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SARAH MOON


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PHOTOMAG




Sarah Moon, alchimiste photographe, pictorialiste, est loin, immensément loin des photographes de sa génération qui nous offrent des images d’une lucidité et d’une froideur au service d’une idée ou d’un concept


"Depuis 20 ans, écrit-elle, je fais presque toujours la même photo. Une photo de mode. Une robe, une femme, ou plutôt une femme, une robe. Dedans - dehors - debout - assise - plus près - plus loin - à l'ombre ou au soleil l'été - l'hiver - peu importe. Je photographie le privilège - l'évanescence - l'improbable ou la beauté - j'y cherche l'émotion et la quête en est d'autant plus désespérante. Souvent j'envie ceux qui savent photographier la vie. Moi je la fuis - je pars de rien - je ne témoigne de rien - j'invente une histoire que je ne raconte pas, j'imagine une situation qui n'existe pas - je crée un lieu ou j'en efface un autre, je déplace la lumière - je déréalise et puis j'essaie... Je guette ce que je n'ai pas prévu, j'attends de reconnaître ce que j'ai oublié - je défais ce que je construis - j'espère le hasard et je souhaite plus que tout être touchée en même temps que je vise..."photographiz



Née en 1941, dans une famille juive qui doit fuir la France occupée, Sarah Moon ne dit rien de son enfance, de ses années passées en Angleterre, de son père ingénieur, des ses quatre frères et sœurs...

Pourtant l’analyse de ses oeuvres amène à penser que son enfance a été déterminante pour un art dont le style est très arrêté.

Des constantes se retrouvent en effet dans ses photographies :

- le rapport à une nature inaccessible. La nature est conjuguée au passé ; on y trouve des pyramides, des rhinocéros, des mythes, au moins de la nostalgie, parfois de la tristesse

- pas de vrai blanc dans ses images, tout est en low key, pas d’échappées claires dans les ciels

- du flou, du vignettage

- de l’exotisme : animaux ou monuments lointains, avec une tonalité coloniale

- souvent du mouvement, comme effacement des premiers plans

- des yeux fermés, ou des visages effacés ou baissés

- des références aux années 30, à la modernité (dans le vêtement, dans la représentation de la femme)

- une grande importance des mains (qui sont la partie du corps des adultes à la hauteur du visage d’un enfant…)

- la martyrisation (par le corset, par les griffures, par le grattage du négatif)

- l’allusion au cauchemar d’enfant

- des personnages sans tête, sans bras, sans mains ou avec des bras en bois, ou amputés, une assimilation des êtres à des poupées

- un espace confiné auquel on n’échappe pas

- des signes, du graphisme contrasté augmentant le confinement par des impératifs autoritaires

- le silence, dont la suggestion dans l’image est renforcé dans le procédé par l’interposition de matières, de gestes, de cadres, de grattages entre le sujet et le spectateur.

Ces éléments nous semblent directement mener à une interprétation autour du souvenir de la prime enfance dans une Grande-Bretagne en guerre, un pays obligé d’appeler à l’aide les forces vives de ses colonies... d’où une atmosphère pleine d’inquiétude, de violence et de mutilation conjuguée au passé, avec la guerre en creux, une atmosphère où l’ailleurs colonial dans sa vision enfantine déborde de partout. Où le cadre familial confiné n’empêche pas l’arrivée des monstres et des mutilations probablement liées à l'omniprésence de la guerre. L’ailleurs est ainsi toujours présenté entre rêve, menace et souvenir dans une décor qui tient de la nature empaillée du musée d’histoire naturelle et de la violence du cirque. galerie photo

WILLIAM KLEIN

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William Klein


Devenu célèbre grâce à ses clichés de mode ou de New York dans les années 1960, il s'est attaché à réaliser des photos de rue, des instantanés. S'il a beaucoup photographié New York, il n'a pas oublié la capitale française, où il vit, Rome, Tokyo ou Moscou.



" Prendre une photo, c'est une excuse pour être badaud. Je me donne l'impression de faire quelque chose donc j'ai moins mauvaise conscience "

" Quand on voulait aller au cinéma, il nous arrivait de rassembler nos bouteilles pour récupérer la consigne. J'avais déjà une dent contre cette grosse pomme de New-York "

Par Michel Lecocq


L'anticonformiste

William Klein, un artiste controversé et inclassable aux multiples talents : tour à tour photographe, cinéaste et peintre d'abord quand la création le pousse à toujours entreprendre. William Klein, un homme amoureux des grandes métropoles auxquelles il a dédié nombreux de ces clichés. Enfin, William Klein, un militant de la mode pour laquelle il a souvent eu un regard complaisant mais toujours passionné. C'est tout William Klein maintenant que je vous propose de découvrir avec moi.

LA PEINTURE (1948 - 1954)

Eh bien, oui …. La peinture, nous ne pouvons pas ignorer cela tant le désir d'expression de William pour ce support artistique a été grand. Bien entendu, William, après sa naissance en 1928 à New York et au cours de son adolescence ne présente pas forcément d'aptitude pour l'art en général bien qu'il soit sans doute porté par sa grande sensibilité vers ce type d'activité. Il grandit donc dans un milieu socialement peu confortable, dans le quartier de Harlem, sans bien trop se soucier d'autre chose semble t'il que de ses études qui le conduisent à obtenir en 1945 un diplôme universitaire en sociologie. A la fin de ses études comme beaucoup de jeunes hommes, il part faire son service militaire dans l'armée américaine. Envoyé pendant un an en Allemagne au cours des années 1946/1947, il termine son service à Paris. Après sa démobilisation en 1948, il reste dans la capitale française où il se sent bien. C'est dans ce contexte parisien qu'il commence à s'initier à la peinture : il a alors comme mentor : André Lhote puis Fernand Léger. Peu inspiré par les ateliers parisiens qui semblent ne plus convenir à l'idée qu'il se fait de la création, il se retire dans une petite ville du bassin parisien : la Garonne-Colombes, il y rencontre Jeanne Florin et l'épouse en toute intimité au cours de l'année 1950. Il souhaite pleinement se consacrer à la peinture et une série d'expositions à Bruxelles et Milan en 1951 renforce sa démarche contemporaine. Paradoxalement, c'est alors que les commandes picturales arrivent qu'il découvre les grandes possibilités des supports photographiques. Sa première œuvre photographique concerne ainsi la création de "transpositions murales " représentant le tracé de formes en mouvements. Il décide alors d'approfondir cette nouvelle voie en l'adoptant à sa vision artistique.

LA PHOTOGRAPHIE - LES DEBUTS (1954 - 1957)

En 1954, l'existence du verre photo-sensible est pour William une révélation qui sera sans doute à l'origine de toute son œuvre photographique à venir non pas par son emploi, bien au contraire. Il retourne à New York après huit ans d'absence avec la ferme intention d'utiliser ce type de support pour les photos d'architecture, il a la bénédiction et l'appui financier d'Alex Liebermann, le directeur artistique de la revue "Vogue". Il entreprend alors de convaincre les détenteurs du brevet sur le verre photo-sensible en vue de produire son travail sur très grand format. C'est hélas un échec. Par dépit, il se lance sans grande illusion dans une œuvre bien improbable : un "journal photographique" quelque peu acerbe et désabusé sur son retour dans la grande capitale nord américaine. Ce travail est constitué essentiellement de photos "abus", tant dans les contrastes que dans la granulation, tant dans les bougés que dans les décadrés, tant enfin dans les accidents de tirages que dans les déformations et les rajouts. C'est une idée sans avenir d'un photographe anticonformiste. Pas d'avenir me direz vous, sans doute aux Etats-Unis où l'impression trop avant-gardiste dérange mais en Europe : l'éditeur Chris Marker voit dans ce manifeste, une œuvre majeure et inédite : un sacré coup de pied à la photographie classique. "New York" sort en 1956. La carrière de William certes controversée, au même titre que le livre, est alors lancée. Il obtient le prix Nadar, l'année suivante et décroche, auprès de Federico Fellini, une place d'assistant, il part ainsi pour Rome.

LA PHOTOGRAPHIE - LA RECONNAISSANCE (1957- 1965)

Parallèlement à sa carrière cinématographique débutante, William mène une vie intense de photographe. Le retard du film de Fellini à Rome lui donne ainsi l'opportunité de réaliser, dans le même esprit que sa première œuvre, une série de clichés sur la capitale italienne. Ce travail se conclut, au cours de l'année 1957, par la sortie de l'album "Rome". Dans le même temps, la maison "Vogue" lui offre quelques espaces de publication qui lui permettent de se faire un nom dans le milieu de la mode. En 1959, c'est Moscou qui est mise à l'honneur dans une publication de belle qualité. Il reproduira cette démarche dans un nouveau livre, 5 ans plus tard. Entre temps, la Photokina en 1963 lui fait l'honneur d'une exposition: "30 photographes qui ont fait l'histoire de la photographie", c'est pour lui une belle consécration. Enfin, en 1965, une dernière publication sur la ville de Tokyo vient concrétiser 16 ans de photographie. Mais l'univers du film l'attire inexorablement et l'année 1966 se conjugue au singulier sans la photographie.

LE CINEMA (1958 - ….)

Sa démarche cinématographique est, à l'origine, en étroite relation avec le monde de la photo tel qu'il le conçoit, c'est-à-dire très proche d'une dénonciation des effets pervers de la société moderne. C'est un message très réaliste qui appelle à une véritable réflexion sur de nombreux domaines La politique, par exemple dans le film : " les français et la politique " 1962 (censuré). La mode, également que nous retrouvons dans les films suivants: " le grand magasin " 1964, avec Simone Signoret " qui êtes vous, Polly Magoo ? " 1966, ou bien " la mode, mode d'emploi " 1985. La société, bien sur dans le film " un couple témoin " 1975, avec Anémone et André Dussolier. La guerre, inévitablement dans l'œuvre " loin du Viet-Nam " 1967, avec Chris Marker, Joris Ivens, Alain Resnais, Jean Luc Godard et Claude Lelouch. Le racisme, les injustices et les mouvements noirs tel que les " black panthers " aux Etats-Unis que nous retrouvons dans le film : " Elridge Cleaver, Black Panther " 1970, mais également dans deux autres films majeurs de sa création : " Mohammed Ali, the greatest " 1974 et " the little Richard story " 1980. Les mouvements sociaux, enfin aux Etats-Unis lors des mouvement pour la paix et la liberté : " mister Freedom " 1968 et en France dans l'œuvre " grands soirs et petits matins " 1978 sur les événements de mai 1968.

Outre ce côté dénonciateur, William n'oublie pas non plus, de participer voire de réaliser des films culturellement plus abordables et moins engagés, par exemple : Sur le sport dans le film " the french " 1981, tourné au cours du tournoi de tennis de Rolland Garros. Sur la danse et essentiellement sur le danseur Jean Babilée dans le film " Babilée - 91 " 1991. Enfin, bien sur, sur la photo dans l'œuvre commune dont il est l'initiateur : " Contacts " 1988.

Ainsi, entre 1957, année où il est remarqué par Federico Fellini qui en quelque sorte lui met le " pied à l'étrier " et 1993 année qui marque la sortie de sa dernière œuvre cinématographique personnelle : " in and out of fashion " (autoportrait dans le monde de la mode), c'est environ 35 films et près de 250 spots publicitaires qui sont réalisés par ses soins. C'est également une participation active à de nombreux films majeurs tournés par de grand réalisateurs notamment Louis Malle pour le film " Zazie dans le métro " en 1960. Le Cinéma dans lequel il s'exprime parfaitement ne lui fait pas oublier ses premières amours et au cours des années soixante-dix, la redécouverte de son style photographe l'incite à reprendre plus sérieusement cette activité notamment par le biais de la couleur.

RETOUR VERS LA PHOTOGRAPHIE (VERS 1975 - ….)

C'est en quelque sorte, un photographe nouveau qui alors apparaît sous les cimaises d'abord au M.O.M.A. et à la Light Gallery de New York, au cours de l'année 1980 puis deux ans plus tard, au Centre Pompidou à Paris. Il enchaîne alors les expositions au cours des années quatre-vingt tout en travaillant pour les journaux " Sunday 's time " et " Libération " et pour l'entreprise " Leica ". Dans les années quatre-vingt-dix, les récompenses se succèdent et viennent enfin couronner une carrière photographique certes en dents de scie mais qui a été, par de nombreux côtés, révolutionnaire. Citons entre autre : Le prix international Hasselblad et le Guggenheim Award aux Etats-Unis Le Grand Prix National en France Le Kultur Preiss et le grand prix Agfa-Erfurt en Allemagne En 2002, une grande exposition, à la maison européenne de la photographie : sur la relation très intime qu'a entretenue William pour la capitale française, lui rend un vibrant hommage. (Paris +Klein) 2004 est, enfin pour lui, l'année des " transphotographiques " de Lille pour lesquels il entreprend un travail surprenant sur les " gens " qui font au quotidien la vie de la grande métropole nordiste.

William Klein est donc un photographe incomparable par le don qu'il a de ne jamais " s'enfermer dans un système " (Peter Lindbergh). Sa discrétion est à la hauteur des innovations qu'il a pu apporter dans le monde de la photo. Mais une chose est sûre, la " discrétion " de ses photos n'est pas de mise lorsque nous regardons sa carrière à contre-courant. Il n'a eu de cesse, au cours de ses années de photographe, de toujours remettre en question les conventions et les bonnes manières, de toujours s'efforcer d'éviter les habitudes par l'introduction voulue d'éléments qui a priori n'ont pas leur place sur la photo : le hasard, la déformation, le bougé et bien d'autres choses. Par son action, la photo a évolué vers le " pop art ", le graphisme voire le dadaïsme, vers un espace d'expression finalement très ouvert qui aujourd'hui fait école auprès des jeunes créateurs.

GISELE FREUND

GALERIE
PORTRAIT
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JOYCE
ACTU
ARHV

Elle se qualifiait de
"journaliste reporter photographe" et non d'artiste.

Pionniaire du portrait en couleur, Gisèle Freund s'est toujours battue pour que la photographie soit reconnue comme un Art à part entière.



"Personne ne se voit tel qu'il paraît aux autres. Nous habitons notre visage sans le voir, mais nous exposons cette partie du corps au premier venu qui nous croise dans la rue."

"A l'époque où je les ai photographiés, ils n'étaient connus que d'un public restreint. Ce n'est que des décennies plus tard que leurs oeuvres sont devenues célèbres et connues dans le monde entier"


1908-2000

Photographe

Gisèle Freund naît à Schöneberg, près de Berlin, le 19 décembre 1908 dans une famille de la bourgeoisie juive allemande. Elle a un frère, Hans. Son père Julius Freund, dirige des affaires familiales, c'est aussi un grand collectionneur, passionné d'art. Sa mère, Clara, est issue d'une famille d'industriels. C'est une femme rigide et conservatrice qui impose à sa fille des études d'arts ménagers.
Gisèle Freund réussit néanmoins à passer son baccalauréat et reçoit à cette occasion son premier appareil photo, offert par son père. Elle étudie ensuite la sociologie à l'université de Francfort-sur-le-Main, adhère aux Jeunesses socialistes et manifeste contre la montée du nazisme. En 1933, avertie d'une prochaine arrestation d'étudiants, Gisèle part précipitamment pour Paris où elle avait déjà séjourné auparavant. Elle s'inscrit à la Sorbonne pour une thèse de sociologie sur la photographie en France au XIXe siècle, un sujet totalement nouveau à l'époque. Pour gagner sa vie, elle commence à photographier des écrivains qui deviendront célèbres et la rendront célèbre elle-aussi. Elle réalise notamment le portrait d'André Malraux en 1935 pour illustrer la réédition de son livre La Condition humaine. A la même époque, Gisèle Freund se lie d'amitié avec Adrienne Monnier, directrice de la librairie et maison d'édition " La Maison des Amis des Livres ", située rue de l'Odéon. C'est Adrienne qui aide Gisèle Freund à traduire sa thèse en français et à la publier en 1936. Dans la librairie de son amie, Gisèle rencontre de nombreux écrivains. Elle tire leurs portraits sans aucune retouche, une éthique professionnelle à laquelle elle est restée fidèle tout au long de sa carrière, tout comme elle est restée fidèle à son refus de travailler pour la publicité ou de photographier la misère, les massacres ou la mort.
En 1936, l'année de la publication de sa thèse, Gisèle Freund se marie, acquiert la nationalité française et travaille pour le magazine américain Life. Elle divorcera quelques années plus tard. Elle est à Londres lorsque la guerre est déclarée en 1939, et elle s'empresse de regagner Paris. Juive et d'origine allemande, elle réalise qu'elle est trop en danger dans la capitale. Elle part se réfugier chez des amis d'Adrienne Monnier qui vivent à Saint-Sozy, un petit village du Lot, près de Souillac. Elle y passe deux ans, puis part en Argentine où elle est invitée par la milliardaire Victoria Ocampo, sur l'intervention d'André Malraux. Mal à l'aise dans la richissime demeure de son hôtesse, elle quitte Buenos Aires et part en reportage en Terre de Feu, en Uruguay, puis dans d'autres pays d'Amérique latine. Elle travaille aussi pour le ministère de l'information du gouvernement de la France Libre.
Au lendemain de la guerre, Gisèle Freund revient à Paris en 1946. Elle y présente ses photos dans une exposition consacrée à l'art sud-américain, puis repart en Patagonie où elle travaille pour le Musée de l'Homme. Elle signe ensuite un contrat avec l'agence américaine Magnum qui a ouvert son premier bureau en France. Elle est la seule journaliste femme de cette agence avec laquelle elle travaille jusqu'en 1954. Elle travaille ensuite pour de nombreux magazines : Paris Match, Art et décoration, Images du Monde, Verve… Elle continue aussi à photographier les artistes qu'elle aime. Sa notoriété grandit dans toute l'Europe où elle est sollicitée pour des conférences qu'elle peut animer en allemand, en français, en anglais ou en espagnol, quatre langues qu'elle pratique parfaitement.

En 1968, Gisèle Freund est le premier photographe invité à exposer ses œuvres au Musée d'art Moderne de Paris. A l'occasion de cette reconnaissance tardive par sa patrie d'adoption, la critique est élogieuse. Gisèle Freund compte désormais parmi les grands noms de la photographie internationale. Elle s'octroie alors le temps d'écrire. Elle publie notamment Photographie et Société, une analyse sociologique dans le prolongement de sa thèse. Cet ouvrage deviendra un classique pour les étudiants en photographie. En 1980, Gisèle Freund reçoit le grand prix national des Lettres pour la photographie. Un an plus tard, elle réalise le portrait officiel de François Mitterrand ; ce sera pratiquement son dernier travail photographique. Le Centre Pompidou lui consacre une nouvelle exposition en 1991.
Elle lègue plus de trois cents photographies à l'Etat quelque temps avant sa mort, survenue le 30 mars 2000 à Paris.

Dans les Entretiens qu'elle avait accordés en 1991 à Rauda Jamis, Gisèle Freund s'est peu attardée sur sa vie privée. Elle y évoque rapidement son mariage en 1936 et son divorce quelques années plus tard et y dit son regret de ne pas avoir eu d'enfants. Elle souligne aussi que, devenue française par son mariage, elle avait pu rapidement obtenir un passeport, mais pas de carte d'identité. Ce n'est que beaucoup plus tard, en 1983, à la veille d'être décorée de la Légion d'honneur par le Président de la République François Mitterrand, qu'elle reçu sa carte d'identité nationale. Dans Le monde et ma caméra, Gisèle Freund avait déjà dit sa souffrance d'être étrangère en France ; elle le redit à Rauda Jamis :

Mon grand problème, toute ma vie, à été de me faire accepter comme Française. Une vraie tragédie ! Une obsession ! J'en ai tellement souffert... C'est seulement lorsque j'ai reçu la Légion d'honneur que, curieusement, les choses ont un peu changé dans mon esprit. Je me sens au moins acceptée. On me considère enfin comme une Française, comme Max Ernst par exemple, ou Marc Chagall. " Les Français sont doués, finalement, pour récupérer les talents étrangers " disait Adrienne.
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Gisèle Freund (née près de Berlin, mais ayant choisi la nationalité française en 1936) est unanimement considérée comme la plus grande photojournaliste de son siècle. Pourtant ce sont surtout ses portraits photographiques d'artistes, d'intellectuels et d'écrivains - portraits qu’elle a commencé de réaliser dès 1930 - qui ont le plus contribué à asseoir sa notoriété.

Femme de très grande culture, ayant suivi des études de sociologie à Fribourg, puis à Francfort (Karl Mannheim, Theodor Adorno,...), passionnée de littérature, Gisèle Freund ne se destinait pas a priori à la photographie. C’est pourtant avec ce langage universel qu’elle va commencer à gagner sa vie. Fuyant l’Allemagne hitlérienne, elle rejoint Paris le 30 mai 1933, emportant avec elle son Leica, un cadeau de son père, et tout un lot de pellicules qui témoignent de la violence nazie à l’encontre des étudiants dissidents dont elle fait partie. terresdefemmes



Si la photographie a exercé une influence profonde sur la vision de l’artiste, elle a changé aussi la vision de l’homme de l’art. La manière de photographier une sculpture ou une peinture dépend de celui qui se trouve derrière l’appareil. Le cadrage et l’éclairage, l’accent que le photographe met sur les détails d’un objet peuvent complètement modifier son apparence. Les reproductions que nous contemplons dans un livre changent en fonction de l’échelle à laquelle elles sont reproduites. Un détail démesurément agrandi fausse l’image que nous pouvons nous faire de l’ensemble d’une sculpture ou d’une peinture. Une miniature peut sembler aussi grande que l’immense sculpture du David de Michel-Ange à Florence. « La reproduction a créé des arts fictifs en faussant systématiquement l’échelle des objets, en présentant l’empreintes des sceaux orientaux et des monnaies comme des estampes, des colonnes et des amulettes comme des statues » constate Malraux dans le Musée Imaginaire.1001feuilles

LEE FRIEDLANDER


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Naissance en 1934 (Aberdeen - Washington - U.S.A.)

Il devient, très jeune, photographe freelance pour des magazines, mais son ambition photographique est tout autre. C'est grâce à la bourse Guggenheim qu'il pourra entamer sa carrière de photographe artistique. Et toute sa vie il vivra de bourses et de ventes de tirages, ce qui lui permet de réaliser ses travaux personnels, sans aucun but mercantile. Sa première exposition est montée à la George Eastman House, à Rodchester en 1963. Il photographie les rues, la ville moderne en mélangeant toutes sortes d'éléments, des panneaux, des poteaux, des vitrines, et la présence dans un cadre de ces éléments donne une certaine confusion (voulue) à ces images. Il réalise également une série sur la végétation des villes et sur les "Public Relations", photographies au flash des gens de la haute société américaine. Son dernier livre consacre un travail sur les déserts, "The Desert Seen".
L'importance de Lee Friedlander dans l'histoire de la photographie américaine est incontestable. Il incarne à la fois la modernité, tout ce qu'il y a de meilleur dans la photo des Etats-Unis de l'époque, mais aussi la grande tradition documentaire. C'est également un grand puriste de la photographie : il n'utilise que des éléments spécifiques à la photo - cadrage, netteté, flash... et n'empreinte rien à d'autres média.
Toute sa vie il travaille avec un Leica et un 35mm. Ce n'est que dans ses travaux les plus récents qu'il utilise le format carré.
Rétrospective Lee Friedlander, du 19 septembre au 31 décembre 2006 au Jeu de Paume à Paris.

ROBERT CAPA


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ITINERAIRE


"Si une photo n’est pas bonne, c’est qu’elle n’est pas prise d’assez près "


Robert Capa, 1913-1950- Né à Budapest -de son vrai nom Andrei Friedman est d'abord photographe et journaliste à la 20th Century. Il a photographié la guerre civile en Espagne (1936) , la guerre Japon-Chine (1938). Pendant la 2ème guerre mondiale, il a débarqué en Normandie avec la première vague d'assaut à Omaha Beach, le 6 juin 1944. En 1947, il fonde, avec ses amis Henri Cartier-Bresson et David Seymour, l'agence de photos Magnum, la 1ère coopérative internationale de photographes autonomes.
Il décide plus tard d'interdire aux reporters de son agence de couvrir les guerres lorsqu'il se rend compte que les photos des vedettes et de mode rapportent beaucoup plus et sans le moindre risque. Il couvre pourtant la guerre d'Indochine où il trouve la mort, en marchant sur une mine.
Robert Capa est toujours au coeur de l'action : ses photos sont floues et bougées et c'est ce qui en fait l'intensité et l'émotion.

"Les photographies prises à Madrid permettent d'affirmer que Capa a compris que la vérité sur la guerre se situe, non seulement au cœur de la bataille, spectacle officiel, mais aussi sur les visages des soldats qui supportent le froid, la fatigue et l'ennui sur la ligne de front, et sur les visages des civils défigurés par la peur, la souffrance et la détresse. Tout au long de sa carrière, Capa sera avant tout un photographe de personnes ; beaucoup de ses photos de guerre ne sont pas tant la chronique de faits que l'étude extraordinairement compréhensive et solidaire des gens plongés dans des situations extrêmes."Richard Whelan

"La guerre c’est comme une actrice qui vieillit : de plus en plus dangereuse et de moins en moins photogénique."

LUCIEN HERVE


PORTRAIT
LASLO ELKAN
EXPOSITION
HONGRIE 1910
DERNIERE
ART
LE CORBUSIER







Entre 1949 et 1965, il fut le photographe attitré de Le Corbusier. Grâce à cette longue collaboration, Lucien Hervé est considéré comme l'un des principaux photographes d'architecture du 20ème siècle. Juif hongrois immigré en France en 1929, il est un artiste fanatique, passionné par la vie.
La photographie fut pour lui une vocation tardive. Il a été successivement couturier, pianiste, champion de lutte, dirigeant syndical, metteur en scène, journaliste et peintre. Quand il accède à la notoriété en tant que photographe après la deuxième guerre mondiale, c'est un peu malgré lui
Né en Hongrie en 1910, il s'était installé à Paris en 1929 après des études de dessin. Lucien Hervé avait réalisé plus de 20.000 clichés des réalisations du célèbre architecte.
Il avait aussi travaillé pour les plus grands architectes, Oscar Niemeyer, Jean Prouvé, Walter Gropius.
Pendant la guerre, il rejoint la Résistance où il a pris le pseudonyme de Lucien Hervé. Reprenant son activité de photographe en 1947, il rencontré un directeur de revue qui lui suggère en 1949 de photographier la Cité Radieuse de Le Corbusier dont le chantier est en cours à Marseille.
Il est décéde a Paris le 26 juin 2007

MAN RAY


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MAN RAY






"Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier."

"Toute opinion est transitoire et toute oeuvre est permanente."
- Extrait d’ A suivre sans se faire remarquer

"Souriez, car vos dents ne sont pas seulement faites pour manger ou pour mordre."
- La Photographie qui console


Après ses études secondaires, Emmanuel Rudnitsky suit des cours de dessin industriel. Il refuse une bourse de l'école d'architecture pour se consacrer au dessin et à la peinture. Il fréquente l'école libertaire Ferrer Centre puis l'Armory Show où il rencontre des artistes européens d'avant-garde comme Marcel Duchamp. Le mouvement Dada qu'il tente d'animer à New York ne reçoit que peu d'écho. Il s'installe alors à Paris qu'il ne quittera que pendant la guerre. Au centre de la vie artistique parisienne, il rencontre peintres, photographes, poètes et intellectuels. Son oeuvre photographique, considérée comme l'une des plus inventives de son époque est le résultat de la rencontre entre des techniques de peinture surréaliste et une imagination débordante et décalée. En véritable plasticien, il utilisa tous les médiums, mêla et détourna peinture, photographie et objet.


Par Roland Quilici


Emmanuel Radnitsky est né le 18 août 1890 à Philadelphie (Pennsylvanie) aux Etats-Unis, de parents juifs d’origine russe (Saint Pétersbourg).Il est l’ainé d’une famille qui compte quatre enfants.1897 ses parents s’installent à Brooklyn, dans la banlieue de New York. Emmanuel se passionne pour le dessin dans l’atelier de confection de son père tailleur. Son intérêt pour la peinture se révèle en 1911 par la visite des musées et des expositions de la galerie 291, tenue par Alfred Stieglitz (photographe). Il entame des études de dessin à la National Academy of Design, puis au Ferrer Center. Il travaille comme apprenti, à la gravure de poignées de cannes et de parapluies, et comme dessinateur dans une agence de publicité. Il choisit de devenir artiste peintre. Il rejoint une communauté d’artistes à Ridgefield, dans la campagne du New Jersey en 1912, épouse Adon Lacroix, jeune poétesse belge qui est la femme d’un de ses professeurs (en 1913).

Il change de nom : Emmanuel, que l’on surnomme « Manny » devient Man et choisit le nom de Ray. Cette même année, il se rend à « L’Armory Show », la première manifestation d’art moderne outre atlantique qui prend place dans le bâtiment du 69 ème régiment de la garde nationale à New York. Il découvre l’avant garde européenne, dont les œuvres de Marcel Duchamp et sa célèbre toile : « Nu descendant un escalier », qui fait scandale. A Ridgefield, Il publie un petit recueil : « The Ridgefield Gazook ».Septembre 1915 il fait connaissance de Marcel Duchamp (peintre français) qui lui fait découvrir l’esprit du mouvement Dada, ce qui l’enchante ...


Man Ray a révolutionné la photographie en faisant de ce médium un art majeur. Malgré qu’il n’obtienne pas la reconnaissance comme artiste peintre par la critique américaine, il reste néanmoins dans l’histoire de l’art comme un artiste majeur, aussi bien comme peintre, sculpteur, que comme photographe.
Il dit : « Je peins ce qui ne peut être photographié, ce qui vient de l’imagination, du rêve, ou d'une pulsion inconsciente, et je photographie les choses que je ne veux pas peindre, les choses qui ont déjà une existence. »
Son propos résume son parcours d’artiste.
Les rayogrammes sont les seules images qui lui semblaient importantes dans son œuvre. Sur l’épitaphe de sa tombe au cimetière du Montparnasse à Paris, on peut lire : « Unconcerned, but not indifferent » (Détaché, mais pas indifférent).
Sa photographie intitulée : «Larmes de verre», a atteint 266 500$, lors d’une vente chez Christie's en 1997 ; « Noire et Blanche » s’est vendue 550 000 $ en 1998 chez Christie’s, à New-York.

JOEL MEYEROWITZ


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Après avoir étudié la peinture mais aussi l'imagerie médicale à l'université d'Ohio, Joel Meyerowitz revient à New York, sa ville natale, et décroche un poste de directeur artistique pour une agence de publicité. Pourtant, plus attiré par la photographie, il ne tarde pas à quitter son emploi pour se consacrer à cette passion, et prend en 1962 ses premiers clichés en couleur. Dès lors, il s'intéresse à des sujets comme le temps libre - thème qu'il a pu photographier abondamment grâce à une bourse accordée par le Guggenheim Fellowship - les accidents urbains, ou plus récemment le World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001, variant les formats et les techniques. Les travaux de Joel Meyerowitz ont été exposés dans des lieux prestigieux, tels le Museum of Modern Art ou le Withney Museum of American Art, mais aussi dans le monde entier, et ont fait l'objet de nombreux ouvrages. Le photographe a également reçu le titre de Photographe de l'année par les Amis de la photographie, et son talent est unanimement salué par le public et la critique.evene

HELMUT NEWTON


H. NEWTON
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"Il y a deux obscénités en photographie : l'art et le bon goût"


Par : Emmanuelle Foray et Laurence Bagot

Helmut Newton est né à Berlin le 31 octobre 1920.
Il meurt à Hollywood le 23 janvier 2004 d'un accident de voiture.

A 12 ans seulement, il réalise sa première photographie (une vue de la Funkturn, la tour de radio de Berlin) avec un appareil photo qu'il s'est offert sur un coup de tête.


Peu intéressé par les études, il quitte le lycée à 16 ans pour devenir apprenti auprès d'Yva, photographe berlinoise, connue pour son travail sur la mode, le portrait et le nu.

Juif allemand, Helmut Newton fuit en 1938 les persécutions nazies et part pour la Chine. Une première expérience de photo-jounaliste pour le Singapore Straight Times se soldera par un échec ; il est renvoyé au bout de deux semaines.

En 1940, il part pour l'Australie, dont il a la nationalité, et sert dans l'armée australienne durant toute la seconde guerre mondiale. A la fin de la guerre, il monte un petit studio photographique à Melbourne et commence à travailler dans la photo de mode, entres autres avec l'édition australienne de Vogue.

Il épouse l'actrice June F. Browne en 1948, qui deviendra aussi une photographe renommée sous le nom d'Alice Springs. Ils partiront vivre à Paris à la fin des années 50. Helmut Newton travaille alors pour de nombreux magazines Le Jardin des Modes, Elle, Queen, Playboy, Nova, Marie-Claire, Stern. Il devient au début des années 60 l'un des principaux photographes de Vogue.

Le style audacieux et provocant d'Helmut Newton s'affirme, en particulier au travers des images réalisées pour l'édition française de Vogue. Il connaît alors un succès qui ne se démentira pas, et est recherché par tous les magazines. A tel point, qu'il décide en 1981 de quitter Paris pour s'installer à Monte Carlo, pour la mer, le soleil mais surtout pour sa fiscalité avantageuse.

Il reçoit de nombreuses distinctions photographiques, dont le Grand Prix national de la photographie, (Paris-1990), le titre de meilleur portraitiste à New York lors des World Image Award... De nombreuses expositions et rétrospectives lui sont consacrées, ainsi qu'au couple de photographes qu'il forma durant plus de 50 ans avec Alice Springs.

Fin 2003, il a cédé à la ville de Berlin, sa ville natale, l'ensemble de son oeuvre.

Hommage à Helmut Newton
par : Laurence Bagot

A Los Angeles, lors d'un accident de voiture à la sortie d'un hôtel, Helmut Newton s'est éteint à tout jamais. De ce fait il rejoint l'immortalité des photographes qui auront marqué leur temps en transfigurant le réel. Au mois de novembre 2003, il exposait la série " Yellow Press " à la galerie Templon à Paris. A cette occasion il faisait le déplacement et participait au vernissage. Cette soudaine tragédie invite à adresser une pensée pour cette haute personnalité de la photographie à la réputation très controversée. Il a marqué les esprits de part le caractère subversif de son œuvre transgressant les limites du visible. Désormais il hante la presse internationale dans laquelle il a laissé son empreinte grâce à ses multiples publications.

Sa notoriété était parvenue à son paroxysme. Reconnu de ses pairs et connu du public, il s'octroya le plaisir suprême en publiant le livre sous le titre de Sumo, le plus grand, le plus lourd et le plus cher de l'histoire de l'édition. Cet ambitieux projet vit le jour grâce au soutien et à l'hommage que lui accorda l'éditeur Benedikt Taschen. Ce monstre fut édité à 10 000 exemplaires tous numérotés et signés par l'auteur. La couverture affiche un de ces fameux nus féminins ostentatoire à l'allure altière, au corps plantureux, au regard froid, à la sensualité distanciée. Sumo met en exergue les photographies les plus célèbres inspirées essentiellement par sa fascination de la femme et les personnalités qu'il a croisées lors de sa carrière. Le célèbre couple Serge Gainsbourg et Jane Birkin dévoile son intimité sous le regard de Helmut Newton à travers des caresses sulfureuses. Par contre Jerry Hall apparaît dans un portrait sophistiqué et ambiguë tenant contre son œil droit un morceau de viande. Sa vision photographique de la femme fut toujours critique par rapport au contexte et au code social dans lequel elle s'inscrit. Ainsi il stigmatise La bourgeoise baignant dans son ennui à travers une position allongée, lascive dans un intérieur luxueux. La femme est souvent placée dans des situations, des positions paradoxales et décalées si bien qu'elle est plus ou moins érotisée dans n'importe qu'elle circonstance. Dans Suzy à la maison il ne s'agit pas de la femme avec son tablier de ménage, elle est plutôt en train de boire un verre tout en offrant en pâture sa généreuse poitrine suscitant implicitement le désir.

Helmut Newton a souvent choqué son public en provoquant le scandale avec ses mises en scène sulfureuses. Dans les plus grands magazines dont Vogue, il s'amuse à heurter le regard des lectrices en montrant une femme soumise à des fantasmes masochistes. Peu importe ! Il se place comme un photographe audacieux et impertinent qui joue constamment avec le chic et les limites du vulgaire. Cependant un autre visage est dévoilé dans son œuvre avec des photographies autobiographiques réalisées essentiellement grâce à sa femme Alice Springs. En tant que photographe, elle prend son mari au cours de ses réalisations, le saisissant dans l'effervescence de la création. Puis plus grave, lors d'un accident cardiovasculaire en 1971 qui lui fit prendre conscience de la fragilité de la vie, il saisit ce moment de manière à défier et à surmonter la maladie. De cette période de convalescence il en fait un sujet photographique en se faisant photographier lors des consultations avec son médecin. Avec ces autoportraits il n'hésite pas à se montrer au plus profond de son intimité et dans un état de vulnérabilité. C'est toute une part de son humanité qui est livrée de manière touchante et émouvante. De manière quasi prémonitoire Helmut Newton avait légué l'ensemble de son œuvre à sa ville natale de Berlin qui lui rendra un hommage cet été.



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