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YEHUDI MENUHIN


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"Pour beaucoup, le schéma de ma vie était tracé dès avant ma naissance…"


Violoniste et altiste majeur, chef d'orchestre, Lord Yehudi Menuhin se pose en homme de paix du XXe siècle et fait le trajet inverse de la plupart des grands artistes juifs de sa génération : il naît à New York, vit en Angleterre et rend l'âme à Berlin, en tournée avec l'orchestre philharmonique de Varsovie. Enfant prodige, il époustoufle par sa maturité, son aisance musicale et la profondeur de son jeu - que d'aucuns qualifieront d'austère -, qualités qui seront sa marque de fabrique tout au long d'une carrière extrêmement bien remplie : premier concert public à 7 ans, début européens à 11 ans à Paris, il donne encore 110 concerts l'année de ses 80 ans ! Amoureux de Bach, qui sera central dans sa carrière, ses interprétations des compositeurs romantiques, Schumann notamment, sont saluées... le débat étant de savoir s'il était meilleur musicien quand il était jeune prodige, plus assuré, que quand il était plus mûr, mais peut-être plus fragile techniquement. Mais Yehudi Menuhin est aussi reconnu comme un grand humaniste : il crée une école de musique en Angleterre en 1963, ainsi qu'une fondation internationale destinée à aider les jeunes musiciens en 1980. Dans les années 1970, il préside le Conseil International de la Musique de l'Unesco evene



Yehudi Menuhin
par Aline Sultan


Né le 22 avril 1916 à New York, Yehudi Menuhin était le fils d’un rabbin immigré de Russie.
Yehudi Menuhin a tout juste trois ans lorsqu’il prend ses premiers cours de violon. Il s’avère être un véritable prodige et à l’âge de sept ans, il se produit pour la première fois en public, en tant que soliste accompagné de l’orchestre philharmonique de San Francisco. Par la suite, il étudie à Paris auprès du violoniste et compositeur roumain Georges Enesco. Par la suite, il fera quelques enregistrements, accompagné au piano par sa sœur Heftsiba Menuhin, pianiste exceptionnelle.

Durant la Seconde guerre mondiale, Yehudi Menuhin donne des centaines de concerts pour les soldats des armées alliées et en avril 1945, il ira même jouer dans le camp de Bergen Belsen face à des prisonniers qui venaient à peine d’être libérés. Cette visite le marqua profondément.

Etant Juif et musicien classique, et les compositeurs classiques allemands tenant une place primordiale dans la musique classique, la relation de Yehudi Menuhin avec la culture allemande, était quelque peu complexe. C’est ainsi qu’en 1947, il retourne en Allemagne et considérant le talent du chef d’orchestre Wilhem Furtwängler et en dépit de l’attitude pro nazie de Furtwängler durant la guerre, il décide de jouer dans son orchestre. En jouant avec Furtwängler, qui était banni pour son passé nazi, il contribua à sa réhabilitation. Yehudi Menuhin fut le premier musicien à retourner en Allemagne après la Choa.

Après avoir basé sa réussite précoce en exécutant des compositions riches et empreintes de romantisme, Yehudi Menuhin est confronté à des difficultés physiques et artistiques dues au surmenage qu’il s’est imposé durant la guerre et à son apprentissage dès le plus jeune âge. Grâce à une discipline d’étude et d’exercices assidus et à l’aide de la méditation et du yoga, il surmontera la plupart de ses problèmes.

Yehudi Menuhin est célèbre pour la rigueur de ses interprétations et pour sa technique stricte. De plus, la profondeur et la sensibilité qui émanait de son violon étaient sans pareilles. Il poursuivra sa carrière jusqu’à un âge avancé.

Yehudi Menuhin contribuera à la fondation de nombreuses organisations culturelles internationales et s’efforcera d’encourager et de soutenir de jeunes talents.

En 1956, Yehudi Menuhin fonde son Festival en Suisse. Ce festival a fêté ses 50 ans en 2006. En 1962, il crée l’Ecole Yehudi Menuhin dans le Surrey, en Angleterre, destinée à enseigner la musique à des enfants particulièrement doués.

Il commence également à exercer en tant que chef d’orchestre et continuera de diriger les plus prestigieux orchestres du monde entier jusqu’à sa mort.

En 1965, il reçoit le titre de Chevalier de l’Empire britannique, en 1986, il est nommé Grand officier de la Légion d’honneur et en 1997, Chevalier de l’Ordre national du mérite.

Dans les années 1980, il enregistre des disques de jazz avec Stéphane Grappelli et de la musique extrême orientale avec le grand sitariste Ravi Shankar. En 1985, il reçoit la citoyenneté britannique et dès lors, son titre de chevalier n’est plus simplement honorifique. En 1993, il est anobli et devient le Baron Menuhin de Stoke d’Abernon du district de Surrey.

Tout au long de sa vie, Yehudi Menuhin fut un défenseur des Droits de l’Homme, de la justice et des causes sociales. Entre autres, en 1996, Yehudi Menuhin et le peintre Dan Rubinstein aidèrent l’hopital Misgav Ladah de Jérusalem à acquérir des appareils médicaux.

Lord Menuhin s’éteint à Berlin à l’âge de 83 ans, le 12 mars 1999, au terme d’une brève maladie. Il laissa quatre enfants, Karov et Zamira, de sa première épouse Nola Nikols dont il divorça et Gérard et Jérémy de sa deuxième femme, Diana Gold, danseuse ballerine britannique. En 2005, Gérard Menuhin fut évincé du conseil d’administration de la Fondation Menuhin d’Allemagne fondée en l’honneur du grand virtuose un an avant sa mort, à cause de ses idées et de ses activités néo-nazies : «Les positions idéologiques de Gerard Menuhin, fils de la danseuse anglaise Diana Gold, ne sont "pas compatibles" avec la fondation dédiée à Yehudi Menuhin, né à New-York de parents juifs slaves», a indiqué la fondation dans un communiqué.

En octobre 2004, le magazine «New internationaliste» rapporta comment le nom de «Yehudi» lui fut donné : «Mes parents, qui étaient à la recherche d’un appartement, en visitèrent un situé non loin d’un parc. Après leur avoir fait visiter l’appartement, la propriétaire leur dit : «J’ai le plaisir de vous annoncer que je ne loue pas à des Juifs» Après lui avoir dit ce qu’ils en pensaient, mes parents quittèrent les lieux et trouvèrent un autre appartement. Mais ils restèrent marqués par cette propriétaire antisémite et se jurèrent que lorsqu’ils auraient un enfant, ils lui donneraient un nom qui signifierait fièrement au monde entier son origine et qu’ils l’appelleraient Yehudi» a7fr

"Je suis convaincu que notre monde nouveau exige une nouvelle formulation des valeurs sacrées, une nouvelle conception de la religion, parfaitement compatible avec les principes du culte et de la prière, mais exprimée de manière nouvelle pour les autres, pour nous sentir responsables les uns des autres et de la nature vivante qui nous entoure.
Reconnaître avec humilité notre ignorance, l'orgueil aussi de nos savoirs qui ne cessent de croître, de notre pouvoir de créer un monde plus juste, de rejeter des réflexes archaïques, de fausses ambitions, l'idées des désirs pervers pour notre civilisation.

Nous devons cultiver à la fois harmonie et courage, conserver une divine intolérance pour l'intolérable, pour la destruction des espèces, pour la pollution de l'air et de l'eau comme du corps et de l'esprit. Nous devons préserver la sainte intolérance des croisades contre le racisme, et contre toute espèce de supériorité s'exprimant dans le mépris et l'exploitation des enfants, des autochtones, des communistes, des capitalistes, ou de toute autre communauté."
Défense du sacré, discours prononçé devant la Chambre des pairs britannique in Le XXIème siècle, Suicide planétaire ou résurrection ?, L'Harmattan, Paris 2000.

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