, telle que la définit Heschel, est l’achèvement de la foi.

Heschel nous enseigne comment penser et vivre religieusement. Il éduque notre amour, notre crainte et notre tremblement en allant au-delà des dogmes, des institutions et des préoccupations ethniques. Ses travaux répondent aux perplexités universelles touchant le sens de la vie, la mort, le mal, la souffrance, aussi bien que la joie, l’extase et la célébration. Ils nous aident à assumer notre identité personnelle et collective dans un monde fragmenté et souvent hostile. Heschel souhaitait que le judaïsme coopère avec d’autres religions pour apporter au monde la paix, la justice et la compassion. Au départ de notre cheminement, nous rencontrons un homme à la fois enraciné dans l’histoire et arraché à elle.

Les Bâtisseurs du temps de A.J. Heschel (Auteur) C’est un très beau petit livre sur le shabbat et ce qu’il peut apporter à l’homme aujourd’hui.

Dieu en quête de l’homme, philosophie du judaïsme de Abraham Heschel (Auteur)

Quatrième de couverture Le sous-titre de ce livre est significatif : philosophie du judaïsme, c’est-à-dire enquête rationnelle ayant pour but de découvrir si et comment le judaïsme répond valablement aux " questions ultimes " posées à l’homme par le monde, l’humanité, la mort, l’avenir, l’au-delà, la liberté, Dieu et la révélation. Selon l’auteur, le judaïsme est une réalité, un drame historique, ce n’est pas seulement un sentiment ou une expérience ; le judaïsme affirme la réalité d’événements d’où il a tiré son origine, il enseigne des vérités fondamentales, il revendique d’être l’engagement d’un peuple envers Dieu. La tâche que s’est assignée Abraham Heschel est d’expliquer le sens de ces événements, et de faire comprendre la vision du monde et le sens de la vie qu’ils impliquent.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

ABRAHAM HESCHEL - Un prophète de notre temps, Par Edward K. Kaplan



On ignore souvent que ce rabbin a été, aux côtés de Martin Luther King, l’un des défenseurs les plus acharnés des droits civiques pour les Noirs. Il a aussi bien lutté pour la liberté des Juifs d’URSS que contre la Guerre du Vietnam. Pionnier du dialogue inter-religieux, il a tissé tout à la fois des liens entre le judaïsme et la chrétienté et entre le judaïsme et l’islam. La biographie que nous propose Edward K. Kaplan, de la Brandeis University du Massachussetts, vient véritablement à point nommé.
C’est à Varsovie, capitale de la pologne, dans laquelle 41% de la population était juive, qu’est né, le 11 janvier 1907, Abraham Heschel, fils de Moshé et de Rifka Reizel Perlow. Descendant de six générations de rabbins parmi lesquels, du côté de son père, le fameux Dov Baer de Mézéritch et, du côté de sa mère, le non moins célèbre, Lévi Yitzhak de Berditchev, c’est tout naturellement que, dès l’âge de trois ans, le jeune Abraham, surnommé Avroumelè, fut immergé dans la lecture et le commentaire de la Thora. Initié au Talmud à partir de huit ans et au Zohar, à partir de dix, il était a priori destiné à devenir un « prince hassidique ». La disparition prématurée de son père alors qu’il n’a que dix ans bouleverse quelque peu une vie qui semblait toute tracée. Placé sous la tutelle de son oncle maternel, il va poursuivre néanmoins sa formation rabbinique. À seize seulement, cas exceptionnel, il est ordonné rabbin. Mais, passionné par les matières profanes, notamment les langues étrangères, il décide de quitter sa famille pour suivre des études dans une école scientifique mixte, à Vilna, la « Jérusalem de Lituanie ». C’est là qu’il va faire son éducation politique et historique qui forgera le caractère de ce rabbin « émancipé » pour le moins inhabituel à l’époque.
En 1927, le voilà à Berlin. Il a vingt ans et il entre à l’Université Friedrich-Wilhelm pour étudier la philosophie et la théologie avec pour sous-spécialités les langues sémitiques et l’histoire de l’art. Il soutiendra plus tard une thèse sur le thème : « La conscience prophétique « et parallèlement, il préparera et obtiendra un diplôme de la Hochshule für die Wissenshaft des Judentums.
Tandis que le nazisme se fait menaçant, Heschel commence à publier ses premiers ouvrages ainsi que des articles, notamment biographiques. En 1935, il fait la connaissance de Martin Buber qui s’apprête à aller vivre en terre d’Israël et qui le choisit comme successeur à la tête du Lehrhaus de Francfort-sur-le-Main , établissement fondé en 1920 par Franz Rosenzweig.
28 octobre 1938. Heschel fait partie des dix mille Juifs titulaires d’un passeport polonais que le régime nazi expulse. Il se retrouve à Varsovie, puis à Londres et enfin aux États-Unis. C’est là qu’il va entrer dans le réseau du judaïsme réformé, à Cincinnati comme à New York.
« Heschel fut un des premiers penseurs juifs à essayer de tirer les leçons de la Shoah », nous dit E.K. Kaplan. C’est pourquoi, « face à la Shoah et à la décadence spirituelle de l’Amérique du Nord, il fallait une religion reposant sur la sainteté de l’homme- de tous les êtres humains, pas seulement des Juifs- et la présence d’un Dieu engagé, compatissant, vivant et réel, un Dieu « en quête de l’homme » ». De 1950 à 1955, Heschel connaît une révolution théologique. Engagé, dans les années soixante, dans les grands combats, Abraham Heschel devient le personnage prophétique préféré des médias. « Célébré ( ou critiqué ) comme étant le seul Juif traditionaliste à prendre des positions radicales sur des controverses d’actualité, il était reconnaissable à sa barbe blanche, ses cheveux en bataille et son béret ». Aux côtés de Martin Luther King, il va prendre une position en flèche dans la lutte des Noirs américains pour les droits civiques. Le combat pour la liberté des Juifs d’URSS sera un autre de ses thèmes de prédilection. Tout comme l’action pour une meilleure compréhension des Juifs par les Chrétiens, le rapprochement judéo-musulman et l’opposition farouche à la Guerre du Vietnam. Sioniste convaincu, il avait une grande passion pour l’État juif qu’il visita en 1957 pour la première fois. En 1969, il publie « Israël : un écho de l’éternité », « un chant d’amour, le plus lyrique que Heschel ait jamais écrit, où il s’efforce de justifier aussi les droits historiques et spirituels du peuple de la Bible à posséder la terre d’Israël ».
Abraham Heschel est mort le 22 décembre 1972 à New York. Un grand penseur. Un très beau livre.

Jean-Pierre Allali

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