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ALFRED FRIED

PRIX NOBEL 1911
BIO
HISTOIRE


Journaliste, fondateur de 'Die Friedenswarte' (une publication pour la paix)
Il reçoit avec Tobias Asser le Prix Nobel de la Paix en 1911.

Alfred Hermann Fried (né en 1864 - mort en 1921 à Vienne)



Autodidacte, Alfred Fried quitte l'école à 15 ans et devient libraire à Vienne et à Berlin. Après avoir lu l'ouvrage Die Waffen nieder de la Baronne von Suttner, il décide de se consacrer à la propagande en faveur la paix. Il crée la revue Die Waffen nieder (A bas les armes) en 1892 et participe également à la création de la Deutsche Friedensgesellschaft (Société de la paix allemande). Il ne cesse de publier des milliers d'articles sur la paix et de rédiger Die Friedens-Warte (La gardienne de la paix), (1899-1921). Exilé en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, il poursuit ses activités pacifistes et parvient à maintenir la publication de Die Friedens-Warte. Après la guerre, épuisé par la maladie, il termine ses jours de façon misérable et meurt dans un hôpital de Vienne nobel paix






Messianisme et américanisation du monde. Les Etats-unis et les organisations pacifistes de France et d’Allemagne à la veille de la Première Guerre mondiale (1911-1914)

Philippe Alexandre

Les organisations pacifistes bourgeoises, qui constituent à la veille de la Première Guerre mondiale une tendance réformiste active mais minoritaire, croient à la possibilité de mener une action efficace en faveur de l’instauration d’une paix durable. Elles rassemblent des éléments très divers agissant au nom d’éthiques dont les principes s’ancrent le plus souvent dans des sentiments humanitaires, dans une foi rationaliste ou dans un christianisme se comprenant comme religion de la paix. Ces pacifistes ne méconnaissent pas les dangers qui menacent le monde. Certaines formes d’internationalisme caractéristiques du monde moderne, comme les expositions universelles, les conférences de La Haye, l’Union inter­parlementaire ou les congrès internationaux, leur apparaissent toutefois comme porteuses d’espoir. Instaurer un ordre mondial reposant sur les principes de conci­liation et d’arbitrage est pour eux un but prioritaire. Il s’agit d’abord de créer sur cette base une paix durable, puis d’organiser le monde en une sorte de société des nations, dont la forme est depuis longtemps discutée. Dès les années 1850, on a parlé des « Etats-Unis d’Europe »[1] ; l’idée déjà ancienne d’Union panaméricaine, qui se concrétise en 1910, est également considérée par certains comme un modèle possible. Pour atteindre ce but, il paraît nécessaire non seulement d’éclairer les masses, d’éduquer l’opinion qui, dans chaque pays, sera un jour en mesure d’exercer une influence sur les gouvernements, mais aussi de développer les échanges internationaux en vue de favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples.

Telles sont les grandes lignes de la réflexion et de l’action que les organisa­tions pacifistes modernes mènent durant les années qui précèdent la Première Guerre mondiale. En France, trois associations jouent un rôle de premier plan dans ce mouvement international : la Société Française pour l’Arbitrage entre Nations (Paris), fondée en 1867, présidée par Frédéric Passy, membre de l’Institut, en qui les pacifistes français reconnaissent leur « maître » ; l’Association La Paix par le Droit, créée en 1887, présidée par Théodore Ruyssen, professeur à la Faculté des Lettres de Bordeaux, puis par Charles Richet, profes­seur à la Faculté de Médecine de Paris, rassemble des universitaires, des juristes et des hommes politiques. Elle édite le mensuel La Paix par le Droit, conçu comme une « revue d’études indépendantes et de libre discussion ». La Conciliation inter­nationale, présidée par le baron d’Estournelles de Constant, sénateur de la Sarthe, se propose d’œuvrer en vue « de développer la prospérité nationale à la faveur de bonnes relations internationales et d’organiser ces bonnes relations sur une base permanente et durable ».

Ce programme est aussi dans une large mesure celui de la Société de la paix allemande (Deutsche Friedensgesellschaft) fondée en 1892 à Berlin sous l’impulsion des Autrichiens Alfred Hermann Fried et Bertha von Suttner. Cette société, dont le siège a été installé à Stuttgart en 1900, est présidée par l’industriel de Pforzheim, Adolf Richter. Le pasteur de Stuttgart, Otto Umfrid, y joue un rôle important notamment en tant que rédacteur de sa revue qui, depuis 1909, a pour titre Völker-Friede. En 1899, dans le contexte de la première conférence de La Haye, Alfred Hermann Fried a créé la revue Die Friedens-Warte, forum de dis­cussion ouvert à tous ceux qui réfléchissent aux questions relatives à la paix. En 1911 se constitue une branche allemande de la Conciliation internationale, l’Association pour la conciliation internationale (Verband für internationale Verständigung), qui vient renforcer l’action de celles qui existent déjà à Paris, à New-York, à Bruxelles, à Londres, à Tokyo, à Odessa et à Vienne. C’est en s’appuyant sur ces réseaux de coopération que les pacifistes espèrent pouvoir accroître leur influence sur l’opinion et donc sur les gouvernements. Fait révéla­teur de la situation des pacifistes en Allemagne, l’Association pour la conciliation internationale du Reich tient à se démarquer de la Société de la paix allemande qui reste considérée comme une « secte » de gens dont les idées sont jugées par beau­coup comme non conciliables avec les intérêts de la patrie.

Le Nouveau Monde et la « Vieille Europe »
L’un des défis auxquels les pacifistes européens de cette époque se voient confrontés est l’émergence des Etats-Unis comme nouvelle puissance mondiale à un moment où l’Europe est affectée par une crise liée à des contentieux comme la question d’Alsace-Lorraine ou à des questions nationales comme dans les Balkans, à l’impérialisme des puissances européennes, à la paix armée et à son corollaire, la course aux armements, qui ne font qu’accroître la méfiance réciproque entre les nations, attisée par les bellicistes et les agents d’un chauvinisme exa­cerbé. Les Etats-Unis sont perçus en Europe non seulement comme un facteur de la vie internationale dont l’influence grandit, mais aussi comme un concurrent, voire comme un danger, face auquel il importe d’être vigilant. En 1904, Alfred Hermann Fried écrivait à ce sujet : « L’évolution des Etats-Unis d’Amérique du Nord est depuis longtemps au centre de l’intérêt des pacifistes européens. Dans leurs rangs, on a très clairement compris que l’évolution économique de la jeune république transatlantique exercera nécessairement une influence qui provoquera une révolution pour les vieux Etats civilisés de l’Europe qui persévèrent dans leur antagonisme. C’est à tort que nous appelons ce qui nous menace de l’autre côté de l’Atlantique le ‘danger américain’ ; nous devrions plutôt dire de l’influence ac­quise par les Etats-Unis sur l’économie européenne qu’elle est un espoir, car les mesures que cette influence nous amènera à prendre, hâterons la réalisation de l’idéal que défendent les amis de la paix, elles contribueront à faire naître une union économique et de ce fait aussi une union politique des Etats européens. »

Mais les questions économiques ne sont pas l’unique objet des préoccupations des Européens. Ils voient en effet qu’aux Etats-Unis des forces contraires s’affrontent. Les présidents Taft et Wilson, poursuivant les efforts de Roosevelt, tentent de faire accepter l’idée d’une politique d’arbitrage et de conciliation dans les conflits qui les opposent à d’autres pays, dans le domaine économique notam­ment. Ils se montrent désireux de créer les conditions de la paix. Wilson et son secrétaire d’Etat W. J. Bryan soutenus – comme nous le verrons – par le mouve­ment pacifiste américain moderne, doivent faire face à la montée d’un nationa­lisme à travers lequel se manifeste la tentation de l’impérialisme et du militarisme. Ils se heurtent à des résistances au Sénat, à la critique dans certaines parties de l’opinion américaine. En 1904, Anna B. Eckstein, correspondante américaine de revues pacifistes françaises et allemandes, attirait l’attention des lecteurs de la Friedens-Warte sur ce fait. La conférence de Lake-Mohonk, expliquait-elle, montre « à quel point est vivant ici aux Etats-Unis d’Amérique du Nord ce patrio­tisme véritable, qui est le fondement du mouvement pacifiste international et qui n’est rien d’autre qu’un humanisme véritable ; elle montre qu’il résiste, en dépit de tout un tapage impérialiste très préoccupant lié au militarisme, qu’il a rendu sa position de plus en plus imprenable et qu’il progresse dans la bataille menée contre le jingoïsme qui, prenant le visage d’un saint et d’un patriote, multiplie les mises en garde contre un ennemi aux aguets de l’autre côté de l’océan, un ennemi qu’il s’agit de tenir en respect grâce à une flotte militaire de premier ordre, afin que l’on puisse se remplir soi-même les poches de dollars payés cash, grâce à l’acquisition continuelle de nouveaux navires et d’un important matériel de guerre tant pour la défense que pour l’attaque ».

En manifestant leur soutien à Taft puis à Wilson, les pacifistes français et alle­mands défendent une certaine conception du rôle que, selon eux, les Etats-Unis pourraient jouer dans le monde. Leur statut de puissance nouvelle n’est toutefois pas sans poser de problèmes. Va-t-il faire d’eux une puissance impéria­liste ou les amener à jouer un rôle particulier, d’un type nouveau, par rapport aux Etats de la vieille Europe ? En Allemagne, cette question suscite des polémiques entre les pacifistes et les tenants de la Realpolitik. En 1911, par exemple, A. H. Fried affirme que « certains historiens allemands » – c’est à Hans Delbrück, le directeur des Preußische Jahrbücher, qu’il s’adresse indirectement – utilisaient une vieille recette consistant à mettre l’accent sur l’impérialisme américain « pour excuser la politique mondiale de puissance menée par l’Allemagne et ses consé­quences désastreuses ». L’historien Hermann Oncken répond que leur histoire a développé chez les Américains une « prédisposition :particulière à l’expansion » et qu’elle a fait naître chez eux le mythe d’un Etat de type tout à fait nouveau, d’un royaume de la paix sur la terre. La même année, dans la même revue, Emil Daniels dénonce, à propos des tensions entre le Mexique et les Etats-Unis, l’ « hypocrisie » de la politique américaine. Et il écrit non sans ironie : « Rien n’a plus étonné le monde civilisé que le mouvement opéré en direction de la frontière de leur faible voisin mexicain par les troupes de ces Yankees, ces partisans exubé­rants du pacifisme et de l’arbitrage. […] Les dirigeants politiques américains aiment la paix en théorie jusqu’au sentimentalisme, mais dans la pratique, ils manient l’épée avec la même absence de scrupules que les empereurs et les rois ambitieux d’autrefois ».

Devenus une puissance mondiale, les Etats-Unis se trouvent confrontés à un dilemme : Doivent-ils rester fidèles à la doctrine Monroe ou, au contraire, sortir de leur isolement pour s’engager et assumer les responsabilités liées à ce nouveau statut ? Pour les pacifistes français et allemands, la réponse semble évidente. En 1913, à propos du centenaire de la Paix entre les Etats-Unis et l’Angleterre, La Paix par le Droit écrit : « Et tandis que la race anglo-saxonne, sur tous les points du globe, déclarera fièrement la paix au monde, les vieux gouvernements militai­res de l’Europe, – la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Russie –, s’épiant, s’injuriant et se menaçant, se ruineront en armements absurdes, impose­ront à leurs fils plusieurs années d’inertie et de servitude, et finiront, après des années de misère et de détresse, par sombrer dans une révolte générale des masses exaspérées. Mais tout espoir n’est pas encore perdu. La solidarité des nations est un fait qui commence seulement à déployer sous nos yeux ses conséquences : Qui sait s’il ne viendra pas un jour où l’Amérique, l’Australie et l’Asie elle-même, au nom des intérêts du globe dont elles prendront la charge, imposeront à l’Europe en démence la paix indispensable à la marche en avant de l’humanité ? ». A une époque où le président Taft propose aux Etats européens de signer des traités offrant une formule nouvelle de conciliation et d’arbitrage, des traités sans réserve ni restriction (commission d’enquête, temporisation, recours à une cour arbitrale), le juriste Jacques Dumas, dans La Paix par le Droit, conjure la vieille Europe de répondre à l’appel des Etats-Unis.

Les relations entre les pacifistes français, allemands et américains
Les pacifistes français et allemands répondent à cet appel en cherchant, iso­lément ou dans un cadre trilatéral, voire plus large, à développer leurs relations avec les Etats-Unis, tant avec leurs dirigeants politiques qu’avec le mouvement pacifiste moderne américain. On voit bien toutefois que, de part et d’autre du Rhin, l’idéalisme se conjugue à cette préoccupation constante : la paix doit servir les intérêts nationaux.

En France, est créé en 1912 le Comité France-Amérique, au sein duquel un certain nombre de pacifistes français, entre autres, le baron d’Estournelles de Constant, vont se montrer très actifs.Ce Comité est d’abord présidé par l’académicien Gabriel Hanotaux, ancien ministre des Affaires étrangères, qui s’appuiera sur l’ambassadeur David Jayne Hill et sur son successeur Myron T. Herrick. Pour les Français, des enjeux économiques importants sont liés aux relations franco-américaines. Si le Comité France-Amérique apporte son soutien au président démocrate Wilson, nouvellement élu, c’est aussi parce qu’il est parti­san d’un abaissement des tarifs douaniers. James H. Hyde, déclare que pour arri­ver à un accord dans ce domaine, il faut éclairer l’opinion publique, éviter les heurts, faire en sorte qu’un « point de vue moyen », qu’une « opinion moyenne et de juste mesure se crée entre les deux nations ». Le Comité France-Amérique met en avant le fait que, depuis l’époque de la colonisation française et depuis La Fayette, règne une atmosphère de paix entre les deux pays, mais cette situation est en vérité liée au fait que, jusque-là, jamais des conflits touchant à leurs intérêts vitaux ne les ont encore opposés. Certes, les Américains « n’oublient pas ce que leur présent doit au passé des Français », mais dans leur action au sein du Comi­té France-Amérique, ils montrent bien qu’ils ont des vues plus générales : il s’agit pour eux, selon le mot de l’ambassadeur David. J. Hill, d’organiser le monde en une « grande famille » ayant des intérêts communs. Leurs relations avec la France ne sont qu’un élément de leur politique mondiale.

Pour les pacifistes allemands, la tâche semble plus difficile, car la puissance croissante de l’Allemagne, le développement de sa flotte notamment, est perçue aux Etats-Unis comme une concurrence et le gouvernement du Reich se montre réticent dans la question de l’arbitrage. Ils peuvent toutefois s’appuyer sur la Ligue nationale des Allemands d’Amérique, le Deutschamerikanischer National­bund, qui compte 2,5 millions de membres. Le Congrès de cette ligue, son Bun­destag, a mis en place une commission d’action pacifiste, dans laquelle siège le très actif vice-président de la Société de la paix de New York, H. Feldmann. En 1911, cette Commission soumet au Congrès de la ligue une motion lui demandant de la soutenir dans l’action qu’elle mène en faveur de l’arbitrage, de traités entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France. Cette motion est adoptée par les délégations de 44 Etats. Dans son discours de clôture du Congrès, Charles Hexamer, président-fondateur de la Ligue, déclare avec un idéalisme auquel la fierté nationale allemande ne le cède en rien : « Aujourd’hui, nous com­battons les trusts, et, déjà, ils commencent à se plier à la volonté du peuple. Vien­dra aussi le temps où, grâce à une éducation éthique des nations, les aspirations bellicistes faibliront et où les querelles se régleront de façon pacifique. Ce serait à l’Allemagne, le pays des philosophes et des penseurs, de faire le premier pas, dans cette question également ».

C’est en 1911, à partir du congrès organisé à Baltimore par la Société de la paix américaine (American Peace Society), que le mouvement pacifiste moderne prend aux Etats-Unis une ampleur particulière. Une synergie va se développer entre les sociétés de la paix – qui constituent une fédération –, les universités, les organisations féministes, les Eglises, qui se mobilisent en faveur de la conciliation et de l’arbitrage et apportent leur soutien aux présidents Taft et Wilson. Le 1er mai 1911, la Société de la paix installe son siège à Washington, c’est-à-dire dans l’environnement immédiat de la sphère gouvernementale, afin d’y renforcer son lobbying. Mais ce mouvement reste surtout limité à l’Est des Etats-Unis, qui entretient des relations particulières avec l’Europe, et, loin de toucher les masses, toutes les classes de la société américaine, il est surtout le fait d’une élite intel­lectuelle.

La fédération formée par les sociétés de la paix américaines a pour but de ren­forcer leur action et d’apporter un soutien plus efficace à la campagne menée par le président Taft qui tente de faire passer au Sénat les traités d’arbitrage signés avec la Grande-Bretagne et la France. Les pacifistes français et allemands accor­dent la plus grande attention à cette entreprise. Tandis que Otto Umfrid se félicite de voir le président américain défendre ainsi ses idées, la revue La Paix par le Droit salue l’enthousiasme et le réalisme avec lequel l’élite américaine sert la cause de la paix, tout en espérant voir ce mouvement gagner l’ensemble du pays. La résistance du Sénat américain provoquera une certaine désillusion. Et pourtant, toutes les forces du mouvement pacifiste se sont mobilisées : les sociétés pacifis­tes, la Société pour le règlement arbitral des conflits internationaux, des person­nalités comme l’éditeur de Boston Edwin Ginn ou l’industriel Andrew Carnegie, président de la Société de la paix de New York, les universités, dont les prési­dents, comme Nicholas Murray Butler (président de Columbia University) ou David Starr Jordan (président de Leland University), l’élite intellectuelle, les Eglises les femmes, les conférences de Lake Mohonk.

C’est dans ce contexte que les pacifistes européens effectuent aux Etats-Unis des voyages auxquels est faite la plus grande publicité. Le but est d’apporter un soutien à l’action des Américains, de délivrer un message à l’opinion américaine et de témoigner en Europe sur l’action du mouvement en Amérique. L’un des voyages marquants de cette période est celui du Comte Apponyi qui a été invité par le Civic Forum et la Société de la paix de New York, mais qui est aussi l’hôte du gouvernement fédéral et de la Chambre des députés. Il déclare devant les élus du peuple que les Américains ont emporté en quittant l’Europe ce que celle-ci avait de meilleur pour le développer en l’adaptant aux conditions du Nouveau Monde, mais que leur « situation heureuse » leur impose une « grande responsa­bilité ». Ainsi les invite-t-il à aider l’Ancien Monde à surmonter ses divisions.

La même année, d’Estournelles de Constant se rend, lui aussi, aux Etats-Unis. En 1902 déjà, il a, à titre personnel, fait une démarche auprès du président Roosevelt afin qu’il use de son influence pour faire avancer la question de la cour d’arbitrage de La Haye ; en 1902, son deuxième voyage en Amérique avait pour but de fonder, avec ses amis Andrew Carnegie et Nicholas Murray Butler, la branche américaine de la Conciliation internationale dont l’activité allait connaître un succès inespéré. D’Estournelles de Constant consignera les résultats de ses trois voyages dans un livre volumineux intitulé Les Etats-Unis d’Amérique (1913), avec l’espoir qu’il pourra « contribuer à diminuer la profondeur de l’ignorance qui sépare, autant que l’océan, l’Europe du Nouveau Monde ».L’idée de l’interdépendance des deux continents lui fait depuis longtemps mettre en avant la nécessité dans laquelle ils se trouvent de coopérer.En 1912, Bertha von Suttner répond à une invitation de la branche américaine de la Conciliation internationale, de la Société américaine de la paix, de la Dota­tion Carnegie, de la World Peace Foundation et de la Société des Féministes. Si, à un âge déjà avancé, elle entreprend un long périple outre-Atlantique, c’est parce qu’elle aussi constate qu’une méconnaissance et une incompréhension réciproques séparent l’Ancien et le Nouveau Monde.

Ces voyages n’ont pas été les seules initiatives prises par les pacifistes en vue de multiplier les contacts entre l’Europe et les Etats-Unis. Les sociétés de la paix invitent des orateurs, les universités des professeurs ; les rencontres organisées par l’association internationale d’étudiants Corda Fratres sont soutenues par des orga­nisations pacifistes, de même que celles des chambres de Commerce, car on est bien conscient du rôle que peut jouer le développement des relations commercia­les dans le rapprochement entre les deux continents. « Nous sommes dans l’ère des ententes et de la diplomatie commerciale, lit-on en août 1911 dans The Advo­cate of Peace, le commerce moderne repose sur de larges et équitables principes de réciprocité. Plus il est actif, plus une guerre est néfaste et plus on a intérêt à l’éviter ». Ainsi, la chambre de Commerce de Boston, soucieuse d’aller de l’avant, se prépare-t-elle à envoyer une centaine de commerçants américains en Europe dans le cadre d’un voyage d’études. « Les Etats-Unis sont, de tous les pays, celui qui a le plus intérêt à entretenir de bonnes relations commerciales, écrit encore l’organe de la Société de la paix américaine ; la prospérité du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne est une garantie de leur propre prospérité […]. L’Amérique a conscience que son commerce a un rôle à jouer dans la paix du monde ».

RENE CASSIN

PRIX NOBEL 1968
BIOGRAPHIE
DUDH
CITATIONS
PORTRAIT
HOMMAGE
DE GAULLE
AIU
UNION
MEDAILLE
CICAD
FRANCE
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"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits"

"Il n'y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l'homme seront violés en quelque partie du monde", dira René Cassin à l'annonce de son prix Nobel de la paix .La paix n'est pas la condition des droits de l'homme. Elle en est la conséquence."

1887 - 1976
Surnommé “l'homme des droits de l'homme”, René Samuel Cassin fut le “père spirituel” et le rédacteur principal de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée par l'O.N.U en 1948.

Gravement blessé durant la première guerre mondiale, il dénonce l'incohérence des conflits et fonde en 1918 l'union des anciens combattants comptant plus d'un million d'adhérents. Membre de la délégation française à la Société Des Nations en 1924, il participe à la création de l'Union Européenne n'ayant plus désormais qu'un seul dessein : concrétiser ses propensions humanitaires et « effacer toute frontière entre les hommes, reconnaissant à chacun d'entre eux les mêmes droits inséparables à la dignité d'être ». Plus proche des êtres que des idéologies, ce juriste hors pair participe à la vie politique de son pays comme un internationaliste, soucieux de mener sa mission d'humaniste à travers la défense des droits fondamentaux des individus. Ce faisant, dès la montée du nazisme, il énonce déjà comment les nations pourront rétablir une Paix durable.

A l'appel du général de Gaulle, René Cassin se rend à Londres pour rédiger les textes légaux de son gouvernement naissant et participe aux négociations franco-britanniques. Alors qu'il préside le comité juridique du gouvernement provisoire, il donne de nombreuses conférences aux quatre coins du monde et entreprend des missions académiques en tant que délégué français à l'U.N.E.S.C.O dont il fut, d'ailleurs, l'un des principaux inspirateurs. C'est ainsi qu'il poursuit sans relâche sa mission internationale devenant bientôt le président de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies. Bref, il serait bien long d'énumérer toutes les responsabilités attribuées à René Cassin tant les manifestations de son engouement pour l'avènement d'une Paix durable furent innombrables... Et c'est à l'âge de 60 ans, après une longue carrière consacrée à la justice et à la défense de la dignité humaine, que René Cassin participe à l'élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : fruit sublime de l'union de ses connaissances juridiques, de son humanisme éloquent et de sa maturité spirituelle. « Cette déclaration, dit-il, se présente comme la plus vigoureuse, la plus nécessaire des protestations de l'humanité contre les atrocités et les oppressions dont tant de millions d'êtres humains ont été victimes à travers les siècles ».
Aussi, pour son action en faveur du « respect des droits de l'homme sur le plan mondial », le comité Nobel d'Oslo lui attribue en 1968 le prix Nobel de la Paix.

Un être plein d'énergie, d'intelligence et d'humanité qui dans sa déclaration d'Amour à l'humanité a transmis aux nations une Parole de Vie universelle et, par-là, un véritable “instrument” de Paix. Mais « à présent que nous possédons un instrument capable de soulever ou adoucir le fardeau d'oppression et d'injustice dans le monde, déclare René Cassin, nous devons apprendre à l'utiliser ». Car, lorsque toutes les nations feront de cette déclaration le fondement de leur politique, la fraternité et la Paix seront alors possibles.fraternet

Mais déjà, au moment de sa mort, en février 1976, René Cassin pouvait se dire que les droits de l’homme n’apparaissaient plus, aux yeux des religions monothéistes issues de la Bible, comme une cause laïque laissant indifférentes les spiritualités. Il a certainement éprouvé le sentiment profond, satisfaisant absolument, que la réconciliation des religions pouvait se faire désormais, se faisait peut-être déjà, autour de l’homme considéré comme inviolable.
René Cassin n’a certainement pas connu l’enseignement de la Kabbale que voici, mais il y aurait sûrement adhéré :
« Avant la création de l’homme, Dieu n’était pas Dieu... Tant que l’homme n’avait pas été créé , le Nom de Dieu n’était pas complet. »

Gérard Israël


De nombreux Juifs se sont engagés en faveur de causes particulières et des droits de l'Homme en général, depuis que cette notion existe.
A l'époque des Lumières (fin du XVIIIe et XIXe siècles), plusieurs intellectuels juifs européens se battent pour obtenir l'égalité politique pour tous, notamment en France et en Allemagne.
A la Conférence de Versailles, en 1919, la délégation juive a joué un rôle important dans l'adoption du système de protection des minorités.
Plus récemment, on a vu le prix Nobel de littérature Elie Wiesel, rescapé de la Shoah, se rendre au Cambodge et en Bosnie pour œuvrer dans le sens de la réconciliation. D'autres écrivains ou philosophes français, comme Marek Halter, Bernard-Henri Lévy ou Jacques Derrida se sont également mobilisés. Les organisations humanitaires "Médecins du monde" et "Médecins sans frontières" ont été respectivement fondées par Bernard Kouchner et Ronny Braumann. Ce ne sont que quelques exemples parmi d'autres. CICAD

YITZHAK RABIN


PRIX NOBEL 1994
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 Il faut combattre le terrorisme comme s'il n'y avait pas de négociations, et négocier comme s'il n'y avait pas de terrorisme

Yitzhak Rabin (ןיבר קחצי) (né à Jérusalem le 1er mars 1922 – assassiné à Tel Aviv le 4 novembre 1995
militaire et homme politique israélien.

Yitzhak Rabin (1922-1995)

Yitzak Rabin naît à Jérusalem en 1922, d’un père d’origine  ukrainienne et d'une mère d'origine russe qui a tenu une place importante dans le mouvement travailliste juif en Palestine.


De son engagement dans la seconde Guerre mondiale à la signature  des accords Oslo II en 1995, peu avant son assassinat, il s’impose comme un militaire et un dirigeant emblématique de l’Etat hébreu.

Héros de la guerre d’indépendance

Après une formation agricole au lycée Kedourie (Galilée), il rejoint le Palmah, unité d'élite de la Hagannah, en 1940. En 1941, il fait partie d'une unité de commando mobilisée par l'armée britannique dans son invasion de la Syrie ; en 1945 il commande le premier bataillon du Palmah. Il sera interné à deux reprises par les autorités mandataires. Durant la première guerre arabo-israélienne de 1948, il combat à Jérusalem et dans le Néguev.
Membre de la délégation israélienne qui négocie à Rhodes l'accord d'armistice avec l'Egypte en 1949, il gravit tous les échelons de l'appareil militaire, et devient ensuite chef d'état-major de l'armée en 1964.
Le général Rabin conduit l'armée israélienne aux côtés de Moshé Dayan dans la Guerre des six jours,
en 1967.
En 1968, il est nommé Ambassadeur d'Israël aux États-Unis.

Figure emblématique du parti travailliste

Yitzak Rabin est élu en 1973 député du Parti travailliste, parti dont il prend la tête la même année. Il succède à Golda Meir au poste de Premier ministre, de 1974 à 1977.
Il revient au pouvoir de 1984 à 1990 comme ministre de la Défense dans le premier gouvernement d'union nationale avec le Likoud. Lui qui avait approuvé les méthodes d'Ariel Sharon lors de l'invasion du Liban en 1982, conduit en 1985 le retrait de Tsahal.
En décembre 1987 éclate la première intifada. Le ministre Rabin donne consigne à l'armée d'ouvrir le feu sur les manifestants lanceurs de pierre et de cocktails molotov. Il déclarera néanmoins : "Je suis arrivé à la conclusion que la force, à elle seule, était incapable de résoudre le problème palestinien. Il y a toute une population qui ne veut pas de nous".

Artisan de la paix

Yitzak Rabin donne donc un nouvel élan à la quête d’un règlement  pacifique.


 Ayant succédé à Shimon Pérès à la tête du parti travailliste, il remporte les législatives de 1992 et devient à  nouveau Premier ministre.


Il signe le premier accord de paix avec Yasser Arafat en septembre 1993 : la déclaration de principes des Accords d’Oslo, qui ouvre la voie à l'autonomie palestinienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les deux hommes échangent également des lettres de reconnaissance mutuelle entre l'Etat d'Israël et l'OLP.
Parallèlement, Yitzak Rabin signe un traité de paix avec la Jordanie (1994) et lance des négociations de paix avec la Syrie.
En décembre, il partage le Prix Nobel de la Paix avec Shimon Peres et Yasser Arafat.
Ses négociations avec les Palestiniens suscitent scepticismes et oppositions de tout bord, dans la classe politique comme dans la population israélienne. Quelques rabbins vont jusqu’à lancer des appels au  meurtre. Yitzak Rabin est assassiné le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv par Yigal Amir, un étudiant religieux fondamentaliste et activiste d'extrême-droite qui veut mettre fin au processus de paix.

akadem






  • fin de la page 5

  • JOSEPH ROTBLAT


    PRIX NOBEL 1995



    "Le monde serait plus sûr sans armes nucléaires. Mais le danger de la catastrophe ultime serait toujours présent. Le seul moyen de l'empêcher est d’abolir la guerre... Nous devons apprendre à résoudre nos disputes sans recourir à la confrontation militaire... Rappelez-vous avant tout de votre humanité"

    Rotblat est né à Varsovie (Pologne), où il obtient son doctorat de physique en 1936. En 1939, il s’inscrit à l'université de Liverpool et adhère au Projet Manhattan pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il pensait que l'arme atomique ne serait jamais utilisée mais qu’il était nécessaire de la développer avant que les nazis n'y parviennent eux-mêmes.

    Lorsqu’il s’avère, assez tardivement car les services secrets américains retiennent l'information, que les Allemands ne développent plus la bombe atomique, Rotblat démissionne. Il consacre le reste de sa vie à étudier l'application de la physique à la médecine, surtout dans le domaine de la biologie et de la radiation, et à œuvrer pour l'élimination des armes nucléaires.

    De 1950 à 1976, Rotblat est physicien en chef à l’Hôpital St-Barthélemy à Londres. Il est parmi les premiers signataires du Manifeste Russell-Einstein (1955) et cofondateur puis président de Pugwash .

    Il fut anobli par la reine Elisabeth et est décédé le 31 août 2005.

    KISSINGER

    PRIX NOBEL 1973

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    «Personne n’a le monopole de l’angoisse.»

    «Quand on ne sait pas où l'on va, tous les chemins mènent à nulle part.»

    «Il ne peut pas y avoir de crise la semaine prochaine : mon agenda est déjà plein.»

    «Le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême.»


    Né à Fürth, Allemagne le 27 mai 1923

    Henry Kissinger est né près de Nuremberg, dans une famille juive de la classe moyenne. Sa famille fuit le nazisme et s'installe aux Etats-Unis en 1938. Après la guerre, Henry Kissinger étudie à Harvard et devient professeur de sciences politiques. Conseiller en politique étrangère des présidents D. Eisenhower, J.F. Kennedy et L.B. Johnson, il est, à partir de 1969, le bras droit de Nixon pour les affaires de sécurité nationale. Il participe aux discussions sur la non-prolifération des armes stratégiques avec l'URSS. Il reçoit le prix Nobel de la paix en 1973 pour des actions en faveur de la paix au Vietnam aujourd'hui controversées.
    Suite à la 'déclassification' de certains documents des services secrets américains, Henry Kissinger se voit aujourd'hui attribuer la responsabilité d'exactions comme paradoxalement l'enlisement du conflit vietnamien s'étendant même au Cambodge ou le génocide du Timor-Oriental. Il est également soupçonné d'avoir eu un rôle de première importance dans la création du plan 'Condor', soutien aux dictatures militaires d'Amérique latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine). Henry Kissinger est considéré comme l'un des maîtres de la Realpolitik et il reste le symbole d'une Amérique conquérante, éclairée et intransigeante.


    La diplomatie de la navette
    Henry Kissinger est l'initiateur de ce que l'on a appelé la diplomatie de la navette : il s'agit d'instaurer un va-et-vient entre les parties opposées jusqu'à ce que les points de vue soient suffisamment proches pour qu'un accord se dessine.

    TOBIAS ASSER

    TOBIAS ASSER
    PRIX NOBEL 1911
    PAIX
    DROIT INTERNATIONAL
    JUSTICE
    HCCH
    PORTAIL DU DROIT
    HISTOIRE
    SITE
    LA HAYE


    Tobias ASSER (1838-1913), Pays-Bas

    Il acquiert une formation de juriste, puis devient professeur de droit international à l'Atheneum d'Amsterdam. Il représente les Pays-Bas aux Conférences de La Haye, est membre de la Cour permanente de La Haye et Ministre d'Etat. Il joue un rôle important dans la neutralisation du canal de Suez, où il obtient pour son pays ainsi que pour l'Espagne, des sièges parmi les membres de la Commission, qui n'était composée jusqu'alors que des grandes puissances. Asser est considéré comme le continuateur de l'oeuvre de Hugo Grotius, précurseur du droit international

    SHIMON PERES


    PRIX NOBEL 1994
    Bio
    knesset











    Shimon Peres  né le 2 août 1923 à Wiśniew (Pologne, actuelle Biélorussie)
    homme politique israélien.


    La paix consiste à mettre un terme à une histoire écrite à l'encre rouge pour en écrire une autre à l'encre verte


    Les Arabes ont commencé à comprendre que la pauvreté ne crée pas la terreur, mais que la terreur crée la pauvreté. Ils sont les victimes de leurs propres erreurs.


    Le processus de paix ressemble à une nuit de noces dans un champ de mines


    Shimon Peres (dont le véritable patronyme est Persky) est né à Vishneva, en Pologne, le 1er août 1923. Très tôt, il adhère à un mouvement de jeunesse sioniste de gauche. En 1934, il immigre en Palestine. Très vite, il devient un dirigeant de la Haganah, principal groupe armé juif de Palestine en 1947. Il supervise la militarisation de l'Etat d'Israël à sa création en 1948. Il devient l'un des collaborateurs les plus actifs de David Ben Gourion, le premier président du tout jeune Etat hébreu. Il est élu pour la première fois à la Knesset en 1959 sur la liste du 
    Parti travailliste. Lorsque ce même parti, conduit par Itzhak Rabin, remporte les élections de 1992, Shimon Peres devient ministre des Affaires étrangères et s'impose comme le principal artisan du processus de paix israélo-palestinien. Il perd de justesse les élections de 1996, remporté par le Likoud de Benjamin Netanyahou. Début 2001, Shimon Peres fait un retour assez inattendu à la politique en acceptant le poste de ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de droite d'Ariel Sharon. Souvent décrit comme une 'colombe réaliste', Shimon Peres défend une vision d'un Proche-Orient pacifié semblable politiquement à l'Unioneuropéenne mais qui se heurte aujourd'hui aux extrémistes israéliens et palestiniens.evene




    En 1934, sa famille émigre de Pologne en Palestine.
     Il grandit dans un kibboutz mais reçoit son  education
     à New York et à l'Université de Harvard.
     A la création de l'État d'Israël, en 1948,
     il est à la tête des services de la marine et directeur
     général du Ministère de la Défense (1953-1959).
     Elu à la Knesset (parlement) en 1958, il devient
    ministre de la défense de 1974 à 1977, puis il prend
     la tête de l'opposition travailliste en 1984. A partir
    du 13 septembre 1984, les deux partis inconciliables,
    le likoud et les travaillistes signent un accord de
     gouvernement d'alternance sous Menachem Begin
    et Yitzhak Shamir qui durera de 1977 à 1990.
     Shimon Pérès est nommé Premier ministre de
     1984 à 1986. En juillet 1992, les travaillistes
    sont victorieux aux élections et Yitzhak Rabin,
     alors premier ministre, est obligé de le nommer
    chef de la diplomatie.
    C'est à ce titre que Pérès entame des négociations
    secrètes avec l'OLP qui aboutiront aux Accords d'Oslo.
     Avec l'assassinat de Yitzhak Rabin le 1er novembre
    1995, il devient premier ministre mais ne parvient pas
    à gagner les élections face au représentant du likoud,
     Benyamin Netanyahou (au pouvoir de 1995 à 1999).
     Il se retire de la présidence du parti travailliste et oeuvre
    dans les coulisses pour l'établissement d'une vraie paix
    au Proche Orient.
     C'est dans ce sens qu'il créé la Fondation de la paix
    .nobel-paix


    Depuis 2007 : président de l'État d'Israël 

    ELIE WIESEL


    PRIX NOBEL 1986
    BIO
    TEXTE
    FONDATION
    INTERVIEW
    DISCOURS
    LIRE
    ENTRETIEN
    ARTICLE
    "Parfois pour Dieu, souvent contre lui, et pourtant jamais sans
    lui."



    Elie Wiesel n'a que quinze ans lorsqu'il est déporté à Auschwitz avec sa famille. Il y perd sa mère et sa soeur. Il est ensuite déporté à Buchenwald avec son père, ce dernier décède peu avant la libération du camp en avril 1945. Pris en charge par l''Oeuvre au secours aux enfants' en 1945, il fait des études de philosophie à la Sorbonne. En 1958, grâce à François Mauriac, il publie l'ouvrage 'La Nuit', un récit poignant relatant l'holocauste et son expérience des camps. Devenu citoyen américain en 1963, il obtient une chaire en sciences humaines de l'Université de Boston. En 1980, il fonde le conseil de l'Holocauste américain. Fervent défenseur des droits de l'Homme, Elie Wiesel a, entre autres, soutenu la cause des Juifs soviétiques, des indiens du Nicaragua, des réfugiés cambodgiens, des Kurdes, des victimes de l'apartheid en Amérique du Sud et des victimes de la guerre en ex-Yougoslavie. Il a reçu de nombreux prix pour ses livres et son engagement politique : il obtient notamment la Grand-Croix de la Légion d'honneur française et le prix Nobel de la Paix en 1986. En 1988, il organise avec le président François Mitterrand une conférence regroupant 76 lauréats du Prix Nobel dont la mission est de réfléchir sur l'avenir de la planète. Cette rencontre se renouvelle tous les deux ans. Depuis sa création en 1993, il préside l'Académie universelle des cultures. En 2006, quarante-cinq ans après sa parution, son roman 'La Nuit' s'est vendu à 1.500.000 exemplaires aux Etats-Unis.


    "On ne souffre pas seul, on souffre toujours avec ceux qui souffrent à cause de votre souffrance." - Mémoire à deux voix

    "On est toujours plus ou moins exilé : du ventre de sa mère, ensuite de toute la famille, puis du lieu, du souvenir."- Mémoire à deux voix

    "Ceux qui ne connaissent pas leur histoire s'exposent à ce qu'elle recommence..."

    "La paix n'est pas un don de Dieu à ses créatures. C'est un don que nous nous faisons les uns aux autres."

    BETTY WILLIAMS



    PRIX NOBEL















    Betty Williams, née le 22 mai 1943 à Belfast (Irlande du Nord, Royaume-Uni) est une militante pacifiste nord-irlandaise pour droit des enfants et des femmes, lauréate du prix Nobel de la paix 1976.
    ( Origine Juive par son grand père maternel )

    http://www.changeursdemonde.net/Mairead-Corrigan-et-Betty-Williams
    Super Héros Mairead Corrigan et Betty Williams
     A la fin des années 1970, les violences de Belfast, en Irlande du Nord, font régulièrement l’actualité. Mais ces deux femmes vont changer la donne. On a peine à le croire mais la haine entre catholiques et protestants a eu la vie très dure. A Belfast, les quartiers de religion différente étaient séparés par... des murs.
    D’un côté, les protestants voulaient le rattachement à l’Angleterre, de l’autre on désirait l’Indépendance... La racine du conflit était ancienne, remontant au 17e siècle, lorsque l’Angleterre occupa l’Ile Verte. Mais au 20e siècle, entre 1960 et 1990, les "Troubles" devinrent atroces car des groupes para-militaires terrorisaient les populations. Tirs, bombardements, massacres étaient quotidiens et firent des milliers de morts.
    Le 10 août 1976, une femme et ses trois enfants perdirent la vie et Betty Williams, qui avait assisté au drame, décida d’agir avec Mairead Corrigan, la tante des trois petites victimes. En moins de 2 semaines (sans internet et sans FB), plus de 20 000 personnes des deux bords se mobilisèrent contre la violence. Inspirée par Gandhi et Martin Luther King, les deux femmes fondèrent le Peuple pour la Paix et aidèrent des milliers de jeunes à ne pas se laisser embrigader par les milices.
     A l’époque, l’Irlande traversait une grave crise sociale et le chômage faisait rage. Mais des fonds commencèrent à arriver du monde entier pour aider le Peuple de la Paix à rouvrir des usines et soutenir les plus démunis. Un jour de 1976, le peuple de la Paix, composé de milliers de femmes notamment, défile calmement dans les rues de Belfast, en chantant. Attaquées par des milices, elles sont battues, on leur jette des pierres et des tessons. Mais elles font bloc, sans violence, et continuent leur progression.
    La même année, les deux femmes reçurent le Prix Nobel de la Paix et le regard que l’on posa sur l’Irlande commença à changer. Vingt ans plus tard, les gouvernements anglais et irlandais signèrent le "Good Friday Agreement" qui mettait fin pacifiquement aux Troubles. "La non-violence est l’arme des forts" dira un jour Mairead Corrigan, avant d’ajouter "Je crois que l’espoir pour l’avenir dépend de chacun d’entre nous. Nous devons embrasser la non-violence dans nos esprits et dans nos coeurs... Pour ceux qui soutiennent que c’est impossible, rappelons que l’humanité a réussi à abolir l’esclavage. Notre mission aujourd’hui est d’abolir la violence et la guerre. Nous pouvons nous féliciter de vivre une période miraculeuse. Tout change et tout est possible."

    CARL VON OSSIETZKY




    PRIX NOBEL







    There are some sources that state that Ossietzky was Jewish. This was also mentioned in an exhibition in the German archives in 1998.





    Carl von Ossietzky (né le 3 octobre 1889 à Hambourg, mort le 4 mai 1938 à Berlin) est un journaliste, écrivain et intellectuel pacifiste allemand. En tant qu'éditeur du magazine Die Weltbühne (La Scène mondiale) il fut condamné en 1931 pour haute trahison pour avoir publié des informations sur le réarmement clandestin de l'Allemagne.


     Ossietzky obtint en 1936 le Prix Nobel de la paix au titre de l'année 1935 pour ses publications.

    http://www.liberation.fr/planete/1996/01/22/carl-von-ossietzky-l-antinazi-qui-fait-honte-a-l-allemagne_159583
     Carl von Ossietzky, l'antinazi qui fait honte à l'Allemagne

    Carl von Ossietzky, le légendaire journaliste anti-hitlérien, ne sera donc pas réhabilité. C'est le correspondant berlinois du New York Times qui l'annonce dans son numéro du 13 janvier. Et depuis, rien. Pas de démenti de Bonn. Pas de commentaire officiel ou officieux du ministère de la Justice allemande. C'est une honte.

    Oui, une honte pour l'Allemagne de Helmut Kohl, où des juges se montrent insensibles envers la mémoire. Ont-ils perdu toute décence? Oublient-ils que l'administration judiciaire a beaucoup à se faire pardonner? Après la défaite des armées allemandes, les juges qui avaient prêté serment à Adolf Hitler ont continué à siéger dans les tribunaux allemands
    . C'était choquant et scandaleux alors, cela le reste aujourd'hui. Les faits sont connus: rédacteur en chef de la revue pacifiste Weltbühne, Carl von Ossietzky agace le régime et s'oppose à la politique militariste nazie dès que Hitler accède au pouvoir.
    Emprisonné et condamné en 1933, au lendemain de l'incendie du Reichstag, il meurt en 1938 dans un camp de concentration, trois ans après avoir reçu le prix Nobel de la paix pour son courageux combat contre la dictature nazie.
    Dans le monde libre, on célébrait en lui l'idéaliste héroïque qui se sacrifia pour ses convictions. En effet, en 1935, Hermann Göring lui proposa la liberté s'il refusait le prix. Von Ossietzky ne succomba pas à la tentation. La fidélité à ses principes valait à ses yeux plus que la liberté individuelle. Or, en 1992, ses admirateurs firent appel devant la cour fédérale allemande afin de faire annuler son ancienne condamnation. La cour s'y refusa. En d'autres termes: ces juges allemands d'aujourd'hui confirment le verdict abject de leurs prédécesseurs nazis. En clair: pour eux, Carl von Ossietzky a toujours violé la loi en s'opposant à la politique de haine brutale et meurtrière de Hitler. Pour eux, il est toujours considéré comme criminel.
     Voilà le héros répudié et humilié par un système qui prétend glorifier sa passion pour la démocratie et la justice. Cela, en 1996, plus de cinquante ans après la fin d'un régime qui, jusqu'à la fin des temps, symbolisera l'inhumain dans l'homme et le mal dans la société. Disons-le avec colère: si Carl von Ossietzky a fait honneur à l'humanité, ses juges d'hier et d'aujourd'hui font honte à l'Allemagne. Elie WIESEL

    MENAHEM BEGIN

    PRIX NOBEL 1978
    CENTRE
    ISRAEL
    IRGUN SITE
    JAFI
    UNIVERSALIS
    ENFANT
    SHALOM
    SADATE


    Menahem Volfovitz Begin (en hébreu : מנחם בגין) (né le 16 août 1913 à Brest-Litovsk - mort le 9 mars 1992 à Jérusalem) homme politique israélien. Il devint le septième Premier ministre d'Israël de mai 1977 à août 1983.


    Étudiant en droit, il épouse très jeune la cause du sionisme. En 1938, il devient le chef du Bétar, une l'organisation de jeunesse sioniste. Arrivé en 1942 en Palestine, il se lance aussitôt dans la lutte armée à la tête de l'Irgoun, l'armée secrète de libération de la Palestine. Il s'oppose à la fois aux occupants britanniques et à David Ben Gourion (le futur président de l'Etat hébreu) par laviolence de son engagement nationaliste. Il fonde le Likoud en 1973 et remporte, à la tête duparti, une victoire historique lors des élections de 1977. C'est la première fois qu'une coalition de droite prend le pouvoir en Israël. En tant que Premier ministre, il mène les premières négociations de paix avec l'Égypte, qui conduiront aux accords de Camp David (1978) et au retrait israélien du Sinaï. Ses actions en faveur de la paix lui valent de partager le prix Nobel de la paix avec le président égyptien Anouar El-Sadate. Mais parallèlement, il est de ceux qui encouragent les implantations juives dans les territoires occupés par Israël depuis 1967. Enjuin 1982, il déclenche l'intervention israélienne au Liban. Malgré sa victoire électorale de 1981, il démissionne en août 1983 de toutes ses fonctions. Il meurt à Tel-Aviv en 1992.evene



    Le temps de la paix
    Les accords de Camp David (1978) akadem
    Le 17 septembre 1978, le président des Etats-Unis, James Carter, signe avec le président égyptien Anouar El Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin, deux accords cadre.
    Le premier fixe un cadre de la paix au Proche-Orient confiant le sort de la Cisjordanie et de Gaza à des négociations égypto-israélo-jordano-palestiniennes devant déboucher sur une autonomie transitoire. Il ne sera jamais appliqué.
    Le second accord permet à l’Egypte de récupérer le Sinaï en 1982.



    Un premier accord cadre
    • Le premier accord fixait un cadre pour la paix au Proche-Orient et comportait trois parties : la première qui devait poser les principes des futures négociations sur le sort de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, aurait dû déboucher sur une autonomie transitoire de cette nouvelle entité, dans le respect de la Résolution 242 (1967). Elle a été jugée moins claire que le second accord et fut plus tard interprétée différemment par Israël, l'Égypte et les États-Unis. Elle ne sera ainsi jamais appliquée.
    • La seconde partie était un préambule au second accord, concernant les relations diplomatiques entretenues entre Israël et l'Égypte. La troisième partie déclarait certains principes qui auraient dû s'appliquer aux relations entre Israël et les autres pays arabes. Elle resta lettre morte.


    La récupération du Sinaï
    • Le second accord concernait la conclusion d’un traité de paix entre les deux pays dans les six mois suivants. Celui-ci est signé le 26 mars 1979 à Washington et permet à l’Égypte de récupérer le Sinaï en 1982 après le retrait complet de l'armée israélienne et le démantèlement de certaines implantations juives comme à Yamit.
    • En contrepartie, Israël obtient une normalisation des relations diplomatiques israélo-égyptiennes et des garanties sur la liberté de circulation sur les voies d'eau du canal de Suez et du détroit de Tiran. 
    L'accord concernait également les forces militaires, que chacun des pays était disposé à ne plus rassembler près de la frontière. Israël offre également une garantie de libre passage de l'Égypte vers la Jordanie. Les accords et le traité de paix sont accompagnés de lettres de compréhension mutuelle des Américains, des Égyptiens et des Israéliens.


    Prix Nobel de la paix
    • Menahem Begin et Anouar el-Sadate reçoivent le Prix Nobel de la paix en 1978. Néanmoins, on reproche à Sadate de ne pas avoir obtenu de concessions israéliennes sur la reconnaissance des droits des Palestiniens à l'autodétermination. La haine est entretenue jusqu'à entraîner l'assassinat de Sadate en 1981. L'Égypte est également exclue de la Ligue arabe de 1979 à 1989.
    • Les Accords de Camp David ont démontré aux pays arabes, qu'il était possible de négocier avec Israël. La Conférence de Madrid de 1991, les Accords d'Oslo de 1993 et plus tard le sommet de Camp David II en 2000 n'auraient probablement jamais eu lieu sans ce précédent.






    Menahem Begin - La révolte pour la paix  sur  jcpa-lecape.org


    Paris, hiver 1948. Un petit homme aux allures de professeur se dirige vers l’hôtel Royal Monceau. Il pénètre dans la grande salle où se réunissent des membres de la Résistance juive. Tous se lèvent pour saluer avec déférence le nouveau venu. Celui-ci incline la tête et invite l’assistance à se rasseoir. On peut  s’étonner de l’autorité qui se dégage de lui, car rien dans son apparence ne révèle le meneur d’hommes. De temps à autre, il rajuste des lunettes rondes aux épais verres de myope, qui lui glissent sur le nez. Une grosse moustache noire rend encore plus proéminente sa lèvre supérieure et accentue la pâleur de son teint.
    L’homme se lève de son siège, et le silence plane sur la salle. Dés qu’il prend la parole, d’une voix chaude bien timbrée aux accents chantants, il impressionne ses auditeurs qui réalisent maintenant toute l’importance de cet homme. Son nom est Menahem Begin.
    Il est né le lundi 16 août 1913 à Brest-Litovsk, en Russie. La sage- femme qui le mettra au monde était… la grand-mère d’Ariel Sharon…L’enfant mince et fragile grandira dans un cadre modeste et étudiera la Thora, comme tous les juifs de l’Est de l’époque. A l’age de 13 ans, il prononce son premier discours en hébreu et révèle son grand talent d’orateur. Il adorait les mots, conscient que les phrases justes et bien prononcées possèdent un pouvoir extraordinaire, magique. Son éducation a été imprégnée ....







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