Plan general : famous jews

CHAIM SOUTINE


C. SOUTINE
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1893 - 1943
Nationalité russe né en 1893 à Smirlovitch de Salomon Soutine, 62 ans, né à Pontovitch, nationalité russe et de Sarah Soutine née à Smirlovitch, nationalité russe. Domicilié Passage de Dantzig. Pièce d’identité produite : Passeport russe établi à Vilna le 20/3/1913 (julien), soit le 2/4/1913.

BIOGRAPHIE :

Né dans un ghetto près de Berezina, dixième enfant d’un tailleur très pauvre, Soutine suit d’abord les cours de l’École des beaux-arts de Vilnius, puis se fixe à Paris en 1911, en même temps que d’autres artistes d’Europe centrale. Soutine habite à la Ruche, où il a pour voisins Chagall, Lipchitz, Kremegne et Cendrars ; il se lie d’amitié avec Modigliani. La technique de Soutine, qui subit l’influence de Van Gogh, s’oriente principalement vers les effets de la couleur.

1893 Naissance de Chaïm Soutine à Smilovitchi, près de Minsk. Il est le dixième des onze enfants de Zalma (Salomon) et Sarah Sutin. Son père était un petit tailleur juif du village et la famille Soutine - quand cela était possible - se nourissait de pommes de terre cuites, de harengs et de pain noir. Soutine s’est toujours plaint d’avoir faim, même dans sa gloire ; on dit même qu’il ignora l’existence du pain blanc jusqu’à l’age de quinze ans. Soutine garda du lieu de sa naissance des images exténuées et faméliques, des souvenirs obsédants que l’on retrouve toujours dans ses tableaux, même dans ses paysages et ses natures-mortes.

1902 Lorsqu’il a neuf ans, il est placé en apprentissage chez son oncle qui est tailleur à Minsk.

1907 Chaïm Soutine se rend à Minsk pour étudier le dessin. Un nommé Krueger, artiste juif directeur de l’école lui enseigne les rudiments de la pratique de l’art. Il y rencontre un étudiant d’art, Michel Kikoïne, qui deviendra son ami

1910 Il part pour Vilna et fait des retouches chez un photographe pour assurer sa subsistance. Il s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts mais troublé et nerveux, échoue au concours d’entrée, suite à une erreur de perspective. Quelques temps après, il se représente et réussit. Par la suite, il sera considéré par son professeur Rebakoff comme un élève brillant. Il suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Un médecin l’aide financièrement.

1912 Partir et Peindre : c’est le docteur Rafelkes, dont Chaïm avait un temps courtisé la fille, qui va financer en partie le voyage vers la Ville-Lumière. Et c’est Pinchus Krémègne qui va faire venir les deux amis à Paris : qu’ils les rejoignent partager sa vie de chien à "La Ruche" !. Soutine a 20 ans, il suit son ami Pinchus Krémègne et arrive à Paris le 14 juillet 1913 avec le peintre Michel Kikoïne. Il habite au 9 Bd Edgar Quinet, puis loue un atelier à "La Ruche", Rue Dantzig, quartier prolétarien de Vaugirard, dans le sud de Paris où il vit avec Michel Kikoïne et Pinchus Krémègne. Il suit pendant deux ans les cours de Fernand Cormon et travaille comme porteur en gare.

1913 - La Ruche, au 2 passage Dantzig, on avait transporté dès 1902, l’ancien pavillon des vins de l’Exposition universelle de 1900, à l’initiative du sculpteur Alfred Boucher. Cette "Villa Médicis Libre" accueillit jusqu’à 140 artistes à la fois, dont Cendrars, Zadkine, Léger, Chagall... Pour quelques dizaines de francs de loyer, c’était la vie de bohème près des abattoirs de Vaugirard et des "Fortifications" aujourd’hui disparues... Dès 1913, Soutine s’inscrit à l’Ecole nationale des Beaux-Arts : il travaille à l’atelier de Cormon qui, une génération auparavant avait été un temps le "Professeur" de Toulouse-Lautrec et Vincent Van Gogh, à Montmartre...

1914 Il habite la Cité Falguière, fait la connaissance, entre autres, de Modigliani qui deviendra son ami intime et le présentera à son marchand Léopold Zborowski.

1914 Samedi 2 Août 1914 : Ordre de mobilisation générale.

Mardi 4 août 1914 : Soutine obtient de la Préfecture de police du 15ème arrondissement de Paris un permis de séjour : il quitte provisoirement Paris pour Livry-Gargan où les Kikoïne l’hébergent.

Soutine se porte volontaire et va se retrouver dans un groupe qui creuse les tranchées... De retour à Montparnasse, tout a changé : certains amis tel Kisling qui s’est porté volontaire et a rejoint le front, ne sont plus là...

1919 Il rencontre Zborowski qui l’envoie à dans le sud de la France, à Céret où il vit et travaille. Première rencontre avec Madeleine et Marcellin Castaing à "La Rotonde".

1920-1922 Séjours à Cagnes. A Cagnes, à la fin du mois de janvier 1920, il apprend la nouvelle de la mort de Modigliani et est ébranlé.

1923 Le grand collectionneur américain Albert C. Barnes va acheter d’un coup soixante toiles de Soutine qui commence à sortir de son isolement.

1924 Séjours à Paris et à Cagnes. Soutine travaille dans un atelier situé rue du Mont-St-Gothard à Paris. Il vit quelques temps avec Dvoira Melnik qu’il a rencontrée à Vilna où elle étudiait la musique mais se sépare d’elle assez vite.

1925 Impressionné par Rembrandt, Soutine peint La Carcasse de Boeuf. Il refuse de reconnaître une fille, Aimée, que Dvoira Melnik dit résulter de leur liaison.

1927 Exposition personnelle à la galerie Bing, Paris

1927-1928 Série des Pâtissiers et des Communiants.

1929 Soutine se lie d’amitié avec les Castaing. Première monographie par Elie Faure.

1931-1935 Il passe l’été à Lèves, près de Chartres, hôte de Marcellin et Madeleine Castaing, qui deviennent ses principaux acheteurs.

1937 Soutine emménage à Paris dans un appartement dans la rue Villa-Seurat. Rencontre au café du "Dôme" Gerda Groth qui a fuit l’Allemagne nazie et qu’il appelle "Mademoiselle Garde". Elle devient sa compagne.

1939 Soutine et Mademoiselle Garde vivent dans le village de Civry-sur-Serein, dans l’Yonne. Il se rend plusieurs fois à Paris pour consulter des médecins à propos de ses ulcères d’estomac.

1940-1942 Le 15 mai, Mademoiselle Garde est déportée au camp de Gurs, dans les Pyrénées. Accompagné de Marie-Berthe Aurenche, ex-femme de Max Ernst, Soutine habite de petits villages d’Indre-et-Loire ou il se cache de l’occupant nazi, notamment à Champigny sur Veude, près de Tours. Il y peint d’admirables paysages.

1943 Le 7 août, on l’emmène, en urgence à l’hôpital. Il y meurt le 9 août à Paris d’une perforation intestinale. Chaïm Soutine est enterré au cimetière de Montparnasse, le 11 août.


" J’ai vu une fois le boucher du village trancher le cou d’une oie et laisser s’écouler le sang. Je voulais crier, mais son air joyeux me nouait la gorge... Ce cri, je le sens encore là. Lorsque j’étais enfant, et que je dessinais un maladroit portrait de mon professeur, j’essayais de me libérer de ce cri, mais en vain. Lorsque je peignais une carcasse de bœuf, c’était toujours ce même cri dont je voulais me débarrasser. Je n’ai pas encore réussi !"

" Je regardais les feux du soleil et les ombres se poursuivre dans les rideaux de poussière immobile... mon père, assis comme un bouddha, cousait machinalement près de la fenêtre grise ; puis s’arrêtait et, sans lever les yeux, tournait une page... « Rabbi Menahem Mendel de Worki assure que trois choses conviennent au juif véritable : un agenouillement absolu, un cri sans voix, une danse immobile. "

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VIE DE CHAIM SOUTINE

ALBERT SABIN


HISTOIRE
BIO
INSTITUT
POLIO
VACCIN



A Sabin






Le nom d'Albert Sabin est associé au vaccin antipoliomyélitique oral qu'il mit au point dans les années 1950. Les recherches de ce virologiste ne se concentrèrent cependant pas sur la vaccination ; il étudia également le rôle des virus dans certains cancers.



Sabin, Albert Bruce (1906-1993), virologiste américain d'origine russe, qui a mis au point un vaccin oral contre la poliomyélite à base d'une souche de virus vivant.
Né à Bialystok, Sabin émigra avec ses parents aux États-Unis en 1921. Il obtint son diplôme de médecine à l'université de New York en 1931. Après avoir travaillé pour l'Institut Rockefeller, il entra à l'Hôpital universitaire pour enfants et à la faculté de médecine de l'université de Cincinnati.
Sabin consacra une grande partie de sa vie à la recherche de vaccins contre les souches du virus de la polio qui handicapait, voire tuait, de nombreux enfants. (Voir Vaccination.)
On se souviendra de la très grave épidémie qui sévit de 1942 à 1953. Vers le milieu des années 1950, il réussit à obtenir une souche du virus qui ne déclenchait pas de paralysie du système nerveux central chez les animaux. Le vaccin de Sabin était atténué et vivant, contrairement à celui mis au point par le médecin et épidémiologiste américain Jonas Salk, qui était un sérum (injecté) inactivé. Le vaccin fut testé avec succès sur Sabin et d'autres volontaires, avant de subir une série d'essais à l'échelle mondiale entre 1958 et 1960.
Après 1961, Sabin concentra ses travaux sur le rôle des virus dans le cancer encarta


1956 - 6 octobre

Un vaccin oral contre la polio
Albert Sabin, de l'université de Cincinnati (Etat de l'Ohio), annonce la mise au point d'un vaccin oral contre la poliomyélite. L'OMS recommande aujourd'hui l'emploi de ce vaccin qui, contrairement au vaccin mis au point par Jonas Salk en 1954, est préparé à partir d'un virus vivant inactivé. La poliomyélite a été éradiquée des pays occidentaux, mais elle est encore présente de façon endémique dans une vingtaine de pays

HEINRICH HEINE


H. HEINE
ALLEMAND
POETE
LORELEY
ECRIVAIN
SITE
PAGE
Là ou l'on brule les livres ,
on finira par bruler les hommes



"Lore Ley" - 1824


Mon Cœur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.

Déjà l'air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, flot grondant;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.

Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d'or.

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez! la voix touchante
Ensorcelle le cœur.

Dans sa barque, l'homme qui passe,
Pris d'un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l´espace,
Vient sur l'écueil de mort.

L'écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voila le mal que peut faire
Loreley sur son rocher




Henri Heine, célèbre poète et écrivain, né à Dusseldorf, de parents juifs sans fortune, le 13 décembre 1797, mort à Paris , le 17 février 1856. Ses premières et ses plus importantes impressions politiques datent du temps où le pays rhénan se trouvait sous la domination anti-féodale de Napoléon (1806-1813). Il fréquenta le lycée de 1808 à 1814, pour entrer ensuite dans le commerce. Après des essais malheureux dans cette carrière (à Hambourg de 1816 à 1819), il se consacra, avec l’appui de son oncle, le riche Salomon Heine, de Hambourg, à l’étude du droit, dans les universités de Bonn, de Goettingue et de Berlin, où il suivit en même temps les cours de philologie germanique et de philosophie avec assiduité. Il se convertit au christianisme le 28 juin 1825, et passa son doctorat le 20 juillet de la même année à Goettingue. Il eut alors l’idée de s’établir avocat à Hambourg, mais des raisons demeurées inconnues la lui ayant fait abandonner, il vécut tour à tour à Londres, à Munich (1828, en qualité de rédacteur aux Annales politiques de Cotta), dans l’Italie septentrionale, particulièrement à Berlin et à Hambourg, jusqu’au jour où, en 1831, à la suite de contrariétés et de déceptions, il se rendit à Paris, qui était alors la Mecque du libéralisme. Les souffrances de cœur que, dans cette première période de sa vie, lui fit éprouver un amour malheureux pour sa cousine Amélie et, plus tard, pour Thérèse, sœur de cette dernière, eurent une influence profonde sur son développement poétique, et c’est sur ces expériences sentimentales que reposent la plupart de ses confessions lyriques. Malgré la nostalgie qui s’emparait de lui à Paris de fois à autres, il ne lui fut plus possible de revenir en Allemagne que pour un temps court, à l’automne 1843 et à l’automne 1844, à chacune de ces deux époques n’arrivant que pour repartir.

La Diète germanique, par un décret daté de décembre 1835, ayant condamné tous les écrits de la «Jeune Allemagne», dont Heine faisait partie, la situation pécuniaire de ce dernier se trouva fort compromise. Son principal revenu consistait en une pension de 4000 francs que lui servait annuellement son oncle Salomon, père d’Amélie et de Thérèse. En octobre 1834, Henri Heine avait fait la connaissance d’une Française, belle et bonne, sans instruction aucune mais d’humeur enjouée, Eugénie Mirat (2) (morte le 19 février 1883, à Passy), qu’il épousa le 31 août 1841, mariage qui fut consacré religieusement. Se trouvant dans une grande pénurie d’argent, il accomplit, en 1836 ou 1837, la démarche la plus grave de sa vie en sollicitant du gouvernement français une pension sur les fonds secrets, pension s’élevant à 4800 francs, qui lui fut servie jusqu’à la chute de la Monarchie de juillet, c’est-à-dire jusqu’en 1848.

En 1845, il fut atteint d’une affection de la moelle épinière qui, de 1848 à sa mort, le cloua sur son lit, son Matratzengruft . Malgré son état physique des plus misérables, il conserva une admirable fraîcheur d’esprit, et c’est alors qu’ont pris naissance certaines de ses plus importantes productions en prose. Son tour d’esprit malicieux ne le quitta point et son concept du monde devint plus profond, sous la discipline de la souffrance.

Heine débuta dans la vie littéraire par ses Gedichte (Berlin, 1822), que suivirent bientôt les Tragoedien mit einem lyrischen Intermezzo (1823). Ses Gedichte rencontrèrent le plus chaud accueil auprès des critiques éminents d’alors, tels que Varnhagen et Immermann, mais les deux premiers volumes des Reiserbilder (1826), augmentés, en 1830-1831, de deux autres volumes, eurent plus de succès encore…

Les poésies qu’il y avait fait entrer, Heine les redonna, jointes à d’autres antérieurement parues et à de plus récentes, dans le Buch der Lieder (Hambourg, 1827) qui, réimprimé sans cesse, a toujours été considéré comme un des plus rares trésors de la littérature allemande.

Une fois fixé à Paris, Heine entreprit d’être le médiateur intellectuel entre Allemands et Français. C’est ainsi que furent écrits : Beitraege zur Geschichte der neuen schoenen Litteratur in Deutschland (8) (Hambourg, 1833, 2 vol.) qui, à une nouvelle édition, prirent pour titre : Die romantische Schule (Hambourg, 1836); Franzoesische Zustaende (10) (Hambourg, 1833), collection d’articles écrits à Paris pour l’Allgemeine Zeitung d’Augsbourg, qu’il orna d’une préface des plus violentes contre la Réaction en Prusse; Der Salon (Hambourg, 1835-1840, 4 vol.), où il exposait d’une façon originale d’histoire de la religion et de la philosophie allemandes et, avec humour, la vie, la politique, le théâtre et l’art français , et où il publia des nouvelles humoristiques comme les Memoiren des Herrn von Schnabelewopski et Florentinische Nachte . Heine connut aussi, à Paris, les commencements du socialisme dans Saint-Simon et Enfantin, s’éprit de leurs doctrines qu’il fit aboutir étrangement à un sensualisme païen tout aux joies de la vie, opposé au spiritualisme judéo-chrétien. On remarque particulièrement des traces de cette théorie dans les écrits sur la littérature et la philosophie allemandes cités ci-dessus. Après un travail de moindre valeur intitulé Shakespeares Maedchen und Frauen (Paris et Leipzig, 1839), Heine publia un mémoire sur Ludwig Boerne (Hambourg, 1840) qui fit grand scandale et où, d’une façon des plus acerbes, il se déclarait l’adversaire absolu du « Nazaréen spiritualiste » qu’était Boerne. En dépit de tout son libéralisme, Heine était plutôt intellectuellement un aristocrate et ne pouvait avoir la moindre compréhension des convictions exubérantes de Boerne. À cette même époque il côtoya la politique dans ses Neue Gedichte (17) (Hambourg, 1844), dont les exquises romances sont parmi ses meilleurs productions. Dans son épopée satirique : Deutschland, ein Wintermaerchen (Hambourg, 1844), il se montra un nouvel Aristophane en même temps que dépourvu de tout sentiment patriotique, cependant que, dans son Atta Troll (Hambourg, 1847), il est tout à fait remarquable par ses descriptions resplendissantes et ses tendances saines et vraiment poétiques.

De sa chambre de patient, émana encore : Romanzero (Hambourg, 1851), qui contient ses plus belles ballades et ses plaintes les plus pénétrantes et où, dans un court épilogue, le poète confesse son retour au théisme; un ballet fantastique : Der Doktor Faust (Hambourg, 1851), et Vermischte Schriften (Hambourg, 1854, 2 vol.). De ses œuvres posthumes il n’a été publié que : Latzte Gedichte und Gedunken (Hambourg, 1869), et nombre d’années après sa mort, un fragment de ses Memoiren (Hambourg, 1884) se rapportant à ses jeunes années. On ne sait rien de certain sur le sort des autres parties de ce dernier ouvrage.agora

ABRAHAM BAR HIYYA


BIO
SAVASORDA
PORTRAIT
ETUDE
HISTOIRE



Abraham bar Hiyya
dit Savasorda
v. 1065-1136

Philosophe, Mathématicien, traducteur et astronome. Il a suivi des études à la cour arabe des Hudide à Saragosse. Installé à Barcelone, il y rédige ses ouvrages en hébreu à la demande des autorités juives de Provence. Il laisse des ouvrages de mathématiques, d'astronomie, des descriptions géographiques, une encyclopédie, des écrits philosophiques.


Abraham bar Hiyya Hanassi (Hébreu: אברהם בר חייא הנשיא Abraham fils de [Rabbi] Hiyya "le Prince") (1070 Barcelone, Espagne – 1136 Provence, France) était un rabbin, mathématicien, astronome et philosophe, également connu sous le nom de Savasorda (de l'Arabe صاحب الشرطة Sâhib ash-Shurta "Chef de la Garde"). Il vécut principalement à Barcelone.

Il diffusa l'équation du second degré en Occident, en des temps troublés où le savoir voyageait peu.

Il est également auteur de Higayon haNefesh (Logique de l'âme) et Meguilat HaMegualè (Le Rouleau du Révélateur), premiers ouvrages philosophiques rédigés en hébreu, bien que la théologie, l'eschatologie et l'éthique y soient plus abordés que la philosophie proprement dite.

Sa pensée emprunte à Aristote autant qu'à Plotin. Ainsi, il souscrit à la doctrine émanationniste, mais intercale un monde de lumière et un monde de domination entre Dieu et les substances spirituelles. Ses conceptions de forme et matière sont, quant à elles, aristotéliciennes, car ces principes ne peuvent exister que dans le monde corporel et non dans celui des substances simples.wiki

Abraham bar Hiyya (connu en latin sous le nom de Savasorda) a été éduqué et formé scientifiquement dans l'une des principautés arabes issues de la chute du califat de Cordoue, sans doute à Saragosse sous la dynastie hudide (1039-1118), dont plusieurs souverains furent des savants renommés. C'est toutefois à Barcelone, en pays chrétien, qu'il composa ses oeuvres originales en hébreu, à la demande pressante des dignitaires juifs de Provence, soucieux de mettre à la portée d'un public ne lisant pas l'arabe des ouvrages scientifiques de base. Nous lui connaissons deux compositions mathématiques: une encyclopédie scientifique (Yesodey ha-Tevuna u-Migdal ha-Emuna, Les fondements de la raison et le tour de la foi) et un ouvrage de "géométrie pratique"(Hibbur ha-Meshiha we-ha-Tishboret, Le traité de la mesure des surfaces et des volumes) , qui sera traduit en latin par Platon de Tivoli en 1145ufr

ERNST B.CHAIN


PRIX NOBEL 1945
ANTIBIOTIQUE

"La pénicilline est probablement la dernière molécule organique d'origine biologique à avoir été analysée en faisant appel aux méthodes classiques de la chimie organique"

Prix Nobel de physiologie-médecine pour « la découverte de la pénicilline et ses effets curatifs de nombreuses maladies infectieuses »( avec Florey et Flemming en 1945)


Chain, Ernst Boris (1906-1979), biochimiste et pathologiste britannique d'origine allemande ; né à Berlin, étudiant à l'université de cette ville, il fut lauréat du prix Nobel. Ses racines juives l'obligèrent à émigrer en Angleterre en 1933 après l'accession d'Hitler au pouvoir. Il entama des recherches sur les enzymes à Cambridge et Oxford, où il collabora avec le pathologiste sir Howard Walter Florey pour étudier la production d'antibiotiques par les moisissures. En 1941, il réussit à produire à petite échelle de la pénicilline. En 1950, Chain travailla à l'Institut supérieur de la santé de Rome, et, en 1961, il fut nommé professeur de biochimie à l'université de Londres. En 1945, Chain partagea le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Florey et le bactériologiste britannique sir Alexander Fleming.encarta


D'où vient la pénicilline?
par Philippe Chartier

La pénicilline est un antibiotique dérivé d'une moisissure appelée Penicillium notatum. Sa découverte s'est faite tout à fait par accident. En 1928, le bactériologiste britannique Alexander Fleming (1881-1955) découvre que ses cultures de bactéries ont été contaminées. Au lieu de simplement les jeter, il prend le temps de les observer. Il constate alors qu'une moisissure a fait mourir les bactéries avec lesquelles elle est entrée en contact. Ce n'est que 10 ans plus tard que Howard Florey et Ernst Chain réussiront à isoler de la moisissure la substance aux propriétés anti-bactériennes.

L'utilisation clinique de la pénicilline débutera dans les années 1940, lorsqu'on saura comment produire la moisissure en grande quantité. La pénicilline sauvera des milliers de vies durant la Seconde Guerre mondiale et elle demeure encore l'un des plus puissants et des plus utiles antibiotiques utilisés en médecine. En 1945, Alexander Fleming, Howard Florey et Ernst Chain recevront le prix Nobel de médecine pour avoir révolutionné le traitement des maladies infectieuses par l'usage des antibiotiques


Introduction à l’étude des médicaments : Diapositive

EDWARD FEIGENBAUM


PRIX TURING 1994
BIO
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" La connaissance est pouvoir "


Edward Feigenbaum (né le 20 janvier 1936 , États-Unis) est un informaticien américain qui travaille dans le champ de l'intelligence artificielle.

Feigenbaum a fait ses études à Carnegie Mellon University.



Prix Turing " Pour leurs travaux de pionniers dans les domaines de l'étude et la construction de systèmes d'intelligence artificielle à grande échelle, démontrant ainsi l'importance pratique et le potentiel commercial des technologies de l'intelligence artificielle ".(avec Raj Reddy )


Histoire de l'intelligence artificielle (IA)

Durant des années, les humains ont été intrigués par la notion de machines super-intelligentes qui surpassent les humains dans l'intellect et les capacités. Même si beaucoup considèrent cette idée comme pure science-fiction, cela devient rapidement une réalité, et plus rapidement que la plupart des personnes commenceraient même à le réaliser.

L'intelligence artificielle (IA) est la science qui développe ces machines. Ce n'est évidemment pas une chose simple. Cependant, les chercheurs ont réalisé des avancées énormes dans la dernière moitié du siècle, et d'ailleurs très sincèrement, nous pouvons très bien être sur le chemin vers un monde dominé par la machine très, très bientôt. Cependant, il y a toujours beaucoup d'obstacles encore à surmonter.

Le problème est qu'il n'y a pas de définition concrète de l'intelligence (ce qui ne signifie pas nécessairement qu’il en existe d’abstraite) qui ne soit pas montée en fonction des humains. Nous ne pouvons pas encore caractériser en général quels genres de procédures de calcul nous voulons appeler intelligents. Nous comprenons certains des mécanismes de l'intelligence et pas de d'autres.

Un stéréotype commun d'IA est l'humain ultra-logique, avec l’exemple des bases de données de Star Trek. Ce que la plupart ne comprenne pas c’est qu’en pratique dans la recherche sur l’IA, le but n'est pas habituellement d'imiter le comportement humain, qui est en grande partie impossible à faire, mais de donner les outils que nous utilisons à un certain degré de raisonnement. Par exemple, une application pratique pourrait être une unité de traitement de texte qui peut faire le contrôle approprié de la grammaire. Pour être fait correctement, ceci impliquerait de pouvoir comprendre le contexte du travail écrit, qui à son tour impliquerait de pouvoir comprendre les choses écrites. Ceci exige un haut-degré de raisonnement, pourtant cela ne consiste pas à imiter le comportement humain. La seule " intelligence " qu’ont les logiciels est celle qu’on veut bien exiger d’eux. À temps, comme la recherche sur le sujet continue à donner de plus en plus de fruits, nos utilisations de l’IA deviendront plus avancées, et peuvent commencer à ressembler à quelque chose qui sort d'un film de science-fiction. Pourtant il est encore douteux que nous aurons jamais que les besoin des robots deviennent des humains.

Les racines intellectuelles de l’IA, et le concept des machines intelligentes, ont leur base dans la mythologie grecque. Les objets façonnés et intelligents apparaissent en littérature depuis lors, avec de vrais (et frauduleux) dispositifs mécaniques réellement connus pour se comporter avec un certain degré d'intelligence. Certains de ces accomplissements conceptuels sont énumérés ci-dessous sous "Histoire Antique."

Après que les ordinateurs modernes étaient devenus disponibles, après la seconde guerre mondiale, il est devenu possible de créer des programmes qui accomplissent des tâches intellectuelles difficiles. De ces programmes, on construit des outils généraux qui ont des applications dans une grande variété de problèmes de tous les jours. library.thinkquest

Critique de l'IA
La résistance à l’idée d’une intelligence artificielle est-elle issue de ces seules représentations littéraires, qui visent essentiellement à réserver l’intelligence à l’humain, au point de considérer l’intelligence artificielle comme une contradiction dans les termes ? Certes, la présence d’une machine peut être considérée d’un simple point de vue utilitaire qui ne prête guère à conséquence. Encore qu’on puisse soutenir que les extensions techniques modifient la conscience ou la nature de l’être humain, comme le reconnaissent les opposants à l’IA, souvent en affirmant le contraire simultanément. Mais ceux qui pratiquent l’informatique, et ceux auprès desquels on fait miroiter des réalisations époustouflantes, peuvent constater que la partie mécanisée de l’activité humaine, ne concerne plus une qualité motrice (comme les transports), ou technique (comme la mécanisation en général, par opposition à l’artisanat). La propriété humaine mécanisée, la connaissance, voire la pensée donc, touche au plus fondamental. Et c’est toute la question de l’intelligence artificielle.jbolo exergue


Lire le dossier:Esprit et machines sur histsciences
Edward A. Feigenbaum, élabora au milieu des années soixante les premiers
" programmes basés sur la connaissance " ou " systèmes experts ", en essayant d'y intégrer des connaissances sous forme de règles heuristiques spécialisées, c'est-à-dire relatives à des domaines de compétences particuliers

ELEAZAR BEN AZARIAH


HEBREU
TRADITION
BIO









Rabbi Eleazar ben Azariah dit :
" S'il n'y a pas de Torah, il n'y a aucun "DEREKH ERETS" ("chemin de la terre", expression aux sens variés : conduite appropriée, comme tout le monde, selon la voie de l'homme) ; s'il n'y a pas de "derekh erets", il n'y a pas de Torah . S'il n'y a aucune sagesse il n'y a aucune crainte de Dieu; s'il n'y a aucune crainte de Dieu, il n'y a aucune sagesse. S'il n'y a aucune intelligence il n'y a aucune connaissance ; s'il n'y a aucune connaissance il n'y a aucune intelligence. S'il n'y a pas de farine il n'y a pas de Torah ; s'il n'y a pas de Torah il n'y a aucune farine."

"N'importe qui dont la sagesse est plus grande que ses oeuvres à qui est-il comparable ? À un arbre dont les branches sont grandes et dont les racines sont petites, alors le vent vient et l'arrache. Comme il est dit : "et il sera comme un arbre isolé dans une terre en déséchée, et elle ne verra pas quand le bien vient. Elle demeurera sur le sol desséché dans le désert, une terre salée, inhabitée"(Jérémie 17:6). Mais un dont les oeuvres sont plus grandes que sa sagesse à qui est-il comparable ? À un arbre dont les branches sont petites et dont les racines sont profondes, même si tous les vents du monde soufflaient contre lui, ils ne le déplaceraient pas de son lieu. Car il est dit : "et il sera comme un arbre planté sur l'eau, et vers le courant d'eau il déploiera ses racines, et il ne verra pas la chaleur venir. Ses feuilles resteront luxuriantes, dans un an de sécheresse il ne s'inquiétera pas, et il ne cessera de rapporter du fruit '( 17:8)."



Le Talmud relate la nomination d'Eleazar.

Ainsi, au deuxième siècle, les plus grands sages d'Israël devaient élire le chef de leur assemblée rabbinique (le Sanhédrin). Ils décidèrent de nommer rabbi Eléazar ben Azariah, en dépit de son jeune âge (il n'avait que 18 ans). Avant d'accepter le poste le plus prestigieux qui soit dans le monde juif, rabbi Eléazar rentra chez lui pour consulter sa femme. Elle lui conseilla de ne pas accepter le poste, parce qu'on ne lui témoignerait pas tout le respect qui lui était dû, en raison de sa jeunesse. Il accepta son conseil. Le lendemain, ses cheveux étaient devenus entièrement blancs. Voyant cela, sa femme lui dit alors qu'en raison du changement intervenu, il pouvait maintenant accepter le poste de chef du Sanhédrin. Ce qu'il fit.Ce Rabbi Éléazar ben Azaria était le descendant dʹEzra à la dixième génération.lamed

C'etait le jour où Gamaliel II fut destitué , et, par exemple,le Traité Yadayim de la Mishnah rend compte de diverses Décisions qui furent prises, dans la foulée, par lʹAssemblée en ce jour mémorable.
Mais ce coup de force, mené par une alliance inattendue entre Rabbins ʺpatriciensʺ, issus de famille Sacerdotale, et les Rabbins ʺplébéiensʺ, menés essentiellement par Rabbi Akiba, ne débouche pas sur une situation définitive, car Rabban Gamaliel II manoeuvre, avec son habileté coutumière, pour recouvrer son Siège assez rapidement.
 Tandis que le jeune Rabbi Éléazar ben Azaria, descendant dʹEsdras, devint une sorte de vice‐Président (Ab bet Din). 
Il est fortement vraisemblable que le Pouvoir Romain ait exigé le retour immédiat de Rabban Gamaliel à la Présidence du Sanhédin
Toutefois, en dépit de ces quelques exemples négatifs, parmi dʹautres, de lʹAutoritarisme, à la fois habile et intransigeant, avec lequel Gamaliel II installait son Pouvoir, il est indéniable que lʹOeuvre réalisée à Yabneh, sous lʹimpulsion, dʹabord de Yohanan ben Zaccaï, puis de Gamaliel II, fut décisive pour la Postérité de la Religion Juive, et quʹelle constitua lʹéquivalent dʹun sauvetage, finalement réussi, malgré une mer affreusement démontée, et après un naufrage où tout semblait devoir, irrémédiablement, sombrer, corps et biens.jerusalem

Rabbi Elazar ben Azaria est né peu avant la destruction du Temple d'une famille riche dont la lignée remontait jusqu'à Ezra. Sa propre fortune était colossale ; il devait verser à l'Empereur chaque année 13.000 veaux en tant qu'imposition.
Quand Rabbane Gamliel fut destitué, c'est Rabbi Eléazar qui fut nommé à sa place.
Quand Rabbane Gamliel fut destitué à la suite de ses discussions avec Rabbi Yehochoua, c'est Rabbi Eléazar qui, malgré son jeûne âge - il avait 18 ans ! - fut nommé à sa place, tellement grandes étaient ses connaissances et son intelligence. Il fit part d'une mission à Rome en même temps que Rabbane Gamliel, Rabbi Yehochoua et Rabbi Akiba. C'était un homme humble malgré sa noblesse et sa position.

Ses explications et ses leçons émerveillaient même Rabbi Yehochoua qui, un jour où ses élèves lui rapportèrent un enseignement de Rabbi Elazar, déclara : "J'ai 80 ans et jamais je n'ai entendu pareille explication! Tu peux t'estimer heureux, notre patriarche Abraham, d'avoir un descendant tel que Rabbi Elazar !! Qu'elle est riche et heureuse la génération possédant un tel maître!!" ('Hagiga 3). Rabbi Yehouda Hanassi, l'ordonnateur de la Michna surnommait Rabbi Elazar " l'éventaire d'un marchand ambulant, car il avait des connaissances aussi variées que l'était la marchandise de ces colporteurs.

Rabbi Elazar ne resta pourtant pas longtemps au poste important que lui avait procuré la querelle entre Rabbane Gamliel et Rabbi Yehochoua. Ces deux maîtres s'étant réconciliés, Rabbane Gamliel retrouva son rang, mais Rabbi Elazar resta chef du Tribunal rabbinique.

Quand le Temple fut détruit Rabbi Elazar était encore un enfant. Par ailleurs on ne trouve pas mention de lui dans l'insurrection qui eu lieu en l'an 132. Il semble donc qu'il mourut auparavant à un âge relativement jeune. lamed

HANS JONAS


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"L'homme est le seul être connu de nous qui puisse avoir une responsabilité "

"L’esprit moderne est incompatible avec l’idée d’immortalité." - Entre le néant et éternité

"Travailler sur le concept de Dieu est donc possible même s’il n’y a pas de preuve de Dieu…" - Concept de Dieu après Auschwitz

"Notre pensée aujourd’hui, est sous la dominance ontologique de la mort." - Phénomène de la vie

"Dieu, après s'être entièrement donné dans le monde en devenir, n'a plus rien à offrir : c'est maintenant à l'homme de donner." - Le Concept de Dieu après Auschwitz


(1903-1993)
par Claudia Neubauer

Né en 1903 en Bavière, issu de la grande bourgeoisie juive libérale, Hans Jonas a suivi des études de philosophie notamment auprès de Heidegger et Bultmann. Après la soutenance de sa thèse, il quitte l'Allemagne en 1933 pour la Grande-Bretagne, puis Jérusalem. De 1940 à 1945, il sert dans l’armée britannique et, en 1948-1949, dans l'armée israélienne. Il enseigne ensuite à New York à la New School for Social Research. De sa bibliographie, citons le Phénomène de la vie. Vers une biologie philosophique (1963) et le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique (1979). C'est surtout l'éthique de l'environnement et le principe de responsabilité qui caractérisent l'empreinte de Jonas dans le champ de l'écologie politique. Concernant le principe « responsabilité », Jonas répond à Kant (et à ses impératifs catégoriques) et à Bloch (et son « principe espérance »).

Disciple de Heidegger et ami de Hannah Arendt, déchiré entre sa patrie allemande, son combat pour la création de l'Etat d'Israël (nouvelle patrie rêvée puis abandonnée) et son exil états-unien, Hans Jonas, philosophe de la vie après avoir été soldat, est l'une des références majeures du mouvement écologiste.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en débattant avec Heidegger de ses affinités avec le nazisme, Jonas avait commencé à esquisser un concept philosophique contre le nihilisme. Il était, selon lui, inhérent à l'existentialisme moderne et responsable du manque de résistance intellectuelle à l'inhumanité de l'idéologie nazie. Jonas opposait à Heidegger un projet de pensée qui devait permettre à l'Homme de se sentir partie intégrante d'une nature non indifférente et précieuse.

Plus tard, dans une contribution concernant les problèmes éthiques (Aktuelle ethische Probleme aus jüdischer Sicht, 1970), Jonas diagnostiquait un vide métaphysique auquel l'éthique philosophique moderne n'avait rien su opposer. Selon lui, dans le monde moderne, le relativisme éthique et l'indifférence avaient remplacé l'appel à la responsabilité de l'homme. Ce qui l'amène tout naturellement à son ouvrage Le Principe responsabilité (1979) qui connaîtra un certain succès. Jonas y expose ses réflexions sur le rapport entre technologies et éthique, sur la maîtrise par l'Homme de sa propre puissance (les effets irréversibles que peuvent avoir les technologies sur la nature). Il insiste sur la grande différence avec les époques passées qui est la capacité de l'Homme à détruire l'humanité. Ce qui amène à poser la question de l'existence de l'espèce. De plus, la technique moderne est caractérisée par le fait qu'elle ne se contente pas d'imposer à la société les conditions de son maintien, mais, bien au-delà, les conditions de son renforcement... Un cercle vicieux qui entraîne les hommes à réparer les dégâts dûs à la technologie par de nouvelles innovations techniques qui créent elles-mêmes de nouveaux problèmes. Jonas refuse la croyance selon laquelle la technique saura toujours résoudre les problèmes qu'elle engendre. Pour lui, la technique moderne est « devenue sauvage » et elle doit par conséquent être domestiquée. D'autant plus qu'elle se trouve dans ce contexte ubuesque où l'homme croit contrôler la nature par le moyen d'une technique qu'il ne contrôle pas.

Au-delà de cela, Jonas estime que la technique est au moins aussi redoutable par ses réussites que par ses échecs . Cette capacité destructive de l'Homme, cette « transformation de l'essence de l'agir humain » est à la base de l'idée de Jonas de nouvelles obligations à imposer à l'Homme dans son rapport à l'avenir. Elle nécessite une transformation radicale de l'éthique vers une éthique moins anthropocentrique qui permettrait à l'homme de retrouver ses racines biologiques et naturelles. Dans cette éthique pour l'avenir qui est avant tout une pensée du long terme, la peur joue un rôle primordial en tant qu'élément mobilisateur, puisque nul ne peut anticiper les conséquences des applications techniques sur la vie à long terme. Pour Jonas, l'existence de Dieu n'est pas décisive pour l'application de cette éthique, puisque l'idée d'autolimitation responsable de l'Homme peut être justifiée sur la base de la simple raison. Son principe renonce donc sciemment à des justifications religieuses et fait appel à la responsabilité collective et personnelle en développant des stratégies d'autolimitation de la liberté humaine, ainsi qu'un profond respect de la vie.

Jonas était préoccupé par la prolifération des armes et des technologies nucléaires, la crise écologique globale et la généralisation des technologies génétiques et biogénétiques. À cet égard, il mettait particulièrement en garde contre le génie génétique et les expérimentations irréversibles. Il proposait deux types d'arguments pour justifier que la nature de l'Homme doive être respectée : l'argument religieux-métaphysique (l'Homme à l'image de Dieu qu'il faut préserver) et l'argument prudentiel (notre système naturel est d'un équilibre extrêmement complexe et il serait arrogant et imprudent de vouloir le bricoler). Dans ce cadre, Jonas a critiqué l'inévitable dérive utopique de la technique... le fantasme de l'amélioration technique de l'Homme.

Le concept de responsabilité s'exprime sous forme d'un impératif catégorique : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre » et « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie ». (2) Jonas considérait avant tout la politique comme porteuse de cette responsabilité, même s'il faisait également référence aux parents comme responsables pour leurs enfants : « Il est manifeste que le nouvel impératif s'adresse beaucoup plus à la politique publique qu'à la conduite privée, cette dernière n'étant pas la dimension causale à laquelle il peut s'appliquer. » En 1992, un an avant sa mort, Jonas exprimait lors d'une remise de prix que « si nous continuons à gérer la Terre aussi mal que nous le faisons à l'heure actuelle, le destin qui nous menace, ce malheur, devient d'autant plus sûr que nous le considérons comme étant inévitable. Je mets en garde contre le danger interne qu'est le fatalisme, qui est presque aussi grand que le danger extérieur, qui est toute façon de notre fait ».

Hans Jonas a, comme peu de philosophes du siècle passé, souligné à quel point l'existence de la Nature et de l'Homme sont menacées à long terme par les interventions technologiques de ce dernier dans l'écosystème de la vie planétaire.

Son legs philosophique est un plaidoyer passionné pour la responsabilité humaine. Ce legs est toujours (et de manière grandissante) d'une actualité brûlante.perso orange

IRENA SZEWINSKA


BIO
PALMARES
SAUT
MEDAILLE






Sept médailles dans cinq épreuves différentes



Née de parents polonais à Leningrad, ex-Union soviétique, Irena Kirszenstein participe à ses premiers Jeux Olympiques à Tokyo en 1964, à l'âge de 18 ans. Elle termine deuxième dans le saut en longueur ainsi que dans le 200m et parcourt le deuxième relais du 4x100m pour l'équipe polonaise qui remporte une victoire inattendue dans la finale. En 1967, elle épouse Janusz Szewińsk et participe aux Jeux de 1968 à Mexico sous le nom d'Irena Szewińska. Elle ne parvient pas à se qualifier pour la finale du saut en longueur et ne décroche que le bronze dans le 100m. Elle revient ensuite sur le devant de la scène et remporte la médaille d'or dans le 200m en battant le record du monde. Après s'être adjugé une autre médaille de bronze dans le 200m aux Jeux de 1972 à Munich, Irena se met au 400m en 1973 et, l'année suivante, elle devient la première femme à descendre sous la barre des 50 secondes. Aux Jeux de 1976, elle s'impose au 400m en établissant un nouveau record du monde, ce qui porte à sept le nombre total de médailles gagnées dans cinq épreuves différentes. Entre 1974 et 1978, elle remporte 34 finales consécutives dans le 400m. En 1980, elle prend part aux Jeux Olympiques à Moscou, mais se déchire un muscle dans la demi-finale du 400m et est éliminée. Irena Szewińska est nommée membre du Comité International Olympique en 1998 .olympic

JOHN C.HARSANYI


PRIX NOBEL 1994
BIO
THEORIE



Economiste spécialiste de l’utilitarianisme



"Pour ses activités d’avant-garde en matière d’analyse de l’équilibre dans la théorie des jeux non-coopératifs"
( en compagnie de John Forbes Nash et Reinhard Selten )


Il a développé une approche utilitariste de l’action publique. Dans la lignée de J. Bentham et de Paul Samuelson, Harsanyi établi une fonction de bien être social à partir de laquelle il tente de définir le critère de répartition du revenu qui serait adopté par des individus rationnels et impartiaux.

D’origine hongroise après avoir été pharmacien jusqu’à la fin de la guerre, il enseigne la psychologie à l’université jusqu’en 1948. Il quitte la Hongrie clandestinement et rejoint l’Australie où il devient ouvrier. Il reprend ses études et opte pour l’économie etdonne des cours d’économie à l’université de Queensland à Brisbane. Il part pour l’université de Stanford en 1956 où il obtient un doctorat d’Economie sous la direction d’Arrow. Il est professeur à Canberra puis Detroit et enfin à Berkeley.

Il devient rapidement un spécialiste de la théorie des jeux et apporte à la méthodologie de cette théorie, les outils qui lui faisaient défaut lyc arsonval brive.ac limoges

"voile d'ignorance" : de John Harsanyi.
Les individus chargés d'élaborer des principes de justice ignorent tout de ce que sera leur situation future. Seront-ils pauvres ou riches, quand ils seront jeunes ou vieux ; seront-ils favorisés en tant qu'homme ou femme ; etc. Donc, le choix des principes ne doit pas être relié à la connaissance de leur future place dans la société une fois que le voile d'ignorance se soulève. Pourtant, même s'ils restent encore derrière ce voile d'ignorance, ils n'en sont pas moins calculateurs et égoïstes. Comme la base de leur calcul exclut toute connaissance de probabilités, c'est la prudence qui guide leur choix dans l'adoption de ces principes. Ils minimisent les risques dans la mesure où ils sont susceptibles de se retrouver dans la position de moins favorisés. Des hypothèses auxiliaires étaient nécessaires. Parmi celles-ci, il y a l'idée d'une société de "rareté modérée" dans laquelle les pauvres peuvent obtenir un sort meilleur sans que les riches ne fassent de grands sacrifices. Cette hypothèse de rareté modérée est importante dans l'ordre lexical des deux principes de justice. En effet il faut imaginer deux autres situations symétriques : celui qui accepte de courir le risque d'être très pauvre avec la possibilité de devenir très riche grâce au principe de liberté et inversement celui qui préfère le sacrifice de la liberté en contrepartie d'une pauvreté limitée. Pour y répondre, Rawls admet que l'utilité marginale des gains matériels diminue de façon assez rapide quand la prospérité augmente. Dans Théorie de la justice, maximiser le minimum de l'individu le plus défavorisé porte le nom de maximin. Ce dernier se couple avec un autre principe, celui du leximin. Il faut remonter la hiérarchie sociale, individu par individu, en essayant de maximiser le minimum de chacun à chaque niveau de cette hiérarchie. ses ac bordeaux

FRANZ BOAS


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Pionnier de l’ethnologie de terrain

Boas, Franz, anthropologue, ethnologue, folkloriste et linguiste (Minden, Westphalie, 9 juill. 1858 -- New York, 21 déc. 1942). En collaboration avec ses élèves, Boas définit l'orientation intellectuelle et professionnelle de l'anthropologie américaine. Il insiste sur la nécessité d'aborder l'étude de l'histoire des cultures à l'aide d'une méthode empirique. Son oeuvre fait ressortir les facteurs historiques qui s'additionnent et se fondent pour donner à chaque société son caractère particulier.
Boas s'intéresse d'abord à la géographie historique, mais le travail de pionnier qu'il effectue chez les INUITS DE L'ÎLE DE BAFFIN (1883-1884) l'amène à conclure que les coutumes d'une population ne tiennent pas à la seule géographie et se développent souvent à l'encontre des contraintes environnementales. À partir de 1886, il concentre définitivement ses recherches sur les Indiens de la côte du Nord-Ouest. La richesse de leur art et de leur mythologie le convainc davantage de la nécessité de tenir compte des caractéristiques psychologiques au même titre que des données géographiques dans ses recherches. Ces caractéristiques se développent au fil des siècles en empruntant des traits à d'autres cultures, en les modifiant et en les intégrant à une nouvelle culture.

Ses nombreux étudiants constituent le legs le plus précieux de Boas. Le plus brillant d'entre eux, Edward SAPIR, sera le premier directeur de ce qui est aujourd'hui le MUSÉE CANADIEN DES CIVILISATIONS. Durant de nombreuses années, Boas domine l'anthropologie américaine et est le mentor de la plupart des premières femmes qui travaillent dans cette profession, parmi lesquelles Ruth Benedict et Margaret Mead. Il travaille efficacement et sans relâche afin d'arracher le public à sa croyance en la race et de lui faire adopter une conception scientifique de la culture qui servira de base pour expliquer les principales différences chez les groupes humains. R.J. PRESTON

Il se consacre essentiellement à l'étude des Indiens d'Amérique. Formé par les sciences physiques et naturelles, il met l'accent sur l'observation, sur la nécessité des bases empiriques et descriptives de la recherche en ethnologie. Son anthropologie physique aboutit à la critique radicale de la notion de race. Il récuse les deux grandes écoles de son époque, l'évolutionnisme et le diffusionnisme, et élabore une anthropologie physique et culturelle (recherche des processus psychiques propres à chaque peuple dans le langage, l'art, les mythes et la religion) qui affirme également l'importance des expériences individuelles pour l'étude et la compréhension des peuples. Sa pensée influence profondément l'anthropologie américaine de la première moitié du XIXe siècle.encarta


"Si l’on me demandait, un pistolet sur la tempe, quelle a été la plus grande avancée de l’anthropologie au siècle dernier, je dirais sans hésiter que c’est d’avoir mis à nu le caractère fallacieux des thèses racistes, découverte qui remonte en fait aux travaux entrepris par Franz Boas à New York au début du XXe siècle. Boas a montré qu’il n’existait sur le plan mental aucune différence irréductible entre différentes communautés humaines et que, fondamentalement, nous pensons tous de la même façon. En particulier, il n’y a rien qui ressemble à une pensée primitive. La « pensée sauvage » n’a pas d’existence réelle. Nous sommes tous également des primitifs. Nous sommes tous les produits d’une évolution également longue. Les différences entre cultures en ce qui concerne les habitudes mentales ne résultent d’aucun déterminant biologique inné ni d’aucun processus historique type. Nous avons construit nos différences culturelles ; nous pouvons nous en débarrasser si nous le voulons."
Felipe Fernandez-Armesto
Professeur à l’Université de Londres


Boas, va attaquer de front toutes les théories raciales et démontrer que les notions mêmes de race, de changements climatiques, de déplacement des espaces géographiques peuvent modifier le corps des hommes et que quelques traits innés, immémoriaux sont innés. On retrouve cela aussi dans l’œuvre de Durkheim qui partage cela de la même façon.
Tous les deux sont de culture juive. Ils ont par conséquent vécu de manière intensive ce regard, ce sentiment d’exclusion qu’on pouvait jeter à côté de leur savoir sur leur judéité, ils l’ont vécu de l’intérieur. Ils s’interrogent sur les fondements scientifiques de la raciologie. ceishs

BRONISLAW GEREMEK


PARLEMENT
PORTRAIT


Il a été l'un des principaux artisans des transformations démocratiques qui ont précipité la chute du communisme en Europe de l'Est.



"Après avoir fait l'Europe, nous devons faire maintenant les Européens. Sinon, nous risquons de la perdre"

"Il faut mettre les choses en doute, tout d’abord en posant le problème de l’histoire de la civilisation européenne. Parce que je crois, non seulement en tant qu’historien, mais aussi en tant qu’Européen, que le problème de l’Europe, de la civilisation européenne, et de l’identité européenne, touche au problème de la mémoire… "Prof. Bronisław Geremek, Titulaire de la Chaire de Civilisation européenne

"La faiblesse des démocraties dans les sociétés post-communistes ne vient pas de ce qui s'est passé avant leur entrée dans le communisme. Le fait fondamental a été la suppression de l'économie de marché, suppression qui détruit les rapports entre les hommes. Le communisme était fondé sur la passivité de la société. Il arrive à l'humanité de s'engager dans des voies sans issues: le communisme était l'une d'elles." Colloque l'expérience de la liberté (Mexico 1990)


Bronislaw Geremek, spécialiste de l'histoire médiévale française et homme politique polonais, est mort dimanche 13 juillet 2008 dans un accident de voiture à l'âge de 76 ans.L'un des membres fondateurs du syndicat Solidarité et proche conseiller de Lech Walesa, son chef historique, il avait appartenu à un petit noyau d'intellectuels prônant, dès les années 1970, une opposition non-violente au régime totalitaire imposé à la Pologne par l'Union soviétique le figaro



Geremek, Bronisław (1932-2008), historien et homme politique polonais.

Un intellectuel francophile

Né à Varsovie, dans une famille intellectuelle juive, Bronisław Geremek grandit au sein du ghetto de Varsovie. Il parvient à le quitter en 1943 avec sa mère, tandis que son frère aîné survit à la déportation à Bergen-Belsen et que son père meurt à Auschwitz.

De retour à Varsovie en 1948, Bronisław Geremek termine ses études secondaires. Il étudie l’histoire à l’université de sa ville natale ainsi qu’à l’École pratique des hautes études à Paris, où il séjourne à plusieurs reprises, en 1956, 1957 et 1962, grâce à des bourses du gouvernement français. D’abord attiré par l’histoire contemporaine, il préfère se consacrer à l’histoire du Moyen Âge, moins soumise au dogmatisme marxiste. Fin 1962, il prend la direction du Centre de civilisation polonaise qui vient d’être créé à la Sorbonne. Fervent lecteur de l’école des Annales, il s’intéresse aux travaux de Marc Bloch, qu’il considère comme son maître spirituel, Fernand Braudel, Lucien Febvre et Henri Pirenne et devient l’ami des médiévistes Jacques Le Goff et Georges Duby.

L’historien de la marginalité

À une époque où ce sujet ne rencontre que l’indifférence des historiens, Bronisław Geremek se tourne vers l’étude de la pauvreté. Passionné par l’histoire des mentalités, il se spécialise dans l’histoire sociale, celle de la délinquance, de l’exclusion et de la marginalité. Sa thèse sur les Marginaux parisiens aux xive et xve siècles, soutenue en 1972, est publiée en France en 1976. Par la suite, ses principaux ouvrages déclinent cette thématique : Truands et misérables dans l’Europe moderne 1350-1600 (1980), Inutiles au monde. Vagabonds et marginaux en Europe aux xive et xve siècles (1980), Salariat dans l’artisanat aux xive et xve siècles. Étude sur le marché de la main d’œuvre au Moyen Âge (1982), la Potence ou la Pitié. L’Europe et les pauvres du Moyen Âge à nos jours (1987) et les Fils de Caïn. L’Image des pauvres et des vagabonds dans la littérature du xve au xviie siècles (1991). Enseignant à l’université de Varsovie de 1965 à 1980, il occupe en 1993 la chaire internationale du Collège de France « Histoire sociale : exclusions et solidarités ». En 2002, il reçoit le Grand Prix de la Francophonie pour l’ensemble de son œuvre en langue française.

L’engagement politique aux côtés de Solidarité

Lecteur des ouvrages fondateurs du marxisme à partir de 1948, Bronisław Geremek adhère au Parti ouvrier unifié polonais (POUP) en 1950. Il le quitte après l’intervention soviétique contre le Printemps de Prague en 1968. En 1980, il se rend sur les chantiers de Gdansk en grève, en compagnie de Tadeusz Mazowiecki, afin de sceller l’alliance entre intellectuels et ouvriers et participe aux négociations qui conduisent à la signature des accords de Gdansk (31 août 1980) et à la création du syndicat Solidarité. Bronisław Geremek devient le conseiller personnel de Lech Walęsła. À la suite de la proclamation de l’état de guerre par le général Jaruzelski (13 décembre 1981), Bronisław Geremek est emprisonné jusqu’en décembre 1982. En 1989, lors des négociations de la Table ronde, il est l’un des principaux médiateurs entre le gouvernement et Solidarité. À la suite des élections de juin 1989, Bronisław Geremek préside le groupe parlementaire de Solidarité, la commission de réforme de la Constitution et la commission des Affaires étrangères de la Diète. Après son départ de Solidarité en 1990, il adhère à l’Union des libertés (UW).

Ministre des Affaires étrangères de Pologne (1997-2000)

Après la victoire de l’Alliance électorale Solidarité (AWS) aux élections législatives de 1997 et la formation d’une coalition de centre-droit entre l’AWS et UW sous la direction de Jerzy Buzek, Bronisław Geremek devient ministre des Affaires étrangères. En cette qualité, il préside l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 1998 et se prononce pour une adhésion rapide de la Pologne à l’Union européenne (UE). La rupture de la coalition AWS/UW en juin 2000 entraîne la fin de son mandat. Il préside alors la Commission parlementaire polonaise pour le droit européen. En décembre 2000, il est élu président de l’UW, mais il renonce à cette fonction après la défaite de l’UW lors des élections législatives de septembre 2001 – avec 3,3 p. 100 des voix, le parti est en dessous de la clause des 5 p. 100. Au lendemain de l’entrée de la Pologne dans l’UE, en mai 2004, il est élu au Parlement européen et siège au sein du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE), au centre de l'échiquier politique européen.

Bronisław Geremek revient sur son itinéraire d’intellectuel engagé dans la Rupture. La Pologne du communisme à la démocratie (1991)et l’Historien et le Politique(1999).
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Conference sur Marc Bloch par B. Geremek
Cet article est le texte de la conférence qu’aurait du prononcer l’historien polonais médiéviste Bronislaw Geremek, lors de la Conférence Marc Bloch en 1986, qui clôturait le colloque consacré au 100ème anniversaire de la naissance de Marc Bloch. En l’absence de son auteur, empêché par la situation polonaise de se rendre à Paris, c’est Jacques Le Goff qui a lu ce texte. Bronislaw Geremek fut conseiller de Lech Walesa et ministre des Affaires étrangères de Pologne (1997- 2000).

HEINRICH HERTZ

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ELECTROMAGNETISME
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Le résonateur de Hertz lui permet de confirmer, en 1887, l’existence des ondes électromagnétiques se propageant dans l’air avec une vitesse finie, un effet prévu par la théorie de Maxwell.

Ses recherches permettront d’améliorer le système télégraphique sans fil utilisé dans la radio


Né à Hambourg (Allemagne) le 22/02/1857 ; Mort à Bonn (Allemagne) le 01/01/1894

Professeur de physique, notamment à l'université de Bonn, Heinrich Hertz invente un oscillateur produisant des ondes électromagnétiques, ce qui lui permet de démontrer qu'elles sont de même nature que la lumière. Il parvient alors à transmettre de l'électricité par le biais de ces ondes électromagnétiques, ce qui aboutira au développement de la télégraphie sans fil et de la radio. Ce mode de transmission a été baptisé "hertzien" en son honneur, de même que l'unité de fréquence qui porte son nom : le hertz (symbole Hz).

1888 15 mars
Hertz propose une théorie des ondes électromagnétiques
En se référant aux travaux réalisés par James Clerk Maxwell un an plus tôt, Heinrich Hertz démontre que l’électricité peut être générée par des ondes électromagnétiques se mouvant à la vitesse de la lumière. Ses recherches permettront d’améliorer le système télégraphique sans fil utilisé dans la radio.

1954 28 mars
Première utilisation de la modulation de fréquence (FM)
La première émission radiophonique en modulation de fréquence est diffusée à Paris. Ce système permet de multiplier le nombre de station sur les ondes hertziennes et améliore fortement la qualité sonore des émissions. L’utilisation de la bande FM demeure toutefois sous le monopole de l’État et les différentes gammes de fréquence couvrant le territoire dans sa totalité seront découvertes seulement quelques années plus tard.
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Physicien allemand (oncle de Gustav Hertz, lauréat du prix Nobel de physique en 1925) né à Hambourg et mort à Bonn. Heinrich Rudolph Hertz, après des études d'ingénieur, abandonne cette branche pour la physique, qu'il étudie à Berlin sous la direction de Hermann von Helmholtz.
Nommé privatdozent à Kiel (1883), Hertz y commence l'étude de la théorie de Maxwell et, devenu professeur à l'École polytechnique de Karlsruhe, il démontre alors expérimentalement l'existence des ondes électromagnétiques. Helmholtz attire son attention sur un prix offert par l'Académie de Berlin et destiné à couronner un travail expérimental sur la relation entre l'électromagnétisme et la polarisation des diélectriques; Hertz ne prend pas la proposition au sérieux. À Karlsruhe, il découvre néanmoins la propagation des ondes de Maxwell, et il détermine leur longueur d'onde et leur vitesse en démontrant en même temps leur caractère transversal et leurs propriétés de réflexion, de réfraction et de polarisation. Il établit ainsi la correspondance complète entre les ondes électromagnétiques et les ondes lumineuses ou la chaleur. La nature électromagnétique des ondes lumineuses se trouve ainsi assise sur des bases expérimentales irréfutables.
À partir de 1889, Hertz succède à R. J. E. Clausius à l'université de Bonn, où il continue ses recherches sur la décharge électrique dans les gaz raréfiés, recherches qui aboutiront quelques années plus tard à la découverte des rayons X par Röntgen.
Les œuvres scientifiques de Hertz remplissent trois volumes (1893, 1896 et1899).
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Le hertz (symbole : Hz) est l’unité dérivée de fréquence du système international (SI). Elle est équivalente à une oscillation par seconde (1/s).


Lire le dossier : CRITIQUE DE LA MECANIQUE

RAV ACHI


TALMUD
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Talmud :
"De l’hébreu. Litt. « enseignement ». Désigne le commentaire de la Mishnah produit par les maîtres des académies de Palestine et de Babylonie, les amora’im. Il existe deux talmuds. Le Talmud de Jérusalem (achevé vers la fin du IVe siècle), qu’il serait plus exact d’appeler Talmud de Palestine, rédigé en hébreu et en judéo-araméen palestinien, rend compte des débats des académies de Lydda, Tibériade, Sepphoris, Césarée. Le Talmud de Babylone, rédigé en hébreu et en judéo-araméen babylonien, témoigne pour sa part de l’activité des écoles de Soura, Nehardéa, Poumbedita et Mahoza. Il s’est constitué progressivement et sa mise en forme définitive a été engagée par Rav Ashi (352-427), chef de l’académie de Soura, et achevée par l’un de ses successeurs, Rabina II (mort en 499). C’est le Talmud de Babylone dont l’autorité devait s’imposer en monde juif. Il est devenu dans le judaïsme, à côté de la Bible, voire plus que la Bible elle-même, un objet d’étude fondamental." iesr

Rabbana Aschi (né en 352, mort en 427), originaire d’une famille très ancienne et très riche, était remarquablement doué. A l’âge de vingt ans, il fut placé à la tête de l’école de Sora, où il parvint à attirer de nouveau de nombreux élèves. Le local de l’école menaçant ruine, il le fit entièrement reconstruire, et, pour activer les travaux, il les surveilla jour et nuit jusqu’à leur complet achèvement. Sur son ordre, les ouvriers donnèrent à ce bâtiment une grande hauteur ; il dominait les autres édifices de la ville. — Aschi joignait à la dialectique pénétrante de l’école de Pumbadita la vaste érudition des docteurs de Sora ; son autorité religieuse était aussi considérable qu’avait été celle de Raba, et ses contemporains lui donnèrent le titre de Rabbana (notre maître).

Aschi resta cinquante-deux ans à la tête de l’école de Sora. Pendant ce laps de temps, l’académie de Pumbadita eut sept chefs. L’école de Nehardéa, délaissée depuis la destruction de cette ville par Ben Naçar (Odenat), avait aussi repris, à cette époque un certain rang. Mais l’école de Sora jouit d’une suprématie incontestable, et les plus anciens amoraïm, Amêmar, Mar-Zutra et d’autres, reconnurent l’autorité d’Aschi ; même les deux exilarques de son époque, Mar-Kakana et Mar-Zutra Ier, acceptaient ses décisions. Ce a était plus, comme autrefois, à Nehardéa ou à Pumbadita, mais à Sora que les exilarques recevaient les délégués des communautés babyloniennes et convoquaient les assemblées générales. Aschi fit de Sora le centre de la vie religieuse de la Babylonie juive et assura à cette ville une Influence. prépondérante dans la direction du judaïsme babylonien.

Grâce à ses éminentes qualités et à sa situation élevée, Aschi put entreprendre une oeuvre qui exerça une profonde influence sur les destinées comme sur le développement du peuple juif. Il commença ce travail gigantesque de rassembler et de mettre en ordre l’énorme quantité d’explications; de déductions et de développements qui, sous le nom de Talmud, avaient été ajoutés à la Mishna. Un des principaux motifs de cette entreprise fut certainement le souci de préserver de l’oubli ces matériaux considérables, accumulés par trois générations d’amoraïm, qui étaient confiés à la seule mémoire. Aschi eut la bonne fortune de pouvoir travailler à la coordination de ces matériaux pendant cinquante-deux ans. Chaque année, pendant les mois de kalla, où collègues et disciples étaient réunis autour de lui, il étudiait avec ses auditeurs un certain nombre de traités de la Mishna et y ajoutait les explications et développements talmudiques ; au bout de trente ans, il avait ainsi soigneusement étudié prés de quarante traités. Les matériaux étaient prêts, il ne s’agissait plus que de les réviser et les mettre en ordre ; Aschi consacra à ce travail la seconde période de son activité.

Ce recueil ne fut pas écrit dès son achèvement, on avait encore, à cette époque, des scrupules à mettre la tradition orale par écrit, d’autant plus que les chrétiens s’étant approprié l’Écriture sainte pour en faire la base de leur religion, le judaïsme, d’après les conceptions de ce temps, ne se distinguait plus du christianisme que parce qu’il avait une loi orale. Cette pensée fut souvent exprimée sous forme poétique par l’Aggada : Moïse a voulu mettre la loi orale par écrit ; mais l’Éternel, prévoyant qu’un jour les nations traduiraient la Tora en grec et déclareraient qu’elles sont le vrai peuple d’Israël et les enfants de Dieu, s’est opposé au projet de Moise, parce qu’il a voulu laisser aux Juifs une marque distinctive par laquelle ils pourraient prouver qu’eux seuls sont ses élus. Quiconque connaît mon mystère, dit Dieu, est mon fils, c’est-à-dire quiconque connaît la Mishna et l’explication orale de la Tora. Le prophète Rosée a dit dans le même sens : Si j’écrivais toutes les lois, Israël serait considéré comme une nation étrangère. En coordonnant le Talmud, Aschi compléta l’œuvre commencée deux siècles auparavant par Juda. Cette coordination présentait cependant de très graves difficultés. La Mishna rapporte sèchement les décisions juridiques formulées dans des paragraphes distincts, qu’il n’était pas trop difficile de mettre en ordre; le Talmud, au contraire, montre en quelque sorte sur le vif le développement de la tradition orale, il indique la genèse des diverses lois, en fait ressortir l’esprit et enregistre les raisonnements plus ou moins subtils qui ont conduit aux diverses conclusions. La rédaction du Talmud est certainement un des faits les plus considérables de l’histoire juive ; le Talmud babylonien (Talmud babli) devint, en effet, pour le judaïsme un élément d’action très important. Quoiqu’il ait consacré principalement son activité à la rédaction du Talmud, Aschi ne se résigna cependant pas à employer exclusivement ses facultés à un simple travail de compilation. Il résolut un grand nombre de questions restées jusque-là obscures ou mal comprises, et les solutions qu’il en donne sont le plus souvent aussi remarquables par leur justesse et leur profondeur que par leur simplicité.

Les vingt dernières années de l’activité d’Aschi coïncidèrent avec le règne du roi sassanide Yesdegird (399-420). Ce monarque, surnommé al-Hatim (le pécheur) par les mages, parce qu’il ne voulut pas se laisser dominer par eux, se montra tolérant pour les Juifs et les chrétiens. Les jours où l’on prêtait hommage au roi, on voyait à la cour les trois principaux représentants du judaïsme babylonien : Aschi, comme délégué de Sora ; Mar-Zutra, comme délégué de Pumbadita, et Amêmar, comme délégué de Nehardéa. Un autre docteur, Huna bar Zutra, était un des familiers de Yesdegird.

Le mouvement d’émigration et les révolutions considérables qui se produisirent, à cette époque, parmi les peuples, et le châtiment infligé par Dieu à l’empire de Rome, réveillèrent les espérances messianiques dans les cœurs juifs. On répéta partout dans la foule que le prophète Élie avait annoncé que le Messie viendrait au 85e jubilé (4200 de la création, 440 de l’ère vulgaire). De pareilles croyances ont rencontré de tout temps des adeptes passionnés, qui, ne se contentant pas de nourrir silencieusement leurs espérances dans leur cœur, se sont efforcés de faire partager leur enthousiasme à la foule et l’ont entraînée dans de folles aventures. Le même phénomène se reproduisit à l’époque d’Aschi. Un de ces rêveurs mystiques parcourut pendant une année toutes les communautés juives de l’île de Crète, leur persuadant que l’époque messianique était arrivée et leur promettant de leur faire traverser la mer à pied sec, comme autrefois Moïse, dont il avait, du reste, le nom, et de les conduire jusque dans la Terre promise. On le crut sur parole, les Juifs crétois ne s’occupèrent plus de leurs affaires, distribuèrent leurs biens et attendirent avec anxiété le jour fixé par leur Messie pour le passage de la mer. Au jour dit, le Messie, suivi de toute la population juive de Crète, se dirigea vers la mer. Monté sur une colline qui s’avançait dans l’eau, il engagea ses partisans à se précipiter sans crainte dans les flots, leur assurant que les eaux se retireraient devant eux. Un grand nombre de ces hallucinés se noyèrent ; d’autres furent sauvés par des marins. Le faux Moïse paraît n’avoir pas été retrouvé.

Aschi chercha à prémunir les Juifs contre des croyances aussi dangereuses, et il expliqua ainsi la prophétie alors répandue dans le peuple : Il n’est pas possible que le Messie apparaisse avant le 85e jubilé ; à partir de cette époque, on peut avoir l’espoir, mais non la certitude, qu’il viendra. — Aschi mourut dans un âge très avancé (en 427), deux ans avant la prise de Carthage par le Vandale Geiseric. Celui-ci emporta en Afrique toutes les dépouilles entassées dans Rome, et, parmi elles, les vases enlevés autrefois, par Titus, du temple de Jérusalem. Ces vases, comme les Juifs eux-mêmes, furent condamnés à de bien étranges pérégrinations !
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Le roi Menaché en personne se dévoila en rêve à rav Achi, quand ce dernier se demandait comment comprendre la chute incroyable des générations premières dans le paganisme (Sanhédrin 102b) : « Si tu avais été parmi nous, tu aurais pris tes jambes à ton cou pour courir après le culte païen » ! Autrement dit, les gens qui ont vécu pendant le Premier Temple n’étaient pas moins solides ou résistants que ceux de la période de rav Achi, mais simplement régnait alors une pulsion irrésistible, ou presque, qui poussait les hommes à s’adonner à ces cultes. Si rav Achi avait vécu alors, il aurait devancé tout le monde pour se rendre au temple païen ! Rav Achi est le grand maître qui a oeuvré à clôturer le texte talmudique, et nul doute qu’il était d’un très haut niveau, mais cela n’empêche que s’il avait été exposé aux influences spirituelles négatives qui avaient cours à l’époque, il aurait pu être un des premiers à succomber.kountrass

La Tombe de Rav Ashi est situee au Kibbutz Manara , Israel

ALFRED FRIED

PRIX NOBEL 1911
BIO
HISTOIRE


Journaliste, fondateur de 'Die Friedenswarte' (une publication pour la paix)
Il reçoit avec Tobias Asser le Prix Nobel de la Paix en 1911.

Alfred Hermann Fried (né en 1864 - mort en 1921 à Vienne)



Autodidacte, Alfred Fried quitte l'école à 15 ans et devient libraire à Vienne et à Berlin. Après avoir lu l'ouvrage Die Waffen nieder de la Baronne von Suttner, il décide de se consacrer à la propagande en faveur la paix. Il crée la revue Die Waffen nieder (A bas les armes) en 1892 et participe également à la création de la Deutsche Friedensgesellschaft (Société de la paix allemande). Il ne cesse de publier des milliers d'articles sur la paix et de rédiger Die Friedens-Warte (La gardienne de la paix), (1899-1921). Exilé en Suisse pendant la Première Guerre mondiale, il poursuit ses activités pacifistes et parvient à maintenir la publication de Die Friedens-Warte. Après la guerre, épuisé par la maladie, il termine ses jours de façon misérable et meurt dans un hôpital de Vienne nobel paix






Messianisme et américanisation du monde. Les Etats-unis et les organisations pacifistes de France et d’Allemagne à la veille de la Première Guerre mondiale (1911-1914)

Philippe Alexandre

Les organisations pacifistes bourgeoises, qui constituent à la veille de la Première Guerre mondiale une tendance réformiste active mais minoritaire, croient à la possibilité de mener une action efficace en faveur de l’instauration d’une paix durable. Elles rassemblent des éléments très divers agissant au nom d’éthiques dont les principes s’ancrent le plus souvent dans des sentiments humanitaires, dans une foi rationaliste ou dans un christianisme se comprenant comme religion de la paix. Ces pacifistes ne méconnaissent pas les dangers qui menacent le monde. Certaines formes d’internationalisme caractéristiques du monde moderne, comme les expositions universelles, les conférences de La Haye, l’Union inter­parlementaire ou les congrès internationaux, leur apparaissent toutefois comme porteuses d’espoir. Instaurer un ordre mondial reposant sur les principes de conci­liation et d’arbitrage est pour eux un but prioritaire. Il s’agit d’abord de créer sur cette base une paix durable, puis d’organiser le monde en une sorte de société des nations, dont la forme est depuis longtemps discutée. Dès les années 1850, on a parlé des « Etats-Unis d’Europe »[1] ; l’idée déjà ancienne d’Union panaméricaine, qui se concrétise en 1910, est également considérée par certains comme un modèle possible. Pour atteindre ce but, il paraît nécessaire non seulement d’éclairer les masses, d’éduquer l’opinion qui, dans chaque pays, sera un jour en mesure d’exercer une influence sur les gouvernements, mais aussi de développer les échanges internationaux en vue de favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples.

Telles sont les grandes lignes de la réflexion et de l’action que les organisa­tions pacifistes modernes mènent durant les années qui précèdent la Première Guerre mondiale. En France, trois associations jouent un rôle de premier plan dans ce mouvement international : la Société Française pour l’Arbitrage entre Nations (Paris), fondée en 1867, présidée par Frédéric Passy, membre de l’Institut, en qui les pacifistes français reconnaissent leur « maître » ; l’Association La Paix par le Droit, créée en 1887, présidée par Théodore Ruyssen, professeur à la Faculté des Lettres de Bordeaux, puis par Charles Richet, profes­seur à la Faculté de Médecine de Paris, rassemble des universitaires, des juristes et des hommes politiques. Elle édite le mensuel La Paix par le Droit, conçu comme une « revue d’études indépendantes et de libre discussion ». La Conciliation inter­nationale, présidée par le baron d’Estournelles de Constant, sénateur de la Sarthe, se propose d’œuvrer en vue « de développer la prospérité nationale à la faveur de bonnes relations internationales et d’organiser ces bonnes relations sur une base permanente et durable ».

Ce programme est aussi dans une large mesure celui de la Société de la paix allemande (Deutsche Friedensgesellschaft) fondée en 1892 à Berlin sous l’impulsion des Autrichiens Alfred Hermann Fried et Bertha von Suttner. Cette société, dont le siège a été installé à Stuttgart en 1900, est présidée par l’industriel de Pforzheim, Adolf Richter. Le pasteur de Stuttgart, Otto Umfrid, y joue un rôle important notamment en tant que rédacteur de sa revue qui, depuis 1909, a pour titre Völker-Friede. En 1899, dans le contexte de la première conférence de La Haye, Alfred Hermann Fried a créé la revue Die Friedens-Warte, forum de dis­cussion ouvert à tous ceux qui réfléchissent aux questions relatives à la paix. En 1911 se constitue une branche allemande de la Conciliation internationale, l’Association pour la conciliation internationale (Verband für internationale Verständigung), qui vient renforcer l’action de celles qui existent déjà à Paris, à New-York, à Bruxelles, à Londres, à Tokyo, à Odessa et à Vienne. C’est en s’appuyant sur ces réseaux de coopération que les pacifistes espèrent pouvoir accroître leur influence sur l’opinion et donc sur les gouvernements. Fait révéla­teur de la situation des pacifistes en Allemagne, l’Association pour la conciliation internationale du Reich tient à se démarquer de la Société de la paix allemande qui reste considérée comme une « secte » de gens dont les idées sont jugées par beau­coup comme non conciliables avec les intérêts de la patrie.

Le Nouveau Monde et la « Vieille Europe »
L’un des défis auxquels les pacifistes européens de cette époque se voient confrontés est l’émergence des Etats-Unis comme nouvelle puissance mondiale à un moment où l’Europe est affectée par une crise liée à des contentieux comme la question d’Alsace-Lorraine ou à des questions nationales comme dans les Balkans, à l’impérialisme des puissances européennes, à la paix armée et à son corollaire, la course aux armements, qui ne font qu’accroître la méfiance réciproque entre les nations, attisée par les bellicistes et les agents d’un chauvinisme exa­cerbé. Les Etats-Unis sont perçus en Europe non seulement comme un facteur de la vie internationale dont l’influence grandit, mais aussi comme un concurrent, voire comme un danger, face auquel il importe d’être vigilant. En 1904, Alfred Hermann Fried écrivait à ce sujet : « L’évolution des Etats-Unis d’Amérique du Nord est depuis longtemps au centre de l’intérêt des pacifistes européens. Dans leurs rangs, on a très clairement compris que l’évolution économique de la jeune république transatlantique exercera nécessairement une influence qui provoquera une révolution pour les vieux Etats civilisés de l’Europe qui persévèrent dans leur antagonisme. C’est à tort que nous appelons ce qui nous menace de l’autre côté de l’Atlantique le ‘danger américain’ ; nous devrions plutôt dire de l’influence ac­quise par les Etats-Unis sur l’économie européenne qu’elle est un espoir, car les mesures que cette influence nous amènera à prendre, hâterons la réalisation de l’idéal que défendent les amis de la paix, elles contribueront à faire naître une union économique et de ce fait aussi une union politique des Etats européens. »

Mais les questions économiques ne sont pas l’unique objet des préoccupations des Européens. Ils voient en effet qu’aux Etats-Unis des forces contraires s’affrontent. Les présidents Taft et Wilson, poursuivant les efforts de Roosevelt, tentent de faire accepter l’idée d’une politique d’arbitrage et de conciliation dans les conflits qui les opposent à d’autres pays, dans le domaine économique notam­ment. Ils se montrent désireux de créer les conditions de la paix. Wilson et son secrétaire d’Etat W. J. Bryan soutenus – comme nous le verrons – par le mouve­ment pacifiste américain moderne, doivent faire face à la montée d’un nationa­lisme à travers lequel se manifeste la tentation de l’impérialisme et du militarisme. Ils se heurtent à des résistances au Sénat, à la critique dans certaines parties de l’opinion américaine. En 1904, Anna B. Eckstein, correspondante américaine de revues pacifistes françaises et allemandes, attirait l’attention des lecteurs de la Friedens-Warte sur ce fait. La conférence de Lake-Mohonk, expliquait-elle, montre « à quel point est vivant ici aux Etats-Unis d’Amérique du Nord ce patrio­tisme véritable, qui est le fondement du mouvement pacifiste international et qui n’est rien d’autre qu’un humanisme véritable ; elle montre qu’il résiste, en dépit de tout un tapage impérialiste très préoccupant lié au militarisme, qu’il a rendu sa position de plus en plus imprenable et qu’il progresse dans la bataille menée contre le jingoïsme qui, prenant le visage d’un saint et d’un patriote, multiplie les mises en garde contre un ennemi aux aguets de l’autre côté de l’océan, un ennemi qu’il s’agit de tenir en respect grâce à une flotte militaire de premier ordre, afin que l’on puisse se remplir soi-même les poches de dollars payés cash, grâce à l’acquisition continuelle de nouveaux navires et d’un important matériel de guerre tant pour la défense que pour l’attaque ».

En manifestant leur soutien à Taft puis à Wilson, les pacifistes français et alle­mands défendent une certaine conception du rôle que, selon eux, les Etats-Unis pourraient jouer dans le monde. Leur statut de puissance nouvelle n’est toutefois pas sans poser de problèmes. Va-t-il faire d’eux une puissance impéria­liste ou les amener à jouer un rôle particulier, d’un type nouveau, par rapport aux Etats de la vieille Europe ? En Allemagne, cette question suscite des polémiques entre les pacifistes et les tenants de la Realpolitik. En 1911, par exemple, A. H. Fried affirme que « certains historiens allemands » – c’est à Hans Delbrück, le directeur des Preußische Jahrbücher, qu’il s’adresse indirectement – utilisaient une vieille recette consistant à mettre l’accent sur l’impérialisme américain « pour excuser la politique mondiale de puissance menée par l’Allemagne et ses consé­quences désastreuses ». L’historien Hermann Oncken répond que leur histoire a développé chez les Américains une « prédisposition :particulière à l’expansion » et qu’elle a fait naître chez eux le mythe d’un Etat de type tout à fait nouveau, d’un royaume de la paix sur la terre. La même année, dans la même revue, Emil Daniels dénonce, à propos des tensions entre le Mexique et les Etats-Unis, l’ « hypocrisie » de la politique américaine. Et il écrit non sans ironie : « Rien n’a plus étonné le monde civilisé que le mouvement opéré en direction de la frontière de leur faible voisin mexicain par les troupes de ces Yankees, ces partisans exubé­rants du pacifisme et de l’arbitrage. […] Les dirigeants politiques américains aiment la paix en théorie jusqu’au sentimentalisme, mais dans la pratique, ils manient l’épée avec la même absence de scrupules que les empereurs et les rois ambitieux d’autrefois ».

Devenus une puissance mondiale, les Etats-Unis se trouvent confrontés à un dilemme : Doivent-ils rester fidèles à la doctrine Monroe ou, au contraire, sortir de leur isolement pour s’engager et assumer les responsabilités liées à ce nouveau statut ? Pour les pacifistes français et allemands, la réponse semble évidente. En 1913, à propos du centenaire de la Paix entre les Etats-Unis et l’Angleterre, La Paix par le Droit écrit : « Et tandis que la race anglo-saxonne, sur tous les points du globe, déclarera fièrement la paix au monde, les vieux gouvernements militai­res de l’Europe, – la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Russie –, s’épiant, s’injuriant et se menaçant, se ruineront en armements absurdes, impose­ront à leurs fils plusieurs années d’inertie et de servitude, et finiront, après des années de misère et de détresse, par sombrer dans une révolte générale des masses exaspérées. Mais tout espoir n’est pas encore perdu. La solidarité des nations est un fait qui commence seulement à déployer sous nos yeux ses conséquences : Qui sait s’il ne viendra pas un jour où l’Amérique, l’Australie et l’Asie elle-même, au nom des intérêts du globe dont elles prendront la charge, imposeront à l’Europe en démence la paix indispensable à la marche en avant de l’humanité ? ». A une époque où le président Taft propose aux Etats européens de signer des traités offrant une formule nouvelle de conciliation et d’arbitrage, des traités sans réserve ni restriction (commission d’enquête, temporisation, recours à une cour arbitrale), le juriste Jacques Dumas, dans La Paix par le Droit, conjure la vieille Europe de répondre à l’appel des Etats-Unis.

Les relations entre les pacifistes français, allemands et américains
Les pacifistes français et allemands répondent à cet appel en cherchant, iso­lément ou dans un cadre trilatéral, voire plus large, à développer leurs relations avec les Etats-Unis, tant avec leurs dirigeants politiques qu’avec le mouvement pacifiste moderne américain. On voit bien toutefois que, de part et d’autre du Rhin, l’idéalisme se conjugue à cette préoccupation constante : la paix doit servir les intérêts nationaux.

En France, est créé en 1912 le Comité France-Amérique, au sein duquel un certain nombre de pacifistes français, entre autres, le baron d’Estournelles de Constant, vont se montrer très actifs.Ce Comité est d’abord présidé par l’académicien Gabriel Hanotaux, ancien ministre des Affaires étrangères, qui s’appuiera sur l’ambassadeur David Jayne Hill et sur son successeur Myron T. Herrick. Pour les Français, des enjeux économiques importants sont liés aux relations franco-américaines. Si le Comité France-Amérique apporte son soutien au président démocrate Wilson, nouvellement élu, c’est aussi parce qu’il est parti­san d’un abaissement des tarifs douaniers. James H. Hyde, déclare que pour arri­ver à un accord dans ce domaine, il faut éclairer l’opinion publique, éviter les heurts, faire en sorte qu’un « point de vue moyen », qu’une « opinion moyenne et de juste mesure se crée entre les deux nations ». Le Comité France-Amérique met en avant le fait que, depuis l’époque de la colonisation française et depuis La Fayette, règne une atmosphère de paix entre les deux pays, mais cette situation est en vérité liée au fait que, jusque-là, jamais des conflits touchant à leurs intérêts vitaux ne les ont encore opposés. Certes, les Américains « n’oublient pas ce que leur présent doit au passé des Français », mais dans leur action au sein du Comi­té France-Amérique, ils montrent bien qu’ils ont des vues plus générales : il s’agit pour eux, selon le mot de l’ambassadeur David. J. Hill, d’organiser le monde en une « grande famille » ayant des intérêts communs. Leurs relations avec la France ne sont qu’un élément de leur politique mondiale.

Pour les pacifistes allemands, la tâche semble plus difficile, car la puissance croissante de l’Allemagne, le développement de sa flotte notamment, est perçue aux Etats-Unis comme une concurrence et le gouvernement du Reich se montre réticent dans la question de l’arbitrage. Ils peuvent toutefois s’appuyer sur la Ligue nationale des Allemands d’Amérique, le Deutschamerikanischer National­bund, qui compte 2,5 millions de membres. Le Congrès de cette ligue, son Bun­destag, a mis en place une commission d’action pacifiste, dans laquelle siège le très actif vice-président de la Société de la paix de New York, H. Feldmann. En 1911, cette Commission soumet au Congrès de la ligue une motion lui demandant de la soutenir dans l’action qu’elle mène en faveur de l’arbitrage, de traités entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France. Cette motion est adoptée par les délégations de 44 Etats. Dans son discours de clôture du Congrès, Charles Hexamer, président-fondateur de la Ligue, déclare avec un idéalisme auquel la fierté nationale allemande ne le cède en rien : « Aujourd’hui, nous com­battons les trusts, et, déjà, ils commencent à se plier à la volonté du peuple. Vien­dra aussi le temps où, grâce à une éducation éthique des nations, les aspirations bellicistes faibliront et où les querelles se régleront de façon pacifique. Ce serait à l’Allemagne, le pays des philosophes et des penseurs, de faire le premier pas, dans cette question également ».

C’est en 1911, à partir du congrès organisé à Baltimore par la Société de la paix américaine (American Peace Society), que le mouvement pacifiste moderne prend aux Etats-Unis une ampleur particulière. Une synergie va se développer entre les sociétés de la paix – qui constituent une fédération –, les universités, les organisations féministes, les Eglises, qui se mobilisent en faveur de la conciliation et de l’arbitrage et apportent leur soutien aux présidents Taft et Wilson. Le 1er mai 1911, la Société de la paix installe son siège à Washington, c’est-à-dire dans l’environnement immédiat de la sphère gouvernementale, afin d’y renforcer son lobbying. Mais ce mouvement reste surtout limité à l’Est des Etats-Unis, qui entretient des relations particulières avec l’Europe, et, loin de toucher les masses, toutes les classes de la société américaine, il est surtout le fait d’une élite intel­lectuelle.

La fédération formée par les sociétés de la paix américaines a pour but de ren­forcer leur action et d’apporter un soutien plus efficace à la campagne menée par le président Taft qui tente de faire passer au Sénat les traités d’arbitrage signés avec la Grande-Bretagne et la France. Les pacifistes français et allemands accor­dent la plus grande attention à cette entreprise. Tandis que Otto Umfrid se félicite de voir le président américain défendre ainsi ses idées, la revue La Paix par le Droit salue l’enthousiasme et le réalisme avec lequel l’élite américaine sert la cause de la paix, tout en espérant voir ce mouvement gagner l’ensemble du pays. La résistance du Sénat américain provoquera une certaine désillusion. Et pourtant, toutes les forces du mouvement pacifiste se sont mobilisées : les sociétés pacifis­tes, la Société pour le règlement arbitral des conflits internationaux, des person­nalités comme l’éditeur de Boston Edwin Ginn ou l’industriel Andrew Carnegie, président de la Société de la paix de New York, les universités, dont les prési­dents, comme Nicholas Murray Butler (président de Columbia University) ou David Starr Jordan (président de Leland University), l’élite intellectuelle, les Eglises les femmes, les conférences de Lake Mohonk.

C’est dans ce contexte que les pacifistes européens effectuent aux Etats-Unis des voyages auxquels est faite la plus grande publicité. Le but est d’apporter un soutien à l’action des Américains, de délivrer un message à l’opinion américaine et de témoigner en Europe sur l’action du mouvement en Amérique. L’un des voyages marquants de cette période est celui du Comte Apponyi qui a été invité par le Civic Forum et la Société de la paix de New York, mais qui est aussi l’hôte du gouvernement fédéral et de la Chambre des députés. Il déclare devant les élus du peuple que les Américains ont emporté en quittant l’Europe ce que celle-ci avait de meilleur pour le développer en l’adaptant aux conditions du Nouveau Monde, mais que leur « situation heureuse » leur impose une « grande responsa­bilité ». Ainsi les invite-t-il à aider l’Ancien Monde à surmonter ses divisions.

La même année, d’Estournelles de Constant se rend, lui aussi, aux Etats-Unis. En 1902 déjà, il a, à titre personnel, fait une démarche auprès du président Roosevelt afin qu’il use de son influence pour faire avancer la question de la cour d’arbitrage de La Haye ; en 1902, son deuxième voyage en Amérique avait pour but de fonder, avec ses amis Andrew Carnegie et Nicholas Murray Butler, la branche américaine de la Conciliation internationale dont l’activité allait connaître un succès inespéré. D’Estournelles de Constant consignera les résultats de ses trois voyages dans un livre volumineux intitulé Les Etats-Unis d’Amérique (1913), avec l’espoir qu’il pourra « contribuer à diminuer la profondeur de l’ignorance qui sépare, autant que l’océan, l’Europe du Nouveau Monde ».L’idée de l’interdépendance des deux continents lui fait depuis longtemps mettre en avant la nécessité dans laquelle ils se trouvent de coopérer.En 1912, Bertha von Suttner répond à une invitation de la branche américaine de la Conciliation internationale, de la Société américaine de la paix, de la Dota­tion Carnegie, de la World Peace Foundation et de la Société des Féministes. Si, à un âge déjà avancé, elle entreprend un long périple outre-Atlantique, c’est parce qu’elle aussi constate qu’une méconnaissance et une incompréhension réciproques séparent l’Ancien et le Nouveau Monde.

Ces voyages n’ont pas été les seules initiatives prises par les pacifistes en vue de multiplier les contacts entre l’Europe et les Etats-Unis. Les sociétés de la paix invitent des orateurs, les universités des professeurs ; les rencontres organisées par l’association internationale d’étudiants Corda Fratres sont soutenues par des orga­nisations pacifistes, de même que celles des chambres de Commerce, car on est bien conscient du rôle que peut jouer le développement des relations commercia­les dans le rapprochement entre les deux continents. « Nous sommes dans l’ère des ententes et de la diplomatie commerciale, lit-on en août 1911 dans The Advo­cate of Peace, le commerce moderne repose sur de larges et équitables principes de réciprocité. Plus il est actif, plus une guerre est néfaste et plus on a intérêt à l’éviter ». Ainsi, la chambre de Commerce de Boston, soucieuse d’aller de l’avant, se prépare-t-elle à envoyer une centaine de commerçants américains en Europe dans le cadre d’un voyage d’études. « Les Etats-Unis sont, de tous les pays, celui qui a le plus intérêt à entretenir de bonnes relations commerciales, écrit encore l’organe de la Société de la paix américaine ; la prospérité du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne est une garantie de leur propre prospérité […]. L’Amérique a conscience que son commerce a un rôle à jouer dans la paix du monde ».



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