Plan general : famous jews

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    MAX OPHULS

  • ART
    BIO
    FESTIVAL
    FILMS
    FICHE
    1940
    LOLA MONTES



    "Le bonheur n'est pas gai"

    Maximilian Oppenheimer
    06 mai 1902 à Sarrebruck (Sarre, Allemagne)-26 mars 1957 à Hambourg (Hambourg, Allemagne)

    MAX OPHULS, UN CINEASTE INCLASSABLE


    Le 22 décembre 1955, c'est en quelque sorte à un douteux remake de la bataille d'Hernani qu'assistent, au Marignan, les invités à la première de Lola Montès. Les jeunes voient dans le dernier film de Max Ophuls, - inspiré de la biographie de Cecil Saint Laurent-, l'emblème de la vitalité, le symbole le plus éclatant de l'esprit créatif enfin délivré de toutes les contraintes. Pour eux, la page Renoir est alors définitivement tournée. D'un autre côté, dans les tranchées, certains critiques établis proclament ex cathedra que ce "navet burlesque" déshonore le cinéma français. Il dénoncent l'excès d'affectation des scènes de cirque, des mouvements de caméra par trop sophistiqués, un flot de créativité mal jugulée et mal orchestrée, sans parler de l'usage audacieux des couleurs et du Cinemascope. Face au déluge de critiques, Jean Cocteau, Jacques Becker et Jacques Tati font signer à de nombreux réalisateurs et artistes une pétition de soutien à Ophuls qu'ils publieront dans Le Figaro. Le film défraie également la chronique mondaine. L'interprète de Lola Montes, Martine Carol a en effet fait chavirer le coeur d'un ministre de la quatrième République, futur président de la République, qui la poursuivra longtemps de ses assiduités.

    Mais bien avant de porter à l'écran la "vie scandaleuse" de Lola Montes, Ophuls avait déjà brillamment réussi plusieurs portraits de femme. S'il est un cinéaste dont l'œuvre échappe à coup sûr à ce que Truffaut appelait « la tristesse infinie des films sans femmes », c’est bien Max Ophuls, tant il est vrai que chacun de ses longs métrages, de Liebelei à Lola Montes, en passant par Divine, Werther, Lettre d’une inconnue, La Ronde, Le plaisir, Madame De… et bien d’autres, semble être un hymne à l’éternel féminin. A l'instar de Josef von Strenberg, Ophuls affectionne les drames romantiques, multiplie les intermèdes musicaux, est fasciné par les masques et les costumes, et s'attache à dépeindre des personnages féminins inoubliables. Comme Von Sternberg dépeint des hommes initialement forts et puissants, souvent des hommes en uniformes qui se retrouvent très vite incapables de maîtriser leurs émotions et leurs sentiments, face à des "femmes déchues". Et pourtant, comme le soutiendra Truffaut, "Ophuls est l'avocat de ses héroïnes, le complice des femmes".

    Quarante cinq ans après sa mort, que pouvons nous retenir de l'oeuvre de Max Ophuls ? Célébré dans les années soixante dix, reconnu pour maître par Godard, Demy, Rivette, Truffaut, Rossellini et même Kubrick, il semble être aujourd’hui tombé dans une certaine désuétude et il est de bon ton d’ironiser sur son côté excessivement kitsch et rétro. Et pourtant, Ophuls fait partie, avec Fritz Lang et quelques autres, de cette confrérie de « cinéastes sans frontières », imprégnés d'une esthétique particulière à la République de Weimar et de l'esprit de la Miteleuropa et qui, contraints de fuir l’Allemagne nazie, ont vécu en France et aux Etats-Unis. Il appartient également à cette confrérie de « cinéastes littéraires » comme Stroheim ou Rossellini, dont le cinéma est empreint de multiples influences historiques et romanesques.

    Germano-franco-américain, Max Ophuls, né Oppenheimer, a vu le jour en Sarre, haut-lieu du métissage transfrontalier. Très vite, il montrera un goût pour les arts, refusant de reprendre l'entreprise de confection que gérait son père. Son adolescence n'est pas sans rappeler celle du jeune Werther, du moins par l'exaltation, le romantisme débridé. Il accumule les petits rôles d'acteurs. Il tarde à prendre la mesure du danger national socialiste.

    Profondément marqué par les oeuvres de Schnitzler et Maupassant, par la musique d'Offenbach, Ophuls ne cessera de leur rendre hommage soit directement comme dans Werther, soit à travers de multiples clins d'oeils qui émaillent son oeuvre. Au delà de la peinture sans concession d'une bourgeoisie européenne se complaisant dans un romantisme qui portait en lui les germes de sa destruction, Ophuls semble lancer de subtils appels à la résurrection du véritable esprit des Lumières, celui qui régna brièvement avant de se voir perverti par ceux qui voudront à tout prix réussir l'impossible synthèse entre les idées de Jean-Jacques Rousseau et celles de Joseph de Maistre.

    S'il connaît son premier grand succès de réalisateur dès 1933 avec Liebelei, Ophuls se sentira toujours mal aimé, incompris. Les critiques les plus anodines blessent cet homme à la sensibilité exacerbée. « La foule n’a aucune patience esthétique », disait-il lui même, rendu amer par les controverses et l’accueil mitigé que les critiques ont réservé à La Ronde (1950) et à Madame de…(1953).



    Il faut dire que La Ronde est l'un des films de la seconde moitié du XXème siècle qui ont été le plus mal compris et le plus dénigrés par les critiques, qui feront œuvre expiatoire quelques décennies plus tard en sombrant dans l'admiration béate. Film avant-gardiste dans tous les sens de l'expression, La Ronde oscille inlassablement entre réalité, fiction et artifice. Le narrateur s'adresse directement à la caméra et décrit l'action de façon purement symbolique, loin de la sacro-sainte approche "littérale" des cinéastes d'Hollywood.

    Ophuls est qualifié de "cinéaste baroque" par des critiques pressés et soucieux d'apposer des étiquettes et de ranger tout un chacun dans des catégories poussiéreuses et mal définies. Cette qualification de baroque l'irritera au plus haut point, non pas parce qu'il serait infamant d'être un cinéaste baroque mais tout simplement parce qu'elle ne correspondait pas à la réalité d'un homme inclassable et dont l'œuvre ouvre la voie à une rare multiplicité de grilles de lectures.

    Mais l'amertume d'Ophuls n'avait point pour unique origine ce qu'il percevait comme un manque de reconnaissance de son oeuvre. Ophuls ne s'est en fait jamais senti chez lui à Hollywood. Il donnait le change, s'efforçait de faire contre mauvaise fortune bon coeur, mais sa Sarre natale était toujours dans son esprit. Son épouse racontera que lors de son retour en Allemagne, après la guerre et le succès, alors qu'ils étaient attablés dans un petite auberge sur l'autoroute Munich-Salzbourg, deux paysans le reconnurent et s'écrièrent : "Joyeux retour dans la vieille patrie !" Ophuls quitta alors précipitamment son épouse qui le retrouvera quelques instants plus tard, effondré et en larmes, la tête sur le volant de sa voiture.

    Ce malaise est déjà perceptible dans L'Exilé, premier film "américain" d'Ophuls, dans lequel Douglas Fairbanks Jr, dans un de ses meilleurs rôles, campe un Charles II Stuart qui parviendra grâce à l'amour d'une fleuriste ingénue à échapper aux traquenards que lui tendent les soudards de Cromwell. Ce n'est qu'au terme de nombreuses péripéties qu'il parviendra à rejoindre l'Angleterre et à remonter sur son trône.

    Certains vont jusqu' à analyser toute l'oeuvre d'Ophuls à travers le thème de l'exil. Les personnages qui disparaissent subrepticement pour resurgir quelque temps plus tard seraient en quelque sorte les Némesis du cinéaste, éternel voyageur qui pourtant est toujours lui-même.

    Jamais Ophuls n'a transigé d'une quelconque manière avec les principes auxquels il croyait. Idéaliste sans donquichottisme, révolté sans être subversif, fidèle à lui-même sans pour autant rejeter le pragmatisme, on pourrait lui appliquer cette phrase d'Edmond Rostand : "Ne le plaignez pas trop, il a vécu sans pactes, libre dans son esprit autant que dans ses actes."

    Ce refus des compromissions a amené Ophuls a renoncer en 1950 a l'un des projets qui lui tenaient le plus à cœur, à savoir un film avec Greta Garbo et James Mason. Faute de financement, La Duchesse de Langeais ne verra jamais le jour et ce film non réalisé restera dans l'esprit des cinéphiles comme l'exemple d'un magnifique projet avorté pour des raisons bassement matérielles.

    Cette fondamentale autonomie, ce côté réfractaire à toutes les étiquettes, ce dédain viscéral envers les marchands du temple, cette intransigeante indépendance d'esprit nous amènent à nous demander si un Max Ophuls pourrait percer dans le monde cinématographique tel qu'il fonctionne aujourd'hui, avec ses chapelles et ses baronnies, ses assujettissements à toutes sortes de contraintes, esthétiques aussi bien que financières et commerciales. Ophuls se serait-il plié aux exigences des studios hollywoodiens d'aujourd'hui ? il est permis d'en douter

    Karim Emile BITAR

    THEODORE HAROLD MAIMAN


    BIO
    LASER
    HISTORIQUE
    SCIENCE
    ARME




    Maiman, Theodore Harold (1927-2007), physicien et ingénieur américain, qui a mis au point en 1960 le premier laser.

    Né à Los Angeles (Californie), Theodore Harold Maiman fait ses études à l’université du Colorado puis à l’université Stanford, où il obtient sa maîtrise d’ingénierie électrique en 1951 et son doctorat de physique en 1955. Il démarre sa carrière professionnelle dans les laboratoires de recherche californiens HRL (Hughes Research Laboratories) — une société du milliardaire Howard Hughes — et parvient le premier (le 16 mai 1960) à produire une impulsion de lumière cohérente à partir d’un laser, en utilisant comme milieu actif un barreau de rubis.

    Le manque d’intérêt de sa société pour son invention l’amène à créer sa propre entreprise en 1962, la Korad Corporation, spécialisée dans la production et la recherche de lasers. En 1968, la firme Union Carbide rachète sa société, ce qui l’encourage à créer une seconde entreprise (Maiman Associates), puis une troisième (Laser Video Corporation), spécialisée dans la conception de lecteur vidéo laser. En 1976, il accepte le poste de vice-président de la société TRW Electronics, participe en tant que conseiller scientifique au magazine Industrial Research Magazine (devenu Research & Development Magazine), puis s’établit comme consultant indépendant à Vancouver au Canada.

    Une découverte ignorée, voire méprisée

    Après la mise au point du maser en 1953 par les Américains Charles Townes et Arthur Schawlow, et de leur publication en 1958 (Infrared and Optical Masers) stipulant la possibilité de réaliser un maser dans le domaine de la lumière visible à l’aide de vapeurs alcalines, autrement dit de réaliser un laser à gaz, la course à la réalisation du premier laser est lancée. D’énormes budgets, en particulier du Pentagone et des grands centres de recherche (Bell Labs, RCA Labs, IBM, Siemens, etc.) sont investis pour mettre au point ce dispositif révolutionnaire. C’est dans ce contexte très concurrentiel que Theodore Maiman démarre ses travaux au sein des laboratoires HRL. Isolé et disposant de moyens très réduits par rapport à ses confrères des grands laboratoires de recherche, il ne suit pas les conseils des deux physiciens ni de ses confrères qui ont écarté la possibilité de réaliser un laser à solide, et opte pour l’utilisation d’un rubis comme milieu actif. Le 16 mai 1960, Theodore Maiman parvient à faire fonctionner le premier laser de l’histoire.

    Mais alors que sa découverte aurait dû lui ouvrir les chemins de la gloire, il rencontre d’énormes difficultés à faire reconnaître et breveter son invention. Le prestigieux journal américain Physical Review Letters refuse de publier sa découverte, qui le sera finalement par la non moins prestigieuse revue britannique Nature en août 1960 sous le titre Stimulated Optical Radiation in Ruby. En fait, dès la présentation de son laser lors d’une conférence de presse, un journaliste lui reproche l’application militaire de son invention transformée en « rayon de la mort ». Cette image de science-fiction sera rapidement dépassée par les réelles applications médicales et industrielles des lasers.

    Theodore Maiman publie en 2000 un livre intitulé The Laser Odyssey, dans lequel il raconte les difficultés rencontrées pour mettre au point sa célèbre invention et obtenir la reconnaissance de ses pairs. Le livre met ainsi en lumière des aspects moins honorables du monde scientifique, en particulier le poids de l’establishment.

    Nominé à deux reprises pour le prix Nobel de physique, qu’il n’obtiendra finalement pas, Theodore Maiman reçoit toutefois le prix Wolf en 1984, ainsi que le Japan Prize en 1987 (équivalent japonais du prix Nobel). Il obtient également la reconnaissance de ses pairs américains en devenant membre de la National Academy of Science et de la National Academy of Engineering.encarta

    UNE TECHNIQUE OMNIPRÉSENTE : Les lasers sont partout, en particulier dans le domaine de l’imagerie scientifique où ils sont abondamment utilisés en spectroscopie, en optique, en holographie ; ils servent aussi à mesurer les vitesses, les distances, etc. Il existe pratiquement autant de types de lasers que d’applications. Leur importance est liée aux caractéristiques de la lumière qu’ils émettent. Celle-ci a une « luminance » et une « directivité » extrêmes. Le faisceau lumineux, aveuglant, est très étroit ; il ne semble jamais s’élargir. Cette lumière est « monochromatique », c’est-à-dire qu’elle ne possède qu’une seule couleur, plus précisément une seule longueur d’onde (voir Repères). Si le premier rayonnement laser est obtenu, en 1960, par Theodor Maiman, un chercheur américain, c’est Albert Einstein qui avait ouvert la voie en démontrant qu’il était possible d’amplifier la lumière. Un raisonnement théorique qui sera conforté ensuite par la mécanique quantique et la physique des particules. Dans la pratique, le progrès décisif sera accompli grâce au... radar.
    Schématiquement, celui-ci fonctionne en émettant une onde électromagnétique et en analysant l’écho qu’il reçoit. Pour concevoir des radars plus efficaces, des chercheurs réalisèrent des processus qui amplifiaient le rayonnement. Un dernier pas restait à franchir : amplifier les ondes du spectre visible.
    Ce sera fait en 1960. Un laser peut être comparé à une baignoire (le milieu « amplificateur ») dans laquelle bouillonneraient les photons. Deux miroirs (qui composent le « résonateur ») sont disposés à chaque extrémité de cette baignoire. Ils jouent un double rôle : réinjecter les photons dans l’amplificateur et laisser passer un peu de lumière, c’est-à-dire le rayonnement laser. cndp

    GREGORY PINCUS

    BIO
    PORTRAIT
    DOSSIER
    AUDIO
    PILULE
    E BAULIEU
    CANAL
    HISTOIRE
    REVUE

    En 1956, Le Dr Grégory Pincus crée la première pilule contraceptive



    En France, une loi « scélérate », depuis 1920, réprime avortement et contraception : « Sera puni d’un mois à six mois de prison [...] quiconque dans un but de propagande anticonceptionnelle aura [...] décrit ou divulgué ou offert de révéler des procédés propres à prévenir la grossesse ou encore facilité l’usage de ces procédés ». Phénomène rare, une intention est condamnée !

    Il faut attendre la loi Neuwirth en 1967 pour voir la contraception dépénalisée, et la loi Veil (1974) pour pouvoir avorter librement. Mais l’avortement reste menacé dans les pays mêmes où il est autorisé par des religieux « Pro-life » !collectif smolny



    Endocrinologiste américain, né le 9 avril 1903 à Woodbine (New Jersey - États-Unis), mort le 22 août 1967 à Boston (Massachusetts - États-Unis).
    Le Dr. Gregory Pincus fut l'un des principaux scientifiques impliqués dans le développement du premier contraceptif oral. Les premières tentatives de mise au point d'un pilule contraceptive datent du début des années 1950, et Gregory Pincus, stimulé par Margaret Sanger, commence un programme de recherches à la Fondation Worcester, qu'il dirige à Boston. Il cherche à édifier une méthode contraceptive hormonale fondée sur la physiologie ovarienne pendant la grossesse. Durant la grossesse, l'ovulation cesse, ce qui peut être lié à l'augmentation de la sécrétion de progestérone : cette hormone pourrait servir de «contraceptif naturel». Afin de tester cette hypothèse, Pincus et Chuey Chang administrent des doses élevées de progestérone à des lapines : l'ovulation est interrompue. Pincus administre du stilbestrol en première partie du cycle, puis de la progestérone au cours de la seconde partie. Cette séquence suspend la survenue des règles. Pincus préconise l'emploi de progestérone pendant trois semaines, et il suspend le traitement pour déclencher les règles et reprend le régime progestatif au cinquième jour. Hélas, l'expérience n'est guère concluante : 15 pour cent des femmes traitées continuent à avoir un cycle ovulatoire normal.
    On ignorait alors que la progestérone, administrée par voie orale, est quasi inactive. Après de nombreux essais infructueux avec des dérivés de la testostérone (hormone mâle, le premier progestatif actif par voie orale, la noréthistérone, naît le 15 octobre 1951, synthétisé par George Rosenkrantz et Carl Djerassi, au sein de la filiale mexicaine des Laboratoires Syntex. L'équipe de Franck Colton, des laboratoires Searle, entreprend de synthétiser une autre série de dérivés de la progestérone. On y teste le norétynodrel, le plus actif des progestatifs, dépourvu d'activité androgénique. Les premiers essais sont difficilement interprétables, en raison d'une contamination chimique par un puissant estrogène, le 3-méthyléthinylestradiol. Sans le savoir, Pincus avait étudié une association oestro-progestative. Sous le nom de mestranol, cet ester sera, par la suite, effectivement adjoint au norétynodrel à très faibles doses, car il permet de régulariser les règles. Sur les 221 femmes mariées recevant l'association, aucune n'eut de grossesse pendant la période de l'étude, sauf celles qui avaient interrompu le traitement. L'association des deux stéroïdes fut commercialisée en 1959 aux États-Unis. L'année suivante, l'indication de «contraception» était approuvée. La concentration fut diminuée de moitié lors de la commercialisation de l'Enidrel ® en France. Au fil des ans, une course au mini-dosage fut lancée. La recherche du «naturel» est restée une obsession constante des pharmacologues de la contraception. Recherche paradoxale, tant est artificielle la recherche de l'infertilité georges dolisi


    les femmes sont des hommes comme les autres
    Grâce à des hormones, le Dr Pincus avait offert aux femmes la maîtrise de leur fécondité et leur avait rendu possible une sexualité libérée de grossesses non désirées. Plus prosaïquement, d'un point de vue physiologique, l'action de sa pilule revenait à rendre les règles... inutiles

    JULIUS ROSENWALD



    BIO
    SITE
    Juifs et Noirs

    Julius Rosenwald


    "Treat people fairly and honestly and generously and their response will be fair and honest and generous"


    En 1913, Julius Rosenwald, président de la célèbre chaîne de grands magasins Sears et Roebuck pouvait théoriser une pratique qui demeure dominante aujourd'hui encore : sa fondation devrait être entièrement éteinte 25 ans après sa mort . De son vivant, il contribua à la création de 5400 écoles pour les enfants noirs du Sud des États-Unis. Entre les deux guerres on estimait ainsi à 60 % les Noirs américains ayant accompli leurs classes primaires dans des écoles Rosenwald…


    En 1902, Theodor Herzl qui venait de jeter les bases du sionisme politique, regardait déjà vers un autre problème, une autre "détresse nationale" "dont seul un Juif peut mesurer la profonde horreur et qui n’a pas reçu de solution à ce jour". "Des hommes parce qu’ils étaient noirs ont été capturés comme des animaux, déportés, vendus. Leurs descendants ont vécu loin de leur pays, haïs et méprisés parce qu’ils étaient d’une autre couleur. Je ne suis pas gêné de le dire même si l’on se moque de moi ; après avoir vécu le retour des Juifs, je voudrais aider à préparer le retour des Noirs", ainsi s’exprime un des personnages du célèbre roman utopique Altneuland


    L'alliance judéo- noire aux Etats-Unis

    A l'origine, le rapprochement entre les Juifs et les Noirs aux Etats-Unis n'était pas dû aux seules considérations intellectuelles. Les uns et les autres affrontaient des agressions provenant des mêmes adversaires.
    Dans la nuit du 15 août 1868, un groupe d'hommes masqués du Ku Klux Klan brisa la devanture du magasin de S. A. Bierfeld, Juif russe installé à Franklin (Tennessee). Les tueurs assassinèrent Bierfeld et son employé noir, Lawrence Bowman Bierfeld était connu pour être un républicain radical, favorable â la politique de reconstruction. Il faisait travailler le Noirs libérés. Cela lui valut d'être le premier Juif lynché au États-Unis . A l'époque, les Juifs étaient peu nombreux. Ils eurent un rôle modeste dans la politique de reconstruction ainsi qu dans le mouvement abolitionniste qui précéda la guerre ô Sécession. On observe cependant qu'environ six mille juif combattirent dans l'armée de l'Union. Selon L. O. Davis « Ils donnèrent leurs vies, la vie de leurs enfants, leur argents leurs biens, afin d'aider â détruire l'esclavage . » On observe en même temps que mille deux cents ou mille cinq cent Juifs combattirent dans l'armée de la Confédération. Judah P. Benjamin, Juif séfarade né dans les îles Vierges, planteur et homme d'affaires prospère, fut nommé secrétaire â la Guerre dans le gouvernement de la Confédération.
    Paradoxalement, la plupart des Juifs du Sud n'avaient pas d'esclaves. Leur engagement, moins idéologique que celui des Juifs du Nord, était lié au sentiment traditionnel de loyauté des communautés juives vis-à-vis des citoyens parmi lesquels elles sont installées.

    Les Juifs se manifestèrent en force dans les mouvements en faveur des Noirs à partir des années 1890-1900. Le philanthrope juif Julius Rosenwald donna des millions de dollars aux organisations noires et à l'institut Tuskegee de Booker T. Washington; certains notèrent que Rosenwald fut beaucoup moins généreux avec les institutions juives ...
    Des Juifs occupèrent des postes importants dans les principales associations noires à leur création. Joël Spingarn, un des fondateurs de la NAACP, en fut le président de 1930 à 1939. Son frère, Arthur Spingam, lui succéda. Le comité directeur de la National Urban League, fondée en 1911, comprenait un tiers de Juifs. Il semblait aller de soi que les Juifs et les Noirs se défendissent ensemble; ils se trouvaient en somme dans le même bateau. Lors de la période de crise économique, l'antisémitisme était au plus haut. Les racistes organisés lynchaient les Noirs et brûlaient les magasins juifs. Dans les quartiers pauvres, les nouveaux immigrants juifs étaient la cible des voyous . L'attitude des Juifs vis-à-vis des Noirs différait de celle des autres Blancs. L. O. Davis se souvient que les commerçants juifs étaient les seuls à permettre aux Noirs d'essayer leurs habits ou leurs chaussures avant de les acheter. En plus, ils acceptaient de faire crédit. Leur amabilité, sans doute un peu paternaliste, était tout de même appréciée. L'écrivain Richard Wright retrace des souvenirs d'enfance semblables à propos de son premier emploi à son arrivée dans le Nord chez les boutiquiers juifs: « Leur attitude s'était montrée absolument stupéfiante. Ils prélevaient du temps sur leurs travaux à la boutique pour me parler, je n'avais jamais rencontré pareil comportement chez les Blancs auparavant . » De leur côté, les Noirs soutinrent les causes juives. Le poids des problèmes internes ne les empêcha pas d'observer ce qui se passait ailleurs, et ils furent parmi les premiers à s'inquiéter de la montée du fascisme en Europe. Ses lorsque l'Italie envahit l'Éthiopie, ils organisèrent de nombreux comités de soutien. Ils se mobilisèrent contre Hi~ qui, en 1936, aux jeux Olympiques de Berlin, refusa de serrer la main aux deux grands athlètes noirs Jesse Owens . Ralph Metcalfe. Les leaders noirs A. Philip Randolph . Walter White déployèrent toute leur énergie pour que .. Noirs pussent entrer sans discrimination dans l'armée am6 ricaine afin de combattre le nazisme. Le même WalWhite, directeur exécutif de la NAACP, fut fortement sollicité après la guerre par les responsables sionistes, pour qu'i intervînt auprès des États noirs, en particulier Haïti et le Liberia, qui avaient annoncé leur intention de voter contre la création de l'État juif. Malgré ses réticences, provoquée! autant par ses doutes que par les pressions insistantes des Juifs, White se prononça pour le partage, « parce que la Palestine semblait être le seul havre dans le monde pour près d'un million de Juifs européens ». Finalement, la Liberia, Haïti et les Philippines, que White avait aussi influencées, votèrent la résolution. Après la création dc l'État d'Israël, la NAACP adopta la déclaration suivante, le 26 juin 1948: « La lutte courageuse du peuple d'Israël pour l'indépendance sert d'inspiration à tous les peuples persécutés à travers le monde. Nous saluons l'établissement du nouvel État d'Israël et l'accueillons dans la famille de! Nations »...
    Maurice Dorès, La Beauté de Cham, Mondes Juifs, Mondes Noirs, Balland, Paris, 1992


    Julius Rosenwald (12 août 1862 - 6 janvier 1932) américain philanthrope.Il est surtout connu en tant que propriétaire et dirigeant de Sears, Roebuck and Company, Rosenwald a donné des millions pour soutenir l'éducation des Afro-Américains et d'autres causes philanthropiques dans la première moitié du 20e siècle.Il était aussi le fondateur et le principal bailleur de fonds pour le Musée de la Science et de l'industrie de Chicago à laquelle il a donné plus de cinq millions de dollars et a servi en tant que président (1927-1932).

    LUDWIG GUTTMAN


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    Prof. Sir Ludwig Guttmann




    "If I ever did one good thing in my medical career, it was to introduce sport into the treatment and rehabilitation of disabled people."
    (Sir Ludwig Guttmann, 1967)


    3 juillet 1899 à Toszek - 18 mars 1980 neurochirurgien Juif allemand.

    L'odyssée des Paralympiques

    Ludwig Guttman, le Pierre de Coubertin des Jeux Paralympiques

    L’origine des Jeux Paralympiques remonte à la fin de la seconde Guerre Mondiale. Neurochirurgien à l’hôpital de Stoke Mandeville, en Angleterre, le docteur Ludwig Guttman insuffle en effet une nouvelle approche de rééducation par le sport en organisant des jeux sportifs à l’attention de ses patients en fauteuil, pour la plupart anciens combattants blessés sur le front. Mais son ambition ne s’arrête pas là. Le 28 juillet 1948, jour de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Londres, il décide d’inaugurer les Stoke Mandeville Games, première rencontre sportive nationale pour personnes handicapées. Au fil des années, la manifestation s’ouvre à plusieurs pays et prend une dimension internationale. A partir de 1951, ces compétitions se structurent, se développent et deviennent des championnats d'Europe et du Monde dans de nombreuses disciplines. Il faudra cependant attendre 1960 et les Jeux Olympiques de Rome pour qu’aient lieux les premiers Jeux Paralympiques, dont l’appellation prend ses racines dans le mot grec "para", qui signifie avec ou à côté. Organisée dans la capitale italienne après la cérémonie de clôture des JO, la compétition voit s’affronter, dans 8 disciplines, quelque 400 athlètes paraplégiques venus d’une vingtaine de pays.

    JO et Paralympiques : les étapes du rapprochement


    Le handisport entre dans l’Olympisme à Rome en 1960, où sont organisés les premiers Jeux Paralympiques.

    Depuis 1960, les Jeux Paralympiques se déroulent tous les quatre ans dans la foulée des Jeux Olympiques. A Toronto en 1976, la compétition s’ouvre à d'autres catégories de handicap, intégrant pour la première fois les athlètes déficients visuels. Durant la même année se tinrent les premiers Jeux Paralympiques d'hiver en Suède. L’année 1982 est marquée par la création du Comité international de coordination des organisations de sport pour les handicapés (CIC). Il sera remplacé en 1989 par le Comité international paralympique (CIP), composé de 160 comités paralympiques et de cinq fédérations internationales. Depuis les Jeux d’été de Séoul en 1988 et ceux d'hiver à Albertville en 1992, Jeux Olympiques et Paralympiques ont toujours lieu dans la même ville et sur les mêmes sites, mais à environ 15 jours d’intervalle. Les Jeux d’Atlanta en 1996 marquent l’arrivée des déficients intellectuels dans la compétition. Le mouvement paralympique comporte alors six catégories de personnes handicapées : les athlètes amputés, les sportifs en fauteuil roulant, les malvoyants, les paralysés cérébraux, les déficients intellectuels et les sportifs atteints de malformations congénitales. Depuis les Jeux Olympiques d'hiver de 2002 à Salt Lake City, un seul et même comité d'organisation est chargé de l'accueil des Jeux Olympiques et des Jeux Paralympiques.

    Le tremplin australien
    Les Jeux Paralympiques fêtent leurs 40 ans à Sydney, en 2000. Un anniversaire couronné de succès. Plus de 3800 athlètes venus de 123 nations prennent part aux compétitions, soit 10 fois plus qu’en 1960 à Rome. Le programme des épreuves s’est lui aussi étoffé au fil des Paralympiades, avec désormais 18 disciplines, contre 8 à l’origine. Au cours des onze jours de compétition, 300 records du monde et records paralympiques sont pulvérisés, illustrant également la progression constante du niveau de performance des athlètes. La ferveur sportive gagne les stades. Un million de billets sont ainsi vendus, soit deux fois plus qu’à Atlanta. Les Paralympiques deviennent la deuxième manifestation sportive la plus importante par son ampleur, juste derrière les JO. Deux tâches d’ombre viennent toutefois noircir le tableau avec les premiers cas de dopage, qui aboutissent à l’exclusion de dix haltérophiles et d’un sprinter. La participation des sportifs handicapés mentaux est également mise à mal suite à la découverte d'une fraude sur la sélection des joueurs de basket-ball espagnols. 10 d’entre eux ne présentaient en effet aucune déficience intellectuelle. Conséquences, l’Espagne a dû rendre sa médaille d’or et les compétitions des athlètes déficients intellectuels ont été reléguées à des épreuves de démonstration pour les Jeux d’Athènes.



    Notons l'extraordinaire Palmares au JO Paralympic 2006 de l'Israelien Mamistvalov Itzhak en Natation
    En 2004 a 25 ans,il a remporté la médaille d'or au 100 mètres nage-libre, établissant un nouveau record paralympique dans cette discipline en 2:35.24, soit quatre secondes de moins que le précédent record qu'il avait établi quatre ans plus tôt à Sydney. La médaille d’argent lui revient également pour le 200 mètres nage libre.

    GEORGE WALD


    PRIX NOBEL 1967
    BIOGRAPHIE
    HOMARD
    BIO
    BIOLOGIST

    "Pour la découverte sur les processus visuels physiologiques et chimiques primaires de l'oeil" ( avec Ragnar Granit et Haldan Keffer Hartline )

    George Wald (18 novembre 1906-12 avril 1997) est un biochimiste américain


    Wald naît à New York de parents immigrés, son père de Pologne et sa mère d'Allemagne. Il étudie à la Manual Training High School, de nos jours Brooklyn Technical High School. À la sortie de cette école Wald hésite, il obtient d'abord un B.S. en droit à l'université de New York puis se tourne vers la médecine avant d'opter pour la zoologie à l'université Columbia où il obtient son doctorat en 1932. Pendant ses études il rencontre Selig Hecht, déjà connu pour ses recherches sur la photosensibilité chez des organismes simples et chez l'homme.
    Wald reçoit une bourse de voyage, il part en Allemagne pour travailler avec Otto Heinrich Warburg, puis en Suisse avec Paul Karrer puis brièvement à nouveau en Allemagne, à Heidelberg, avec Otto Fritz Meyerhof. En 1933 l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler le pousse à rentrer aux États-Unis où il rejoint d'abord l'université de Chicago puis Harvard en 1934 où il devient professeur.
    Wald est élu à la National Academy of Sciences en 1950 et obtient le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1967 avec Haldan Keffer Hartline et Ragnar Granit « pour leurs découvertes concernant les processus fondamentaux de la physiologie et de la chimie de la vision par l'œil ».
    Wald a commencé à se tourner vers l'activisme politique vers 1965. Son Nobel lui permet d'appuyer ses vues fortes contre la guerre du Viêt Nam et la course aux armements. En 1980 il fait partie de la délégation Ramsey Clark en Iran qui négocie pendant la crise iranienne des otages.
    Avec un petit nombre de lauréat du Nobel, il voyage en 1986 à Moscou pour rencontrer Mikhaïl Gorbatchev dans un but de conseils sur des problèmes environnementaux. Par la même occasion Wald questionne Gorbatchev sur l'arrestation et la détention à Gorki de Elena Bonner et de son époux Andreï Sakharov. Wald a reporté que Gorbatchev ne semblait pas au courant. Bonner et Sakharov sont libérés peu de temps après en décembre 1986 en application de la perestroïka.
    Wald meurt à Cambridge en 1997.

    Recherches


    Pendant ses recherches post-doctorales, Wald découvre que la vitamine A est un des composants de la rhodopsine, un pigment de la rétine que l'on trouve dans les bâtonnets . il découvre aussi un composé, proche de la vitamine A de nos jours appelé rétinal et propose qu'un cycle de réaction chimique existe. Pour Wald, La rhodopsine est une protéine, l'opsine, lié à la rétinal, la rétinal est relâché lors de l'absorption de lumière puis se transforme en vitamine A, qui se lie à l'opsine pour reformer de la rhodopsine ce qui termine le cycle.
    Les années suivantes sont passés par Wald et son équipe à préciser ce cycle. Dans les rétines de poissons il découvre une forme légèrement différente de vitamine A et de rétinal qui combinés forme un nouveau pigment, la porphyropsine. Il se tourne aussi vers les pigments des cônes d'où il extrait un autre pigment, l'iodopsine dont l'absorption maximale se fait à des longueurs d'ondes plus élevé, dans le rouge.
    Après une interruption pendant la seconde Guerre mondiale, pendant laquelle Wald travaille sur un dispositif de vision infrarouge dont le fonctionnement ne sera pas satisfaisant, il retourne à ces recherches.

    Absorption de la lumière en fonction de la longueurs d'onde des bâtonnets (courbe grise) et des cônes (courbe rouge, vert et bleue)

    Dans les années 1950 Wald et son équipe montre que que l'iodopsine utilise la même forme de rétinal et de vitamine A que la rhodopsine, la différence entre ses pigments doit donc être trouvé dans la protéine lié. Durant cette période ils mesurent par spectrophotométrie l'absorption de la lumière par les pigments. Ces mesures montrent à quelles longueurs d'ondes sont les plus sensibles les photorécepteur de l'œil. Toutefois les bâtonnets étant les plus nombreux, ce qu'ils mesurent est principalement la courbe d'absorption de la rhodopsine. Plus tard, avec une technique appelé microspectrophotométrie, ils sont capables de faire des mesures directement à partir de cellules réceptrices plutôt qu'à partir d'un extrait des pigments.
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    BOBBIE ROSENFELD



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    L'athlète « Bobbie » Rosenfeld excellait dans de nombreux sports. Elle fut nommée meilleure femme athlète du Canada pendant la première moitié du XXe siècle (1900-1950).



    Athlétisme
    Fanny Rosenfeld, première de classe


    Si les pages de l'histoire des succès de l'athlétisme canadien ne sont pas encore très nombreuses, il est une grande dame qui en a écrit une des plus glorieuses. Fanny Rosenfeld demeure à ce jour l'une des plus prolifiques gazelles à avoir porté nos couleurs.

    «Bobbie» Rosenfeld, car on ne l'appelle à peu près jamais par son vrai prénom, arrive au pays quand elle n'est encore qu'un nourrisson dans les bras de ses parents, qui immigrent de Russie. En tant qu'athlète et journaliste sportive, elle connaîtra une belle carrière, qui s'étendra sur quarante ans.

    Rosenfeld fait ses premiers pas de course au Toronto Ladies Athletic Club. La jeune Bobbie n'est pas bien grande, avec ses cinq pieds et cinq pouces. Elle n'a pas l'air bien puissante non plus, mais elle est nerveuse et rapide. Surtout, elle est combative et se donne à fond dans tout ce qu'elle entreprend.

    Elle joue au hockey avec fougue, distribuant généreusement les mises en échec et semant la terreur avec son tir frappé. Sur un court de basket-ball, elle fonce avec le ballon et s'acharne sur l'adversaire quand elle veut le lui prendre. Mais c'est en athlétisme qu'elle récolte son premier trophée, lors d'une rencontre tenue à Barrie, en Ontario.

    Plus tard, à l'occasion d'un pique-nique à Beaverton, près de Toronto, elle participe à l'improviste à un sprint de 100 verges. Elle gagne la course, devançant au fil d'arrivée la championne canadienne Rosa Grosse, qui deviendra sa grande rivale. Elles partageront le record du monde du 100 verges, en 11 secondes.

    Avant de prendre part aux Jeux olympiques d'Amsterdam, en 1928, Rosenfeld établit trois records qui tiendront jusque dans les années 1950: un saut en longueur avec élan de 18 pieds et trois pouces, un lancer du disque à 120 pieds et un saut en longueur sans élan de huit pieds et un pouce.

    À Amsterdam, en compagnie d'Ethel Smith, Jane Bell et Myrtle Cook, elle décroche la médaille d'or au relais 4x100 mètres. Elle rentre au pays avec, en plus, la médaille d'argent du 100 mètres et une cinquième place au 800 mètres. En 1932, elle devient entraîneuse de l'équipe féminine canadienne d'athlétisme pour les Jeux de l'Empire (aujourd'hui Jeux du Commonwealth).

    Ennuyée par l'arthrite, Bobbie abandonne la compétition en 1933 et accepte un poste de journaliste au Toronto Globe, où elle rédige une chronique. Elle y couvrira un large éventail de sports, allant de la lutte aux courses de chevaux. Elle est d'ailleurs une des rares femmes à pratiquer le journalisme sportif, un monde encore souvent réservé à la gent masculine. Fanny Rosenfeld s'est éteinte en 1969, à l'âge de 65 ans.


    Les Femmes et le sport

    Comme beaucoup d'entre nous en savent très peu sur l'histoire des femmes dans les sports au Canada, il peut être surprenant d'apprendre qu'il y a environ 100 ans, époque où l'on pouvait croire que les stéréotypes à l'égard des femmes dominaient la société, ces dernières participaient activement et fréquemment à la vie sportive canadienne, souvent dans des sports qui aujourd'hui, sont principalement réservés aux hommes. La première partie de hockey féminin au Canada a été jouée à Ottawa, en février 1891. Les clubs de hockey féminin existaient partout au Québec au tournant du siècle. Et même si la plupart d'entre nous savons que l'équipe féminine du Canada a gagné la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Salt Lake City, peu de Canadiens connaissent l'existence des Edmonton Grads, les championnes mondiales du basketball féminin : grâce à leur succès, ce sport jouit d'une popularité sans précédent chez les Canadiennes, durant les années 1920. En 1930, l'équipe de softball des Sunnyside Ladies attirait de plus grandes foules, générait de plus importants revenus en vente de billets et suscitait une plus grande couverture médiatique que toute autre équipe de baseball ou de softball au Canada.

    C'est durant cette période que Fanny « Bobbie » Rosenfeld, une émigrée russe, s'est méritée le titre d'athlète féminine canadienne la plus accomplie de tous les temps. Connue sous le surnom de Bobbie en raison de ses cheveux courts, Fanny Rosenfeld était en 1921 la plus grande sprinteuse féminine au Canada. En 1925, elle était numéro un du 220 verges, du saut en longueur, et du lancer du poids et du disque; il n'est donc pas surprenant que Fanny Rosenfeld ait gagné la première médaille d'athlétisme du Canada aux Jeux Olympiques, soit la médaille d'argent en 1928. Elle gagna également le championnat de tennis sur gazon de Toronto et fit partie d'équipes de basketball, de softball et de hockey, son sport favori. En tant que joueuse de centre étoile pour le club de hockey AAA du nord de Toronto, et ensuite capitaine des Patterson Pats, Fanny Rosenfeld domina le hockey féminin en Ontario vers la fin des années 1920. Étonnamment, le hockey féminin de cette époque se jouait d'une manière très virile, les contacts étant autorisés. Les joueuses souffraient donc régulièrement, tout comme les hommes, de coupures et de blessures graves


    Par TED BARRIS

    Rosenfeld, Fanny, « Bobbie », athlète, journaliste sportive (Russie, 28 déc. 1905 -- Toronto, 14 nov. 1969). La plus remarquable athlète féminine canadienne de la première moitié du siècle, elle fait son entrée sur la scène internationale d'athlétisme en 1928, année de l'admission des femmes aux Jeux olympiques. Elle détient des records canadiens en course à pied, au saut en longueur sans élan et au lancer du disque. Aux Jeux olympiques d'Amsterdam en 1928, elle décroche la médaille d'argent au 100 mètres course et est la première relayeuse de l'équipe féminine canadienne de relais 4 x 100 mètres qui remporte l'épreuve en un temps record de 48,2 secondes. Rosenfeld est aussi codétentrice du record mondial de 11 secondes au 100 mètres. Elle est admise au Temple de la renommée des sports du Canada en 1949 et choisie athlète féminine par excellence de la première moitié du siècle au Canada en 1950. On a dévoilé une plaque commémorative en son honneur le 13 juin 1987 à Barrie, en Ontario, où elle a résidé.

    MILTON GREEN


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    “Milton Green athlète qui a boycotté les Jeux Olympiques de 1936 s’est éteint, à l’âge de 92 ans“...




    Catherine Beckmann

    Berlin, 1936 : des Olympiades au goût de souffre...

    Milton Green, Capitaine de l’équipe d’Athlétisme de l’Université d’Harvard, originaire du Massachusetts a, plusieurs fois, égalé les records du Monde de courses de haies. Il est considéré comme l’une des clés du succès de l’équipe olympique américaine ; pourtant personne ne va entendre son nom à l’énoncé des palmarès, car Green va boycotter les Jeux de Berlin “à cause d’Hitler et du régime nazi“... “C’était une décision très difficile à prendre à l’époque...“, confessera-t-il à un journaliste, 60 ans plus tard. “Mon camarade de chambre (Norman Cahners) et moi-même étions déjà qualifiés pour les derniers éliminatoires, dans l’État de New York, lorsque le rabbin de notre synagogue nous a suggéré, au téléphone de boycotter les Jeux. Nous avons longuement discuté entre nous et avec nos familles, avant de prendre notre décision. Cette décision-là, je ne l’ai jamais regrettée...“

    Beaucoup ont soutenu le boycott, mais les Jeux ont quand même eu lieu, aucun État ne s’en est abstenu... Pour la petite histoire, bien des années plus tard, Milton Green a gagné six médailles d’or et quatre d’argent, aux Jeux Olympiques senior de Floride, en 1984...


    Les Jeux Nazis 1936


    ADOLF Hitler fut pratiquement l’organisateur des Jeux olympiques de l’été 1936 à Berlin. Son entourage se montra bienveillant et hospitalier, offrant des réceptions somptueuses et coûteuses. Les cérémonies d’ouverture, plus grandioses que jamais, culminèrent par un lâcher de 20 000 oiseaux portant des rubans multicolores, s’élevant dans le ciel.
    Nombre d’invités étrangers quittèrent les Jeux impressionnés et éblouis.Grand manoeuvrier, Hitler avait donc atteint son objectif pour les Jeux olympiques : donner l’illusion que les nazis n’étaient pas aussi ignobles qu’on les décrivait souvent à l’étranger.
    C’est en 1932 que le Comité olympique international avait désigné l’Allemagne pour accueillir les Jeux de 1936, soit un an avant l’accession d’Hitler au pouvoir. Les compétitions d’été devaient se dérouler à Berlin et les Jeux d’hiver à Garmisch-Partenkirchen en Bavière. Au moment où le COI annonça ce choix, personne ne savait (du moins pas avec certitude) que c’était une Allemagne nazie qui accueillerait ces Jeux. En fait, l’idéal olympique internationaliste – unir les peuples du monde grâce à un festival de sports – entrait tellement en contradiction avec le nationalisme raciste et antisémite des nazis que l’idée même d’Olympiades nazies semblait aberrante.
    Le COI envisagea donc de déplacer ailleurs les Jeux de 1936, mais l’habile Hitler sut faire juste assez de concessions pour maintenir le choix de l’Allemagne.
    Il savait que les Jeux olympiques constitueraient une aubaine pour les relations publiques du Troisième Reich. Il s’avéra que le succès des Jeux olympiques contribua aussi à sceller le sort de millions de Juifs européens.
    En public,les nazis mirent en sourdine leurs sentiments antisémites durant les Jeux, bien que les Juifs allemands, y compris des athlètes juifs,aient subi de graves discriminations. Les Juifs furent exclus des clubs de sports dont ils avaient été membres. Les athlètes juifs d’Allemagne n’eurent droit qu’à des équipements séparés, de piètre qualité...


    31 octobre 1913 à Lowell, Massachusetts - 30 mars 2005


    Milton Green a égalé le record mondial en salle dans la cour de triage de 45 Hautes Haies quatre fois en 1935 et 1936 et correspondait au monde indoor marque dans le haut de 60 mètres Haies en 1936. Mais même s'il était l'un des premiers rails étoiles collégial américain de l'époque, il a néanmoins refusé d'être pris en considération pour les Jeux Olympiques de 1936 à l'appui des Etats-Unis de boycotter les Jeux Nazi.

    La course de l'Université de Harvard, Green a égalé la première marque mondiale de l'intérieur de 5,8 secondes dans le 45-Hautes Haies Yard dans un 13 janvier 1935, réunira triangulaire contre Yale et Princeton. Deux semaines plus tard, le 27 janvier, dans un Chevaliers de Colomb répondre au Boston Garden, il correspondait à l'enregistrement deux fois dans le même cas-première d'une qualification de chaleur et de nouveau en route pour remporter la course. Treize mois plus tard, maintenant Harvard track and field capitaine de l'équipe, une fois de plus Green a égalé le monde indoor 45-Haute Yard Hurdle marque dans une quadrangulaire contre la réunion de Yale, Dartmouth, et Cornell. Son monde indoor record lier la performance (7,5 secondes) dans les 60 mètres de haut sont venus Haies une participation qualifiée dans la chaleur au Millrose Games 1936 à New York's Madison Square Garden.

    Il et a été élu à la Harvard Athletic Hall of Fame en 1961.

    VITO VOLTERRA












    http://www.bibmath.net/bios/index.php?action=affiche&quoi=volterra


    Vito Volterra

     (3 mai 1860

     11 octobre 1940)

    Le mathématicien italien Vito Volterra est né d'une famille juive à Ancône en 1860. Le décès de son père, un commerçant, alors qu'il est encore un bébé de deux ans, le plonge, lui et sa mère, dans la pauvreté. Durant son enfance, il change plusieurs fois de ville, habitant successivement Turin puis Florence. Malgré cela, il se passionne pour les mathématiques dès onze ans, lisant notamment la Géométrie de Legendre. Devant le talent naissant du jeune Vito, un cousin lui trouve un emploi d'assistant dans un laboratoire de physique de l'Université de Florence, qui lui permet de poursuivre parallèlement ses études. Il entre à l'Université de Pise en 1878, dont il obtient un doctorat sous la direction de Betti en 1882. Sa thèse porte sur l'hydrodynamique et redémontre certains résultats de Stokes. Il enseigne ensuite successivement à Pise (1883), à Turin (1892), à Rome (1900, il succède ici à Beltrami). À Rome, Volterra occupe une place importante non seulement dans le milieu académique et scientifique, mais aussi dans le milieu politique. Ainsi, en 1905, il devient sénateur du royaume d'Italie, ce qui lui vaut de siéger à vie dans la plus haute chambre du parlement italien.
    Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il milite pour que son pays s'engage aux côtés des forces alliées. Lorsque ceci est effectif, il s'engage alors, malgré ses 55 ans, dans l'armée de l'air italienne, dans le corps des ingénieurs. Avec la montée du fascisme, l'engagement politique de Volterra prend une autre tournure. En 1922, il est un des signataires de la "Déclaration intellectuelle" qui s'oppose au régime de Mussolini. Quand, en 1931, tous les professeurs d'université doivent prêter allégeance à Mussolini, ils ne sont que 12 sur 1250 à refuser. Volterra fait partie d'eux. Il doit alors démissionner de son poste universitaire et le régime le prive de tous ses titres honorifiques. Il quitte alors l'Italie, voyageant le plus souvent à Paris ou en Espagne. Il revient cependant à Rome peu de temps avant sa mort en 1940. Sur le plan mathématique, Volterra est un des pères de l'analyse fonctionnelle. Il s'intéresse ainsi aux fonctionnelles (qu'il appelle des fonctions de ligne), qui sont des fonctions définies non pas sur l'ensemble des nombres réels, mais sur des ensembles de fonctions. Il est notamment le fondateur de la théorie des équations intégrales, et publie quelques articles sur les équations aux dérivées partielles. Le nom de Volterra est aussi attaché aux équations de Lotka-Volterra, qui décrivent l'évolution de la population de deux espèces, la proie et son prédateur. Ce n'est qu'assez tardivement, à partir de 1925, à la demande de son futur gendre Ancona, que Volterra s'intéresse à des modèles biologiques. Ancona se demandait pourquoi, après la Première Guerre Mondiale, alors que la pêche avait beaucoup diminué, c'est le nombre des prédateurs (les requins) plus que celui des proies (les sardines) qui avait augmenté dans l'Adriatique. Les équations de Lotka-Volterra permettent d'expliquer cela.

    GRETL BERGMANN

    gretl
    BERLIN 1936
    Ecouter Gretl Bergmann
    Holocaust Memorial Museum
    HOLOCAUST
    Martin Weiss
    BIO
    OLYMPIC
    QUIZ 1 - 2


    La championne juive allemande
    de saut en hauteur,
    Gretl Bergmann fut par la
    suite exclue de l’équipe.

    Les Jeux Nazis 1936

    En public,les nazis mirent en sourdine leurs sentiments antisémites durant les jeux, bien que les Juifs allemands, y compris des athlètes juifs,aient subi de graves discriminations. Les Juifs furent exclus des clubs de sports dont ils avaient été membres. Les athlètes juifs d’Allemagne n’eurent droit qu’à des équipements séparés, de piètre qualité.
    Pendant les entraînements précédant les Jeux d’été de 1936, Gretl Bergmann, une championne de classe internationale de saut en hauteur (et juive) atteignit le record féminin allemand : 1,60 mètre. Le 13 juin,elle reçut une lettre du Comité olympique allemand. Critiquant ses récentes performances en saut en hauteur jugées trop irrégulières, le Comité l’informait qu’elle n’avait pas été choisie comme membre de l’équipe olympique d’athlétisme de son pays.
    À l’été 1936, les Juifs allemands avaient perdu leurs droits civiques.Leurs entreprises étaient boycottées et leur vie professionnelle limitée.Ils étaient exclus des lieux publics et il leur était interdit d’épouser des non Juifs. Entre-temps, tout en développant leur politique antijuive, les nazis comprenaient que la forme physique et les prouesses sportives étaient susceptibles de renforcer le nationalisme, de favoriser la pureté raciale et de stimuler les préparatifs militaires. En conséquence, les perspectives de faire partie de l’équipe olympique de 1936 étaient quasiment inexistantes pour les Juifs. Les nominations furent réservées à ceux qui pourraient rapporter le plus d’honneur au peuple allemand et à l’État nazi.
    S’inclinant à peine sous la pression, les responsables du Reich apaisèrent le COI en autorisant une sportive juive à représenter l’Allemagne aux Jeux olympiques d’été de 1936 : Helene Mayer.

    Hitler présida l’ouverture dans l’immense stade olympique de Berlin. La cérémonie se termina par la « course au flambeau » récemment créée pour apporter le feu depuis l’ancien site des Jeux olympiques grecs jusqu’à Berlin.
    Leni Riefenstahl et son équipe étaient présents pour rendre le faste et la compétition sportive. Son film Olympia allait remporter le premier prix au festival du film de Venise en 1938.
    Certaines des meilleures séquences d’Olympia portent sur un athlète noir américain nommé Jesse Owens. Ce dernier avait connu le racisme aux États-Unis, mais aux Jeux
    olympiques de 1936, ses quatre médailles d’or furent acclamées par les critiques du régime nazi qui affirmèrent que les victoires d’Owens réfutaient les prétentions d’Hitler à la supériorité des Blancs.
    Malgré l’embarras causé aux nazis par les victoires d’Owens, Hitler et ses partisans furent plus que satisfaits de leurs succès olympiques. L’équipe allemande avait remporté plus de médailles que n’importe quelle autre. Hitler avait fort bien joué les rôles de l’homme d’État de stature internationale et de leader national bien-aimé. L’hospitalité allemande convainquit la plupart des visiteurs étrangers que le Troisième Reich avait des intentions aussi pacifiques que sa reprise économique était efficace, et que ses objectifs étaient aussi bénins que sa culture était saine et vigoureuse.
    Au moins dix sportifs juifs remportèrent des médailles aux Jeux olympiques de 1936, entre autres, Samuel Balter, membre de l’équipe américaine de basket-ball.
    Gretl Bergmann, pour sa part, émigra aux États-Unis, poursuivit sa carrière de championne d’athlétisme et respecta son voeu de ne jamais retourner en Allemagne. D’autres sportifs juifs furent moins chanceux. Leur sort montre l’ampleur colossale de la duperie que furent les Jeux olympiques nazis.
    Les nazis assassinèrent à Auschwitz Victor Perez, un Juif français qui, au début des années 1930, était champion du monde de boxe poids mouche. Lili Henoch, détentrice du record du monde de lancer de poids et de disque, fut déportée d’Allemagne en 1942 Elle fut assassinée et enterrée dans une fosse commune près de Riga, en Lettonie. Attila Petschauer, un escrimeur hongrois qui avait remporté une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 1928, mourut de froid dans un camp de travail nazi en 1943. Un Juif allemand nommé Alfred Flatow, qui avait remporté trois médailles d’or et une d’argent en gymnastique pendant les Jeux d’Athènes en 1896, mourut dans le camp de
    Theresienstadt (Tchécoslovaquie) en 1942.
    L’assouplissement de la pression antijuive prit fin peu après les Jeux de 1936.Vers la fin de l’année, la campagne antisémite visant à chasser les Juifs d’Allemagne se déchaînait.


    La chronique de Catherine Beckmann


    Beaucoup ont soutenu le boycott, mais les Jeux ont quand même eu lieu, aucun État ne s’en est abstenu...

    Côté femmes, une jeune championne de saut en hauteur, Syd Koff, (née Sybil Tabachnikoff) de l’équipe du fameux Jesse Owens a aussi dû faire face au lourd problème de conscience : participer aux Jeux et montrer à la “super race arienne“ que les athlètes juifs peuvent les battre, ou boycotter la légitimité du régime nazi... Koff se joindra à la plupart des organisations juives et refusera d’aller à Berlin... Le 1er août 1936, Hitler ouvre les 11ième Olympiades. Sous la baguette de Richard Strauss, la fanfare annonce l’arrivée du dictateur. Dans le “poulailler“ des tribunes, une femme, dans la foule debout, observe de loin ces événements. Il y a deux semaines encore, elle pensait pouvoir être parmi les athlètes sélectionnés. Depuis, elle a reçu cette lettre officielle signée du Directeur de l’Office des Sports du Reich, qui lui interdit -sous un faux prétexte- de participer aux Jeux, mais lui octroie en compensation, “de façon exceptionnelle“, une place debout, au fond du grand Stadium. Gretel Bergmann nee le 12 avril 1914 est allemande et co-recordwoman de saut en hauteur, une médaille d’or ou d’argent en puissance... Mais elle est aussi juive et a été exclue de l’équipe nationale... “Une centaine de milliers de spectateurs voyant une juive gagner, ça aurait été le paradis“ exprime-t-elle la voix encore pleine de colère, 68 ans plus tard... Installée aux États Unis après les Jeux, puis mariée, elle devient Mme Margarethe Lambert. En 1996, durant les Jeux d’Atlanta, le Comité Olympique Allemand lui demande de bien vouloir être son invitée. Bien qu’elle se soit promis de ne plus avoir à faire avec l’Allemagne, elle finit par accepter l’invitation : “Je ne pouvais pas blâmer cette génération pour ce que leurs pères et grands-pères avaient fait“.

    En 1999, les autorités allemandes la reçoivent avec honneurs à Berlin. “Je ne voulais pas participer à cela, mais quand on m’a fait remarquer que le stade dans lequel je n’avais pas eu le droit de concourir, et dont on commençait la restauration, porterait mon nom, j’ai pensé qu’un jour de jeunes Allemands demanderaient “qui était Gretel Bergmann ?“ et qu’alors on leur raconterait mon histoire et celle de cette dramatique époque ; et j’ai senti que je devais accepter de retourner à l’endroit où j’avais juré de ne jamais remettre les pieds“, déclarera plus tard. En 2002, le stade Gretel Bergmann est inauguré. Aujourd’hui, Margarethe Bergmann-Lambert a 90 ans. Lorsqu’elle a eu en main pour la première fois une photographie du stade qui porte désormais son nom, lui est revenu en mémoire l’image de cette pancarte proclamant “interdit aux Juifs et aux chiens“.

    Lire les articles sur Gretel
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    JO BERLIN

    ALFRED FLATOW


    BIO
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    CHAMPION
    ATHENE



    Né en 1869 / Décédé en 1942




    Lors des Jeux d'Athènes en 1896, Alfred Flatow remporta le concours individuel et le concours par équipe aux barres parallèles ainsi que le concours par équipe à la barre fixe pour l'Allemagne et se plaça second à la barre fixe.
    Alfred Flatow, avec ses 4 médailles, fut l'un des athlètes les plus décorés des Jeux d'Athènes.

    Le 4 Octobre 1942, à l'âge de 73 ans, Alfred Flatow fut déporté de Berlin vers le ghetto de Theresienstadt, à 65 km de Prague. Il y mourut 2 mois plus tard.
    Il fait partie des 35000 juifs qui moururent de faim pendant leur emprisonnement dans le ghetto.
    johistoire

    En 1997, la ville de Berlin a honoré la mémoire d'Alfred et son cousin Gustav Flatow en renommant ses Reichssportsfeld Strasse (rue de la National Sports Complex) Flatowallee (Flatow Blvd.). L'année suivante, le service postal allemand a publié une série de quatre timbres-poste commémorant le (1896-1996) olympique Centennial. Un des timbres represente le premier champion olympique de gymnastique, Gustav et Alfred Flatow

    MAX BORN

    PRIX NOBEL 1954
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    "Pour ses travaux sur la théorique quantique"

    Max Born (1882-1970)

    Physicien britannique d'origine allemande, connu pour ses travaux sur la théorie quantique.

    Il étudie tout d'abord aux universités de Breslau, de Heidelberg, de Zurich, de Göttingen et de Cambridge. En 1921, après avoir enseigné successivement aux universités de Göttingen, de Berlin et de Francfort, il est nommé professeur de physique théorique à Göttingen. En 1933, il se réfugie en Angleterre pour fuir l'Allemagne nazie et acquiert la nationalité britannique en 1939. Au cours des trois années suivantes, il effectue des recherches à l'université de Cambridge. Il est nommé professeur de philosophie naturelle à l'université d'Édimbourg de 1936 à 1953. Physicien théoricien exceptionnel, il s'est fait connaître pour sa contribution fondamentale à la théorie quantique. Avec Pascual Jordan, il a développé la mécanique des matrices introduite par Werner Heisenberg. Il a aussi cherché à interpréter les résultats des travaux de Louis de Broglie et de C.T.Davisson qui montraient que les particules avaient un comportement ondulatoire. Il a notamment introduit la notion de probabilité de présence d'une particule en un point liée au carré du module de la fonction d'onde décrivant le comportement de cette particule.

    Ses publications comprennent, entre autres, la Théorie d'Einstein sur la relativité (1922), la Physique nucléaire (1935), la Philosophie naturelle des causes et du hasard (1949), Physique et politique (1962), et Ma vie et mes idées (1968). Pour ses travaux sur la théorique quantique, Born partage, en 1954, le prix Nobel de physique avec le physicien allemand Walter Bothe.
    isimabomba

    La théorie quantique
    Au début du vingtième siècle, les scientifiques pensaient qu'ils avaient compris les grands principes fondamentaux de l'univers. Les atomes étaient les solides blocs de construction de la nature; les gens croyaient aux lois newtoniennes du mouvement, la plupart des problèmes des physiciens semblaient être résolus. Néanmoins, la théorie de la relativité d'Einstein remplaçant la mécanique newtonienne, les scientifiques réalisèrent progressivement que leurs connaissances étaient loin d'être complètes. Le champ naissant de la mécanique quantique présentait un intérêt particulier, en altérant complètement les préceptes fondamentaux de la physique


    diffusion ens
    Considérons le problème dit du chat de Schrödinger, qui a marqué l'élaboration de la mécanique quantique : dans une boîte fermée et opaque, on place un atome radioactif qui a 50% de probabilité de se désintégrer dans l'heure qui suit et 50% de rester dans le même état. S'il se désintègre, il actionne un mécanisme qui brise une fiole de cyanure et tue un chat enfermé dans la boîte ; sinon le chat reste vivant. Au bout d'une heure, le chat sera-t-il mort ou vivant ? La réponse est qu'il n'est ni vivant ni mort, il se trouve dans une superposition de ces deux états. L'opérateur qui décrit le chat a deux valeurs propres : vivant et mort. Le chat est initialement dans l'état vivant, mais l'équation de Schrödinger le fait évoluer et une heure plus tard, son vecteur d'état se trouve dans une position intermédiaire à mi-chemin entre vivant et mort, donc dans une superposition des deux états. Quand on ouvre la boîte, le système interagit avec l'instrument de mesure, en l'occurrence nos yeux, et le vecteur d'état du chat collapse sur l'un des deux états propres, soit sur l'état vivant avec une probabilité de 50%, soit sur l'état mort avec une probabilité de 50%. D'un point de vue statistique, si l'on réalise un grand nombre d'expériences avec des systèmes identiques (mêmes atomes, mêmes fioles de cyanure, mêmes chats), le chat survit dans la moitié des cas et meurt dans l'autre moitié.

    Lire le dossier sur Einstein

    DAVID BECKHAM


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    David Beckham







    Juif et fier, arbore une chanson du cantique des cantiques en tatouage sur son bras gauche


    David Robert Joseph Beckham, né le 2 mai 1975 à Leytonstone (banlieue Est de Londres), il est le fils de David Edward Alan “Ted” Beckham, vendeur de cuisine et fan absolu de Manchester United, et de Sandra Georgina West, coiffeuse de profession. Il exerce ses premiers ballons dans le Ridgeway park. Sa mère est de religion juive, David Beckham se définit ainsi comme un “demi juif” et parle de l’influence de la religion dans sa vie bien qu’il n’en connaisse pas la pratique exacte. Dès l’enfance il se donne au football et essaye plusieurs clubs. Alors agé de 16 ans, le 8 juillet 1991 il signe son premier contrat en tant que junior peu de temps après être entré dans l’école de garçon de Manchester United. En Mai 1992, au sein d’une équipe locale il gagne la FA Youth Cup. Peu de temps après, il apparait en tant que remplaçant durant la coupe de la league contre Brighton & Hove Albion. C’est à la suite de cela qu’il signera son premier contrat professionnel. David fait ses premiers pas en professionnel au sein de la Preston North End durant la saison 1994-95. Sa première apparition sous le maillot de Manchester est le 2 avril 1995 lors de la Premier League et marque un but contre les Leed United. David Beckham est un footballeur anglais qui a mené une grande partie de sa carrière à Manchester United (où il remporta plusieurs titres de champion d’Angleterre ainsi que des coupes nationnales et une Ligue des Champions) avant d’évoluer au Real Madrid et de rejoindre en été 2007 les Los Angeles Galaxy aux États-Unis. Il est l’un des joueurs les plus célèbres si ce n’est LE plus célèbre de la planête grâce à ses coup-francs et centres magiques et à une vie surmédiatisée par la presse people. Beckham est aussi une icône de la mode et certaines grandes marques telles que Evisu, Adidas, Gillett et bien d’autres encore n’hésitent pas à investir des sommes énormes pour promouvoir leur image grâce à lui.

    Il est le cinquième joueur le plus sélectionné de l’histoire de l’équipe d’Angleterre (94 sélections) dont il fut le capitaine entre le 15 novembre 2000 et le 2 juillet 2006 et a terminé à deux reprises second du meilleur footballeur de l’année FIFA (1999 et 2001).

    Sa carrière débuta lorsqu’il signa à Manchester United et effectua sa première apparition dans l’équipe première en 1992 à l’âge de 17 ans. Il jouera un rôle clefs dans la domination du club sur le championnat d’Angleterre durant les années 1990 et début des années 2000 et en permettant au club de réaliser le triplé en 1999 en remportant le championnat, la coupe et la Ligue des Champions.

    Il quitta l’Angleterre en devenant le quatrième Anglais à signer au Real Madrid en 2003 après Laurie Cunningham, Steve McManaman et Michael Owen.

    En 2006, après l’élimination de l’équipe d’Angleterre en coupe du monde, Beckham décide de laisser le capitanat à John Terry tout en ne renonçant pas à la sélection. Le nouveau sélectionneur Steve McClaren mettra plusieurs mois avant de le convoquer à nouveau.

    Le 11 janvier 2007, Beckham signe le plus gros contrat proposé à un footballeur avec le club américain de Los Angeles Galaxy. Ce contrat, qui a pris effet à partir du 1er juillet 2007, lui garantit un salaire de 250 millions de dollars pour 5 ans.

    star blabla

    OTTO HERSCHMANN


    HALL OF FAME
    ESCRIME
    OLYMPIC
    BIO





    Otto Herschmann, né le 4 janvier 1877 à Vienne et décédé le 14 juin 1942, était un nageur autrichien.

    Le 11 avril 1896 à Athènes, il termine deuxième au 100 m nage libre, la première course de natation des Jeux Olympiques modernes. Aux Jeux Olympiques d'été de 1912, il remporta une autre médaille d'argent, cette fois-ci en escrime, au sabre par équipe.

    De confession juive, Otto Herschmann a été déporté pendant la Seconde Guerre mondiale et il est mort au camp de concentration de Sobibor.


    Palmarès

    Jeux Olympiques d'été
    Jeux Olympiques d'été de 1896 à Athènes
    Médaille d'argent sur 100 m nage libre
    Jeux Olympiques d'été de 1912 à Stockholm
    Médaille d'argent au sabre par équipe
    wiki



    STOCKHOLM 1912
    Jeux de la Ve Olympiade


    Les Jeux de 1912 qui se déroulèrent à Stockholm furent un modèle d'efficacité. Les hôtes suédois introduisirent officieusement l'usage du chronométrage électronique pour les courses d'athlétisme ainsi que le premier système de haut-parleurs. Le pentathlon moderne fut ajouté au programme olympique tandis que furent introduites des compétitions féminines de natation et de plongeon. La Suède persista à refuser que des tournois de boxe aient lieu sur son territoire, ce qui décida, après les Jeux, le Comité International Olympique à limiter le pouvoir du pays hôte dans l'élaboration du programme olympique. S'il y eut un thème officieux durant les Jeux de 1912 ce fut celui de l'endurance. La course cycliste sur route s'étala sur 320km (199 miles) - la plus longue de ce type de toute l'histoire des Jeux. En lutte gréco-romaine, la demi-finale des poids moyens entre le Russe Martin Klein et le Finlandais Alfred Asikainen dura onze heures. Le Finlandais Hannes Kohlemainen décrocha trois médailles d'or dans les courses de fond. Le héros le plus populaire des Jeux de 1912, l'Américain Jim Thorpe, s'attribua les cinq épreuves du pentathlon et battit le record du monde dans les dix épreuves du décathlon. Otto Herschmann, membre de l'équipe autrichienne de sabre se trouvait être en même temps président du Comité National Olympique d'Autriche. A ce titre, il reste le seul président d'un Comité National Olympique à avoir remporté, en exercice, une médaille olympique.


    Lire Toutes les Bio des Champions morts en Deportation

    VLADIMIR DRINFELD


    MEDAILLE FIELDS 1990

















    Vladimir Drinfeld, né en 1954 en Ukraine, naturalisé américain en 2008, est professeur de mathématiques à l'université de Chicago (États-Unis). Ses travaux s'étendent de la géométrie algébrique et de la théorie des nombres à de nombreuses questions mathématiques posées par la physique théorique. Ses contributions majeures sont la preuve de la conjecture de Langlands pour GL(2) sur les corps de fonctions et la théorie des groupes quantiques. Ses recherches ont une influence profonde en mathématique et en physique théorique. Elles lui ont valu de recevoir la médaille Fields en 1990.

    DOLPH SCHAYES



    HALL OF FAME
    NBA
    BASKETBALL
    NBA FRANCE







    Adolph Schayes (plus connu sous le nom de Dolph Schayes) (né le 19 mai 1928 à New York - ) était un joueur américain de basket-ball, élu parmi les meilleurs joueurs du cinquantenaire de la NBA.


    Dolph Schayes joua en NCAA à New York University de 1944 à 1948. Il fut sacré champion NBA en 1955 et 12 fois All-Star entre 1948 et 1964 avec les Syracuse Nationals, devenus en 1963 les Philadelphia 76ers.

    A sa retraite, Schayes détenait les records de points marqués (19 249 points) et matchs joués (1 059). Il ne manqua pas une seule rencontre du 17 février 1952 au 26 décembre 1961, soit une suite de 706 matchs.

    Il a été élu au Basketball Hall of Fame. Il aussi été élu coach de l'année en 1966.

    Il est le père de l'ancien pivot NBA Danny Schayes.

    wiki


    C'est en 1946 que l'aventure NBA a démarré, 55 ans après l'invention du basketball par le Dr Naismith. Au fil des années, la ligue est devenue mondialement connue et ses vedettes sont aussi riches et adulées que les stars d'Hollywood. Les matchs sont diffusés dans plus de 200 pays et le All-Star Game est le cinquième événement sportif le plus médiatique du monde. La NBA a également acquis le statut d'une entreprise pesant plusieurs milliards de dollars dotée d'un redoutable marketing
    pagesperso orange

    FRITZ HABER


    PRIX NOBEL 1918
    BIO
    BLOG
    PORTRAIT



    "Pour la synthèse de l'ammoniac à partir de ses éléments"



    1868-1934

    David Vandermeulen : « Haber a agi très fortement sur son temps, et l’Histoire Universelle lui doit énormément »
    26 octobre 2005



    Raconter la biographie d’un juif converti, Prix Nobel de physique controversé, qui a contribué à la mise au point du Zyklon B (le gaz utilisé à Auschwitz), voilà qui n’était pas un défi facile. C’est pourtant ce qu’a réussi David Vandermeulen avec « Fritz Haber » (Éditions Delcourt). Un saisissant portrait d’une Allemagne qui s’apprête à enfanter la bête immonde.


    Il nous semble, vu le contexte de l’époque, qu’au cœur de la biographie d’Haber, il y a la volonté - maladive dans son cas - d’une assimilation à tout prix. C’est un sujet central dans la communauté juive de ce temps.

    Vous pouvez juger la volonté d’assimilation de Haber maladive, mais il était loin d’être un cas isolé. On pourrait même dire à son sujet, qu’il était un cas assez représentatif. Il n’y avait donc rien de véritablement anormal ou d’excessif chez lui. Un nombre assez conséquent de juifs passait le cap de la conversion sans que cela ne soit pour autant mal vu ; l’assimilation était alors considérée dans une large part de la communauté de l’Europe de l’Ouest comme une sorte d’aboutissement, et non pas forcément comme une rupture. N’oublions pas qu’à cette époque, on assimilait autant la société moderne qu’on s’assimilait à elle. Il ne faut pas perdre de vue les énormes bouleversements que le capitalisme et la foi aveugle dans le progrès produisaient sur les populations, que celles-ci soient juives ou non-juives.

    Ce qui est notable chez Haber, c’est qu’il n’a jamais vraiment assumé sa conversion. Il s’est converti en cachette, et les historiens sont d’accord pour dire qu’il ne l’a jamais avoué à ses amis les plus proches, que ce soit à Einstein ou à Willstätter . Haber était un nationaliste allemand exalté qui toute sa vie fut entouré d’amitiés juives, son époque exigeait de lui qu’il choisisse son camp, mais il n’a jamais réussi, et c’est ce qui le mina toute sa vie, il en mourra d’ailleurs.


    Mais Haber, encore une fois, n’était pas un cas particulier. Walter Rathenau présentait les mêmes contradictions. Rathenau assumait sa judaïté tout en s’amusant à côtoyer la pire intelligentsia antisémite. Il eut des relations étroites et soutenues avec Wilhelm Schwaner, par exemple, l’un des plus terrifiants théoriciens nazis.

    On pouvait être juif et antisémite au temps de Haber, comme Karl Marx ou Karl Kraus. C’est une chose qui aujourd’hui nous apparaît comme aberrante parce que notre époque, que nous ne percevons plus que par le prisme des médias, ne nous fournit plus les occasions de penser la complexité.

    Mais pour en revenir à la question, il est néanmoins certain que la problématique de l’assimilation des années 1870-1930, telle que je la peins dans ma biographie de Haber, est devenue aujourd’hui totalement obsolète. Les démocraties auront au moins réussi ceci, c’est que l’antisémitisme politique n’a plus court. Tout le monde sait que la démocratie n’est pas la recette parfaite, elle n’a pas par exemple la faculté d’étouffer l’humeur antisémite. Mais même si celle-ci reste fortement présente par endroit, elle ne saurait mener à de nouvelles barbaries. En Belgique ou en France, l’assimilation n’est donc plus une question à l’ordre du jour, les Juifs n’ont plus besoin, comme à l’époque de Haber, de « bouée de sauvetage », ni de « ticket d’entrée ». Malgré cela, je ne fais pas une biographie de Heine, ni de Spinoza, où le temps qui nous sépare de ces deux grandes figures juives pourrait m’autoriser à prendre quelques libertés, sans que l’on m’en fasse le moindre reproche. L’histoire de Haber, elle, n’est pas si loin, certaines personnes qui l’ont côtoyé vivent encore. De même, les problèmes que j’évoque dans mon livre, s’ils ne sont plus vraiment d’actualité, n’en sont pas pour autant surannés. J’ose même croire que mon livre évoque des problématiques encore très actuelles.

    Haber meurt juste avant que le nazisme n’entreprenne le meurtre de six millions de Juifs, à l’instant où les thèses de Theodor Herzl et de Chaïm Weizman finissent par triompher...

    « Triompher » est peut-être un bien grand mot. Il est vrai que l’idéologie sioniste commençait à se répandre considérablement dans les années trente et que de plus en plus de Juifs y étaient sensibles, mais concrètement, l’immigration des Juifs d’Europe en terre d’Israël restait dérisoire. Les Alyahs successives n’avaient attiré que 200.000 Juifs, chaque fois par petites vagues. Tout n’a pas été crescendo comme on aimerait le penser : en 1930, les autorités britanniques mirent un frein à l’immigration et aux acquisitions de terres. Les Juifs d’Europe, quand ils fuyaient les pogromes ou les exactions nazies, choisissaient avant tout les États-Unis.

    Dans le cas de Haber (qui est mort en janvier 1934), le sionisme et le nazisme se sont brutalement entrechoqués dans son esprit quand il décida de fuir l’Allemagne de 1933. Ce n’est que contraint à l’exil que Haber s’autorisa à dîner plusieurs fois chez les Weizmann. Weizmann qui n’a eu de cesse de proposer à Haber la direction de l’Université Hébraïque de Rehovot... Fritz Haber n’a rien connu des horreurs de la guerre, bien qu’il fut, en tant que directeur du Kaiser Wilhelm Institut de Berlin, en première ligne pour pressentir toute la folie scientifico-idéologique qui se mettait alors en place. Les médecins eugénistes et les théoriciens de l’hygiène raciale dispensaient à quelques pavillons de chez lui. Et pourtant, comme la très grande majorité de ses collègues, Haber n’a rien vu venir.


    Où nous mène ce polyptique (cinq volumes sont prévus), une fois ce premier volet achevé ?

    Le second volume sera conséquent puisqu’il fera 260 pages, il couvrira la période de la [première] guerre. Ce seront les années « glorieuses » de Haber. On y découvrira un Haber bien plus glaçant : après toutes ces années de frustration, à l’âge de 40 ans, le voilà qui accède à l’argent, au pouvoir et à la reconnaissance, et ce tandis que l’Europe s’embrase. En 1914, Haber ne sera plus un scientifique, il sera avant tout un militaire qui servira l’Allemagne grâce ses connaissances scientifiques. C’est aussi, étonnamment, à cette même époque qu’il se liera d’amitié avec Einstein. Bien sûr, en parallèle, les destinées de Rathenau et de Weizmann continueront à traverser la vie et la destinée de Haber. Le troisième volet s’intéressera à la chute progressive de Haber.

    Votre personnage dit : "Je suis victime de l’esprit des temps" (c’est le titre du cycle). Il y a là comme un déterminisme, l’idée que l’individu ne peut pas agir sur le cours du temps...

    Oui, je prête ces mots à Haber. Haber considérait que son propre désir de puissance était refréné par l’antisémitisme. Il s’est très longtemps senti diminué, enchaîné, comme si une loi funeste et immuable le tenait en respect, l’obligeant à laisser un genou à terre, sans que jamais il ne puisse faire face au destin de manière héroïque. Quand on y regarde bien, ce ne fut évidemment pas le cas, Haber a agi très fortement sur son temps, et l’Histoire Universelle lui doit énormément. Son invention majeure, la production de l’ammoniaque à grande échelle, a sauvé des milliers de vies de la famine (l’ammoniaque est un riche fertilisant), mais cette même invention a également permis à l’Allemagne de se lancer dans la guerre, en 1914 (car de l’ammoniaque on tirait le dérivé chimique qui servait à la production des obus).

    Ce qui est certain, c’est que Haber, et beaucoup de juifs de sa condition, avaient le sentiment légitime d’être des parias. En Allemagne, les postes à responsabilité ou les directoires leurs étaient très souvent refusés. La formule « Abandonnez toute espérance », qui nous est restée célèbre parce que Max Weber l’a surligné dans l’une de ces célèbres conférences, était véritablement proverbiale : si l’on était juif, mieux valait ne pas être carriériste. Haber a cru que sa conversion allait tout arranger, ce ne fut bien évidemment pas le cas, il dû produire des efforts ahurissants pour s’extirper de cet esprit dans lequel il était englué.

    Beaucoup de jeunes gens pensent encore que l’antisémitisme est né en Allemagne au début des années trente, c’est bien évidemment faux, le problème a toujours existé. Chaque siècle a eu son lot de lois, tacites ou non, qui agissait contre les Juifs. Au début du XXe siècle, en Allemagne, pour être accepté et considéré, il était demandé aux Juifs d’exceller plus que ne saurait me faire le meilleur des Allemands. Il est certain qu’une telle discrimination aura produit des effets contraires aux désirs des antisémites. Sur les nombreux Prix Nobel que l’Allemagne récolta, près de 30% étaient juifs ; l’excellence juive à cette époque fut époustouflante. Je pense que l’esprit du temps qui régnait en Allemagne à cette époque, ce foutu Zeitgeist, n’est pas étranger à tout cela. Ce sont des lois anti-juives et une suites interminable de vexations à l’encontre de la communauté qui ont amené les Juifs à briller plus haut encore. La raison suffisante de l’élite juive n’est bien évidemment pas l’antisémitisme, mais il est clair que pour certains, comme Haber, l’antisémitisme fut un facteur essentiel de sa destinée.

    Propos recueillis par Didier Pasamonik, octobre 2005.


    Fritz Haber de David Vandermeulen Editions Delcourt



    Haber, la guerre terminée, retrouve son poste de professeur à l'Institut de Berlin-Dahlem, et y reste jusqu'en 1933, date à laquelle cet établissement est touché par les lois antijuives promulguées par le régime nazi, et qui exigent la démission du poste qu'elle occupe (enseignant, chercheru, fonctionnaire gestionnaire) de toute personne de race juive.

    Indigné par ces dispositions, et faisant preuve du même courage qu'on lui a vu dans de tout autres circonstances, Haber écrit au Ministère de l'Education Nationale et de la Science une lettre datée du 30 avril 1933 où il déclare : "Depuis plus de quarante ans, j'ai choisi mes collaborateurs en fonctions de leur intelligence et de leur caractère, et non de considérations d propos de leur grand-mère; je ne changerai pas pour le reste de ma vie cette méthode que j'ai trouvée excellente." Et il part alors pour l'Université de Cambridge, qui lui offrait l'hospitalité et la possibilité de continuer ses recherches, offre généreuse dont il ne profite malheureusement pas longtemps : désireux de prendre quelques semaines de repos en Italie en passant par la Suisse, il succombe à une crise cardiaque au cours de son voyage membres lycos


    22 avril 1915

    Détails Le 22 avril 1915, à Ypres, les Allemands lâchent 150 tonnes de chlore sur le front des tranchées et tuent près de 1000 soldats français et africains, tandis que 3000 autres sont mis hors de combat. Le commandement allemand est tellement surpris du succès de l'opération qu'il ne profite pas de la trouée qui s'opère dans les lignes françaises. Derrière cette attaque se trouve le chimiste allemand Fritz Haber, le père de la guerre chimique et futur Prix Nobel de chimie. Contacté par l'industriel Carl Duisberg, c'est lui qui a mis au point le gaz mortel, en se basant notamment sur sa propre loi, dite loi de Haber. Celle-ci exprime une relation simple entre la concentration d'un gaz et le temps d'exposition nécessaire pour provoquer la mort d'un sujet humain. Pendant la Première Guerre mondiale, Haber supervise de nombreuses attaques chimiques, dont cette première offensive à Ypres. Par la suite, d'autres gaz de combat sont mis au point par les deux armées (leur utilisation est pourtant interdite depuis le traité de La Haye de 1899). Le plus mortel d'entre eux, le phosgène, provoque la mort des sujets plusieurs heures après exposition : le gaz se transforme lentement en acide chlorhydrique une fois qu'il est à l'intérieur des poumons… En 1917, Fritz Haber met au point le gaz moutarde, qui est lancé pour la première fois le 11 juillet, toujours sur Ypres. Dans les années 1920, des chercheurs travaillant pour Haber mettent au point le Zyklon B. Juif, le chimiste allemand s'exile en 1934 et meurt deux ans plus tard. Certains membres de sa famille périront dans les camps d'extermination nazis en inhalant du Zyklon B.


    L’inventeur de la synthèse de l’ammoniac à haute pression.

    Sur la base de ses travaux, BASF est la première société au monde à démarrer, dès 1913, une usine d’ammoniac à Oppau, près de Ludwigshafen.
    Carl Bosch, de la BASF, avait montré entre-temps que les catalyseurs à base d’osmium ou de ruthénium, préconisés par Haber, pouvaient être remplacés avantageusement par des catalyseurs à base de fer dopé par divers oxydes métalliques.
    « Il fait du pain avec de l’air », titrait la presse allemande, pour expliquer à ses lecteurs que l’ammoniac est la matière première de base des engrais azotés.
    A ce titre, Fritz Haber est incontestablement un bienfaiteur de l’Humanité.
    La Suède lui attribue le prix Nobel de chimie en 1918.
    Très maladroite et fort mal à propos, l’Académie suédoise fait fi du visage de Janus du récipiendaire. Car Haber est aussi le metteur en scène de la « guerre chimique ». Certes, il n’est pas l’inventeur de ce concept terrifiant Léonard de Vinci le préconisait déjà ! Mais c’est lui qui propose au haut commandement allemand, pour
    conclure rapidement les hostilités, l’utilisation de chlore comme gaz asphyxiant. Dès avril 1915, le chlore est « expérimenté » à Ypres, carrefour stratégique essentiel pour les Allemands dans leur lutte contre les forces alliées. Le nombre des victimes reste limité. D’où, dans l’ordre, la synthèse du phosgène, l’entrée en scène du bromure de benzyle et enfin du gaz moutarde, « l’ypérite », utilisé à Ypres
    encore, en juillet 1917, avec les méfaits terribles que l’on sait.
    Bienfaiteur et bourreau de l’Humanité successivement à quelques années d’intervalle !
    Morale : la chimie est neutre. Il n’y a ni bonne ni mauvaise chimie ; son image dépend de l’usage que l’on en fait. Elle est à la disposition de l’Homme et des frontières éthiques et morales qu’il se fixe.



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