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MORDECHAI GEBIRTIG


Le Chant des Chomeurs
BIO
CHANT
YIDDISH
DISCOGRAPHIE
GHETTO








"Le Portrait de Shifrele"
Sur le mur, à la gauche de mon lit,
Est suspendu le portrait de ma fille Shifrele.
Souvent, au milieu de la nuit,
Lorsque je pense à elle, et qu'elle me manque,
Je vois comme elle me regarde,
J'entends ce qu'elle dit :
"Mon cher papa ! Je sais que tu es triste,
Mais la guerre ne durera pas très longtemps ;
Bientôt je reviendrai à toi --
La paix bientôt frappera à la porte."
Eclairé d'un sourire aimant, ainsi parle
Le portrait de Shifrele.
ecouter sur ushmm


Né le 4 avril 1877 à Krakow/ à cette époque en Russie
Mort le 4 juin 1942 dans le ghetto de Cracovie/ Pologne

1942, un jour de printemps, Mordechaj Gebirtig est tué. Un menuisier de Cracovie, cette ville tellement aimée et ses habitants sur lesquels il écrivait des chansons. Il composa en yiddish, la langue maternelle de tous les Juifs de l’Europe de l’Est , venant de Pologne, de Lituanie et de Galicie. Le petit homme avec le grand cœur du quartier Kazimierz aurait pu émigrer à temps en Amérique avec un visa procuré par ses amis. Mais Mordechaj Gebirtig refuse. Il a toujours vécu à Cracovie et veut y mourir. On ne replante pas des vieux arbres exil archiv


Mordekhay Gebirtig,se définissait lui-même modestement comme un " lider-makher ", un " faiseur de chansons ». il a écrit les paroles et la musique de certaines des plus belles chansons du répertoire yiddish, les plus connues, celles que l'on fredonne naturellement, sans se préoccuper de celui qui les a composées ni de son étonnant parcours, achevé dans le ghetto de Cracovie en juin 1942. Toute sa vie, Mordekhay Gebirtig est resté un artisan, un menuisier qui répare les vieux meubles, tout en participant activement à la vie politique et culturelle de son pays.Son monde est celui des petites gens de Cracovie, une ville qui se modernise, s'industrialise.
C'est sur les mères qui bercent leurs enfants, les ouvriers au chômage, les parents soucieux de marier leurs filles, les amoureux fauchés, les prostituées, les voleurs, les belles séduites puis abandonnées qu'il pose son regard d'artiste et de témoin d'un temps déjà en voie de disparition, offrant ainsi, à cette pléiade de destins, une belle parcelle d'éternité. Par ce spectacle, le Théâtre en l'Air, dont l'action s'inscrit dans la promotion de la culture juive, et plus particulièrement yiddish, nous invite à la rencontre d'un art populaire bien vivant, celui de la mémoire chantée, de la parole transmise. .yiddishweb


Lire sur espritsnomades : Berceuse pour des poètes yiddishs
Il était le poète populaire par excellence et pendant l’oppression nazie, ses chants étaient passés comme des messages clandestins, imprimés en cachette et chantés dans le ghetto de Cracovie d’abord, mais bientôt dans tous les ghettos de Pologne, celui de Varsovie particulièrement avec ces 450 000 juifs emprisonnés, celui de Vilno,.... Ils furent souvent les derniers chants entendus par des juifs dans les camps de concentration.
Son poème « Au feu, au feu ! » sera un des ferments de la révolte des juifs car ce texte critiquait violemment la passivité des juifs ;
Les jeunes allèrent mourir contre les mitrailleuses nazies ce chant aux lèvres.
Devant l’anéantissement, tout un peuple au bord du néant s’était réfugié dans les paroles d’un poète : Mordecaï Gebirtig.
Il ne voulait surtout pas faire de la haute poésie mais humblement des paroles qui puissent passer de l’un à l’autre, contre l’horreur, contre la déshumanisation.
Le ghetto de Cracovie est moins passé à la légende que celui de Varsovie, car les résistants juifs avaient décidé de porter le combat hors du camp, en zone aryenne, pour s’attaquer aux officiers nazis. Le ghetto était trop petit pour organiser des lignes de défense, et les attaques, plus d’une dizaine furent tus par les nazis. Ils permirent aussi l’évasion de centaines de juifs du ghetto.
Mordecaï Gebirtig écrivit jusqu’au dernier souffle une sorte de journal de bord de l’holocauste et plus particulièrement du ghetto de Cracovie.
De tous ses poèmes seuls tout au plus une vingtaine ont été retrouvés et publiés en 1946 à Cracovie avec une préface de Joseph Wolf, membre éminent de la résistance juive de Cracovie...
Ce petit joueur de flûtiau avait l’innocence de l’enfance, il faisait souvent des chansons pour les enfants d’ailleurs. Sa vie sera humble et lumineuse jusqu’à l’arrivée des barbares. Apprenti charpentier dès 14 ans et à 24 ans, il fonde son échoppe, qu’il abandonnera à cause de sa santé qui sera toujours plus que médiocre. Remis de nombreuses défaillances cardiaques, il terminera sa carrière professionnelle dans le magasin de son frère jusqu’à sa fin.
Il aura trois filles. Il sera un compositeur du dimanche écrivant et composant après ses heures de travail. Il tentera de faire du théâtre, mais il se vouera à sa passion de chansonnier. Il ne savait pas la poésie de son temps et encore moins la musique qu’il ne savait pas lire.
Simple troubadour, homme pauvre, il jouait un peu de la flûte de berger et encore moins bien de la guitare. Et ses chants sont parmi les plus beaux qui furent écrits en cette période, les plus populaires surtout.
Ses amis, sa famille l’aidaient à broder de la musique sur ses mots.
Cette rencontre entre un peuple qui partira en fumée et un simple petit charpentier est un des miracles du peuple juif.
Cet homme avait le don visionnaire de parler la vie commune. Ses thèmes sont ceux qui entouraient son peuple. Les enfants orphelins, les voleurs au grand cœur, les femmes, et les hommes partis à la guerre, les amis, les nostalgies, puis l’horreur pendant ses deux années d’occupation allemande. Mais aussi Gebirtig écrira bien des chansons d’amour et d’hymne au printemps

MAREK EDELMAN

The Ghetto Fights
BIO
Warsaw
MEMOIRE
THE BATTLES OF THE GHETTOS
JEWS UNDER OCCUPATION
SOUVENIR
VIDEO


"Comment les hommes ont-ils pu montrer tant d'indifférence face aux crimes qui se déroulaient devant leurs yeux ? Avons-nous changé ? L'humanité a-t-elle tiré les leçons de cette période pendant laquelle Dieu s'est tu ?"eurotopics

Mardi 15 avril 2008 est le 65ème anniversaire de l'insurrection du ghetto de Varsovie. En avril 1943, les derniers Juifs du ghetto se soulèvent contre les nazis, pour échapper à la déportation. Une insurrection suicide qui aboutira à la destruction totale du quartier. Marek Edelman est le dernier survivant de ces combattants

Né en 1922 à Homel, Biélorussie
Marek Edelman, 86 ans a eu une vie incroyable. Cardiologue éminent, activiste du Bund, dernier commandant survivant de l’Insurrection du Ghetto de Varsovie, Edelman est également membre de l’opposition anticommuniste, parlementaire dans les années 1989-93 et engagé de la première heure dans l’aide humanitaire pour la Bosnie et le Kosovo. Son caractère entier lui a permis d'éviter tout mauvais compromis, tout comme il a refusé de s’expatrier de Pologne en 1968 pour échapper aux mesures prises à l’encontre de la communauté juive par les autorités communistes lepetitjournal


l'Organisation Juive de Combat,

Au mois d'octobre 1942, les organisations résistantes se réunissent et créent l'Organisation juive de combat (OJC) avec un commandant de la Hashomer (sionistes), Mordechaï Anielewicz, et un adjoint du Bund, Marek Edelman. L'OJC n'a que très peu d'armes : quelques dizaines de revolvers en mauvais état, des grenades et des cocktails Molotov fabriqués sur place, quelques fusils et un seul pistolet-mitrailleur. Des groupes de combat sont formés qui pratiquent des attentats, attaquent des SS et libèrent des prisonniers. L'OJC règne dans le ghetto qu'elle couvre d'affiches, avec le soutien de la population restante. C'est alors que les Allemands décident d'en finir.
Le 19 avril 1943, à 4 heures du matin, 2000 à 3000 Waffen SS, auxiliaires ukrainiens, lettons et policiers polonais, commencent à pénétrer dans la place. Ils seront rejoints par des troupes motorisées, des blindés et de l'artillerie. A leur grande surprise ils seront accueillis par un déluge de feu venant des quatre coins des rues. Il y aura de nombreux morts et deux chars seront incendiés. Après quelques heures de combats acharnés les assaillants s'enfuient. Ils referont une tentative le lendemain mais sans plus de succès. Ce n'est qu'au troisième essai qu'ils parviendront jusqu'au ghetto central qui sera incendié et littéralement rasé. La moitié des combattants juifs périra pendant les combats. La plupart des survivants décideront de se suicider collectivement et parmi eux, Mordechaï Anielewicz qui était à la tête de l'OJC. Quelques combattants parviendront à s'enfuir par les égouts et rejoindront la Résistance polonaise. Parmi eux Marek Edelman qui a rapporté ultérieurement, de façon émouvante et vivante, l'histoire de l'insurrection
witzgilles


shalom archav

Ancien commandant de la résistance juive en Pologne, vous qualifiez les combattants palestiniens de "partisans". Entendez-vous provoquer le gouvernement israélien, qui, lui, parle de "terroristes" ?

Pas du tout. Je me réfère, tout simplement, à la façon de combattre : des civils, vivant dans leurs maisons ou dans un maquis, se livrent à des actions terroristes ponctuelles, puis se retirent à nouveau chez eux. Pour moi, le terme "terroriste" n’a aucun contenu idéologique. Des "partisans" en Amérique latine peuvent agir au nom de narcotraficants ; en Irlande, ils agissaient au nom d’un chauvinis me national ou religieux. En parlant de "partisans", on n’approuve ni, a fortiori, ne glorifie aucun de ces combats. En tout cas, c’est dans cet esprit que j’ai utilisé le mot.

Des journaux israéliens vous reprochent d’avoir établi un parallèle entre l’insurrection du ghetto de Varsovie et le combat des Palestiniens, un amalgame d’autant moins admissible que la question d’attentats contre des civils ne se serait pas posée face aux nazis.

Je ne fais aucun amalgame, je récuse totalement cette accusation. Il suffit de lire ma lettre pour constater que je n’ai jamais établi le parallèle qui m’est reproché. Par ailleurs, la presse israélienne a tort de penser qu’à l’époque nous n’aurions pas pu frapper des civils allemands. Il y avait, en effet, les femmes et les enfants des soldats allemands. Très concrètement, dans un café à Cracovie, l’une de nos cellules aurait pu atteindre vingt-cinq civils et deux soldats allemands, mais nous avions décidé de ne pas mener cette action, pour des raisons de principe.

Le gouvernement israélien ne veut pas entendre parler de votre proposition de médiation. Quels sont les contacts que vous aviez pris, côté palestinien, pour vous assurer que votre Lettre ouverte y serait mieux accueillie ?

J’ai discuté avec des Palestiniens, aussi bien à Gaza qu’ici à Lodz. Toujours, ils se sont déclarés prêts à faire des pas pour la paix. Quelles sont leurs intentions réelles ? Je ne peux pas le savoir, à moins de les mettre à l’épreuve. Cette idée m’est venue à la suite d’une visite, chez moi, de délégués palestiniens en Pologne, dont Omar Faris. C’est lui qui m’a dit qu’il avait informé[le président de l’Autorité palestinienne]Yasser Arafat de ma lettre. C’est sur cette base que je me suis avancé. Je n’ai pas de contact direct à la présidence palestinienne.

Propos recueillis par Stephen Smith


Marek Edelman a reçu à l'occasion du 65ème anniversaire de l’insurrection du Ghetto de Varsovie les insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur. La France distingue ainsi le dernier commandant de l’insurrection qui a mené bien d’autres combats

ABBA KOVNER


VILNA
RESISTANCE
ETUDE
ENCYCLOPEDIE














Abba Kovner (1918-1987) a été un organisateur et un intellectuel. Lui aussi a commandé une organisation clandestine, à Vilna (également connu sous les noms de Wilno et Vilnius), avant de fonder le réseau “Breha”. Il a par ailleurs laissé une œuvre écrite, importante dans la vie culturelle israélienne.

http://zakhor-online.com/?p=8281


En Lituanie, au début des années 1940, près de 100 000 Juifs sont en passe d’être assassinés. Le journaliste polonais Kazimierz Sakowicz note dans son carnet. « Pour les Allemands, trois cents Juifs représentent trois cents ennemis de l’humanité. Pour les Lituaniens, trois cents paires de chaussures et de pantalons ». Avant-guerre, les Juifs de Vilna – Vilnius pour les Lituaniens – s’enorgueillissaient d’écoles religieuses (yeshivot) placées sous la rayonnante autorité du Gaon (le génie !) de Vilna, ils avaient leurs poètes, leurs écrivains, leurs bibliothèques, leurs hôpitaux. La Jérusalem de Lituanie rayonnait de mille feux, elle abritait l’éventail des mouvements de jeunesse sioniste, de l’Hashomer Hatzaïr (la Jeune Garde) au Bné Akiva (religieux), en passant par le Hehalutz (le pionnier), le Betar (droite sioniste), le Gordonia (gauche tolstoïenne). Et puis des groupes non sionistes, tel le Bund ou le Parti communiste. Abba Kovner, le Juif qui savait Et les voici, tous, en 1940, confrontés à l’indicible du désastre, des milliers de personnes disparaissent sans laisser de traces. Impossible de fuir. Se terrer ? Se donner la mort ? La pensée traverse l’esprit d’Abba Kovner, figure militante de l’Hashomer Hatzaïr dans le couvent de dominicaines où il a trouvé refuge avec ses camarades, pensée fugace, il se ressaisit, regagne le Ghetto où, confie–t-il à la mère supérieure, « se joue le destin du peuple juif ». Ce à quoi Mère Anna lui répond : « Je veux vous rejoindre, je veux me battre et mourir avec vous. Votre lutte est sainte. Vous êtes d’une grande noblesse. Et bien que tu sois socialiste et que tu sois éloigné de la religion, tu as un Dieu et il est grand, et tu es plus près de lui que moi à présent. » Plus tard, bien plus tard, Anna quittera les ordres et sera reconnue Juste parmi les Nations. Abba Kovner ne manquera jamais de lui rendre visite, elle ne cessera d’être pour lui Mère Anna, comme au temps du couvent, si ce n’est qu’il ne manquait pas de lui donner le nom hébreu de Ima, lui dont le prénom signifiait papa. Au début du mois d’octobre 1941, à la suite des grandes rafles de l’été et celle de Yom Kippour, les aktionen se succèdent. Bébés arrachés du sein de leur mère, brutalités de tous ordres, des scènes innommables qu’aucun mot, aucune œuvre ne pourra jamais dire. Une Mère Anna d’un côté et de l’autre côté, la population qui bénit les massacreurs de Juifs et prête son concours. Abba Kovner a réuni une vingtaine de militants de l’Hashomer dans un petit local du mouvement et il dit ce que personne n’ose dire. « Tout ce qui est arrivé jusqu’à présent ne conduit qu’à la mort. Wilno […] n’est pas une phase transitoire ni un épisode isolé. Il fait partie d’un système complet et mûrement réfléchi » Fin 1942, il galvanise deux cent cinquante membres des mouvements de jeunesse : « Jeunes Juifs, ne croyez pas ceux qui veulent vous berner. Sur les quatre-vingt mille Juifs de la Jérusalem de Lituanie, seuls vingt-mille sont encore en vie. On a séparé sous nos yeux les parents de leurs enfants, les frères et leurs sœurs. Hitler a conçu un plan afin d’exterminer la totalité des Juifs d’Europe. […] Frères ! Mieux vaut tomber en combattants libres plutôt que de vivre à la merci des assassins. Défendons-nous jusqu’à notre dernier souffle ». Proclamation rédigée en yiddish avant qu’elle ne soit traduite en hébreu. Il confiera plus tard à Claude Lanzmann : « Il n’y avait rien à manger, nous n’avions pas de vêtements, le givre recouvrait les murs […] une seule chose nous semblait primordiale : bien définir notre position idéologique et spirituelle ». Après l’horreur, l’Alyah Kovner voit ce qui est en train d’advenir : l’anéantissement. C’est la réalité que les autres ne veulent pas voir, impossible d’imaginer une extermination programmée, l’espoir nourrit le déni, il y a des pauses dans les aktionen, la vie continue, attendons la fin de la guerre. Selon lui, il n’y a plus rien à attendre, l’Europe est nazie, la population alentour est complice. Constat terrible, glacial, il faut préparer l’insurrection armée, projet fou, il n’existe pas de Résistance juive armée, il en créera une. Au moins, choisir sa mort. Mère ou Ima Anna avait raison : l’honneur, la noblesse… Après avoir fédéré l’ensemble des forces du ghetto dans une Partizaner Organizatsye, de la droite du Betar aux communistes et aux bundistes, il fait le coup de revolver dans les ruelles du Ghetto. « Nous avons vaincu l’humiliation et l’impuissance », dira l’une de ces combattantes. Il réussit à s’enfuir, se cache dans les forêts à la tête d’un maquis de près d’un millier d’adolescents. Tout de suite après la guerre, il fomente un projet pour empoisonner les eaux de Munich et de Nuremberg. Ce Juif irréligieux connaissait les textes sacrés du judaïsme. « Nous retournerons leur iniquité contre les méchants eux-mêmes et les feront périr par leur propre malice », dit le Psaume 94. A cette époque, nous étions tous devenus fous et je ne cesserai jamais de les entendre, toute ma vie, hurler leur Raus, Raus ! », écrira-t-il. Inflexible. Tel était Kovner. Peu de temps après son Alyah, il est officier dans la prestigieuse brigade Givati auprès du commandant Shimon Avidan. On n’y porte pas d’insignes de commandement, vieille habitude du Palmach. Kovner entre dans un de ses rôles les plus tragiques d’un parcours pourtant chargé de commissaires politiques lorsque, dans un pays menacé par cinq armées arabes, il harangue les combattants, amène des chanteurs sur le front pour galvaniser les unités, se lance dans des invectives passionnées et ultra dont son slogan « mort aux envahisseurs » marquera les esprits et surtout, il vitupère les abandons de kibboutzim par les civils lors de l’avance égyptienne qui menace Tel-Aviv lors de la Guerre d’Indépendance en 1948. « Un Givati (c’était le nom de guerre d’Avidan) ne s’enfuit pas ». Le capitaine Abba Kovner « kovnérise » à tours de bras. « Tout dépendra du courage avec lequel vous affronterez l’ennemi face à face ». Il traite les Egyptiens de vipères, suscite des polémiques, des ruptures, se fâche contre les membres de son parti, on se traite de tous les noms. Mais comment ne pas être ému quand on le voit sur les photos ou dans les vidéos, avec col pointu de chemise blanche amidonnée, ses mains dans les poches, son évanouissement, alors qu’il témoigne lors du procès Eichmann. Après quoi, il reviendra dans la cahute de son kibboutz Ein Kakhoresh pour écrire des textes, pour polémiquer avec les chefs de son parti de l’extrême gauche sioniste, dans leur refus des réparations allemandes. Il était, à lui tout seul, cet Israël des premiers temps. Pauvre, transporté d’espérance, nous n’avons aujourd’hui que les merveilleuses chansons de cette époque pour sentir ce qu’il en était. Un prophète Tel était-il et tel restera–t–il. Un homme de fer. Un prophète inspiré par la foi laïque dans la renaissance sioniste-socialiste d’Israël, de la même trempe que ces militants communistes des années 1930 qu’il combattait (il est fâché à mort avec son frère, Méir Wilner, secrétaire général du Parti communiste israélien), habité par la même ferveur que Ima Anna, sur un mode marxiste-léniniste sioniste (pas de contradiction à l’époque). C’était le temps des orateurs interminables, des poètes combattants, des gars aux grands cœurs et aux mains ouvertes. Celui des commissaires politiques aussi (les sionistes avaient les leurs) dont Kovner représente le type achevé, inépuisable donneur de leçons, idéaliste culpabilisateur convaincu de la justesse de ligne à suivre. C’était le temps des durs qui toisaient la mollesse de leurs contemporains, des irrédentistes, des empêcheurs de s’endormir en rond, des emmerdeurs, celui des « anciens combattus », comme les désignait l’une d’entre elles, Janine Sochaczewska, mère de Pierre Goldman, un type humain dont on ne connaît plus aujourd’hui l’équivalent. L’historienne Dina Porat restitue la flamme d’Abba Kovner dans un livre passionnant pour qui veut saisir une certaine réalité juive du XXe siècle, de l’Europe à Israël : Le Juif qui savait, Wilno-Jerusalem, la figure légendaire d’Abba Kovner publié aux éditions du Bord de l’eau avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et du Centre national du Livre. Elle a rassemblé pour ce faire les témoignages des camarades de Kovner, les travaux d’historiens, les écrits des survivants de la Jérusalem de Lituanie. Et comment ne pas prêter l’oreille à son inflexible refus de pardonner, tout comme Vladimir Jankélévitch. En 1958, il écrit dans le quotidien du Mapam, le parti politique de l’Hashomer Hatzaïr. « On m’a dit qu’une nouvelle génération est née en Allemagne et c’est peut-être vrai. Mais vous, mes frères, qui avez eu la chance de ne pas voir un Allemand fracasser la tête d’un bébé contre un mur, qui n’avez pas vu les lambeaux de sa cervelle dégouliner sur le sol, avez-vous le droit de me dire qu’il est temps de pardonner ? » Dina Porat, Le Juif qui savait, Wilno-Jerusalem, la figure légendaire d’Abba Kovner, Le bord de l’eau, 2017.

PETER GINZ



TEREZIN
PETR AND ILAN

IN MEMORY

JOURNAL
ARCHE


Ilan Ramon, premier astronaute israélien a emporté avec lui le 16 janvier 2003, jour du lancement du vaisseau spatial Columbia, le 16 janvier 2003, une œuvre d’art datant de la Shoah et conservée dans les collections du Musée de Yad Vashem.

Colonel de l’armée de l’air de Tsahal, Ilan Ramon était d’autant plus sensibilisé aux conséquences de la Shoah que sa mère et sa grand-mère en étaient rescapées et que de nombreux membres de sa famille, dont son grand-père, avaient été exterminés dans les camps de la mort. Il avait pris contact avec Yad Vashem et demandé qu’un objet datant de la Shoah lui soit confié pour son périple dans l’espace.

Yad Vashem a choisi Paysage lunaire, œuvre réalisée au ghetto de Theresienstadt par un jeune Juif de 14 ans, Petr Ginz. Particulièrement doué, Petr Ginz était l’auteur de contes, d’articles et de poèmes et continua de se livrer à des activités artistiques et littéraires au ghetto où il fut incarcéré en 1942.
Pendant cette période passée à Theresienstadt, Petr Ginz se laissait transporter en imagination vers les sites qu’il aimait, revisitant ainsi Prague, la ville où il avait passé son enfance, dans un poème écrit derrière les murs du ghetto. En 1944, il fut déporté et assassiné à Auschwitz.

Le Paysage lunaire de Petr Ginz est révélateur de son aspiration à parvenir en des lieux où la Terre qui menaçait son existence pouvait être perçue à une distance rassurante. Plus encore cette œuvre atteste de la sensibilité de cet adolescent doué, chercheur et scientifique en puissance, qui était convaincu que la science transcendait les réalités de l’heure et finirait par apporter un remède aux maux de l’humanité.

S’adressant, du Centre spatial de Houston (Texas) où il participait aux entraînements précédant la traversée de l’espace de la navette Columbia, Ilan Ramon avait déclaré à la Société américaine pour Yad Vashem basée à New York :
« J’ai l’impression que mon voyage réalise le rêve de Petr Ginz il y a 58 ans. Un rêve qui est la preuve suprême de la grandeur d'âme d'un adolescent emprisonné dans les murs du ghetto, qui n'ont pu annihiler son esprit. Les dessins de Ginz, conservés à Yad Vashem, sont des témoins du triomphe de l’esprit".

Paysage lunaire fait le lien entre le rêve d’un adolescent juif, symbole à lui seul des talents exceptionnels perdus dans la Shoah, et le voyage dans l’espace d’un astronaute juif, symbole du renouveau d’Israël.

MORDECHAI TENENBAUM

REMENBERG
BIALYSTOK

HISTOIRE
RESISTANCE



Ne en 1916, Varsovie, Pologne Mort le 20 août 1943, Białystok, Pologne Seconde Guerre mondiale, Soulèvement du ghetto de Varsovie, Soulèvement du ghetto de Białystok

 La résistance dans le ghetto Bialystok
 Tout au long de l’année 1942, les diverses factions des mouvements juifs de la jeunesse négocient en vue de créer mouvement unifié en vue de résister aux Allemands. Un accord est finalement conclu en août 1942 et donne naissance à un front uni appelé « Bloc No1 » ou « Front A » comprenant les communistes, les socialistes « Bundistes » et les Sionistes du « Ha-Shomer ha-Tsa'ir » sous le commandement d'Edek Borak. En novembre 1942 Mordechai Tenenbaum (Josef Tamaroff) arrive du ghetto de Varsovie pour soutenir la résistance et le « Bloc No2 » est créé, unissant tous les mouvements restants. Sur l’initiative de Tenenbaum et avec le soutien de Barasz, des archives secrètes sont établies. Cachés hors du ghetto, ces documents retrouvés constituent une source et un témoignage inestimables sur l'existence du ghetto. Barasz met également à la disposition de Tenenbaum des sommes d’argent considérables pour l’achat d’armes au mouvement secret de la résistance polonaise « Armia Krajowa », mais sans succès
http://www.encyclopedie.bseditions.fr/article_complet.php?pArticleId=85&articleLib=Le+ghetto+de+Bialystok

ANTEK ZUCKERMAN



RECIT

HISTOIRE









Né en 1915 à Vilnius et mort en 1981 au kibboutz Lohamei Hagheta'ot, en Israël

 Yitzhak Zuckerman, également connu sous son nom de guerre d'Antek, était un Juif résistant dans le ghetto de Varsovie durant la Seconde Guerre mondiale. Il a été un des chefs de l'insurrection du ghetto de Varsovie. Il était marié à Zivia Lubetkin 

Sa vie

YEHUDA LERNER



FILM

LANZMANN
CAMP

MEMOIRE
HISTOIRE





Yehuda Lerner, né le 22 juillet 1926 (91 ans) à Varsovie (Pologne), est un prisonnier juif du camp d'extermination de Sobibor qui a été impliqué le 14 octobre 1943 dans le soulèvement du camp. Il est interviewé dans le film Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2001) réalisé par Claude Lanzmann.


 Le 14 octobre 1943, à 16 heures précises, Yehuda Lerner, 16 ans, foudroie un officier allemand d'un coup de hache en plein crâne, imité au même instant par quelques-uns de ses camarades. Commence la révolte des juifs du camp d'extermination de Sobibor. En 1979, à Jérusalem, Claude Lanzmann a enregistré le témoignage de Lerner, pensant l'utiliser pour le film qu'il préparait alors, Shoah, sorti sur les écrans en avril 1985.
 Lerner ne figure pas dans Shoah, mais Lanzmann, l'année dernière, décide de retourner sur les traces de sa révolte et d'en faire un autre film : offrir à ses paroles les images qui les incarnent. Le temps a passé, les corps ont vieilli, la gare de Sobibor est délabrée, l'herbe a poussé, des billes de bois sont désormais chargées là où 250 000 juifs sont descendus du train, mais la force du cinéma de Claude Lanzmann consiste à replacer ces gestes, ces objets, ces lieux dans une expérience inégalée de la présence.

Pourquoi être revenu au témoignage de Yehuda Lerner? http://next.liberation.fr/culture/2001/10/17/tuer-un-bourreau-pour-exalter-la-vie_380745

ALEXANDER PETCHERSKY


SOBIBOR
OFFICIER
CAMP
INTERVIEW









Alexandre Petchersky, officier juif soviétique,
organisateur de l'insurrection au centre
d'extermination de Sobibor
le 14 octobre 1943.

La révolte de Sobibor ne pouvait être un moment de Shoah : elle méritait un film en soi, elle réclamait d’être traitée pour elle-même. Elle est en effet un exemple paradigmatique de ce que j’ai appelé ailleurs la réappropriation de la force et de la violence par les juifs. La Shoah ne fut pas seulement un massacre d’innocents, mais aussi justement un massacre de gens sans défense, trompés à toutes les étapes du procès de destruction et jusqu’aux portes des chambres de supplice. il faut faire justice d’une double légende, celle qui veut que les juifs se soient laissés conduire au gaz sans pressentiment ni soupçon, que leur mort ait été "douce", et cette autre selon laquelle ils n’opposèrent à leurs bourreaux aucune résistance. Sans rien dire ici des grandes révoltes, comme celle du ghetto de Varsovie, les actes de bravoure et de liberté, individuels ou collectifs, furent très nombreux dans les camps et les ghettos : insultes, malédictions, suicides, assauts désespérés. Il est vrai pourtant qu’une tradition millénaire d’exil et de persécution n’avait pas préparé les Juifs, dans leur grande masse, à l’exercice effectif de la violence, qui requiert deux préconditions indissociables : une disposition psychologique et un savoir technique, une familiarité avec les armes.

C’est un officier Juif Soviétique, Alexander Petchersky, soldat de métier, à qui donc l’usage des armes n’était pas étranger, qui décida, planifia et organisa l’insurrection en à peine six semaines. Déporté à Sobibor au début de septembre 1943 avec d’autres Juifs, également soldats de l’Armée rouge, Petchersky eut la chance de ne pas être immédiatement envoyé aux chambres à gaz, comme le reste de ses camarades : sur les 1200 personnes qui composaient ce groupe, les Allemands sélectionnèrent une soixantaine d’hommes dont ils avaient un besoin pressant pour des travaux de force et de maintenance. Leur tour de mourir viendrait un peu plus tard, comme ce serait également le cas pour les cordonniers, tailleurs, orfèvres, lingères, quelques enfants aussi, qui résidaient depuis des mois ou des semaines dans la partie du camp appelée « camp numéro 1 » (le « camp numéro 2 », où se trouvaoient les chambres à gaz, étant le camp de la mort proprement dit, qui jouxtait le premier) et formaient une main d’oeuvre esclave au seul service des nazis, elle-même périodiquement liquidée.

ISAAC KATZNELSON


POEME
HISTOIRE
yiddish







Le Chant du peuple juif assassiné
Poème d'Isaac Katznelson


La peur, l’angoisse, la terreur horrible m’enserrent étroitement.
Les wagons sont là, de nouveau !
Partis hier soir, et de retour aujourd’hui, ils sont là, de nouveau là,
sur le quai.
Tu vois leur gueule ouverte ?
La gueule ouverte dans l’horreur !
Ils en veulent encore !
Encore, de nouveau. Rien ne les rassasie.
Ils sont là, ils attendent les Juifs.
Quand les apporte-t-on ?
Affamés comme s’ils n’avaient encore jamais englouti leur Juif...
Jamais... Mais oui ! ils en veulent encore, toujours plus.

Ils en veulent encore.
Ils sont là, attendant qu’on leur prépare la table,
Qu’on serve le repas, qu’on serve des Juifs autant qu’il en pourra entrer.
Des Juifs !
Vieux peuple aux enfants tout jeunes, jeunes et frais,
Grappes jeunes sur un vieux cep ;
et des vieillards comme le vin fort est vieux.

Ils étaient pleins pourtant, gavés, étouffés de Juifs !
Les morts debout, serrés, coincés entre les vivants,
Les morts debout sans toucher le sol à force d’être serrés,
Sans que l’on puisse voir dans la masse lequel est mort et lequel est vivant.

La tête du mort, comme une tête vivante, se balançait de-ci de-là,
Et sur le vivant coulait déjà la sueur de la mort.
L’enfant réclame à boire à sa mère, morte, une goutte d’eau,
Il lui frappe la tête de ses petites mains, pleurant parce qu’il a chaud.

Wagons vides ! Vous étiez pleins et vous voici vides à nouveau,
Où vous êtes-vous débarrassés de vos Juifs ?
Que leur est-il arrivé ?
Ils étaient dix mille, comptés, enregistrés – et vous voilà revenus ?
Ô dites-moi, wagons, wagons vides, où avez-vous été ?

Vous venez de l’autre monde, je sais, il ne doit pas être loin :
hier à peine vous êtes partis, tout chargés, et
aujourd’hui vous êtes déjà là !
Pourquoi tant de hâte, wagons ?
Avez-vous donc si peu de temps ?
Vous serez bientôt, comme moi, des vieillards,
bientôt brisés et gris.

Voir tout cela, regarder et entendre... Malheur !
Comment pouvez-vous le supporter, même faits de fer et de bois ?
Ô fer, tu étais enfoui dans la terre, profond, ô fer froid.
Et toi, bois, tu poussais, arbre sur la terre, haut et fier !
Et maintenant ? Des wagons, des wagons de marchandises
et vous regardez, témoins muets de cette charge,

Muets, fermés, vous avez vu.

Dites-moi, ô wagons, où menez-vous ce peuple,
ces Juifs emmenés à la mort ?

Ce n’est pas votre faute.
On vous charge,
on vous dit : va !

On vous envoie chargés, on vous ramène vides.
Wagons qui revenez de l’autre monde, parlez, dites un mot,
Faites parlez vos roues, que moi, que moi je pleure...

octobre 1943,

Ce poème écrit alors que son épouse et deux de ses fils venaient d’être déportés de Varsovie aux chambres à gaz de Treblinka et que lui-même et son dernier fils allaient connaître le même sort un peu plus tard.
Isaac Katznelson fut déporté de France par le convoi n°72 pati de Drancy vers Auschwitz le 29 avril 1944.

Le Chant du peuple juif massacré, traduction intégrale par Myriam Novitch et Suzanne Der, Kibboutz Lahomer Haggetaoth, 1983.

RABBI CHAIM DOV WEISSMANDEL


HISTOIRE













Chaim Michael Dov Weissmandl (1903-1957) (plus connu sous le nom de Michael Ber Weissmandl) était un rabbin et shtadlan (porte-parole de sa communauté), particulièrement actif dans les efforts qu'il déploya durant la Shoah pour sauver les Juifs de Slovaquie de l'extermination. Il est également connu comme l'un des précurseurs du code de la Bible.

 Michael Ber Weissmandl naît à Debrecen, en Hongrie, le 25 octobre 1903 (4 Heshvan 5664 dans le calendrier hébraïque), fils de Josef Weissmandl, un abbateur rituel. Sa famille est pratiquante, mais n'appartient pas à la mouvance du hassidisme. Quelques années plus tard, sa famille émigre à Tyrnau (aujourd'hui Trnava, Slovaquie). En 1931 il étudie à Nitra sous la supervision du Rav Shmuel Dovid Ungar, dont il épousera plus tard la fille. Weissmandl était un chercheur et un expert du déchiffrement de manuscrits antiques. Pour effectuer ses recherches sur ces derniers, il fera une voyage à la Bodleian Library à Oxford, en Angleterre. Il sera traité avec le plus grand respect par le chef bibliothécaire de la Bodléienne, après avoir correctement identifié l'auteur d'un manuscrit qui avait été mal référencé par les chercheurs de la bibliothèque

Lire sur https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFm_Michael_Dov_Weissmandl


MORDECHAI ANILEVITCH


HISTOIRE
JUDAICA







Mordehaï Anielewicz (1919 – 1943) commandant de la révolte du Ghetto de Varsovie. Il est devenu le symbole du combat des Juifs durant la Shoah...



Biographie-A7

Mordehaï Anielewicz est né à Varsovie, en Pologne en 1919. Il est l’aîné d’une famille pauvre. Dès sa jeunesse, il se joint à la jeunesse du Bétar. En 1935, il passe au mouvement du «Chomer Hatsaïr» (le jeune Gardien) et devient l’un de ses chefs.

Très tôt, il se charge d’organiser la défense des Juifs de Varsovie contre les agressions antisémites. Lorsque la Deuxième guerre mondiale éclate et que l’Allemagne envahit la Pologne, il circule entre les territoires sous contrôle soviétique et ceux dominés par les Allemands. En définitive, il revient à Varsovie pour organiser les actions de son mouvement. Il tente d’entrer en liaison avec la résistance polonaise, se procure des armes et mobilise des jeunes juifs pour participer au combat.


En octobre 1942, les organisations de résistance s’unissent (sionistes de gauche : les Poaley Tsion (Travailleurs de Sion), les partisans de Jabotinsky, le Bétar…) et créent l’OJC (l’Organisation juive de Combat) Ils n’ont pour arsenal que quelques revolvers, des grenades et des cocktails Molotov fabriqués dans le ghetto. L’organisation, commandée par Anielewicz et par Marek Edelman du Bund, entre en action, contre la volonté du Judenrat (Conseil juif créé sur l’ordre des nazis pour faire régner l’ordre dans le ghetto (à la demande des Allemands, le Conseil juif crée une police juive) et établir des listes pour la déportation. L’OJC crée un kibboutz créé dans le ghetto, y organise des activités éducatives et la publication de journaux clandestins (parmi lesquels «contre le courant», et cela, entre autres, pour informer les Juifs du sort des déportés, afin qu’ils réagissent et se soulèvent. Car au départ, les Allemands leur font croire que les Juifs sont conduits vers l’Est pour travailler. Un des membres, Zalman Friedrich se sauvera même du Ghetto, se rendra jusqu’à Treblinka, découvrira la vérité en détails, et retournera au ghetto afin d’avertir les Juifs. Un des journaux du ghetto publiera une description précise du camp de Treblinka…

L’Organisation Juive de Combat attaque les SS à tous les coins de rues, libère des prisonniers, encourage la population à résister… En janvier 1943, Anielevicz et les membres se battent pour empêcher une nouvelle vague de déportation. Cette action est un succès et les Allemands se retirent du Ghetto durant trois mois. Les habitants du Ghetto profitent de cette période pour organiser le soulèvement, pour se barricader et s’armer.


Le 19 avril 1943, éclate la révolte. Des milliers de SS pénètrent dans le ghetto, accompagnés de blindés et de canons. Ils sont accueillis par une pluie de cocktails molotov. Des SS tombent et des chars sont incendiés. Les SS feront de nouvelles tentatives ratées jusqu’au jour où ils derniers décident d’incendier méthodiquement le territoire du Ghetto. Le ghetto est en flammes lorsque le 8 mai, le bunker central des chefs de la révolte, où se trouve Anielewicz, est découvert. L’endroit est alors encerclé par les SS qui y infiltrent du gaz. La plupart des combattants présents dans le bunker, trouvent la mort. Nombre d’entre eux, dont Anielewicz, décident de se suicider. Quelques combattants réussiront à s’enfuir et rejoindront la résistance polonaise. Marek Edelman est parmi eux et il rapportera plus tard un témoignage poignant de la révolte du ghetto.

Après la guerre, les rescapés du «Chomer Hatsaïr» de Pologne, créent le kibboutz de Yad Mordehaï à la mémoire d’Anielewicz. Malgré la fin tragique et amère du Ghetto de Varsovie, de nombreux témoignages écrits et oraux à propos des actions d’Anielewicz et de ses camarades ont fait de lui le symbole du soulèvement juif durant la Shoah

GERTIE BOYARSKI


BIOGRAPHIE
PORTRAIT











GERTRUDE « GERTIE » BOYARSKI (1922-2012) CJN_04-GERTRUDE « GERTIE » BOYARSKI
« Je suis retournée vers les partisans qui devaient m’emmener au commandant Bulak.
 Et j’ai dit: » Vous savez, je veux revenir parce que tout le monde a été tué et que je reste toute seule ».
 Il a dit: « Ouais, je sais que vous les filles voulez rejoindre le groupe pour prendre du bon temps. Tu ne veux pas te battre ».
 J’ai dit: « Non, je veux me battre. Je veux venger mes soeurs et mes frères et mes parents ».
 Il a dit: «Eh bien, je vais te prendre mais à une seule condition»
 J’ai dit: «Quelle est la condition?
 ‘Tu monteras la garde pendant deux semaines, mais à un kilomètre du groupe. Nous te donnerons un cheval, nous te donnerons un fusil, nous te donnerons un pistolet. Et tout ce que tu entendras, le moindre petit bruit, tu devras nous le faire savoir.
 J’ai dit: « D’accord ».
 (Gertrude Boyarski)

 Née en 1922, le 2ème jour de Rosh Hashanah, Gertrude ‘Gertie’ Boyarski était une adolescente qui avait vécu une vie tranquille avec sa famille dans la ville de Dereczyn (Derechin), en Pologne, jusqu’à ce que les Allemands l’envahissent en 1941.
Les nazis enfermèrent la majorité des Juifs de la ville dans un ghetto, mais ils estimèrent que le père de Gertie – un boucher et peintre en bâtiment – était un Juif « utile ». Les Boyarskis furent donc emmenés dans un immeuble gardé juste devant l’entrée du ghetto. Le 24 juillet 1942, une nuit de terreur s’abattit sur le ghetto. Les Allemands commencèrent à massacrer les 3 000-4 000 Juifs de la ville. La famille Boyarski réussit à s’échapper dans une forêt voisine, où ils espéraient rejoindre une unité de partisans.
Pour faire leurs preuves aux yeux des partisans, le père de Gertie, son frère et d’autres Juifs durent s’en retourner littéralement les mains nues et attaquer le poste de police de la ville. Ils réussirent, tuèrent les gardes et emportèrent les armes et les munitions du poste, mais pendant les mois suivants, Gertie et sa famille durent rester dans un camp familial avec d’autres réfugiés non-combattants. Le camp était dénué de protection, et Gertie vit sa mère, son père, sa sœur et son frère assassinés sous ses yeux dans des attaques surprises de soldats allemands et de Polonais antisémites qui faisaient la chasse aux Juifs dans les bois.
 Privé de famille et avide de vengeance, elle quitta l’abri du camp familial où elle vivait et chercha à rejoindre un détachement partisan sous la direction du commandant russe Pavel Bulak, qui l’écarta au départ. Mais Gertie insista, disant: « Je veux me battre et venger toute ma famille ». Impressionné par sa détermination, Bulak l’accepta sous une condition: elle devait monter la garde seule pendant deux semaines, à un kilomètre du campement partisan. « J’étais seule dans les bois … chaque fois que j’entendais un petit bruit, je pensais que c’était des Allemands … Deux semaines – c’était comme deux ans ». Mais Gertie persista et fut acceptée dans le groupe.
Elle combattit avec les partisans pendant trois ans, attaquant avec détermination les soldats allemands qui venaient dans les villages environnants. Gertrude obtint le plus haut honneur militaire de l’Union soviétique, l’ordre de Lénine.
En l’honneur de la Journée internationale de la femme, Gertie et son amie – toutes deux adolescentes – se portèrent volontaires pour une dangereuse mission: démolir un pont en bois utilisé par les Allemands. Comme ils n’avaient pas d’explosifs, ils marchèrent jusqu’à un village du coin et demandèrent du pétrole et de la paille.
Quand on leur répondit qu’il n’y en avait pas au village, Gertrude et ses amis dégainèrent leurs armes et donnèrent cinq minutes aux villageois pour trouver les fournitures. Les villageois obéirent rapidement. Gertie et son amie se faufilèrent jusqu’au pont, préparèrent le feu et l’allumèrent. Les soldats allemands aperçurent les flammes et commencèrent à tirer.
 En réponse, les filles saisirent des morceaux brûlants du pont et les jetèrent dans la rivière jusqu’à ce que le pont ait été détruit. « Nous ne nous sommes pas dégonflées », dit Gertie. Gertie et ses partisans accomplirent de nombreuses autres missions pour combattre l’ennemi.
En 1945, elle épousa un camarade partisan, et ils s’installèrent aux États-Unis. Gertie resta toute sa vie aux prises avec la question: pourquoi avoir survécu à la guerre quand tant de personnes périrent. « J’étais la seule à avoir survécu. Pourquoi? Pourquoi? Je me pose toujours cette question. » Son message à ceux qui étudient la Shoah était que «ils ne devraient pas avoir peur de leur identité, quelle que soit la couleur, la race ou la nationalité – et ils devraient se battre pour cela». Gertrude s’est éteinte le 17 septembre 2012, premier jour de Rosh Hashanah, à l’âge de 90 ans. (Source: Jewish Partisan Educational Foundation)
http://yiddishpourtous.org/2017/07/20/gertrude-gertie-boyarsk/


ZIVIA LUBETKIN



1943
COURIERS
ANTEK









1914-1976

Zivia Lubetkin, en polonais : Cywia Lubetkin, en hébreu : צביה לובטקין, nom de guerre : Celina, est née le 9 novembre 1914 à Byteń en Pologne. Elle est l'une des dirigeantes de la Résistance juive pendant la Shoah à Varsovie occupée. Elle est la seule femme du commandement du groupe de résistance Żydowska Organizacja Bojowa, l'Organisation juive de combat, et participe au soulèvement du Ghetto de Varsovie et à l'Insurrection de Varsovie. Elle survit à l'Holocauste en Pologne occupée et migre en Palestine mandataire, en 1946, à l'âge de 32 ans

https://yiddishpourtous.org/2017/08/12/zivia-lubetkin/
« Elle avait des yeux flamboyants et un regard pénétrant », rappellaient ceux qui ont connu Zivia Lubetkin, ajoutant qu’elle « était simple et directe, exigeant le maximum d’autrui et d’elle-même. Pour elle, la pensée et l’action ne faisaient qu’un. »



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